00:00Et votre invité maintenant, Quentin Pérez de Tudela, avec nous en studio, un invité exceptionnel ce matin,
00:04Quentin, c'est le préfet du Gard.
00:05Oui, bonjour Jérôme Bonnet.
00:06Bonjour.
00:07Et merci beaucoup d'être avec nous au lendemain du 10 septembre.
00:11Près de 200 000 personnes se sont mobilisées à travers le pays, 3 000 dans le Gard.
00:15Si on vous dit, dans le Gard, que ça s'est plutôt bien passé, vous répondez quoi ?
00:19Je partage votre analyse.
00:22Les choses se sont bien passées, effectivement.
00:24On a eu des mobilisations qui étaient finalement assez importantes, à Nîmes, à Alès.
00:30Et les choses, effectivement, se sont bien passées et ont permis, finalement, aux manifestants d'exprimer leurs revendications.
00:38Juste sur le chiffre de 3 000 personnes, est-ce que c'était ce à quoi vous vous attendiez ?
00:42Parce qu'il y avait une note des renseignements qui s'attendait à 100 000 personnes en France.
00:46On en a le double.
00:47En fait, on a eu un petit peu plus de monde sur les manifestations elles-mêmes,
00:51et un peu moins sur certains rassemblements.
00:53Alors, la difficulté dans les prévisions qui sont faites, c'est que, finalement,
00:57lorsque vous avez des mouvements constitués, notamment qui sont conduits par les organisations syndicales,
01:02vous savez à peu près évaluer les choses de façon assez claire.
01:06Sur des rassemblements qui sont plus ponctuels, qui sont des actions,
01:10effectivement, la prévision peut être différente.
01:12Nous, en l'occurrence, ce que l'on a retrouvé, ça a été des manifestations, finalement, assez importantes,
01:17avec du monde, notamment sur Alès, et peut-être moins de monde sur des points de rassemblement plus ponctuels,
01:24tels qu'ils étaient prévus.
01:25Vous parliez d'Alès où il y a eu des heures, voilà, c'est ce qu'on peut signaler, en tout cas, ce matin.
01:30Oui, il y a eu des heures, il y a eu, on va dire, des moments de tension.
01:33Tout simplement, pourquoi ? Parce qu'il y a eu deux cortèges à Alès.
01:38Il y a eu un premier cortège qui s'est très bien déroulé en centre-ville,
01:41puis un deuxième cortège qui, de façon, en tout cas imprévue,
01:45a décidé, notamment, d'aller bloquer le rond-point d'accès à la Nationale 102,
01:51qui faisait partie, finalement, des lignes rouges que nous avions,
01:54c'est-à-dire manifester oui, bloquer non.
01:57C'était un petit peu les consignes que j'avais données aux forces de sécurité,
02:03et c'est la raison pour laquelle, finalement, nous avons empêché ce blocage du rond-point,
02:07ce qui a occasionné quelques moments de tension, mais qui ne sont pas allés au-delà.
02:13Et au total, trois interpellations, donc, dans le secteur d'Alès ?
02:17Tout à fait, trois interpellations à Alès qui ont eu lieu entre le matin,
02:22et notamment ces incidents-là, avec, effectivement, des comportements
02:26qui, à la fois, tenaient à des dégradations, tenaient à des jets de projectiles sur les forces de l'ordre.
02:32Je veux vraiment rendre hommage aux policiers d'Alès,
02:35parce qu'ils se sont retrouvés confrontés à un certain moment de tension.
02:41On a pu voir des vidéos circuler sur les réseaux sociaux.
02:44Ils ont atteint les objectifs qui leur étaient fixés,
02:48ils ont subi, effectivement, quelques jets de projectiles,
02:53quelques violences,
02:55et ont procédé, effectivement, à ces interpellations.
02:58Ce qui était, là aussi, dans les consignes qui avaient été données,
03:01c'est, effectivement, de ne pas tolérer les violences ou les dégradations,
03:04et donc de procéder à des interpellations.
03:06On reparlera des consignes qui vous avaient été données,
03:07mais d'abord, pour ces trois interpellations, là, ces personnes, elles sont où ?
03:10Elles sont en garde à vue, encore à l'heure où on se parle ?
03:12Écoutez, hier soir, elles étaient encore en garde à vue,
03:15sous l'autorité du procureur d'Alès, qui est en charge de la suite.
03:19Vous aviez mobilisé combien de policiers et de gendarmes, vous, à travers le département ?
03:22Alors, sur l'ensemble de la journée, parce qu'évidemment, ce sont des journées qui démarrent très tôt,
03:26elles avaient même démarré...
03:27Dès 7h du matin, oui.
03:28Même avant.
03:28Un petit peu avant, oui.
03:29Ce sont plus de 500 gendarmes et policiers qui, tout au long de la journée,
03:33se sont succédés et se sont mobilisés pour assurer, effectivement, la sécurité,
03:38à la fois du bon déroulement des manifestations,
03:40et la sécurité permettant d'éviter des blocages ou des dégradations graves.
03:43Et elles avaient une consigne, donc, celle du ministre de l'Intérieur du gouvernement des missionnaires,
03:47Bruno Rotaillot, qui avait demandé, donc, de la fermeté.
03:51C'est à vous de la faire appliquer, cette consigne-là.
03:52Comment ça se passe concrètement, entre la consigne du ministre et son application sur le terrain ?
03:57Bon, écoutez, ça se passe de façon très simple.
03:59Ça se passe à l'occasion, évidemment, de réunions préparatoires que nous faisons,
04:03et au cours desquelles, le message est d'une grande clarté.
04:06Permettre à ceux qui veulent manifester de pouvoir le faire, c'est ce qui s'est passé,
04:10et empêcher, évidemment, les violences, empêcher les dégradations les plus graves.
04:17Et il y avait le souhait de ne pas permettre des blocages sur, notamment,
04:23toutes les infrastructures qui sont essentielles à la vie, à la vie quotidienne,
04:26que ce soit les infrastructures permettant la vie économique,
04:29que ce soit les infrastructures permettant l'accès aux services publics,
04:31l'accès à l'enseignement, par exemple,
04:33et que ce soit simplement la bonne circulation de tous ces gens
04:37qui ne demandent qu'une chose, c'est aller au travail,
04:40et qui veulent pouvoir continuer à bouger paisiblement sur le territoire.
04:46Mais est-ce que ce genre de consignes sont impliquées de la même manière,
04:50par exemple, qu'on soit à Nîmes, à l'Est ou Bagnol-sur-Seize ?
04:52Oui, bien sûr. Ensuite, la question, c'est celle de l'adaptation aux circonstances à chaque fois.
04:59Quand vous avez la possibilité d'anticiper un blocage et de l'éviter, vous le faites.
05:05Quand ce blocage se met en place,
05:07ensuite, ce sont vraiment les chefs de police ou de gendarmerie sur le terrain
05:11qui vont évaluer la meilleure manière d'y mettre fin.
05:14Bon, Jérôme Bonnet, les blocs en tout ont déjà promis de nouvelles actions
05:17d'ici la journée du 18 septembre prochain.
05:22Et je voudrais vous faire écouter ce que disait hier Pascal,
05:24qui est l'un des manifestants.
05:26Il faut qu'on change d'endroit, peut-être, pour être un peu plus visible sur Nîmes.
05:31Ça sera peut-être plus compliqué.
05:32On risque de gêner un peu plus les forces de l'ordre et tout ça,
05:36mais c'est pas grave.
05:37Et il faut qu'on arrive, petit à petit, à convaincre.
05:40Bon, on risque de gêner les forces de l'ordre, mais c'est pas grave.
05:42Vous lui répondez quoi ce matin à Pascal ?
05:45Écoutez, encore une fois, nous allons anticiper et préparer les autres mobilisations.
05:53Donc nous allons les suivre.
05:56Voyons ce qui va se passer, voyons ce qui va se décider dans les rassemblements,
05:59les assemblées générales.
06:00Nous savons que nous avons une balise qui est celle du 18 septembre,
06:03où là on a d'ores et déjà des manifestations qui s'annoncent.
06:06On verra dans l'intervalle ce qui se prépare.
06:09Moi je n'ai pas, par exemple depuis hier, à cette heure,
06:13connaissance d'autres actions qui auraient pu être conduites depuis hier.
06:16Parmi les actions envisagées, il y a notamment le blocage de grandes surfaces en ville active à Nîmes.
06:21Comment vous encadrerez ces opérations ?
06:24Selon le même principe que celui que je vous décrivais,
06:27c'est-à-dire qu'à la limite il puisse y avoir une expression devant des centres commerciaux, pourquoi pas.
06:34Mais pas de blocage.
06:35Mais que l'on bloque, non.
06:37Bon, il y a cette manifestation, vous le disiez, du 18 septembre prochain,
06:40là ce sera avec une participation des syndicats plus marquée,
06:44c'est plus facile, et vous l'exprimiez tout à l'heure,
06:47d'encadrer une manifestation qui est entourée par les syndicats.
06:51En tout cas, ce sont des manifestations que l'on peut préparer,
06:54que l'on prépare avec les organisateurs.
06:57Vous savez, l'essentiel des gens qui manifestent souhaite que les manifestations se passent bien.
07:01Et donc, quand vous avez des organisateurs qui veulent que ça se passe bien,
07:03le dialogue est effectivement fructueux, et on peut préparer ça.
07:08Et cela n'empêche pas, excusez-moi de le préciser,
07:10mais cela n'empêche pas que l'expression soit entendue.
07:12Ce matin, nous parlons de quoi ?
07:13Nous parlons de la mobilisation d'hier.
07:15Donc on n'en est absolument pas obligé de passer par de la casse ou de la violence,
07:19ou des blocages, pour être entendu.
07:21Donc, c'est la consigne que nous continuerons d'appliquer.
07:25Et cette mobilisation d'hier qui s'est plutôt bien passée,
07:27hormis ces trois interpellations.
07:29Donc, vous le rappeliez ce matin, monsieur le préfet, à Alès,
07:32dont deux personnes en garde à vue hier soir.
07:34Je vous remercie beaucoup, en tout cas, d'avoir été avec nous
07:36pour faire le bilan de cette première journée d'action du 17 septembre.
07:39Jérôme Bonnet, préfet du Gard, merci encore.
07:41Jérôme Bonnet, préfet du Gard, merci encore.