Le ministre démissionnaire de l'Intérieur, Bruno Retailleau a pris la parole en direct depuis la place Beauvau, en affirmant que la journée de manifestations dans le pays est "une mise en échec de ceux qui voulaient bloquer le pays" et pointe un "détournement" du mouvement.
00:00Nous venons de terminer à l'instant une nouvelle réunion de la cellule interministérielle de crise qui, cette fois-ci, a été présidée par Sébastien Lecornu, nouveau Premier ministre.
00:11Cette réunion nous a permis justement d'échanger, de faire le point avec l'ensemble des services.
00:17Beaucoup de très nombreux ministres qui ont été impliqués, transport, lycée, enseignement supérieur, santé, etc., etc.
00:25Et puis, bien entendu, les forces de sécurité, nos services de renseignement pour faire le point sur cette journée qui continue encore,
00:34puisque toutes les manifestations n'ont pas été disloquées. Il y a des assemblées générales qui vont se tenir dans la soirée
00:40et qui devront décider d'un certain nombre d'actions dans les jours à venir ou non.
00:46Un certain nombre d'assembles générales se sont déjà tenues et on voit qu'il y a une volonté parfois de vouloir poursuivre demain
00:54ou dans les jours prochains le mouvement. Qu'est-ce que l'on peut dire dans les grands enseignements qu'on peut tirer de cette journée
00:59qui était très très longue ? Il a commencé à l'aube et, encore une fois, elle se poursuit.
01:05D'abord, peut-être la mise en échec de celles et ceux qui voulaient bloquer le pays.
01:11Eh bien, nous avons précisément mis en échec cette stratégie et les bloqueurs n'ont pas bloqué la France.
01:18Il y a eu de très très nombreuses tentatives, des tentatives qui ont parfois été violentes.
01:25Je l'ai déjà indiqué ce matin. Mais grâce à la réactivité, aux instructions qui avaient été données aux forces de l'ordre,
01:32force est restée justement à la loi et on a vu un certain nombre d'images.
01:37Nos forces de l'ordre ont été très très réactives et ont justement empêché le blocage du pays
01:43à travers des actions qui ont été réparties sur l'ensemble du territoire et à travers des actions justement sporadiques
01:50qui parfois ont revêtu un aspect très violent. Donc l'autre enseignement, celui que l'on pressentait,
01:57c'est qu'il y a eu une forme de confiscation, de détournement de cette mobilisation.
02:02Il y a des compatriotes qui ont eu une colère, des fins de mois difficiles, qui peuvent légitimement exprimer.
02:08Mais on voit bien qu'il y a eu ce détournement, notamment par la mouvance d'extrême-gauche et d'ultra-gauche.
02:15Il y a eu une mobilisation qui était une mobilisation importante, de près de 200 000 sur l'ensemble du territoire.
02:23Paris, c'est Paris seulement. Ce n'est pas la petite couronne, ce n'est pas la grande couronne.
02:27C'est à peu près 14 000. Le préfet de police nous indiquait que pour Paris, c'est finalement assez peu.
02:32Si nous on compare ce chiffre de moins de 200 000 à ce qu'on appelle les JNA, les Journées nationales d'action, d'action sociale notamment,
02:40la moyenne, la jauge est habituellement à hauteur de 250 000.
02:45Et une des manifestations que l'on peut prendre non pas comme référence, mais entre les deux tours des législatives
02:52qui avaient un mot d'ordre aussi, qui réunissaient d'ailleurs cette mouvance extrême et d'ultra-gauche,
02:59nous étions donc à l'époque à 280 000. Je comprends que ça situe l'ordre de grandeur de la manifestation.
03:08Pour beaucoup, et notamment la mouvance dont j'ai parlé, c'était cette idée de pouvoir monter en pression,
03:15de faire un tour de chauffe avant le 18 septembre prochain.
03:21Les manifestations, bien sûr, notamment les rassemblements, les cortèges, pour ceux qui avaient été déclarés,
03:27nous avons vraiment essayé et nous avons fait en sorte que les manifestations puissent se dérouler en bon ordre
03:33et surtout de façon pacifique pour celles et ceux qui voulaient manifester leur point de vue.
03:37Et c'est totalement normal, je le comprends parfaitement en France, mais nous avons assuré leur sécurité.
03:43C'est important. Il y a eu des policiers qui ont été blessés. Il y a eu un policier, un CRS,
03:48qui a sauvé sans doute la vie d'une jeune femme. C'était à Bayonne qui est tombée dans la Dour.
03:54Je veux quand même le dire pour remercier à travers ce policier, mais aussi l'ensemble de nos forces de sécurité à l'intérieur,
04:03les policiers évidemment, et puis les gendarmes qui ont vraiment été admirables.
04:07Ils ont commencé tout ce matin. Pour beaucoup d'entre eux, ils continuent.
04:11Et je voudrais dire avec et entouré des deux directeurs généraux de la police nationale et de la gendarmerie nationale
04:17qu'à nouveau, nous sommes très reconnaissants vis-à-vis de ces hommes et de ces femmes
04:21qui sont en première ligne pour protéger notre pays.
04:27Voilà ce que je voulais vous dire sur le point.
04:29Je pense que j'ajouterais néanmoins qu'en matière de mobilisation,
04:34on a bien vu qu'il y a eu énormément de jeunes, étonnamment de jeunes lycéens.
04:37Un certain nombre de députés, d'ailleurs, n'ont pas hésité à faire le tour de lycées pour mobiliser ces lycéens,
04:44pour qu'ils sortent de leur lycée.
04:46Et on a bien vu, comme vous avez pu les voir sur les images,
04:50qu'il y avait une proportion de la jeunesse qui était une proportion relativement importante
04:56à travers le deuxième moment de la journée.
04:59Le premier moment, c'était ces actions sporadiques, violentes, de blocage.
05:02Et le second moment, c'était les cortèges, les manifestations, comme j'ai pu le dire il y a quelques instants.
05:09Vous connaissiez les instructions que j'avais indiquées, que j'avais données aux forces de l'ordre.
05:13Et c'était très clair.
05:14Ne pas tolérer ni de violence, ni de dégradation de biens, ni d'atteintes, évidemment, aux personnes.
05:20Faire en sorte que les blocages soient débloqués le plus rapidement possible.
05:25C'est ce qui s'est passé sur l'ensemble du territoire national.
05:28Et je voudrais vraiment les en remercier.
05:31Au moment où je vous parle, donc, des assemblées générales se sont déjà terminées.
05:35D'autres se poursuivent.
05:37Un certain nombre de cortèges, de rassemblements n'ont pas été totalement disloqués.
05:41Donc on est très mobilisés.
05:43On reste extrêmement prudents, très vigilants.
05:46Et nous verrons dans les heures à venir les consignes qui ont été données
05:50pour envisager d'éventuelles poursuites de ce mouvement.
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