- il y a 1 an
Dans le cadre d’un partenariat, TVLibertés a le plaisir de vous proposer cet été quelques programmes d’OPEN Box TV, la chaîne d’Alain Juillet, ancien patron du renseignement à la DGSE.
Dans cette nouvelle émission, Alain Juillet et Claude Medori reçoivent le directeur de recherches à l'IPSE Kader Abderrahim pour explorer la relation complexe entre la France et le Maroc. Nous examinerons les enjeux actuels qui façonnent la relation franco-marocaine et discuterons des perspectives pour l'avenir de cette relation et des moyens de renforcer les liens entre les deux pays sur des bases solides et mutuellement bénéfiques.
Dans cette nouvelle émission, Alain Juillet et Claude Medori reçoivent le directeur de recherches à l'IPSE Kader Abderrahim pour explorer la relation complexe entre la France et le Maroc. Nous examinerons les enjeux actuels qui façonnent la relation franco-marocaine et discuterons des perspectives pour l'avenir de cette relation et des moyens de renforcer les liens entre les deux pays sur des bases solides et mutuellement bénéfiques.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Bonjour, bienvenue sur Openbox TV, l'émission de géopolitique d'Alain Juillet.
00:21– Alors aujourd'hui, Alain Juillet, bonjour. – Bonjour. – Nous avons invité un professeur à Sciences Po, spécialiste du Maghreb, et nous allons parler du Maroc.
00:32– Absolument. – Et donc, M. Kader Abderhaïm est là pour ça, et je vous laisse échanger avec lui.
00:37– Merci. Ben oui, on a la chance d'avoir un spécialiste, vous savez, hors du Maghreb et du Maroc.
00:43Alors vous savez qu'on a fait une émission récemment sur l'Algérie. Là, on a pensé que c'était intéressant de regarder l'autre pays du Maghreb,
00:53qui est passionnant parce qu'il vit actuellement une mutation, un développement très intéressant, et qui va compter dans le futur, pour de multiples raisons, c'est le Maroc.
01:04Alors, pour parler du Maroc, il faut des spécialistes, évidemment, parce que ce sont des pays comme... C'est un pays complexe, il faut bien le dire.
01:12Et un pays qui vient de vivre toute une série, je dirais, d'événements. Et je voudrais juste, avant de commencer, rappeler deux choses.
01:22Vous savez qu'il y a d'une part ce problème – on y viendra, on en parlera – de l'ancien sarah espagnol, IFLI, comme on l'appelait à l'époque,
01:31qui fut par une marche verte organisée par le roi Hassan II, qui a été occupée par les Marocains,
01:39et c'est un conflit permanent entre l'Algérie et le Maroc à travers le front polisario.
01:45Bon, on évoquera ça par toutes les conséquences que ça peut avoir entre ces deux pays.
01:50Mais avant, il y a surtout quelque chose qui... Il y a deux aspects qui me paraissent fondamentaux.
01:55Un, c'est ce qu'on appelle les accords d'Abraham qui ont été faits à l'époque sous le président Trump
02:01entre les pays du Proche-Orient et du Moyen-Orient, Israël, les Émirats, la Jordanie et autres,
02:08où il y a eu un accord de paix qui a été fait, négocié et qui a été signé, et dans lequel le Maroc est rentré.
02:17Ce qui fait que le Maroc, aujourd'hui, d'un côté, il a maintenant une ouverture beaucoup plus forte qu'avant vers les États-Unis,
02:24puisqu'il participe à cet accord, mais également de l'autre côté.
02:27Et on va en parler parce que ça veut dire qu'il y a maintenant des relations avec Israël qui n'existaient pas avant.
02:33Et le deuxième volet, c'est la politique du roi Mohammed VI vers l'Afrique,
02:37parce que, comme on a eu l'occasion d'en parler dans plusieurs émissions sur l'Afrique,
02:41le Maroc est en train de remplacer les Français dans beaucoup de domaines sur l'Afrique francophone,
02:47en particulier pour les gros investissements et pour les banques.
02:51Donc, c'est un pays passionnant parce qu'il est en train de bouger.
02:55Et c'est pour ça qu'il faut pouvoir en parler avec un expert.
02:59Alors, je me retourne vers vous.
03:00On vous remercie encore d'avoir accepté de venir participer à cette émission.
03:05Pour que, justement, on commence en parlant, justement, de cette mutation, ce développement du Maroc,
03:12tout azimut, si vous voulez, à un moment où, par contre, la France est en train de perdre complètement pied au Maroc,
03:18parce que, visiblement, la politique française s'intéresse beaucoup plus à l'Algérie qu'au Maroc.
03:23Alors, ce Maroc, comment il bouge ? Qu'est-ce qui se passe ?
03:27Je pense qu'il y a une question générationnelle et puis il y a un contexte historique.
03:32Le changement dynastique après la disparition du roi Hassan II,
03:37l'arrivée de Mohamed VI sur le trône, un homme jeune, ouvert sur son temps, sur son époque,
03:46capable de voir aussi et de mettre en œuvre des politiques favorables à son pays
03:51pour comprendre quels sont les défis auxquels le Maroc est confronté,
03:57mais également les difficultés auxquelles il doit faire face.
04:01Ça, ça a été pris à bras-le-corps avec l'arrivée de toute une génération plutôt très bien formée,
04:08compétente, plutôt nationaliste, en tout cas, qui fait le choix de revenir au Maroc
04:14et pas de rester aux États-Unis, en Asie ou autre.
04:18Et donc, je crois qu'il y a cet élément générationnel qui est important.
04:23Et puis, il y a le contexte historique.
04:25Le contexte historique, c'est la fin de la guerre froide,
04:29cet entre-deux qui est l'hyperpuissance américaine,
04:35même si nos amis américains n'aiment pas qu'on leur rappelle,
04:38mais également une Chine dont l'ascension sur le plan international et géostratégique
04:48devient une réalité avec laquelle il faut composer.
04:53Donc, tout cela, dans l'entourage du roi et le roi lui-même,
04:58comprennent qu'il y a des questions qui sont posées
05:02et qui ne se posaient pas avec son père, son prédécesseur sur le trône.
05:09Donc, tout cela est à prendre en considération.
05:11Dans ce contexte, dans ce cadre précis tel que je viens de le décrire,
05:15même si c'est un peu lapidaire,
05:18il y a, évidemment, quoi qu'il arrive,
05:22même si c'est un Maroc triomphant,
05:25on ne change pas la géographie.
05:26Le Maroc est au Maghreb.
05:28Le Maroc, c'est un peu comme la Californie,
05:31au sens de la géographie.
05:34Vous voyez cette double façade maritime,
05:37la Méditerranée au nord, l'Atlantique à l'ouest,
05:41un espace saharien au sud,
05:44des plaines fertiles dans le centre du pays.
05:46Donc, ça ressemble considérablement à la Californie
05:50sur le plan de la géographie.
05:52Je fais attention à bien être compris.
05:55Et puis, la population un peu identique,
05:5845 millions d'habitants en Californie,
06:0035, 37 au Maroc.
06:02Donc, c'est sensiblement la même chose.
06:04Donc, on pourrait faire ce parallèle.
06:06Ça me permet aussi de faire une petite insiste
06:09pour rappeler qu'à travers l'histoire,
06:12le Maroc est le premier pays au monde,
06:15c'est dire si c'est un État très ancien,
06:18voire le plus vieil État au monde,
06:20à avoir reconnu l'indépendance des États-Unis.
06:22Donc, il y a toujours eu ce débat au Maroc.
06:25Vous avez raison.
06:26Je vous arrête ce second-là.
06:27Vous avez raison parce que ça, c'est quelque chose...
06:29Je l'ai entendu aux États-Unis,
06:31dans les séries officielles,
06:32où un jour, je leur disais,
06:34la France a été formidable,
06:36on a fait la guerre avec vous,
06:37la guerre d'indépendance et tout.
06:39Et ils m'ont dit,
06:40oui, mais il y a un pays qui nous a reconnus,
06:43le Maroc.
06:44Oui, c'est le premier pays au monde.
06:44Le royaume du Maroc.
06:45Premier pays au monde.
06:47Alors, après, on a oublié tout ça,
06:49mais maintenant, avec les accords d'Abraham,
06:51maintenant, justement,
06:51les liens avec le Maroc et les États-Unis,
06:55les liens sont en train de se développer
06:56de plus en plus vite.
06:57Déjà, il y en avait, mais alors là...
06:59Je pense qu'il faut puiser dans l'histoire
07:00la raison, les motivations
07:03qui ont conduit à ces accords d'Abraham,
07:08cette relation très ancienne,
07:11qui date de la fin du XVIIe siècle,
07:12avec les États-Unis.
07:15Donc, il y a toujours eu ce débat
07:16au Maroc entre eux.
07:18Est-ce que nous sommes plutôt des gens
07:19qui regardent vers le large
07:21ou est-ce que nous sommes ancrés
07:23de là où nous sommes,
07:24mais nous sommes plutôt des Sahariens ?
07:26Il y a ce débat.
07:27Il semble aujourd'hui que la question,
07:30pour un temps en tout cas,
07:32puisqu'on est dans un momentum historique,
07:36qui est qu'à travers les accords d'Abraham,
07:39on se tourne plutôt vers le large,
07:41mais on peut aussi l'expliquer
07:43par le fait que la relation bilatérale
07:46avec le voisin de l'Ouest et l'Algérie
07:48est absolument catastrophique
07:50et devenue même maintenant inexistante.
07:54Donc, tous les espoirs
07:55que le Maroc a pu placer
07:58dans une éventuelle intégration régionale
08:01avec une union du Maghreb arabe,
08:04avec un développement des échanges économiques,
08:09commerciaux,
08:10aujourd'hui, sont totalement inexistants
08:14et probablement mis entre parenthèses
08:17pour longtemps.
08:19Donc, voilà,
08:21brosser très rapidement le contexte historique.
08:25Tout à fait.
08:25Mais alors, justement,
08:26une question qu'on peut se poser,
08:27peut-être un peu iconoclaste,
08:29mais une question qu'on peut se poser,
08:31c'est est-ce que
08:33ce mouvement stratégique du Maroc
08:37vers l'Amérique, vers la Chine,
08:43cet élargissement, j'irais,
08:46est-ce que ce n'est pas, en définitive,
08:49une prise d'indépendance totale
08:51par rapport à la France
08:52qui, elle, est en train de tendre
08:54les relations avec le Maroc
08:56depuis un certain nombre d'années
08:57et qui fait que,
08:58nos relations étant beaucoup moins bonnes,
09:00le pays frère, en définitive,
09:03on a beaucoup moins de relations
09:04et donc ça les encourage
09:05d'aller ailleurs aussi.
09:07Parce qu'on n'est pas aussi,
09:08en partie, responsable
09:09de ce choix stratégique
09:11qui est tout à fait justifié
09:12du Royaume du Maroc.
09:14Les rapports de force,
09:15ce n'est pas quelque chose de figé,
09:17ça évolue, c'est mouvant.
09:19Nous sommes aujourd'hui
09:20dans un moment de l'histoire,
09:22notamment sur le continent européen,
09:25qui vont probablement faire évoluer
09:27les rapports de force.
09:29Alors, est-ce qu'il sortira
09:30de la guerre en Ukraine
09:31un nouvel ordre international ?
09:34Est-ce que la Chine devient
09:35définitivement le numéro un mondial
09:39à la fois sur le plan stratégique
09:42mais également économique ?
09:44Enfin bon, tout cela,
09:46ce sont encore des...
09:47On voit assez bien
09:49l'architecture générale
09:50que les choses pourraient prendre.
09:52Pour autant, je pense
09:54qu'on va vers un monde
09:55qui va être coupé
09:56au moins en deux, trois,
09:59peut-être quatre.
10:00Enfin bref,
10:01la fragmentation
10:02des relations internationales
10:04a conduit le Maroc
10:05à se dire,
10:06mais bon,
10:07il ne faut pas mettre
10:08tous ses oeufs
10:08dans le même panier
10:09pour faire allusion
10:11à un adage bien français
10:14qu'on aime dans les campagnes.
10:16Et donc,
10:17la diversification
10:18des partenariats diplomatiques
10:21du Maroc
10:22pour préserver ses intérêts
10:26mais également
10:27pour ne pas insulter l'avenir,
10:29je crois qu'il a commencé
10:30au tout début du Covid.
10:33On a vu que le Maroc
10:35ne s'est pas précipité
10:37pour obtenir rapidement
10:39le vaccin français.
10:42Mais on a dit
10:43oui, oui,
10:43si vous avez des vaccins
10:44en France,
10:45on prend.
10:46Et puis,
10:46on est allé voir les Chinois
10:47et puis les Russes
10:48et puis on a testé
10:49et puis on s'est dit,
10:50bon,
10:51qu'est-ce qui est le plus efficace ?
10:54Je crois que c'est le maître mot
10:55qui, aujourd'hui,
10:57devrait guider
10:59les relations internationales.
11:01Quand on est un pays petit,
11:03quelle que soit l'histoire,
11:04avec des moyens
11:06limités
11:08et qu'on est
11:10enclavés
11:11au sens
11:12de la diplomatie,
11:14comme c'est le cas du Maroc,
11:16alors,
11:17il vaut mieux
11:17se préserver
11:19en diversifiant
11:21ces partenariats,
11:22même si,
11:23je crois qu'il y a,
11:24est-ce que je peux me permettre
11:26de porter
11:26un jugement de valeur,
11:28mais il y a une erreur
11:29historique
11:30de la part de la France
11:31à considérer
11:33qu'aujourd'hui,
11:34les choses
11:35se passent ailleurs.
11:36Lorsque je dis ailleurs,
11:37c'est très loin de chez nous,
11:38c'est en Asie.
11:39Peut-être que le basculement
11:40du monde
11:41se fera vers l'Asie.
11:43Je n'en sais rien.
11:45Là aussi,
11:46je pose des questions.
11:47Dans le fond,
11:47finalement,
11:48ce sont les questions
11:48qui nous permettent
11:49d'imaginer
11:52ce que peut-être,
11:53de faire de la prospective
11:54ou ce que peut-être
11:55un avenir
11:56à court terme.
11:56mais pour revenir
11:58à ce que je disais,
12:00dans le cas du Maroc,
12:02il est inimaginable
12:04que la relation
12:05avec la France
12:06soit rompue
12:08brutalement
12:09du jour au lendemain.
12:10ce n'est pas possible,
12:12ce n'est pas audible
12:13et ce n'est pas faisable
12:14tout simplement.
12:15Il y a 38 entreprises
12:17du CAC 40 françaises
12:19qui sont présentes
12:21au Maroc.
12:21Exactement.
12:22Il y a aujourd'hui
12:2365, 70 000 français
12:26qui vivent au Maroc
12:28en permanence.
12:29Donc,
12:30il y a un lien
12:31quasi charnel
12:33comme avec le Maghreb
12:35en général.
12:37Mais dans le cas du Maroc,
12:38il est aussi
12:39et diplomatique
12:40et politique
12:41et commercial
12:42et économique.
12:43Donc,
12:44ça fait beaucoup
12:45de plus, plus, plus
12:46pour maintenir
12:48à minima
12:49une relation.
12:50La question,
12:51c'est
12:51et là,
12:53je la pose
12:53à dessein,
12:54mais elle se pose
12:55à nous,
12:56Français.
12:57Quel est notre projet ?
12:59Que voulons-nous faire ?
13:01Que voulons-nous construire
13:02pour ce 21e siècle naissant
13:04dans cette relation
13:06avec le Maghreb
13:07compte tenu
13:09de tous les impondérables
13:10que nous venons d'évoquer ?
13:12Pour aller dans votre sens,
13:14ce qui est frappant,
13:16si vous voulez,
13:16c'est que
13:16quand on regarde
13:18le nombre d'entreprises françaises
13:19qui ont investi
13:20et investi de manière
13:21importante
13:22en Algérie
13:23et au Maroc.
13:23On voit que le Maroc
13:24fait la course en tête
13:26au niveau des investissements
13:27français,
13:28c'est très important.
13:30On voit que la population,
13:31enfin,
13:31les Français
13:32qui vivent en permanence,
13:34qui sont résidents au Maroc,
13:36qui sont installés au Maroc,
13:37il y en a un grand nombre
13:37également.
13:38Sans parler de ceux
13:39qui vont y passer leurs vacances
13:40et qui pensent leur retraite
13:42puisqu'il y a des villes
13:43comme Agadir ou autre
13:45où il y a énormément
13:45de Français.
13:47La question qu'on peut se poser,
13:48c'est effectivement,
13:50est-ce qu'il n'y a pas...
13:50Alors, je ne vais pas faire
13:51la politique française
13:52puisque vous souhaitez
13:53qu'on parlait du Maroc,
13:54mais est-ce qu'on peut se poser
13:55la question de savoir
13:56si, en définitive,
13:57en France,
13:58le politique a compris
13:59que nos intérêts économiques,
14:01aujourd'hui,
14:01ils sont majoritairement
14:02du côté du Maroc.
14:03Et donc, il faudrait peut-être
14:06en tenir compte
14:07dans les relations
14:08qu'on peut avoir.
14:09Et pourquoi je vous dis ça ?
14:10C'est parce que je constate
14:11que dans le même temps,
14:12les Espagnols sont en train
14:14de monter en puissance
14:15avec le Maroc
14:16de manière très importante
14:17à tout point de vue.
14:18Il y a des accords
14:19dans tous les sens
14:20entre le Maroc et l'Espagne
14:22et que donc,
14:23il faudrait quand même...
14:24Je pense qu'il serait dommage
14:26que cette position française
14:27importante que nous avons
14:28historiquement au Maroc
14:30soit peu à peu remplacée
14:33par une influence européenne
14:34de l'Espagne,
14:36tout en...
14:37Alors, derrière,
14:38avec ce que vous venez
14:39d'évoquer
14:39sur les conséquences
14:40de la paix
14:41après l'Ukraine
14:42et les rapports de force
14:44que peuvent exister.
14:45Alors, je voudrais aller...
14:46Derrière ça,
14:47je voudrais aller
14:47sur un autre point
14:48parce que là,
14:49je t'aimerais beaucoup
14:49avoir votre point de vue.
14:51C'est dans l'accord...
14:52Le fameux accord d'Abraham,
14:54l'accord avec Israël.
14:55Bon.
14:56Le Maroc,
14:57c'est un pays
14:58à fait particulier
14:59puisque, effectivement,
15:00il y avait une population
15:01juive importante au Maroc,
15:02une partie est partie
15:04en Israël.
15:06Il y a eu,
15:07d'ailleurs,
15:07au départ,
15:08quand ils sont arrivés là-bas,
15:09il y a eu des heures
15:10entre les Askenaz,
15:12les Juifs
15:12qui venaient du nord
15:13de l'Europe
15:13et puis les Séfarades
15:16qui venaient en particulier
15:17du Maroc.
15:18Donc, il y a eu des heures.
15:18Mais aujourd'hui,
15:20tout ça,
15:20ça s'est arrangé
15:21au niveau d'Israël.
15:24Mais l'accord
15:25qui vient d'être passé,
15:26l'accord d'Abraham,
15:27fait que les Israéliens
15:28reviennent en force,
15:29maintenant,
15:29vers le Maroc.
15:31Donc, comment vous voyez ça ?
15:32Vous pensez que ça va créer,
15:34effectivement,
15:34parce que le Maroc
15:35avait des liens
15:36avec l'Arabie saoudite,
15:38avec les Émirats,
15:39il y avait les princes,
15:40les Émirats,
15:41les Chers avaient investi
15:43au Maroc.
15:43On voit beaucoup de palais.
15:45Il y avait des investissements
15:46économiques.
15:47Qu'est-ce qui va se passer
15:48avec Israël ?
15:49On est clairement
15:50dans un processus
15:52de mondialisation
15:53des relations internationales,
15:55un peu caricatural,
15:58quand on parle là
15:59du Maghreb
15:59et du Maroc
16:00en particulier,
16:02et de la relation singulière
16:03qu'il y a
16:05entre le Royaume du Maroc
16:07et les Juifs du Maroc
16:10ou leurs descendants,
16:12qui ont gardé
16:13à tout le moins
16:15une affection
16:18très particulière,
16:20des émotions,
16:21je dirais.
16:22Et aujourd'hui,
16:23il y a un débouché politique.
16:25Alors,
16:26moi qui vais très souvent
16:27au Maroc,
16:28je ne constate pas,
16:30je ne vois pas,
16:31et on ne me raconte pas
16:32non plus,
16:32que pour le moment,
16:34mais c'est sans doute
16:34beaucoup trop tôt,
16:36il y ait un prolongement
16:38économique concret,
16:40visible.
16:41Ça ne vous parle pas
16:41par là, sur le Maroc.
16:42Pas encore.
16:43Alors qu'on le voit,
16:44par exemple,
16:44sur les Émirats,
16:45sur les Émirats,
16:46c'est fascinant,
16:47tous les hôtels,
16:48les grands hôtels des Émirats
16:49sont monopolisés
16:50par les Israéliens
16:51qui commencent à développer
16:52des liens d'affaires.
16:53Alors,
16:53on n'est pas encore arrivé
16:54de ce côté-là,
16:55on n'est pas encore arrivé là.
16:56Il y a un tourisme israélien,
16:58notamment de Juifs du Maroc,
16:59qui reviennent
17:00dans leur ville,
17:02dans leur village.
17:03Bon,
17:03évidemment,
17:04mais il a toujours existé,
17:06même s'il y a eu
17:06parfois des périodes
17:08de tension,
17:09compte tenu de la situation
17:10aussi au Proche-Orient.
17:12Mais,
17:13immanquablement,
17:15c'est quelque chose
17:16qui est en train
17:17de se construire.
17:18Alors,
17:19c'est en train
17:19de se construire
17:20dans un contexte difficile
17:22parce qu'il y a la guerre
17:22en Ukraine
17:23qui,
17:24aujourd'hui,
17:26mobilise les efforts
17:27et les esprits.
17:28probablement,
17:30les choses évolueront.
17:32Dans quel sens ?
17:33Évidemment,
17:33je suis incapable
17:34de le dire.
17:36Mais,
17:37pour Israël,
17:38c'est essentiel
17:39parce que ça permet
17:41de desserrer.
17:43C'est comme si on était...
17:44C'est un pays
17:45qui a toujours été
17:45pris dans une cote de maille.
17:48Et donc,
17:49cette cote de maille,
17:50aujourd'hui,
17:50Israël a la capacité
17:52de déboutonner,
17:55d'ouvrir.
17:56Et donc,
17:56c'est très important.
17:58La déclaration,
17:59ça n'a pas été relevé,
18:00ça non plus,
18:01de l'ancien ministre
18:02d'Affaires étrangères
18:03saoudien,
18:04le 17 décembre,
18:05qui disait
18:06« C'est qu'une question
18:07de temps
18:07pour que mon pays
18:09ne reconnaisse Israël »
18:10est absolument essentielle.
18:12Qu'est-ce qui va se passer ?
18:13Parce que,
18:14symboliquement,
18:14c'est important.
18:15Qu'est-ce qui va se passer
18:16dans l'esprit
18:17des musulmans ?
18:19Puisque l'Arabie saoudite,
18:21c'est le pays
18:21qui abrite
18:22le lieu sain de la Mecque.
18:24Qu'est-ce qui va se produire ?
18:26Donc,
18:26on a un double enjeu
18:28qui est diplomatique
18:29de relations internationales,
18:32un enjeu
18:32qui est de politique intérieure.
18:34Est-ce que toute la famille
18:35princière
18:36est favorable
18:37à cette reconnaissance
18:38claire, nette,
18:40massive ?
18:42Et troisièmement,
18:43nous avons un problème
18:44dont on ne parle jamais
18:47qui est une question
18:48démographique.
18:50Aujourd'hui,
18:52les Arabes
18:54dans l'islam
18:55sont très minoritaires.
18:58Ils représentent
18:584 à 7 %.
19:00La majorité des musulmans
19:02dans le monde
19:03sont asiatiques.
19:05C'est une dimension
19:07qui va probablement
19:09jouer en faveur
19:12d'un certain nombre
19:13de pays asiatiques.
19:15La Chine
19:15pourrait l'exploiter
19:17à condition
19:17qu'elle accepte
19:18de desserrer
19:19l'étau
19:20dans ses provinces
19:21de l'Est
19:22et notamment
19:23sur les Ouïghours.
19:25Mais pas seulement.
19:26Mais bon,
19:27rien que la Chine,
19:28par exemple,
19:28c'est
19:2980,
19:30100,
19:30150 millions
19:31de musulmans,
19:32c'est considérable.
19:34Ça en fait
19:34le 2e ou 3e pays musulman
19:36aujourd'hui au monde
19:38derrière le Nigeria
19:39ou l'Indonésie.
19:40L'Indonésie,
19:40vous parlez de l'Asie,
19:42l'Indonésie est la plus
19:43grande puissance
19:44actuellement.
19:45Elle va passer
19:45dans les 10 premières
19:46puissances mondiales,
19:47l'Indonésie.
19:47Donc,
19:48c'est pas rien.
19:48Elle va nous passer devant
19:50dans les 20 ans qui viennent
19:51à l'Indonésie
19:51et même dans les 10 ans
19:52qui viennent.
19:53Donc,
19:53c'est un pays
19:54qui est musulman.
19:55Et on est à près
19:56de 300 millions
19:57d'individus.
19:58Donc,
19:58on n'est plus du tout
19:59dans les mêmes filles.
20:00Vous avez tout à fait raison
20:00de le souligner.
20:02Or,
20:02il faut regarder
20:02parce que ça,
20:03c'est aussi,
20:04je trouve,
20:04une bonne réponse
20:05à tous ceux
20:05qui critiquent un peu
20:06ce qui se passe
20:07dans le Moyen-Orient
20:08ou dans le Maghreb.
20:09Il faut devoir regarder
20:10l'Indonésie,
20:11pays musulman,
20:12ça se passe très bien.
20:14Il y a eu des problèmes
20:15dans une zone
20:16mais elle est parfaitement
20:17contrôlée.
20:17Mais tout le reste,
20:18ça se passe très très bien.
20:19Pays à développement
20:20formidable.
20:22Candidat pour entrer
20:23aux BRICS,
20:24donc dans les pays
20:25en émergence,
20:25qui est actuellement estimé
20:27d'une neuvième
20:28ou dixième puissance mondiale.
20:30On est septième,
20:31je vous rappelle.
20:32Et dans les dix ans à venir,
20:33ils vont nous passer devant.
20:34Il y a des paradigmes nouveaux
20:36qui sont en train d'émerger
20:38dont on ne voit pas encore
20:39quelle place
20:40ils pourraient prendre
20:41dans cette nouvelle architecture,
20:43encore une fois,
20:44post-guerre en Ukraine.
20:46Et il me semble
20:47qu'un pays comme le Maroc,
20:48par exemple,
20:49voit bien tous les enjeux.
20:51Il essaie de se positionner
20:54et d'y répondre
20:55de manière
20:56à préserver
20:57ses intérêts.
20:59Et puis l'autre dimension
21:00que je voudrais aborder,
21:01c'est que
21:01la relation aujourd'hui
21:03au Maghreb
21:04est totalement dégradée,
21:06notamment avec l'Algérie,
21:07mais elle n'est pas meilleure
21:08avec la Tunisie
21:09parce que la Tunisie,
21:10ces derniers mois,
21:11s'est considérablement
21:12rapprochée
21:13de l'Algérie
21:15pour des raisons
21:17financières,
21:18économiques.
21:18Il faut payer
21:19les fonctionnaires.
21:20et c'est un pays
21:21qui est dans une situation
21:22économique,
21:23la Tunisie,
21:24absolument dramatique.
21:26La question du Sahara
21:27reste
21:29et ou bien
21:30revient,
21:30je ne sais pas comment
21:31il faudra le dire,
21:32revient au cœur,
21:33au centre
21:34de tous les débats
21:36diplomatiques
21:37dans cette région
21:39du monde.
21:40Et il me semble
21:41que puisque
21:43le président
21:45de la République française
21:47a une relation
21:48aujourd'hui
21:48privilégiée
21:50avec son homologue
21:51algérien
21:51qu'il doit aller
21:53en visite officielle
21:55au Maroc
21:56au cours
21:57de ce trimestre,
21:58je crois que
21:59ce serait aussi
22:00la grandeur
22:01de la France
22:01de tenter
22:02de jouer
22:04les intermédiaires
22:05entre les uns
22:06et les autres
22:06sur cette question
22:08du Sahara.
22:09Parce qu'une fois
22:10qu'on sera...
22:11Vous savez,
22:12il faut entrer
22:12dans un processus
22:13vertueux.
22:14Le processus vertueux,
22:16ce n'est pas de l'argent,
22:16ce n'est pas du pétrole,
22:18c'est le dialogue.
22:20Il faut se parler.
22:21Or, maintenant,
22:21c'est terminé.
22:22Le dialogue est rompu
22:23entre le Maroc
22:24et l'Algérie.
22:25Et c'est une tragédie
22:26absolue.
22:26J'allais vous dire,
22:28justement,
22:28parce qu'on voit
22:29aujourd'hui,
22:31on les voit
22:32prendre des positions
22:33de bellicistes
22:34les uns
22:34contre les autres,
22:35c'est très grave.
22:37Et la question
22:38qu'on peut se poser,
22:39c'est,
22:39au départ,
22:41c'était une histoire...
22:42Bon,
22:42les Saharouis
22:43étaient concernés,
22:44bien entendu,
22:44mais en dehors de ça,
22:46c'était plutôt
22:46une histoire politique
22:47entre les dirigeants
22:49du Royaume
22:49et les dirigeants
22:50algériens.
22:52On a l'impression,
22:53quand on regarde
22:53ce qui se passe,
22:54que c'est en train
22:55de descendre
22:55dans la population
22:56et qu'il y a
22:57des partis pris
22:57qui commencent
22:58à descendre
22:58et à,
23:00je dirais,
23:00s'étendre
23:00dans la population
23:01d'un côté
23:02ou de l'autre.
23:03Je ne sais pas
23:03comment vous voyez ça,
23:04parce que ça aussi,
23:05c'est grave.
23:06Tant que ça reste
23:06au niveau des politiques,
23:07on peut trouver des accords,
23:09on arrive toujours
23:09à trouver quelque chose.
23:10quand la population
23:12se sent concernée
23:13et commence
23:14à s'impliquer,
23:15c'est beaucoup plus difficile
23:16de trouver des solutions.
23:17Il y a un sentiment
23:19effectivement anti
23:20qui est en train
23:21de se développer
23:22et c'est ce que je trouve,
23:24que je considère
23:24comme étant
23:25la véritable nouveauté
23:28et qui est très inquiétante
23:30parce qu'à court terme,
23:31cela auberge
23:32toutes les perspectives
23:34de rapprochement.
23:35et sur le moyen terme
23:38où on pourrait avoir,
23:41il pourrait avoir
23:42des projets en commun,
23:44on ne voit pas
23:45comment aujourd'hui,
23:48plus personne,
23:49quel que soit le pays,
23:50ne peut faire
23:50contre son opinion.
23:52S'il n'y a pas
23:53une adhésion des opinions,
23:55rien ne fonctionne.
23:56Et là,
23:57on est quand même
23:57dans une région
23:58très tourmentée
23:59qui est encore
24:00très travaillée
24:01par le terrorisme
24:02au Sahara,
24:03au Sahel,
24:04avec l'expansion
24:05avec ce qui s'est passé
24:07en Libye,
24:08la fragmentation
24:09de ce pays,
24:10la dislocation
24:11de tout un espace
24:13géographique
24:14qui va de l'Atlantique
24:16quasiment
24:16jusqu'au Golfe.
24:18Et par conséquent,
24:20si les populations
24:21au Maroc
24:22ou en Algérie
24:23ne comprennent pas
24:25ou ne veulent plus
24:26comprendre
24:27qu'aujourd'hui,
24:28leur intérêt,
24:29c'est une intégration
24:31du Maghreb
24:32intégrale,
24:34alors parce qu'on est
24:35tout simplement
24:35parce qu'on est
24:36plus fort
24:36quand on va parler
24:37avec la France
24:39ou l'Union Européenne
24:40quand on est 5
24:41ou 3
24:42que quand on y va
24:43tout seul.
24:44Il y a aussi
24:45cette dimension
24:45de rapport de force.
24:48Comment
24:48j'installe
24:49une nouvelle relation
24:51qui tient compte
24:53de l'évolution
24:54des rapports
24:55de force mondiaux
24:56si moi-même
24:57je n'ai pas
24:58cette capacité
24:59à pouvoir dire
25:01je veux ça.
25:03et puis on va
25:04l'obtenir
25:04parce qu'on est 5
25:05et on discute
25:06et on négocie
25:07pied à pied.
25:08Or,
25:08aujourd'hui,
25:09l'isolement
25:10du Maghreb
25:11sur le plan
25:11géostratégique
25:12fait qu'il est
25:13une proie
25:14facile
25:14pour beaucoup
25:16d'États
25:16de puissance
25:17régionale.
25:18Je pense ici
25:18à la Turquie,
25:20la Russie
25:21qui est installée
25:22militairement,
25:23on verra
25:24si elle peut
25:25se développer,
25:25mais en tout cas
25:27la dislocation
25:30de la Libye
25:31a provoqué
25:32aussi
25:33dans l'esprit
25:34des Maghrébins
25:37en général
25:38et des dirigeants
25:39en particulier
25:40a provoqué
25:42une prise de conscience
25:43sur le mode
25:44il faut toujours
25:45être avec le plus fort.
25:47Dans le fond,
25:48ce que l'on appelle
25:48la civilisation,
25:50comme disait Hobbes,
25:52c'est un vernis
25:54et ce sont les rapports
25:56de force
25:56qui dirigent
25:57toujours et partout
25:59à travers cette histoire.
26:00On revient toujours
26:01aux rapports de force.
26:02Les rapports de puissance
26:03sont la clé
26:03des relations internationales
26:05et des relations tout court.
26:06Peu d'évolution.
26:07Malheureusement,
26:08mais c'est comme ça.
26:09La civilisation
26:10n'a rien changé.
26:11Je voulais revenir
26:11sur un point,
26:12c'est le fait que
26:14effectivement
26:14l'Algérie
26:15bénéficie
26:16d'une richesse
26:18en disant
26:18patroulière et gazière
26:19très importante
26:20que n'a pas le Maroc,
26:22c'est le moins
26:22qu'on puisse dire
26:23et quand on voit
26:25effectivement
26:25les Algériens
26:26couple l'arrivée
26:27du gaz ou du pétrole
26:28vers le Maroc,
26:29le moins qu'on puisse dire
26:30c'est que ça ne peut pas
26:31arranger la relation.
26:33Même si ça pousse
26:33les Marocains
26:35à travailler
26:35avec les États du Golfe,
26:37de travailler
26:38avec les Américains,
26:39on revient
26:39à toute une stratégie
26:41même qui se passe
26:41en Europe aujourd'hui
26:42avec la fin du gaz russe.
26:45Mais alors,
26:46moi,
26:46ce qui m'a beaucoup intéressé
26:47en ces derniers temps,
26:48c'était de voir
26:49comment le Maroc
26:50avec l'Afrique francophone
26:51et anglophone d'ailleurs,
26:53était en train
26:54d'essayer de passer
26:55un accord avec le Nigeria
26:56pour s'approvisionner
26:57justement en pétrole,
26:59en gaz,
26:59depuis le Nigeria
27:00par un pipeline
27:01financé par les banques
27:03marocaines,
27:03entre autres,
27:04et qui permettrait
27:06en définitive
27:06de,
27:07non seulement ça crée
27:08des passerelles
27:09très fortes
27:09avec l'Afrique francophone,
27:10mais en même temps,
27:11ça permettrait au Maroc
27:12une indépendance énergétique
27:13qu'elle n'a pas aujourd'hui.
27:15– Oui,
27:16en effet,
27:16il y a dans le redéploiement
27:19du Maroc
27:20vers l'Afrique,
27:22il y a cette volonté
27:24sur le plan géopolitique
27:25de se réapproprier
27:27son espace stratégique
27:28qui est son espace naturel.
27:30Le Maroc a beau être
27:31à seulement 13 ou 14 kilomètres
27:33de l'Espagne
27:35séparée par le détroit
27:36de Gibraltar,
27:37elle reste un pays
27:38du Maghreb
27:39et un État africain.
27:42– C'était le royaume de Fès
27:43qui descendait jusqu'au Sénégal
27:45en 1900,
27:46il ne faut pas l'oublier.
27:47– Il y a l'histoire
27:49toujours qui pèse
27:50effectivement
27:50et par conséquent,
27:53je pense que d'abord,
27:55cette stratégie
27:55a été très bien conçue,
27:58elle est mise en œuvre
27:59avec toutes les vicissitudes
28:02et les difficultés
28:02qu'on peut connaître
28:03parce que travailler
28:04dans un espace
28:07qui est aujourd'hui
28:09dans lequel beaucoup
28:10d'États sont faillis
28:11et dans lequel
28:12les administrations
28:13ne sont pas toujours
28:13aussi efficientes
28:14que ce que l'on peut
28:15trouver ailleurs,
28:17notamment vers le nord
28:18de l'Afrique
28:18ou bien en Europe
28:20évidemment.
28:21Mais peu importe,
28:22en tout cas,
28:23il y a
28:24une visibilité
28:28depuis une quinzaine
28:29d'années
28:29du Maroc
28:30en tant qu'économie
28:33et puis en tant
28:34que nouvelle puissance
28:35africaine
28:36qui dans le concert
28:37des nations
28:38aujourd'hui,
28:39après son retour
28:40au sein de l'Union
28:41africaine,
28:41devient un pays
28:43qui compte
28:44Roi et la Maroc,
28:46qui rachète
28:47Air Sénégal,
28:48qui rachète
28:48de nombreuses compagnies
28:50aériennes régionales
28:51en Afrique de l'Ouest
28:53parce qu'elles sont
28:53en grande difficulté,
28:55les banques,
28:57les assurances,
28:59toutes les technologies
28:59de l'information,
29:01tout cela,
29:03ce sont des vecteurs
29:04à partir desquels
29:05le Maroc
29:06ou sur lesquels
29:07le Maroc
29:07s'est appuyé
29:09pour progressivement
29:11construire
29:12sa présence
29:13en Afrique de l'Ouest
29:15et au Sahara.
29:16Mais aujourd'hui,
29:18il y a
29:19une donnée nouvelle,
29:20encore une fois,
29:22compte tenu
29:23de la guerre
29:24en Ukraine,
29:26comment
29:26vont réagir ?
29:28Alors,
29:29l'Afrique est dans
29:29une situation
29:30quand même
29:30particulièrement embarrassante.
29:32Lors du débat
29:33sur les sanctions
29:34contre la Russie
29:34au mois de mars
29:362022,
29:3717 Etats africains
29:38se sont abstenus,
29:40le Maroc
29:40est allé faire un tour,
29:42l'Algérie
29:42n'était pas absente.
29:46Et donc,
29:47ça met aussi,
29:48je fais cette parenthèse
29:50quand même
29:50parce que
29:51ça nous permet
29:52de prendre,
29:53enfin ça me permet
29:53moi,
29:55de prendre
29:55en flagrant délit
29:57des Etats
30:00qui se sont
30:01pour beaucoup
30:02construits
30:03sur cette idée
30:04simple
30:05de la réappropriation
30:07de la souveraineté.
30:08On ne touche pas
30:09aux frontières
30:10héritées de la colonisation,
30:12ça c'est l'article 4
30:14de la Charte
30:14de l'Union africaine.
30:16Et deux,
30:16le respect absolu,
30:18l'Algérie notamment,
30:19est un des pays
30:20leader avec le Nigeria
30:21sur ces sujets-là,
30:23on ne touche pas
30:24aux frontières
30:25et à la souveraineté
30:27des Etats.
30:28Or,
30:29aujourd'hui,
30:30l'Algérie notamment,
30:32mais pas seulement l'Algérie,
30:32beaucoup d'autres pays africains
30:34ont la possibilité
30:35de dire,
30:36bon,
30:37même si on peut comprendre,
30:38on n'est pas d'accord.
30:40C'est ce qu'a fait
30:41Xi Jinping
30:41lors du sommet
30:42de Samarkand
30:43au mois de novembre.
30:45Il a dit,
30:46bon,
30:47peut-être qu'on est d'accord
30:47avec toi
30:48pour casser
30:48l'hégémonie occidentale
30:50en parlant
30:51à Vladimir Poutine,
30:52mais on n'est pas d'accord
30:53avec la méthode.
30:54Parce que nous,
30:56pays du tiers monde,
30:58longtemps occupés,
30:59nous avons subi
31:01le joug colonial.
31:03Et donc,
31:03ça les met en contradiction
31:04avec leur propre discours,
31:08mais surtout,
31:09et c'est ça le plus important,
31:10surtout,
31:11ça les met en porte-info
31:13vis-à-vis de leur population
31:15et de leurs opinions.
31:16C'est ça qui est,
31:17aujourd'hui,
31:18extrêmement intéressant.
31:19Donc,
31:19c'est pour ça qu'il y a aussi
31:21un réveil
31:22d'un certain nombre
31:23d'intellectuels.
31:24Quand on lit la presse
31:25en Afrique,
31:26il y a un certain nombre
31:28d'intellectuels qui disent
31:29qu'il faut renouveler
31:30le discours,
31:32renouveler la pratique
31:33et se doter
31:35d'un véritable projet.
31:36Et je...
31:37À quelque chose,
31:38malheureusement,
31:39on verra,
31:40mais peut-être que
31:40cette guerre en Ukraine
31:42permettra
31:42de rebattre
31:44les cartes
31:44pour un certain nombre
31:46de pays.
31:46Et je crois que
31:47le Maroc
31:49a une carte à jouer.
31:51C'est un des plus vieux
31:52États au monde,
31:53plus de 1300 ans.
31:55c'est une histoire
31:57ancestrale,
31:58c'est un pays
31:59qui,
32:00aujourd'hui,
32:01a une capacité
32:02à comprendre
32:04et à réagir,
32:05comprendre comment
32:06je défends mes intérêts
32:07et puis mettre en œuvre
32:09des politiques
32:10qui s'accompagnent
32:11de moyens
32:12pour faire face
32:14aux nouveaux défis.
32:17Et on est exactement
32:18dans ce momentum.
32:20Alors,
32:20on est,
32:21comme disent les anglo-saxons,
32:22in process,
32:23c'est en cours.
32:24Donc c'est difficile.
32:25On ne peut que,
32:27en tout cas pour moi,
32:28je suis condamné
32:29à regarder,
32:30à écouter,
32:30à lire
32:31et à essayer
32:32de formuler
32:33des analyses
32:34qui soient un peu
32:35intelligibles
32:36pour envisager
32:38l'avenir
32:38à court terme.
32:40Alors justement,
32:41vous avez indiscutablement
32:43au Maroc,
32:44actuellement,
32:45l'équipe dirigeante,
32:47le roi,
32:47le majlis
32:48et l'équipe dirigeante,
32:50ils ont une stratégie
32:52qui mettent en œuvre
32:53et que vous disiez,
32:54là il y a un projet,
32:55il y a un axe
32:56et qui suivent.
32:58Mais alors,
32:58comment,
32:59au niveau politique,
33:00au niveau
33:01de la population marocaine,
33:03est-ce que les gens adhèrent ?
33:04Il n'y a pas
33:05d'opposition
33:06ou de contestation.
33:07Je dirais presque
33:08que c'est dommage
33:09parce que,
33:10dans le fond,
33:11ce que je constate,
33:13c'est qu'il n'y a plus
33:14de partis politiques
33:16comme sous
33:18beaucoup de...
33:19Pas partout,
33:20mais comme dans
33:20beaucoup de pays.
33:21je ne vise personne,
33:23mais nous ne sommes pas
33:24épargnés nous non plus.
33:26Dans le fond,
33:27il n'y a plus
33:28les débats,
33:29les frictions idéologiques,
33:32projet contre projet,
33:34qu'on pouvait avoir
33:35il y a encore quelques années
33:36ou qu'on pouvait voir,
33:37entendre,
33:38lire.
33:39Aujourd'hui,
33:39non.
33:40Et donc,
33:41il y a
33:42une exposition,
33:44peut-être même
33:45une surexposition
33:47de l'institution
33:48monarchique
33:49qui fait que,
33:51dans la mesure
33:51où, évidemment,
33:53c'est le roi
33:53qui incarne
33:54le Maroc
33:55et que
33:57le Premier ministre
33:59est là pour
34:00mettre en œuvre
34:01peu ou prou
34:02la politique
34:04décidée
34:04au palais,
34:06il y a
34:07peu de
34:08contradictions,
34:09très peu
34:10de débats.
34:11Et par conséquent,
34:12je pense que ça,
34:13c'est peut-être
34:14le hiatus
34:15à partir duquel
34:16ou sur lequel,
34:17je ne sais pas,
34:18pourrait éventuellement
34:20naître
34:21une opposition.
34:23Et encore,
34:24même si cette opposition
34:25parvient à s'organiser
34:27et à se structurer
34:28du point de vue
34:30opposition
34:31au sens
34:32le projet,
34:33il faut aussi
34:34qu'elle s'organise
34:35sur le plan
34:35idéologique.
34:37Qu'est-ce qu'elle veut
34:37incarner ?
34:38Qu'est-ce qu'elle veut
34:39représenter ?
34:40Aujourd'hui,
34:40on voit bien,
34:41notamment en Europe,
34:42que tout le monde
34:44est à la recherche
34:45de la martingale
34:46et qu'on n'a pas
34:48encore trouvé
34:48comment on se
34:50renouvelle.
34:51C'est une grande,
34:53c'est une phase,
34:55pour moi en tout cas,
34:56qui suis chercheur,
34:58c'est une phase
34:59passionnante,
35:00mais à bien des égards,
35:03qui est aussi
35:04inquiétante.
35:05Et là,
35:06les populations
35:06peuvent avoir
35:07des réactions,
35:08parfois même
35:09des comportements
35:10qui sont
35:11irrationnels.
35:12Mais dans le cas
35:13du Maroc,
35:13le redéploiement
35:14vers l'Afrique,
35:15je crois que
35:15les Marocains
35:16ont bien compris
35:17que c'était
35:17un enjeu important,
35:19encore une fois,
35:19compte tenu du fait
35:20que la relation
35:21avec l'Algérie
35:22est aujourd'hui
35:23mise,
35:25entre parenthèses,
35:26à tout le moins,
35:27pour de nombreuses
35:29années.
35:30Donc,
35:30je lance
35:31à nouveau
35:31un appel
35:32au président
35:32de la République,
35:33Emmanuel Macron,
35:34puisqu'il va au Maroc,
35:35je crois que la France
35:36a un rôle à jouer.
35:38On pourrait avoir
35:38un rôle à jouer,
35:39là.
35:39On pourrait,
35:40oui,
35:40puisque nous sommes
35:41dans cette capacité
35:44à pouvoir parler
35:45aux uns
35:46et aux autres,
35:47même si la position
35:48de la France
35:49est connue,
35:50elle n'est pas hostile
35:51aux thèses du Maroc
35:54sur la question du Sahara,
35:56mais elle ne peut pas
35:57non plus être...
35:57Elle ne veut pas
35:58prendre parti.
35:58Oui,
35:59puis elle ne peut pas
35:59être en deçà
36:00des résolutions
36:01onusiennes.
36:02On est membre
36:03permanente
36:03du Conseil de sécurité,
36:05donc il faut quand même
36:05qu'on sauve
36:07un peu les apparences.
36:08Voilà.
36:09Mais il me semble
36:10qu'on doit intégrer
36:12dans un projet global
36:14de nouvelles relations
36:16avec le Maghreb
36:17cette idée
36:18que le Sahara,
36:20pour nous,
36:22peut être
36:22un point
36:23qui nous permettrait
36:24de retrouver pied
36:25et de reprendre
36:26une place centrale
36:27qui n'est plus
36:28à la nôtre aujourd'hui.
36:29Qui n'est plus la nôtre,
36:30ça c'est indiscutable.
36:31L'Algérie,
36:31c'est la Chine,
36:32premier partenaire
36:33économique et commercial
36:35de l'Algérie
36:36depuis plus de 10 ans.
36:37C'est la Chine.
36:38Il faudrait qu'il y ait
36:38même des régions
36:39comme le nord du Maroc,
36:41dans le Rif,
36:42où la première langue étrangère
36:44bien loin devant le français,
36:46c'est l'Espagne.
36:47C'est l'espagnol, pardon.
36:47C'est ce que je vous disais
36:48tout à l'heure.
36:49L'Espagne est en train
36:50de prendre pied.
36:51Moi, j'ai fait quelques voyages
36:53au Maroc récemment
36:54et je suis très frappé
36:54de voir combien
36:55il y a actuellement
36:57un développement
36:57des relations
36:58à tout point de vue
36:59avec les Espagnols
37:00et au détriment,
37:02on le sent bien
37:02au détriment
37:03de ce qui se faisait
37:04avant avec la France.
37:05Le royaume.
37:06Le royaume est stable.
37:08Néanmoins,
37:08on parle souvent,
37:09j'entends souvent
37:10et je veux avoir votre opinion,
37:11si on peut en avoir une
37:12parce que c'est vraiment compliqué,
37:14c'est,
37:15on parle souvent,
37:16on entend souvent dire
37:16que le roi actuel
37:18va bientôt passer la main.
37:21Est-ce que c'est sérieux
37:24ou pas sérieux ?
37:25Non, bien sûr,
37:25il ne s'agit pas
37:26de tomber dans le café du commerce.
37:26Je ne suis pas dans les secrets.
37:28Bien sûr, bien sûr.
37:30Mais vous savez,
37:31je ne suis pas journaliste non plus,
37:33mais ça alimente régulièrement
37:35les gazettes,
37:36mais il n'y a pas,
37:37aujourd'hui,
37:38il n'y a pas de nécessité.
37:40D'abord,
37:40la formation du prince
37:42n'est pas terminée.
37:43Oui, c'est ça.
37:43Il a 17 ans ou 18 ans.
37:46Il commence à peine
37:47ses études supérieures.
37:49Donc, il faut qu'il termine
37:50sa formation intellectuelle
37:52et puis ensuite,
37:54qu'il se familiarise
37:56avec son métier à venir,
37:58si j'ose dire.
37:58Oui, comme Mohamed V,
38:01comme Hassan II avait fait
38:02pour Mohamed VI.
38:03Il avait formé.
38:04Absolument.
38:05Il a suivi
38:06pendant un certain nombre d'années.
38:07C'est dans cet espace
38:09que la transition dynastique
38:12se fera de manière douce,
38:17évidemment.
38:17On n'est plus au XVIIe siècle,
38:20mais pas seulement douce,
38:23mais qu'elle se fera
38:23de manière harmonieuse
38:25pour éviter les soubresauts
38:28auxquels sont confrontés
38:29tous les États
38:30qui sont dans des entre-deux.
38:32Je crois qu'on a fait
38:33un bon tour d'horizon
38:33parce que ce pays
38:35est un pays passionnant.
38:36Le Maroc est un pays passionnant
38:38parce que c'est un pays
38:38en définitive
38:39beaucoup plus pauvre
38:40que l'Algérie
38:41et qui aujourd'hui
38:43s'en sort plutôt mieux.
38:44Alors oui,
38:45ça, j'ai eu un ami,
38:48je ne peux pas le citer,
38:49mais qui occupe
38:50des fonctions en uniforme
38:52en Algérie
38:53et qui me disait,
38:55qui me confessait quasiment
38:56sa tristesse
38:59de voir qu'il vaut mieux
39:01être un cadre à Casablanca
39:03qu'un cadre à Alger
39:04parce que la qualité de vie
39:06et les possibilités
39:08pour une famille
39:10de quatre personnes
39:11de Casablanca
39:13ou d'Alger
39:13sont radicalement différentes.
39:16Radicalement différentes
39:17et la dégradation
39:19de l'Algérie,
39:21son isolement
39:22sur le plan diplomatique,
39:23l'impasse politique
39:24dans laquelle elle se trouve
39:25et une économie
39:27quand même plutôt délabrée,
39:28même si les sous-sols
39:30sont riches,
39:31c'est une économie délabrée
39:33qui n'a jamais cherché
39:34et aujourd'hui moins qu'hier
39:36à faire une transition
39:39pour diversifier cette économie.
39:44Donc le pays s'appuie
39:45entièrement, essentiellement,
39:47sur les revenus
39:48des hydrocarbures,
39:50mais cela ne permet pas,
39:52et on le voit,
39:53il y a des poches de pauvreté
39:54en Algérie qui sont très...
39:55D'ailleurs, il suffit
39:56de se promener à Alger.
39:57Il y a des milliers
40:00et des milliers
40:00de SDF,
40:02de personnes sans-abri,
40:03notamment,
40:04et ça je tiens quand même
40:06à le dire,
40:07notamment de femmes
40:07avec des enfants
40:08qui ont été répudiées
40:10ou qui se retrouvent
40:11à la rue.
40:12Conséquence,
40:13conséquence
40:14de l'indigence
40:16de l'économie
40:17et de l'impossibilité
40:18pour l'État
40:19de venir en aide
40:21et au secours
40:21de ces familles-là.
40:24Donc c'est assez terrible,
40:26humainement,
40:27évidemment,
40:27c'est insupportable
40:28et politiquement,
40:30on se dit,
40:30mais quel gâchis !
40:32Quel gâchis !
40:33À la fois d'abord
40:33pour les Algériens eux-mêmes
40:35et puis quel gâchis diplomatique
40:37pour cet ensemble...
40:39Il n'y a que deux ensembles
40:40au monde
40:41dont l'intégration
40:43n'est pas une question
40:44ou ne devrait pas
40:45être une question.
40:47C'est la séparation
40:48qu'il y a eu
40:48à partir de la guerre
40:49en 50
40:50entre les deux Corées
40:51parce que c'est
40:53le même ethnos
40:54et là,
40:56ici au Maghreb,
40:57c'est la même chose.
40:58Il y a une continuité
40:59berbérophone
41:01et culturelle
41:03à travers l'islam
41:04qui fait que
41:05l'intégration régionale
41:07ne devrait pas
41:09être un problème
41:09si ce n'est
41:10les problèmes
41:11qui sont posés
41:11par les dirigeants.
41:13Je crois qu'on va
41:14conclure là-dessus
41:15parce que c'est
41:15une magnifique conclusion
41:16qui va au cœur
41:18de ce qu'on vient
41:19d'évoquer aujourd'hui.
41:20Mille merci
41:22Kadir Abdelrahim
41:23pour être venu
41:25partager
41:25votre expérience
41:27et puis
41:29je conseille
41:30à tous nos lecteurs
41:31à tous nos auditeurs
41:32de lire
41:33le livre
41:34que
41:35Kadir Abdelrahim
41:36a écrit
41:37parce que
41:38je pense
41:39que ça vous permettra
41:41de continuer
41:42cette réflexion
41:43que nous avons
41:43commencé à mener
41:44ensemble
41:45sur l'expérience
41:46que vous connaissez
41:48parfaitement
41:48celle du Maghreb
41:50et du Maroc
41:50en particulier.
41:52Merci.
41:52Merci à vous.
41:53Et puis
41:54j'espère à bientôt.
41:54À bientôt.
41:56Eh bien écoutez,
41:57oui effectivement
41:57encore une belle émission.
41:59Ça nous permet
42:00de resituer
42:01le Maroc
42:02et la puissance
42:03diplomatique
42:04du Maroc
42:05aujourd'hui
42:06et à venir
42:07dans
42:08tous les changements
42:10que nous vivons
42:10aujourd'hui.
42:11Et je pense
42:12que cette émission
42:13va susciter
42:15beaucoup de commentaires
42:16sur les réseaux sociaux
42:18et libre à vous
42:20de nous dire
42:21ce que vous en avez pensé.
42:22Merci.
42:23À bientôt.
42:24Au revoir.
42:24Vous êtes de plus en plus nombreux
42:25à nous suivre
42:26sur Openbox TV,
42:28l'émission de géopolitique
42:29d'Alain Juillet
42:29et nous vous en remercions.
42:31Et vous pouvez nous suivre
42:32à loisir
42:33où que vous vous trouviez
42:34sur l'ensemble
42:35des réseaux sociaux
42:36que nous vous proposons
42:37et en particulier
42:38via les podcasts
42:39pour une écoute
42:41en toute liberté
42:42où que vous vous trouviez.
Commentaires