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Chute du gouvernement Bayrou : une journée historique qui plonge la France dans la crise politique
Europe 1
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il y a 4 mois
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00:00
C'est quand même une première dans l'histoire de la 5ème République, un vote de confiance se termine mal, aussi mal d'ailleurs.
00:05
Comment avez-vous vécu ce moment hier où François Bayrou est monté à la tribune ?
00:10
Alors d'abord je peux faire une petite remarque sur votre annonce des nouvelles.
00:16
Non, la France n'apprend pas au même taux et n'en forcerait pas au même taux au-dessus de l'État.
00:20
Ah on revient sur l'économie.
00:20
Si, à 9h30 c'était le cas en Reguino, c'était 3h48 contre 3h47.
00:24
D'abord il n'y avait pas aujourd'hui d'adjudication d'OAT.
00:31
Alors à 12h48, on était sur le taux AT à 3,410 et sur l'obligation italienne 3,482.
00:42
Non mais vous pouvez rendre responsable François Bayrou de ce qui arrive en disant qu'il a prétexté le chaos.
00:50
Donc voilà, les marchés commencent à prendre peur.
00:53
Oui mais on n'emprunte pas.
00:54
C'est un argument que vous développez actuellement.
00:56
C'est vrai, c'est tout à fait vrai.
00:58
Mais on n'emprunte pas au-dessus de l'Italie.
00:59
Si, si, ça s'est arrivé.
01:00
Ça c'est pas vrai.
01:01
Ça c'est pas vrai.
01:02
On peut revenir sur la politique.
01:03
Non parce que c'est la même chose.
01:05
Mais justement, mais vraiment sur le moment d'hier.
01:07
Et nos adjudications elles sont souscrites deux fois ou trois fois.
01:12
10 ans a été souscrit à 15 milliards et on en a placé 7.
01:16
Voilà, franchement, essayer de dramatiser cette situation à l'extrême ne fait que tendre les choses et abîmer la confiance.
01:26
Et c'est ce qu'a fait ce gouvernement depuis des semaines.
01:29
C'est ce que j'allais dire.
01:30
Hier c'était pas dramatique à la tribune ?
01:32
Ce qui était dramatique c'est ce qu'on a entendu.
01:35
Justement, dites-moi.
01:35
Voilà, c'est-à-dire le discours du Premier ministre.
01:38
Non mais rien ne m'a surpris puisque de toute façon il a répété ce qu'il répète depuis des semaines.
01:43
Il nous manquait que la guerre des générations un peu plus violente.
01:47
Voilà, tout ça est absurde.
01:49
Mais on n'a pas eu un spectacle magnifique en entendant les autres non plus.
01:52
Je veux dire, le problème il est là.
01:55
Le problème c'est que dans une démocratie, il y a toujours des politiciens.
02:01
C'est normal.
02:02
C'est le mal nécessaire de la démocratie.
02:06
Mais quand il n'y a plus que des politiciens, alors ça va vite très très mal.
02:12
Et le prochain ce sera un politicien ?
02:14
Vous voyez, dans le paysage politique aujourd'hui, les gens qui sont en scène,
02:19
autre chose que des politiciens, on verra.
02:22
Après, il y a des politiciens qui arrivent à passer au-dessus de leurs conditions.
02:25
C'est ce que j'allais dire.
02:25
Ils sont transcendés peut-être par le poste.
02:28
Oui, mais ça peut arriver.
02:29
Ou ces missions impossibles, quelle que soit, au vu de la composition de l'Assemblée Nationale,
02:33
de toute façon ce sera mission impossible ?
02:35
C'est mission impossible à partir du moment où les politiciens vont continuer à se comporter comme des politiciens
02:41
et les partis ont essayé absolument de jouer la partition du régime des partis.
02:49
Il faut pour aller aujourd'hui...
02:51
Mais moi je dis ça depuis le début.
02:52
Depuis qu'on a élu cette Assemblée Nationale,
02:55
on me disait sur les plateaux, est-ce qu'il y a une issue ?
02:57
Quelle est la meilleure façon de...
02:59
Il n'y a pas de bonne issue, il n'y a pas de bonne solution.
03:01
Il a créé une situation avec la dissolution qui est une situation inexplicable.
03:05
Donc, il n'y a pas de solution institutionnelle.
03:08
La dissolution, ça ne leur a rien arrangé.
03:10
Probablement même, ça va aggraver les choses.
03:13
Et même si le Rassemblement National était élu, ça les aggraverait
03:15
parce qu'il ne pourrait pas gouverner.
03:17
Il n'a pas le référendum.
03:18
Il ne peut pas...
03:19
Les ordonnances, le Président peut toujours refuser de les signer.
03:22
Donc, il n'a pas les moyens de répondre aux attentes de ses électeurs.
03:26
Et en plus, je pense qu'ils n'auront probablement pas la majorité absolue.
03:31
La démission du Président de la République, c'est une catastrophe institutionnelle.
03:36
Dieu sait si je me passerais bien d'avoir...
03:38
Je me serais bien passé d'avoir Emmanuel Macron comme Président de la République.
03:41
Mais enfin, il y a la personne et puis il y a la fonction.
03:44
Vous allez faire des...
03:46
S'il démissionne, on va faire des élections en 35 jours.
03:50
Bon, au maximum.
03:51
Donc, il n'y a pas de débat, il n'y a pas celui qui va sortir.
03:55
C'est la piste de la démission anticipée qu'a pensé Jean-François Copé ou Valérie Pécresse ou David Starr.
04:00
Tout ça, c'est des montages un peu farfelus.
04:04
Donc, vous imaginez, pendant six mois, le Président de la République
04:07
qui n'est déjà plus le Président qu'en étant encore le Président.
04:09
Enfin, tout ça n'a aucun sens.
04:11
Sur le papier, c'est très joli, mais en pratique, c'est absurde.
04:14
Donc, celui ou celle qui sera élu
04:17
héritera d'une fonction affaiblie
04:20
et aura elle-même une légitimité faible
04:23
parce qu'elle n'aura pas de vrai mandat
04:26
ou il n'aura pas de vrai mandat
04:27
après une campagne aussi courte.
04:29
Alors, vous êtes déjà allé sur la démission.
04:32
Oui, parce qu'il n'y a pas de solution institutionnelle.
04:35
La solution, la seule.
04:35
Alors, mais justement, hier, je voudrais revenir sur ce qui est passé hier.
04:37
Parce que je suis passée à l'Assemblée Nationale et on a vu,
04:40
j'avais été déjà témoin de la chute du gouvernement Barnier.
04:43
Il n'y avait pas, et tous les observateurs l'ont noté, il n'y avait pas la même ambiance.
04:48
C'est-à-dire que là, hier, il y avait une ambiance.
04:50
Déjà, il y avait énormément de monde, énormément de journalistes, notamment de la presse étrangère.
04:54
Et il y avait une ambiance de fin de règne.
04:56
Est-ce qu'on en est là ?
04:58
Est-ce que c'est le qualificatif que vous utiliseriez ?
05:00
Dans une ambiance crépusculaire.
05:02
Alors, fin de règne de Bérou, ça sûrement.
05:05
Fin de règne du président de la République, oui.
05:07
Mais, encore une fois, il va falloir, à mon avis, le garder jusqu'à l'échéance.
05:12
Sauf s'il décidait tout seul de partir ceux dont je doute.
05:14
Et ça n'arrangerait rien, en plus, encore une fois,
05:16
parce qu'on aurait une élection dans un délai très court.
05:21
Alors, on me dira en 69, le général est parti.
05:23
Oui, mais la société était en ordre.
05:25
Il y avait Pompidou derrière.
05:27
Vous imaginez bien ?
05:28
Sortez de mai 68 quand même.
05:30
Non, non, mais ça, c'était fini.
05:31
C'était derrière, mai 68.
05:33
Je vous rappelle que mai 68, ça s'est traduit, à la fin,
05:35
par un rademar égoliste à l'Assemblée.
05:38
Et la preuve, c'est que le second tour, c'était Poer contre Pompidou.
05:42
Vous imaginez ce que ça reflète comme état de la société
05:46
par rapport à ce qu'on peut récupérer aujourd'hui comme second tour.
05:49
Donc, voilà, en 74, en Pompidou et moi, on a fait encore une élection très courte.
05:54
Mais ça ne s'est pas si bien passé que ça,
05:56
parce qu'à la fin, on a eu jusqu'à gagner avec 0,5 points d'avance.
06:02
Donc, c'était une légitimité très fragile.
06:05
Comme disait le général, on ne gouverne pas avec une majorité de 1%.
06:08
Alors, avec une majorité de 0,5, c'est encore plus difficile.
06:11
Bon, on est passé juste là, dans la situation actuelle, ça serait un désastre.
06:16
Donc, la seule chose qui peut fonctionner, c'est que dans le nouveau gouvernement,
06:23
à la tête du gouvernement comme dans le gouvernement,
06:25
ceux qui vont exercer des fonctions ministérielles ou qui vont aller à Matignon,
06:30
fassent passer leurs devoirs avant leur appartenance partisane.
06:33
Qu'ils y aillent pour faire leurs devoirs,
06:35
non pour être les porte-parole de leur parti,
06:38
non pour essayer de mettre en oeuvre tout ou partie du programme de leur parti.
06:43
L'idée, il ne peut pas y avoir un gouvernement socialiste,
06:46
personne ne le demanda pour ça.
06:47
Il ne peut pas y avoir de gouvernement à l'air,
06:48
il ne peut pas y avoir de gouvernement centriste,
06:50
il ne peut y avoir qu'un gouvernement où les gens vont pour faire leurs devoirs,
06:53
où les gens sont modestes,
06:56
acceptent d'être là pour assurer la continuité de l'État,
06:58
faire face aux événements.
06:59
Et si ça n'est pas ça, on va à l'aventure.
07:03
Voilà, c'est comment il finira, je n'en sais rien.
07:05
D'aventure, là on a esquissé certains noms aussi depuis tout à l'heure,
07:10
puisqu'il y a le nom de Sébastien Lecornu qui revient,
07:13
c'est ce qu'a laissé entendre Xavier Bertrand,
07:15
qui était à une réunion des dirigeants du parti Les Républicains.
07:18
Gabriel Attal, lui, le chef des députés Ensemble pour la République,
07:21
souhaite un négociateur pour trouver des compromis.
07:24
Écoutez la réaction à l'Assemblée de Marine Le Pen sur cette proposition, justement.
07:29
Moi, ce que je dis de manière très claire,
07:31
que le Président de la République désigne une personnalité en dehors de la politique,
07:35
qui ne sera pas Premier ministre,
07:37
mais qui aura vocation pendant les trois prochaines semaines
07:39
à réunir 7 jours sur 7, 24 heures sur 24,
07:43
les chefs de partis politiques.
07:43
C'est ce que vous appelez un négociateur.
07:45
Oui, un négociateur, c'est ce qui se fait, Adrien Gendre,
07:47
dans quasiment tous les pays autour de nous.
07:49
Je crois que c'est une personne, effectivement,
07:51
qui ne vient pas de la politique active immédiate.
07:53
Ça peut être quelqu'un qui vient du monde syndical, du monde associatif,
07:56
et qui, sur son nom, peut mettre autour d'une même table
07:59
l'ensemble des chefs de partis politiques.
08:01
C'est absolument n'importe quoi.
08:03
Enfin, je veux dire, il faut arrêter.
08:04
On n'est pas dans une cellule psychologique, quoi, vous voyez ?
08:06
Soit il y a un Premier ministre qui est capable
08:09
de trouver une voie pour ne pas être censuré
08:13
quand il présentera son budget,
08:14
soit ce Premier ministre n'est pas capable de trouver une voie.
08:18
Et dans ces cas-là, on reposera, évidemment,
08:22
sur la table la question de la dissolution.
08:24
Votre réaction à cet échange, Victor Hérault ?
08:26
Alors, écoutez, il est très révélateur.
08:29
Marine Le Pen a raison.
08:30
Il faut trouver une voie pour ne pas subir une censure.
08:33
Alors, à ce moment-là, soit...
08:34
Elle n'est pas la seule à le dire, mais bon.
08:36
D'ailleurs, tout le monde le dit, mais personne ne trouve cette voie.
08:37
Alors, soit il faut composer avec...
08:39
C'est mathématique, hein.
08:40
Soit il faut composer avec le Parti Socialiste,
08:41
en gardant les Républicains.
08:43
Et là, vous avez un espèce de socle commun qui peut tenir.
08:45
Soit il faut composer avec le Rassemblement National.
08:47
Là, vous pouvez oublier le Parti Socialiste,
08:48
vous en fichez mathématiquement, ça ne compte plus.
08:50
Mais il faut y aller à fond avec le Rassemblement National.
08:52
C'est ces deux hypothèses,
08:54
ces deux seules voies qui sont possibles.
08:56
Le reste est impossible strictement.
08:58
Donc, maintenant, le souci, c'est que
09:00
le Centre ne veut pas composer avec le Rassemblement National
09:02
pour la simple et bonne raison que depuis 2022,
09:03
il n'a été élu et réélu que grâce au barrage
09:06
contre le Rassemblement National, c'est un peu absurde
09:07
d'aller voir leurs électeurs et de dire
09:08
« Ben, finalement, maintenant, on va composer un gouvernement avec eux. »
09:10
Et puis, il n'est pas sûr que le Rassemblement National accède.
09:12
Et dans l'autre sens, si vous voulez,
09:14
le seul qui a tendu la main vers les socialistes,
09:17
autrement que Gabriel Attal, mais il en vient,
09:19
c'est Bruno Retailleau qui dit
09:20
« Nous nous sommes d'accord pour qu'il n'y ait pas
09:22
un homme issu du Parti Socialiste au gouvernement,
09:24
mais nous sommes d'accord pour avoir un gouvernement
09:25
qui fasse des concessions au Parti Socialiste
09:27
pour pouvoir ne pas être censuré
09:29
et rester, nous, la droite, aux manettes. »
09:31
Le souci, c'est qu'en disant ça,
09:33
il se prend tous ses électeurs à dos
09:34
et toute la droite, d'ailleurs, qui lui dit
09:36
« Mais attendez, mais la droite ne peut pas être socialiste. »
09:38
Donc, le seul sens de la responsabilité dans ce paysage,
09:40
à mon sens, c'est Bruno Retailleau,
09:41
mais il se fait déjà tirer dessus.
09:42
Et je note que dans votre analyse,
09:44
pardonnez-moi, M. Guénaud,
09:46
vous dites que les ministres doivent aller là-bas
09:49
pour faire leurs devoirs sans ambition personnelle
09:52
et sans être les porte-parole de leur parti.
09:54
– Ils peuvent avoir des ambitions personnelles,
09:55
mais ils peuvent les mettre à la porte.
09:56
– Oui, mais sans être les porte-parole de leur parti.
09:58
Donc, vous excluez Bruno Retailleau
10:00
qui est président de son parti.
10:01
Il ne peut pas être ministre
10:02
et président du parti, selon vous.
10:04
– Je pense qu'il a déjà beaucoup de mal
10:06
depuis quelques mois à conjuguer les deux.
10:09
Quand on est ministre,
10:10
on n'est pas là pour porter la...
10:11
Sauf quand c'est votre parti qui est au pouvoir.
10:13
– Sauf quand vous avez la majorité.
10:14
– Nicolas Sarkozy ne l'a pas été, M. Guénaud.
10:17
– Mais c'était son parti qui était au pouvoir.
10:19
– Oui, d'accord.
10:20
Il a été les deux.
10:22
– Il a été les deux parce que c'était le parti au pouvoir.
10:25
C'était la majorité.
10:26
C'était le gouvernement de l'UMP à l'époque.
10:30
Donc, ce n'est pas du tout la même chose.
10:31
Là, vous ne pouvez pas...
10:34
Et le devoir qu'on a au gouvernement,
10:35
il est supérieur à celui qu'on a vis-à-vis de son parti.
10:38
Voilà.
10:39
Et je trouve que la situation, là, elle est très ambiguë.
10:42
Juste une remarque...
10:42
– Mais je me demande comment les Français peuvent s'y retrouver, surtout, là.
10:45
– Comment ?
10:45
– Comment les Français peuvent s'y retrouver ?
10:47
– Mais non, mais il y a une chose qu'on oublie dans cette affaire.
10:50
C'est que si ça n'est qu'une question de négociation,
10:52
d'arrangement entre les partis,
10:54
il n'y a pas de solution.
10:55
Il n'y en aura pas.
10:56
Parce qu'une partie du centre, le centre et une partie de Macron,
10:59
ils ne voudront pas travailler avec le Rassemblement National.
11:02
Il faut d'abord...
11:03
Le problème, c'est que tous les premiers ministres, là,
11:06
depuis la dissolution, ne se sont pas adressés aux Français,
11:09
ils se sont adressés aux partis.
11:11
Bon.
11:11
Donc, ils ont été prisonniers des partis.
11:14
Mais il y a une chose qu'on a oubliée,
11:15
c'est que, contrairement à la vision qu'ont imposé certains en disant,
11:19
à partir de maintenant, puisque l'Assemblée est dans cet État,
11:22
tout va se passer à l'Assemblée.
11:23
Mais non, en réalité, tout se passe dans l'opinion.
11:26
Parce que l'Assemblée ne fait que refléter l'état de l'opinion.
11:29
Si les partis, là, ont fait un choix tout de suite
11:31
de ne pas accorder la confiance,
11:33
ce n'est même pas parce qu'ils ont une stratégie propre,
11:35
c'est parce que leurs électeurs ne pouvaient pas l'accepter.
11:39
Donc, la question est de savoir comment le nouveau Premier ministre
11:43
et le nouveau gouvernement va s'adresser à l'opinion
11:46
et quelle sera la pression de l'opinion
11:48
sur les différents partis qui sont à l'Assemblée.
11:50
Mais sinon, c'est le régime des partis.
11:52
Et dans ce contexte, ça ne peut pas marcher.
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