Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 mois
Retrouvez les émissions en intégralité sur https://www.france.tv/france-2/telematin/toutes-les-videos/
Télématin reçoit le comédien Antoine Duléry, actuellement en tournée dans "Antoine Duléry lit entre les lignes".

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Notre invité est un comédien très talentueux et en plus c'est un gars hyper sympa.
00:04Il est toujours de bonne humeur et donc c'est un bonheur de l'accueillir sur notre plateau à chaque fois.
00:08Bonjour Antoine Dullery.
00:09Bonjour mon cher Damien.
00:10Et moi c'est toujours un plaisir de venir chez vous.
00:13Merci.
00:13J'allais dire chez toi.
00:14Ben non, chez nous.
00:15Je sais que j'ai beaucoup d'amitié pour vous, pour toi, on se tutoie, on se vouvoie.
00:19Et c'est vrai que se lever tôt pour vous rejoindre, c'est un vrai plaisir.
00:23Bon, Antoine.
00:23C'est vrai, il y a des émissions où on va parfois avec des pieds de plomb, pas du tout.
00:26Ah ben ça nous arrange.
00:27Écoutez, vous êtes en tournée dans toute la France avec votre spectacle Antoine Dullery lit entre les lignes.
00:33Nous embarqués dans une expérience entre émotions et rires.
00:36On va y revenir, on va voir des extraits.
00:38Mais on commence, Antoine, depuis le début de cette saison par une nouvelle chronique.
00:41Ça s'appelle du tac au tac.
00:42Une minute, je vous bombarde de questions.
00:44Oui.
00:45On va dans toutes les directions.
00:46Oui.
00:46Vous répondez sincèrement et rapidement.
00:49Oui d'accord, c'est parti.
00:49Vous êtes d'accord, le contrat, vous le remplissez ?
00:51Je le remplis.
00:52Allez, on y va, attention.
00:54Un adjectif pour décrire votre humeur ce matin.
00:56Joigneuse.
00:57Compléter une vie sans… c'est une vie comment ?
01:00Sans joie.
01:02C'est triste.
01:04Ah oui, pardon.
01:05Non, une vie sans quoi.
01:06Ah sans quoi ?
01:07Une vie sans quoi ?
01:07Oui.
01:08Une vie sans famille.
01:09Voilà.
01:09Très bien.
01:10Votre plus gros défaut, Antoine ?
01:12Le désordre.
01:14Ah, bordélique.
01:15Très bordélique.
01:16Ah, aïe, aïe, aïe.
01:16Très, très bordélique.
01:17Avec un couple dur, il faut quoi ?
01:19De l'admiration.
01:20Le film dans votre carrière que vous aimez le moins ?
01:24Oh, c'est dur parce que je les aime tous.
01:25Comme tous les enfants, j'en ai pas vraiment.
01:28Puis j'en ai fait pas mal, j'ai pas là.
01:30Je suis désolé, je peux pas répondre.
01:31Puis je vais faire du mal au metteur en scène.
01:32Oui, c'est ça.
01:33À votre avis, vos amis pourraient dire de vous,
01:35Oh, Duléry, quel…
01:37Quel bonheur.
01:40Très modeste, Antoine Duléry.
01:42Qui vous manque le plus aujourd'hui ?
01:44Comme il est parti il y a deux jours, Jean-Paul Belmondo.
01:48Les coups de blues, vous diriez que ça vous arrive jamais, un peu, souvent ?
01:51Souvent.
01:52Et enfin, seul en scène où vous citez des grands auteurs,
01:54vous n'auriez pas un peu piqué l'idée à Lucini ?
01:56Mon chéri, je te vois venir, mon Damien.
02:00Mais ça n'a rien à voir avec Lucini, ce que je fais.
02:03Je ne fais pas mon Lucini, je fais mon Duléry.
02:05Mais c'est vrai que beaucoup d'acteurs lisent des textes.
02:07On y reviendra tout à l'heure.
02:08Là, maintenant, on va y revenir.
02:10C'est vrai que c'est un spectacle interactif que vous proposez.
02:12Voilà, c'est interactif.
02:13Moi, ce n'est pas une lecture comme ça.
02:14C'est effectivement, je fais lire les gens.
02:18Je leur apprends pourquoi ils lisent, comment on a appris à lire.
02:20Je fais surtout beaucoup de passerelles entre les textes des auteurs anciens
02:24et ce qui se passe aujourd'hui.
02:25Quand je parle notamment de Notre-Dame de Paris,
02:28je fais le type, tu sais, qui est comme ça.
02:30Oui, bonjour, je suis sur le parvis de Notre-Dame de Paris.
02:33Il y a beaucoup de flammes, enfin des trucs un peu cons.
02:35Et hop, j'enquille avec Victor Hugo.
02:37Et je commence le spectacle en disant,
02:39voilà, je vais vous lire un texte qui m'émeut particulièrement
02:42et que je lis tous les soirs avant de m'endormir.
02:45Et là, je sors une notice de médicaments.
02:47C'est le début de mon spectacle.
02:49Donc, les gens rient comme vous.
02:50Et je leur dis, mais vous riez, mais ça reste de la lecture.
02:52Tout est lecture, c'est ça, Antoine.
02:53Donc, je lis, on lit de tout.
02:56Et je parle de, malheureusement, ce qui est le plus lu aujourd'hui,
02:58ce sont les textos.
03:00Vous imaginez si Marcel Proust avait envoyé des textos.
03:03Ils auraient été un peu plus...
03:04Donc, c'est un voyage littéraire, gay, interactif.
03:08Et on s'amuse beaucoup.
03:09Et on va de Baudelaire à Paul-Valéry, à Francis Blanche.
03:12Il y a Victor Hugo, à Marguerite d'Irasse.
03:15Enfin, voilà, c'est très, très large.
03:17Et ici, voilà, j'emmène les gens.
03:18Puis, je leur apprends beaucoup de choses.
03:20Voilà.
03:20Extrait.
03:21Regardez, quand vous convoquez le passé, M. Corneille.
03:25Au XVIIe siècle, par exemple, le harcèlement sexuel existait déjà.
03:31Oui.
03:32Les gros dragueurs lourdingues étaient déjà en place.
03:36Oui, mesdames et messieurs.
03:38Pierre Corneille, lui aussi, ce célèbre tragédien.
03:40Il avait 50 ans, il draguait une jeune marquise,
03:43une jeune demoiselle, une jeune comédienne,
03:46pardon, qui s'appelait Mademoiselle Duparc,
03:47et qu'on s'est nommée marquise.
03:49Et comme elle se refusait à lui, vexée comme un pouls,
03:52il lui a écrit ceci.
03:55Marquise, si mon visage a quelques traits un peu vieux,
03:59souvenez-vous qu'à mon âge, vous ne vaudrez guère mieux.
04:03Le temps, aux plus belles choses, se plaît à faire un affront,
04:07et sera fané vos roses comme il a ridé mon front.
04:11Le même cours des planètes règle nos jours et nos nuits.
04:14On m'a vu, ce que vous êtes.
04:17Vous serez ce que je suis.
04:20C'est beau, hein ?
04:22Voilà, donc, pardon, j'essaie vraiment de toujours raccorder
04:26avec l'actualité, le monde d'aujourd'hui.
04:29Je vous disais, avec Demain des laubes,
04:33vous connaissez par cœur ce poème.
04:35Pour quelle raison ?
04:36Parce que je l'ai appris, c'était un poème assez, entre parenthèses,
04:41facile qu'on apprenait beaucoup à l'école.
04:43Demain des laubes à l'heure au long.
04:44Et donc, je le fais lire aux gens.
04:46Je partirai, vois-tu, je sais que tu m'attends.
04:48Et parce que Victor Hugo, c'est un génie, parce que c'est très beau,
04:51et en même temps, c'est très simple.
04:53Donc, ce n'est pas comme Malarmé ou même Baudelaire,
04:55c'est plus compliqué.
04:56Et en même temps, c'est superbe.
04:57Donc, tout le monde apprenait ce poème, Demain des laubes.
04:59Un poème en hommage à sa fille, Léopold Léon,
05:00qui est morte, noyée, avec son mari, Léopold Léon.
05:03Et c'est un poème qui n'a pas de titre, en fait.
05:04Bravo.
05:05Ça ne s'appelle pas Demain ?
05:06Ah non ?
05:06Non, non, non.
05:07Je crois que ça s'appelle un insipite, en fait.
05:09En fait, le titre, c'est le début, Demain des laubes.
05:12Ah oui, Demain des laubes.
05:12C'est ce que j'avais appris avec Madame Nolot,
05:14ma prof de français que j'embrasse,
05:15elle nous regarde ce matin.
05:16Vous rendez aussi hommage à, notamment,
05:19cette grande dame de la chanson française, Barbara.
05:24Et là, vous lisez cette chanson, ça s'appelle Drouot.
05:26Oui, parce que je dis, il y a beaucoup de textes
05:28qui ne sont pas faits pour être lus.
05:30Par exemple, le théâtre, ce n'est pas fait pour être lu,
05:32c'est fait pour être vu et entendu.
05:33La chanson, c'est pas l'un.
05:35On ne la lit pas, on l'écoute.
05:37Et parfois, on n'écoute pas véritablement les vraies paroles.
05:41C'est pour ça que j'imite un petit peu Barbara.
05:43Et après, évidemment, je dis un texte
05:45que parfois, on n'entend pas très bien.
05:46Puis après, je dis souvent, c'est comme les tubes,
05:48les tubes, il y a des tubes absolument extraordinaires,
05:51mais on n'écoute pas les paroles.
05:52Et parfois, on passe à côté de véritables chefs-d'œuvre littéraires.
05:55Je vous en dirais un petit feu pour des marais,
05:58une caresse pour décoller.
06:00Si tu veux te réchauffer, il faut savoir bien bidiner.
06:03C'est bon pour le moral.
06:05C'est bon pour le moral, voilà.
06:06Alors, les gens m'écoutent comme si c'est un texte magnifique.
06:09Et d'un coup, ils se rendent compte que c'est bon pour le moral.
06:11Si t'es doudou bien balancé,
06:13un playboy super sapé,
06:15et que tu cherches à t'amuser,
06:17la compagnie va te changer.
06:18Donc, je cite ça comme si je citais du Baudelaire.
06:20Alors, les gens ont un petit peu de mal au départ.
06:22Et d'un coup, comme vous, mon cher Damien...
06:23Ça déclenche le rire.
06:25Là, ça me suit, ça a une grande valeur littéraire.
06:27Ça me fait penser au texte de Racine.
06:29Et là, je rebondis sur Racine.
06:30Absolument rien à voir avec la compagnie écrime.
06:32Donc, je m'amuse beaucoup.
06:33Et je crois que les gens dans la salle...
06:34C'est contagieux.
06:34Alors, il y a les mots qu'on chante, les mots qu'on lit,
06:36il y a les mots qui font rire aussi.
06:37Raymond De Vos fait partie de votre spectacle.
06:40Et vous nous explique combien il avait son propre univers.
06:43Oui, oui, parce que je dis que, encore une fois,
06:45le théâtre, c'est fait pour...
06:46Vu et entendu, comme le café-théâtre.
06:48Et souvent, le café-théâtre, comme on fait rire,
06:51c'est un peu un genre sous-estimé, le café-théâtre.
06:54Parce que fait rire, c'est toujours moins chic.
06:57Voilà, c'est moins...
06:58C'est plus potage.
06:59Et je dis que c'est dommage, parce que c'est vrai,
07:00notamment chez certains humoristes, comme Raymond De Maus,
07:03il y a vraiment un véritable univers.
07:04Et vous faites l'homme qui n'a rien à dire,
07:06mais qui va le dire, c'est ça, le sketch.
07:07Voilà, je vais parler pour ne rien dire.
07:08Et si vous-même, vous n'avez rien à dire,
07:09eh bien, on en parle.
07:12Parce que...
07:12Si on parle pour ne rien dire, de quoi ?
07:15Non nous parler, mais de rien.
07:16Parce que rien, ce n'est pas rien.
07:17La preuve, c'est qu'on peut le soustraire.
07:19Rien moins rien égale moins que rien.
07:21Si on arrive à moins que rien,
07:22c'est que rien vaut déjà quelque chose.
07:24On peut acheter quelque chose avec rien,
07:26en le multipliant.
07:27Une fois rien, c'est rien.
07:28Deux fois rien, c'est pas beaucoup.
07:30Mais trois fois rien.
07:31Pour trois fois rien, on peut acheter quelque chose.
07:34Et pour pas cher.
07:35Vous voyez, c'est tellement merveilleux.
07:36Il était brillantissime.
07:37C'était brillantissime.
07:38C'était quelqu'un de très humble en plus, Raymond Deveau.
07:39C'est bien que vous lui rendiez hommage dans ce spectacle.
07:41Je donne quelques dates, Antoine,
07:43pour que notre public, nos téléspectateurs,
07:45qui est votre public, aillent vous applaudir.
07:48Vous serez prochainement à la Garenne-Colombe,
07:4927 septembre, c'est dans les Hauts-de-Seine.
07:51Ensuite, à Villeneuve-sur-Lotte, 14 octobre.
07:53Le Chenet, vous revenez dans le 78-16 octobre.
07:56est tourné jusqu'à la fin de l'année, et tout 2026.
07:58Donc, vous êtes très occupé, M. Dulérier.
08:00Pas mal, parce que là, je tourne un film pour le cinéma,
08:02un autre film pour le cinéma, un truc pour la télé.
08:04Et au milieu de tout ça, je place mes dates.
08:06Écoutez, on ne va pas se plaindre.
08:07On est toujours là, mon petit Damien.
08:10Il y a Michel Simon qui serait avec nous ce matin.
08:13Bon, restez avec nous, évidemment.
08:14Vous êtes avec nous jusqu'à 9h50, cher Antoine.
08:17Ah non, non, non.
08:17Ah, vous avez signé ?
08:18Ah, oui, M. Arditi qui n'est pas d'accord.
08:20Ah, non, je ne suis pas d'accord.
08:21Mais qu'on me donne un mur.
08:22Mais ce type est fou.
08:25Non, mais ce type n'est pas bien fou.
08:26Ce type est dingue.
08:27M. Chenet, M. Chenet.
08:29Moi, je vais foutre le camp à Annie.
08:30Il s'adimait qu'on me donne un mur.
08:32Et M. Chenet, par exemple, il râlerait aussi, M. Chenet.
08:35Écoutez, voilà, moi, je ne sais pas.
08:37Attends jusqu'à 9h50, voilà.
08:39J'ai autre chose à foutre.
08:42Tais-toi, t'es à chier.
08:44Regarde-moi bien, t'es à chier.
08:46Ta gueule, tais-toi, ta gueule.
08:47Est-ce que tu es un ringard ou pas ?
08:49Tais-toi, t'es un ringard.
08:50Là, on est tous les ringards.
08:52Merci, M. Prévost.
08:53Voilà, un petit pas de choix.
08:55Alors, dans mon spectacle, évidemment,
08:57mon spectacle précédent, c'était vraiment autour
08:59beaucoup des imitations.
09:00Là, je n'en fais pas beaucoup.
09:00Je fais juste parce que ça a un rapport.
09:02Je fais effectivement un petit Barbara,
09:04un petit Luquini à la fin,
09:05parce que je fais écrire une phrase au public
09:07qu'on va découvrir tous ensemble.
09:09Et un petit peu Michel Serrault
09:10par rapport au E muet.
09:12Et comment vous faites Barbara
09:13avec votre voix grave ?
09:14C'est vrai qu'il a dit un peu comme ça.
09:27J'adorais, je le dis dans le spectacle.
09:29Je dis que c'est une caricature,
09:30mais c'est vrai que quelquefois,
09:31on a du mal à percevoir.
09:33Elle avait une identité vocale, évidemment.
09:34Extraordinaire.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations