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  • il y a 5 mois

Catégorie

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Animaux
Transcription
00:00...
00:00Plantes, fruits ou encore champignons,
00:13au fil des millénaires, la nature a créé une multitude de substances
00:17aux effets stupéfiants.
00:23Perte d'équilibre et de coordination.
00:27Somnolence, ou frénésie.
00:34Certains de nos cousins à plumes, à poils et à écailles semblent les apprécier.
00:41Tous ces animaux ont l'air de planer à haute altitude.
00:49Recherche-t-il délibérément ces paradis artificiels ?
00:53Peuvent-ils en abuser, au point de devenir dépendants ?
00:58Et finalement, que nous apprennent ces animaux sous influence
01:03sur notre rapport parfois compliqué à l'alcool et autres psychotropes ?
01:08Sous-titrage Société Radio-Canada
01:38L'histoire des molécules qui altèrent le comportement et la conscience
01:50est aussi ancienne que le monde.
01:52L'observation des animaux sauvages en témoigne abondamment,
01:57même sous des latitudes extrêmes.
02:00...
02:01Aux confins du cercle polaire, dans le grand nord finlandais,
02:07l'automne touche à sa fin,
02:09et la faune se prépare aux rigueurs des mois d'hiver.
02:16Cette immensité sauvage est la terre des reines.
02:19...
02:20Or, certains d'entre eux sont de grands amateurs
02:31d'une substance hallucinogène.
02:33Le destin de ces cervidés est lié à celui des Samis,
02:53ces éleveurs qui célèbrent encore l'existence semi-nomade de leurs ancêtres.
02:57...
02:57Dans un froid glacial,
03:08tous les éleveurs de la région se retrouvent à l'aube
03:10pour l'événement de l'année,
03:12le grand rassemblement.
03:15Les éleveurs comme Samis ou Zitalo
03:17se servent encore des reines pour tirer les traîneaux
03:20et se confectionner des vêtements chauds avec leur peau.
03:22...
03:23Mais ils les élèvent surtout pour leur viande.
03:26...
03:26Élever des reines,
03:29c'est simplement faire partie de la nature.
03:35On a des reines dans la famille
03:38depuis aussi longtemps qu'on se souvienne.
03:44Je participe au rassemblement
03:46depuis que j'ai l'âge d'un an.
03:49C'est quelque chose que je connais par cœur.
03:52On réunit tous les reines dans ce corral
03:58puis chaque éleveur décide
04:02quels reines il va garder
04:03et lesquels vont partir à l'abattoir.
04:10La tâche la plus périlleuse
04:12est confiée aux braves.
04:14Il faut réussir à maîtriser les mâles dominants,
04:17ceux qui arborent les bois les plus impressionnants,
04:19pour les isoler et éviter qu'ils se battent.
04:22Ces grands mâles sont relâchés dans la forêt
04:28où ils savent trouver de la nourriture
04:30en toute saison.
04:31Durant l'été, les reines mangent beaucoup d'herbes
04:40et différentes plantes,
04:41mais au début de l'automne,
04:44quand il y a des champignons,
04:46c'est en les mangeant
04:47qu'ils prennent du poids pour passer l'hiver.
04:49La neige se fait encore attendre
05:05dans ces sous-bois traversés par le cercle polaire.
05:07Parmi les mousses et les bruyères,
05:14poussent encore quelques champignons.
05:19L'un d'entre eux est remarquable à bien des égards.
05:22Des décorations de Noël à l'imagerie des contes de fées,
05:32il est le champignon par excellence.
05:36L'amanite tue mouche.
05:39Amanita muscaria.
05:42Il prospère parmi les arbres sur toute la planète.
05:44Son nom de tue mouche est un peu exagéré.
05:50En réalité, il faut en manger beaucoup
05:52pour atteindre une dose mortelle.
05:55L'amanite produit un cocktail de substances toxiques
05:57destiné à dissuader certains prédateurs de la manger.
06:08Pas toujours avec succès,
06:10car quand l'aune Béate Ebeltoft part en cueillette,
06:13elle ne cherche que lui.
06:21Cette chamane Samy
06:23cultive une véritable passion pour ce champignon.
06:29Le champignon Amanita muscaria
06:31est vénéré par le peuple Samy,
06:34en particulier par ses chamans.
06:36En Samy, le nom de ce champignon
06:39est Gumpé Guapa,
06:41ce qui signifie champignon loup.
06:42Il n'était pas destiné à tout le monde.
06:47Seuls les chamans,
06:48les noaïdis comme nous les appelons,
06:50pouvaient le manger,
06:51car ils savaient ce qu'ils faisaient.
06:58Ce champignon,
06:59qui est aujourd'hui très diabolisé,
07:01est aussi très sacré.
07:03C'est probablement parce qu'on a vu
07:07que les rennes adorent en manger
07:08que nous en consolons.
07:14Or, dans le mélange vénéneux
07:16produit par l'amanite,
07:18se trouvent de puissants hallucinogènes.
07:20Le muscimol
07:24et l'acide hypothénique.
07:30Ces molécules agissent sur le cerveau
07:32et peuvent produire des effets imprévisibles.
07:35On peut voir que sa respiration est assez forte.
08:04Il a probablement une tension artérielle élevée
08:07à cause de l'amanite.
08:10Il semble fébrile.
08:15Vous voyez à quel point il est focalisé sur moi ?
08:18Nous sommes très connectés l'un à l'autre.
08:21On rapporte que sous l'effet de l'amanite,
08:38une brindille qui se trouve sur votre chemin
08:40vous fait bondir pour l'enjamber
08:42comme si c'était un tronc d'arbre.
08:44Le romancier Lewis Carroll s'en est sûrement inspiré
08:48pour imaginer Alice au Pays des Merveilles
08:51dont l'héroïne mange une amanite
08:53pour retrouver sa taille normale.
09:04L'attrait des reines pour l'amanite
09:07a inspiré les chamanes Samy.
09:08Ils ont alors vécu des expériences mystiques
09:11lors de cérémonies
09:12où ils se sentaient connectés
09:14aux esprits de la nature.
09:16Si le divin est à la portée
09:33de celles et ceux qui consomment
09:35ce champignon vénéneux,
09:39sous l'eau aussi,
09:41des animaux ont trouvé
09:42des substances étonnantes.
09:46Au large des côtes sud-africaines,
09:49un banc de grands dauphins
09:51fend l'écume.
09:55Ces mammifères intelligents
09:58au langage complexe
09:59brillent par leurs jeux exubérants
10:01et leurs interactions sociales élaborées.
10:10Ils partagent ces os
10:12avec un drôle de poisson
10:13aux allures de Pokémon.
10:16Aussi étonnant que sa nage
10:17est maladroite,
10:19le poisson globe.
10:23Il en existe près de 200 espèces différentes.
10:35Incapables de fuir rapidement
10:37avec leurs nageoires minuscules,
10:39ils ont mis au point
10:40une technique très personnelle
10:41pour se défendre.
10:43Ils gonflent.
10:46Ils ressemblent alors à une balle,
10:48d'où leur nom de poisson globe.
10:52Pas très terrifiant
10:53pour des grands dauphins.
10:57Ce poisson rond en forme de ballon
10:59est même une aubaine
11:01pour ces jeunes qui s'amusent d'un rien.
11:03L'occasion de se faire quelques passes.
11:12Mais l'autre défense
11:14du poisson globe
11:14est autrement plus effrayante.
11:21Il concentre l'une des toxines
11:23les plus mortelles du règne animal,
11:25la tétrodotoxine,
11:27un poison mille fois plus mortel
11:29que le cyanure.
11:33Les dauphins le savent bien.
11:35Ils prennent soin
11:36de manipuler le poisson
11:37avec délicatesse,
11:38comme s'il faisait exprès
11:40de le stresser juste ce qu'il faut
11:41pour qu'il libère un peu
11:43de sa toxine.
11:44Puis,
11:45ils le passent à un congénère.
11:50Ses cétacés révèlent alors
11:51des comportements inhabituels.
11:54Il semble plonger
11:56dans un état de plénitude.
11:59Chez ces dauphins,
12:02une faible dose
12:03de tétrodotoxine
12:04a un effet calmant,
12:06presque hypnotique.
12:09Chez l'homme,
12:10elle provoque des picotements
12:11et des engourdissements.
12:15Les dauphins ne mangent pas
12:16ce poisson.
12:18Il semble donc
12:18que la seule chose
12:19qu'ils recherchent
12:20est l'effet apaisant.
12:24Le partage du poisson globe
12:26et de sa toxine à plusieurs
12:27pourraient aussi resserrer
12:29les liens du groupe.
12:32Ce jeu procure certainement
12:34aux dauphins
12:34un avantage social.
12:38En réalité,
12:39dans tous les cas observés,
12:41la recherche d'un effet psychotrope
12:43est toujours associée
12:44à des effets bénéfiques
12:45pour la santé,
12:47dont certains
12:48sont très concrets.
12:49Mitty, arrête !
12:52Arrête !
12:54Ça suffit !
12:55Ça suffit !
12:57Contrôle-toi,
12:59s'il te plaît !
13:00Des vidéos comme celle-ci
13:05sont postées tous les jours
13:06à travers la planète.
13:09Non, pas les griffes !
13:12Pour le meilleur
13:12et pour le rire.
13:14Frénésie.
13:22Perte d'équilibre.
13:27Somnolence.
13:30De toute évidence,
13:32ces matous sont en pleine extase.
13:34Harry !
13:36Hi, buddy !
13:39Comment une simple plante
13:40peut-elle mettre les chats
13:41sans dessus-dessous ?
13:43Pour le découvrir,
13:48nous nous rendons
13:49chez une passionnée de chats
13:50qui vit à Francfort,
13:51en Allemagne.
13:56Dans son jardin,
13:58elle fait pousser
13:58de la cataire.
14:02Cette plante aromatique
14:03est aussi très justement
14:04appelée herbacha.
14:07Aujourd'hui,
14:08elle reçoit Masao Miyazaki,
14:11chercheur à l'université
14:12d'Iwate au Japon.
14:14Avec son étudiant
14:15Reiko Winoyama,
14:16Masao étudie la réaction
14:17extraordinaire des félins
14:19à la cataire.
14:21C'est une réaction typique
14:23chez les chats.
14:24Ils lèchent et mâchent les feuilles,
14:26puis frottent leurs museaux
14:27et leurs têtes,
14:29et enfin,
14:29ils se roulent sur la plante.
14:30Pour assurer sa défense
14:38contre ses prédateurs
14:39et autres insectes indésirables,
14:41la cataire produit
14:42un répulsif,
14:43appelé Népétalactone.
14:47C'est la première raison
14:48qui explique l'attrait
14:49des chats pour cette plante.
14:51Lécher et mâcher
15:00est important.
15:02Ça aide à libérer
15:04les composés actifs
15:05de la cataire
15:06et augmente leurs effets.
15:07C'est un comportement inné
15:13qui protège les animaux
15:15des insectes indésirables.
15:17Donc cette réaction
15:20est très bénéfique pour eux.
15:23Les félins peuvent ainsi
15:24se protéger efficacement,
15:25notamment contre les moustiques.
15:30Est-ce que c'est dangereux
15:32pour les chats ?
15:33C'est une très bonne question.
15:36Ne vous inquiétez pas.
15:37D'après ce que nous avons constaté,
15:40il n'y a aucun effet indésirable
15:41avec cette plante.
15:49Grâce à des extraits de cataire,
15:51Masao et son équipe
15:52ont découvert pourquoi
15:53cette molécule anti-moustique
15:55met les chats dans tous leurs états.
16:04Le chat capte
16:06les substances de la plante
16:08via son système olfactif.
16:11Cette information
16:12est ensuite transmise
16:14à une zone spécifique du cerveau.
16:19Parfois, nous ressentons
16:20un plaisir extrême
16:21lorsque notre cerveau
16:23sécrète une hormone
16:24appelée bêta-endorphine.
16:28Or, nous avons démontré
16:30que lors du contact
16:31avec la cataire,
16:32les chats libèrent aussi
16:34de la bêta-endorphine.
16:38Donc, ce chat se sent euphorique.
16:41Il doit être heureux.
16:45La cataire ne provoque
16:47cependant des envolées de plaisir
16:49que chez deux chats sur trois.
16:52Pour comprendre pourquoi
16:53certains d'entre eux
16:54ne réagissent pas,
16:55Masao s'est intéressé
16:56aux ancêtres de nos chats domestiques.
17:03L'Umini Safari Reserve,
17:05en France,
17:06abrite 160 félidés
17:08de 26 espèces différentes,
17:10dont certaines sont très rares,
17:12en captivité,
17:14comme à l'état sauvage.
17:19Masao a posé dans chaque enclos
17:21une pierre imbibée
17:22d'extraits de cataire
17:23et une caméra automatique
17:25pour filmer les réactions
17:27des félins.
17:30En quatre jours,
17:32il a étudié les réactions
17:33de la quasi-totalité
17:34des animaux de la réserve,
17:36comme cet osselot.
17:44C'est la première fois
17:46qu'on filme un osselot
17:47réagir à de la cataire.
17:48Ce mâle répond
17:55à l'extrait de plantes
17:56comme le ferait
17:58un chat domestique.
18:02La lignée des osselots,
18:04dont font partie
18:04le chat de Geoffroy
18:05et le chat tigre,
18:07ne réagit d'habitude
18:08pas à la cataire,
18:09sauf quelques individus
18:13comme celui-ci.
18:13La plante laisse
18:19complètement indifférent
18:20certains félins,
18:22comme ce chat sauvage
18:23de Gordon.
18:26D'autres, en revanche,
18:28ont des réponses
18:29très fortes.
18:37D'où viennent
18:38ces différences de comportement
18:39au sein de cette famille
18:40d'animaux ?
18:44Les lions sont tout en haut
18:47de la chaîne alimentaire.
18:49Donc, ils peuvent réagir
18:51aux extraits de plantes
18:52sans craindre d'être vulnérables
18:54face à des prédateurs.
18:57En revanche,
18:58les petits félins
18:59ont parfois des prédateurs.
19:02Et ça pourrait expliquer
19:03la différence de réaction
19:05entre les gros
19:05et les petits félins.
19:10On ne comprend pas encore
19:12les mécanismes biologiques
19:14qui induisent
19:14ces comportements.
19:17Mais Masao est sur le point
19:19de percer le mystère.
19:21Nous sommes en train
19:23de faire des analyses génétiques
19:25pour expliquer les différences
19:27entre les animaux
19:27qui réagissent
19:28et les autres.
19:31Grâce à ça,
19:31on va pouvoir identifier
19:32le gène
19:33qui détermine
19:34cette réaction.
19:34En attendant,
19:38il est certain
19:39que le plaisir procuré
19:40par l'acataire
19:41incite les félins
19:42à s'enduire
19:43d'un répulsif naturel
19:44contre les moustiques.
19:46La défonce
19:47est aussi une défense.
19:51En ce sens,
19:52ce comportement
19:53constitue un avantage
19:54que l'espèce a développé
19:55au cours de son évolution.
19:57L'acataire
20:12ne fait planer
20:12que certains chats.
20:16Mais une substance
20:17fait l'unanimité
20:18auprès du règne animal
20:19à travers tous les continents
20:21et sous toutes les latitudes.
20:24Une véritable autoroute
20:26du plaisir.
20:27Beaucoup de plantes
20:33protègent leurs graines
20:34dans une enveloppe charnue,
20:35le fruit.
20:40Bien des animaux
20:42se délectent
20:42de sa saveur douce
20:43et sucrée.
20:48Ce faisant,
20:50les graines voyagent
20:51à travers leur système digestif
20:53et ressortent
20:54de l'autre côté.
20:57Cette relation symbiotique
20:58avec les animaux
20:59permet aux plantes
21:01de disperser efficacement
21:02leurs graines.
21:03mais parfois,
21:07le festin prend une drôle de tournure
21:09et certains se retrouvent
21:12dans cet état.
21:14Perte de coordination
21:22et d'équilibre,
21:23mouvement désordonné,
21:27le diagnostic
21:28est clair
21:28et sans appel.
21:31Ces animaux
21:32sont ivres.
21:33en mûrissant,
21:44les fruits fermentent
21:46et produisent de l'alcool
21:47à mesure que le sucre
21:50qu'ils contiennent
21:50est dégradé par des levures.
21:52C'est en cherchant ce sucre
21:56que les animaux
21:56tombent parfois sûrs
21:57de l'alcool,
21:59volatiles et incolores,
22:02mais que l'on peut sentir
22:03à distance.
22:06Dans la nature,
22:08l'alcool est inévitablement
22:10associé au sucre,
22:12donc on ne sait pas
22:13si les animaux
22:14s'enivrent de façon délibérée
22:15ou pas.
22:16Mais les animaux
22:19sont-ils tous égaux
22:20devant l'alcool ?
22:22Y a-t-il des gros buveurs ?
22:25Certains sont-ils
22:25plus facilement ivres
22:26que d'autres ?
22:29Comme souvent,
22:30il ne faut jamais
22:31se fier aux apparences.
22:46Cette savane boisée
22:50s'étend à perte de vue
22:52aux confins
22:54de l'Afrique du Sud
22:55et du Mozambique,
22:56au cœur du mythique
22:57parc national de Kruger.
23:03Ici,
23:05dans la réserve
23:05de Thorny Bush,
23:07la nature évoque
23:08une terre des origines.
23:12Un temps en suspens.
23:16où faune et flore
23:18s'épanouissent
23:19et où l'humain
23:20n'est qu'un humble spectateur.
23:31Un territoire parcouru
23:33par le plus grand animal terrestre,
23:36l'éléphant.
23:40Un géant aussi imposant
23:42peut-il ressentir
23:44les effets de l'alcool ?
23:46La question a fait couler
23:49beaucoup
23:50d'encre
23:51et depuis très longtemps.
23:57L'un des premiers
23:58à avoir témoigné
23:59de l'ivresse des bachydernes
24:01est un explorateur français.
24:05En 1839,
24:07Adulph de Le Gorg
24:08rapporte ainsi
24:09les paroles
24:09de son guide Zoulou.
24:10L'éléphant a en commun
24:14avec l'homme
24:15une prédilection
24:16pour le doux réchauffement
24:17du cerveau,
24:18induit par les fruits
24:19qui ont fermenté
24:20sous l'action du soleil.
24:28Ces fruits
24:29sont ceux du Maroula,
24:31un arbre de la famille
24:32des manguiers
24:33qui pousse par milliers
24:34dans la région.
24:35De la taille d'une prune,
24:40ils sont vert tendre
24:41avant de devenir jaunes
24:43en mûrissant.
24:45Leur chair acidulée
24:46est huit fois plus riche
24:48en vitamine C
24:48qu'une orange.
24:52Et elle contient aussi
24:53de nombreux minéraux
24:54essentiels.
24:56Des friandises
24:57aux qualités nutritives
24:58essentielles
24:59pour les pachydermes.
25:04Les éléphants
25:05raffolent de ces gourmandises
25:07au point que le Maroula
25:09a été surnommé
25:10l'arbre éléphant.
25:13En particulier les mâles
25:14qui viennent parfois
25:15de très loin
25:16pour le festin.
25:23Les groupes de femelles
25:24menées par la matriarche
25:26préfèrent quant à elles
25:27un régime riche en fibres
25:29de plantes,
25:30d'herbes
25:31et de feuillages.
25:34Pour produire assez de lait
25:36pour cet éléphanteau
25:37qui vient de naître,
25:38la mère doit manger
25:39entre 150 et 300 kilos
25:41par jour.
25:56En cette saison,
25:57des mâles s'invitent
25:59parmi les groupes
25:59de femelles.
26:03Ils arborent une trace
26:04noire sur leur tempe,
26:07un écoulement sombre
26:08et musqué
26:08indiquant qu'ils sont
26:09en chaleur.
26:13Leur taux de testostérone
26:14explose.
26:17Il peut être
26:17multiplié par 60.
26:19celui-ci urine en permanence
26:25pour signaler son état
26:26avec ses phéromones.
26:30En cette période critique
26:32où leurs besoins énergétiques
26:33sont au plus haut,
26:34les fruits du marula
26:35sont une aubaine
26:36pour les éléphants.
26:37mais les fruits restés
26:43au sol fermentent.
26:47Et il arrive que
26:48certains gourmands
26:49en mangent un peu trop.
26:50ces joyeux lurons
27:01ont clairement du mal
27:02à tenir sur leurs pattes.
27:10Les poids lourds
27:11de la savane
27:12ne supporteraient donc
27:13pas bien l'alcool.
27:14Comment un animal
27:18aussi énorme
27:19peut-il tituber
27:20après quelques fruits
27:21un peu alcoolisés ?
27:23Pendant longtemps,
27:27c'est resté un mystère.
27:30En 2006,
27:31trois scientifiques anglais
27:33ont même affirmé
27:33qu'il était impossible
27:34que ces géants
27:35soient tivres.
27:40Ils expliquent
27:41dans une étude
27:42qu'un éléphant
27:43pesant entre
27:44trois et huit tonnes
27:45devraient ingurgiter
27:471400 fruits fermentés
27:49pour commencer
27:50à avoir
27:50la tête qui tourne.
27:56C'est beaucoup,
27:58même pour des gros mâles
27:59en chaleur
28:00qui goblent les marulas
28:01comme des bonbons.
28:09Un autre de leurs arguments
28:11est qu'ils boivent
28:12beaucoup d'eau
28:13jusqu'à 150 litres par jour,
28:21diluant ainsi
28:21tellement l'alcool
28:22dans leur estomac
28:23qu'ils ne pourraient
28:24pas être saouls.
28:29Le mystère
28:30reste complet.
28:31C'est finalement
28:39à une chercheuse
28:40de l'université
28:40de Calgary
28:41au Canada
28:42qu'on doit
28:43la réponse
28:43à cette énigme.
28:46Elle s'est tout d'abord
28:47intéressée
28:48aux calculs
28:49des scientifiques anglais.
28:54Et elle a découvert
28:55qu'ils étaient basés
28:56sur la quantité d'alcool
28:57qu'il faut à un être humain
28:58pour être ivre.
28:59Or, cette quantité varie
29:02de toute évidence
29:02suivant les animaux.
29:05Elle a donc analysé
29:06les gènes de l'éléphant
29:07à la recherche
29:08d'une enzyme
29:08dont on sait
29:09qu'elle permet
29:10de bien tolérer l'alcool.
29:12Et elle s'est rendue compte
29:13qu'il n'en avait pas.
29:19Quand ils mangent
29:20des fruits trop mûrs,
29:22ces géants sont incapables
29:23d'en dégrader l'alcool
29:24et en ressentent
29:26pleinement les effets.
29:28Cela arrive très rarement,
29:30mais ils pourraient
29:30très bien flancher
29:31après une assez faible
29:32quantité de fruits fermentés.
29:35Le débat est clos
29:36jusqu'à nouvel ordre.
29:37Les éléphants
29:38ne tiennent pas l'alcool.
29:41S'ils en consomment
29:42quand même,
29:43c'est parce qu'ils éprouvent
29:44souvent du stress,
29:46en particulier
29:46les mal en chaleur
29:48énervés par leurs hormones.
29:49et ils trouvent sûrement
29:51un peu d'apaisement
29:52à leur tourment
29:53dans ces festins
29:54de fruits fermentés
29:55du maroula.
30:01Qu'en est-il
30:02d'animaux bien plus petits ?
30:16Dans la jungle luxuriante
30:18de Malaisie,
30:19poussent un palmier
30:21qui attise bien
30:22des convoitises.
30:31Ces fleurs produisent
30:33un nectar extrêmement sucré.
30:38Quand ils fermentent,
30:40ce breuvage
30:41est la boisson alcoolisée
30:42la plus forte du monde végétal,
30:453,8% d'alcool.
30:49Un scientifique allemand
30:58s'est intéressé
30:59au palmier de Bertram
31:01ainsi qu'à tous
31:02ses fidèles habitués
31:03et il s'est rendu compte
31:05et il s'est rendu compte
31:05que le bar était ouvert
31:06jour et nuit.
31:12Le Toupeille,
31:13un petit mammifère,
31:15boit plus tôt en journée
31:16et il ne fait pas
31:18que tremper ses lèvres.
31:19Il fait partie des piliers
31:23qui se succèdent au comptoir.
31:35Parmi les autres clients réguliers
31:36du palmier
31:37se trouve un lointain cousin
31:39du Toupeille,
31:41le petit Locerque de Lot.
31:42C'est une musaraigne
31:46d'une quinzaine de centimètres
31:47pour à peine 50 grammes
31:49qui profite de la nuit
31:50pour sévirer au bar.
31:55La nourriture principale
31:57du petit Locerque de Lot
31:58est ce nectar alcoolisé.
32:01Le scientifique a fait les comptes.
32:03En une nuit,
32:05le petit mammifère
32:06ingurgite l'équivalent
32:07de 9 verres de vin.
32:10Un être humain
32:10qui boirait autant d'alcool
32:12serait clairement ivre.
32:15Pourtant,
32:16ce bois sans soif
32:17ne montre lui non plus
32:18aucun signe d'ivresse.
32:21Tous ces siroteurs
32:22de la jungle
32:23ont-ils développé
32:24un gène particulier
32:25expliquant pourquoi
32:26ils tiennent si bien l'alcool ?
32:28On ne le sait pas.
32:30Mais il semble en tirer
32:31quelques avantages.
32:35Les petits Locerques,
32:36comme bien d'autres animaux,
32:38vivent au sein de groupes
32:40où les relations sociales
32:41peuvent engendrer
32:41beaucoup de stress.
32:43L'alcool leur permettrait
32:45de faire baisser la tension
32:46pour mieux tolérer
32:47la présence
32:48des autres individus.
32:52Petits,
32:53mais costauds,
32:55ces animaux
32:55noient leur stress
32:57dans la boisson.
32:58La clé du mystère
33:17des buveurs invétérés
33:18que l'alcool en vaste quantité
33:20laisse de marbre
33:21se trouve au cœur
33:23des forêts reculées
33:24de Madagascar.
33:29Loin des sentiers battus
33:31de l'île,
33:32vit une créature
33:33pour le moins surprenante.
33:40Pelages hirsutes,
33:42oreilles immenses,
33:44yeux globuleux
33:45et museaux proéminents,
33:46l'aï-aï
33:48n'est peut-être pas
33:49le plus mignon
33:50des primates.
33:58Pour couronner le tout,
34:00il possède un très long
34:01majeur à chaque main.
34:08Il les utilise
34:09pour dénicher
34:10les larves d'insectes
34:11dont il raffole.
34:27Il s'en sert également
34:29pour extraire
34:29la pulpe des fruits
34:30et pêcher le nectar
34:32des fleurs
34:32qu'il lèche
34:33avec gourmandise.
34:36Cet élixir floral
34:37est souvent fermenté.
34:41Et contrairement
34:44à l'éléphant,
34:45même après une nuit
34:46de beuverie,
34:48les aï-aï
34:49sautent de branche
34:49en branche
34:50et ne montrent
34:51aucun signe
34:51d'ébriété.
34:54Ils ont clairement
34:55un super pouvoir
34:56et ils partagent
34:58ce secret
34:59avec nous autres humains.
35:02L'histoire
35:03est passionnante.
35:11Il y a 10 millions
35:13d'années,
35:14nos ancêtres
35:15arboricoles,
35:16au lieu de cueillir
35:17les fruits
35:18sur les branches,
35:19sont descendus
35:20de leurs arbres
35:20pour les ramasser
35:21au sol.
35:24Nos aïeux
35:25ont alors commencé
35:26à manger des fruits
35:27fermentés
35:27et ont vu l'alcool
35:29s'accumuler
35:29dangereusement
35:30dans leur corps.
35:32Leurs mouvements
35:33sont devenus
35:34moins précis.
35:35Ils ont titubé,
35:37leur vue s'ébrouiller.
35:38Bref,
35:42ils étaient cuits,
35:45bien incapables
35:46de défendre
35:46leur territoire,
35:48de chercher
35:48de la nourriture
35:49ou d'échapper
35:50aux tigres
35:51à dents de sabre
35:52qui rôdaient
35:53à l'époque.
35:55De piètre
35:55prétendant
35:56pour perpétuer
35:57l'espèce.
36:00Jusqu'à ce qu'une
36:01mutation bienvenue
36:02survienne
36:03chez l'un d'entre eux.
36:05Cette mutation génétique
36:06a permis à son porteur
36:08de se goinfrer
36:09de fruits fermentés
36:10sans chavirer.
36:13L'évolution a fait le reste
36:15en favorisant
36:16la reproduction
36:16des soies phares
36:17qui permettent encore
36:19aux aïe-aïe
36:20et à bien d'autres espèces
36:21dont nous autres humains
36:23de bien tolérer l'alcool.
36:31Il existe cependant
36:33une grande différence
36:34entre l'homme
36:34et les autres animaux.
36:35nous ne nous sommes
36:37pas contentés
36:38de fruits fermentés.
36:39Nous avons produit
36:40une vaste gamme
36:41de boissons alcoolisées.
36:44Et au fil
36:44de notre histoire
36:45évolutive,
36:47l'humain a développé
36:48une soif
36:48pour l'alcool.
36:52Il nous arrive parfois
36:54d'abuser
36:55de la bouteille
36:55et de bien
36:56d'autres drogues
36:57d'ailleurs.
36:59Partageons-nous
37:00ces excès
37:00avec les autres animaux.
37:09Nombre de scientifiques
37:10ont effectué
37:12des expériences
37:13en laboratoire
37:13pour en avoir
37:14le cœur net.
37:16Serge Ahmed
37:17est directeur
37:18de recherche
37:18en neurosciences
37:19à l'université
37:21de Bordeaux
37:21CNRS.
37:22Son travail
37:24sur les mécanismes
37:25de l'addiction
37:26est salué
37:27dans le monde entier.
37:30On a longtemps cru
37:31que l'addiction
37:32et la dépendance
37:33et l'usage de drogue
37:34de façon générale
37:35étaient l'apanage
37:36de l'homme
37:37jusqu'à ce qu'on découvre
37:39au début du XXe siècle,
37:41plus précisément
37:42la fin des années 30,
37:43que d'autres animaux
37:44que l'homme,
37:45par exemple
37:45des primates
37:46non humains,
37:47pouvaient éventuellement
37:48développer un désir
37:50intense de drogue.
37:53Et puis,
37:53au fil du temps,
37:54on a fini par réaliser
37:56que ce n'était pas
37:57du tout
37:57le propre de l'homme
37:58et qu'en réalité,
38:00c'était peut-être
38:00l'animal
38:01qui était en nous
38:03qui finalement motivait
38:04cette recherche
38:05et cette prise de drogue.
38:09Cette addiction
38:10observée
38:10chez des animaux
38:11en laboratoire
38:12les a parfois conduits
38:13à choisir
38:14de se droguer
38:15plutôt que de manger
38:16et de boire.
38:17Pour prouver
38:22que les drogues
38:23consommées par l'homme
38:24conduisent inéluctablement
38:26à l'addiction,
38:27les chercheurs
38:28ont longtemps isolé
38:29des animaux de laboratoire
38:30dans des cages étroites
38:31et inconfortables.
38:34Mais les rats,
38:36les souris
38:36ou les primates
38:37utilisés dans ces expériences
38:39sont des espèces sociales
38:41pour qui la vie
38:41en communauté
38:42est essentielle.
38:48Dans les années 70,
38:50un chercheur canadien
38:51décide lui aussi
38:52d'étudier les effets
38:53des opiacés
38:54chez les rats.
38:56Il installe la moitié
38:57dans des cages traditionnelles
38:59et l'autre moitié
39:00dans un rat de parc.
39:059 mètres carrés
39:06d'espaces de jeu,
39:07de décors peints
39:08de paysages naturels
39:09où les rats
39:11peuvent interagir,
39:12jouer et se reproduire.
39:15Pour se désaltérer,
39:17les deux groupes
39:18avaient le choix
39:18entre de l'eau pure
39:20et un goutte-à-goutte
39:21contenant de la morphine.
39:25Il a pu être observé
39:26que les animaux
39:27qui étaient dans
39:28ce fameux rat de parc
39:29consommaient moins de drogue
39:31que les animaux
39:32qui étaient tout seuls
39:33dans une cage.
39:35Et donc du coup,
39:35ça a donné lieu
39:36à cette notion
39:37que le contexte social
39:39pouvait jouer un rôle
39:40très important
39:41dans l'appétence
39:43en fait pour les drogues.
39:45Évidemment,
39:46chez l'homme,
39:46on a plein de données
39:47qui montrent
39:47que les facteurs sociaux
39:50jouent un rôle important
39:52dans la vulnérabilité
39:53à développer
39:54des addictions
39:55et toutes formes
39:58d'addictions,
39:58y compris
39:59le jeu,
40:01les addictions alimentaires,
40:03etc.
40:03Contrairement aux animaux
40:07sauvages,
40:09nous avons appris
40:09à produire de l'alcool
40:10et des drogues
40:11et à les rendre
40:12accessibles en permanence.
40:15L'humain a créé
40:17les conditions
40:18de ces excès.
40:20Le chemin pour s'en libérer
40:22se trouve peut-être
40:23au cœur de l'Afrique.
40:24Les éléphants
40:34de forêt
40:35ont appris
40:36à naviguer
40:36dans une jungle
40:37foisonnante
40:38à la recherche
40:38de nourriture.
40:39Parmi cet enchevêtrement
40:44de verdure,
40:46il festoie parfois
40:47de la racine
40:47d'un arbuste,
40:50l'iboga.
40:53On raconte
40:54qu'il se mette alors
40:55à courir
40:56dans tous les sens
40:56et à trompeter
40:58à tue-tête.
41:02En effet,
41:04la racine de l'iboga
41:05contient de l'ibogaïne,
41:07très hallucinogène.
41:09Les humains aussi
41:16connaissent bien
41:16les pouvoirs
41:17de l'iboga.
41:22Des peuples
41:23d'Afrique centrale,
41:25en particulier au Gabon,
41:27en consomment
41:27lors de rites initiatiques
41:29appelées bouiti.
41:31L'écorce de ses racines
41:33ouvre aux initiés
41:34les portes
41:35vers un autre monde.
41:37Elles provoquent
41:38des visions spectaculaires.
41:39et la sensation
41:40d'une connexion intime
41:42avec les esprits
41:43et le cosmos.
41:44Mais l'iboga
41:57semble aussi
41:57très prometteuse
41:58pour guérir
41:59l'addiction
41:59à toutes sortes
42:00de drogues.
42:01Comme souvent,
42:10les solutions
42:11à nos abus
42:12et à notre affaire
42:12d'hommes modernes
42:13se trouvent
42:14dans la nature.
42:17Aujourd'hui,
42:18des chercheurs
42:18du monde entier
42:19se penchent à nouveau
42:20sur ces substances
42:21psychédéliques
42:22consommées depuis longtemps
42:23par les animaux,
42:25mais aussi par les samis
42:26ou les peuples d'Afrique.
42:27Et c'est peut-être
42:31en considérant ces substances
42:32avec plus de bienveillance
42:33que nous trouverons
42:35des remèdes
42:35à notre acca
42:36de primate moderne
42:37et que nous ouvrirons
42:38la voie
42:39vers une reconnexion
42:41à la nature.
42:42Sous-titrage MFP.
43:12Sous-titrage MFP.
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