00:007h-9h, Europe 1 matin.
00:02Retour aux affaires avec votre signature Europe 1 du vendredi.
00:05Bonjour Catherine Ney.
00:07Bonjour Dimitri, rebonjour à tous.
00:09Alors lundi, vote de confiance pour François Bayrou.
00:12La question est déjà, mais qui va donc lui succéder ?
00:14Quid de l'avenir ?
00:15Laurent Wauquiez, patron des députés LR,
00:18a choisi ce moment pour s'opposer à Bruno Retailleau, le patron du parti.
00:22Oui, ça vous étonne ?
00:23Moi pas.
00:24Voyez.
00:25Qui veut la peau de Retailleau ?
00:27Lui d'abord, Wauquiez, qui n'a toujours pas digéré la claque
00:30que lui a infligée le ministre de l'Intérieur en mai dernier
00:32pour la conquête du parti.
00:34Plus de 74% des voix.
00:38Alors dimanche, le député réunissait ses amis
00:40dans son fièvre de haute gloire.
00:42Dieu, que la montagne est belle.
00:44Et là, il a fait un discours très brillant sur un ton aimable, joyeux.
00:47Vous savez, du gars au grand cœur, qui adore sa maman, il le dit.
00:50Et dans le grand-fils, Baptiste court plus vite que lui.
00:53Moi, j'avais la larme à l'œil.
00:54Mais je m'attendais tout de même à une pique.
00:56Et on l'a eu.
00:57Faut-il voter la confiance à Bayrou ?
00:59S'interrogeait-il alors que Bruno Retailleau avait déjà tranché ?
01:02Il la voterait, parce que c'est logique.
01:04Dès lors que le parti avait accepté de participer au gouvernement.
01:08Évoquait de préconiser, mais on devrait demander leur avis aux adhérents.
01:12Que Bruno Retailleau réunit justement ce week-end.
01:14Bref, il parlait comme si c'était lui le patron du parti.
01:17Petite scène amusante, deuxième round, mardi.
01:20Les LR ont rendu visite à François Bayrou.
01:22Messieurs Wauquiez, Retailleau, Darnot, patron du groupe LR au Sénat,
01:26François-Xavier Bellamy.
01:27Et à la sortie, petite séquence de langage corporel,
01:31ce coup d'épaule de Wauquiez qui est évidemment plus grand que Retailleau,
01:34pour le pousser, pour être lui plus près du micro.
01:37Ce côté, moi d'abord.
01:38Troisième round sur BFM ce jeudi.
01:41Ah oui, alors là, encore plus fort.
01:42Laurent Wauquiez a annoncé qu'il ne censurerait ni un gouvernement de gauche,
01:45ni un gouvernement du Rassemblement National,
01:48afin d'éviter, dit-il, une instabilité catastrophique,
01:52pour le bien du pays, évidemment, le brave homme.
01:55Mais ce n'est pas qu'il cherche à être ministre, non.
01:56C'est qu'il est certain que dans ces deux cas,
01:58Bruno Retailleau ne le serait plus, lui.
02:00Mais cette logique de tolérance a ulcéré le ministre de l'Intérieur.
02:03Non, pas question de donner un chèque en blanc à un gouvernement socialiste.
02:07Et s'il s'est engagé au gouvernement, c'est justement pour éviter ce cas de figure.
02:11D'ailleurs, vous l'avez lu, leur programme au socialisme pour réduire l'endettement de la France,
02:14c'est absolument dramatique.
02:15Alors, je ne sais pas si vous êtes comme moi,
02:17mais voir le trio Olivier Faure, Vallaud, Cannaire,
02:20pour moi, c'est une grosse, grosse déprime, toujours.
02:23Laurent Wauquiez a aussi dit qu'il ne censurerait pas non plus un gouvernement
02:27avec un Premier ministre Rassemblement National,
02:29qui fait partie, dit-il, de l'arc républicain.
02:32C'est vrai, d'ailleurs, il s'exprime, en l'occurrence,
02:34comme Nicolas Sarkozy, qui vient de le dire au Figaro,
02:37oui, le RN est un parti républicain.
02:39Mais en prenant une dissolution rapide,
02:42c'est aussi un feu vert pour l'installation de Bardella à Matignon,
02:44puisqu'ils sont crédités de 37% d'attention de vote,
02:48qui n'aurait peut-être la majorité absolue,
02:51mais sûrement un groupe encore plus important.
02:53Et alors, Bruno Retailleau, ça cesse,
02:55il retournerait en Vendée,
02:57vu qu'il est la bête noire des le pénis,
02:58c'est même leur obsession,
03:00c'est qu'il est venu sur leur plate-bande.
03:01Vous savez, les LR, aujourd'hui, sont crédités de 13% d'attention de vote,
03:06Pécresse en avait fait 4,5 à la présidentielle,
03:09ont remporté plusieurs élections partielles,
03:12mais 13%, ça on peut dire que c'est Retailleau
03:14qui a donné du lustre au parti,
03:16alors que le bloc central fait 15% et ils sont 4 partis.
03:19Mais la division, voyez-vous, Retailleau-Vauquiez,
03:22ne peut que nuire, justement, au parti.
03:25Que voulez-vous ? C'est plus fort que lui.
03:27C'est la fable du scorpion et de la grenouille.
03:29Et il l'a dit quand même, il votera la confiance,
03:32à Bayrou, mais sans enthousiasme.
03:34Et quelle que soit la suite, Catherine,
03:36le maintien au gouvernement de Bruno Retailleau
03:37n'est pas du tout une certitude.
03:39Oui, parce que quel nom le président va-t-il sortir de son chapeau ?
03:42Il ne veut sûrement pas dissoudre.
03:44Et on le sait, les amis, son entourage le dit,
03:46qu'il ne serait pas fâché de se séparer de celui
03:48qui l'a obligé à changer de ton sur l'Algérie.
03:51« La diplomatie des bons sentiments a échoué »,
03:54a dit le ministre de l'Intérieur en juillet, même avant.
03:57Vu que Boilem sans salle, notre confrère Christophe Gleys
04:01sont les otages du régime.
04:02Alors le 6 août, le président envoyait une lettre à François Bayrou
04:05pour lui demander d'agir sans repos, sans répit,
04:09avec plus de fermeté et de détermination à l'égard des Algériens.
04:13Et il lui a donné une liste de contentieux à régler,
04:15comme si c'était lui le patron de la diplomatie.
04:17Mais voilà, moins de visas, mais ça ne dépend pas de lui.
04:21Mais il faut le savoir, en ce moment,
04:23le pouvoir algérien organise des départs en masse de jeunes.
04:26Un système de navettes entre les côtes algériennes
04:29et Almeria ou Alicante en Espagne.
04:32Et là, des services de bus les emmènent vers Perpignan,
04:35Toulouse, Marseille, là où ils ont de la famille.
04:39Alors, exit Retailleau, moi, je crois qu'il manquera,
04:44si à la France il n'est plus là.
04:46Signature Europe 1, Catherine Ney.
04:48Merci beaucoup Catherine.
Commentaires