- il y a 11 mois
Jérôme Fourquet, politologue, directeur du département Opinion de l'IFOP, était l'invité du Face à Face sur RMC et BFMTV ce vendredi 5 septembre. Il est revenu sur notamment sur la popularité de François Bayrou.
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00:00Si toutefois il décidait de dissoudre, est-ce qu'on a une idée de ce qui en ressortira aujourd'hui ?
00:06Quels sont les rapports de force ?
00:07Alors c'est très compliqué parce qu'on peut mesurer sondagèrement sans trop se tromper le rapport de force à l'issue du premier tour pour des législatives.
00:16Là où c'est très compliqué, on l'a vu lors de la dissolution précédente, c'est de faire des projections en siège et d'extrapoler les stratégies de report de voix.
00:26Notamment, c'est un élément clé, c'est ce qu'on appelle le Front Républicain, c'est-à-dire comment les électeurs de gauche et du Bloc Central se reportent ou pas dans des circonscriptions où le Front National est face à un adversaire unique.
00:43Et à l'été 2024, le Front Républicain a été remis à son plus haut niveau parce que la perspective d'une victoire du Rassemblement National paraissait tout à fait plausible à un très grand nombre de Français.
00:59Là, c'est la vraie inconnue aujourd'hui, c'est de savoir, est-ce que ce Front Républicain refonctionnerait si demain on se retrouvait de nouveau dans une telle situation ?
01:09Mais vous dites qu'on a quand même les résultats du premier tour ?
01:11Alors, sur les résultats du premier tour, sur les intentions de vote, on est sur des rapports de force qui évoluent un peu, mais pas énormément, par rapport à l'été 2024,
01:21avec un Rassemblement National qui est en tête aux alentours d'un tiers des voix, suivi par le nouveau Fonds Populaire, testé en candidature unique.
01:29Et donc là, il faut voir s'ils sont encore en capacité de se mettre d'accord aux alentours de 25%.
01:34Et le perdant, c'est le bloc central, puisque le camp présidentiel lui est crédité à peu près de 14 à 15%, alors qu'il était un peu plus haut lors de la vie.
01:44Mais vous posez tout de même la question de savoir s'il y aurait au deuxième tour un choix entre RN et un autre candidat, où se reporteraient les Français ?
01:51Est-ce que vous avez l'intuition dans vos chiffres de ce qui pourrait en sortir ? Est-ce que le Front Républicain fonctionnerait de la même manière ?
01:57On peut toujours faire des tests en laboratoire, mais tant que nous ne sommes pas en situation réelle, c'est très compliqué.
02:02Je pense que vous avez croisé beaucoup d'électeurs, où vous avez eu sur vos plateaux, vos antennes, des gens qui vous ont dit « on l'a fait, mais c'est la dernière fois qu'on le fait ».
02:13C'est-à-dire un électeur de gauche qui vote pour un candidat de droite ou un candidat macroniste pour faire barrage au Rassemblement National.
02:18Et vice-versa, exactement. Et à chaque fois, on nous dit « c'est la dernière fois ».
02:22Et puis quand on est au pied du mur, devant le pied du mur, et qu'on a un Rassemblement National qui sort très largement en tête,
02:27au premier tour, et qu'encore une fois, la perspective d'une accession au pouvoir de ce parti devient tout à fait plausible,
02:34et bien là, ce qui s'est passé en tout cas en 2024, le Front Républicain était réactivé.
02:40Sans doute, l'hypothèse qu'on peut faire, qu'il serait affaibli, qu'il fonctionnerait un peu moins bien,
02:44vu la situation politique, mais rien n'est moins sûr.
02:46– Jérôme Fourquet, il y a la question de la colère.
02:50Je vais vous interroger dans un instant sur la perspective du 10 septembre, ce fameux mouvement « bloquons tout ».
02:55Mais il y a d'abord le 8 septembre, et il y a la question de l'attitude des partis.
02:58Ici même, à ce micro, François Bayrou fustigeait l'attitude des partis,
03:01disait qu'on était dans le pire moment où aucun ne prenait véritablement sa responsabilité.
03:06Et il voulait croire que l'on pouvait s'adresser aux Français
03:09et à une sorte d'appel à la responsabilité des Français,
03:13différemment de la manière dont on s'adresse aux partis.
03:17Est-ce qu'il y a en effet aujourd'hui, quel est le regard d'abord que les Français portent sur les partis politiques ?
03:22Et est-ce qu'il y a une dichotomie entre le jeu politique d'un côté
03:25et une forme de gravité dans l'esprit des Français ?
03:29– Alors, la cote des partis politiques ne s'est pas redressée, elle est assez faible.
03:33Toute sensibilité politique confondue, les Français regardent de manière parfois assez affligée le jeu politicien,
03:42sauf qu'en l'espèce sur le cas qui nous préoccupe du 8 septembre,
03:47on l'a dit en introduction, trois quarts des Français souhaitent que François Bayrou soit débarqué de son poste de Premier ministre.
03:56Et quand on regarde dans le détail des sensibilités politiques,
03:59ce souhait de départ de François Bayrou est majoritaire, voire ultra-majoritaire,
04:04dans toutes les sensibilités politiques, et je dis bien dans la population,
04:07pas dans les appareils partisans, à l'exception du bloc central.
04:11C'est-à-dire que même chez les socialistes, même chez LR, les sympathisants, les électeurs…
04:15– Les seuls qui résistent, c'est quoi ? C'est Renaissance, quoi.
04:17– Voilà, alors chez LR ou au PS, on va avoir 30 à 40% de ces électeurs qui ne souhaitent pas ajouter du chaos au chaos.
04:24Mais même dans ces électorats de partis dits de gouvernement, on a plus de deux tiers,
04:28à peu près 60% de ces électeurs qui souhaitent que François Bayrou parte.
04:32Donc la stratégie de François Bayrou qui était d'enjambé…
04:35– Il a tenté cet été de s'adresser directement aux Français, de créer une chaîne YouTube,
04:39de se dire « je vais en appeler à la responsabilité des Français ».
04:41– Voilà, regardez, on est sous la 4ème République, c'est la combinazione à l'italienne.
04:45Et donc je fais un appel à la population pour que nos concitoyens prennent conscience de la gravité du moment.
04:53Manifestement, le concernant, ça n'a pas fonctionné, puisque trois quarts des Français souhaitent qu'ils partent.
04:58– Jérôme Fourquet, le 10 septembre, ce mouvement « Bloquons tout » qui est né, semble-t-il, sur les réseaux sociaux.
05:05Certains parlent même d'une forme d'influence, voire d'ingérence étrangère.
05:09Non, ce n'est pas très bien, en tout cas au départ, comment est-ce que ça a été formulé ?
05:12Aujourd'hui, en tout cas, ça prend, ça prend aussi du point de vue politique,
05:16un mouvement comme LFI soutient cette journée-là.
05:19Comment est-ce que vous voyez la journée du 10 septembre ?
05:22– Alors, comme dirait la palisse, le 10, c'est après le 8.
05:26– Tout à fait, c'est une la palissade.
05:28– Et donc, jusqu'à ce que François Bayrou mette sa tête sur le bio, si vous me permettez l'expression,
05:34la date du 10 était très importante.
05:37À partir du moment où l'auteur du plan qui génère en grande partie la colère
05:45qui devrait s'exprimer le 10 serait désavoué politiquement deux jours plus tôt,
05:51on voit que, j'allais dire mécaniquement, la portée du 10 septembre peut s'en trouver amoindrie.
05:57– Autre élément calendaire, 8 jours après le 10 septembre, il y a le 18 septembre,
06:02c'est l'appel à la grève classique des syndicats.
06:07– Unité syndicale qui appelle à la grève, à une grande journée d'action et de grève le 18 septembre.
06:11– Le 10 septembre, ce mouvement un peu hybride, assez non identifié politiquement,
06:16il est encadré le 8 par un événement politique de première importance,
06:21c'est le vote de confiance.
06:22– Et vraisemblablement la chute du gouvernement.
06:25– Et le 18, un mouvement syndical classique, mais qui est quand même puissant,
06:29puisqu'il y a une intersyndicale.
06:30Donc ça devrait, normalement, peut-être diminuer l'ampleur du 10 septembre.
06:35Il faut être très prudent, puisqu'on n'a pas d'élément fiable pour savoir ce que sera le 10.
06:40Quand on regarde toutefois la dynamique de ce mouvement,
06:43qui, comme vous l'avez rappelé, est né sur les réseaux sociaux,
06:46on voit plusieurs choses.
06:47D'une part, c'est que depuis que Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise
06:51et d'autres formations de gauche ont appelé, ce qu'ils n'avaient pas fait initialement,
06:56à se mettre au service ou à la disposition des organisateurs de ce mouvement,
07:00on a donné une coloration politique de gauche à ce mouvement.
07:03Une note de la Fondation Jean Jaurès est parue récemment,
07:07avec une étude qui a été faite sur les réseaux sociaux,
07:09avec des questionnaires qui ont été envoyés,
07:11sur les gens qui participent à ces forums et qui montraient que,
07:15parmi les répondants à cette enquête, une très grande majorité d'entre eux
07:17votaient pour la France Insoumise ou à gauche.
07:20– Est-ce que ça pourrait avoir un côté gilet jaune ?
07:22– Alors, justement, on s'éloigne quelque peu du mouvement
07:25ou de la physionomie des gilets jaunes.
07:28Peut-être que ça aurait pu ressembler à ça avant cette annonce,
07:31mais là, ce mouvement se politise.
07:33Et Jean-Luc Mélenchon, ce qui est intéressant,
07:35c'est qu'au début de l'été, parce que ce mouvement est né
07:38il y a plusieurs mois maintenant,
07:41avait dit que le meilleur service que nous pouvons rendre à ce mouvement,
07:45c'est de nous en tenir, nous, formation politique constituée,
07:48à l'écart.
07:49Parce que dès qu'on va y toucher, il va perdre.
07:52– Et pourtant, il y a été.
07:52– Et finalement, c'est ce qu'il a fait.
07:53– Et rétrospectivement, une des clés du succès initial du mouvement des gilets jaunes,
07:58c'est que beaucoup de gens se sont retrouvés sur les ronds-points
08:00en ayant le sentiment tout à fait vérifié qu'ils ne roulaient, entre guillemets,
08:05pour aucune organisation politique ou syndicale.
08:08À partir du moment où des partis politiques s'en mêlent,
08:11vous perdez de la force d'influence.
08:14Et donc, à tout prendre, si on devait se risquer aux pronostics
08:17et au jeu des comparaisons historiques récentes,
08:20on peut penser que ce qui va se passer le 10 septembre,
08:24quelque part, va ressembler davantage à ce qu'on avait connu
08:27lors du mouvement qu'on avait appelé Nuit Debout,
08:29à la fin du quinquennat de François Hollande,
08:31quand une partie de la jeunesse de gauche ou de gauche étudiante
08:36s'était retrouvée sur les grandes places des centres-villes
08:39des grandes métropoles françaises qu'au mouvement des gilets jaunes.
08:42Tant dans la forme d'organisation, c'est-à-dire un appel au blocage,
08:48des cortèges un peu spontanés, des occupations de place,
08:52que dans la composition des parties prenantes à ce mouvement,
08:57encore une fois, qui ressemblerait plus à Nuit Debout qu'aux gilets jaunes.
09:00Mais il faut être prudent, on verra ce qu'il en sera.
09:03Le 18 septembre, on revient à quelque chose de beaucoup plus classique,
09:06si je puis dire, c'est-à-dire à une reprise en main
09:08par les organisations syndicales,
09:10qui n'ont pas choisi de s'associer, justement, sciemment,
09:14au mouvement du 10 septembre,
09:15qui lancent leur propre journée, une journée de grève,
09:17une journée d'action, une journée de manifestation.
09:19Est-ce que c'est le retour des syndicats et des luttes syndicales ?
09:22Alors, on est quand même sur une figure un peu obligée en France,
09:25on est en période de rentrée.
09:26Vous voulez dire que c'est l'automne, il faut qu'il y ait sa manif.
09:28Voilà, et donc, quand vous regardez les secteurs qui sont en pointe,
09:33on les connaît, donc on aura la SNCF, la RATP, contrôleurs aériens,
09:38donc on est sur des choses assez classiques.
09:41Là où c'est intéressant, c'est que ce mouvement est maintenu,
09:44alors même que, encore une fois, le gouvernement risque de tomber le 8,
09:49et donc c'est une façon pour les syndicats d'envoyer deux messages.
09:53Le premier, c'est en direction de leur base sociale,
09:58et de dire, nous sommes toujours présents,
10:00et nous tenons toujours le haut du pavé,
10:03et il faut qu'on garde le lead,
10:05et qu'on ne laisse pas des mouvements sauvages,
10:08type 10 septembre, nous manger la laine sur le dos.
10:12On a vu la grande réticence de ces organisations syndicales
10:15à s'embarquer dans un mouvement dont elles ne connaissaient
10:17ni les organisateurs, ni les motivations.
10:21Et puis le deuxième message qui est envoyé par les organisations syndicales,
10:24c'est aux forces politiques,
10:26et notamment à celles qui vont essayer de se retrouver
10:28pour constituer un nouveau gouvernement,
10:30en disant, ce n'est pas parce que François Bayrou a été débarqué
10:32que vous pouvez vous permettre de reprendre,
10:37en tant que tel, de manière tout à fait intacte,
10:40la copie qu'il avait déposée en matière de réduction de dépenses,
10:45et donc on met la pression aussi sur ce qui reste de l'exécutif.
10:48Ce qui avait mis le feu aux poudres,
10:50c'était cette suppression des deux jours fériés,
10:53ça a été un des éléments...
10:55C'était le chiffon rouge, c'est ce qui était le plus mémorisé,
10:59ce qui était le plus visible pour les Français,
11:01et plus de trois quarts des Français étaient opposés à cette mesure.
11:05Quand Jean-Pierre Raffarin avait utilisé la même méthode
11:08pour le lundi de Pentecôte,
11:10l'IFOP, on avait sondé les Français à l'époque,
11:12ils n'étaient pas non plus très enthousiastes,
11:14mais il n'y avait, entre guillemets, que 60% de Français à l'époque étaient opposés.
11:18Donc on croit que cette colère a monté d'un cran,
11:20notamment sur cette question des deux jours.
11:22Jérôme Fourquet, sur la question aussi des oppositions entre stratégie et entre Français,
11:27je voudrais vous interroger sur la question de la lutte entre les générations,
11:29quasiment, avec cette histoire de boomer,
11:31mais aussi sur la stratégie politique d'abord.
11:34Les uns, leur cible c'est les riches,
11:36les autres, leur cible c'est les étrangers.
11:38On a vraiment l'impression que désormais,
11:40dans le clivage, il y a taxons les riches d'un côté
11:44et il y a aidons moins les étrangers de l'autre.
11:47Est-ce que c'est ça le nouveau clivage ?
11:49Alors, je rajouterais une troisième piste possible.
11:54François Bayrou avait indiqué qu'il souhaitait que les Français prennent conscience
11:58de la gravité de la dette publique.
12:00Quand on regarde nos enquêtes,
12:02on constate effectivement que la question de la dette publique
12:05commence à progresser dans les préoccupations des Français.
12:08Donc, de ce point de vue-là, François Bayrou a marqué des points,
12:11mais la dette publique n'est pas encore arrivée,
12:14et loin s'en faut, comme priorité numéro un des Français.
12:17Mais qui en est responsable, aux yeux des Français ?
12:19Est-ce que ce sont les riches pour la gauche,
12:21les étrangers pour la droite et l'extrême droite ?
12:23On y vient, et donc, si tant est que le diagnostic soit partagé,
12:27il y a un problème de dette.
12:29Là, on retrouve notre tripartition,
12:31c'est sur les solutions apportées, sur le diagnostic qui est fait.
12:33Comme vous l'avez dit, à gauche, si on en est là,
12:37c'est qu'on a fait trop de cadeaux aux riches,
12:39et qu'il suffit d'aller prendre l'argent là où il est.
12:41Donc, c'est la taxe Zuckman, c'est le retour de l'ISF,
12:44c'est les cadeaux fiscaux, etc.
12:46Au Rassemblement National, il y a une autre grille de lecture,
12:49c'est un coût débridé de l'immigration,
12:52et également de la participation de la France au budget européen.
12:56Donc, il faut reprendre le contrôle, à la fois de nos frontières,
12:59et de nos négociations avec l'Europe pour diminuer la facture.
13:03Et puis, au bloc central et à droite,
13:04on dit, si on en est là, c'est qu'on n'a pas assez dégraissé le mammouth.
13:08Et donc, c'est la faute de l'État, quoi ?
13:10C'est l'État, les agences qui se sont multipliées, les doublons, etc.
13:15Ce que vous constaterez, c'est que sur ces trois grilles de lecture,
13:18le français moyen, à chaque fois, est absolument épargné par des efforts.
13:23Soit ce sera les riches, soit ce sera les immigrés,
13:26soit ce sera l'appareil d'État central et les organismes publics
13:30qui seront mis à contribution, mais...
13:32Ou chacun essaie de trouver au périphérique, effectivement...
13:35Pas forcément au périphérique, mais ce qui permet de s'adresser aux Français moyens,
13:38leur disant, dormez tranquille, nous ne vous demanderons pas d'efforts,
13:43et ce sera à d'autres de payer la facture.
13:45Et un mot sur la question des générations, ce mot de « boomer »
13:47qui a été utilisé par François Bayrou,
13:51estimant, et le disant comme tel, que si on a tant creusé la dette,
13:56c'était, je cite, « pour le confort des boomers ».
13:58Vous venez de faire une étude aussi sur la concentration des richesses.
14:01Est-ce qu'en effet, les boomers portent une part de responsabilité,
14:05si j'en crois, François Bayrou ?
14:07Alors, on peut se dire que ces générations de boomers
14:10sont celles qui ont vu le déficit public se creuser,
14:14puisqu'on n'a pas voté un budget à l'équilibre depuis 1973.
14:17– Donc ça fait un bon bout de temps.
14:19– Ça fait un bon bout de temps.
14:20Beaucoup de ces générations des boomers,
14:22alors elle a travaillé, etc.,
14:24mais elle a vu ses finances publiques se dégrader.
14:27Une fois qu'on a dit ça,
14:28je pense qu'il faut se méfier sur l'opposition des générations.
14:31On avait déjà eu cette grille de lecture au moment de la crise Covid.
14:33Ce qu'on oublie, c'est que les boomers, souvent,
14:36ont des enfants et des petits-enfants.
14:37C'est-à-dire que les mêmes, la fameuse Gen Z qui peut se moquer…
14:41– La Gen Z, c'est la génération Z, ce sont les jeunes.
14:43– Voilà, qui peuvent se moquer des boomers sur les réseaux sociaux,
14:46ils ont des parents et des grands-parents.
14:48Et dans l'étude que vous avez citée,
14:49qu'on a réalisée sur la concentration des patrimoines,
14:52on voit comment ces boomers, dans leur vie personnelle,
14:55ils font tout ce qu'ils peuvent pour aider les générations
14:58qui les suivent en leur donnant de l'argent,
15:02en leur donnant un coup de pouce,
15:04notamment pour accéder à la propriété,
15:06ou en cas de coup dur,
15:08ou quand il y a un accident de la vie.
15:11Et donc, de la même manière qu'au Covid,
15:13on avait vu une solidarité intergénérationnelle
15:15au sein de la cellule familiale
15:16continue de fonctionner très fortement.
15:18On voit aussi que les transferts financiers
15:20sont très réels et sont très quotidiens,
15:23dans les familles qui en ont les moyens, bien évidemment,
15:26entre les générations.
15:27Donc, il faut un peu nuancer cette guerre des générations
15:30qui est atténuée par le fait que,
15:32biologiquement, vous avez en général tous des parents,
15:35des grands-parents,
15:36et inversement des enfants et des petits-enfants.
15:38Merci de nous avoir donné toutes ces grilles de lecture
15:40à la veille de cette semaine politique
15:42qui sera une semaine extrêmement cruciale,
15:45à la fois du point de vue du gouvernement,
15:46mais aussi, en effet, de ces manifestations
15:48qui se préparent dans la rue.
15:50Jérôme Fourquet,
15:51directeur du département Opinion de l'IFOP,
15:53et auteur notamment de Métamorphose française.
15:56C'est aux éditions du Seuil.
15:57Merci à vous.
15:58Il est 8h52 sur RMC et BFM TV.
16:00Merci à vous.
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