00:00Anne-Sophie Lapix, RTL Soir.
00:03Notre grand invité dans RTL Soir et ministre auprès du ministre de l'Intérieur, François Noël Buffet.
00:09Bonsoir Monsieur le Ministre.
00:10Bonsoir Madame.
00:11On a appris qu'une attaque au couteau au cœur de Marseille près du Vieux-Port avait fait 5 blessés, dont un grave cet après-midi.
00:18La police a pu intervenir rapidement et l'auteur des coups a été abattu.
00:22Bruno Retailleau s'est rendu ce soir à Marseille.
00:25Est-ce que déjà vous pouvez nous confirmer le profil de l'assaillant, un Tunisien en situation régulière, fortement armé ?
00:32Oui c'est ça absolument, un homme de nationalité tunisienne en situation régulière,
00:39mais véritablement armé de deux armes blanches de grande taille, très impressionnantes et très dangereuses bien évidemment,
00:48et qui a tenté de porter atteinte à la vie de plusieurs personnes présentes avec une volonté incontestablement de tuer.
01:00En tous les cas, on verra ce que dira l'enquête.
01:04La police, il a menacé très très directement la police nationale, les gens qui étaient présents en civil,
01:09parce qu'il y avait le hasard voulu qu'il y avait, la police était là.
01:12Et il les a menacés très très directement, et donc évidemment les policiers ont riposté.
01:19Le procureur a indiqué qu'il avait proféré un certain nombre de paroles en cours de vérification, de quoi s'agit-il ?
01:26À ce stade, nous n'en savons pas plus, en tous les cas on ne peut pas rendre public, pour être très franc,
01:32les propos qui ont pu être tenus, car il faut qu'ils soient vérifiés,
01:36il faut que les informations entre ce qu'il a pu prononcer, ce qui a été entendu, ce qui a été compris, soient parfaitement vérifiées,
01:41mais en tous les cas, un certain nombre de menaces, oui, ont été proférées,
01:46et un certain nombre de propos ont été tenus, mais à ce stade, il est difficile de les rendre public.
01:51À cette heure, est-ce qu'on parle de tentative d'homicide ? Est-ce qu'on écarte une attaque terroriste ?
01:56Écoutez, on n'écarte rien, par principe, on n'écarte rien.
02:00Le Parquet national antiterroriste observe la situation,
02:03et les décisions de classification seront prises,
02:07en fonction de la vérification des éléments de témoignages qui seront étudiés, analysés.
02:14Il ne faut pas l'exclure, mais ce n'est pas certain à ce stade.
02:17Le week-end dernier, dimanche dernier, c'est un jeune de 13 ans,
02:20qui est soupçonné d'avoir mortellement poignardé un autre adolescent âgé, lui, de 16 ans.
02:25Y a-t-il une recrudescence de ce type d'attaques, des attaques au couteau ?
02:29Il faut savoir que chez les mineurs, plus de 51% des homicides commis par les mineurs
02:34sont commis par arme blanche.
02:37C'est le couteau qu'on achète facilement, qu'on peut mettre dans son cartable, dans son sac,
02:41et on sent, effectivement, le fait que la télévision ou la radio en parlent plus,
02:46une recrudescence de cette façon d'agresser, de blesser ou de vouloir tuer.
02:54Oui, c'est exact.
02:55D'où les mesures, d'ailleurs, qui, à l'occasion de cette rentrée scolaire,
02:57ont été mises en place dans les collèges et les lycées,
03:00et un peu tous les organismes scolaires, pour contrôler les entrées,
03:03essayer de contrôler les sacs, et vérifier est-ce qu'au sein des établissements scolaires
03:07ne rentrent pas des enfants, ou des collégiens, ou lycéens, avec des armes.
03:11Alors, justement, le garçon qui est soupçonné d'avoir porté les coups mortels
03:15est un garçon sportif, un espoir de l'équipe de foot de Lyon, U13.
03:21On n'est plus dans des affaires de deal ou de grand banditisme,
03:24mais là, c'est des accès de violence.
03:25Nous savons, en tous les cas, les choses sont en grande partie documentées,
03:31que notre jeunesse, aujourd'hui, est dans un moment extrêmement difficile.
03:37Il y a un sujet d'éducation incontestablement,
03:39mais il n'y a pas qu'un sujet d'éducation.
03:41Il y a un sujet d'accès aux réseaux, qui véhicule de la violence en permanence.
03:46Et tout cela est constaté.
03:48Et singulièrement, les choses ont beaucoup évolué depuis le Covid.
03:53Alors, c'est peut-être un lieu commun que de le rappeler,
03:55encore que ce jeune homme est vraiment très jeune,
03:59mais ça crée une ambiance d'isolement extrêmement difficile,
04:02une captation permanente des réseaux, parce qu'on a été habitués à ça.
04:06Évidemment, une incapacité à pouvoir critiquer ce qui est produit sur les réseaux,
04:10et y compris, d'ailleurs, les actes de violence les plus importants.
04:14Et nous constatons une augmentation de l'intensité de cette violence de la part des mineurs.
04:19Donc, il n'y a plus de distance entre ce que l'on peut voir sur un écran,
04:22ce qui peut être un jeu ou une réalité, d'ailleurs,
04:24et les gens passent à l'acte très, très facilement.
04:26Donc, on a un vrai sujet.
04:29On sait que la santé mentale est un sujet, aujourd'hui, chez les jeunes mineurs.
04:33Donc, bien sûr qu'il faut de la répression, mais il faut de la prévention.
04:36Nous espérons, d'ailleurs, que dans la stratégie de prévention de la délinquance
04:42que nous sommes en train de préparer, qui est quasiment prête,
04:45ce sont des points qui sont pris en considération, parce que c'est essentiel.
04:48Mais, il y a un gros travail éducatif, également.
04:50Justement, François-Noël Buffet, M. le ministre,
04:53si le gouvernement ne tombe pas lundi prochain,
04:55ou si vous êtes reconduit dans le suivant, ça vous est déjà arrivé,
04:58vous défendrez un projet de loi nommé le Beauvau des polices municipales.
05:02L'idée est de leur donner plus de pouvoir,
05:04ces policiers municipaux seraient autorisés à constater certains délits,
05:09comme les petits vols, l'occupation des hauts d'immeubles,
05:11l'usage des stupéfiants, c'est ça ?
05:12Oui, c'est ça. C'est exactement neuf délits, pour être très précis,
05:16qui pourront être sanctionnés par un dispositif qui s'appelle les AFD,
05:19les amendes forfaitaires délictuelles.
05:21C'est donc la possibilité, c'est le sujet principal du texte,
05:24mais ce n'est pas le seul, la possibilité de donner à nos policiers municipaux,
05:28enfin, que les maires puissent donner à leurs policiers municipaux
05:31cette capacité de pouvoir, effectivement, sanctionner des ventes à la sauvette,
05:37des vols inférieurs à 300 euros, une conduite malgré une invalidation de permis de conduire,
05:41une occupation illicite de hauts d'immeubles et quelques autres,
05:44des entraves à la circulation, l'usage de stupéfiants,
05:46des contrôles de coffres et de pouvoir sanctionner par des AFD.
05:50C'est une évolution très importante.
05:52Pour les juristes, on passe d'une sanction possible par les policiers municipaux
05:55du domaine contraventionnel à des actes de caractère délictuel.
05:59Donc c'est très important, et c'est un pouvoir supplémentaire,
06:02et c'est une participation très directe à la sécurité de chacun de nos compatriotes.
06:06Mais ça ne ressent pas un transfert de charge, finalement,
06:09du budget du ministère de l'Intérieur aux municipalités ?
06:11Ce sont les municipalités qui vont payer la police, la sécurité ?
06:14C'est tout ce que l'on veut éviter.
06:17Et ce n'est pas ça, en réalité.
06:19Si on avait voulu transférer la charge,
06:22on aurait donné aux policiers municipaux un pouvoir de police judiciaire,
06:26de participation aux enquêtes,
06:27de placement sous l'autorité du procureur de la République,
06:30en lieu et place, finalement, de la police nationale,
06:32et c'est ce que nous avons refusé de faire.
06:34Et c'est ce que les maires, d'ailleurs, ne voulaient que l'on ne fasse pas.
06:37Et donc, nous avons suivi.
06:39Donc, non, ce n'est pas ça du tout.
06:40Ça s'inscrit dans le continuum de sécurité.
06:4328 000 policiers municipaux, aujourd'hui, en service sur le territoire national,
06:46c'est une force très importante,
06:48et c'est une force du quotidien.
06:49Et les maires demandent.
06:50Pas tous les maires.
06:51Certains ne veulent pas.
06:52Mais ils auront cette liberté.
06:54Comme Bruno Rotaillot, vous êtes issu des rangs Les Républicains au Sénat.
06:57Ce qui me donne envie de vous demander votre réaction.
06:59À l'interview de Nicolas Sarkozy dans Le Figaro,
07:01l'ancien président estime ce soir que le vote de confiance demandé par François Bayrou
07:05est un suicide politique
07:06et qu'il n'y a pas d'autre solution que la dissolution de l'Assemblée.
07:10Est-ce que vous êtes d'accord ?
07:11Non. Je ne suis clairement pas d'accord.
07:14Et je regrette cette prise de position de notre ancien président de la République.
07:18Je crois que la situation du pays est telle
07:19que nous avons d'abord besoin, ce 8 septembre,
07:22de prendre conscience de ce qu'est la réalité financière et économique du pays.
07:25C'est ça l'objet du débat.
07:27Ne confondons pas tout.
07:28Le budget viendra après.
07:29Les mesures budgétaires sur lesquelles nous sommes d'ailleurs,
07:32pour nous, en désaccord, devront évoluer, bien évidemment.
07:34Mais ce 8 septembre, c'est la volonté du Premier ministre et du gouvernement
07:38de faire prendre conscience à tous nos compatriotes
07:40que la situation financière de la France est dramatique
07:43et que si nous ne faisons rien,
07:44nous serons en très grande difficulté très très vite.
07:47Merci beaucoup François Noël,
07:49Buffet ministre auprès du ministère de l'Intérieur.
07:52Merci.
07:52Merci madame.
07:53Dans un instant, dans RTL Soir,
07:54Florian Gazan nous fait découvrir des courants anti-mafia en Corse.
07:57C'est l'info qu'il ne fallait pas rater.
07:59Et puis la tentation du soir est une séance ciné avec Stéphane Boutsoc.
08:02A tout de suite.
08:02RTL pour analyser l'info.
Commentaires