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  • il y a 5 mois

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00:00On a commencé, mais ça sera notre boussole, Eric et Georges, par un témoignage extrêmement fort,
00:06celui d'Isabelle Mescam Alenaud, qui est l'ex-épouse de Yannick Alenaud,
00:11la vice-présidente de l'association Antoine Alenaud,
00:14parce qu'Antoine, c'est un prénom que peut-être la France a connu en mai 2022,
00:21lorsqu'il a été tué à l'âge de 24 ans seulement, percuté à scooter à Paris par un conducteur ivre au volant d'une voiture volée,
00:27un chauffard multirécidiviste qui avait déjà plusieurs condamnations pour conduire sous l'emprise de l'alcool et sans permis,
00:35et bien c'est une maman qui se bat aujourd'hui pour qu'on puisse accompagner les familles des victimes.
00:41Et c'est vrai qu'on parle beaucoup de justice, d'injustice d'ailleurs,
00:45et dans cette justice-là, on oublie trop souvent les victimes, on oublie trop souvent les familles des victimes.
00:51J'imagine que son témoignage vous a marqué, Eric.
00:53Absolument, le témoignage était très fort.
00:56Alors, vous avez raison, Elliot, cet assassinat d'Antoine, moi je parle d'un assassinat,
01:03il était arrêté à un feu rouge, je crois, sur son scooter, il a ému la France entière.
01:09La disparition de ce jeune homme, que ce soit le fils de quelqu'un de connu ou pas, c'est pas le sujet,
01:15parce qu'en fait, il a été fauché à la fois très jeune et comme une sorte de victime qui attendait que le feu passe au feu vert.
01:29Mais tout à l'heure, vous avez dit une chose importante, Elliot, vous avez dit, cette émission, Elliot Deval et vous, c'est donner la parole,
01:37qu'on parle de la vie quotidienne des Français, mais qu'on n'oublie pas l'oubli, si j'ose dire.
01:42Et c'est très important, je pense, parce que souvent, une fois que l'actualité, Dieu sait qu'elle passe vite, passe à un autre sujet,
01:50on a tendance à oublier, alors que les familles qui sont endeuillées, elles n'oublieront jamais.
01:55Donc je pense que c'est important, me semble-t-il, dans votre émission, c'est une originalité forte,
02:00que vous donniez la parole pour qu'on n'oublie pas.
02:02Mais ça me paraît d'ailleurs évident, Georges Fenech, c'est aussi important d'avoir Isabelle Mescam à Lénaud,
02:08parce que vous avez dit, finalement, il y a eu un combat sémantique, on ne parle plus d'homicide involontaire,
02:14désormais on parle d'homicide routier.
02:16Et j'ai l'impression que vous avez été convaincu par Isabelle, parce qu'elle a dit, attendez,
02:20et ce n'est pas un combat sémantique.
02:23Déjà, il y a le traumatisme, et à travers le drame, perdre son enfant dans ces conditions-là,
02:29injustice profonde, parce qu'on est face à un multirécidiviste, qui n'avait rien à faire là,
02:34qui aurait dû être derrière les barreaux.
02:36Et puis ensuite, il y a une deuxième injustice, l'injustice de se dire qu'il y a le mot involontaire dans l'homicide.
02:42Oui, ce que j'ai voulu dire, j'ai réagi comme ancien magistrat,
02:47c'est-à-dire que ce qui n'a pas changé, malheureusement, ce qui n'a pas changé,
02:51c'est la qualification, qui reste une qualification de type correctionnel,
02:55et non pas criminel, donc c'est les tribunaux correctionnels,
02:58et le quantum de la peine, le maximum de la peine qui reste le même.
03:03On a changé le nom, et là où Isabelle a raison, et où vous avez raison,
03:07c'est que ce travail des victimes, des associations,
03:12aussi, on peut le dire, des médias qui ont sensibilisé,
03:16ont finalement des conséquences sur le niveau de ces condamnations,
03:20parce que les juges ne vivent pas en vase clos,
03:22ils entendent le trouble à l'ordre public,
03:25que ce genre de comportement peut générer.
03:27Il y a eu entre-temps l'affaire Palmade aussi, vous vous souvenez.
03:30Donc je pense que les esprits sont en train d'évoluer,
03:33mais qu'on doit encore aller plus loin, vous voyez ce que j'ai voulu dire ?
03:36Il faut encore aller plus loin.
03:37Bien sûr, vous voulez qu'on ne reste pas qu'aux mots MOTS,
03:41Moi je pense qu'il faut considérer que le comportement est criminel.
03:44Mais qu'on règle les mots MAUX, et c'est-à-dire d'être encore plus ferme.
03:48On est en direct avec Thérèse, et si comme Thérèse vous souhaitez réagir,
03:51un numéro 01 80 20 39 21.
03:55Chère Thérèse, bonjour, merci d'être en direct avec nous sur Europe 1.
03:59Bonjour, je suis Thérèse, et je rejoins le combat d'Isabelle,
04:06parce qu'en 2020, j'ai perdu ma fille, qui avait 40 ans,
04:10et ma petite-fille, qui avait 7 ans, dans un très violent accident de la route.
04:15Et croyez-moi, quand on connaît les circonstances de l'accident,
04:18on ne peut être que révolté.
04:19Est-ce que vous pouvez nous en dire plus, chère Thérèse, sur les conditions de cet accident de la route ?
04:27Je découvre votre témoignage, et évidemment, toutes nos pensées vont vers vous,
04:31et votre famille, bien sûr, Thérèse.
04:34Eh bien, ma fille était à l'arrêt dans un bouchon,
04:37quand une voiture de livraison est arrivée en excès de vitesse, en surcharge,
04:42des pneus lisses, des amortisseurs fichus,
04:45et le conducteur sous l'effet de la drogue,
04:49a percuté la voiture de ma fille,
04:52qui a été projetée contre une autre voiture,
04:55les vitres ont éclaté,
04:57l'essence s'est répandue,
04:59et la voiture a pris feu.
05:01Et ma fille et ma petite-fille sont désolées,
05:03carbonisées dans ce terrible accident.
05:06Et ça fait cinq ans que nous attendons un deuxième procès,
05:11parce que le premier n'a rien donné, évidemment.
05:14Alors là, moi, je suis révoltée,
05:16et dans la biographie que je fais pour raconter l'histoire de ma fille,
05:20et ma petite-fille qui déjà se battait contre une maladie rare du foie,
05:24ma petite-fille,
05:25eh bien, je rejoins Yannick Alenaud,
05:28que j'ai eu la chance de rencontrer,
05:31à Strasbourg,
05:33le 9 janvier 2025.
05:35C'était des témoignages très, très forts.
05:38C'est vrai que nous, les parents,
05:40on est laissés pour compte.
05:41Oui, c'est normal, on va au cimetière,
05:44on met des fleurs sur une tombe.
05:46Mais croyez-moi que le combat que menaient ma fille et ma petite-fille
05:50pour s'en sortir tous les jours,
05:52pour vivre normalement,
05:56eh bien, croyez-moi que c'est très important,
05:59et cette violence routière qu'on vit au quotidien,
06:02il faudra qu'un jour, ça s'arrête.
06:04C'est le combat là aussi, c'est ce que disait Georges Fenech.
06:08Chère Thérèse, vous dites,
06:10le premier procès n'a rien donné.
06:12Est-ce que vous pouvez nous expliquer ?
06:12Ah non, il n'y avait pas assez d'éléments, et puis voilà.
06:15C'est-à-dire que cet homme est libre ?
06:17Oui, bien sûr, il a eu un an de retraite permis,
06:19maintenant il a récupéré son permis,
06:21et puis ma foi, nous attendons.
06:23Mais ça manque d'éléments,
06:24parce qu'il faudrait faire venir un expert
06:25qui pourrait définir la violence du choc,
06:28comme si être projeté contre une autre voiture,
06:31les vitres qui éclatent, la voiture qui prend feu,
06:34ça ne suffisait pas, enfin, deux décès quand même,
06:37comme si cela ne suffisait pas
06:40pour devenir une certaine violence au niveau du choc.
06:43Surtout une voiture en surcharge,
06:46une voiture de livraison en surcharge.
06:47Oui, mais avec un homme qui était sous l'emprise de stupéfiants,
06:52en plus, vous nous dites.
06:54Voilà, c'est ça.
06:54C'est hallucinant ce que vous nous racontez,
06:57on a du mal à y croire, c'est fou.
07:00Je raconte toutes ces choses-là,
07:02je raconte leur combat, leur manière de vivre,
07:05leur joie, leur peine,
07:06dans une biographie qui s'appelle
07:09Dans la lumière d'une étoile,
07:11parce que notre petite fille était une étoile
07:13qui nous apportait beaucoup de joie et d'amour.
07:15Chère Thérèse, je vous sens évidemment très ému
07:19lorsque vous prenez la parole en direct avec nous.
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