00:00Merci d'être là, 8h43 CRT le matin face à l'actualité.
00:03Et l'actualité c'est la rentrée sociale, la grogne qui se propage contre le gouvernement.
00:0810 septembre journée de blocage, 18 septembre journée de manifestation.
00:12La patronne de la CGT est donc notre invitée en direct en studio.
00:15Bonjour à vous Sophie Binet.
00:17Bonjour.
00:17Deux journées de colère, est-ce qu'une seule n'aurait pas suffi ?
00:21Eh bien je pense que la multiplication des initiatives de mobilisation,
00:24elle démontre l'exaspération sociale.
00:26On a des initiatives complémentaires.
00:28Le 10 septembre, une initiative citoyenne dans laquelle la CGT a d'ailleurs décidé de contribuer en appelant à la grève.
00:36Et puis le 18 septembre, une grande journée de manifestations, de grèves,
00:40à l'appel de l'ensemble des organisations syndicales pour qu'enfin les travailleurs et les travailleuses soient entendus.
00:46Le message central que je suis venu passer ici, c'est que la situation du pays est très inquiétante
00:52parce qu'on a un président de la République qui s'acharne à faire passer en force sa politique et son budget.
00:57Et donc pour se faire entendre, nous avons besoin d'être unis.
01:00C'est la raison pour laquelle les organisations syndicales ont pris leurs responsabilités.
01:04Il faut que le 18 septembre prochain, on soit toutes et tous dans la rue, partout en France.
01:08Il y aura des manifs partout à côté de chez vous.
01:10Tous les syndicats appellent, donc dans vos entreprises, tous les syndicats appelleront à faire grève.
01:14Je reviens dans l'ordre, dans l'agenda justement.
01:1610 septembre d'abord.
01:17La CGT soutient ce mouvement citoyen ?
01:19Oui, la CGT...
01:20Parce que ce n'est pas le cas de tous les syndicats, vous avez entendu.
01:22Oui, bien sûr, nous avons des positions différentes parce que nous avons des identités très différentes.
01:27Pour ce qui concerne la CGT, nous avons décidé de participer à la réussite du mouvement
01:31et nous construirons des actions sur les lieux de travail en organisant la grève partout où c'est possible.
01:37C'est une première étape avant la grande journée de manifestation et de grève du 18 septembre.
01:41Le 18, justement, est-ce que ça a un sens de bloquer le 18 septembre alors qu'il n'y aura sans doute pas de gouvernement et sans doute plus François Bayrou ?
01:49L'essentiel, le message que nous voulons passer, c'est que quelles que soient les manœuvres institutionnelles,
01:56les manœuvres politiques et politiciennes pour les travailleurs et les travailleuses,
02:00le sujet ce n'est pas l'avenir personnel de François Bayrou.
02:03La motion de défiance auprès des travailleurs et des travailleuses, il l'a déjà gagnée en fait.
02:07Malheureusement, en refusant d'abroger la réforme des retraites par ce budget qui représente un véritable musée des horreurs,
02:13ce que nous voulons le 18 septembre, c'est dire que ce budget, nous allons le mettre sous la surveillance des travailleurs et des travailleuses
02:19parce que non seulement il faut l'envoyer aux oubliettes, ce projet de budget Bayrou,
02:25mais surtout il faut imposer nos exigences sociales.
02:27Nous voulons la justice fiscale.
02:29Il y a 211 milliards d'euros qui sont distribués chaque année aux entreprises sans condition ni contrepartie.
02:35Ces 211 milliards, ça serait un levier pour améliorer la situation dans nos services publics, nos hôpitaux, nos écoles.
02:41Nous voulons aussi l'abrogation de la réforme des retraites et l'augmentation des salaires.
02:44Comment vous avez la certitude, Sophie Binet, de l'impact négatif de ce budget ?
02:48Ça veut dire que vous avez fait des calculs ?
02:50Oui, la CGT met à disposition sur son site internet, cgt.fr, un calculateur
02:55qui permet à chacun et chacune d'évaluer l'impact de ce projet de budget sur sa situation personnelle.
03:00Par exemple, pour un fonctionnaire qui gagne 2300 euros par mois,
03:06ce budget signifierait en 2026 une perte de 740 euros sur toute l'année 2026.
03:13Et c'est à minima, ça peut être beaucoup plus élevé pour certaines personnes.
03:18Et dans notre calculateur, on ne prend pas tout en compte, donc c'est un calculateur à minima.
03:22Donc le message, c'est quoi ?
03:23C'est que ce budget est nocif pour chacune et chacun, c'est l'appauvrissement collectif de la population.
03:29à part des plus riches et des plus grandes entreprises qui s'en sortent à bon compte.
03:33C'est bien ça le problème.
03:34Vous n'intéressez pas à l'avenir de François Bayrou, mais à l'avenir d'Emmanuel Macron.
03:37Vous avez entendu, hier, il va aller au bout.
03:40Oui, moi ce que je trouve quand même baroque, c'est qu'il me semble que c'est la première fois
03:44dans la Ve République qu'un président de la République est obligé de marteler
03:48qu'il ira au bout, qu'il ne démissionnera pas.
03:50C'est-à-dire qu'on lui demande beaucoup de démissionner aussi.
03:52C'est ça, mais c'est quand même un signe de la défiance record qu'il a réussi à accumuler.
03:57Moi, j'ai un message.
03:59Il faut qu'il change de politique, il faut qu'il arrête ses passages en force,
04:03qu'il respecte la démocratie.
04:05Plus il s'acharne, plus il s'enfonce.
04:07Et donc, il faut arrêter cette politique au service des plus riches
04:10qui est à la fois un naufrage économique et social.
04:13Je vous lisais ce matin en disant que les salariés sont en position de force.
04:16Ça veut dire quoi, ça ?
04:17Ça veut dire tout simplement que grâce à notre mobilisation...
04:20Ils sont perdants d'après ce que vous nous dites, puisqu'ils sont perdants financièrement avec ce budget.
04:23C'est quoi la position de force ?
04:24Nous sommes en position de force pour enterrer ce budget.
04:27Pourquoi ? Parce que grâce à notre mobilisation contre la réforme des retraites,
04:31Emmanuel Macron n'a plus de majorité pour faire passer ces réformes.
04:34La preuve, il est obligé de sacrifier son Premier ministre comme un fusible
04:38pour tenter de faire passer son projet de budget.
04:41Nous sommes en position de force aussi parce que les mobilisations se multiplient en cette rentrée.
04:45Ça fait une semaine que Radio France est en grève.
04:48Lundi et mardi, les salariés de l'énergie vont prendre le relais.
04:52Il y a des grèves et des initiatives qui se multiplient en plus
04:55avec cet appel de l'ensemble des organisations syndicales.
04:58Une colère sociale énorme !
05:00Donc nous pouvons prendre la main.
05:01C'est ce que nous voulons faire en cette rentrée.
05:03C'est plus possible que ça soit des calculs politiciens
05:06ou des passages en force qui dominent.
05:08Nous voulons imposer notre agenda social.
05:10La vraie date que vous mettez en avant ce matin, c'est 18 septembre.
05:12Septembre, c'est pas facile de mobiliser les salariés quand même.
05:15Mais retour de vacances, c'est la rentrée.
05:17C'est un mois où les foyers dépensent beaucoup d'argent.
05:19Il va falloir les convaincre d'aller dans les rues, non ?
05:21Oui, c'est très tôt, c'est vrai.
05:22C'est assez inédit que l'ensemble des organisations syndicales
05:26appellent à une journée de grève et de manifestation aussi tôt.
05:30Ça montre le niveau de colère sociale dans les entreprises.
05:33Et pourquoi est-ce qu'on fait ça si tôt ?
05:35Parce que c'est maintenant qu'il faut prendre la main.
05:37Il ne faut pas leur laisser faire leurs petits arrangements d'en haut.
05:39Il faut imposer nos exigences sociales.
05:41Et donc, je le dis à toutes celles et ceux qui nous écoutent,
05:44ce qui est sûr, c'est que si on ne se mobilise pas,
05:47François Bayrou ou pas, ce budget sera imposé par la porte ou par la fenêtre.
05:50Il faut se mobiliser pour enterrer ce budget
05:53qui nous fera perdre des centaines et des centaines d'euros.
05:55Une journée de grève à côté des 700 euros en moins pour les fonctionnaires,
05:59c'est rien.
05:59Donc, c'est maintenant qu'il faut se mobiliser
06:01pour changer la donne et pour imposer une autre feuille de route.
06:04Sophie Binet, la leader de la CGT, invitée de RTL ce matin.
06:07Merci à vous.
06:08On va entendre et réécouter cet entretien sur notre site.
06:11On n'hésite pas à aller cliquer sur RTL.fr.
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