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Rentrée politique : le président du Medef Île-de-France alerte sur le manque de visibilité pour les entreprises
Europe 1
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il y a 5 mois
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00:00
Bonjour.
00:01
Cette rentrée politique, vous l'avez constaté particulièrement agitée,
00:06
puisque le 8 septembre prochain, François Bayrou pourrait être renversé par un vote de confiance,
00:11
ce qui serait d'ailleurs, je le souligne au passage, inédit depuis 1958.
00:16
Êtes-vous inquiet, Bruno Berthe, êtes-vous inquiet face à ce manque de visibilité pour les entreprises françaises ?
00:22
Et si oui, pourquoi ?
00:23
Le sujet de la visibilité est bien sûr toujours un point très important pour les entreprises.
00:28
Vous savez, en économie, pour prendre des décisions qui engagent au minimum le moyen terme,
00:35
il est indispensable d'avoir de la visibilité.
00:39
Et le contexte politique général qu'on peut avoir en France fait bien sûr partie des éléments de visibilité,
00:47
et donc un nouvel aléa est forcément quelque chose d'inquiétant.
00:53
Une fois qu'on a dit ça, nous étions tous conscients que le sujet du budget 2026 allait être un sujet compliqué.
01:03
On a déjà vécu une période...
01:06
Difficile, oui.
01:06
Très difficile et assez inédite.
01:09
Exactement.
01:10
Et assez inédite, là aussi, par rapport aux habitudes de la Ve République l'année dernière.
01:14
Et donc, on voyait se profiler une rentrée compliquée.
01:19
Le Premier ministre, effectivement, a annoncé une procédure qui allait accélérer des prises de décisions.
01:27
Dont acte maintenant à nous, de notre côté, d'être responsables,
01:31
en espérant que nos politiques seront tout aussi responsables que le sont les chefs d'entreprise.
01:37
Parce qu'actuellement, concrètement, ce manque de visibilité, est-ce qu'il y a déjà un impact ?
01:42
Même si vous le disiez, on savait un petit peu à quoi s'intordre,
01:45
mais qu'est-ce qu'on vous remonte concrètement sur le terrain ?
01:48
Est-ce qu'il y a déjà des investissements en moins, des entreprises qui embauchent moins,
01:53
qui craignent un peu cette période ?
01:56
Alors, concrètement, je pense que c'est encore un tout petit peu tôt pour le dire,
02:01
parce qu'on est en fait, bien sûr, sur la traînée du mois d'août,
02:05
qui habituellement conduit à un ralentissement, malgré tout, des décisions en France.
02:10
Mais ce qu'on peut bien sûr anticiper, c'est exactement ce que vous décrivez,
02:13
c'est-à-dire un retard dans les décisions d'investissement.
02:17
D'ailleurs, pour certains qui peuvent avoir des choix,
02:20
probablement des prises de décisions défavorables à des investissements en France,
02:24
en constatant que, finalement, la visibilité économique globale en France
02:30
est bien moins bonne que dans d'autres pays où des décisions
02:33
business friendly, favorables aux affaires sont prises.
02:40
On prend du retard, c'est ce que vous êtes en train de nous dire.
02:44
Exactement, on prend du retard.
02:46
Faire de l'attentisme en France, si notre économie était une économie fermée,
02:50
ne serait pas forcément très gênant.
02:51
Le point plus compliqué, c'est que, bien sûr, on s'inscrit dans une compétition internationale
02:57
et qu'en France, nous allons prendre un peu plus de retard
03:00
au moment où d'autres dans le monde accélèrent.
03:04
Et bien sûr, ça sera un handicap supplémentaire dans cette compétition.
03:07
Vous étiez cette semaine à la REF 2025,
03:10
la grande rencontre annuelle des entrepreneurs de France
03:13
qui s'est déroulée à Paris, à Roland-Garros.
03:14
François Bayrou est venu vous voir jeudi.
03:17
Il a affirmé être persuadé que tout peut bouger
03:21
dans les jours qui viennent, avant le vote de confiance.
03:23
Il a tenté de rassurer le Premier Ministre
03:25
et il s'est montré aussi dans un esprit combatif.
03:28
Mais est-ce qu'il vous a convaincu ?
03:29
Vous l'avez évidemment écouté attentivement.
03:33
Alors, nous l'avons bien sûr écouté attentivement.
03:36
Moi aussi, après le Premier Ministre,
03:39
en fait, en fin de journée,
03:41
nous avons pu organiser,
03:43
lors de ces universités d'été,
03:45
lors de cette REF,
03:47
un débat entre des responsables
03:49
représentant le très large panel
03:53
des positions de l'Assemblée Nationale,
03:55
de LFI à l'Assemblée Nationale,
03:57
avec des représentants des différents partis.
04:01
Et je vais vous dire que finalement,
04:04
c'est plutôt la combinaison entre les deux,
04:06
entre un discours d'un Premier Ministre
04:08
effectivement combatif,
04:10
affichant un certain nombre de lignes claires,
04:12
et un débat qui, au-delà de postures apparentes,
04:17
m'a paru finalement plutôt constructif,
04:20
que je ressors de cette REF,
04:23
finalement un peu plus optimiste
04:24
que je n'étais à l'entrée.
04:26
Votre président national, Patrick Martin,
04:29
a alerté.
04:30
L'investissement recule en France depuis trois ans
04:33
et il a mis en garde contre les risques
04:35
liés à un éventuel maintien de la surtaxe
04:38
sur les grandes et moyennes entreprises.
04:40
Mais il y a, je le rappelle,
04:43
44 milliards d'euros
04:45
à trouver une dette à plus de 3 300 milliards.
04:48
Où est-ce qu'on va chercher l'argent, Bruno Berthé ?
04:50
On a un peu l'impression parfois
04:51
que personne ne veut qu'on touche à son secteur.
04:55
Alors, c'est bien sûr
04:57
la première réaction de beaucoup d'entreprises.
05:00
Le point des entreprises, c'est qu'en fait,
05:03
ce sont elles qui créent de la richesse.
05:06
Et donc, si on fournit des handicaps supplémentaires
05:10
à nos entreprises,
05:11
cette richesse supplémentaire qui est indispensable
05:14
pour rembourser la dette
05:15
sera encore plus compliquée à trouver.
05:18
Donc, bien entendu, nous, nous plaidons
05:20
pour que, dans le cadre des possibilités budgétaires,
05:24
les entreprises soient aidées
05:26
parce que quand on aide les entreprises,
05:28
ce n'est pas le patronat qu'on aide,
05:29
c'est l'ensemble de la société.
05:31
Bien sûr, à commencer par les salariés,
05:33
mais c'est l'ensemble de la société
05:34
qui vit grâce aux richesses produites
05:37
par les entreprises.
05:40
Avant tout, nous plaidons
05:41
pour un non-alourdissement
05:43
des charges qui pèsent sur les entreprises.
05:46
Ça, c'est fondamental.
05:47
S'il y a bien quelque chose
05:48
dont les entreprises ont besoin,
05:50
c'est d'une visibilité,
05:51
d'une stabilité fiscale.
05:52
Au-delà de ça,
05:56
en fait, un projet d'allègement de charges
05:58
au bénéfice de l'ensemble de l'économie française
06:02
avait été prévu
06:03
et nous sommes très attentifs
06:05
à ce qu'on puisse,
06:06
dans la majorité des cas,
06:08
suivre ce projet.
06:10
Ce budget 2026,
06:11
on voit bien que François Bayrou,
06:13
il a du mal à convaincre,
06:14
il a du mal à rassembler autour de lui,
06:17
mais c'est un budget finalement
06:18
que vous trouviez plutôt intéressant
06:21
sur le papier,
06:22
que vous souteniez dans la grande majorité,
06:24
même si j'imagine bien
06:25
qu'il y a des axes
06:26
sur lesquels vous étiez en désaccord.
06:28
Oui, bien sûr.
06:29
Alors, si on regarde dans les détails,
06:30
comme vous le disiez,
06:31
forcément,
06:32
certains secteurs
06:33
seront plutôt,
06:36
regretteront plutôt
06:37
certains points particuliers,
06:39
mais globalement,
06:40
les axes du projet
06:42
de budget
06:43
nous semblaient relativement équilibrés
06:47
compte tenu des contraintes
06:48
qui sont aujourd'hui
06:50
celles de la nation.
06:53
Nous sommes dans une situation
06:54
que tout le monde connaît
06:56
avec une charge de la dette
06:58
qui est en train d'augmenter
06:59
de manière considérable.
07:01
Il devient urgent
07:02
de traiter
07:03
cette thématique
07:05
de la dette
07:06
et les axes
07:07
qui sont retenus
07:08
aujourd'hui
07:08
par François Béroux
07:09
paraissent quand même
07:10
un bon document de travail.
07:12
Lui-même a annoncé
07:13
qu'il était prêt
07:14
à discuter
07:14
de différentes mesures,
07:17
y compris,
07:18
au sein du MEDEF,
07:19
les avis divergent
07:20
sur les mesures
07:22
à retenir.
07:22
Un des sujets
07:24
peut-être les plus emblématiques,
07:26
les plus faciles
07:26
à mettre sur la table
07:27
sont ces fameux
07:29
deux jours fériés
07:30
où même là,
07:33
les avis divergent,
07:34
bien sûr.
07:35
Mais comme l'a redit
07:37
le Premier ministre hier,
07:39
ce qu'il présente aujourd'hui,
07:41
c'est un projet.
07:43
Pour pouvoir discuter
07:44
ce projet,
07:45
il faut que les responsables politiques,
07:47
tous ensemble,
07:47
s'entendent,
07:48
se mettent autour d'une table
07:50
et pour en discuter.
07:51
Et vous demandez donc
07:51
plus de visibilité
07:53
sur l'avenir.
07:55
Merci beaucoup Bruno Berthet.
07:56
Merci d'avoir été avec nous.
07:57
Merci.
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