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Pako, combattant français qui risque sa vie aux côtés des soldats ukrainiens
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il y a 5 mois
Parti combattre en Ukraine, ce Français de 39 ans est sur la ligne de front dans le Donbass, où il risque sa vie aux côtés des soldats ukrainiens. Pako est l'invité de RTL Matin.
Regardez Face à Fogiel du 29 août 2025.
Catégorie
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News
Transcription
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00:00
Le vélo.
00:01
RTL Matin.
00:02
Thomas Soto.
00:05
Il est 8h18, face à Fogiel, l'interview de Marc-Olivier Fogiel,
00:09
alors que les combats redoublent en Ukraine, on l'a encore vu ces dernières heures avec ses 23 morts à Kiev.
00:13
Vous avez choisi de nous parler de ces combattants français qui se battent aux côtés des Ukrainiens,
00:17
ils seraient une cinquantaine, et parmi eux, il y a Paco.
00:21
Paco s'est engagé en 2023, il avait alors 37 ans,
00:24
et il est actuellement sur la ligne de front dans le Donbass.
00:27
Bonjour Paco.
00:28
Oui, bonjour.
00:28
Merci d'être en ligne avec nous depuis la ligne de front, donc dans le Donbass, Thomas vient de le dire.
00:34
On va parler évidemment de ce qui se passe sur place, ce que vous vivez.
00:38
Ce que je voudrais comprendre d'abord, c'est pourquoi un tel engagement, quand on connaît les risques de la guerre,
00:43
qu'est-ce qui vous a poussé, d'abord en 2023, puis en 2025, à rejoindre l'Ukraine ?
00:47
On a des amis ukrainiens, depuis que je suis petit, par des relations de mon père.
00:52
Et je suis parti en 2023, c'était suite à tous les enlèvements d'enfants.
00:56
Et j'ai d'abord visité l'Ukraine quelques jours, et ensuite je me suis engagé à la Légion internationale à l'époque.
01:02
Donc là, j'étais en assaut et logistique, conducteur et logistique, donc c'était assez compliqué.
01:08
C'était des combats assez extrêmes à ce moment-là.
01:10
Sur le front de l'Est, déjà à Donetsk, dans le Donbass ?
01:13
Tout à fait. À l'époque, j'avais été sur les opérations tactiques de Liman, Copians, qui est la forêt de Crémina.
01:20
Mais donc, vous allez nous le raconter, mais vous avez à ce moment-là déjà risqué votre vie.
01:24
Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, on quitte, j'allais dire, son confort parisien ou français,
01:29
pour pouvoir s'engager au plus près du terrain ?
01:32
Il y a beaucoup de paramètres, vous voulez vous rendre utile, vous voulez voir déjà,
01:38
est-ce que vous allez passer les tests, est-ce que vous allez être pris, ou est-ce qu'on va vous envoyer ?
01:42
Après, le confort, oui, c'est sûr que le confort, on le perd totalement.
01:47
Vous y êtes donc allé une première fois en 2023, dans la Légion internationale en Ukraine,
01:50
qui cherche des profils spécifiques. Le vôtre, en quoi il les a intéressés ?
01:55
Qu'est-ce qui a fait ? Vous dites que vous avez passé des tests.
01:57
Qu'est-ce qu'on a été chercher chez vous ?
01:58
Alors, à base, j'y allais pour être un conducteur ambulancier,
02:02
puis je me suis retrouvé à faire 15 jours d'entraînement avec des troupes d'assaut,
02:07
et du coup, la compagnie m'a gardé, en fait.
02:09
Je n'ai jamais pu faire la moindre ambulance ou autre.
02:14
Je me suis retrouvé, du coup, en assaut, logistique et chauffeur.
02:19
À l'époque, j'avais un poste à responsabilité, j'avais la fonction de sergent,
02:22
donc c'était assez intéressant.
02:24
Mais je n'ai jamais été conducteur ambulancier,
02:26
et puis j'ai fait, du coup, un mois et demi d'entraînement assez intensif,
02:30
très intensif même.
02:31
Vous avez donc eu cette première expérience en 2023.
02:34
Vous êtes revenu et reparti, donc, au mois d'avril 2025
02:38
pour rejoindre la Garde Nationale, toujours dans le Donbass.
02:40
Vous appartenez à une brigade des opérations spéciales.
02:43
C'est quoi le profil de cette brigade ?
02:45
Vous êtes très opérationnel ?
02:47
On est opérationnel, on fait des choses assez précises et pointilleuses.
02:51
Moi, pour ma part, je suis driver, donc je suis conducteur,
02:53
donc mon travail consiste à emmener les gens en rotation.
02:57
On fait beaucoup d'évocations médicales aussi.
03:00
Réapprovisionnement des positions, c'est assez vaste.
03:04
Aujourd'hui, ce qui a changé par rapport à 2023, je vais vous dire,
03:06
c'est les drones.
03:08
On est dans une guerre de drones qui est assez compliquée.
03:11
On se fait assez taper dessus par les drones assez régulièrement.
03:15
À croire qu'ils en ont un stock infini.
03:16
Côté russe, il y a un stock infini de drones.
03:19
Je comprends que vous avez des réserves pour nous dire des choses plus précises,
03:22
puisqu'il en va de votre sécurité.
03:23
Mais on peut dire que vous êtes dans un village touché par les Russes
03:26
depuis plus de deux semaines.
03:27
Sur place, c'est quoi la situation, concrètement,
03:30
sans dire les choses de façon trop précise ?
03:32
C'est très compliqué parce qu'en fait, il y a beaucoup de drones.
03:35
C'est vraiment devenu une guerre de drones, comme je vous disais.
03:38
On a beaucoup de ce qu'ils appellent de drones,
03:39
une route que vous prenez tous les jours ou des trajets.
03:43
Ça devient très compliqué.
03:44
Les véhicules sont frappés assez régulièrement.
03:46
Nous, on a été frappés assez durement ces derniers temps.
03:48
Vous avez l'impression que l'armée ukrainienne,
03:51
à laquelle vous prêtez main forte,
03:53
aujourd'hui, elle est en grande faiblesse ?
03:55
Ou alors, elle est toujours aussi déterminée et toujours aussi équipée ?
03:58
Elle est toujours aussi déterminée et toujours équipée.
04:01
On est dans une guerre où le front est très très long.
04:04
Donc c'est facile de clamer sur des zones
04:07
où effectivement l'armée ukrainienne peut être en difficulté.
04:10
Mais sur toutes les autres zones, ça maintient largement.
04:12
Même, souvent on nous parle des villages que les Russes reprennent,
04:16
mais les Ukrainiens reprennent des villages également.
04:17
Donc nous, dans notre zone, je sais qu'il y a pas mal de villages qui ont été repris.
04:21
Le problème, c'est pas ça.
04:22
C'est par exemple, quand vous avez un, deux, trois, quatre véhicules blindés d'un coup
04:26
qui sont à l'arrêt parce qu'il y a eu des mines ou des FPV
04:29
ou un autre qui a été complètement attaqué par plus d'une quinzaine de FPV.
04:34
C'est quoi, pardon, un FPV ?
04:35
Donc du coup, c'est des drones avec des explosifs
04:37
ou avec de l'essence et des explosifs.
04:39
C'est variable, ils viennent et ils se crachent sur vous et explosent.
04:41
On n'en avait pas autant en 2023.
04:43
Là, vous passez beaucoup de temps à vous cacher.
04:45
Il y a beaucoup de choses qui sont annulées.
04:47
Vous concrètement, au quotidien, vous êtes en contact avec votre famille.
04:51
Vous arrivez à, finalement, garder un lien avec la France
04:55
ou vous êtes à 200% sur le front ukrainien et vous ne pensez plus qu'à ça ?
04:59
Non, non, j'ai un lien avec ma famille,
05:02
avec toutes les personnes qui me sont chères.
05:04
Bien entendu, tous les jours, avec mon ami, je suis en lien tous les jours, quasiment.
05:08
J'imagine qu'ils sont très inquiets pour vous au quotidien.
05:12
Comment vous le gérez sur place ?
05:14
J'imagine avec une forme peut-être de culpabilité ?
05:17
Bien sûr, on culpabilise.
05:19
On sait très bien que moi, je ne fais pas partie de ceux qui n'ont rien.
05:22
Il y a des choses qu'on évite de raconter.
05:24
Après, il y a des choses qu'on n'a pas le droit de raconter.
05:25
Encore moins au téléphone.
05:27
Après, il y a des journées qui peuvent être difficiles.
05:30
Après, c'est toujours la même chose.
05:31
Vous avez un coup de téléphone.
05:32
Et puis, votre journée est difficile, il faut l'enteriner quelque part.
05:36
Parler de tout et rien, parler des choses positives ici.
05:39
Pour vous, il y a une date de retour, indépendamment du succès ou pas, des combats sur place ?
05:44
Comme tout, on a aussi une vie personnelle à côté.
05:47
Donc, à un moment donné, on fait le maximum.
05:50
Et puis, à un moment donné, il faut aussi faire des choix personnels.
05:53
On comprend clairement que vous avez fait un choix
05:55
où à un moment donné, vous allez revenir.
05:57
Quand vous voyez la situation internationale,
05:59
Vous avez vu que le chef du Kremlin, évidemment, a été reçu par Donald Trump.
06:04
Vous avez vu que le président Zelensky a été reçu à la Maison-Blanche avec les Occidentaux.
06:09
Certains parlent de cession de territoire ukrainien pour en finir.
06:14
Vous qui êtes sur le terrain, qui vous êtes engagé au quotidien,
06:16
qui avez lâché ce que vous faisiez en France pour aller au plus près.
06:20
Vous dites quoi ?
06:21
À un moment donné, il faut que cette guerre finisse, quitte à céder des territoires ?
06:24
Il faut que cette guerre finisse, bien entendu.
06:26
Céder les territoires ? Absolument pas.
06:29
On n'a jamais vu une zone ici qui est occupée, qui voulait être occupée.
06:33
Donc, les habitants, quand ils sont libérés, c'est les premiers à être heureux.
06:39
Les frontières doivent être ce qu'elles étaient.
06:41
Et point final, les dirigeants, ils ont peur de montrer, je pense.
06:44
Ils ont peur d'aller au bout des actes, de montrer à un moment donné.
06:49
Mais non, c'est pas la Russie qui dicte le jeu.
06:52
Il y avait des frontières où vous les avez attaquées, vous repassez derrière, point.
06:55
L'histoire, elle est terminée là, on met une force de sécurité sur cette frontière-là, point final.
06:59
Et sur place, vos collègues, j'allais dire, les combattants, et notamment les combattants ukrainiens,
07:04
ils vous sont reconnaissants, vous, Français, d'être venus leur prêter main forte ?
07:09
On va dire 96%, oui, totalement.
07:14
Par contre, il y en a qui se posent la question, qui viennent nous demander.
07:16
Des fois, ils me demandent, mais pourquoi vous êtes venus ?
07:18
Et vous répondez quoi ?
07:19
Parce que pour eux, ils ne comprennent pas pourquoi venir de chez nous, justement,
07:24
de quitter notre confort, notre vie de tous les jours, pour arriver là, les aider.
07:27
On leur explique.
07:28
Et puis après, ils découvrent qu'on est exactement comme eux.
07:30
Parce que nous, pour rectifier, on nous traite souvent de mercenaires, ce qui n'est pas vrai.
07:34
On est dans l'armée régulière, on appartient aux conventions de Genève.
07:37
On est parfaitement même payés comme un ukrainien.
07:40
Il n'y a aucune différence entre eux et nous.
07:41
Vous êtes payés comme les ukrainiens, donc vous avez un salaire mensuel, vous n'êtes pas une tête brûlée, mercenaire ?
07:48
Non, on n'appartient pas à des clubs privés ou à des associations privées militaires ou autres.
07:53
On est totalement dans...
07:55
Du coup, moi, j'appartiens à la garde nationale, donc on est au ministère de l'Intérieur, mais totalement, on est officiel.
08:01
Je peux vous demander combien vous gagnez, d'ailleurs, sur place, pour risquer votre vie comme ça, au quotidien ?
08:06
C'est variable entre 1 500 et 3 000 euros.
08:09
Ça dépend vraiment de ce que vous faites, parce qu'il y a des jours de mission, des jours en retrait.
08:13
Quand vous êtes de temps en temps caricaturé les combattants français qui ont été prêtés main-forte aux ukrainiens sur le terrain,
08:18
comme, en gros, des ultra-nationalistes, souvent avec des idéologies très fortes et plutôt d'extrême droite,
08:24
vous vous reconnaissez dans ces caricatures ?
08:26
Non, pas du tout.
08:27
Vous savez, l'Ukraine, c'est un pays...
08:29
Donc moi, je suis plutôt bronzé, donc je vais vous dire, je n'ai jamais de problème de racisme dans ce pays.
08:33
Puis j'ai été aux quatre coins du pays depuis 2023, des fois tout seul, je sors, il n'y a aucun problème.
08:38
C'est un pays très chrétien, vous verrez toujours les statues, les monuments, c'est propre, c'est extraordinaire.
08:44
Vous allez dans les grandes villes, c'est d'une propreté, la technologie, elle est beaucoup plus avancée que chez nous, surtout.
08:49
C'est assez impressionnant, des fois on est un peu en décalage, on se dit, ah, vous laissez votre voiture ouverte, il n'y a pas de problème.
08:55
Pour conclure, Paco, vous nous l'avez dit, il y a un moment donné où vous allez revenir, même si la guerre n'est pas terminée.
09:01
Vous appréhendez le retour en France ?
09:02
Je l'apprends de nombre, parce que moi je connais, après il y a toujours le petit mois de réadaptation sur des choses, le sommeil, la nourriture.
09:11
Pour nous c'est les drones, je veux dire, nous, les drones, le bruit des drones, on entend le bruit d'un drone, on se cache.
09:18
Donc c'est, il y a deux, trois bruits comme ça qu'il faut se réhabituer.
09:22
Merci beaucoup d'avoir été en ligne, donc depuis la ligne de front sur RTL ce matin, merci à vous.
09:28
Je vous remercie beaucoup.
09:30
Merci beaucoup Marc-Olivier, on vous retrouvera évidemment l'internet.
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