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  • il y a 5 mois

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00:00Europe 1 Soir, 19h-21h, Pierre de Villeneuve.
00:04Avec mes camarades de la première heure, bonsoir Jules Torres, journaliste politique au JDD.
00:08Bonsoir Sébastien Ligné, chef du service politique de Valeurs Actuelles, l'invité d'Europe 1 Soir.
00:13Il est député du Nord, président du groupe Horizon à l'Assemblée Nationale.
00:16Bonsoir Paul Christophe.
00:18Bonsoir.
00:19Et merci d'être avec nous en direct et à distance comme Edouard Philippe
00:25et comme le semble dire, je viens de le mentionner, tout bas l'Elysée
00:30et en l'absence peut-être d'un vote de confiance à François Bayrou,
00:33on partirait sur une dissolution, c'est inéluctable comme l'a dit Edouard Philippe ?
00:40Ecoutez, je pense qu'Edouard Philippe a raison de dire que si le blocage devenait total,
00:45la dissolution finirait par être inéluctable.
00:48C'est une vérité que l'on se doit de dire aux Français.
00:52Après, est-ce que je souhaite une dissolution ?
00:54Évidemment non, parce que je pense même qu'il ne réglerait pas forcément les choses.
00:57On pourrait quand même se retrouver de nouveau avec une assemblée coupée en trois,
01:02avec les mêmes difficultés.
01:04Je pense d'ailleurs, sans me tromper, que la majorité des Français
01:06n'ont pas de nouvelles élections tous les six mois.
01:08Ils demandent qu'on se mette autour de la table
01:10et qu'on trouve enfin un compromis pour voter un budget.
01:13Oui, une table à laquelle il n'y aura pas beaucoup de participants
01:15ou en tout cas, on l'a vu pour l'instant,
01:17la majorité est largement contre cette idée de faire consensus, Paul Christophe.
01:23Oui, c'est assez dramatique d'ailleurs, et c'est révélateur dans notre sens.
01:27Ça veut dire quoi ?
01:28C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le vrai problème, ce n'est pas la dissolution,
01:31c'est que les partis politiques ne pensent plus qu'à leur intérêt propre,
01:35à l'intérêt politique plutôt qu'à l'intérêt général.
01:37Je pense que le Premier ministre François Béroud a eu raison
01:39de poser un constat clair par rapport à la situation,
01:42un constat qu'on partage d'ailleurs depuis très longtemps chez Horizon.
01:45On avait déjà posé à notre tour un silence d'alerte
01:48et on voit qu'aujourd'hui, la seule réponse qui est apportée par les extrêmes,
01:51c'est de nouveau une réponse politique,
01:54en appelant soit la dissolution, soit la démission du président,
01:57comme je l'ai déjà entendu malheureusement lorsque je faisais partie du gouvernement Barnier.
02:00Mais y compris quand vous entendez, par exemple, Bruno Retailleau,
02:05qui tout à l'heure était au MEDEF,
02:07il a eu cette phrase qui mérite quand même d'être entendue.
02:10Il dit, attendez, le 8 septembre, c'est pas pour ou contre Béroud,
02:14c'est pas un référendum ad hominem contre un homme et contre une politique,
02:19c'est de savoir ce qu'on fait.
02:21Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ?
02:22C'est bien ce qu'on a compris, tout à fait.
02:24Je pense que le Premier ministre a été clair à la fois
02:26lorsqu'il a fait son premier discours pour poser la situation en juillet,
02:29puis lorsqu'il a fait son allocution pour évoquer ce qu'il entendait proposer
02:34au vote le 8 septembre prochain.
02:37Ce n'est pas un référendum pour ou contre François Béroud,
02:39c'est bien au-delà, c'est aujourd'hui,
02:40est-ce qu'on est d'accord pour se mettre autour de la table,
02:43pour travailler à redresser le pays à partir du constat clair qui a été proposé.
02:46Et donc cette trajectoire d'économie à 43 milliards d'euros
02:49sur lequel nous devrons nous mettre d'accord
02:51pour qu'un budget soit voté à la fin de l'année.
02:52Sébastien Ligné de Valeurs Actuelles.
02:54Oui, le problème n'est-il pas que vous ayez un petit peu fait les choses
02:57dans le désordre en réalité ?
02:59Est-ce qu'il n'aurait pas fallu d'abord faire ce vote de confiance
03:01en partant de ce constat,
03:03qui je pense aurait été d'ailleurs partagé par l'ensemble des groupes parlementaires,
03:06à l'exception peut-être de la France Insoumise ?
03:08C'est-à-dire que oui, en effet, il faut réduire nos dépenses publiques
03:11et il faut revoir notre gestion des comptes.
03:14Avant de commencer à présenter des pistes budgétaires
03:18comme l'a fait François Béroud en juillet,
03:20quand vous dites que François Béroud, finalement, en juillet,
03:21il a fait son constat,
03:22non, il a fait plus qu'un constat en juillet.
03:24Il a proposé un plan complet,
03:27qu'on partage ou non,
03:27qu'on trouve suffisant ou non,
03:29et ensuite il fait ce vote de confiance.
03:31Donc évidemment, vous ne pouvez pas reprocher aux oppositions
03:34de voir dans ce vote de confiance un espèce de blanc-seing
03:36qui serait donné pour le budget derrière.
03:39Est-ce qu'il n'aurait pas dû faire les choses ?
03:41Oui, dans le sens inverse,
03:42c'est-à-dire d'abord partager le constat
03:44et ensuite débattre des solutions
03:46plutôt que ce qui a été fait par François Béroud.
03:48Paul Christophe.
03:49Si vous voulez, j'ai envie de revenir le film.
03:51Ce constat, on l'a déjà fait l'année dernière.
03:54Lorsque Michel Barnier et Jean-François,
03:56fait partie de son équipe gouvernementale,
03:57nous avons proposé un budget,
03:58nous étions déjà partis d'un premier constat
04:00où il fallait faire des économies de manière conséquente.
04:02Je pense que si les oppositions
04:06avaient voulu déjà travailler par rapport à ce constat,
04:08on aurait déjà pu le mesurer.
04:10Après, on peut refaire l'histoire,
04:11mais je pense que nous avons de la politique
04:13depuis assez longtemps
04:14pour voir le jeu des uns et des autres.
04:16Et on voit bien qu'aujourd'hui,
04:17la posture politicienne des différents partis politiques
04:20de l'opposition ne vise uniquement et simplement
04:23qu'à provoquer le chaos
04:25et non pas à répondre à la question.
04:27Je pense que l'analyse que vous faites,
04:28elle est très juste
04:28et elle est bien partagée par les partis politiques
04:30qui s'empêchent, je dirais.
04:31Mais vous mettez tout le monde dans le même sac,
04:33aussi bien le RN que les partis de gauche ?
04:36Il suffit de les écouter.
04:38Je fais comme vous.
04:41Il n'y a aucune nuance ?
04:42Il n'y a aucune nuance entre ce que dit,
04:44par exemple, tout à l'heure,
04:45dans le débat au MEDEF,
04:47ce que dit Jordan Bardella
04:49et ce que dit, par exemple,
04:50Marine Tandelier ou Manuel Bompas ?
04:52Bardella était très clair.
04:54Il a dit, moi, j'appelle à la dissolution.
04:56Madame Tandelier dit, c'est très clair.
04:57Moi, je ne répondrai pas à l'invitation
04:58de François Béron.
05:00La France insoumise a été la première
05:02à dégainer sa volonté aussi de tout renverser.
05:04Donc, je pense que c'est compliqué.
05:06Et maintenant, je pense que je me tourne
05:08plutôt vers les sociodémocrates
05:09puisqu'on voit que parfois
05:10leurs discours sont partagés.
05:12Depuis le début, chez Horizon,
05:14nous appelons à travailler tous ensemble
05:15les sociodémocrates jusqu'à la droite républicaine
05:18pour construire un programme.
05:19Je pense qu'on se trompe trop
05:20en disant qui, mais plutôt quoi.
05:22Je pense que si on remonte
05:23le fil de l'histoire,
05:24on a déjà eu une Assemblée nationale tripartite.
05:27Je pense que c'est l'époque où on avait
05:28les communistes, le SFIO et le MRP.
05:31Et ils ont réussi à se mettre d'accord
05:32parce qu'ils avaient un programme commun.
05:33Et après, ce programme commun a été fait,
05:35un gouvernement a été constitué
05:36et il a pu mener un certain nombre de textes
05:38à échéance.
05:39Là, en l'occurrence,
05:40bonsoir M. Christophe,
05:42il n'y a pas de programme commun,
05:44il n'y a pas de majorité commune,
05:45il n'y a aucune majorité qui se dégage.
05:48Et moi, il y a quand même un argument
05:49que je n'arrive pas à comprendre
05:50depuis quatre jours
05:51et même depuis un petit peu plus longtemps.
05:53C'est que vous reprochez sans cesse
05:55à des personnes que votre camp politique
05:57ne met pas dans l'arc républicain
05:59de ne pas venir vous sauver,
06:01de ne pas venir sauver François Bayrou.
06:02C'est-à-dire que pendant des années,
06:04on a dit que le Rassemblement national
06:05ne faisait pas partie de l'arc républicain,
06:07que c'était des néofascistes
06:09et le retour de la peste brune.
06:10Depuis un petit peu moins de temps,
06:12on dit qu'il y a les nouveaux antisémites
06:14représentés par la France insoumise
06:15qui sont absolument infréquentables
06:17et qu'il est hors de question
06:18de voter des textes avec eux.
06:19Et puis là, on a des membres du socle commun,
06:22alors peut-être pas vous,
06:23mais en tout cas,
06:23Gabriel Attal, Madame Borde,
06:24Monsieur Bayrou,
06:25qui les supplient quasiment
06:27après les avoir maudits
06:28de venir les sauver.
06:29Donc est-ce que vous comprenez aussi
06:30que ce sont des oppositions
06:32et que les oppositions,
06:33elles ne sont pas là
06:33pour sauver le pouvoir en place ?
06:35Paul Christophe.
06:36Ce que je peux vous dire,
06:37c'est qu'il ne s'agit pas de nous sauver,
06:38il ne s'agit pas de sauver François Bayrou.
06:40Il s'agit de sauver notre pays.
06:42Enfin, ça va avec.
06:43Les cartes vitales vont fonctionner,
06:45si je peux me permettre,
06:46si François Bayrou tombe.
06:47La France va survivre à François Bayrou,
06:49Monsieur le député.
06:50Je le souhaite,
06:51je l'espère,
06:52si ce n'est que la situation
06:53sera bien plus complexe,
06:54vous le savez, tout comme moi.
06:56Mais en soi,
06:57aujourd'hui, moi je viens,
06:58mais quand j'entends
06:59que la première proposition,
07:00c'est de ne pas verser
07:00sans déco à l'Europe,
07:02ça veut dire quitter l'Europe,
07:02c'est le Frexit,
07:03c'est le retour du fameux Frexit
07:04qui avait été mis sur la porte.
07:06Je n'ai pas l'impression
07:07que les Anglais se portent
07:08beaucoup mieux ces derniers temps.
07:10Il y a eu deux propositions,
07:11Monsieur Christophe,
07:12par exemple,
07:13je pense qu'encore une fois,
07:15en caricaturant les propositions
07:16des uns et des autres,
07:17vous ne faites pas avancer
07:18non plus l'idée
07:19d'un débat constructif,
07:20c'est-à-dire que le RN
07:22n'a pas seulement demandé
07:23à réduire la participation française
07:25de l'Union Européenne.
07:25Par exemple,
07:26une question simple
07:27sur la réduction
07:29de l'immigration
07:31et inclure la question migratoire
07:33dans un débat budgétaire,
07:34je pense que c'est un constat
07:35et c'est une demande
07:36qui est partagée
07:37et qui évolue
07:37par une écrasante majorité
07:39des Français au-delà du RN.
07:41On n'a pas entendu une fois
07:42le mot immigration
07:42en juillet dernier
07:43dans le budget de François Bayrou.
07:44Est-ce qu'il n'y a pas aussi
07:45un petit peu quand même
07:47un mea culpa à faire
07:47aussi de votre côté
07:48en disant que finalement
07:49ce budget n'était pas suffisant ?
07:52On n'a pas vu beaucoup
07:53de réduction de dépenses.
07:54Il ne faut pas non plus
07:55voler la face.
07:56François Bayrou ne propose pas
07:57de réduire la dépense publique.
07:58Il propose d'accélérer
08:00moins vite les dépenses.
08:01Ce n'est quand même
08:01pas exactement la même chose.
08:02Est-ce qu'il n'y a pas aussi
08:03un mea culpa à faire
08:04de votre côté ?
08:04Paul Christophe ?
08:05On est complètement d'accord.
08:07Il n'y a même pas
08:07de mea culpa à faire.
08:08Je rentre simplement
08:09à nos déclarations précédentes
08:10où effectivement
08:11on a toujours dit
08:12qu'on était d'accord
08:13sur le constat,
08:14sur le diagnostic
08:15qui a été proposé
08:16par le Premier ministre
08:16et qu'on avait un certain
08:17nombre de nuances
08:18quant aux solutions
08:19qui seraient apportées.
08:20C'est bien d'ailleurs
08:20tout l'enjeu
08:20de la discussion budgétaire
08:22qui doit s'enclencher
08:23à partir de ce diagnostic.
08:24Donc ne nous trompons pas
08:25d'objectif,
08:26je pense qu'on est raccord
08:27avec ce que vous dites.
08:27Quant à l'immigration,
08:28on n'a jamais dit
08:28que ce n'était pas un sujet.
08:29D'ailleurs, on a participé
08:31au vote à une moyenne migration
08:32il n'y a pas si longtemps
08:32que ça.
08:33On voit bien même
08:33que d'autres pays
08:34comme l'Italie d'ailleurs
08:35a fait appel aujourd'hui
08:36à l'immigration
08:37pour pallier justement
08:39un problème
08:40qu'on n'a pas évoqué aujourd'hui
08:41qui est le problème
08:41démographique de la France.
08:42Mais en termes d'immigration,
08:45si je puis me permettre,
08:46tout le monde
08:46dans le socle commun
08:47n'est pas d'accord.
08:48Ici même,
08:48dans ce studio,
08:49avant les grandes vacances d'été,
08:52le député Eric Wirt
08:54nous disait
08:55que l'immigration
08:56ça ne coûtait rien.
08:58Ça coûtait zéro.
08:59Ça avait été repris
09:00par tous les réseaux sociaux
09:01parce que j'avoue
09:02que quand on était
09:03ici même
09:04avec Louis de Ragnel
09:05et d'autres chroniqueurs,
09:06on est un peu tombé
09:07de notre chaise
09:07sachant très bien
09:08que l'immigration,
09:10que ce soit les centres
09:10de rétention,
09:11que ce soit les raccompagnements,
09:12que ce soit les frais de justice,
09:13etc.
09:14Évidemment,
09:14ça coûte quelque chose
09:15et que c'est chiffré.
09:17Vous comprenez
09:18ce que disent
09:19mes camarades
09:20Julterès et Sébastien Ligné
09:21c'est qu'on ne peut pas
09:23d'un côté
09:23considérer
09:25des partenaires politiques
09:26comme radioactifs
09:27et malodorants
09:28et ensuite
09:28effectivement
09:29leur demander
09:30de venir
09:30à une même table
09:32en disant
09:32on s'est peut-être trompé
09:34mais on voudrait
09:34quand même travailler
09:35avec vous.
09:37Ce n'est pas tout à fait
09:38comme ça
09:38que la question est posée
09:39non plus.
09:40Aujourd'hui,
09:40la question qui est posée
09:41c'est qu'on partage
09:42déjà le diagnostic.
09:43Donc on n'arrive
09:43même pas à se mettre
09:44d'accord sur la réponse
09:45importée sur ce constat-là.
09:47Vous avouez
09:47que ça va être difficile
09:48de construire
09:48les solutions
09:49si déjà
09:50on n'arrive pas
09:51à être sur ce constat-là
09:51et sur notre volonté
09:53de traduire
09:54ce diagnostic
09:54par des mesures
09:55d'économie
09:56qui atteignent
09:56peu ou prou
09:5743 milliards d'euros
09:58excusez du peu.
09:59Écoutez,
09:59on va garder
10:00cette touche de pessimisme
10:01pour la suite
10:02malheureusement.
10:03Non, je suis très optimiste.
10:04C'est plutôt
10:05du réalisme
10:07monsieur Christophe.
10:08Mais voilà,
10:09c'est ça que j'aime bien
10:10moi sur Europe 1.
10:11Vous savez,
10:11on se dit la vérité.
10:12On se dit les choses
10:13et elles sont comme elles sont
10:14et elles ne sont pas faciles.
10:15En tout cas,
10:15merci beaucoup
10:16d'avoir été en direct
10:17et d'avoir été notre invité
10:18sur Europe 1.
10:1919h28,
10:19on continue la discussion
10:20avec Jules Thores
10:21et Sébastien Linné.
10:22A tout de suite sur Europe 1.
10:22Sous-titrage ST' 501.
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