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  • il y a 5 mois

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00:00Europe 1 Info sur Europe 1, votre nouveau rendez-vous de cette rentrée sur Europe 1.
00:04Vous écoutez Clélie Mathias et c'est parti pour accueillir vos deux chroniqueurs du jour.
00:09Clélie, pour décrypter l'actualité de ce jeudi 28 août, avec vous le chroniqueur politique Jean-Claude Dacier, l'essayiste journaliste Vincent Roy.
00:15Et bienvenue à tous les deux. Je suis très heureuse de vous accueillir dans ce studio d'Europe 1 Info aujourd'hui pour débattre de l'actualité.
00:23On est heureux d'être là.
00:24Oui, absolument.
00:25Vous avez écouté la matinale ce matin de Dimitri Plavenco. Ça interpellait les mots. Moi, personnellement, ça m'a pris au cœur.
00:35Les mots de la fille de Boilem Sansal. Elle avait écrit des tribunes, on l'avait déjà entendue, mais jamais comme ça sur une radio nationale.
00:42Écoutez-la, écoutez ce qu'elle dit, écoutez aussi ce qu'elle dénonce et condamne.
00:47Depuis neuf mois, c'est la vie absolue. Pas une lettre, pas un appel. Nous ne savons pas comment il va, dans quelles conditions il survit.
00:57C'est une souffrance quotidienne d'imaginer son séance forcée, son isolement, pour ces filles ne pas pouvoir parler à leur père. C'est une humaine.
01:05Vous avez écrit au mois d'avril avec votre sœur au président de la République, Emmanuel Macron, une lettre ouverte qui était parue dans le Figaro. Est-ce que le président de la République vous a répondu, Sabia Sansal ?
01:16Aucune réponse, pas un mot, pas un signe de considération. Ma sœur et moi avons écrit avec espoir, avec respect et nous n'avons reçu que le silence.
01:26Ce silence pèse lourd. Il nous donne l'impression que notre père est avec lui. Tous les prisonniers d'opinion en Algérie sont abandonnés à leur sort.
01:35C'est inhumain, dit-il, dit-elle, pardon, déjà parce qu'évidemment ce sont des filles qui sont sans nouvelles de leur père, et leur père qui est, on le rappelle, qui a un certain âge, qui est malade, qui est emprisonnée, et donc qui risque sa vie dans ces geôles algériennes, et puis inhumain aussi de ne pas avoir de contact avec les autorités françaises, Vincent Roy.
01:56C'est presque incompréhensible, c'est presque incompréhensible, puisqu'on a du mal à comprendre sur ce point, comme sur d'autres d'ailleurs, mais sur ce point, puisque nous en parlons aujourd'hui, le comportement d'Emmanuel Macron.
02:10Il est interpellé, ne serait-ce que par bonne convivance. Il peut répondre, dire un mot, dire je fais le maximum, on essaie diplomatiquement de faire le maximum, évidemment on est à votre côté.
02:23Enfin, quelques mots chaleureux, de manière à accompagner, et là, c'est le silence, comme si finalement, Boilem Sansal n'était qu'un dommage collatéral de sa politique.
02:35Quand je dis ça, évidemment, je veux faire référence à la reconnaissance du Sahara occidental pour le Maroc.
02:42Ce qui a créé, ce qui a, d'une certaine manière, encore rigidifié nos relations, qui de toute façon n'étaient pas bonnes.
02:49Mais là, on comprend mal, on comprend pas ce silence, et c'est vrai que, de Boilem Sansal, de manière générale, il parle peu dans ses interventions.
03:00On voit que ça ne fait pas partie de ses priorités.
03:05On a entendu, il y a quelques semaines, il faut se fâcher maintenant, comme l'avaient conseillé M. Retailleau et lui depuis le début.
03:11Mais là, vraiment, le silence est assourdissant.
03:16Jean-Claude Dessier, Pascal Praud dénonçait ce matin une indignation médiatique et politique.
03:20On vient d'en parler avec vous, Vincent Roy, à géométrie variable.
03:23On ne condamne pas forcément le régime dictatorial de Théboune.
03:26On n'ose pas. Est-ce que vous êtes d'accord avec Pascal Praud ? Comment l'expliquer ?
03:30Je suis d'accord avec Pascal, sans pour autant avoir d'explication rationnelle.
03:33Je suis tout à fait de ton avis.
03:35L'attitude de l'Algérie, d'abord, c'est quelque chose qui est incompréhensible.
03:40Ça signe, en réalité, ce qu'est le régime algérien, à savoir une dictature impitoyable.
03:46Parce qu'on peut faire ce qu'on veut et dire ce que l'on veut.
03:49Boilem Sansal, c'est un crime contre l'esprit de le mettre dans la situation qui est la sienne.
03:57Mais, franchement, refuser le visa aux avocats, on ne sait même pas s'il est convenablement soigné.
04:04Pas dire un mot publiquement sur son état de santé, sur son état psychologique.
04:09C'est absolument incroyable.
04:12Encore une fois, ça signe ce qu'il va falloir accepter.
04:17Et, à mon avis, ça aura des conséquences sur la position française.
04:20C'est que l'Algérie est une dictature impitoyable.
04:22et qui a un comportement, en l'occurrence, scandaleux et totalement incompréhensible.
04:29Quant au président français, je partage ton sentiment.
04:35Moi, je veux bien qu'il mette des semaines, comme on l'a vu lorsqu'il s'est agi, avant Bérou, de nommer un premier ministre,
04:42qu'il mette du temps.
04:42Ce n'est pas un gars qui réagit à chaud.
04:44Alors, c'est vrai que quand on est président, on ne réagit peut-être pas fréquemment à chaud,
04:49et on a sans doute raison.
04:50Mais là, tout de même, ça fait quand même un sacré bail.
04:52C'est incroyable.
04:54Et qu'il se soit décidé à dire en vacances que peut-être M. Retailleau avait raison,
05:00que la politique de fermeté s'imposait.
05:02Mais qu'est-ce qu'on attend ?
05:03On ne réagit pas à chaud quand M. Netanyahou lui envoie une lettre,
05:09il convoque l'ambassadeur.
05:11Alors là, c'est facile de convoquer l'ambassadeur qui ne vient pas, par ailleurs.
05:14Mais on convoque le diplomate.
05:17On serait très heureux de voir convoquer quelques diplomates algériens à l'Elysée.
05:21Et alors là, en revanche, rien du tout.
05:23Alors, je rappelle qu'il n'y a pas que Boilem Sansal dans les geôles algériennes.
05:26Christophe Glaze ?
05:27Exactement.
05:27J'aimerais quand même qu'on cite son nom et qu'on en parle,
05:30parce que ses parents se sont aussi exprimés.
05:32Ils ont pu, en revanche, voir leur fils.
05:35Évidemment, ils ne comprennent pas.
05:36Ils sont rassurés, un tant soit peu, de l'avoir vie.
05:40De l'avoir vu, ils ne veulent pas quand même associer le cas Sansal avec le cas de leur fils.
05:47Mais bon, ils restent évidemment très inquiets sur la suite pour eux.
05:49Je veux bien faire l'effort de comprendre ou d'essayer de comprendre, mon Dieu,
05:53la prudence qui a régné à l'Elysée sur les premières semaines,
05:58voire les premiers mois,
05:59confier au Quai d'Orsay l'espoir d'une libération progressive,
06:04ou en tout cas d'avoir des nouvelles.
06:05Mais on a aussi durci le ton.
06:07Et même cet été encore, Emmanuel Macron l'a rappelé.
06:11Il a demandé à suspendre formellement l'accord de 2013 avec Alger
06:14concernant les déclosions de visa sur les passeports officiels et diplomatiques.
06:18Mais on attend qu'ils prennent les décisions,
06:20qu'ils le disent, c'est un commentateur.
06:23Mais on a surtout l'impression que ça n'a aucun effet sur Alger.
06:25Non mais écoutez,
06:26le jour où on va suspendre les accords de 68,
06:29le jour où on va supprimer les visas,
06:31le jour où même, tant pis,
06:324% de notre gaz vient de l'Algérie.
06:35A mon avis, il a fait longtemps que les énergéticiens de ce pays
06:39ont trouvé d'autres sources d'approvisionnement.
06:41On doit durcir, évidemment, considérablement notre position,
06:45puisque, à l'évidence,
06:47la prudence qui s'est imposée au tout début,
06:50pendant des mois et des mois,
06:51n'a servi à rien.
06:52M. Retailleau avait raison depuis le début,
06:55mais je comprends que le président ait souhaité...
06:57C'est normal qu'on essaie de voir un de plus diplomatique.
06:59Je veux bien l'admettre, là, ça fait tard, quand même.
07:02Il serait peut-être temps, quand même, de durcir.
07:02Mais il n'y a pas qu'avec Alger qu'on a l'impression qu'on n'y arrive pas.
07:05Visiblement, vous avez vu...
07:06Alors, la voix d'Emmanuel Macron, de la France, en général,
07:09semble moins portée,
07:10parce qu'il y a sans doute des raisons aussi,
07:12une certaine instabilité politique,
07:14et une incertitude économique aussi.
07:16Mais on a vu, vous l'avez cité,
07:17Benyamin Netanyahou, qui écrit directement,
07:19Matteo Salvini, en Italie,
07:20qui interpelle également Emmanuel Macron,
07:22Trump, en parlant pas,
07:24qui a dit oui, ce qu'il dit, vous savez,
07:26Charles Kirchner, l'ambassadeur américain en France,
07:28on pourrait multiplier...
07:29Madame Meloni, qui n'est pas très douce avec M. Macron...
07:31Oui, Clélie, qu'on ait des relations particulières...
07:33Je voulais donner la parole à Vincent Roi.
07:35Je l'ai l'inverse volontiers.
07:37Mais qu'on ait des relations particulières avec Algérie,
07:40ça me paraît normal
07:41que le traitement qu'on a avec l'Algérie
07:43soit différent de celui qu'on peut avoir
07:44avec les Etats-Unis ou avec l'Italie,
07:46ça me paraît normal.
07:48Néanmoins, mon cher...
07:49Ceci étant dit, Jean-Claude,
07:52il s'essuie les pieds sur nous depuis très longtemps.
07:54Ils se sont construits sur une haine
07:56et sur un ressentiment anti-français
08:00qui les fait d'une certaine manière,
08:02qui les fait tenir.
08:03On ne peut pas quand même se laisser marcher dessus
08:05depuis longtemps maintenant.
08:08Arrêtons l'aide au développement,
08:10remettons en cause l'accord de 68,
08:13arrêtons d'être mou.
08:14Je ne sais pas, M. Macron nous a dit
08:15il n'y a pas si longtemps
08:16que pour être craint, il fallait être fort.
08:19Nous ne sommes pas craints
08:20car nous sommes faibles,
08:22et notamment avec l'Algérie.
08:23On continue notre débat,
08:24évidemment, nous décrypterons
08:26la stratégie de François Bayrou
08:27qui tient un discours de vérité,
08:30très franc, vous l'entendrez.
08:32Il joue le tout pour le tout.
08:33Est-ce que cela peut marcher ?
08:34Le politologue Bruno Cotteres
08:36sera aussi avec nous
08:37pour nous aider à y voir plus clair.
08:39Restez bien avec nous sur Europe.
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