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  • il y a 6 mois
Pour son interview d'actualité, Télématin reçoit le docteur Philippe Boxho, médecin légiste et auteur de "La mort c'est ma vie" (tome 4).

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Transcription
00:00Vous avez raté de peu une chute de Christelle Balestrero qui nous a rejoint sur le plateau.
00:04Est-ce que ça va ?
00:05Tout va bien, nickel.
00:06J'ai mon légiste à côté.
00:07Oui, justement.
00:08La transition est parfaite puisque nous accueillons notre invité de 8h15.
00:12Médecin, légiste, auteur à succès, devenu une véritable figure du paysage littéraire francophone.
00:18Ses livres sont de véritables phénomènes.
00:21Avec lui, on plonge dans un style unique, à la fois glaçant et captivant,
00:26dans un univers que nous allons explorer ensemble.
00:28Bonjour, Philippe Boxo.
00:30Bonjour.
00:30Est-ce que vous allez bien ?
00:31Oui, très bien.
00:32Maintenant, je sais qu'on est le matin.
00:34Donc, ça va beaucoup mieux que tout à l'heure.
00:35Il est à peine 8h15.
00:38Vous racontez la mort, mais pour mieux éclairer la vie.
00:42Et dans ce quatrième livre, La mort, c'est ma vie,
00:44vous nous emmenez à la fois dans les coulisses de votre quotidien de médecin, légiste,
00:47et dans un autre patient qu'on connaissait moins chez vous,
00:50l'art et les archives anciennes.
00:53On va en parler dans un instant.
00:54Mais d'abord, le titre, La mort, c'est ma vie.
00:56Est-ce que c'est vraiment votre vie ?
00:57Non, pas vraiment.
00:58En fait, c'est 20% de ma vie, parce qu'on voit en médecin égale,
01:03en gros, 20% de cadavres pour 80% de vivants.
01:06Donc, il n'y a pas que la mort dans ma vie.
01:08Et ma vie, c'est plutôt la vie, vraiment.
01:10Mais le titre, La mort, c'est 20% de ma vie, ça a été moche.
01:12Ça a été moche, ça ne donnait pas bien.
01:14Ça ne donnait pas bien.
01:16Dans l'intro de ce livre, vous dites que vous n'êtes pas un auteur de fiction,
01:20mais un raconteur d'histoires vraies.
01:23Est-ce à dire qu'en réalité, toutes les fictions justement que nous voyons
01:26n'ont rien du tout réellement inventé ?
01:30Tout ce qui s'y passe, c'est assez réel.
01:32En fait, c'est pénible, parce que dans la fiction,
01:34ils sont obligés de tenir compte d'une réalité subjective.
01:37On a l'impression que s'ils racontent quelque chose,
01:39comme moi je le raconte dans mes bouquins,
01:40ils inventent, ils dépassent la réalité.
01:43Et en fait, pas du tout.
01:44La réalité va plus loin que la fiction que l'on invente.
01:47Oui, c'est souvent, et c'est très surprenant.
01:49Mes histoires sont vraies.
01:51Le fonds médico-légal est vrai.
01:52Autour, j'invente beaucoup.
01:53Je raconte, je n'ai pas envie que les gens reconnaissent nécessairement l'affaire.
01:58Bien sûr, le secret médical s'impose.
02:00C'est une question d'éthique, en fait, plus que de secret médical.
02:02En fait, le livre est truffé d'histoires incroyables.
02:06On va vous en raconter, si vous voulez bien, quelques-uns.
02:09On retrouve par exemple l'histoire d'un mari diabétique
02:11dont l'épouse a tenté de l'empoisonner à l'insuline.
02:14Pourquoi avoir choisi de raconter cette histoire ?
02:17Parce que c'est une histoire qui a été révélée il y a à peu près 25 ans
02:20et je suis passé devant la maison il n'y a pas longtemps.
02:22Et je me suis dit, tiens, qu'est-ce qu'ils deviennent ?
02:24Et donc, j'ai sonné à la porte.
02:25Ah oui ?
02:26Oui, carrément.
02:27J'ai été leur dire bonjour.
02:28Et puis, ils sont toujours ensemble.
02:31Le mari s'est démené pour que sa femme ne soit pas en prison.
02:35En tout cas, pour ne pas qu'elle y reste trop longtemps.
02:37Et ils se sont remis ensemble.
02:40Lui, il a reconnu qu'il avait des torts
02:41et que c'était ces torts qui avaient amené sa femme
02:43à un comportement comme celui-là.
02:44Et elle, finalement, a fait marcher arrière à un moment donné
02:46parce qu'après lui avoir passé l'insuline,
02:48elle s'est rendue compte que ce n'était pas bien.
02:50Elle a appelé les secours elle-même.
02:51Enfin, c'est un patient quand même.
02:53Oui, non, c'est un patient perdu,
02:55mais il reviendra un jour, on meurt tous.
02:56Serge, j'ai un mot pour vous.
02:58Vous allez probablement y associer une histoire.
03:00Salactite.
03:01Oui, c'est génial.
03:02Racontez-nous.
03:03C'est une histoire un peu folle qui se passe, évidemment, dans mon pays,
03:07dans une région un peu froide du pays.
03:09On est en plein hiver et un monsieur sort ses poubelles,
03:11il rentre chez lui, il ne ferme pas la porte,
03:13il rentre, à travers le living, il a tout traversé,
03:16il est mort devant le téléphone.
03:17C'est l'époque où les téléphones étaient attachés au mur, vous voyez ?
03:20Oui, oui.
03:20C'est l'époque où on n'était pas encore greffé dans la main avec notre smartphone.
03:23Et il meurt devant le téléphone, le cornet est décroché,
03:27il y a une énorme marre de sang devant lui.
03:29Et donc, on se dit qu'il a été agressé.
03:30Oui, mais il y avait de la neige.
03:32Et les pas de l'agresseur, on ne les trouvait pas dans la neige.
03:34Et alors ?
03:34On ne trouvait pas à lui, mais pas ceux de l'agresseur.
03:36Porte grande ouverte, je me dis, il y a un problème.
03:40Les enquêteurs, tout le monde est d'accord pour dire qu'il y a un problème.
03:42Et en plus, il n'y a pas de sang.
03:44Il y a de sang que devant lui, pas sur le trajet.
03:46Or, avec un coup qui rentre ici, juste au-dessus de la clavicule
03:49et qui perfore le poumon qui touche les gros vaisseaux,
03:52forcément, il devait y avoir du sang sur le chemin qu'il traversait.
03:55Donc, mon idée, c'était que quelqu'un qui l'avait frappé
03:58avait réussi à ne pas mettre des passes à ses premiers enquêteurs,
04:01je ne sais pas comment,
04:02et était venu rechercher l'arme,
04:04ce qui a permis l'écoulement du sang.
04:06Et puis, on fait la reconstitution avec le juge.
04:08Mais des mois après, c'est l'été,
04:10je suis à côté du policier qui était là le jour des faits.
04:13Vous savez, quand on ne sait pas de quoi parler, on parle du temps.
04:15C'est le meilleur chaud à la fin.
04:17Et je lui ai dit, mon Dieu, qu'est-ce qui fait chaud aujourd'hui ?
04:19Oui, docteur, ça nous change.
04:21Là, il neigeait.
04:23Figurez-vous, j'ai dû casser toutes les stalactites
04:25qui pendaient au toit
04:27parce que j'ai eu peur que vous soyez blessés.
04:30Il dit, ah bon ?
04:31Et puis, moi, mes titres.
04:32Et je lâche un tonitruant.
04:33Mais putain !
04:35J'ai compris.
04:36Le juge était un peu surpris
04:38de mon expression verbale.
04:41Et il me dit, ça va, docteur ?
04:43Je lui dis, il me faudrait une échelle.
04:44Parce que dans l'appel du gars,
04:46j'avais retrouvé un morceau de mousse.
04:48C'est de la mousse que l'on trouve sur les toits,
04:50qu'on trouve sur les pierres,
04:51qu'on va un peu partout.
04:51Il me faudrait une échelle.
04:53Vous êtes sûrs que ça va, docteur ?
04:54Ah là là là.
04:55Je t'inquiète.
04:56Non, j'ai mis l'échelle contre la façade.
04:58Je suis monté sur le toit.
04:58Effectivement, il y avait cette mousse.
05:00Et donc, cet homme est mort.
05:01C'était une stalactite.
05:02Planté par un stalactite.
05:04Et c'est normal que vous ne retrouviez rien
05:05parce que le stalactite a fondu.
05:06La stalactite a vibré.
05:07La stalactite a fondu.
05:09Et c'est comme ça que le sang ne s'est répandu
05:10que devant le téléphone.
05:11C'est à leur trouver que la mousse.
05:12C'est parce qu'on a trouvé la mousse à l'intérieur.
05:14J'espère que le stalactite est en prison.
05:16J'espère que c'est bon.
05:17C'est un épisode de Colombie.
05:19On ne s'en lasse pas à une dernière histoire, peut-être.
05:21La fin de Dracula.
05:22C'est le deuxième chapitre.
05:23Incroyable, cette histoire aussi.
05:24En quelques mots.
05:25En quelques mots.
05:26C'est une histoire qui m'a été racontée.
05:27Ça, je ne l'ai pas vécu.
05:28Vous savez, à l'époque, au 19e siècle,
05:31on n'avait pas les photos, on n'avait pas les dia,
05:33on n'avait pas les powerpoint que nous utilisons aujourd'hui
05:35pour donner cours.
05:36Et on faisait ce qu'on appelle des bocaux
05:38avec des pièces anatomiques.
05:39Ça veut dire que pour montrer aux étudiants,
05:41il y avait des morceaux de cadavres,
05:43qu'on avait à l'intérieur de peaux informoles
05:45qui montraient des lésions,
05:46qui montraient toutes sortes de choses.
05:48Aujourd'hui, on ne peut plus faire ça.
05:48Mais à l'époque, c'était faisable.
05:50Et il y a un type qui avait tué son voisin.
05:52Il croyait que c'était un vampire.
05:53Il l'avait tué avec un pieu.
05:54Et ce peau est dans la salle d'autopsie.
05:56On voit le pieu qui traverse la peau,
06:01le thorax qui arrive dans le cœur du bonhomme.
06:03Il est toujours en place.
06:04Il est là depuis 1850, quelque part par là,
06:06parce que c'est un voisin qui pensait que son voisin
06:08était un vampire.
06:09Il l'a tué comme tel.
06:09On se rend compte quand même,
06:13quand vous dites que réellement,
06:14la réalité dépasse la fiction,
06:16avec tout ce que vous nous racontez,
06:18c'est une évidence.
06:18Toutes ces histoires,
06:19elles sont donc dans votre livre,
06:21qui s'appelle, ma chère Louise,
06:22rappelez-nous le...
06:22Qui s'appelle La mort, c'est ma vie.
06:25Et c'est aux éditions...
06:26Kénès.
06:26Kénès.
06:27Et on prend un café ensemble après.
06:28Ah oui, avec vous.
06:30Elle a des hâtres que vous arrivez sur le plateau.
06:33Vous pouvez acheter le livre.
06:33Vous n'aurez pas forcément droit
06:34à un café avec Philippe Boxo,
06:36comme nous avons la chance
06:37de l'avoir sur ce plateau.
06:38Mais en tous les cas,
06:38vraiment, c'est palpitant.
06:39Merci à vous d'être venu
06:41sur le plateau de Télématin.
06:42Merci.
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