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  • il y a 5 mois

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00:00Bonjour et bienvenue François-Olivier Gisbert.
00:02Bonjour Sonia Marbou.
00:03Vous êtes éditorialiste et écrivain, auteur notamment d'une monumentale désormais Histoire Intime de la Ve République.
00:08C'est votre grande interview ce matin sur Europe 1 et CNews pour tenter de comprendre, François-Olivier Gisbert,
00:13ce qui peut ou va se passer après le vote de confiance à l'Assemblée.
00:16Le Premier ministre qui dit vouloir se battre comme un chien et qui a clamé hier, en résumé, c'est moi ou le chaos.
00:22Est-ce que ça marche encore ce genre d'argument ?
00:25Je ne suis pas sûr. Je ne suis pas sûr parce que je pense que les Français n'ont pas vraiment conscience encore de la situation.
00:31On le voit quand on regarde les enquêtes d'opinion, il y a quand même deux Français sur trois qui sont derrière le mouvement Bloquantou.
00:39Ça montre bien qu'ils n'ont pas du tout conscience de la situation.
00:42Quant à la classe politique, je dirais qu'il est au-dessous de tout. C'est inimaginable.
00:46C'est pour ça que j'ai le sentiment qu'on est un peu en mai 58, si vous voulez, avant l'arrivée du général de Gaulle.
00:51Sauf que là, je cherche, je ne vois pas le général de Gaulle.
00:53Ah non, non, je ne le vois pas encore.
00:55Cela étant, vous savez, les grands sauveurs, ça peut être, en Grande-Bretagne, il y a eu Margaret Thatcher, conservatrice.
01:01Bon, on ne va pas dire que c'était quelqu'un de très charismatique.
01:05Elle était très étriquée, petite bourgeoise, etc.
01:07Mais elle avait une volonté de faire et c'est pour ça qu'elle a réussi.
01:10Même chose en Allemagne.
01:12Là, c'était le social-démocrate socialiste Gérald Schroeder,
01:15qui, lui, était toujours un peu pompette.
01:18Toujours un verre dans le nez.
01:19Bon, à l'arrivée aussi, il a sauvé son pays.
01:21Avec la même volonté.
01:22Vous ne voyez pas cette volonté aujourd'hui ?
01:24Peut-être, il y en a quelques-uns qui vont peut-être se manifester.
01:27Je l'espère, mais simplement, il ne faut pas attendre le général de Gaulle.
01:29Et là, si vous voulez, ce qui me frappe, la ressemblance avec mes 58,
01:32c'est la classe politique.
01:34C'est-à-dire cette assemblée épouvantable,
01:36où personne ne comprend rien,
01:38avec une espèce d'ignardise économique hallucinante.
01:41Et je pense toujours aux phrases du général de Gaulle,
01:44à la fin de la IVème République,
01:46avant qu'il arrive au pouvoir,
01:48qui traitaient tous ces gens à l'Assemblée nationale
01:49de les trottes menus de la décadence,
01:52les farfadés de l'abandon,
01:54les émasculés, les planches pourries, etc.
01:56Comment sommes-nous arrivés là ?
01:59Qui est l'ingénieur ou qui sont les ingénieurs du chaos ?
02:01Vous savez bien.
02:02Non, dites-moi.
02:02Vous savez bien.
02:03C'est-à-dire que ce qui est arrivé avec Emmanuel Macron,
02:05il est arrivé au pouvoir en 2017,
02:09et c'était à l'époque, souvenez-vous,
02:10où tout le monde le voyait comme le Mozart de la finance.
02:13Mais en fait, c'était l'attila de la finance.
02:16C'est-à-dire que là où il est passé,
02:17l'herbe ne repousse pas.
02:18Pourquoi ?
02:19Parce que je pense qu'il a méprisé l'économie.
02:21Et vous savez, c'est une phrase qu'on utilisait beaucoup
02:24du temps de Mitterrand.
02:25C'est des temps lointains.
02:27Mitterrand méprisait aussi l'économie.
02:29Il disait, ça suivra, l'intendant suivra.
02:31Mais non, l'économie, à un moment donné,
02:33elle se venge.
02:34Et on est au moment où l'économie se venge.
02:36Emmanuel Macron, comme vous l'appelez,
02:38l'attila de la finance,
02:40qui a déclaré dans des confidences au GD News
02:42qu'il faudra maintenant rembourser
02:45François-Olivier Gisbert.
02:47C'est le problème de Emmanuel Macron.
02:48Il a des qualités, il est intelligent,
02:50c'est indéniable, etc.
02:51Mais je pense qu'il prend les Français
02:53pour des imbéciles depuis 2017, en gros.
02:56Et là, quand je vois, par exemple,
02:58dans cet interview,
02:58après avoir beaucoup dépensé,
03:01il faut économiser,
03:03après avoir beaucoup protégé,
03:04il faut désormais rembourser.
03:05Mais qu'est-ce que ça veut dire ?
03:06C'est-à-dire, on explique toujours,
03:08cette situation, c'est à cause du Covid.
03:09Et d'ailleurs, le quoi qu'il en coûte,
03:11c'est-à-dire protéger tous ceux
03:13qui étaient menacés par le Covid,
03:15moi, je trouvais ça très bien.
03:16J'étais pour.
03:17Ça s'est fait partout en Europe.
03:19Et ça s'est fait, d'ailleurs,
03:20regardez en Allemagne,
03:21les dépenses publiques ont explosé
03:22et l'année suivante,
03:23quand c'était fini le Covid,
03:25c'était tombé.
03:26Mais lui, non.
03:27Non, ça continuait.
03:28Ça continuait parce que,
03:29à chaque élection,
03:30il faut remettre de l'argent.
03:31À chaque élection,
03:32regardez, augmentation des fonctionnaires,
03:33augmentation des retraités,
03:35la dernière présidentielle.
03:36Attendez, on va reprendre dans l'ordre.
03:37Vous estimez que ce n'est pas à nous
03:39de payer.
03:41Mais maintenant, nous sommes,
03:42j'allais dire,
03:43au pied du mur
03:43et même dans le mur.
03:45Comment vous analysez,
03:46quand même,
03:46cette décision de François Bayrou ?
03:47Certains infirment
03:48qu'il pourrait partir auréolé
03:50d'une image sacrificielle
03:51ou alors,
03:52comme on peut le lire
03:52dans la presse ce matin,
03:53sous la plume,
03:54notamment,
03:54de Cécile Cornudé
03:55dans Les Eaux-Cours.
03:55En réalité,
03:56ils ne pensaient pas du tout
03:57que le RN et le PS
03:59allaient voter contre
04:00la confiance.
04:03Je pense que c'est un peu
04:04sous les estimés,
04:05François Bayrou,
04:05moi, j'adore.
04:06Vous le connaissez bien ?
04:07Oui.
04:09C'est une formidable journaliste.
04:10Je la lis avec passion.
04:12Je pense que ça,
04:12c'est plutôt la vision
04:13de son entourage.
04:15L'entourage de François Bayrou ?
04:16Oui, c'est quelqu'un
04:16qui est un peu caché.
04:17Je pense qu'il était content
04:19de faire,
04:20je pense,
04:20comme ça,
04:21lire,
04:22avoir les choses
04:23un peu loin.
04:25C'est quelqu'un qui,
04:26il voulait marquer les choses.
04:28C'est-à-dire que,
04:28c'est un obsédé de la dette.
04:30On fait partie du même club
04:31des obsédés de la dette.
04:33Donc, vous le voyez
04:33comme un lanceur d'alerte
04:35incompris sur la dette
04:36et les déficits.
04:37Oui, je pense qu'il savait
04:38qu'il serait incompris.
04:39Il voit bien que la situation
04:40était impossible.
04:40C'est-à-dire que,
04:41de ne pas faire passer,
04:42de ne pas réussir
04:43à pouvoir faire passer
04:44ce petit plan de rigueur
04:46minable,
04:47c'est-à-dire 43,8 milliards
04:49d'économies.
04:49Pardon,
04:50petit plan de rigueur minable
04:51avec deux jours,
04:52oui,
04:52mais les deux jours
04:53fériés ne passent pas du tout.
04:54Oui, d'accord.
04:54Mais enfin bon,
04:55ce n'est pas à la hauteur
04:56de la situation,
04:57il le sait très bien.
04:58Et le fait que ça provoque
04:59un tel désordre,
05:01ça montre bien une chose,
05:02c'est-à-dire que les Français
05:02ne sont pas encore prêts,
05:03mais ils vont l'être.
05:04Vous verrez,
05:05ça viendra.
05:05Vous avez dit
05:06qu'ils n'ont pas conscience
05:07réellement,
05:07François-Olivier Gisbert,
05:08pardonnez-moi,
05:09quand on voit la situation,
05:10beaucoup de Français
05:11se sentent dépossédés,
05:12déclassés,
05:13d'un point de vue culturel,
05:14sécuritaire,
05:15et financiés.
05:15Vraiment,
05:16est-ce qu'on ne se rend pas
05:16compte de la situation ?
05:17Non, non, mais attendez,
05:18je ne vais pas impliquer
05:19les Français dans cette affaire.
05:21Le responsable principal,
05:23c'est Emmanuel Macron.
05:24C'est-à-dire,
05:24c'est au président de la République
05:26de dire les choses.
05:27C'est-à-dire, vous voyez,
05:28le discours sur la dette,
05:29par exemple,
05:30excellent discours
05:30de François Bayrou.
05:31Moi, je trouvais ça formidable.
05:33D'ailleurs, chez vous,
05:34j'entendais hier Alexis Brézé,
05:35enfin, il était comme moi,
05:37c'est-à-dire toute personne raisonnable
05:38se dit, voilà,
05:39enfin, enfin,
05:41un politique important,
05:42un poste important
05:43qui le dit.
05:44Mais ça devrait être aussi
05:45le président de la République.
05:45Pardonnez-moi,
05:46un ancien Premier ministre
05:47l'a dit il y a quelques années,
05:48François Fillon.
05:48Oui, François Fillon,
05:49bien sûr,
05:50mais c'était déjà
05:50il y a très longtemps.
05:51Nous étions dans une situation
05:52catastrophique déjà.
05:54Mais on pourra trouver,
05:55Michel Rocard disait
05:56des choses semblables,
05:57etc.,
05:57et Raymond Barre aussi.
05:58Mais si vous voulez,
05:59la situation n'était pas,
06:00comme aujourd'hui,
06:02épouvantable.
06:03Alors, simplement,
06:04évidemment,
06:04je ne fais pas partie
06:05de ceux qui pensent
06:06que la crise financière,
06:09Maus,
06:09va nous tomber dessus
06:10à tout moment.
06:11Bon, c'est vrai que le FMI
06:12peut bouger à un moment donné,
06:12on voit que la bourse
06:13n'est pas contente.
06:15Mais en même temps,
06:15vous savez,
06:16dans tous les cas,
06:16il y a un risque.
06:17Parce que même si on s'en sort,
06:19il y a le risque du lit-coup,
06:20là,
06:20qui se ferme lentement,
06:23avec les taux d'intérêt
06:24qui augmentent
06:25et l'économie
06:26de plus en plus anéliée.
06:27Alors, attendez,
06:27instabilité politique,
06:28malgré tout,
06:29quand même,
06:29menace avec l'épée
06:30de Damoclès du FMI,
06:32d'une mise sous tutelle
06:33de la France.
06:35C'est une crise politique,
06:36une énième crise politique,
06:37ou est-ce une crise de régime ?
06:39Vous qui avez l'expérience,
06:40justement,
06:41des sous-bresseaux
06:41de la cinquième.
06:42Je crois qu'on ne maîtrise pas,
06:43là.
06:43On est au début de la crise.
06:45Vous savez,
06:46ce qu'on a fabriqué,
06:48ce qu'on a fabriqué,
06:49je dis ça,
06:50j'exclus les Français,
06:51je ne vais pas dire
06:51que c'est la faute des Français.
06:53Bien entendu,
06:53ils en ont profité,
06:55ils en ont croqué
06:56de la dette,
06:57bien entendu,
06:57les Français.
06:58Mais ils n'avaient pas
06:59de responsable à la hauteur
07:00à ce moment-là
07:01pour dire attention.
07:02Et si vous voulez,
07:03on est au début
07:04d'un grand huit.
07:05Et les crises financières,
07:06on ne sait jamais.
07:08Ça peut être une petite crise,
07:09lente,
07:10vous savez,
07:11une espèce d'agonie lente.
07:12Mais de toute façon,
07:12l'économie va souffrir
07:13parce que les taux d'intérêt
07:15vont forcément augmenter.
07:16Et puis,
07:17le pouvoir d'achat aussi,
07:19c'est un vrai sujet
07:20parce qu'on ne peut pas dire
07:22que la réussite,
07:23si vous voulez,
07:23le scandale de tout ça,
07:25c'était cette imbécilité
07:26de croire,
07:27et ça,
07:28c'est Emmanuel Macron
07:28depuis 2017,
07:30qu'en faisant de la...
07:31en augmentant les dépenses,
07:33on va faire de la croissance.
07:34Litterrand avait essayé ça
07:35en 1981,
07:37ça a échoué lamentablement.
07:37On connaît le résultat.
07:38Et aujourd'hui...
07:39Mais si vous voulez,
07:39ça, c'est ça.
07:41Emmanuel Macron,
07:41il n'apprend pas.
07:43C'est à ça peut-être
07:44qu'on le reconnaît.
07:44Ah, il n'apprend pas.
07:44Justement,
07:45sur la dissolution
07:46armes constitutionnelles
07:47qu'il a déjà utilisée.
07:49Vous aviez déjà dit à l'époque,
07:51je me souviens,
07:52François-Louis Gisbert,
07:53qu'en utilisant
07:53cette arme constitutionnelle,
07:55c'était la fin de son règne.
07:56Et aujourd'hui ?
07:57La seule solution
07:58est-elle la dissolution ?
07:59Mais c'est toujours
08:00la fin de son règne.
08:01C'est-à-dire,
08:01de toute façon,
08:03la dissolution n'a rien donné.
08:05Une deuxième dissolution
08:06ne donnera rien.
08:07Aujourd'hui,
08:08il y a beaucoup de gens
08:08qui se pressent pour dire
08:09qu'il faut qu'il démissionne.
08:11Et je vois des voix
08:12très respectables.
08:13Jordan Bardella hier,
08:14notamment.
08:15Hervé Morin,
08:16le président de la région Normandie.
08:19Enfin, on peut en citer d'autres.
08:20David Hissard aussi.
08:21Bon, bref.
08:22Si vous voulez,
08:24le vrai sujet,
08:25ce n'est pas ça.
08:26Le sujet,
08:27c'est qu'à un moment donné,
08:28parce que ça ne réglera aucun problème,
08:31vous avez des extrêmes
08:32qui n'ont pas l'air
08:32de comprendre tout à fait
08:33la situation.
08:34Ça, je suis désolé.
08:35Pardon ?
08:35Qui la comprend ?
08:36Alors, attendez.
08:37Qui la comprend ?
08:38Qui était à la hauteur
08:39de l'instabilité politique,
08:41de la crise économique,
08:43de l'inquiétude sécuritaire ?
08:45Qui était à la hauteur ?
08:46Pas grand monde.
08:47Et si vous voulez,
08:48vous parliez de l'histoire intime
08:50de la Ve République.
08:51C'est vrai,
08:51je suis arrivé dans les années 70
08:53avec une classe politique
08:54avec plein de gens admirables.
08:57Je regardais des gaullistes,
08:58des socialistes,
08:58de tous les côtés,
08:59etc.
08:59Mais qui pensaient à la France.
09:01Là, on n'est plus là du tout.
09:02On en est dans...
09:03C'est le court-termisme.
09:05C'est-à-dire des gens
09:05qui pensent qu'à la prochaine élection,
09:07la prochaine élection municipale,
09:08cantonale, etc.
09:09On est là-dedans.
09:10C'est-à-dire,
09:11il n'y a plus de perspective.
09:12Et je...
09:13Il y a aussi un problème,
09:14si vous voulez...
09:15C'est pour ça,
09:16quand je parlais des Français,
09:17ce ne sont pas les Français
09:18les responsables.
09:19S'ils ne sont pas conscients,
09:19c'est parce qu'ils n'ont pas eu
09:21de président capables
09:22de leur parler,
09:23de dire les choses.
09:24C'est ça qui s'est passé.
09:25Qui a voté pour une telle
09:26Assemblée nationale ?
09:28Ah ben...
09:29Ce sont les Français
09:30qui ont voté
09:31pour cette Assemblée nationale.
09:32Mais quand il n'y a pas
09:33de discours,
09:34quand vous êtes dans le déni,
09:36quand vous avez
09:36un président de la République
09:38et puis ses premiers ministres,
09:40qui sont dans le déni
09:41en permanence,
09:42qui ne disent pas la vérité,
09:43qui cachent...
09:44Vous savez,
09:44c'est ça,
09:45on a mis la poussière
09:46sous le tapis
09:46pendant des années.
09:47Aujourd'hui,
09:47on voit très bien,
09:48ce sont des parpaings.
09:51Et là,
09:51tout ça,
09:52il va falloir le régler.
09:53Attendez,
09:53la solution,
09:54ce n'est pas la dissolution,
09:55ce n'est pas la démission.
09:56Il n'y a pas d'hommes
09:57ou des femmes providentiels
09:58pour vous,
09:58mais pardonnez-moi,
09:59quelle est la piste
09:59pour sortir par l'eau ?
10:00Moi, de toute façon,
10:01comme commentateur,
10:03je n'ai pas du tout
10:04envie d'appeler à la démission
10:05de le président de la République.
10:05Je pense que ce n'est pas du tout
10:06mon rôle de dire ça.
10:08Vous pensez qu'il est homme
10:09à démissionner ?
10:11Je ne suis pas sûr.
10:11Je pense que...
10:12Vous savez,
10:17ils pensent tous
10:18qu'à la prochaine élection
10:19et même,
10:20ils sont prêts
10:20à se représenter
10:21sur une civière,
10:22si besoin.
10:22Donc,
10:23je pense qu'ils pensent
10:24à...
10:24Emmanuel Macron,
10:25à quoi pense-t-il,
10:26là ?
10:26À 2037.
10:27Et entre-temps,
10:27il fera peut-être démission
10:28pour le Qatar,
10:29enfin,
10:29tous ces gens
10:30avec lesquels il a beaucoup travaillé,
10:31tous ces grands chefs
10:32d'entreprise français,
10:33etc.
10:33Mais bon,
10:34ils pensent déjà à la prochaine.
10:35Je pense,
10:36oui,
10:36c'est comme ça.
10:37Parce qu'ils sont faits comme ça.
10:39Mais le souci,
10:40ce n'est pas l'avenir
10:41d'Emmanuel Macron.
10:42Le souci,
10:43aujourd'hui,
10:43c'est l'avenir de la France
10:44et j'aimerais
10:45que des différentes
10:47composantes
10:49de la politique
10:50se réunissent,
10:51se retrouvent
10:52pour...
10:53Qu'est-ce qu'on va faire ?
10:54Parce que,
10:55vous voyez,
10:56moi,
10:56j'espérais,
10:57par exemple,
10:57qu'il se passe quelque chose
10:58du côté du Parti Socialiste
10:59quand François Hollande
10:59s'est présenté.
11:01On voyait bien,
11:02il avait des intentions
11:02pour essayer
11:03de remettre un peu
11:05le Parti Socialiste
11:06sur le droit chemin.
11:07Mais qu'est-ce que sont devenus
11:08les épigones de Mélenchon ?
11:10C'est-à-dire,
11:10vous entendez
11:11les jeunes députés socialistes
11:12Philippe Brun,
11:13Arthur Delaporte,
11:13tout ça,
11:14mais ils parlent exactement
11:15comme le LF,
11:16ils sont LFisés,
11:17c'est-à-dire,
11:18toute l'idée,
11:18toujours partout,
11:19dans une grande partie
11:20de la classe politique,
11:21c'est qu'il faut dépenser plus,
11:22on va faire la croissance,
11:23on va augmenter
11:24les dépenses publiques,
11:25mais c'est comme ça
11:25qu'on creuse notre taux,
11:26mais c'est comme ça
11:27qu'on l'a creusé.
11:28Je vous sens énervé ce matin.
11:30Vous pensez que les Français...
11:31Oui, mais je dis que vous faisiez partie
11:32du club des maniaques de la dette.
11:34Oui, oui, oui.
11:35C'est vrai que vous en parlez
11:35dans vos éditos
11:36depuis des années,
11:38mais vous pensez que les Français
11:39sont prêts pour le discours
11:41sur le sang et les larmes ?
11:42Non.
11:43Ils ne sont pas prêts,
11:44mais ce n'est pas ce discours
11:45qu'il faut tenir.
11:46Je pense qu'il faut montrer
11:47aux Français,
11:47il faut démontrer,
11:48d'ailleurs,
11:48il y a un livre passionnant
11:49qui vient de sortir
11:51de Pierre Gattaz
11:52que j'ai lu là-dessus,
11:53c'est-à-dire qu'il faut parler
11:54du pouvoir d'achat,
11:55c'est-à-dire qu'expliquer
11:57aux Français
11:57que de toute façon,
11:59la France est mal gérée
12:00depuis déjà longtemps,
12:02qu'il faut revoir tout
12:03et qu'ils peuvent
12:04en tirer profit.
12:06C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
12:07vous voyez très bien,
12:07il y a un déclassement
12:08en français,
12:09on peut même parler
12:10de tirmandisation,
12:12c'est-à-dire qu'il suffit
12:13de vivre dans la France réelle.
12:16Le taux à 10 ans
12:17de la dette française,
12:18on comprend qu'il y a
12:18un risque réel.
12:20Et puis surtout,
12:20il faut penser aux gens,
12:21ils ont du mal
12:22à joindre les deux bouts,
12:23c'est comme ça.
12:24Bon, il faut leur expliquer,
12:26maintenant,
12:27il faut remettre
12:28la valeur travail
12:29au centre de l'économie
12:30puisqu'on a réussi
12:31à la tuer.
12:32Et ça,
12:33bon,
12:33ça a commencé
12:34avec Jospin Aubry,
12:35enfin Macron aussi
12:36il a ajouté sa pierre,
12:37c'est-à-dire
12:38cette valeur travail,
12:40c'est essentiel.
12:41La France travaille
12:42moins que les autres
12:44pays de la zone euro.
12:45Vous regardez
12:46toutes les statistiques,
12:47vous aurez toujours
12:47vu l'économiste marxiste
12:48pour vous dire le contraire.
12:49Ça s'appelle un débat,
12:50oui.
12:51On a évoqué différents sujets,
12:52je voudrais qu'on parle
12:53de cette lettre
12:54de réponse
12:55du président français
12:56à Benjamin Netanyahou
12:58pour dire combien
12:59les attaques
13:00en inaction
13:00face à ce fléau
13:01sont intolérables,
13:02c'est ce qu'a dit
13:03Emmanuel Macron.
13:03Comment vous jugez
13:04l'attitude du président
13:05face aux actes
13:06et aux agressions
13:07antisémites
13:07qui se succèdent
13:08dans notre pays ?
13:11Absent.
13:12Absent,
13:13c'est-à-dire,
13:13bon,
13:13il est très actif
13:14sur le plan international,
13:15il est très bien
13:16et bravo,
13:17sur l'Ukraine notamment,
13:18enfin,
13:19il essaie de faire pression
13:19sur Donald Trump
13:22et il a raison,
13:23je l'approuve là-dessus,
13:24mais je trouve
13:24que sur ce sujet,
13:25justement,
13:26vous savez,
13:26le président,
13:27il doit parler
13:28sur ce sujet.
13:28comment vous expliquez
13:29cette absence
13:30et cette non prise de parole ?
13:33Il y en a qui disent
13:34qu'il a peur
13:34de ce que Jean-Luc Mélenchon
13:36appelle les quartiers populaires.
13:37Et vous,
13:37qu'en pensez-vous ?
13:39Peut-être,
13:39si vous voulez,
13:40moi je pense que
13:40le problème de Macron,
13:42je vous parlais tout à l'heure
13:43de court-termisme,
13:44c'est-à-dire,
13:44il voit vraiment
13:44toujours à court terme,
13:47j'irais autre chose,
13:47c'est le catégoriel
13:48et puis le début
13:50de la,
13:51comment dire,
13:51on est dans une sorte
13:52de pente anglo-saxonne,
13:54vous savez très bien,
13:54et c'est quoi
13:55le monde anglo-saxon
13:56que pour Macron
13:59un modèle.
14:00C'est le,
14:02comment dire,
14:03oui,
14:03ce sont les différentes
14:05ethnies
14:06qui s'arrangent
14:07de leur côté,
14:08ce qu'on appelle
14:08le communautarisme
14:09et on vit un peu là-dedans
14:12et je pense
14:13qu'il est là-dedans,
14:14c'est-à-dire que,
14:15bon,
14:15il voit bien
14:15que les juifs
14:16sont en train de partir,
14:18je pense que,
14:19moi je vois une forme
14:19de cynisme là-dedans,
14:20c'est vrai que,
14:22s'il vous plaît,
14:22il n'est pas attaché
14:23aux valeurs,
14:24il est attaché,
14:25comment dire,
14:26à sa popularité
14:28à court terme,
14:28le dernier sondage,
14:29bon,
14:29ce n'est pas brillant
14:30ces temps-ci,
14:31puis ça ne va pas
14:31s'arranger,
14:32je peux vous donner,
14:33ce n'est pas un scoop
14:34mais ça ne va pas s'arranger,
14:35mais je pense
14:36qu'il devrait s'intéresser
14:38à la France permanente,
14:39la France éternelle,
14:41et la France éternelle,
14:42il n'y a pas de France éternelle
14:43sans les juifs.
14:43Cette France-là,
14:44pour conclure,
14:45si vous deviez consacrer,
14:46sur les prochains sur la liste,
14:47si vous deviez consacrer
14:48un nouveau livre
14:49dans votre série
14:49Histoire intime
14:50de la cinquième République
14:54au long de cet entretien,
14:56comment vous pourriez l'appeler
14:57ce chapitre ou ce livre ?
14:59C'est très simple,
15:00je veux dire,
15:00ça me fait peur.
15:01C'était le titre,
15:02non, non,
15:02c'était le titre
15:03du premier tome,
15:05je pense qu'on attend ça
15:06et ça peut venir,
15:07ça peut venir
15:08parce qu'on a un personnel
15:09capable de,
15:09c'est le sursaut,
15:10à un moment donné,
15:11on va se réveiller,
15:12mais la France,
15:12elle n'est pas foutue justement,
15:13si je suis en colère,
15:14c'est parce qu'elle n'est pas foutue,
15:16c'est parce qu'elle veut renaître,
15:18la France a toujours été refaite,
15:19simplement,
15:20à un moment donné,
15:20il faudra donner un coup de balai
15:21et repartir avec,
15:23il y a tellement d'énergie
15:24dans ce pays.
15:24Merci de nous avoir réveillés
15:26avec cette énergie ce matin,
15:27France Olivier Gisbert
15:28et à bientôt,
15:28bonne journée à vous.
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