00:01Place à la revue de presse d'Europe 1, Olivier Delagarde, ce matin les journaux se posent encore beaucoup de questions sur la décision de François Bayrou de réclamer un vote de confiance.
00:09Une grenouille vit un bœuf qui lui sembla de belle taille, elle qui n'était pas grosse, en tout comme un œuf, envieuse, s'étend et s'enfle et se travaille.
00:20Une cigale ayant chanté tout l'été se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue.
00:24Oui, ça fait 48 heures que les commentateurs cherchent la morale de la fable, se perdent en conjecture, se demandent s'il s'agit d'un geste plein de panache, s'interrogent sur le sens de cette démarche sacrificielle.
00:35Et bien qu'ils ne cherchent plus, en fait il s'agit juste d'une énorme bourde politique.
00:40C'est ce qui ressort du papier de Cécile Cornudet, l'éditorialiste politique des Echos, généralement très bien informée, a mené sa petite enquête.
00:47Et elle a recueilli les témoignages anonymes de proches du Premier ministre qui nous expliquent tout.
00:51En fait, Bayrou misait sur une abstention du RN et des socialistes, d'autant, raconte un conseiller, que le PS se serait trouvé dans la position historique de négocier du lourd.
01:02On pensait qu'il demanderait un retour de l'ISF, et à vrai dire, on aurait pu dire oui.
01:08Ah oui, scoop !
01:08Quant au RN, ajoute-t-il, Bayrou pensait qu'il souhaitait se donner une stature de parti responsable, et qu'il appréciait de le voir faire le sale boulot.
01:16Tout faux.
01:17PS et RN ont donc changé de stratégie, et le Premier ministre Madré n'a rien vu venir, ou rien préparé.
01:23Commentaire de Cornudet qui a pourtant vu d'autres.
01:26Le niveau d'irresponsabilité surprend toujours.
01:29Et puis, lorsque Bayrou rencontre Macron à Brégançon, raconte-t-elle encore,
01:33« Le Premier ministre semble si calme et déterminé que le Président est persuadé qu'il fera ce qu'il y a à faire ».
01:39Mais ce n'est pas le cas.
01:41Bayrou n'a ni donné le coup de sonde au RN, ni préparé les esprits au PS sur de futures discussions.
01:46Et lundi au gouvernement, tout le monde découvre que l'agenda des 15 prochains jours est vide, note un conseiller.
01:53Aucune négociation de prévue.
01:55Bref, rien n'avait été anticipé.
01:57Tous la fleur bon, l'amateurisme, l'improvisation, le corbeau jura.
02:01Mais c'est un peu tard qu'on ne l'y prendrait plus.
02:03Cela fait d'ailleurs penser à une autre bourre de politique.
02:06La fameuse dissolution Macron.
02:08Cela saute aux yeux de Nicolas Béthou, le patron de l'opinion.
02:11Même décision fomentée en grand secret avec un petit nombre de fidèles qui pensent tous pareil, écrit-il.
02:17Même stratégie de la surprise censée emporter toute résistance sur son passage.
02:21Même erreur d'analyse sur le comportement du RN et de la gauche.
02:24Même difficulté à justifier la cause réelle de cette prise de risque.
02:28Ce qui est même débouché, catastrophique pour le pays.
02:31Oui, parce que derrière le blocage politique, il y a le spectre de la crise financière, prévient le Figaro en gros titre.
02:37Alors sans aller jusqu'au scénario extrême d'une mise sous tutelle à la grecque.
02:41Scénario ébauché hier par le ministre de l'économie en personne, je vous le rappelle.
02:44L'explosion des taux d'intérêt constitue en revanche un péril bien plus immédiat, écrit Hervé Rousseau dans ses colonnes.
02:53Et depuis plusieurs jours, les taux français se rapprochent dangereusement de ceux de l'Italie.
02:57En cas de bascule, la France deviendra la lanterne rouge de la zone euro.
03:02La seule charge de la dette est déjà supérieure au budget de l'armée ou de l'éducation nationale.
03:07Et elle pourrait s'envoler.
03:09Et à qui la faute ?
03:10Écoutez, ça fait 50 ans que la France n'a pas eu un budget à l'équilibre.
03:13Mais c'est sûr que beaucoup de regards se tournent vers le Mozart de la finance en ce moment.
03:19Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
03:24Emmanuel Macron qui se défend dans le JD News cette semaine.
03:27Lara Tchékov a recueilli les confidences du chef de l'État à lui faire marquer qu'à son arrivée à l'Élysée,
03:32la dette publique s'élevait à 2262 milliards et que 8 ans plus tard, elle culmine à 3345 milliards.
03:41J'assume ma part.
03:42À partir du moment où cette part, c'est la protection des Français face à des crises historiques, déclare-t-il.
03:47J'assume aussi qu'après avoir beaucoup dépensé pour protéger,
03:51il faut économiser et travailler pour rembourser.
03:54Et oui, la ségale qui se rêvait fourmi.
03:57Reviens à La Fontaine, tu vas bien t'amuser.
03:59Mais on va terminer sur d'autres sommets ce matin.
04:02François Bayrou se trouvait face à l'Himalaya.
04:05Eux sont face au Mont-Blanc.
04:07Vendredi, Dimitri aura lieu l'ultra-trai du Mont-Blanc.
04:11Une compétition hors normes qui n'est pas sans poser un certain nombre de questions.
04:15Hors normes parce qu'il s'agit de courir, tenez-vous bien,
04:18174 kilomètres en gravissant près de 10 000 mètres de dénivelé positif.
04:23La Croix et l'équipe consacrent des papiers très différents l'un de l'autre.
04:27Si le quotidien sportif s'intéresse à l'un des favoris de la course,
04:30qui a du mal à dormir d'ailleurs,
04:31La Croix s'interroge sur le sens de cette compétition
04:34qui attire de plus en plus de monde,
04:37année après année, 10 000 inscrits, rien que pour cette édition.
04:40Ce qui devrait être une course de communion avec la nature
04:43est devenue une sorte d'énorme barnum.
04:47Faut-il y voir une fable ?
04:48Je vous laisse les admirer ou les plaindre et méditer avec Jean Ferrat.
04:53Que la montagne est belle
04:58Ils s'en rendront compte, ceci dit, dans l'effort de la beauté du Mont Blanc.
05:03Merci beaucoup Olivier Delagarde.
05:05Votre revue de presse chaque matin sur Europe 1.
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