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00:0013h15, Europe 1 Info.
00:03Europe 1 Info, votre nouveau rendez-vous sur Europe 1 avec vous, Clélie Mathias et vos deux chroniqueurs du jour.
00:08Aujourd'hui, le journaliste Eliott Maman et le chroniqueur politique et communicant Jean-Michel Salvatore.
00:13On continue de parler un petit peu politique, forcément, après ces annonces hier, cette annonce surtout de François Bayrou.
00:20Les oppositions, là, maintenant, on l'a dit, on a regardé un petit peu ce qu'il en était du côté de l'État de la France.
00:25Elles sont face à leurs responsabilités. Il y a plusieurs stratégies. J'aimerais votre analyse, votre regard aussi pour les décrypter.
00:32On écoute l'ERN qui était très attendu hier. On se demandait de quel côté la pièce allait tomber après l'annonce de François Bayrou.
00:39Écoutez Sébastien Chenu, vice-président du ERN, député du Nord. Il était au micro de Sonia Mabrouk pour sa grande interview sur CNews et Europe 1 ce matin.
00:47Je crois que la psychologie, ou la personnalité, on va dire, d'Emmanuel Macron fait qu'il n'a pas du tout envie de lâcher le manche.
00:54Mais je pense que s'il est un président responsable, il se tourne vers les Français.
00:58Et puis il leur demande, il dissout l'Assemblée nationale. Il leur dit, donnez une majorité.
01:02La réalité, c'est une autre politique permettra à la France de prendre un autre chemin avec d'autres résultats.
01:08Jean-Michel Salvatore, une dissolution. Donc Gérald Darmanin, lui aussi, n'a pas écarté l'idée d'une dissolution.
01:13Si, bien sûr, François Bayrou ne gagne pas la confiance de l'Assemblée,
01:18il faut dire qu'Emmanuel Macron peut, de nouveau, constitutionnellement, dissoudre l'Assemblée nationale.
01:24Plausible ?
01:25Alors, ça, on n'en sait rien.
01:28Parce qu'en fait, à partir du moment où on est dans une crise,
01:31vous êtes dans une logique de crise et vous ne savez jamais où ça vous mène.
01:36Emmanuel Macron, en fait, il a six mois pour dissoudre.
01:39Il peut dissoudre à partir de maintenant jusqu'à un an avant la présidentielle.
01:45Donc, il peut dissoudre.
01:46Évidemment qu'aujourd'hui, quand on regarde la situation politique,
01:50on se dit que la meilleure solution sur le papier, ce serait effectivement une dissolution.
01:55Une dissolution, c'est quoi ?
01:57C'est une décision majeure qui permet de dénouer une crise.
02:00Et là, on est bien dans une crise majeure.
02:03Donc, c'est vrai que la dissolution semble être une bonne solution.
02:06Le problème, c'est qu'il y a déjà eu une dissolution.
02:08Une dissolution, il y a un peu plus d'un an,
02:11qui était là plus une dissolution de calcul ou de confort.
02:15Et donc, pour le président de la République, c'est quand même assez compliqué
02:19de recourir à une nouvelle dissolution.
02:21Une petite précision.
02:22Vous parlez de crise, crise majeure même, vous avez dit.
02:24C'est une crise politique, une crise majeure.
02:26Est-ce que c'est une crise de régime ?
02:28Est-ce qu'on vit une crise de régime ?
02:29Je pense qu'on y va tout droit.
02:31On y va, on n'y est pas encore.
02:33Ensuite, c'est une question de définition.
02:35Mais là, on voit bien que si François Bayrou tombe le 8 septembre,
02:40qu'on nomme à la place un Lecornu ou une Vautrin,
02:44bon, finalement, les mêmes causes reproduiront les mêmes effets.
02:47Et finalement, on ne voit pas pourquoi il ferait passer un budget
02:50alors que François Bayrou n'a pas réussi à le faire.
02:53Donc, on est parti pour quelque chose de très chaotique,
02:57de très compliqué et économiquement d'assez catastrophique.
03:01Elliot Mamann, vous y croyez-vous à une dissolution ?
03:03Une nouvelle dissolution ?
03:05Je ne sais pas, en réalité, dans quelle mesure.
03:07C'est d'ailleurs dans l'intérêt des partis d'opposition,
03:09puisqu'ils sont déjà supposés s'organiser pour les élections municipales,
03:13pour l'élection présidentielle, qui est un autre scrutin majeur à venir.
03:16Et il y a deux raisons qui me font dire
03:18qu'ils n'ont pas nécessairement intérêt parmi les oppositions.
03:20Pourtant, il l'a dit, vous avez entendu Sébastien Chenu.
03:22Oui, mais vous savez, il y a aussi de la stratégie politique
03:25dans les revendications que l'on donne.
03:28Tout simplement, on est en situation de déstabilisation sociale majeure.
03:31Je ne sais pas si c'est une crise institutionnelle,
03:33mais en tout cas, la crise sociale est assez certaine.
03:35Et dans ce contexte-là,
03:37il n'est dans l'intérêt d'aucun parti
03:39qui entre dans un processus électoral
03:41d'être vu comme un sortant,
03:43comme quelqu'un qui est directement comptable,
03:45responsable de la situation économique
03:47dont souffrent les électeurs.
03:49Et donc, pour cette raison,
03:50je ne pense sincèrement pas qu'à un an d'une élection présidentielle,
03:54l'intérêt du moindre parti d'opposition
03:56soit véritablement d'être vu comme l'héritier
03:58et comme celui qui a directement conduit
04:00à la situation économique dans laquelle on se trouve à l'heure actuelle.
04:03Maintenant, ce qui est intéressant aussi
04:04par rapport à la question de la crise de régime ou pas,
04:06c'est qu'on a à l'heure actuelle
04:07une Assemblée nationale qui est parfaitement paralysée,
04:10alors même qu'elle reprend plus ou moins
04:13la composition qui serait la sienne
04:15si elle avait été élue selon un scrutin proportionnel.
04:17Donc, en réalité,
04:18quand bien même en reviendrait-on à changer d'institution,
04:21les options en démocratie parlementaire
04:23n'étant pas particulièrement diverses,
04:26on se retrouverait, quoi qu'il arrive,
04:27dans une situation de blocage.
04:29Donc, c'est pour ça que la question est surtout
04:30la volonté politique
04:31et la capacité des Français
04:33à accepter un certain nombre de sacrifices économiques
04:36plutôt que de se demander
04:37dans quelle mesure un changement de régime
04:39pourrait véritablement permettre
04:40de surmonter les problèmes politiques
04:41qui sont les nôtres à l'heure actuelle.
04:42Je rappelle que les Français,
04:43on les entendra le 10 septembre,
04:45deux jours après le vote de confiance à l'Assemblée.
04:48Jean-Michel Salvatore.
04:49Mais c'est vrai qu'on est dans une certaine irrationnalité
04:51parce que quand vous prenez le cas du Rassemblement National,
04:55évidemment, le Rassemblement National,
04:57il peut avoir intérêt à une dissolution
04:58parce qu'on voit bien qu'il y a un grand risque
05:00ou une grande chance, je ne sais pas,
05:02enfin un grand risque de mon point de vue,
05:04que le Rassemblement National
05:05ait plus de députés qu'aujourd'hui.
05:08Est-ce que le Rassemblement National
05:10aurait intérêt à gouverner
05:11à un an de la présidentielle ?
05:14Évidemment, non.
05:15Parce que les problèmes vont...
05:17Si on avait par exemple un Premier ministre
05:21du Rassemblement National
05:22issu d'une dissolution,
05:24évidemment que ce Premier ministre
05:26serait quand même dans de grandes difficultés
05:27et n'aurait pas le temps
05:28d'engranger des résultats
05:30d'une politique de rupture.
05:32Mais finalement, si vous voulez,
05:34le Rassemblement National
05:35est prêt à prendre ce risque
05:37parce que d'une certaine façon,
05:39on est dans une irrationnalité complète.
05:41Du côté du Parti Socialiste,
05:42c'est un petit peu différent.
05:44Parti Socialiste,
05:44eux, leur problème,
05:46ce sont les élections municipales
05:47qui vont avoir lieu dans six mois.
05:49Ils sont obligés
05:50de marquer vis-à-vis de l'opinion
05:52une certaine radicalité
05:54parce qu'ils sont concurrencés
05:55dans beaucoup de municipalités
05:57par la France Insoumise.
05:59Et donc là,
06:00ils sont obligés finalement
06:01de faire la démonstration
06:02de leur radicalité.
06:04On verra un peu pour le PS,
06:05on en reparlera justement.
06:07Mais juste avant,
06:08j'aimerais vous faire écouter
06:08Jean-Luc Mélenchon quand même
06:10parce qu'on a parlé de dissolution
06:11et vous parlez de présidentielle,
06:12mais peut-être qu'elle pourrait avoir lieu
06:14avant.
06:14En tout cas,
06:15c'est le souhait
06:15de Jean-Luc Mélenchon
06:17qui a appelé directement lui.
06:18Il a enjambé François Bayrou.
06:19Il appelle directement
06:20à une destitution
06:21d'Emmanuel Macron.
06:22Écoutez,
06:23il était sur France Inter ce matin.
06:24S'il y a un responsable,
06:26c'est le président de la République.
06:28Et je ne vous surprends pas
06:29en disant cela
06:29puisqu'il y a un an exactement,
06:31nous déposions une motion
06:33pour demander sa destitution.
06:35Et je vous informe à cette heure
06:36que nous allons recommencer
06:38le 23 septembre
06:39et déposer,
06:41en plus de la motion de censure,
06:42mais elle ne servira sans doute
06:44plus à rien
06:44puisque le gouvernement
06:45aura été renversé d'ici là.
06:47La motion de destitution,
06:48c'est la seule solution
06:50pacifique,
06:51démocratique,
06:52normale,
06:53dans un grand pays,
06:54une vieille puissance républicaine
06:56comme nous.
06:57La solution républicaine,
06:59c'est que le responsable
07:00de la crise
07:00assume sa responsabilité
07:02devant le vote des électeurs.
07:04Jean-Luc Mélenchon
07:05qui a entamé
07:06et lancé une procédure
07:07de destitution
07:08d'Emmanuel Macron
07:08sur qui retombe donc
07:09finalement,
07:10et l'autre mamane,
07:11le mysticrier directement.
07:12Oui, c'est un peu ça
07:13mais en revanche,
07:14je ne vois pas
07:14véritablement en quoi
07:15la destitution d'un président
07:17est véritablement
07:18la seule issue démocratique.
07:20Il me semble au contraire
07:21que l'intérêt
07:22d'un régime démocratique
07:23est de réussir
07:23à produire de la légitimité
07:25parmi les gens
07:27que, pardonnez-moi,
07:28les élus
07:28que les électeurs
07:29auront désignés
07:30et précisément
07:31en venir à destituer,
07:33à abroger
07:34le mandat de quelqu'un,
07:35c'est considérer
07:36qu'en réalité
07:36il n'a pas eu
07:37la légitimité
07:37que les électeurs
07:38lui ont pourtant donnée.
07:39Oui, mais ça voudrait dire
07:40rebattre les cartes,
07:41faire un nouvel appel
07:42au peuple
07:42avec de nouvelles élections aussi.
07:44Oui, absolument
07:45mais elles sont déjà prévues
07:47dans un an et demi.
07:48On comprend en réalité
07:49que l'idée de Jean-Luc Mélenchon
07:50est en l'occurrence
07:50principalement
07:51la déstabilisation majeure
07:52de nos institutions politiques,
07:54la stimulation
07:54d'une colère sociale
07:55sur laquelle il entend
07:56d'ailleurs déjà
07:57se reposer
07:57le 10 septembre prochain.
08:00Naturellement,
08:00d'un point de vue
08:01purement politique
08:02ou du moins politicien,
08:03il n'y a strictement
08:04aucune chance
08:04que cette démission contrainte
08:07du président de la République
08:08puisse être votée
08:10puisque l'intégralité
08:11des partis
08:11estimeront
08:11que ce n'est pas
08:12véritablement
08:12dans l'intérêt démocratique
08:14d'aboutir
08:15à quelque chose
08:15d'aussi massif
08:16et surtout
08:17d'aussi déstabilisateur
08:18par rapport
08:18aux équilibres
08:19de notre régime.
08:21Donc ça n'arrivera pas.
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