- il y a 5 mois
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00:00Un podcast issu des archives d'Europe 1
00:02Savez-vous que plus d'un tiers des crimes et délits commis en France
00:09sont traités par la Gendarmerie Nationale ?
00:14Je m'appelle Yann Kermadek, je suis commandant de gendarmerie.
00:22Je dirige une section de recherche dont la mission essentielle
00:25est une mission de police judiciaire.
00:30L'histoire que je vais vous raconter est une histoire vraie.
00:41Tous les faits sont réels et se sont déroulés en France.
00:45Seuls, les noms des personnes et des lieux ont été changés.
00:55Tout avait commencé comme une romantique histoire d'amour.
00:58Nelly était une adolescente rêveuse et indépendante, l'aînée d'une famille de cinq enfants.
01:06À 16 ans, elle était élève au lycée Camille Saint-Saëns de Chaumont.
01:11Un soir, à la sortie des classes, dans un café en fumée
01:14où les jeunes se retrouvaient pour boire un verre et jouer aux flippers,
01:18elle avait rencontré Jean-Marc, qui faisait son service militaire dans la région.
01:22Entre eux, ça avait été le coup de foudre.
01:27Ils s'étaient revus souvent et Nelly, qui découvrait l'amour, n'avait plus pensé qu'à Jean-Marc.
01:34Délaissant ses études, elle le rencontrait dès qu'il avait du temps de libre.
01:39Jean-Marc ne lui avait rien caché.
01:41Il avait 21 ans, il était marié et père d'un enfant.
01:46Mais la jeune fille, toute à sa passion, n'avait qu'une idée en tête.
01:51Suivre son amoureux partout où il irait et vivre jusqu'au bout cette merveilleuse aventure.
01:58Quand il fut libéré de ses obligations militaires,
02:02Jean-Marc décida de regagner son village natal près de Bordeaux,
02:06où il avait trouvé un emploi de manœuvre dans une entreprise de maçonnerie.
02:09Alors, Nelly décida de se faire émanciper et de quitter sa famille pour suivre le jeune homme.
02:18Elle trouva un emploi de serveuse dans la banlieue bordelaise,
02:21où le jeune couple avait loué un modeste appartement.
02:25Les premiers temps, tout alla très bien.
02:29Les mois passèrent et, peu à peu, Jean-Marc se mit à changer.
02:34Il rentrait de plus en plus tard, souvent ivre.
02:37Il était devenu brutal, agressif, et il ne tarda pas à être renvoyé de son travail.
02:45Au lieu de se ressaisir et de chercher un autre emploi,
02:48il se mit à dépenser dans les cafés et sur les champs de course
02:51le peu d'argent que Nelly gagnait pour tenter de survivre.
02:57Désespéré, la jeune femme en vint à souhaiter quitter son compagnon
03:01qui n'avait plus rien de l'homme tendre qu'elle avait aimé.
03:04Instinctivement, celui-ci se doutant des projets de Nelly la menaçait en lui disant
03:11« Si tu me quittes, je te tuerai ! »
03:15Cette situation dura plusieurs mois.
03:18Nelly n'était plus que l'ombre d'elle-même.
03:22Un jour, Jean-Marc rentra encore plus ivre et plus agressif que d'habitude.
03:27Il tenait un couteau à la main.
03:31Bien que Nelly ne lui ait fait aucun reproche, il s'approcha d'elle menaçant
03:36et, sans raison, il lui appuya le couteau sur le ventre, d'abord doucement, puis de plus en plus fort.
03:44Soudain, la malheureuse ressentit une vive douleur et s'aperçut que son sang commençait de couler abondamment.
03:50C'est à ce moment-là qu'elle comprit que Jean-Marc allait la tuer.
03:56Folle d'angoisse, mais dans un ultime sursaut de révolte,
03:59les forces décuplées par l'instinct de survie qui tout à coup se réveillait en elle,
04:03Nelly bouscula violemment celui qui la terrorisait depuis si longtemps.
04:08Il voit mort, Jean-Marc s'écroula,
04:12et la jeune femme, terrifiée, réussit à s'enfuir.
04:14Haletante, elle frappa à la porte de ses voisins qui, à la vue de Nelly ensanglantée et chancelante,
04:21appelèrent une ambulance pour la faire transporter d'urgence à l'hôpital.
04:27Bien évidemment, une enquête fut ouverte
04:29et Jean-Marc fut condamné à une peine de dix-huit mois de prison, dont douze avec sursis.
04:37Nelly, qui était de constitution robuste, ne tarda pas à se rétablir
04:42et à sa sortie de l'hôpital, profitant de l'incarcération de Jean-Marc,
04:48elle décida de quitter la région bordelaise pour aller s'installer dans le plus grand secret
04:53là où il ne pourrait jamais la retrouver, à Paris.
05:01Depuis sa prison, Jean-Marc s'acharnait à garder le contact avec celle qu'il avait voulu tuer.
05:07Il passait tout son temps à lui écrire des lettres passionnées
05:10dans lesquelles il l'assurait de son amour éternel,
05:13lui demandant pardon, la suppliant de lui répondre.
05:18Il connaissait bien sûr l'adresse de la famille de Nelly
05:21et, comme il avait appris que la jeune fille avait quitté Bordeaux,
05:25il lui écrivait chez ses parents.
05:27Mme Rocher, la mère de Nelly, faisait suivre le courrier de sa fille
05:34à sa nouvelle adresse parisienne,
05:36mais celle-ci, encore trop bouleversée par le drame qu'elle avait vécu,
05:41refusait de répondre aux lettres enflammées de son ancien compagnon.
05:46Nelly avait décidé de refaire sa vie,
05:48d'oublier sa douloureuse histoire avec Jean-Marc
05:51et de ne plus jamais le revoir.
05:53Elle n'avait que 18 ans
05:56et elle avait bien l'intention de ne pas gâcher sa vie.
06:01Cette première expérience malheureuse
06:03avait fait d'elle une femme responsable
06:06qui avait la tête sur les épaules.
06:09À Paris, elle avait trouvé un travail qui lui plaisait,
06:13un petit appartement agréable
06:14et elle commençait à se faire des amis.
06:18Elle n'avait plus rien de la jeune fille naïve
06:20que Jean-Marc avait séduit
06:22parce qu'il était un champion de baby-foot
06:24et parce qu'il avait un joli visage.
06:29Elle recevait chaque jour
06:30une ou même plusieurs lettres de Jean-Marc
06:33et elle constatait avec angoisse
06:34que ces lettres étaient de plus en plus pressantes
06:38et à travers les mots d'amour,
06:40elle ressentait confusément
06:42les menaces qu'il lui adressait.
06:47Six mois après son incarcération
06:49à la maison d'arrêt de Gradignan,
06:52Jean-Marc Giraud se retrouva libre comme l'air
06:54et alla s'installer chez ses parents à Bordeaux
06:57où il vécut plusieurs semaines
07:00sans se soucier de trouver du travail.
07:02Il retourna dans le quartier où il avait vécu avec Nelly,
07:08traîna dans les bistrots qu'il avait fréquentés,
07:11joie de nouveau aux courses,
07:14mais le cœur n'y était plus.
07:18Alors, un jour,
07:21désoeuvré, déçu, furieux
07:24de n'avoir reçu aucune réponse à ses lettres,
07:26Jean-Marc décida de retrouver Nelly,
07:28d'aller la chercher.
07:31Pour cela,
07:33il fallait qu'il aille à Trex,
07:35chez les parents de Nelly.
07:37Peut-être c'était-elle réfugiée dans sa famille,
07:41peut-être n'osait-elle pas lui répondre,
07:43les lettres s'étaient peut-être perdues,
07:45ou peut-être qu'une personne mal intentionnée
07:48les avait subtilisées.
07:50Il fallait qu'il sache.
07:54Il voulait en avoir le cœur net.
07:57Peut-être que Nelly l'attendait.
08:00Il suffirait qu'il lui demande de le suivre,
08:03et elle obéirait,
08:04puisqu'elle ne lui avait jamais rien refusé.
08:08De toute manière,
08:10elle ne pourrait pas dire non.
08:12Dans sa valise,
08:16Jean-Marc plaça soigneusement son unique bien,
08:20une carabine 22 longs rifles démontée en deux parties.
08:25Puis,
08:26il prit le chemin de la gare.
08:29Le 24 février, à 11h30,
08:32Jean-Marc Giraud arrive en gare de Chaumont
08:34et se rend à Trex en autostop.
08:38À midi,
08:41il est devant la maison des rochers,
08:42les parents de Nelly,
08:44mais il trouve porte-close.
08:47Personne.
08:49Et Nelly n'est pas là,
08:50il le sait.
08:53Jean-Marc sent une violente colère monter en lui.
08:57Nelly lui a échappé,
08:58elle s'est moquée de lui,
08:59il sait maintenant ce qu'il lui reste à faire.
09:03Après avoir contourné le pavillon,
09:06Jean-Marc fait voler en éclat
09:07la vitre de la fenêtre de la salle à manger
09:09qui se trouve au rez-de-chaussée,
09:11tourne l'espagnolette
09:12et réussit à entrer dans la maison.
09:15Là,
09:16il assemble nerveusement sa carabine,
09:18engage un chargeur
09:19et introduit d'un mouvement sec
09:21une balle dans le canon.
09:24Et en attendant que quelqu'un se manifeste,
09:27il se met à fouiller frénétiquement les tiroirs
09:30à la recherche de l'adresse de Nelly.
09:32Vers 13h,
09:36une voiture se range devant la maison.
09:39Jean-Marc monte précipitamment au premier étage
09:40et observe discrètement les arrivants
09:42par la fenêtre d'une chambre.
09:45C'est Mme Rocher
09:46et son fils Franck,
09:49le frère de Nelly.
09:51Il y a aussi
09:52Florence,
09:54la fiancée de Franck.
09:55Jean-Marc voit chacun des arrivants
09:59déposer des sacs remplis de victuailles
10:01et se débarrasser de leurs manteaux et blousons
10:04dans l'entrée.
10:06Quelques instants plus tard,
10:08la fourgonnette du boulanger
10:09s'arrête devant la maison en klaxonnant.
10:13Franck et sa mère sortent,
10:14sans doute pour acheter du pain.
10:17Jean-Marc en profite pour descendre
10:18et sous la menace de son arme
10:20fait monter la jeune Florence
10:21dans une chambre du premier étage.
10:23Là, il tire le verrou
10:25et fait glisser la lourde commode
10:26devant la porte.
10:29Alerté par les cris de sa fiancée,
10:31Franck se retourne
10:32et voit Jean-Marc à la fenêtre
10:33qui, menaçant Florence
10:35avec sa carabine,
10:36se met à hurler
10:37« Je garderai ta femme
10:38tant que Nelly ne sera pas ici.
10:41Si Nelly ne vient pas me rejoindre,
10:42je tuerai Florence.
10:44J'hésiterai pas à tirer
10:45sur ceux qui essaieront
10:46d'entrer dans la maison. »
10:48Jean-Marc Giraud
10:49allait-il mettre
10:49ses menaces à exécution ?
10:52« C'est ce que vous saurez
10:54dans quelques instants. »
11:03Nelly et Jean-Marc
11:04se sont rencontrées
11:05à Chaumont
11:05où le jeune homme
11:06faisait son service militaire.
11:09Nelly était encore lycéenne
11:11mais à 16 ans,
11:13elle était persuadée
11:14d'avoir rencontré
11:15le grand amour.
11:16Quand, libéré
11:19de ses obligations militaires,
11:21Jean-Marc retourne
11:22dans la région bordelaise
11:23où il est né,
11:24bien qu'il soit marié
11:25et perd un enfant,
11:27Nelly le suit
11:28et s'installe avec lui.
11:32Mais au bout
11:32de quelques mois,
11:34Jean-Marc n'a plus rien
11:35du jeune homme
11:36tendre et amoureux
11:37qui avait séduit Nelly.
11:39Il est buveur,
11:42joueur,
11:44paresseux.
11:45Il perd son travail
11:46et il devient violent.
11:49Un jour,
11:51il blesse la jeune femme
11:52avec un couteau.
11:54À la suite de ce drame,
11:56au cours duquel
11:56elle a failli mourir,
11:58Nelly décide
11:59de s'enfuir à Paris
12:00pendant que Jean-Marc,
12:02qui a été condamné,
12:03purge sa peine en prison.
12:04Après six mois
12:07d'incarcération,
12:09Jean-Marc retrouve
12:10la liberté
12:11et décide
12:12de retrouver Nelly.
12:14Pour cela,
12:15il se rend
12:16chez les parents
12:17de la jeune femme
12:17armée d'une carbine
12:1922 longs rifles
12:20et prend en otage
12:22Florence,
12:23la fiancée
12:23du frère de Nelly.
12:27À 13h15,
12:29la brigade territoriale
12:30de gendarmerie
12:31de Chaumont
12:31est alertée
12:32et me prévient aussitôt.
12:34À 13h30,
12:38accompagné
12:39de trois de mes hommes,
12:41je me rends
12:41sur les lieux.
12:43Il y a déjà
12:44un attroupement
12:45devant la porte.
12:47Nous sommes
12:48fraîchement accueillis
12:49par Jean-Marc Giraud
12:50qui, par la fenêtre,
12:52pointe son arme
12:53dans notre direction
12:54et tire un coup
12:55de carabine en l'air,
12:56ce qui a pour effet
12:57de faire reculer
12:57les badauds
12:58dans l'affolement général.
13:01Je vous préviens,
13:02les gendarmes,
13:03si vous tentez
13:03d'entrer dans la maison
13:04ou de faire quoi
13:05que ce soit
13:05contre moi,
13:06je tire dans le tas,
13:07que tout le monde dégage.
13:09Je veux seulement Nelly.
13:10Si à minuit,
13:11elle n'est pas là
13:12avec une voiture,
13:13je tue la fille.
13:16Jean-Marc Giraud
13:17parle d'une voix ferme
13:18et a l'air bien décidée
13:20à aller jusqu'au bout.
13:22Je m'empare
13:23du porte-voix.
13:24M. Giraud,
13:26vous feriez mieux
13:27de libérer Florence
13:28tout de suite.
13:30Nous essayons
13:31de joindre Nelly
13:31pour qu'elle vienne,
13:33mais il est inutile
13:34de garder la jeune fille
13:35en otage.
13:36Relâchez-la !
13:38Et vous me prenez
13:39vraiment pour un imbécile ?
13:41Si je relâche Florence,
13:42vous m'arrêterez
13:42et je ne reverrai jamais Nelly.
13:44M. Giraud,
13:47qui vous dit
13:48que Nelly a envie
13:49de vous revoir ?
13:51Moi, je sais
13:51que si je la revois,
13:53même cinq minutes,
13:54je saurais la convaincre
13:55de vivre à nouveau
13:56avec moi.
13:57Maintenant, taisez-vous !
13:59Allez-vous-en tous
13:59où je tire !
14:01Et Jean-Marc Giraud
14:03tire encore une fois
14:04un coup de carabine
14:05en l'air.
14:07Le mieux que nous ayons
14:08à faire pour éviter
14:09une effusion de sang,
14:10c'est de nous retirer,
14:12car le jeune homme
14:13est de plus en plus excité.
14:14Nous faisons dégager
14:16les abords du pavillon
14:17et nous nous mettons
14:18en observation
14:19à environ 50 mètres.
14:22Devant la gravité
14:23de la situation,
14:25je demande la mise en place
14:26d'un dispositif de sécurité
14:28composé des gendarmes
14:30des brigades territoriales voisines
14:31appelées en renfort.
14:34Deux maîtres chiens
14:35accompagnés de leurs bergers allemands
14:37arrivent également sur les lieux.
14:40Je fais aussi demander
14:40trois tireurs d'élite
14:42munés de leurs fusils à lunettes
14:44ils ne tardent pas
14:45à nous rejoindre.
14:47Le sous-préfet
14:48et le procureur
14:50de la République
14:50sont là ainsi que
14:51M. le maire
14:52qui a essayé
14:53de parlementer
14:54avec Jean-Marc
14:55mais en vain.
14:58Il est 16h30.
15:01Tant qu'il fait jour
15:02nous ne pouvons pas
15:03tenter grand-chose.
15:05Heureusement
15:06nous sommes en hiver
15:07la nuit tombera vite
15:08et comme il fait
15:10très froid
15:10Jean-Marc
15:12garde la fenêtre
15:13de la chambre
15:13où il se trouve
15:14avec son otage
15:15fermée.
15:17Tant que cette fenêtre
15:18restera fermée
15:19il y a peu de chance
15:21qu'il entende
15:22ce qui se passe
15:23au dehors.
15:26Vers 18h15
15:27je décide
15:29de procéder
15:30à une reconnaissance
15:30des lieux.
15:33Prudemment
15:33sans faire
15:35le moindre bruit
15:36je parviens
15:37à me glisser
15:37dans la maison.
15:39La cuisine
15:40et la salle à manger
15:41sont au rez-de-chaussée
15:42et au premier étage
15:44il y a
15:45trois chambres
15:46mansardées
15:46desservies
15:48par un escalier central.
15:51A l'extérieur
15:52le gendarme
15:54plus vert
15:54grimpe
15:55sur le toit
15:56d'une maison
15:57située à quelques mètres
15:58en face du pavillon
15:58des rochers.
16:01Il réussit
16:01à apercevoir
16:02Jean-Marc Giraud
16:03et Florence
16:03dans la chambre
16:04qui se trouve
16:05au-dessus
16:06de la cuisine.
16:08La chambre
16:08est éclairée
16:09faiblement
16:10par une lampe
16:10de chevet.
16:13La jeune fille
16:13Florence
16:14est assise
16:15sur un lit
16:16près de la fenêtre
16:17qui est fermée
16:17et Jean-Marc
16:19est assise
16:20sur un autre lit
16:21à proximité
16:22de la porte
16:23surveillant
16:24les issues.
16:27Sa carabine
16:27à la main.
16:30Je sors
16:30de la maison
16:31et je rejoins
16:32le gendarme
16:33bleu vert
16:33sur le toit
16:33de la maison
16:34voisine.
16:36Tout à coup,
16:37la fenêtre
16:38de la chambre
16:38où Jean-Marc
16:39garde son otage
16:40s'ouvre bruyamment.
16:43Mon Dieu,
16:43pourvu qu'il ne m'ait
16:44pas vu.
16:46Mais non.
16:48Jean-Marc
16:48crie à tue tête
16:49à qui veut l'entendre
16:50« Je sais que vous êtes
16:51là,
16:52planqués.
16:53Je voudrais un café
16:54au lait et du pain.
16:56Que quelqu'un m'apporte
16:56un café au lait
16:57et du pain. »
17:00Et il referme
17:01la fenêtre.
17:04Immédiatement,
17:04je descends
17:05de mon observatoire
17:06et je donne
17:07des ordres
17:08pour qu'on prépare
17:08un café au lait
17:09auquel on aura
17:10mélangé
17:11un fort calmant
17:12prescrit
17:13par le médecin
17:14du village.
17:14« Si tôt dit,
17:16si tôt fait,
17:18après quelques
17:19tractations,
17:20Jean-Marc
17:21accepte que ce soit
17:22M. le maire
17:23qui lui apporte
17:24son café au lait
17:25et son pain. »
17:29De retour parmi nous,
17:31le maire expose
17:31son point de vue
17:32qui n'est pas du tout
17:34le même
17:34que le mien.
17:37« Commandant Kermadec,
17:39je pense qu'il faut
17:40donner satisfaction
17:41à ce garçon
17:41et faire venir Nelly
17:43pour qu'il se rende
17:44sinon il aura
17:45vite fait
17:45de tuer
17:46la jeune fille
17:47qu'il garde
17:47en otage. »
17:50« N'en croyez rien,
17:50M. le maire.
17:52Dès que Jean-Marc
17:53Giraud aura obtenu
17:54ce qu'il demande,
17:55c'est-à-dire Nelly,
17:56qui ne sera là
17:57que contrainte
17:58et forcée,
17:59il refusera
18:00de rendre sa carabine
18:01et Nelly
18:02sera son otage.
18:04Il exigera
18:04qu'on les laisse partir
18:05et pour cela,
18:07qui sait
18:07ce dont il sera capable.
18:09Non, M. le maire,
18:10je crois qu'il faut
18:11que Jean-Marc
18:12pense qu'on va
18:12lui donner
18:13satisfaction
18:14ceci afin
18:15de diminuer
18:16sa méfiance.
18:18« Mais,
18:18commandant,
18:19je lui dis
18:19que Nelly
18:20allait venir. »
18:22« Mais vous avez
18:22bien fait,
18:23M. le maire.
18:24Il faut lui
18:25laisser croire
18:25cela.
18:27Mais nous devrons
18:28le neutraliser
18:29soit par la force,
18:32soit par surprise. »
18:36Il est 20h.
18:37Le préfet me demande
18:39d'investir la maison
18:40et de procéder
18:42à l'arrestation
18:44de Jean-Marc Giraud.
18:47Si nous le neutralisons
18:49par la force
18:49en faisant tirer
18:50un de mes hommes
18:51muni de son fusil
18:53à lunettes,
18:54Jean-Marc Giraud
18:55risque d'être tué.
18:57Et s'il n'est que blessé,
18:59il peut
18:59tuer Florence.
19:02Il me faut à tout prix
19:03éviter toute effusion
19:05de sang.
19:06L'opération jugée
19:08trop dangereuse
19:08est donc abandonnée.
19:11À 20h40,
19:12la décision définitive
19:14est prise.
19:15L'action va être menée
19:17par surprise.
19:19L'assaut est fixé
19:20à 21h très précise.
19:24Les tireurs d'élite
19:25sont placés
19:25de manière
19:26à neutraliser Jean-Marc
19:27au cas où il s'approcherait
19:29trop dangereusement
19:30de la fenêtre
19:31pendant qu'on essaie
19:32de manœuvrer
19:32à son insu.
19:35Dans le plus grand silence,
19:38mes hommes mettent
19:39en place,
19:39côte à côte,
19:41deux échelles
19:42sous la fenêtre
19:43de la chambre.
19:46À 20h45,
19:48le gendarme
19:49Pluvert et moi,
19:51nous commençons
19:51à gravir
19:52les échelons.
19:54Lentement,
19:56très lentement,
19:59sans faire
19:59le moindre bruit,
20:00chacun de notre côté,
20:04suivi par deux autres
20:05gendarmes.
20:08Dans la maison,
20:10au pied de l'escalier,
20:12les deux maîtres chiens
20:13et leurs bêtes
20:13sont prêts à bondir
20:14jusqu'au premier étage.
20:16doucement,
20:18doucement,
20:20très doucement,
20:22avec
20:22d'infinies
20:24précautions,
20:26je monte
20:26les derniers échelons.
20:30J'arrive enfin
20:31à hauteur
20:32de la fenêtre.
20:33Il est 21h.
20:38Je prends
20:39une profonde inspiration
20:41comme pour plonger
20:42et de toutes mes forces,
20:45je percute la fenêtre.
20:47D'un bond,
20:47je suis sur Jean-Marc
20:48qui,
20:49est-ce l'effet de surprise
20:50ou celui du calmant
20:51administré dans son café au lait,
20:53n'a pas le temps
20:54de réagir
20:54pendant que je détourne
20:55le canon de sa carabine.
20:58Pluvert a sauté,
20:59lui aussi.
21:00Il maintient Jean-Marc
21:01pendant qu'un troisième gendarme
21:02protège la jeune fille.
21:05En quelques secondes,
21:07la commode
21:08qui bloquait la porte
21:09de la chambre
21:09est déplacée
21:10et les deux chiens
21:11tenus en laisse
21:12font irruption
21:13dans la chambre,
21:14prêts à se jeter
21:15sur le forcené.
21:18Pour Florence,
21:21très éprouvée
21:21par sa mésaventure,
21:24le cauchemar
21:24est enfin terminé.
21:27Elle se précipite
21:28dans les bras
21:28de son fiancé
21:29et
21:32Jean-Marc Giraud
21:33sans un mot
21:35sort de la pièce
21:38les menottes
21:39aux poignets.
21:42De sa voiture,
21:44Nelly,
21:45arrivée depuis peu,
21:47le regarde
21:48s'éloigner
21:49dans la lumière
21:50irréelle
21:51des girofards.
21:54De grosses larmes
21:55coulent
21:56le long de ses joues.
21:57Jean-Marc,
22:00lui,
22:01ne l'a pas vue.
22:04Il ne la reverra
22:05sans doute jamais.
22:08Pour Nelly,
22:10maintenant,
22:12la vie peut,
22:13peut-être,
22:15enfin,
22:16commencer.
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