00:00C'est ce qui s'appelle un soutien franc et massif.
00:05Deux Français sur trois soutiennent le mouvement Bloquons Tout, prévu pour le mercredi 10 septembre.
00:11Résultat du sondage Toluna Harris Interactive, réalisé pour RTL.
00:15Ce matin, et c'est notre événement, nous avons voulu savoir qui sont ces Français qui veulent tout bloquer
00:19et que certains semblent déjà revêtir d'un gilet jaune nouvelle collection.
00:23Bonjour Léna Ménager.
00:24Bonjour Thomas, bonjour.
00:25C'est vous qui avez enquêté pour RTL. Alors qui sont ces personnes en colère Léna ?
00:29Eh bien pour le savoir, direction Télégramme, c'est sur cette messagerie en ligne écriptée que ces personnes discutent.
00:34Après plusieurs jours d'échange, je réussis à convaincre le collectif de Saint-Denis de me rencontrer.
00:39Rendez-vous donc devant un supermarché du centre-ville. C'est là que le groupe a l'habitude de tracter.
00:44Le 10 septembre, on bloque tout.
00:46Vous connaissez le mouvement du 10 septembre ?
00:48C'est contre le programme du gouvernement antipopulaire.
00:52Celle que vous entendez, c'est Gabrielle, 73 ans. Il y a 6 ans, elle était déjà sur les ronds-points avec les gilets jaunes.
00:58Aujourd'hui, la retraitée tente de convaincre cette habitante de faire grève.
01:01Si on ne nous entend pas, on va bloquer. Bloquer les routes, bloquer des places, ne pas travailler.
01:07A la sortie du supermarché, il y a Tassacide, caba de course à la main qui se saisit d'un tract et commence à le lire.
01:13Suppression de la réforme des retraites, bien sûr, j'y suis moi.
01:16Et plus d'argent pour l'école, l'hôpital, les transports ?
01:19Oui, l'hôpital, oui. Les transports, oui. Rien ne va plus à Saint-Denis.
01:23Regardez le trou là-bas, c'est logique ça. Il y a des trous sur toute la chaussée.
01:27Moi, je suis en pavillon. Je suis obligé de nettoyer tout le long parce que l'État ne le fait pas. Enfin, la ville ne le fait pas.
01:33Des citoyens ont donc décidé de prendre les choses en main.
01:36Des Français de tout horizon. J'ai croisé Issam, chauffeur-livreur de 41 ans, qui demande à mieux gagner sa vie.
01:42Marc, syndicaliste à la CGT, lui, veut la retraite à 60 ans.
01:45Gabriel, elle, enfin, souhaite que l'Union européenne arrête de financer la guerre en Ukraine.
01:49Issam, Marc, Gabriel et les autres, on entend des profils variés, des jeunes actifs, des retraités.
01:55Mais est-ce que ces personnes que vous avez rencontrées sont engagées politiquement ?
01:58Ils s'intéressent à la politique, bien sûr, mais ils se méfient beaucoup des partis politiques.
02:02C'est d'ailleurs pour ça qu'ils ont fondé un mouvement citoyen, explique Saïd, 24 ans, électeur d'extrême-gauche.
02:07On voit très bien, de toute façon, il y a un certain nombre de personnes qui vont venir nous voir.
02:10Ils vont faire, bon, du coup, vous êtes qui ? Est-ce que vous êtes un parti politique ?
02:13Bah non, en fait. Et à chaque fois, ça les rassure de ne pas avoir à, encore une fois, faire confiance à un parti politique.
02:18Là, vous pourriez vous tracter avec des gens qui votent ?
02:21Mais on tracte avec des personnes qui ont des idées racistes.
02:23C'est quoi, votre point commun avec eux ?
02:24Déjà, d'être opposé au gouvernement, d'être en ce petit système et d'avoir envie d'obtenir une vie meilleure.
02:29Un groupe où cohabitent les extrêmes, impensable pour Thierry, qui refuse un tract à la sortie du supermarché.
02:35Vous avez complètement vrillé à l'extrême-extrême-gauche.
02:37Ça, c'était un mouvement qui était un mouvement patriote à la base, qui a été récupéré par les gauchistes.
02:42Et aujourd'hui, ils veulent tout bloquer, grève générale, etc., avec des gens qui ne travaillent pas.
02:46Des dissensions politiques qui apparaissent en ligne aussi, sur la vingtaine de canaux télégrammes dédiés au 10 septembre.
02:52Alors, évidemment, la question que tout le monde se pose, est-ce que se bloquons tous le 10 septembre,
02:56va être une sorte de résurgence du mouvement des Gilets jaunes ?
02:58Est-ce qu'on peut le comparer à ce mouvement ?
03:00Eh bien, j'ai posé la question à Antoine Bernard de Raymond, sociologue et spécialiste du mouvement des Gilets jaunes.
03:05On peut voir une petite différence quand même, c'est que les Gilets jaunes, c'était partie de la question de l'essence.
03:10Et donc, les gens que ça avait touché au premier chef, c'était des gens qui habitaient dans les zones rurales ou périurbaines
03:16et qui avaient besoin de la voiture tous les jours pour aller travailler.
03:19Là, on est sur une mesure d'austérité, sur la suppression de jours fériés.
03:24Et ça, ça touche tout le monde d'emblée.
03:25L'autre différence, c'est que les Gilets jaunes avaient appelé à des rassemblements sur des ronds-points.
03:30Aujourd'hui, on observe plutôt des appels à rester chez soi pour bloquer l'économie.
03:33Merci beaucoup à vous, Léna Ménager.