- il y a 5 mois
Un éboulement a fait deux morts sur la RN 205 en Haute-Savoie ce mercredi soir. Deux autres personnes sont blessées, dont l'une gravement.
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00:00Nous allons prendre la direction tout de suite des Alpes avec cette information que l'on a appris en tout début de soirée.
00:07Ça se passe dans les Alpes sur une route nationale, pas très loin de Chamonix, Paul Conges.
00:12Et selon les premières informations, il y aurait deux victimes, deux automobilistes à la suite d'un éboulement.
00:18Oui, la situation est assez dramatique sur place parce qu'un bloc rocheux s'est détaché de la falaise sur cette route de montagne.
00:23Donc entre Chamonix et Passy, c'était autour de 18h.
00:27Et cet éboulement rocheux, il a percuté le toit d'une voiture de particulier qui circulait là.
00:33Il transportait quatre personnes sur cette fameuse RN 205.
00:37Et le premier bilan humain est terrible.
00:40Deux personnes décédées, ce sont les passagers arrière du véhicule que la roche a percuté en se décrochant.
00:46Et selon nos informations, le conducteur est également gravement blessé.
00:50Et la passagère avant, plus légèrement, les victimes survivantes de cet accident ont été prises en charge
00:56vers les centres hospitaliers voisins de Salonche et d'Annecy.
01:0050 sapeurs-pompiers sont sur place, dont une dizaine d'experts en déblément,
01:04qui doivent notamment s'atteler à désincarcérer la voiture qui a été piégée par la roche.
01:09Et puis une vingtaine de gendarmes sont également sur place pour sécuriser la zone
01:12et pour faire les premiers actes d'investigation.
01:14Alors Thomas Piodella, bonsoir.
01:16Vous êtes chauffeur de car.
01:18Vous étiez dans le secteur en fin d'après-midi.
01:21Racontez-nous ce qui s'est passé.
01:24Alors je sais que vous n'étiez pas vraiment à proximité de l'accident.
01:27Mais vous avez vu, vous avez constaté qu'il y avait énormément de mouvements, d'effervescence
01:32avec des déplacements, des allers-retours, notamment des pompiers qui étaient présents en force
01:36sur le terrain très rapidement.
01:38Oui, c'est ça.
01:40Bonsoir, bonsoir à tous.
01:41Effectivement, je terminais ma journée de travail.
01:43J'empruntais cette route comme je le fais tous les jours pour rentrer chez moi.
01:47Et on voyait que vraiment, ça s'activait dans tous les sens.
01:49On se demandait ce qui se passe, qu'on n'avait pas plus d'infos.
01:52Et puis après, on sait ce qui s'est passé.
01:55Puis on voyait que les secours commençaient à se mettre en place.
01:57Ces déviations commençaient à être effectuées.
02:00Puis c'était un peu la galère à droite, à gauche.
02:03Thomas Piodella, je le disais, vous êtes chauffeur d'autocar.
02:07Vous avez l'habitude d'être sur ce type de route.
02:12On est à proximité, racontez-nous, à proximité du tunnel du Mont-Blanc, c'est ça ?
02:17Oui, c'est ça, tout à fait.
02:18À quelques kilomètres, à même pas une dizaine de minutes.
02:22Et alors, très rapidement, vous le disiez, la circulation a été coupée.
02:26Je le disais dans les titres, le tunnel du Mont-Blanc a été fermé dans un sens
02:32entre la France et l'Italie.
02:34Oui, c'est ça, tout à fait, par mesure de précaution.
02:36Et pour éviter un embouteillage encore plus important qu'il était actuellement, en fait.
02:40Alors, on parle d'éboulement.
02:42Paul Conge, spécialiste police-justice de BFM TV, parlait du bilan à l'instant.
02:47Parlait de ce rocher qui s'est décroché.
02:51J'allais vous dire, est-ce que c'est fréquent, ce type de choses dans le massif alpin ?
02:56Malheureusement, dans la région, on est très souvent habitué à ces chutes de rochers.
03:00Notamment, je pense aussi aux Gorges-de-Larly qui sont très fréquemment touchées.
03:04Mais c'est vrai que moi, pour emprunter très régulièrement cette route pour rentrer à la maison,
03:08c'est vrai qu'on a toujours un oeil en haut pour regarder si ça ne tombe pas, en fait.
03:10– Alors, a priori, cette voiture était une voiture de touriste.
03:16Est-ce qu'il y a de la signalisation sur le parcours, sur le tracé,
03:21à proximité de ce secteur, pour signaler éventuellement qu'il peut y avoir des risques d'éboulement ?
03:29– Oui, tout à fait. Effectivement, il y a des signalisations qui sont mises en place,
03:32il y a des filets de protection.
03:33Mais malheureusement, quand ça tombe, les filets, ça ne fait que retenir.
03:35Après, ça ne peut pas empêcher la chute totale.
03:37– Alors, Thomas Piodella, vous êtes chauffeur d'autocar dans la région.
03:42Est-ce qu'il y a eu des consignes ensuite de la part, par exemple, peut-être de votre entreprise,
03:47de la part des autorités locales sur le secteur ?
03:50Comment ça s'est passé, organisé, en fin d'après-midi ?
03:54– Après, ce qui s'est passé, c'est qu'on a eu des consignes d'être prudents,
03:58de faire attention, de prendre notre mal en patience
04:00et qu'il fallait attendre que cela se passe pour qu'on puisse regagner la route, en fait.
04:05– Est-ce qu'il y a eu des embouteillages ?
04:09Est-ce qu'il y a eu des difficultés sur le secteur en fin d'après-midi
04:12à la suite de cet accident tragique ?
04:16– Oui, effectivement.
04:17En fait, moi, quand je rentrais aux alentours un peu plus de 18h20, 18h15,
04:22ça commençait à avoir des embouteillages.
04:24Et puis, on voyait que la signalisation de déviation venait d'être mise en place.
04:27Donc, c'était un peu la galère.
04:28Mais après, tout cela a été mis en place par la TMB.
04:30Et puis après, tout a été fluide pour rentrer.
04:32Mais environ une vingtaine de minutes de perdu.
04:34– Merci, Thomas Piodella.
04:36Merci pour votre témoignage sur l'antenne de BFM TV ce soir à propos de cet éboulement.
04:41Anthony Ferry, vous êtes spécialiste météo, climat, on vous connaît bien.
04:44Mais vous êtes surtout expert en géologie.
04:48Et ce souci-là, il est lié au terrain
04:52et peut-être dû également à cette situation de pluie, de sécheresse, de sol sec, c'est ça ?
04:58– Oui, en fait, on a eu la succession malheureuse de deux événements météorologiques.
05:02Tout d'abord, évidemment, l'épisode caniculaire que nous avons connu
05:06et que cette région a connu avec des barres de 35 degrés facilement atteintes par endroit.
05:11Cette chaleur, qu'est-ce qu'elle a fait, Jean Wilfrid ?
05:14Eh bien, elle a créé des fissures à l'intérieur de la roche, tout simplement par contraction thermique.
05:20Et le problème, eh bien, c'est que très récemment, c'est-à-dire depuis 24 heures,
05:24nous connaissons au niveau de la Haute-Savoie et de la Savoie des orages intenses
05:28qui ont apporté près de Passy d'ailleurs 20 litres d'eau par mètre carré sur 24 heures.
05:32Cette pluie, elle s'est embouffrée dans ces fissures qui ont été créées lors de la canicule.
05:36– Donc, c'est la conjugaison des deux phénomènes.
05:37– C'est la conjugaison des deux phénomènes.
05:39Les fissures remplies d'eau ont augmenté la pression à l'intérieur des roches.
05:45Et à un moment donné, lorsque la pression est trop forte,
05:48eh bien, le bloc s'effondre et la nature de la roche aussi joue.
05:52Là, au niveau de cette RN 205, nous sommes notamment,
05:55on le voit sur ces images avec des roches assez claires, c'est du calcaire.
05:58Le calcaire est une roche très fragile qui, malheureusement,
06:02avec ses successions de chaleur et de pluie, eh bien, sont facilement friables.
06:07– Paul Conge.
06:08– Oui, justement, c'est une zone à risque.
06:10Et justement, dès l'éboulement, dès les premières minutes,
06:13un hélicoptère du peloton de gendarmerie de Haute-Montagne de Chamonix
06:17a décollé pour survoler ces hauteurs rocheuses
06:19à la recherche d'instabilité, de zones friables
06:22pour déterminer si la paroi contenait, oui ou non, d'autres blocs
06:26qui pourraient ou pas se décrocher.
06:28Et donc, c'était sa mission, il a décollé immédiatement.
06:30Et ce que nous dit la préfecture ce soir,
06:32eh bien, que cette zone de départ, de chute des blocs,
06:35eh bien, elle reste toujours instable.
06:36– Anthony, je reviens vers vous.
06:38Le témoin disait tout à l'heure sur BFM TV, le chauffeur de bus,
06:43que ce phénomène était relativement récurrent, fréquent.
06:48– Totalement, pourquoi ?
06:50Parce que, alors, cette zone très précise,
06:52c'est des roches qui sont malheureusement très facilement friables,
06:58très facilement fragiles, c'est du calcaire.
07:00Et donc, souvent, lorsqu'on a une alternance de périodes sèches et humides,
07:05qui malheureusement s'amplifient avec le réchauffement climatique,
07:08eh bien, ce calcaire, il peut très facilement se décrocher.
07:11Et ça, on l'observe assez régulièrement dans ces zones montagneuses,
07:16notamment, donc, ici, au niveau du secteur de Passy.
07:20Alors, ce calcaire, il n'a rien à voir, par exemple,
07:23avec le granit que l'on rencontre au niveau du Mont-Blanc,
07:25qui, lui, est beaucoup plus dur.
07:26C'est pour ça qu'il y a moins d'éboulements dans cette zone du Mont-Blanc,
07:29mais beaucoup plus ici, au niveau de ce viac.
07:32– Alors, pour ceux qui nous rejoignent,
07:33on parle de cet éboulement qui s'est produit en fin d'après-midi
07:36dans la région de Chamonix, entre Chamonix et Passy,
07:39sur la route nationale 205.
07:41Le bilan est relativement lourd, important.
07:44Deux passagers qui étaient à l'arrière d'un véhicule,
07:46un véhicule de tourisme, sont décédés.
07:48Et il y a deux blessés graves, dont le conducteur qui a été hospitalisé.
07:53Florian Porras, merci d'être avec nous également.
07:55Vous nous avez rejoint.
07:56Un centre opérationnel départemental a été activé en préfecture
08:00afin, justement, de coordonner les opérations de secours et de sécurisation.
08:05Il est activé à quel moment, ce centre ?
08:07Qui prend la décision ?
08:08Eh bien, ce centre, il est activé lorsqu'un événement majeur
08:11se passe dans le département.
08:12Ça peut être une grande manifestation, un accident d'ampleur
08:16ou encore un épisode météorologique impactant la circulation routière.
08:20C'est, semble-t-il, ce qui est arrivé ce soir sur la RN 205
08:23avec, on l'a rappelé, ces deux victimes, ces deux passagers qui sont décédés.
08:27Où ce centre opérationnel départemental se trouve-t-il ?
08:30Jean Wilfrid, eh bien, il est situé au sein de la préfecture du département
08:33dans lequel a lieu l'événement en question.
08:36Ici, c'est donc en Haute-Savoie.
08:38La préfecture Annecy, des salles sont équipées au sein de la préfecture
08:42pour permettre une activation immédiate de ce centre en cas de crise
08:46comme ce qui est en train d'arriver ce soir.
08:48Qui se trouve à l'intérieur, Florian ?
08:50Qui se trouve à l'intérieur de ce centre opérationnel ?
08:52Quel type de personnes on trouve ?
08:54Alors, il y a le préfet, d'abord, c'est celui qui préside toutes ces opérations de secours.
08:58C'est le directeur des opérations de secours.
09:00Il assure la conduite et la coordination de ces opérations.
09:04Ce centre opérationnel départemental rassemble aussi l'ensemble des acteurs de la sécurité civile.
09:10Il y a la police nationale, la gendarmerie nationale, mais aussi les collectivités locales,
09:15en l'occurrence la mairie, le conseil départemental, le conseil régional.
09:20Chaque service collecte les informations qui remontent du terrain
09:23pour permettre au préfet ensuite de prendre les meilleures décisions
09:27en fonction de l'évolution de la situation.
09:29Et puis enfin, un dernier mot sur le poste de commandement opérationnel
09:32qui est en appui sur les lieux de l'événement.
09:36Ce centre de commandement opérationnel, il est installé au plus près du lieu d'action,
09:41en dehors tout de même de la zone à risque.
09:43Il est généralement dirigé par le sous-préfet, permet de coordonner les différents acteurs sur le terrain.
09:49Et encore une fois, il permet de faire remonter toutes les informations au centre opérationnel départemental,
09:56donc au sein de cette préfecture de Haute-Savoie.
09:58Voilà, dispositif complet qui a été déployé sur le terrain assez rapidement dès que l'incident s'est produit.
10:03Bonsoir Louis Soula, vous êtes urgentiste, vous êtes vice-président de SAMU Urgence de France.
10:09Merci d'être avec nous en ligne ce soir sur BFM TV.
10:12La première question que j'aimerais vous poser, beaucoup de secouristes sont sur place, on le disait.
10:17Quelle est la priorité des secouristes lorsqu'il y a ce type d'accident ?
10:21Oui, bonsoir. La priorité, bien sûr, c'est pour nous, pour les secours médicaux,
10:27de dénombrer le nombre de victimes et de les catégoriser pour les conditionner sur place et les orienter.
10:35Mais la situation particulière suite à cet éboulement, c'est tout d'abord de prioriser la sécurité des intervenants,
10:43des intervenants sapeurs-pompiers indispensables qui vont faire la reconnaissance de ce qu'on appelle, nous, le risque évolutif.
10:48Enfin, parce que comme cela a été dit, on n'est pas du tout sûr qu'il n'y ait pas de nouveaux éboulements.
10:53Et il faut bien sûr protéger tous les intervenants tout en se donnant les moyens d'accéder avec les moyens de sautage-déploiement
10:59des sapeurs-pompiers aux victimes. Et les équipes médicales vont les conditionner, les évaluer, évaluer la gravité,
11:06les orienter vers les hôpitaux adaptés.
11:09Vous êtes habitué, évidemment, avec des exercices d'entraînement à ce type d'intervention ?
11:14– Alors complètement, ça fait partie des missions d'ESMUR.
11:18Donc c'est des missions qui nous sont attribuées dans le cadre de la loi de médicale urgente.
11:25Et nous travaillons, comme cela a été dit, en inter-service, en lien avec les autres services de secours.
11:30Ça n'a pas compris que gendarmerie police, autorité du préfet et du commandant des opérations de secours,
11:35qui est au niveau du PC opérationnel, donc commandant des opérations de secours,
11:38qui a mis en place un directeur d'Escro-Médico pour recenser ces victimes
11:46et les orienter vers les hôpitaux et les services adaptés.
11:48– Alors tous les axes essentiels qui sont autour de cette route nationale ont été fermés,
11:54notamment un accès qui conduit à l'Italie. Dans un sens, il a été fermé.
11:58Il a été fermé pourquoi ? Pour permettre justement aux secours d'effectuer des allers-retours sur les axes vitaux ?
12:05– Tout à fait, on imagine les difficultés d'accès.
12:10Il faut déjà éviter que d'autres véhicules soient impliqués dans des chutes de rush secondairement.
12:18Et effectivement, il faut dans ces cas-là des axes d'évacuation prioritaires
12:22pour permettre l'évacuation des blessés.
12:25– Alors j'imagine aussi qu'on veut absolument éviter ce qu'on appelle le sur-accident.
12:31Racontez-nous ce que c'est.
12:32– Le sur-accident, c'est tout ce qui est lié à des carambolages de personnes
12:40qui s'arrêtent sur la route pour voir ce qui se passe et qui peuvent être piégées
12:44et surtout éviter d'exposer d'autres personnes à d'autres chutes.
12:49Donc c'est pour ça que la sécurité maximale est de couper l'accès,
12:53d'évacuer tous les véhicules qui peuvent l'être, parce que ce n'est pas forcément facile.
12:56Et le sur-accident, c'est souvent ce que l'on voit sur les autoroutes, sur la voie à contresens
13:00où on est surpris par la présence d'un accident et on a très souvent des accidents au contresens.
13:06Là, c'est un petit peu différent.
13:07Le risque principal, qui n'est certainement pas encore complètement évalué,
13:11c'est ce qu'on appelle nous le risque évolutif de chute de pierres secondaires
13:15sur des véhicules qui seraient trop près du lieu d'accident.
13:18C'est ce qu'on appelle, lorsqu'il y a par exemple des séismes, les risques de répliques,
13:23c'est-à-dire des éboulements qui pourraient se reproduire.
13:25C'est-à-dire que j'imagine que le travail des pompiers et des secouristes aussi,
13:29c'est de regarder si en l'air, tout est sécurisé.
13:33Alors c'est pour ça qu'il y a un hélico, Jean-Marie, qui a fait une reconnaissance
13:37pour voir s'il y avait d'autres risques d'éboulements.
13:40Et effectivement, les équipes, notamment les équipes de sapeurs-pompiers
13:43qui sont entraînées pour sauvetage d'éboulements,
13:46vont identifier ce risque évolutif de nouvelles chutes.
13:51C'est leur priorité après la prise en charge des premières victimes,
13:55malheureusement, appliquées dans ce grave accident.
13:58Alors justement, la priorité, vous le disiez, c'est la prise en charge des victimes.
14:02Vous êtes arrivé évidemment rapidement sur place.
14:04Malheureusement, vous avez constaté la disparition de deux personnes.
14:10Il y a deux victimes et c'est toujours évidemment une tragédie.
14:13L'autre priorité, c'était s'occuper des personnes qui étaient à l'avant
14:17puisque les victimes, les deux personnes décédées sont à l'arrière du véhicule.
14:22Les deux personnes blessées, elles, étaient à l'avant.
14:25Lorsqu'il y a un éboulement, il y a des rochers à déplacer,
14:29il faut mettre en sécurité ces personnes qui sont gravement blessées,
14:32notamment, je crois, le conducteur.
14:36Ça, c'est la mission principale des sabres-pontiers qui vont sécuriser les lieux
14:40et les équipes soignantes vont intervenir dans un deuxième temps
14:44dès lors que les lieux sont sécurisés, que les victimes sont accessibles
14:48parce que souvent, il se pose un problème d'accessibilité.
14:51Et effectivement, c'est une situation un peu complexe
14:55et qui touche principalement une famille.
14:57Il ne faut pas l'oublier, une famille qui touche une famille de touristes
15:01qui était en vacances et donc c'est un événement qui prend une dimension particulière
15:06d'où la nécessité secondairement de déclencher une cellule d'urgence médico-psychologique.
15:12Alors, les secours sont sur place toujours à l'heure qu'il est,
15:16les gendarmes sécurisent le terrain.
15:19Quel est le travail maintenant des urgentistes qui ont pris en charge,
15:25d'une certaine façon, les deux blessés ?
15:28Alors, les blessés, ils ont été évalués, ils ont été catégorisés,
15:33c'est-à-dire qu'on a évalué le niveau de gravité
15:34en séparant les urgences absolues qui doivent être évacuées prioritairement
15:39vers des plateaux techniques adaptés,
15:40des urgences relatives qui peuvent être traitées vers les hôpitaux de proximité.
15:44Et le rôle de la régulation médicale du SAMU,
15:46en lien avec le directeur des secours médicaux,
15:48c'est d'identifier des places pour se voir ces blessés,
15:52notamment les plus graves, dans des lieux qu'on appelle des trauma centers
15:55pour prendre en charge toutes les lésions secondaires à ce traumatisme
16:00dans les meilleurs délais et dans un environnement technique adapté,
16:04notamment en termes d'imagerie et de plateau chirurgical.
16:08Vous travaillez donc avec le centre opérationnel départemental
16:11dont parlait à l'instant Florian Porras ?
16:14– Tout à fait, le centre opérationnel départemental,
16:18le COD est en lien avec le centre opérationnel
16:21qui est à proximité du lieu d'intervention
16:24et qui, les informations sont transmises régulièrement
16:27et bien sûr, les hôpitaux qui vont recevoir les blessés sont avertis
16:34ainsi que de la nécessité d'accueillir des familles
16:38qui vont bien sûr appeler très rapidement.
16:41– Merci, merci Louis Soula d'avoir été ce soir en direct sur BFM TV
16:48pour évoquer ce drame sur cette route nationale 205
16:52entre Chamonix et Passy.
16:54Bonsoir David Dunal.
16:56– Bonsoir.
16:56– C'est une région que vous connaissez bien
16:58puisque vous êtes journaliste BFM TV,
17:00vous êtes originaire de cette région de la Haute-Savoie.
17:04Quelle est la difficulté lorsqu'on circule dans les Alpes
17:08sur ce type d'itinéraire ?
17:10Est-ce que par exemple, je posais la question tout à l'heure
17:12à l'un des invités, en l'occurrence ce chauffeur d'autocar
17:15qui circule énormément dans cette région,
17:17est-ce que les éboulements sont signalés, suffisamment signalés ?
17:21– Oui, tout à l'heure justement, ce témoin,
17:23vous parliez d'une autre route dans le département
17:25qui est souvent fermée à cause d'éboulements.
17:28Cette route que vous voyez à l'écran
17:31et sur laquelle cet éboulement-là a eu lieu,
17:34elle se trouve entre Chamonix et Saint-Gervais.
17:37C'est la nationale 205.
17:39C'est une route assez particulière dans le département
17:42puisqu'elle est séparée en deux axes.
17:43Vous avez l'axe montant via le viaduc des Égras
17:47qui lui a été ouvert en 1982
17:49qui permet de monter en direction de Chamonix.
17:52Et puis vous avez une autre route,
17:53c'est la route qui nous intéresse ce soir
17:56là où il y a eu cet éboulement
17:58parce que c'est la route qui descend de Chamonix
18:00en direction de la vallée
18:01et qui débouche sur l'autoroute A40.
18:03Et cette route, elle est à sens unique
18:05avec deux voies, vous descendez donc.
18:08Elle est par endroits limités à 50 km heure,
18:1025 pour les poids lourds
18:11parce qu'elle est très, très sinueuse.
18:14Elle longe la paroi rocheuse.
18:16Elle est vraiment très, très sinueuse.
18:19Vous avez d'un côté en fait,
18:21vous la voyez à l'image,
18:22vous avez d'un côté en fait vraiment la falaise
18:24avec des filets de protection,
18:26avec par endroits même des abris
18:29pour éviter justement les éboulements.
18:31Et puis de l'autre, vous avez le Ravin,
18:33c'est une pente à 7% tout de même.
18:35Et il y a donc ces filets de protection
18:38et c'est une route très, très empruntée dans le département.
18:40David, je disais tout à l'heure dans les titres
18:42que le tunnel du Mont-Blanc avait été fermé
18:44dans un sens entre la France et l'Italie.
18:47Le tunnel, il est vraiment situé à proximité.
18:50L'idée, c'est d'empêcher les camions
18:51de venir dans le secteur.
18:53Alors, en ce qui concerne cet axe,
18:55vous avez la fermeture de l'axe
18:57sur l'axe descendant.
18:58C'est là où il y a eu l'éboulement
18:59entre Chamonix et Passy.
19:02Et donc, il y a effectivement
19:03beaucoup de trafic dans la zone.
19:05Le trafic était annoncé comme fort aujourd'hui
19:08entre l'Italie et la France,
19:10là, sur le tunnel du Mont-Blanc,
19:12qui, lui, pour le moment, est ouvert.
19:14Les poids lourds, eux, sont bloqués,
19:16bloqués dans le sens descendant,
19:18bloqués dans le sens montant également
19:20pour ne pas qu'ils accèdent au tunnel du Mont-Blanc.
19:23Et il y a encore beaucoup de personnes
19:24qui sont bloquées sur cet axe,
19:26en axe descendant.
19:27Donc, il y a plusieurs poids lourds,
19:29plusieurs véhicules, des bus également,
19:30de voyageurs qui sont bloqués,
19:32toujours sur cet axe descendant
19:33qui permet de rejoindre
19:34la vallée de l'Arbre
19:35et ensuite Lyon ou Paris,
19:37beaucoup plus loin.
19:38Anthony Ferry, spécialiste météo et climat
19:40de BFM TV,
19:41mais également expert en géologie.
19:44Vous le disiez tout à l'heure,
19:45c'est un secteur à risque
19:46parce que la roche est poreuse,
19:49on va dire,
19:49et c'est rendu très compliqué.
19:52En tout cas, les éboulements sont facilités
19:54par une météo de ces dernières heures.
19:56Oui, en fait, vous allez tout comprendre
19:58de ce qui s'est passé,
19:59tout simplement en analysant
20:00la situation météo.
20:01Il a plu énormément ces dernières 24 heures
20:04sur le secteur.
20:05Et le problème,
20:07c'est que dans cette route sinueuse
20:08dont parlait David Dunal,
20:10elle est creusée entre des blocs de calcaire.
20:14Le calcaire, c'est une roche
20:15très particulière en géologie.
20:17Pourquoi ?
20:18Parce qu'elle est sensible à l'acidité.
20:21Et la pluie,
20:21lorsqu'elle tombe du nuage,
20:23elle se charge un petit peu en acidité
20:25avec le CO2 de l'atmosphère.
20:27Et lorsqu'elle tombe justement
20:29sur cette roche calcaire,
20:31eh bien, que se passe-t-il ?
20:32Elle le dissout un petit peu.
20:33Par exemple,
20:34lorsque l'on met une bout de dos
20:35sur un carré de sucre.
20:36C'est exactement la même chose
20:37qu'il se passe ici.
20:39Sauf qu'évidemment,
20:40ça se fait sur des centaines d'années.
20:42Et sur des centaines d'années,
20:43eh bien, on va dissoudre
20:44l'intérieur de cette roche calcaire.
20:46Et à un moment donné,
20:48eh bien, la roche est devenue
20:49trop poreuse.
20:51Et par conséquent,
20:52elle s'effrite en des blocs
20:53qui peuvent tout de même
20:54représenter plusieurs dizaines de tonnes.
20:56Alors, on parle là précisément des Alpes.
20:59Est-ce que ça peut arriver
20:59dans le Jura, dans les Pyrénées ?
21:01Alors, le Jura est un massif calcaire.
21:04Donc, effectivement,
21:04ça peut aussi arriver
21:05sur ce type de massif.
21:07Les Pyrénées,
21:08le pied des Pyrénées également.
21:10Malheureusement,
21:11la plupart des grands massifs
21:12possèdent à leurs pieds
21:14ces roches calcaires
21:15qui se sont déposées
21:16il y a des millions d'années.
21:17Mais ça peut aussi se produire
21:18partout,
21:19tout simplement au niveau même de Paris.
21:22Paris a été conçu
21:24sur le bassin parisien
21:26qui est un bassin calcaire.
21:27Tous nos monuments,
21:28tous nos bâtiments
21:29sont faits de cette roche calcaire
21:30qui est très claire.
21:31Et donc,
21:31elle est soumise,
21:32malheureusement,
21:33cette roche calcaire
21:34à cette acidité
21:35qui peut la fragiliser
21:37très fortement
21:37et donc provoquer des éboulements.
21:39Il est quasiment 22h30.
21:41Merci d'être avec nous
21:42ce soir sur BFM TV.
21:43Nous nous attardons ce soir
21:45sur cet accident
21:46qui a eu lieu,
21:47cet éboulement
21:47qui a eu lieu
21:48en fin d'après-midi
21:49sur une route nationale
21:51entre Passy et Chamonix.
21:54C'est la route nationale 205.
21:56Paul Cange,
21:57service police-justice,
21:58quelles sont les dernières informations
22:00que l'on a en notre possession
22:02ce soir ?
22:03Pour le moment,
22:03le bilan humain provisoire
22:05qu'on nous a communiqué
22:06est de deux personnes décédées
22:07et deux personnes blessées.
22:09notamment l'éboulement rocheux
22:12lorsqu'il s'est produit.
22:13Il a percuté une voiture
22:14de particulier
22:15qui circulait sur cette route
22:17de montagne.
22:18Il y avait quatre personnes
22:18à l'intérieur.
22:19Ce sont les deux passagers arrière
22:21qui sont morts
22:22en étant percutés par la roche.
22:24Le conducteur est gravement blessé.
22:26Le passagère avant
22:27l'est plus légèrement.
22:28Mais ces deux victimes
22:29ont été transportées
22:31dans les centres hospitaliers
22:32les plus proches.
22:33En ce moment,
22:34à l'heure où on se parle,
22:35une vingtaine de gendarmes
22:36sont sur place
22:37pour sécuriser les lieux
22:38et faire les premières
22:39constatations.
22:40Ce sont les gendarmes
22:40de l'escadron départemental
22:41de sécurité routière
22:43de Haute-Savoie.
22:44Il y a également
22:4450 sapeurs-pompiers
22:46sur place
22:46dont notamment parmi eux
22:48des experts en déblayement
22:49parce qu'ils s'attellent
22:51bien évidemment
22:51à déblayer la route,
22:53à la rendre à nouveau
22:53praticable
22:54mais aussi pour désincarcérer
22:56la voiture
22:57qui a été prise
22:57par les roches.
23:00Et l'axe routier
23:01a été entièrement coupé
23:02pour permettre
23:02l'intervention des secours.
23:04Une intervention
23:05qui est arrivée
23:05très rapidement,
23:06Florian Porras,
23:07parce que tout cela
23:08s'organise,
23:09ça s'organise notamment
23:10depuis un centre opérationnel
23:11départemental,
23:12ce qu'on appelle
23:12le COD
23:13qui a été activé
23:14en préfecture.
23:15C'est ça,
23:16il y a tout un dispositif
23:16qui est mis en place
23:17ce soir
23:18comme lorsque ce genre
23:19d'événement
23:20se produit.
23:21Alors ça peut être
23:22une grande manifestation,
23:23ça peut être un accident
23:24d'ampleur,
23:25ça peut être aussi
23:26un épisode météorologique
23:27impactant la circulation routière
23:29et c'est ce qui est
23:30en train d'arriver
23:31ce soir
23:31avec cet éboulement
23:32qui a donc causé
23:33la mort de deux passagers,
23:35deux passagers d'une voiture.
23:36Où se trouve ce centre opérationnel
23:38départemental ?
23:39Vous l'avez dit Jean-Wilfrid,
23:40il est situé au sein
23:41de la préfecture
23:42du département,
23:43en l'occurrence
23:43la Haute-Savoie,
23:44la préfecture
23:45c'est Annecy.
23:46Il y a à l'intérieur
23:47de ce centre opérationnel
23:48départemental
23:49des salles
23:50qui sont équipées
23:50en permanence
23:51pour permettre
23:52une activation immédiate
23:54en cas de crise.
23:55Alors,
23:55qui se trouve
23:56à l'intérieur,
23:57Florian,
23:58de ce centre opérationnel
23:59départemental,
23:59le COD ?
24:00Eh bien,
24:00celui qui dirige
24:01toutes ces opérations
24:02de secours,
24:02c'est le préfet
24:03du département.
24:04Il assure la conduite
24:05et la coordination
24:06des opérations de secours
24:07ou de sécurité publique.
24:09Ce COD,
24:10il rassemble aussi
24:11l'ensemble des acteurs
24:12de la sécurité civile,
24:13aussi les urgentistes
24:15comme celui
24:15qui est intervenu
24:16tout à l'heure
24:17en plateau.
24:18Il y a aussi
24:18la police nationale,
24:20la gendarmerie nationale,
24:21les services
24:22de l'État concernés
24:23et des représentants
24:24des collectivités locales,
24:25la mairie,
24:26le conseil départemental,
24:27le conseil régional,
24:29tous ces acteurs
24:30qui se concertent,
24:31qui sont donc en lien
24:32avec ce préfet
24:34du département.
24:35Chaque service
24:36collecte,
24:37on l'a dit,
24:37les informations
24:38qui remontent du terrain
24:39pour permettre
24:39au préfet
24:40de prendre
24:40les meilleures décisions.
24:41Et puis enfin,
24:42ce centre opérationnel
24:43départemental,
24:44il est en lien
24:45avec un poste
24:46de commandement
24:46opérationnel
24:47qui est sur place,
24:49en appui,
24:49sur les lieux
24:50de l'événement,
24:51installé au plus près
24:52du lieu d'action,
24:53en dehors tout de même
24:53de la zone de risque.
24:55Il est dirigé
24:56par le sous-préfet
24:57de l'arrondissement
24:58en question.
24:59Et puis enfin,
25:00il permet
25:00ce poste
25:02de commandement
25:02opérationnel
25:03de faire remonter
25:03l'ensemble
25:04des informations
25:04aux membres
25:05du centre opérationnel
25:06départemental
25:07et donc le préfet.
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