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  • il y a 5 mois
Regardez L'invité de RTL Midi avec Vincent Parizot du 20 août 2025.

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00:00Vincent Parizeau, le grand invité d'RTN Midi.
00:03Et il s'agit de Michel Picon, le président de l'UDEP et l'Union des entreprises de proximité.
00:08Bonjour.
00:09Bonjour.
00:10Et merci d'être avec nous sur RTL.
00:12Alors, M. Picon, que les syndicats de salariés soient vendebous sur la suppression de deux jours fériés,
00:17lundi de Pâques et 8 mai annoncés par François Bayrou pour réduire la dette, on comprend.
00:22Mais qu'un syndicat de patrons soit sur cette ligne, on a quand même besoin d'explications
00:27et pourtant vous dites que c'est une très mauvaise idée.
00:30Ce n'est pas une bonne idée, effectivement, parce qu'il s'agit d'abord, pour les entreprises,
00:36d'une charge supplémentaire, d'un coût du travail supplémentaire,
00:39puisqu'en fait, on dit qu'on va faire travailler des salariés un jour férié,
00:43je conçois qu'ils ne soient pas contents,
00:45et on va faire payer aux entreprises une cotisation de 0,60 de leur masse salariale.
00:52En fait, on va demander aux entreprises de nous donner 4 milliards de 100 millions
00:56et elles se rattraperont sur cette taxe, parce qu'il faut bien appeler les choses par leur nom,
01:02c'est une taxe supplémentaire sur les entreprises de 4 milliards de 100 millions,
01:08et elles vont se rattraper, si elles le peuvent, sur la contrepartie que va leur donner le fait
01:13que leurs salariés vont venir travailler deux jours cadeau.
01:16Oui, M. Picon, parce que deux jours de travail en plus, ça va donner deux jours de production en plus.
01:22Oui, mais pas forcément, M. Ça va donner deux jours de production,
01:26mais cette production, faut-il que vous puissiez la vendre ?
01:28Et vous savez bien, comme moi aujourd'hui, que les entreprises sont en fragilité,
01:32que les carnets de commandes ne sont pas remplis,
01:35que la consommation est à tonne, que la croissance n'y est pas,
01:38et donc vous pouvez avoir vos salariés qui viennent travailler,
01:41qui produisent pour les entreprises de production,
01:44et malheureusement, le pays n'en a pas beaucoup,
01:47on est beaucoup plus tourné vers le service que vers la production,
01:50et donc sur les entreprises de production, c'est très aléatoire,
01:53et sur les entreprises de service, franchement, c'est souvent une catastrophe,
01:58parce que le salon de coiffure, par exemple, je cite cet exemple,
02:02mais il y en a plein d'autres, vous pouvez ouvrir le lundi de Pâques,
02:05mais ce n'est pas forcément que les clients vont venir le lundi de Pâques,
02:09et s'ils viennent le lundi de Pâques,
02:10et bien ils ne viendront pas le mardi ou le vendredi suivant,
02:13comme ils avaient prévu de le faire,
02:15vous ne vous faites pas couper trois fois les cheveux dans le mois,
02:17parce qu'on a ouvert le lundi de Pâques,
02:19donc on a toute une activité d'entreprises qui sont dans le service,
02:24et qui n'auront pas la contrepartie de la taxe qu'ils vont payer,
02:27et je ne vous parle pas non plus de la catastrophe économique
02:30que cela représente pour les entreprises de l'hôtellerie,
02:33de la restauration, du tourisme, des loisirs, des parcs d'attractions,
02:37enfin c'est une grande partie de notre économie,
02:39vous savez, vous avez des stations balnéaires
02:41qui ouvraient la saison pour Pâques,
02:44qui vont retarder l'ouverture de leur saison
02:47avec l'ensemble de leurs infrastructures,
02:49de trois semaines,
02:50ces trois semaines d'emploi en moins,
02:53tout cela, voyez-vous, n'a pas été suffisamment documenté,
02:55la seule chose que le gouvernement a vue,
02:57c'est 4 milliards de 100 millions
02:59qu'on va faire payer aux entreprises,
03:01ça c'est cash, c'est dans la caisse,
03:02et elles vont se débrouiller pour récupérer
03:05la contrepartie de ces 4 milliards de 100 millions.
03:07Mais vous allez dire ça à François Béroux,
03:08vous avez prévu d'aller lui dire ?
03:11Mais bien sûr, bien sûr,
03:12et je l'ai déjà exprimé à la ministre du Travail
03:15lorsqu'elle nous a consultés,
03:18on a même échangé avec le MEDEF et la CPME
03:21qui sont peut-être,
03:24ils sont d'ailleurs sur une grande partie
03:26sur la même longueur que moi
03:28quand on décrypte ce qu'ils disent,
03:29ce qu'ils disent, mais ils ont peut-être envie
03:32de séduire le gouvernement un peu plus
03:34que ce que l'U2P.
03:36Mais la vérité, c'est que pour les entreprises,
03:39c'est une charge supplémentaire de 4 milliards de 100 millions.
03:42Vous savez, en France,
03:43le travail est complètement taxé.
03:45On va éloigner encore plus du bulletin de salaire,
03:49le net du brut.
03:51Et pourtant, les salariés qui vont travailler,
03:53ne seront pas payés.
03:54Oui, ils ne seront pas payés,
03:56mais le patron...
03:57Donc, c'est quand même, j'allais dire,
04:00tout bénéfice.
04:01Au lieu de payer le salaire,
04:03mais non, ce n'est pas tout bénéfice,
04:04puisque je dois payer une taxe en contrepartie.
04:06Oui, on a compris.
04:08Vous voyez ?
04:08Oui, bien sûr.
04:09En fait, c'est un peu, quelque part,
04:12un tour de passe-passe.
04:13Quand on dit les entreprises,
04:14elles sont déjà dans une situation
04:16exsangue, compliquée,
04:18bon, on dit
04:21vous allez avoir
04:22deux jours de travail
04:23entre guillemets
04:24gratuits
04:24de vos salariés.
04:25Je ne vous raconte pas
04:26le climat dans l'entreprise non plus.
04:28Le lundi de Pâques,
04:28vos salariés vont devenir
04:30obligés de travailler
04:31alors que vous n'allez pas les payer.
04:33Mais parallèlement,
04:33vous allez devoir payer
04:35ces 4 milliards d'euros
04:36à l'État.
04:37On a compris votre colère,
04:39Michel Picon,
04:40président de l'Union
04:41des entreprises de proximité.
04:43On a compris.
04:44Et on va y revenir,
04:44évidemment,
04:45avec les auditeurs d'RTL,
04:47notamment ceux qui,
04:48comme la plupart
04:50des petites entreprises
04:52sont concernées
04:53par cette mesure.
04:54N'hésitez pas,
04:543210.
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