00:00Dans la dernière partie de BFM Story, on va revenir à la politique aux déclarations d'Emmanuel Macron dans un instant
00:06concernant son premier ministre, François Bayrou, qui peut rester, qui doit rester jusqu'en 2027
00:12et qui travaille de manière audacieuse et c'est ce qu'il dit le chef de l'État dans une interview accordée à Paris Match.
00:19Mais on va s'intéresser d'abord à ce que dit Gérald Darmanin, le garde des Sceaux aujourd'hui.
00:24Il est sur le dossier des mariages blancs, Gérald Darmanin. Il veut faire en sorte que la loi change.
00:30Il veut les interdire, ce qui n'est pas possible pour le moment. Gérald Darmanin, ministre de la Justice.
00:36Au ministère de la Justice, pour lutter contre les mariages frauduleux.
00:39Le maire ou l'officier d'État civil, quand il marie, il ne le fait pas en tant qu'élu.
00:43Il le fait parce qu'il porte l'écharpe bleu-rouge en tant qu'agent de l'État.
00:46Et il le fait sous l'autorité du procureur de la République.
00:49Ce qu'ils avaient demandé au procureur de la République, c'est-à-dire de suspendre les mariages,
00:52n'avaient pas été forcément suivis des faits.
00:54Alors il faut dire que les parquets n'ont pas toujours les moyens de pouvoir le faire.
00:57Mais j'ai demandé par cette instruction de pouvoir faire confiance par nature au maire.
01:01Et lorsqu'un mariage est frauduleux, il ne faut pas qu'il puisse se dérouler.
01:05Il ne faut pas qu'il puisse se dérouler.
01:07Robert Ménard n'a pas voulu en célébrer un.
01:10Il va se retrouver devant la justice. Il sera dans un instant avec nous, le maire de Béziers.
01:13Mais qu'est-ce que peut faire Gérald Darmanin, le garde des Sceaux ? Que veut-il faire ?
01:17Alors s'il a réagi au cœur de l'été, c'est parce que Gérald Darmanin a expliqué avoir reçu au moins trois signalements
01:22de la part de maires qui ont le sentiment de ne pas avoir été écoutés par les procureurs,
01:28puisque c'est bel et bien le procureur de la République et le fin mot de cette histoire
01:31quand il s'agit de soupçons de mariage blanc.
01:34Gérald Darmanin a donc rappelé les règles.
01:36Il annonce une priorité gouvernementale en matière de lutte contre les mariages blancs.
01:40Et dans une circulaire adressée au procureur hier, le ministre exige une vigilance accrue
01:46et prône le report des célébrations en cas de doute sur l'intentionnalité matrimoniale.
01:51Alors comment ça se passe aujourd'hui ?
01:52Il y a un officier de l'état civil, à savoir un maire ou l'un de ses adjoints
01:56qui va pouvoir auditionner un couple de mariés si d'aventure il a des soupçons,
02:03s'il existe des indices graves, sérieux, laissant présumer à l'absence d'intention matrimoniale.
02:09Ces officiers de l'état civil ont pour obligation de saisir sans délai le procureur de la République
02:15qui va entendre de manière séparée les futurs époux.
02:19Et ce procureur, il a 15 jours pour rendre sa décision de donner, oui ou non, son feu vert à l'Union
02:26dont les deux personnes souhaitent réaliser.
02:29On va y revenir dans l'affaire de Robert Ménard qui va prochainement être jugé devant le tribunal correctionnel
02:35pour avoir enfreint la loi et l'article 12 de la Convention des droits de l'homme
02:38pour ne pas avoir célébré un couple de mariés à Béziers.
02:41En l'espèce, le procureur de Béziers avait donné son feu vert.
02:45Donc aujourd'hui, c'est bien le procureur qui donne son feu vert, Gérald de Darmanin,
02:48qui rappelle qu'il va falloir donner un sursis si jamais il y a des soupçons.
02:55Donc prendre le temps de bien analyser la demande avant de donner ou non un feu vert sur une célébration d'Union.
03:00Robert Ménard, bonsoir, M. le maire de Béziers.
03:03Donc vous, vous aviez refusé, ça vous a valu d'être convoqué par le procureur
03:06et vous passerez en jugement.
03:08Mais d'abord, sur la volonté du garde des Sceaux d'agir contre les mariages blancs
03:13en prenant en compte une proposition de loi centriste.
03:17Est-ce que vous dites enfin ?
03:19Oui, mais il a raison.
03:21Attendez, je ne vais pas goûter mon plaisir.
03:23Je préfère que M. Darmanin dise ça que de dire, j'en ai rien à foutre.
03:26Évidemment que c'est important.
03:28Et en plus, il a raison de dire une chose toute bête.
03:32Juste peut-être qu'on peut faire confiance au maire.
03:34Dans l'affaire qui me concerne, on a tout de suite saisi le procureur
03:39en disant, m'attendez, quelqu'un qui vient nous expliquer.
03:42Un, je suis en situation rigolière.
03:45Deux, je fais l'objet d'une obligation de quitter le territoire.
03:48Trois, j'ai été condamné pour des faits de violence à 8 mois de prison avec sursis.
03:52Peut-être qu'on peut s'interroger sur le bien fondé de ce mariage.
03:56On saisit le procureur qui nous dit, ah non, il n'y a pas de problème.
04:00Je le ressaisis ensuite.
04:02Il finit par dire, oui, quand même, je vais faire une enquête,
04:05je vais demander une enquête à la police des aires et des frontières.
04:08Et finalement, la police des aires et des frontières nous donne raison
04:11puisqu'il a été expulsé.
04:12Mais après que j'ai refusé le mariage, après que j'ai refusé le mariage,
04:17et donc c'est là que mes emmerdements commencent.
04:19Ça veut dire que moi, au moment où je marie, où je refuse de marier,
04:24le procureur dit, non, il faut marier.
04:26Enfin, c'est invraisemblable.
04:27Vous savez, tous les hommes politiques, au pouvoir, le chef de l'État,
04:32moi j'ai débattu de cette question avec lui, il m'a dit, c'est Ubuès,
04:35les ministres de l'Intérieur, communistes et justices,
04:38chaque fois ils disent, mais faisons confiance au maire.
04:41Mais mon Dieu, faites-nous confiance.
04:43Quand on vous dit qu'il y a un problème,
04:45peut-être qu'on n'est pas complètement détraqué,
04:48on n'est peut-être pas des imbéciles heureux.
04:50– Oui, mais sauf que, M. le maire, il faut rappeler l'article 12
04:54de la Convention européenne des droits de l'homme,
04:56qui indique qu'il est, et vous le connaissez,
04:58il est impossible d'interdire à une personne de se marier
05:01sous prétexte de sa religion, de sa couleur de peau,
05:04ou, et c'est là que vous êtes pris justement,
05:08ou de sa situation aux yeux de l'administration du pays dans lequel elle vit.
05:12– Oui, mais en disant, le même article précise,
05:16selon les lois nationales, c'est pour ça que je suis tellement en colère,
05:20parce que le Conseil constitutionnel, parce que c'est lui le problème,
05:23vous avez vu, il y a déjà une loi qui a été votée au Sénat,
05:27la même loi, non c'est vrai, elle n'a pas été votée au Parlement
05:30par les députés, parce qu'à certains, vous savez,
05:32ils ont fait jouer la montre et tout ça,
05:34et finalement, après minuit, c'était terminé, ils n'ont pas pu la voter.
05:37Mais de toute façon, je vous le dis, je vous le dis Alain,
05:39si demain, une loi est votée par l'ensemble du Parlement,
05:45Sénat et Chambre des députés, il y aura nos pires ennemis,
05:49le Conseil constitutionnel, le Conseil constitutionnel
05:51qui a une lecture invraisemblable, folle, de ce qu'est l'État de droit.
05:56Attendez, l'État de droit, ça ne peut pas être contre l'évidence,
05:59le bon sens, ce qui fait qu'on parle de la même chose, vous et moi.
06:04Quelqu'un, quelqu'un, qui a une obligation de quitter le territoire,
06:08c'est-à-dire qui s'est mal comporté, qui est illégalement dans ce pays
06:12et à qui on demande, à qui on demande, à qui on exige,
06:15dont on exige qu'il exige ce pays,
06:17en même temps, en même temps, la loi m'oblige à le marier.
06:21Mais enfin, attendez, personne ne comprend ça,
06:25personne ne comprend ça.
06:26Je vous dis, même pas le chef de l'État,
06:28puisque j'avais débattu avec lui à la télévision,
06:29il avait dit, c'est l'UBS.
06:31Oui, alors si c'est l'UBS, vous changez les choses,
06:33parce que ça va se reproduire.
06:35Moi, on le sait pour moi, parce que j'ai refusé de le faire.
06:38Mais à ce moment-là, vous savez, j'avais appelé plein de maires
06:41qui m'avaient dit, Robert ou M. le maire,
06:43ça dépend comment tu les connais,
06:44mais j'ai été dans le même cas.
06:46Mais la menace est tellement importante,
06:48la menace est tellement disproportionnée.
06:51Je vous la rappelle, parce qu'il faut quand même redire les choses.
06:54Quand vous refusez de marier quelqu'un
06:57contre la loi actuelle, ce que j'ai fait,
07:00vous risquez quoi ?
07:01Vous risquez 5 ans de prison.
07:03C'est pas une paille, 5 ans de prison.
07:0570 000 euros d'amende.
07:07Et pire, je dirais, parce que là, vous dites quand même,
07:09il n'y a pas des juges assez cinglés
07:11pour prononcer des peines pareilles.
07:13Mais en revanche, il y a l'inéligibilité.
07:16C'est-à-dire que nous, là, vous le savez,
07:18enfin, vous suivez l'actualité.
07:19M. Marshall, on est à combien de mois
07:21des élections municipales ?
07:23C'est en mars prochain.
07:25Est-ce que vous croyez qu'il y a beaucoup de maires
07:26qui vont prendre ce risque-là
07:28en se disant, je risque d'être déclaré inéligible ?
07:31C'est pas possible.
07:32C'est contre le bon sens.
07:34C'est une folie.
07:35Moi, je suis pour l'État de droit.
07:36Écoutez, j'étais patron de reportage
07:38à se dire pendant des années.
07:39L'État de droit, je connais, je défends.
07:41Mais là, on n'est pas dans l'État de droit.
07:43On est dans l'abus du droit.
07:45On est dans des juges.
07:46Alors, ils se font appeler les sages.
07:49Honnêtement, vous rigolez deux minutes.
07:50Les sages en question,
07:52il faut arrêter de leur donner autant de pouvoir.
07:54Il y a une question pour vous
07:58de la part de Boris Carlamo.
07:59Oui, monsieur le maire,
08:00en l'espèce dans l'affaire qui vous concerne,
08:01donc le mariage d'Eva et Moustapha
08:03que vous avez donc refusé de célébrer,
08:05il faut noter que le parquet de Béziers
08:06avait tout de même ouvert une enquête préliminaire
08:09du chef de fraude au mariage.
08:11Une enquête qui avait été classée sans suite
08:13par le procureur de Béziers
08:14au motif, je cite,
08:15d'infractions insuffisamment caractérisées.
08:18Ça veut dire que la justice s'est quand même penchée
08:20sur ce dossier-là.
08:21On ne peut pas dire aujourd'hui
08:23que la justice a ignoré vos soupçons,
08:25a ignoré votre demande.
08:26Je n'ai jamais dit qu'elle avait ignoré.
08:29J'ai dit qu'elle n'a pas pris en compte
08:30sérieusement ce qu'on avait dit.
08:31Ce n'est pas tout à fait la même chose.
08:33Pardon, ce dossier nous a donné raison.
08:36Quand on explique que ce garçon,
08:38en l'occurrence,
08:38moi je m'en fous de ce garçon,
08:40mais dans ce cas-là,
08:42il rentre en situation légale,
08:44mais il reste en France de façon illégale.
08:47Il est condamné à huit mois de prison
08:50pour un vol avec viol,
08:52à huit mois de prison avec sursis,
08:53pour un vol avec violence.
08:56Du coup, il fait l'obligation
08:58en réunion pour aggraver les choses.
09:01Et ensuite, il fait l'objet
09:02d'une obligation de quitter le territoire.
09:04Pardon monsieur,
09:05ça s'appelle une obligation
09:07de quitter le territoire.
09:08Ce n'est pas, je vous demande,
09:10je souhaite, je vous souhaite,
09:12je vous propose.
09:13Dans les faits, c'est ça.
09:14Dans les faits, c'est ça.
09:15L'OQTF n'est pas une obligation.
09:17On le propose et après,
09:19c'est à celui qui est sous le coup
09:20de l'OQTF de dire s'il part ou pas.
09:22C'est là où ça ne fonctionne pas non plus.
09:24Non, mais vous êtes tombé sur la tête.
09:26Ça, c'est ce qui se passe aujourd'hui.
09:28Ça s'appelle une obligation
09:29de quitter le territoire.
09:30Vous avez l'obligation,
09:31tellement l'obligation
09:32que ce garçon,
09:34deux jours ou trois jours
09:35après que j'ai refusé de le marier,
09:37il a été pris par la police
09:39des aires et des frontières
09:40et reconduit en Algérie
09:42puisque c'est sa place.
09:44Il n'a pas à être en France,
09:46il n'avait pas à être en France
09:47parce qu'il était en situation illégale
09:49et encore une fois,
09:51il faisait l'objet d'une obligation
09:53de quitter le territoire.
09:54Ça s'appelle comme ça.
09:56Merci Robert Ménard.
09:57Merci M. le maire de Béziers.
09:58Merci d'avoir été avec nous en direct.
10:00Donc, Robert Ménard passera devant la justice.
10:03Oui, absolument,
10:03puisqu'on va rappeler
10:04que le 18 février dernier,
10:05M. Ménard a été convoqué
10:06devant le procureur
10:07de la République de Montpellier
10:08dans le cadre d'une procédure
10:09de comparution
10:10sur reconnaissance préalable
10:12de culpabilité.
10:12Il a refusé de plaider coupable
10:15et selon donc la procédure,
10:17il va donc être jugé
10:18devant un tribunal correctionnel,
10:20le tribunal correctionnel de Montpellier
10:21dans les prochaines semaines,
10:22les prochains mois.
10:23On va rappeler qu'aujourd'hui,
10:24il risque jusqu'à 5 ans de prison,
10:2575 000 euros d'amende
10:26et surtout,
10:27il risque d'être déchu
10:29de sa fonction de maire.
10:30Donc, les ennuis judiciaires
10:31ne sont pas terminés
10:32pour Robert Ménard
10:33dans cette affaire.
10:33Avec les élections municipales
10:35comme ils nous l'ont rappelé
10:35qui seront là au mois de mars prochain.
10:37Merci, Boris Karlamoff.
10:38Merci, Boris Karlamoff.
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