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  • il y a 1 an
Après une série de lives extrêmes réalisés sur la plateforme Kick, le streameur Raphaël Graven, connu sous le nom de Jeanpormanove, est décédé à l'âge de 46 ans. Le parquet de Nice a ouvert une enquête pour comprendre ce qui a pu arriver.

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Transcription
00:00C'est une histoire effroyable dont vous avez entendu sûrement parler et que l'on va de nouveau vous raconter, ou vous allez découvrir peut-être.
00:07C'est la mort en direct sur Internet, celle d'un streamer français, ça s'est passé à Comte, dans les Alpes-Maritimes.
00:13En fait, l'homme que vous voyez derrière moi était connu, Jean Portmanov, pour être une espèce de souffre-douleur.
00:21L'enquête devra déterminer si c'était vraiment consentant.
00:23Jean souffre-douleur en direct, regardé par des milliers de personnes et tous ceux qui mettaient en scène ça.
00:32Et lui, il participait, gagnait de l'argent grâce à ce qu'on appelle les vues.
00:37Alors, on va résumer l'affaire et puis essayer d'en tirer les conséquences avec d'abord Paul Conge du service police-justice de BFMTV.
00:44Paul, précisément, cette mort en direct, ça s'est passé après ce qu'on pourrait appeler une espèce de marathon physique et violent.
00:51Oui, exactement. Jean Portmanov, en fait, s'est éteint à l'issue d'une expérience très particulière.
00:56Au bout de 298 heures de live sur la plateforme Kik, il était filmé 24 heures sur 24,
01:03des heures pendant lesquelles il a enduré toutes sortes de sévices, de moqueries, d'humiliations, de violences physiques et verbales.
01:10Tout cela sous les encouragements de milliers d'internautes, vous l'avez dit.
01:14Et puis, c'est vers la fin, à la 287ème heure du live, qu'on a pu regarder ces images, nous, à BFMTV.
01:20Eh bien, il est endormi, jippé, c'est comme ça qu'il l'appelle, sur un matelas avec d'autres personnes.
01:25Et puis, il est en train de ronfler bruyamment.
01:27Et puis, subitement, il y a des râles qui s'échappent de sa gorge.
01:30Et puis, il finit par ne plus faire de son.
01:32L'expérience s'interrompt soudain lorsque les téléspectateurs, dans le chat, font remarquer qu'il ne bouge plus.
01:37Et puis, c'est à la 298ème heure, 289ème heure, pardon, que son acolyte, Naruto, lui lance une bouteille d'eau sur la tête.
01:45Pas de réaction, il va voir, il ne bouge plus, constate qu'il a arrêté de respirer.
01:50Fin de la retransmission, les gendarmes arrivent et constatent son décès vers 10h à son domicile, donc à Comte, au nord de Nice.
01:56Alors, qu'on comprenne bien, ils étaient connus dans le monde du streaming, ce petit groupe, lui aussi d'ailleurs, Jean Portmanov.
02:03À quoi se livraient-ils ? Quelles étaient ces mises en scène, alors ?
02:07Eh bien, la vie de Jean Portmanov, c'était un peu ça, justement, cette violence et ce sadisme en ligne.
02:12Au début, il était connu comme gamer sur des plateformes de jeux vidéo comme Twitch,
02:16mais il avait basculé il y a quelques années sur cette plateforme Kik, qui est spécialisée dans les contenus trash.
02:22Et sur cette chaîne, vous l'avez dit, c'était un souffre-douleur, qu'on s'entend ou pas, on le saura peut-être,
02:27de deux autres streamers qui se font appeler Naruto et Sophine,
02:30et qui lui font endurer en direct des sévices sadiques, des défis extrêmes, dangereux,
02:35claques, jet de peinture, tir de terre au paintball, ingestion de produits, strangulation.
02:39C'est un peu comme c'est un collégien qui se ferait maltraiter par une bande de caïds sadiques,
02:44mais en direct, avec la bénédiction de milliers de téléspectateurs,
02:48qui, dans les commentaires, pouvaient donner parfois des instructions en direct,
02:51qui pouvaient, à leur tour, enclencher de nouvelles violences.
02:54Une enquête est en cours ?
02:55Une enquête judiciaire est en cours, effectivement, en recherche sur les causes de la mort,
02:59pour déterminer les raisons pour lesquelles il est décédé.
03:03Une autopsie est en train d'avoir lieu, et la police judiciaire de Nice,
03:05qui est chargée de l'enquête, devra déterminer, notamment,
03:08si les sévices qu'il avait endurés pendant les dix jours précédents
03:11ont un lien ou pas avec son décès,
03:13et surtout, si les personnes qui étaient présentes avec lui
03:16ont une part de responsabilité dans sa mort.
03:18Justement, nous sommes avec Yacine Sadouni, qui est l'avocat de l'un de ses acolytes.
03:23Bonsoir, Maître Sadouni.
03:24Merci d'être avec nous en direct.
03:28Ils ont une responsabilité dans la mort de leur comparse ?
03:33Avant toute chose, déjà, j'ai entendu beaucoup de choses,
03:35souffre-douleur, sadisme.
03:37Il me paraît quand même opportun de revenir sur la chose qui nous préoccupe le plus,
03:41à savoir le décès de M. Gravel.
03:43Je tiens tout d'abord à exprimer mes sincères condoléances à la famille.
03:47Alors, maintenant, vous me posez une question quelque peu frontale
03:49sur le décès de M. Gravel.
03:51Est-ce qu'ils ont une responsabilité là-dedans ?
03:53Je vais vous répondre.
03:56On a perdu la liaison avec vous, Maître Sadouni.
03:59L'équipe qui est sur place va reconnecter votre micro
04:02de façon à ce qu'on puisse entendre vos arguments.
04:06Nous sommes avec Sylvain Trinel, qui est journaliste à Tech & Co.
04:11Il faut qu'on comprenne ce qui se passe sur ces plateformes.
04:13Parce que pour beaucoup de gens, dire que c'est un streaming,
04:16c'est en direct, c'est sur la plateforme Kik.
04:19C'est-à-dire...
04:19Ah, l'avocat est de retour.
04:20Donc, on va revenir vers vous dans un instant, Sylvain.
04:23Mais allez-y, répondez à ma question frontale, Maître Sadouni.
04:26– Alors, à ce jour, aucune autorité judiciaire met en cause mon client.
04:33C'est la seule chose que j'ai à dire.
04:36– Dans un poste qui a été écrit par votre client,
04:40donc son pseudonyme est Naruto,
04:43il écrit « je redoutais que cela n'arrive ».
04:46Donc, ça veut dire quand même...
04:48Et ensuite, il dit qu'il pleure toutes les larmes de son corps.
04:51Voilà, j'ai toujours redouté le jour où je devrais écrire ces mots.
04:54Ça veut dire qu'il savait quand même qu'il jouait à un jeu dangereux
04:56potentiellement mortel.
04:59– Non, ça n'a rien à voir avec le jeu.
05:01C'est juste une personne qui avait peur que son âme meure, tout simplement.
05:05Un ami qui avait des problèmes cardiovasculaires,
05:07un ami qui avait des défaillances cardiaques, tout simplement.
05:11– D'accord.
05:11Il sait qu'il a un ami qui a des défaillances cardiaques
05:13et il joue à des jeux de strangulation avec ?
05:18– Mais les jeux de strangulation,
05:20on peut en tirer toutes les conséquences que l'on veut en regardant les images.
05:24Mais toutes ces scènes, ce ne sont que des mises en scène issues d'un script.
05:29Issus d'un script entre Naruto et le défunt, tout simplement.
05:34– Ça veut dire que ce ne sont pas des vraies strangulations ?
05:37Il ne s'étouffe pas vraiment alors, si c'est une mise en scène ?
05:39– Exactement. C'est exactement mon propos.
05:42D'ailleurs, pour cela, je vous donne une information que vous avez sans doute déjà.
05:46Il a été placé en garde à vue en janvier 2025.
05:50Il a fait 24 heures de garde à vue.
05:52Le parquet de Nice a décidé ensuite de relâcher,
05:54de ne pas prolonger sa garde à vue.
05:56À ce jour, il n'y a aucun élément constitutif de quelconque infraction
06:00à l'encontre de M. Sénazandotti, mon client.
06:02J'ai entendu des propos qui sont quelque peu déplaisants,
06:05notamment tortionnaires, alors qu'on n'a rien
06:08qui permet de caractériser une quelconque infraction.
06:10– Paul Conge, question.
06:12– L'enquête judiciaire qui a été ouverte par le parquet de Nice
06:15est toujours en cours pour les suspicions de maltraitance
06:18dont il aurait fait l'objet.
06:20Pour l'heure, effectivement, le client de l'avocat avait été placé en garde à vue
06:26au mois de janvier.
06:27Il avait été relâché à ce stade sans poursuite.
06:29Mais bon, l'enquête se poursuit.
06:30On ne peut pas préjuger non plus tout de suite
06:31des décisions que prendront les enquêteurs à l'issue de leur enquête.
06:36– Sauf que là, il y a mort d'homme, maître.
06:39– Il y a mort d'homme, effectivement.
06:43Et il y a mort du meilleur ami de mon client, qui est bouleversé.
06:47– Donc, il n'est pour rien là-dedans.
06:50– Il n'est pour rien là-dedans.
06:53Et l'enquête le déterminera.
06:54Comme vous l'avez dit, je ne vais pas aller plus vite que l'enquête.
06:57Le parquet de Nice a entre ses mains la direction de cette enquête.
07:00Monsieur Senazandotti, mon client, se tient prêt à être entendu
07:04et à donner toutes les informations utiles.
07:06L'autopsie déterminera les raisons de la mort de Monsieur Gravel.
07:09Je vais vous dire une chose de plus.
07:12Monsieur Gravel, ses parents plutôt, sa mère et son frère,
07:16sentent en étroite collaboration avec Monsieur Senazandotti,
07:19mon client.
07:21Il se parle constamment et elle écarte toute responsabilité de mon client
07:26dans la mort de son fils.
07:29– Elle vous l'a dit précisément ?
07:30– Elle a dit à mon client qu'elle le dira très rapidement aux journalistes.
07:36– Et aux enquêteurs donc aussi ?
07:38– S'il la convoque, bien sûr qu'elle le dira.
07:42– Ça veut dire que pour elle, de ce que vous savez,
07:45elle estime au regard des images, de ce qu'elle a vu et de ce qu'elle sait,
07:50de ce à quoi il se livrait, que les deux comparses n'y sont absolument pour rien.
07:56– C'est exactement mon propos.
08:01Madame la mère du défunt était très souvent en contact avec mon client,
08:06notamment lors de différents lives.
08:09Elle appelait mon client et il y avait un jeu dans lequel elle devait l'insulter.
08:13Tu m'as pris mon fils, ainsi de suite.
08:15Mais tout cela n'était que mis en scène.
08:17– Maître Zadoui, est-ce qu'aux yeux de votre client,
08:21simplement les dix journées qui se sont écoulées avant la mort de Jean Portmanov,
08:28les dix jours de service qu'il a endurés, selon vous,
08:30est-ce qu'il n'avait vraiment rien à voir avec son décès ?
08:36– Je ne pourrais pas me prononcer sur cela.
08:38Je suis avocat, pas médecin, donc malheureusement, je ne peux pas vous en dire plus.
08:42J'ai juste une chose à vous dire, c'est qu'ils avaient l'habitude,
08:45avant fin août, de faire douze jours de live continu.
08:50C'est-à-dire qu'on laisse la caméra à 24h sur 24.
08:52Ce n'était pas la première fois.
08:55– Mais vous avez fait vous-même état de difficultés
08:59ou de soucis cardiovasculaires pour Jean-Paul Portmanov.
09:04Mais là, sur ce que l'on voit des vidéos, et l'enquête devra le déterminer,
09:08il semble que ce ne soit pas pris en compte.
09:09On les voit même chronométrés des moments de strangulation.
09:12– Je reviens effectivement sur ma notion de script et de mise en scène.
09:20Les images, on peut les faire parler, on peut leur faire dire tout et n'importe quoi.
09:23– Alors, de quoi il est mort ?
09:26– Ça, l'autopsie nous le dira.
09:29Je ne suis pas en capacité de vous le dire, moi, aujourd'hui.
09:31– Maître Sadouni, les coups, ils ont existé.
09:34Je veux dire que tel qu'on les aperçoit sur les vidéos,
09:36sur des dizaines, des centaines d'heures de vidéos,
09:38les coups qui sont infligés sont bien réels.
09:40Les tirs de paintball qu'on fait sur lui sont bien réels également.
09:44Les sauts de peinture dont on l'asperge sont réels également, non ?
09:48– Donc là, vous êtes en train de faire un lien de causalité
09:51entre les violences et la mort.
09:53Je vous laisse mettre de vos propos, moi, je ne suis pas capable de le faire.
09:55– Non, mais je vous reprends, je ne faisais absolument pas le lien de causalité
09:57entre ces violences et la mort, mais vous disiez que tout était scripté
10:00et que donc ces violences n'étaient pas réelles.
10:02En revanche, ce qu'on aperçoit sur les vidéos, c'est qu'au contraire,
10:04les tirs de paintball sur Jean-Port Manoeuf, elles sont bien réelles.
10:08Les sauts de peinture qu'on lui jette dessus sont bien réelles.
10:10Les claques qu'on lui met, elles sont bien réelles, non ?
10:13– Ça, on n'en sait rien.
10:15Après, on revient toujours à cette notion d'intensité.
10:18Sur la vidéo, ça peut paraître quelque chose de douloureux,
10:21quelque chose d'intense, mais on n'en sait rien.
10:23Et jusqu'à preuve du contraire, le défunt ne s'était jamais plaint de cela.
10:26– Merci d'avoir été avec nous, Maître Sadouni, donc avocat d'Owen, de Naruto.
10:32– Ah oui, une question pour vous, pardon Maître Sadouni, une dernière question pour vous.
10:35– Bonsoir Maître, j'avais une dernière question.
10:37Le fait est qu'ils ont effectivement été mis en garde à vie en janvier 2025
10:40pour des faits potentiels de violence sur des personnes déficients avec un handicap.
10:48Est-ce que, justement, ça ne les a pas fait réfléchir pour se lancer dans un stream de 12 jours,
10:53comme vous le dites, où vraisemblablement, effectivement, tout était quasi permis,
10:57avec donc du paintball, etc.
10:59Est-ce que ça ne les a pas fait réfléchir ?
11:01Pourquoi aujourd'hui, ils se lancent dans ce marathon-là ?
11:03– S'il y avait eu une poursuite judiciaire et qu'on avait matérialisé l'infraction,
11:10évidemment que ça les aurait fait réfléchir.
11:12Mais aujourd'hui, ça n'a pas été le cas.
11:13Donc non, ils ont continué.
11:16Et là, on vous parle exclusivement de la mort du défunt.
11:19Moi, ce n'était pas ça mon propos.
11:21Aujourd'hui, je suis là en tant qu'avocat d'un plaignant qui est victime de cyberharcèlement.
11:26Nous avons déposé aujourd'hui une plainte avec mon confrère Maître Elouchikli
11:29pour lesquelles nous attendons des suites.
11:31Mais concernant la mort de M. Gravel, M. O.M. Senanzanti n'est absolument pas mis en cause.
11:38– Donc là, aujourd'hui, vous estimez qu'il y a une nouvelle victime, c'est votre client, quoi.
11:41– Victime, je ne lui donnerai pas de suite ce statut, mais il y a un plaignant, effectivement.
11:47– Mais pour savoir si les uns ou les autres ont une part ou non de responsabilité dans cette mort,
11:53il va falloir attendre les conclusions de l'autopsie,
11:55il va falloir attendre les conclusions des investigations de la police judiciaire de Nice
11:58qui sont les seuls à même de dire si un tel ou un tel est responsable ou non.
12:03– Effectivement, et nous attendons sereinement le rapport d'autopsie.
12:08– Merci Maître Sanony, merci d'avoir été avec nous en direct sur BFM TV.
12:11– Merci.
12:12– Merci beaucoup.
12:13Je voudrais qu'on revienne quand même sur ce qui s'est passé,
12:15mais cette plateforme Kik et ses streams.
12:18D'abord, qu'est-ce que c'est qu'un stream, pour qu'on comprenne bien ?
12:21– Eh bien, un stream, c'est un peu comme ce qu'on fait là,
12:22sauf que c'est pas à la télévision, mais sur Internet,
12:24donc c'est diffusé en direct.
12:26Et effectivement, on a un chat sur le côté qui permet de converser
12:30avec ce qu'on appelle des streamers.
12:32Ça se fait aussi sur YouTube, sur Facebook et donc sur Twitch,
12:35qui est le concurrent de Kik.
12:37– Donc là, en direct, c'était des mises en scène, nous dit l'avocat,
12:41de violences, d'humiliation, de sévices,
12:46potentiellement donc faux, puisqu'il parle l'avocat de mise en scène,
12:50suivi par des gens qui étaient connectés,
12:53et ça faisait gagner de l'argent à tout le monde.
12:54– Oui, parce qu'on peut s'abonner, en fait, à ces chaînes.
12:57On peut s'abonner, c'était suivi par entre 3 000 et 5 000 spectateurs,
13:02voire jusqu'à 10 000 pour la soirée du dimanche soir.
13:05Donc il y a beaucoup de monde qui suit ce genre de programme,
13:09d'autant que sur Kik, c'est un peu la cour des miracles.
13:11C'est toutes les personnes qui ont été bannies de Twitch,
13:13où les règles sont beaucoup plus sévères,
13:14et là où Kik, et c'est le problème de Kik,
13:17n'a quasiment pas de modération,
13:18à part, effectivement, ces jeux de casino en ligne
13:21qui sont illégaux en Europe et en France,
13:24la plupart des streams sur Kik sont quand même
13:28d'une violence parfois assez rare.
13:30– Jonathan Belaïch, avocat en contentieux,
13:33spécialisé justement dans le droit de mériter avec nous.
13:35Bonsoir, Maître Belaïch.
13:36Est-ce que les autorités françaises, suite à cette affaire,
13:39peuvent faire quelque chose contre cette plateforme Kik ?
13:42– Oui, bien entendu.
13:44Là, actuellement, ils l'ont mis en demeure.
13:46Ensuite, ils peuvent la sanctionner avec des sanctions financières
13:51qui peuvent être très importantes.
13:52Ils peuvent aussi procéder au blocage de la plateforme.
13:56Mais bon, dans le cas ici présent, ça paraîtrait assez unique.
14:03On n'a jamais vu une plateforme qui a été bloquée
14:05pour des faits de contenu listé en ligne,
14:09pour le moment, de cette nature.
14:10– La ministre en charge du numérique a saisi l'ARCOM,
14:15vous savez, qui est l'autorité de l'audiovisuel.
14:18Est-ce que l'ARCOM peut faire quelque chose ?
14:20– Oui, bien entendu.
14:23L'ARCOM est une autorité de contrôle
14:25qui a des pouvoirs de sanctions.
14:27Ils peuvent procéder notamment à des blocages.
14:30Il peut y avoir des sanctions financières
14:32qui sont excessivement importantes,
14:35qui peuvent aller jusqu'à des millions d'euros.
14:36Et là, en l'occurrence, on a vraiment affaire
14:40à une spécificité en matière de contenu listé en ligne.
14:46Il est unique, extrêmement…
14:49Il n'y a pas d'antécédent d'une personne
14:51qui s'est donné la mort en direct sur une plateforme.
14:54C'est quelque chose qui est horrifiant
14:55et qui est extrêmement grave
14:58et qui démontre à quel point les dérives
15:01des plateformes en ligne
15:03peuvent aller jusqu'à des conséquences
15:05qui vont jusqu'à la mort.
15:07– Oui, mais là, dans cette histoire,
15:09Maître, votre confrère disait
15:10« Mais non, c'est des mises en scène.
15:12Tout le monde était consentant. »
15:13Donc certes, on pouvait se faire mal,
15:16mais il refuse les termes de sévice,
15:19actes de torture ou autres
15:20puisque c'était un petit groupe
15:21qui s'adonnait à ça depuis plusieurs mois maintenant.
15:23– On va dire, moi,
15:25ça ne fonctionne pas comme ça
15:28en matière de loi pénale.
15:29On ne peut pas s'estimer
15:31être consentant à de la violence
15:34et à des sévices.
15:39En fait, soit on est dans du cinéma
15:40et on est dans une fiction,
15:43soit on est dans la réalité.
15:44Et là, de ce qu'on comprend,
15:49encore une fois,
15:49on n'est pas dans les secrets de l'enquête.
15:54On n'a pas affaire à une fiction,
15:56on n'est pas dans un cinéma.
15:57on a affaire à des actes de violence
16:01qui relèvent de la loi pénale
16:03et ce n'est pas pour rien
16:06que vous avez quand même
16:08des autorités judiciaires
16:09qui se sont saisies du sujet.
16:12Donc pour moi,
16:13il y a une limite au consentement.
16:15On ne peut pas par consentement
16:17adhérer à la violation de l'ordre public
16:20ou à des faits
16:22qui nous seraient à nous-mêmes préjudiciables.
16:26On ne peut pas accepter son propre viol,
16:27on ne peut pas accepter son propre meurtre,
16:29on ne peut pas accepter de s'auto-violenter,
16:32accepter qu'on nous violente.
16:33Et encore moins,
16:36aux yeux et à la vue de tout le monde,
16:38je dirais même,
16:39j'irais plus loin,
16:40pour moi,
16:40il y a un sujet de responsabilité pénale
16:42avec la complicité éventuelle de la plateforme.
16:45Si la plateforme est au courant
16:47qu'il y a des illicités de ce type
16:49et qu'elle va laisser les contenus
16:52en ligne et la chaîne en ligne
16:53après avoir été avertie,
16:54pour moi,
16:55il y a un axe d'enquête
16:56qui pourrait être celui
16:57de la complicité de la plateforme.
16:58Merci Maître Belaïch
16:59d'avoir été avec nous.
17:01Anne Séniquier,
17:02vous êtes psychiatre.
17:04Qu'est-ce que ça dit,
17:05cette terrible affaire,
17:07cette effroyable mort en direct ?
17:09Malheureusement,
17:10je ne vous apprends rien
17:10si je vous dis que la société
17:11va mal en termes de santé mentale
17:13en ce moment.
17:13Et là,
17:14on se pose la question,
17:14est-ce que c'est un symptôme ?
17:16Est-ce que c'est une cause ?
17:18Ça met en évidence,
17:19en tous les cas,
17:20une dérive multiple,
17:21finalement,
17:22de la société
17:23où la violence
17:24devient un bien de consommation.
17:26Clairement,
17:27que ça soit scripté
17:27ou que ça ne soit pas scripté,
17:29on était dans le spectacle
17:30puisqu'on est arrivé
17:32jusqu'à 5,
17:3310 000 spectateurs
17:34et aujourd'hui,
17:35avec le décès
17:35de ce monsieur,
17:38qu'est-ce qui se passe ?
17:39On amplifie
17:40puisque des morceaux
17:41de ces vidéos
17:41qui ne sont plus
17:42sur la plateforme Kik
17:43se retrouvent sur les autres plateformes.
17:44Et finalement,
17:45on a cette mise à l'échelle
17:46qui va précipiter
17:48complètement la société
17:49dans une sorte de faille
17:50qui nous précède
17:51et qui nous précipite
17:52finalement dans des situations
17:53où on n'est pas
17:54formé pour la gérer encore.
17:57Que ce soit au niveau éthique,
17:58que ce soit au niveau juridique,
17:59que ce soit au niveau psychologique,
18:01on se retrouve
18:01tous autour de cette table
18:03complètement ahuris
18:04par ce qui s'est passé,
18:05de savoir comment c'est possible,
18:06que ce soit au niveau juridique,
18:07que ce soit au niveau psychique,
18:09de se dire
18:09« Mais tiens,
18:11tapons quelqu'un
18:12pendant dix jours
18:13et faisons un spectacle
18:14et retirons… »
18:15Avec le consentement
18:17de ce qu'on nous dit
18:17de cette personne,
18:18c'était une mise en scène.
18:19Tout en sachant
18:20que ce qui se passe là
18:22va normaliser
18:23aussi une violence
18:24reprise,
18:25magnifiée,
18:27glorifiée
18:27par des jeunes
18:28en mal de repère
18:29où ils disent
18:29« Non, non, mais c'est OK,
18:30on le voit sur les réseaux sociaux,
18:31c'est bon. »
18:32Il n'y a plus cette mise à distance
18:34à travers l'écran.
18:35Surtout que ça rapporte de l'argent.
18:36Surtout que ça rapporte de l'argent.
18:36Surtout que c'est monnayable.
18:38En fait, on a véritablement
18:39tous les ingrédients
18:41pour que ça soit une poudrière.
18:46Enfin, je pense qu'il ne faut pas
18:47s'étonner après.
18:47Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
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