00:00On va redire un mot de l'actualité internationale avec le conflit évidemment entre la Russie et l'Ukraine.
00:06Donald Trump qui a déclaré il y a peu estimé à 25% le risque d'échec de sa rencontre avec Vladimir Poutine.
00:13Il espère aussi qu'un sommet trilatéral avec Zelensky se tiendra après l'Alaska, il estime nécessaire pour un accord sur l'Ukraine.
00:20Julien Drey, qu'est-ce qu'on doit attendre de la rencontre de demain ?
00:24Un quart de risque que ça ne se passe bien, donc trois quarts de chance qu'on parvienne peut-être pas à un accord,
00:29mais en tout cas à une piste d'accord ?
00:31Là on est dans un moment, dans la partie de poker où chacun tente le coup de bluff.
00:36On voit bien les diplomates, les uns et les autres, les informations, chacun essaye de faire monter la pression.
00:43Moi je pense que ce sommet, contrairement à ce que j'ai entendu dire, est utile.
00:47Je ne sais pas s'il va déboucher, mais en tout cas je préfère que les chefs d'État, qui sont des puissances nucléaires,
00:51essayent quand même de discuter et d'éviter qu'on franchisse une escalade.
00:55Et le rôle de l'Europe, d'après moi, ça serait de pousser à ce qu'on trouve une solution positive.
00:58Il ne s'agit pas de sacrifier les Ukrainiens n'importe comment, les Ukrainiens ont résisté, on les a aidés,
01:03mais il faut à un moment donné aussi trouver une solution politique et arrêter une situation qui devient dangereuse.
01:09Parce qu'il y a quelque chose qui, dans tous ces événements qu'on vit ces derniers mois,
01:13c'est que le lobby militaro-industriel est reparti à la hausse de manière inépuisable.
01:19C'est-à-dire qu'on manque d'argent pour construire des écoles, pour construire des hôpitaux,
01:22pour lutter contre la famille, mais alors là, acheter des armes de tous les côtés, c'est reparti à la hausse.
01:27Moi, je ne me satisfais pas de cette situation-là, et donc je pense que le sommet, il doit avancer.
01:32Et le rôle de l'Europe, ce n'est pas de saboter ce sommet.
01:35Ce n'est pas d'essayer de prier pour que tout ne marche pas,
01:39comme je le vois dans certains propos ou dans certaines tentatives.
01:42Et il ne faut pas jouer avec les Ukrainiens, parce que les Ukrainiens sont ceux qui sont en première ligne.
01:46C'est ceux qui ont le plus de pertes.
01:48Et donc, ce n'est pas de la chair à canon pour des positionnements subtils.
01:51Il faut permettre à l'Ukraine de retrouver, je dirais, sa réalité.
01:56Et alors, j'entends des commentaires, et je me finis là-dessus,
01:59Poutine a gagné puisqu'il a obtenu un sommet.
02:01Revenons au départ.
02:03L'initiative de Poutine, au départ, c'est d'envahir l'Ukraine.
02:05Rappelez-vous, il croyait même qu'il allait rentrer à Kiev en quelques jours.
02:08Il ne l'est pas rentré à Kiev.
02:10Il n'a pas réussi à faire ce qu'il voulait.
02:12Il a subi une défaite militaire.
02:13Il a perdu des centaines de soldats.
02:16Donc, on n'est pas dans une situation où il est triomphant.
02:17Donc, on est dans une situation où il faut créer les conditions d'une sortie, d'un accord,
02:22comme par exemple, ça a été le cas en Corée.
02:24Un mot rapide, Elie Tmaman, on se rappelle aussi du début de cette guerre.
02:28On a beaucoup promis à l'Ukraine, peut-être trop, notamment, pourquoi pas, une adhésion à l'Union européenne.
02:33On voit aujourd'hui que la communauté internationale, et notamment européenne,
02:36certes, veille à ce que l'Ukraine ne soit pas trop perdante,
02:38mais revient peut-être à des considérations un peu moins sous le coup de l'émotion.
02:42Le problème, c'est qu'on l'aura beaucoup promis,
02:44et qu'aujourd'hui, on n'a pas été forcément à la hauteur de toutes ses promesses.
02:46Je dirais que ce sur quoi les alliés européens du Mans ont en effet lâché du lest
02:51par rapport à leurs ambitions initiales, c'est qu'ils peuvent commencer à admettre
02:56la possibilité d'avoir, non pas d'ailleurs des échanges territoriaux,
03:00mais un certain nombre de territoires que l'Ukraine consentirait à donner à la Russie
03:04dans le cadre d'un éventuel accord, alors même qu'il y a encore deux semaines,
03:08c'était une condition absolument inenvisageable dans la bouche des diplomaties européennes.
03:13Pour autant, il a tout de même trois positions sur lesquelles les diplomaties européennes sont assez fermes.
03:18C'est d'abord que d'éventuelles discussions territoriales ne sauraient se faire sans cesser le feu préalable.
03:23C'est d'ailleurs tout l'enjeu de la discussion entre Trump et Poutine de vendredi.
03:27C'est trouver une accalmie dans les combats afin de permettre la venue de négociations
03:32dans un cadre plus favorable à ces mêmes négociations.
03:36C'est d'ailleurs la deuxième condition sur laquelle les Européens se montrent inébranlables
03:40la nécessité d'intégrer l'Ukraine à d'éventuelles négociations territoriales.
03:46Et la troisième condition qui a été imposée, ou du moins qui a été exprimée par les Européens
03:51dans leur meeting virtuel avec Donald Trump au cours de cette semaine il y a deux jours,
03:55est qu'il doit y avoir des garanties de sécurité de long terme données à l'Ukraine.
03:59Et on pourrait imaginer que ces garanties de sécurité pourraient par exemple consister en une adhésion de l'Ukraine à l'OTAN,
04:06ce qui resterait tout de même une invalidation des objectifs de guerre primaires
04:10tels qu'exprimés par Vladimir Poutine, qui lui souhaitait plutôt voir un ensemble de pays neutres à ses frontières
04:17et réussir de faire de l'Ukraine ce qu'il a accompli en Biélorussie.
04:21Et si les Européens arrivent à obtenir cette garantie de sécurité-là
04:25quant à la protection militaire que l'Ukraine pourrait recevoir de la part des alliés occidentaux,
04:29il s'agirait tout de même d'une concession qui serait plus ou moins équilibrée
04:34même si naturellement rien n'est équilibré lorsqu'il y a l'annexion a priori par la force
04:39de territoires ukrainiens sur lesquels la Russie n'est pas souveraine.
04:42Si vous me permettez, je ne suis pas du tout convaincu que la bonne solution
04:46ce soit l'intégration de l'Ukraine dans l'OTAN.
04:49Je pense que pousser l'Ukraine sur cette voie-là est une voie dangereuse.
04:53L'Ukraine n'entrera pas dans l'OTAN, mais c'est tout à fait positif que...
04:57Non mais je voudrais juste finir.
04:58Je vais vous raconter une anecdote, une anecdote vécue.
05:02C'est pas trop longue.
05:04Arnaud était en train de faire mon travail, merci Arnaud de veiller autant de travail.
05:06Je le connais depuis...
05:07En général, je fais peu de tunnel.
05:12Quand la première fois que François Hollande a rencontré Vladimir Poutine,
05:16Vladimir Poutine dit à Hollande, vous nous faites la guerre.
05:18Et François Hollande dit, comment ça, on nous fait de la guerre, etc.
05:20Il lui dit, attends, regarde.
05:21Et il lui sort une carte, il lui dit, regarde, on avait un accord avec Obama,
05:24base de l'OTAN, base de l'OTAN, base de l'OTAN.
05:27Toutes ces bases de l'OTAN ont tour la Russie.
05:29C'est pas faire la guerre, ça ?
05:31Et François Hollande lui-même, regardant la carte, dit,
05:34il y avait évidemment un problème qui est posé.
05:36C'est pour ça que je ne suis pas un adepte de l'OTAN.
05:38Je pense que la meilleure chose qu'on puisse,
05:40le meilleur service qu'on puisse prendre à l'Ukraine,
05:42c'est qu'elle intègre l'Union Européenne
05:43et qu'elle soit partie prenante de l'Union Européenne.
05:45Ça, c'est une véritable solution positive pour l'Ukraine
05:49parce que le développement de l'Ukraine serait possible à ce moment-là.
05:51Mais simplement, les Européens, en 5 secondes,
05:53les Européens ont aussi intégré la Russie
05:56à la plupart des instances commerciales et financières
05:59de l'Union Européenne et occidentale,
06:01ce qui, de toute évidence, était une contrepartie
06:03assez équilibrée à la progression,
06:05à l'éventuelle fuite en avant vers l'Est de l'OTAN.
06:08Mais c'est sur l'OTAN qu'il y a des choses.
06:09Arnaud Garsfeld, le dernier mot là-dessus,
06:11avant de passer à Clermont-Ferrand.
06:12Il est tout à fait positif que les Russes et les Américains se parlent.
06:17Les populations européennes sont soulagées.
06:20Les peuples européens sont soulagés.
06:22Les peuples européens ont connu deux guerres mondiales
06:24qui ont été un suicide collectif pour l'Europe
06:28et les peuples européens.
06:30On disait hier, il y a un siècle,
06:33la France et l'Angleterre dominaient le monde.
06:37Aujourd'hui, ils n'ont même pas un strapontin
06:39à la rencontre entre Trump et Poutine.
06:41Et cela n'est dû qu'aux guerres mondiales
06:44que la bêtise de leurs dirigeants a provoqué,
06:49notamment la Première Guerre mondiale
06:52qui était une boucherie tout à fait inutile.
06:54Donc, il ne faut pas faire la guerre.
06:56Et Julien a tout à fait raison.
06:58Ce n'est pas à l'Europe de saboter cette paix
07:01parce que quand on voit les pauvres Ukrainiens
07:03et les pauvres Russes qui meurent dans les tranchées
07:05avec des drones qui prient le ciel,
07:08que les drones, ça donne envie de pleurer.
07:11Et cette guerre aussi était tout à fait inutile.
07:14C'est un échec de la diplomatie européenne
07:16qui aurait dû trouver une voie de sortie.
07:19Maintenant, pour ce qui se passera à l'issue de la rencontre,
07:23certains doivent parier, à mon avis,
07:24sur l'issue de la rencontre.
07:27Moi, je pense qu'il y aura au moins un cessez-le-feu aérien
07:32et que j'espère qu'il y aura au moins un cessez-le-feu d'un mois
07:37et que les discussions pourront s'entamer après.
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