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  • il y a 8 mois
Les assises des Bouches-du-Rhône ont jugé, en mai 1985, Finochietti, Campana, Poletti, Massoni, qui ont plaidé coupable. Maria et Collard ont au contraire démenti toute participation.

Jean-Joseph Maria, Lionel Collard et Ange Poletti ont été condamnés à la réclusion à perpétuité, Jean-Bruno Finochietti et Didier Campana à vingt ans de prison, et Jean-François Massoni à quinze ans. Pierre Debizet, secrétaire général du SAC, inculpé et renvoyé, dans un premier temps, devant les assises, a bénéficié, après cassation, d'un non-lieu rendu par la chambre d'accusation de Paris. Il est mort en mai 1996.

Vingt-six ans après les faits, Marina Massié a croisé par hasard Jean-Bruno Finochietti dans la rue. Le journal La Provence les a réunis pour qu'ils puissent dialoguer. Finochietti apparaît rempli de remords, il dit vivre avec les dernières paroles de Jacques Massié en tête et ne pouvoir s'empêcher de penser à Alexandre lorsqu'il voit un enfant. Marina Massié ne pardonnera jamais à l'ancien instituteur mais elle se sent apaisée de voir cet homme répondre à ses questions avec sincérité et regrets sans jamais se dérober.

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Éducation
Transcription
00:02:00Marina Massier se rend chez son frère Jacques, qui s'est installée avec femme et enfant dans une bastide provençale.
00:02:08Elle y rejoint son compagnon, Joe, qui est arrivé la veille.
00:02:12Je suis partie de la maison sur le coup de 9h du matin et je suis montée à la bastide.
00:02:22Quand je suis arrivée, je n'ai pas vu de voiture.
00:02:30Et puis le voisin est arrivé à ma rencontre et il m'a dit, vous avez vu, il y a eu le feu, il y a eu le feu chez votre frère.
00:02:36Je rentre avec le voisin, je ne sais plus ce qui m'arrive, je ne comprends plus, je ne comprends pas.
00:02:47Un désordre pas possible.
00:02:48Dans la bastide, tout est noir.
00:02:53Les meubles sont renversés et calcinés.
00:02:57Aucune trace de la famille Massier.
00:03:00Le voisin me dit, on devrait monter aux chambres, voir, donc il ouvre la porte, la porte avait gonflé par la chaleur.
00:03:11Donc on monte à la chambre.
00:03:14Dans la chambre non plus, personne.
00:03:22Pas un signe de vie.
00:03:29Moi je pense qu'il y a eu le feu et qu'ils sont certainement à l'hôpital tous.
00:03:35Je pense à ça au départ.
00:03:38Et puis le voisin me dit, vous devriez de suite aller à la gendarmerie.
00:03:42Donc c'est ce que j'ai fait.
00:03:44Marina Massier signale immédiatement aux gendarmes la disparition de sa famille.
00:03:50Jacques Massier, son frère, Marie-Dominique, sa belle-sœur et leur fils Alexandre, 8 ans.
00:03:56Manquent également à l'appel les parents de Marie-Dominique, M. et Mme Jacquem, venus à Auriol pour le week-end.
00:04:03Et enfin Joe, le compagnon de Marina.
00:04:06Ce dimanche, c'était son anniversaire.
00:04:10Au total, 6 personnes ont disparu, dont un enfant.
00:04:14Les policiers de la PJ rejoignent les gendarmes à la Bastide une heure plus tard.
00:04:18Leurs premières constatations sont édifiantes.
00:04:22Nous avons pu constater qu'il ne s'agissait pas d'un incendie accidentel.
00:04:28C'est-à-dire que dans la cage d'escalier qui permettait d'accéder de la cuisine vers les chambres, sur les rebords de fenêtres, nous avons trouvé des bougies.
00:04:38Et ces bougies avaient été positionnées en dessous des rideaux de manière à communiquer le feu.
00:04:43Autrement dit, quelqu'un a mis le feu à la Bastide.
00:04:53À la recherche d'empreintes, les policiers ramassent tout ce qui n'a pas brûlé.
00:04:58De la vaisselle, un vase, une bouteille de soda.
00:05:01Et envoie tout au labo.
00:05:05Pendant ce temps-là, à l'étage, les indices s'accumulent.
00:05:10À l'étage, c'est là que nous découvrons les indices les plus inquiétants.
00:05:14À savoir sur le lit, des masques d'hygiène, dits masques de chirurgien.
00:05:22Des liens, des ficelles.
00:05:26Vêtements tachés de sang.
00:05:31Le mystère s'épaissit lorsque les policiers découvrent la Mercedes de M. Jaquem,
00:05:39garée à 300 mètres de la maison.
00:05:43Dans le coffre, un mocassin d'hommes.
00:05:46Et à l'extérieur, des objets dispersés.
00:05:50Nous allons découvrir sur le trajet une chevalière qui appartient à Jacques Massier.
00:05:54D'ailleurs, les initiales figurent sur la chevalière.
00:05:58Nous allons découvrir une paire de lunettes, un briquet peut-être.
00:06:03Divers objets semés manifestement au cours d'une fuite.
00:06:10On se met comme une petite poussée sur le trajet.
00:06:13Donc jusqu'à cette trace de sang importante sur une margelle de trottoir.
00:06:20Et à partir de ce moment-là, je vais prendre conscience que l'affaire est grave.
00:06:29Une famille entière qui disparaît.
00:06:33La presse en fait ses gros titres.
00:06:37Ainsi commence l'affaire d'Auriol.
00:06:39Six personnes dont un enfant qui disparaît comme ça un soir d'anniversaire.
00:06:45La tentative d'incendie, les objets sémés, la tâche de sang sur le trottoir, tout cela est très inquiétant.
00:06:51D'autant que parmi les six disparus, il y a un homme dont les policiers ont déjà entendu parler.
00:06:55Un certain Jacques Massier.
00:06:57Un collègue à eux, un inspecteur de police, soupçonné d'appartenir au SAC.
00:07:01Victime d'une tentative d'attentat trois mois auparavant.
00:07:04Tout de suite, les policiers de la PJ ont l'intuition que Jacques Massier est la clé de ces mystérieuses disparitions.
00:07:16Gérard Girel, à l'époque, vous êtes le patron de l'enquête dans cette affaire.
00:07:20Est-ce que vous les connaissez, ces gens qui ont disparu ?
00:07:23Pas tous.
00:07:24Certains, oui.
00:07:25Notamment le maître des lieux, Jacques Massier.
00:07:28qui est donc un élève inspecteur de la police en stage à l'école de police à ce moment-là, au moment de cette disparition.
00:07:35Il a fait l'objet, le 26 avril, d'une tentative d'homicide volontaire à Aubagne, un soir, alors qu'il rentre chez lui.
00:07:43Un motard est venu à sa hauteur et donc a tiré un coup de feu dans la visse arrière de son véhicule.
00:07:49Donc, il a été amené à déclarer et à narrer cette situation dans nos services, dont nous étions saisis, à la police judiciaire de Marseille.
00:07:55Et donc, il n'y a pas de témoin.
00:07:59Il a une attitude quand même un peu surprenante quand il nous dit qu'il n'est pas venu déposer plainte tout de suite dans les services,
00:08:06alors qu'il a pu un temps poursuivre la moto de ses assassinats et relever le numéro de la moto.
00:08:14Il ne viendra le déclarer que le lendemain.
00:08:15Ça, ça nous a un peu étonné, à double titre.
00:08:17D'abord, au titre d'une victime qui vient de se faire tirer dessus,
00:08:20et au deuxième titre d'un policier qui, quand même, doit avoir le réflexe d'avertir ses collègues de ce qui vient d'y arriver.
00:08:26Immédiatement.
00:08:26Immédiatement.
00:08:27C'est au moment de ce premier témoignage devant vous, après cette tentative d'attenté, entre guillemets,
00:08:31dont on ne saura vraiment jamais la réalité,
00:08:34qu'il vous dit qu'il est membre du SAC, le service d'action civique.
00:08:37Voilà. Il nous dit qu'il a des responsabilités départementales du SAC, tout simplement,
00:08:42et que c'était certainement S-qualité qu'il a été visé.
00:08:47Le service d'action civique, c'est quelque chose que la police surveille de loin, de près ?
00:08:53Le SAC est un mouvement, je dirais, que tout le monde connaît,
00:08:57mais je dirais très franchement qu'à l'époque des faits, on découvre un peu tout ce petit monde,
00:09:03bien qu'on sache que ça existe, mais ce n'était pas très apparent, nous, vis-à-vis de la police.
00:09:08D'autres services de renseignement, présemblablement, mais sûrement pas au niveau de la police judiciaire.
00:09:15C'est ici, en Provence, que Jacques Massier est né et qu'il a grandi avec sa sœur Marina.
00:09:22Brigadier de police, il s'est marié avec une fille de la région, Marie-Dominique.
00:09:27Ils ont un fils unique, Alexandre.
00:09:30D'abord CRS, puis Motard, ce fils de policier ne fait que suivre la tradition paternelle.
00:09:39Quand il a fini son service militaire, mon père a insisté pour qu'il rentre dans la police.
00:09:45Donc il est rentré, il est rentré au Lamais, puis après, bon, ça a été son... ça lui a plu, puis après, il a prospéré, quoi.
00:09:56Son rêve était d'un jour rentrer dans la diasté.
00:10:01Mais c'était un rêve, attention.
00:10:02Il était ambitieux, il voulait...
00:10:05Alors que mon père était resté simple brigadier, lui voulait aller plus loin.
00:10:13Jacques Massier n'entrera jamais à la diasté, la direction de la sécurité du territoire.
00:10:18Mais il deviendra inspecteur de police.
00:10:20Il est d'ailleurs encore en stage au moment de sa disparition.
00:10:24Un inspecteur stagiaire qui a pourtant de l'argent.
00:10:27Belle bastide, chien de race...
00:10:30Très vite, beaucoup s'étonnent de ce train de vie.
00:10:32Moi aussi, c'est un inspecteur de police, brillant d'ailleurs,
00:10:36qui a eu un accident de moto assez grave, qui a eu une très belle carrière à la CRS 54,
00:10:41mais c'est quand même un homme qui allait à la CRS 54 au volant de sa Ferrari rouge.
00:10:45Un fonctionnaire de police au volant d'une Ferrari rouge.
00:10:50Voilà. Alors, évidemment, ça... ça trouble un peu.
00:10:54D'où vient cet argent ?
00:10:56Est-ce que ce train de vie a un lien avec son autre activité ?
00:11:00Il est le patron du SAC des Bouches-du-Rhône.
00:11:03Le SAC, le service d'action civique.
00:11:06Le service d'ordre du gaullisme.
00:11:09Officiellement chargé du collage d'affiches et de l'encadrement des meetings politiques,
00:11:15mais devenu en quelques années l'exécutant des basseuses œuvres du régime gaulliste,
00:11:20mêlé à des trafics en tout genre.
00:11:23Au fil des années, le mouvement va se fourvoyer et être pénétré par la paigre, par les truands,
00:11:32qui trouvent là des marchepieds, des passe-droits,
00:11:35qui leur permettent, via le petit triangle tricolore,
00:11:42d'avoir des autorisations d'armes, d'avoir des autorisations d'ouvrir des débits de boissons,
00:11:48de passer sur des petits délits et de commettre peut-être des larcins au départ qui sont commandables quand même.
00:11:55Des délits d'autant plus faciles à effacer que le SAC compte de nombreux policiers dans ses rangs.
00:12:01Avec leur carte tricolore, les policiers membres du SAC forment une véritable milice
00:12:06vouée aux raquettes et au chantage.
00:12:09Et régulièrement, ça se termine devant le tribunal.
00:12:13En 1981, le SAC est dirigé par Pierre de Bizet, un ancien partisan de l'OAS.
00:12:22À Marseille, les policiers découvrent que Jacques Massier, bon policier et bon père de famille,
00:12:28était un de ces policiers du SAC pas très net.
00:12:32C'est le moins qu'on puisse dire.
00:12:34Massier était un policier, un policier malhonnête.
00:12:45Il détournait les cotisations.
00:12:47Les membres du SAC payaient les cotisations, il les détournait.
00:12:50Tous les membres du SAC adhérés au club de tir,
00:12:53qui nécessitaient aussi le paiement d'une cotisation,
00:12:56ces cotisations, il les détournait.
00:12:58Il va utiliser les hommes du SAC pour des opérations de chantage,
00:13:03d'extorsion de fonds, de maintien de l'ordre dans des boîtes de nuit,
00:13:08de raquettes, même de harcèlement de particuliers,
00:13:12pour régler des comptes.
00:13:13Tout cela, bien sûr, contre de l'argent.
00:13:17La disparition de Jacques Massier a-t-elle un lien avec ces trafics ?
00:13:22Des membres du SAC qui auraient voulu lui régler son compte, en quelque sorte.
00:13:27Non seulement les actions que mène le SAC des Boucherones
00:13:30sont des actions de chantage, d'extorsion de fonds,
00:13:34des actions tout à fait illégales,
00:13:36mais elles ne profitent même pas à l'organisation.
00:13:39Ces actions profitent uniquement à la poche de Massier.
00:13:42Et ça, les autres vont s'en rendre compte tout de suite.
00:13:45En enquêtant, les policiers découvrent que Massier
00:13:48était en conflit avec les membres du SAC de Marseille.
00:13:52Ils se sentaient même menacés.
00:13:57Je me souviens qu'on est allés quelques fois au restaurant.
00:14:05Il se mettait toujours face à la porte.
00:14:08Il était toujours armé.
00:14:12Un jour, il m'avait fait de vie, il m'avait dit non.
00:14:15Et toi, là, moi, je me mets là.
00:14:17Jacques Massier ne faisait plus confiance aux membres du SAC.
00:14:23Il faisait des rapports sur chacun d'entre eux.
00:14:26Il s'était même bricolé un attaché case
00:14:27avec un micro caché qui lui permettait d'enregistrer
00:14:31toutes ces conversations.
00:14:32Massier avait un défaut.
00:14:34Il avait l'espionnite aiguë.
00:14:37Donc, il photocopiait tout ce qui lui tombait sous la main.
00:14:41Il enregistrait toutes les conversations téléphoniques.
00:14:45Et c'est ainsi, donc, qu'il a constitué des archives
00:14:50et qu'il pensait pouvoir tenir Pierre, Paul et Jacques
00:14:54d'une façon ou d'une autre.
00:14:56Et il y avait toujours cette manie du complot,
00:14:59cette phobie du complot.
00:15:01Donc, on se méfie de tout, on ne fait confiance en personne,
00:15:03on enregistre, on écrit, on laisse des traces, voilà.
00:15:07Mais c'était, à la limite, maladif.
00:15:09Était-ce le sac qui avait voulu se débarrasser de Massier
00:15:15lors de la première tentative d'assassinat sur l'autoroute ?
00:15:19Massier le pensait, en tout cas,
00:15:21puisqu'il avait donné à la police le fichier du sac
00:15:23avec le nom et les adresses de tous les adhérents marseillais.
00:15:28Il savait qui le menaçait
00:15:29et il en avait parlé à sa sœur.
00:15:35Bon, Jacques, il m'avait parlé.
00:15:36Je savais, je savais qui pouvait lui en vouloir.
00:15:44Un instituteur, un homme à l'oreille coupée et un chauve.
00:15:48C'est ce que vous avez dit votre frère ?
00:15:50C'est ce que m'a dit mon frère.
00:15:51Eux, je ne peux plus les contrôler.
00:15:55Je ne peux plus les contrôler.
00:15:56Voilà donc le portrait de l'un des six disparus d'Auriol, Jacques Massier.
00:16:07C'était un homme aux abois, menacé par les membres de sa propre organisation,
00:16:10qui, manifestement, voulait l'éliminer
00:16:13pour prendre définitivement sa place de chef du sac dans les bouches du Rhône.
00:16:17Voilà en tout cas un mobile d'enlèvement et pourquoi pas de meurtre.
00:16:20À part ça, les policiers de la PJ n'ont pas grand-chose.
00:16:22Lorsqu'en fin d'après-midi, un homme débarque à la Bastide
00:16:25alors qu'ils sont encore en train de fouiller la villa.
00:16:32Nous sommes à l'extérieur, nous faisons un petit peu le point avec les gendarmes.
00:16:35Et nous voyons arriver un véhicule de grosse cilindrine.
00:16:39Et lorsque le conducteur nous a perçois, le véhicule s'immobilise soudain.
00:16:46L'inconnu au volant semble hésiter.
00:16:49Finalement, il sort et se dirige vers les policiers.
00:16:58Il me dit que je suis un ami de Jacques Macier.
00:17:01Nous venons fêter son anniversaire.
00:17:04D'ailleurs, j'ai pu noter qu'une boîte de gâteaux était posée sur la banquette arrière du véhicule.
00:17:08Bon, ayant répondu à ma question, à mon tour, je lui ai dit que Macier n'était pas là
00:17:17et que sa famille avait disparu.
00:17:21Et sa première réaction, son premier mot, c'est en nous regardant, il nous dit « il est arrivé avec malheur ».
00:17:28Son premier mot, « il est arrivé avec malheur ».
00:17:31En fait, cet homme semble inquiet, mais pas vraiment surpris.
00:17:36Il s'appelle Jean-Claude Emery.
00:17:38Lui aussi est militant du SAC.
00:17:40Et il explique aux policiers qu'il connaît quelqu'un qui pourra les aider dans leur enquête.
00:17:45Là, il me précise qu'il a des informations à recueillir
00:17:53qu'il ne détient pas immédiatement,
00:17:57mais qu'il doit se rendre quelque part dans le Vaucluse pour les recueillir.
00:18:05Je dis « aucun problème, va dans le Vaucluse, va chercher des informations, et puis tu peux ».
00:18:10Mais alors, dans ces conditions, je veux te voir ce soir.
00:18:15Et à minuit, Emery est venue au service.
00:18:22Et là, il nous a dit « voilà, j'ai vu la personne concernée.
00:18:26Cette personne dit que s'il est arrivé un malheur amassié,
00:18:33il y a certainement une relation directe avec un instituteur qui habite rue de la République
00:18:40et une personne qui travaille chez Chambourcy et qui a une oreille coupée.
00:18:44Sans autre précision. »
00:18:49Un instituteur et un homme à l'oreille coupée.
00:18:53Sans le savoir, Jean-Claude Emery confirme les premières confidences de Marina Massier.
00:18:58Maintenant, il faut d'ardard identifier ces deux individus.
00:19:01En premier lieu, l'homme à l'oreille coupée qui travaillait à Chambourcy.
00:19:04Dès le lendemain matin, l'un des inspecteurs se rend à l'usine.
00:19:09« J'ai rencontré le directeur du personnel, donc, et je lui ai demandé si parmi son personnel
00:19:15figurait un homme qui présentait la particularité d'avoir une oreille coupée.
00:19:20Il m'a immédiatement donné le nom de Collard, Lionel Collard.
00:19:23Il m'a dit « oui, l'homme à l'oreille coupée, Lionel Collard, il n'y a pas de doute ».
00:19:26« Lionel Collard, c'est un membre du sac.
00:19:31Son nom figure dans le fichier remis par Jacques Massier au policier
00:19:34au moment de la première tentative d'assassinat.
00:19:38Et l'instituteur ?
00:19:40A-t-il lui aussi un lien avec le sac ?
00:19:45« J'analyse le fichier des adhérents, point par point,
00:19:51et là, arrivé à une case,
00:19:56il y a une adresse d'une personne qui habite rue de la République
00:20:01et avec un numéro professionnel en plus qui correspond à une école.
00:20:07Et nous avons un nom associé au fichier, Finocchietti-Jean-Bruno. »
00:20:13Jean-Bruno Finocchietti, 30 ans, maître d'école et père de deux garçons.
00:20:20Il milite au sac depuis quelques années.
00:20:21Il connaît bien Lionel Collard, un ancien légionnaire qui s'est tranché l'oreille.
00:20:27En ouvrant, paraît-il, son parachute au dernier moment.
00:20:30Un pari entre copains.
00:20:31D'ailleurs, son côté tête brûlée lui a valu d'être renvoyé de la Légion.
00:20:34Ces deux-là sont amis avec un certain Jean-Joseph Maria,
00:20:43surnommé Le Chauve ou Kojac,
00:20:45qui était l'adjoint de Jacques Massier au sac
00:20:47et de notoriété publique, son ennemi juré.
00:20:50Vous identifiez trois hommes qui pourraient correspondre aux chauves,
00:21:06à l'instituteur et à l'homme à l'oreille coupée,
00:21:10tels qu'un certain nombre de témoins vous les ont décrits.
00:21:13Mais vous n'avez pas de preuves contre eux.
00:21:15Qu'est-ce que vous faites ?
00:21:16Écoutez, vu ce que nous avons découvert,
00:21:19vu ce que viennent nous dire à la fois Marina Massier
00:21:21et donc Jean-Claude Emmery,
00:21:24cet ami qui est convié au repas,
00:21:27il nous paraît important de recueillir immédiatement
00:21:31les explications de ce trio.
00:21:34Mais il y avait deux options.
00:21:35L'épiceté de loin ou l'écoxé immédiatement.
00:21:39Ah ben pour nous, ça n'a pas posé de problème,
00:21:41je dirais, existentiel immédiat.
00:21:43Parce que, comme on disait tout à l'heure,
00:21:45nous avons quand même six personnes disparues
00:21:47dont on n'est pas certain qu'ils ne sont pas en danger.
00:21:50On n'a encore aucune certitude
00:21:51qu'on ne peut plus rien pour eux.
00:21:53Donc on a le souci de savoir rapidement
00:21:56ce qui a pu se produire
00:21:58et s'il y a encore quelque chose à faire pour les sauver.
00:22:01Ce sont tous les trois des membres importants
00:22:03du sac des Bouches-du-Rhône ?
00:22:05Ben on va dire oui,
00:22:07en ce sens qu'ils sont très proches de Maria.
00:22:10Voilà, Maria qui est l'adjoint de Massier.
00:22:12Ce sont des personnages
00:22:15qui sont très très près,
00:22:16très très près de...
00:22:17On va dire de l'instance dirigeante,
00:22:19si on peut appeler ça comme ça.
00:22:22Alors les policiers décident de ne pas traîner.
00:22:25Moins de 24 heures après le début de l'enquête,
00:22:27ils les interpellent tous les trois,
00:22:29à l'aube.
00:22:30Jean-Joseph Maria,
00:22:32Lionel Collard
00:22:33et Jean-Bruno Finocchietti.
00:22:35L'interrogatoire de Finocchietti démarre tôt le matin.
00:22:46Il va durer plus de 41 heures.
00:22:52Dès le départ de son audition,
00:22:54c'est quelqu'un en fait qui est très à l'aise.
00:22:58On n'a pas du tout l'impression,
00:23:00on se dit non, ça n'est pas possible.
00:23:01On est à côté de la vérité,
00:23:05on n'a pas un coupable potentiel
00:23:08dans notre bureau.
00:23:10Il est un instituteur
00:23:11excessivement aimé de ses enfants,
00:23:15des parents d'élèves.
00:23:17C'est quelqu'un apparemment
00:23:19dans l'éducation nationale
00:23:20qui donne toute satisfaction.
00:23:23Jean-Bruno Finocchietti
00:23:25semble ne pas comprendre
00:23:26pourquoi il est en garde à vue.
00:23:28Après tout,
00:23:29c'est un ami des Massiers.
00:23:31Ses deux fils ont l'habitude
00:23:32de jouer avec Alexandre,
00:23:34le fils de Jacques.
00:23:36Il lui a même donné
00:23:37des cours de rattrapage.
00:23:39Mais les policiers ne lâchent pas.
00:23:41Ce qui les intéresse,
00:23:42c'est son emploi du temps.
00:23:44Où étaient-ils dans la nuit
00:23:45du samedi 18 au dimanche 19 juillet,
00:23:48la nuit de la disparition
00:23:50de la famille Massier ?
00:23:51Il prétend que la nuit
00:23:54du 18 au 19 juillet,
00:23:58il était à son domicile
00:23:59et que son épouse
00:24:00et sa belle-mère
00:24:02peuvent en témoigner.
00:24:05Et cet argument
00:24:06est de poids.
00:24:08Je suis un peu désarçonné
00:24:10que son épouse
00:24:12menthe
00:24:13qui était mis au point
00:24:14un faux témoignage
00:24:15était possible.
00:24:16Mais que sa belle-mère
00:24:17aussi puisse
00:24:18prétendre
00:24:20qu'il était au domicile
00:24:21alors qu'il n'y était pas,
00:24:23me paraissait
00:24:25un peu étrange.
00:24:25Au même moment,
00:24:29dans un autre bureau
00:24:29de l'APJ,
00:24:30le service de l'identité judiciaire
00:24:32compare les empreintes
00:24:33de Finocchietti,
00:24:35Collard et Maria
00:24:36avec celles retrouvées
00:24:37sur les objets
00:24:38qui n'ont pas brûlé
00:24:38dans la Bastide.
00:24:41Quelques heures plus tard,
00:24:42le résultat tombe,
00:24:45implacable.
00:24:47Comment ça va se passer ?
00:24:48Tard dans la soirée,
00:24:49du jour de leur interpellation,
00:24:51un des spécialistes
00:24:52est venu me voir
00:24:53dans mon bureau
00:24:54pour me dire
00:24:54l'empreinte,
00:24:56enfin la trace papillaire
00:24:57qu'il y a
00:24:57sur la bouteille de soda
00:24:59découverte dans la chambre,
00:25:01c'est un doigt
00:25:02de Finocchietti.
00:25:03Alors évidemment,
00:25:05un élément matériel
00:25:07de prime importance
00:25:08a été révélé à nous,
00:25:10a été révélé aux enquêteurs.
00:25:11Vous lui dites tout de suite ?
00:25:13Oui, si vous voulez,
00:25:14oui, en ce sens qu'
00:25:15il nous avait dit
00:25:17être allé auparavant
00:25:17à Auriol
00:25:18s'acquitter de sa cotisation
00:25:20au club de tir,
00:25:22étant donné qu'on savait
00:25:23qu'il y avait des empreintes
00:25:23des digitales
00:25:24qui avaient été relevées
00:25:24par Sipa.
00:25:25Alors on lui avait demandé
00:25:25s'il avait consommé,
00:25:27s'il avait bu à ce moment-là
00:25:28avec Mme Massier.
00:25:29Il a dit non,
00:25:30qu'elle ne lui avait rien offert
00:25:31et qu'il n'avait pas bu.
00:25:31Donc il n'avait pas pu toucher
00:25:33une bouteille ou un verre.
00:25:35Donc il devenait très intéressant
00:25:36de faire le rapprochement
00:25:38entre vraisemblablement
00:25:40sa présence
00:25:40au moment de la disparition
00:25:43des six personnes
00:25:45par la découverte
00:25:46de cette trace.
00:25:47Alors je me rappelle très bien
00:25:49le lui avoir révélé
00:25:50en disant que jusqu'à présent
00:25:52il avait quand même
00:25:52pas mal menti
00:25:54puisque nous on avait
00:25:54la preuve maintenant
00:25:55qu'il avait été physiquement
00:25:58dans cette bâtisse
00:26:00puisqu'on avait retrouvé
00:26:00une trace sur une bouteille.
00:26:03Les policiers ont une preuve.
00:26:05Finocchietti est dans la seringue
00:26:07mais le temps presse.
00:26:11Une famille entière
00:26:11manque à l'appel.
00:26:13Ma question devient récurrente.
00:26:16Jean, est-ce qu'il y a
00:26:17quelque chose à sauver ?
00:26:18Et 200 fois, 300 fois
00:26:20au cours de la nuit
00:26:21j'ai dû lui poser la question.
00:26:23Jean, est-ce qu'il y a
00:26:24quelque chose à sauver ?
00:26:25S'il y a quelque chose à sauver
00:26:26il t'en sera tenu compte
00:26:28si on découvre des gens vivants
00:26:31grâce à toi
00:26:31je m'en ferai fort
00:26:33auprès des magistrats
00:26:34de le souligner
00:26:35en cours d'assises
00:26:36de le souligner
00:26:37il t'en sera tenu compte
00:26:39Jean, est-ce qu'il y a
00:26:40quelque chose à sauver ?
00:26:42On a joué sur toutes les
00:26:44sur toutes les fibres
00:26:46sur lesquelles on peut jouer
00:26:47c'est-à-dire
00:26:49ça passe des relations
00:26:50qu'il avait eues
00:26:51avec ces personnes
00:26:52qu'il avait eues
00:26:52avec cette famille
00:26:53ça passe sur l'affectif
00:26:54ça passe sur le fait
00:26:55que parmi les victimes
00:26:56il y avait des grands-parents
00:26:57ça passe sur le fait
00:26:59qu'il y avait un enfant
00:27:00que lui-même avait
00:27:01des enfants en bas âge
00:27:02donc en disant
00:27:04vous avez des enfants en bas âge
00:27:06il y a un enfant en bas âge
00:27:07qui a disparu
00:27:07il faut qu'on fasse quelque chose
00:27:09ça pourrait être votre enfant
00:27:10puis vous l'avez connu
00:27:11vous lui avez donné des leçons
00:27:14de rattrapage
00:27:15sur le plan scolaire
00:27:16il y a une épouse
00:27:18qui a disparu
00:27:19elle a sensiblement
00:27:19l'âge de la vôtre
00:27:20et finalement
00:27:24à une des questions
00:27:26il est tard dans la nuit
00:27:29à ce moment-là
00:27:29et à une des questions
00:27:30Jean
00:27:31une dernière fois
00:27:33y a-t-il quelque chose
00:27:34à sauver
00:27:34il lâche la tête
00:27:37il lâche la tête
00:27:38négativement
00:27:40pour dire non
00:27:43je suis un peu secouré
00:27:47et je réitère ma question
00:27:50j'ai dit Jean
00:27:50il n'y a rien à sauver
00:27:52une nouvelle fois
00:27:54donc il lâche
00:27:54il lâche la tête
00:27:55et une larme coule
00:27:58de son visage
00:28:00puis deux
00:28:00et je m'étais à pleurer
00:28:03il est complètement effondré
00:28:04nous aussi
00:28:06nous aussi
00:28:07il vient de nous dire
00:28:08qu'il n'y a plus rien à sauver
00:28:09il vient de nous dire
00:28:10indirectement
00:28:11que tout le monde est mort
00:28:12Finocchietti
00:28:15raconte alors
00:28:16ce qui s'est passé
00:28:17dans la nuit du 18
00:28:18au 19 juillet 81
00:28:19cette nuit
00:28:20où toute une famille
00:28:21a été séquestrée
00:28:22puis assassinée
00:28:24Finocchietti
00:28:28ne se contente pas
00:28:28de raconter
00:28:29il dessine
00:28:31un dessin
00:28:34une sorte de bande dessinée
00:28:35qu'il intitule
00:28:37sur l'écran noir
00:28:38de mes nuits blanches
00:28:40avec un souci
00:28:43du détail stupéfiant
00:28:45l'instituteur
00:28:46raconte tout
00:28:46le massacre
00:28:48les derniers mots
00:28:50des victimes
00:28:50leur panique
00:28:52il se souvient
00:28:58de ses propres meurtres
00:28:59celui de l'inspecteur
00:29:00Maciès
00:29:00la tête fracassée
00:29:02et la poitrine
00:29:02poignardée
00:29:03et puis le meurtre
00:29:05d'Alexandre
00:29:06l'instituteur
00:29:07avoue qu'il a achevé
00:29:08l'enfant de 8 ans
00:29:09d'un coup de poignard
00:29:10dans le coeur
00:29:10après qu'un complice
00:29:12lui ait donné
00:29:13des coups de tisonnier
00:29:14sur la tête
00:29:15l'enquête est allée
00:29:22très vite
00:29:22trois jours après le massacre
00:29:24l'un des auteurs présumés
00:29:26a avoué
00:29:27après sa garde à vue
00:29:28Jean-Bruno Finocchietti
00:29:30est inculpé
00:29:30pour séquestration
00:29:31et homicide
00:29:32un instituteur de 31 ans
00:29:36serait l'un des responsables
00:29:38du massacre d'Auriol
00:29:39Jacques Maciès
00:29:40inspecteur de police
00:29:41stagiaire
00:29:42et responsable local
00:29:43du SAC
00:29:43le service d'action civique
00:29:45son épouse
00:29:46leur fils âgé de 8 ans
00:29:47les beaux-parents
00:29:48de l'inspecteur
00:29:49et un ami
00:29:50ont été massacrés
00:29:51dans des circonstances
00:29:52particulièrement horribles
00:29:54Finocchietti
00:29:56ne dit pas tout de suite
00:29:56où se trouvent les corps
00:29:57mais face au juge
00:29:59Françoise Laurence
00:30:00l'instituteur raconte
00:30:02que c'est Jacques Maciès
00:30:03qui était la cible
00:30:04ils étaient cinq hommes
00:30:06ce soir-là
00:30:07un commando
00:30:08ils voulaient juste
00:30:09lui prendre des documents
00:30:10lesquels ?
00:30:12Finocchietti ne répond pas
00:30:13ses complices ?
00:30:15il ne les dénonce pas
00:30:16il consent juste
00:30:17à les désigner
00:30:18par des lettres
00:30:19de l'alphabet
00:30:20Finocchietti
00:30:23va observer
00:30:25une règle
00:30:26qu'il observera
00:30:28tout au long
00:30:28de l'instruction
00:30:29ne jamais citer
00:30:30le nom des personnes
00:30:32ou l'identité
00:30:33des personnes
00:30:33qui refusent
00:30:35d'avouer
00:30:36donc
00:30:37première comparution
00:30:38difficile
00:30:39puisque nous allons
00:30:40jongler avec
00:30:41cinq membres du commando
00:30:42A, B, C, D
00:30:44et
00:30:45le
00:30:46commanditaire
00:30:47l'organisateur
00:30:49monsieur Z
00:30:51alors Finocchietti
00:31:00a craqué
00:31:01je suppose qu'ensuite
00:31:02vous interrogez aussi
00:31:04Collard et Maria
00:31:06Collard l'oreille coupée
00:31:08Maria le chauve
00:31:09Kojak
00:31:09pour savoir
00:31:11si ce sont eux
00:31:11qui sont les lettres
00:31:12A, B, C, D
00:31:13ou Z
00:31:14qui est la lettre
00:31:16que Finocchietti
00:31:17attribue aux commanditaires
00:31:18voilà
00:31:18et alors ?
00:31:19Ben alors
00:31:19on va commencer par Maria
00:31:21Maria rien
00:31:21Maria rien du tout
00:31:22Maria il continue
00:31:23à s'arc-bouter
00:31:25sur les reproches
00:31:26qu'il a à faire
00:31:28sur la gestion
00:31:29du mouvement
00:31:29par Parmassier
00:31:30toute malversation
00:31:32et écart
00:31:32de conduite
00:31:34qu'il nous dit
00:31:35avoir inlassablement
00:31:37relayé
00:31:38au secrétaire général
00:31:40à Paris
00:31:40du SAC
00:31:41qui est donc
00:31:41Pierre de Bizet
00:31:42mais
00:31:44il ne reconnaîtra
00:31:46absolument
00:31:47aucune responsabilité
00:31:48dans cette affaire
00:31:48donc il dit
00:31:49je ne l'aimais pas
00:31:50mais je ne l'ai pas tué
00:31:51voilà
00:31:52Collard c'est différent
00:31:54il ne dit rien non plus
00:31:55mais par contre
00:31:56il admet
00:31:57il admet que
00:31:58suivant son expression
00:31:59je crois mon souvenir
00:32:00à peu près
00:32:01il savait que
00:32:03devant les reproches
00:32:05qui étaient faits
00:32:06à Massier
00:32:08sa mort était programmée
00:32:10par qui ?
00:32:12ça
00:32:12il ne le dira pas
00:32:13donc tous les deux
00:32:14s'accordent à dire quand même
00:32:15que Massier avait
00:32:16beaucoup d'ennemis
00:32:16au sein du SAC
00:32:17et qu'ils en faisaient
00:32:19partie tous les deux
00:32:19quoi ?
00:32:20je crois qu'ils en faisaient
00:32:20partie tous les deux
00:32:21au premier chef
00:32:22il faut maintenant
00:32:25retrouver les six corps
00:32:27Finocchietti affirme
00:32:29qu'il ne s'est occupé
00:32:29que du cadavre
00:32:31de Jacques Massier
00:32:31et qu'il est allé
00:32:33l'enterrer en pleine nuit
00:32:34avec deux complices
00:32:35dans un bois
00:32:36à 15 kilomètres
00:32:38d'Auriol
00:32:38nous demandons à Finocchietti
00:32:40de nous conduire
00:32:41sur place
00:32:42et là
00:32:43blocage
00:32:44il dit non
00:32:45je ne veux pas
00:32:46je ne veux pas y retourner
00:32:47je ne veux pas revivre ça
00:32:48mais
00:32:51je peux vous faire
00:32:52un dessin
00:32:53et en quelques traits
00:32:55de crayon
00:32:56il explique
00:32:57la route
00:32:58les deux pressoirs
00:33:00à vigne
00:33:01le champ de vigne
00:33:02tout de suite
00:33:12nous avisons
00:33:12sur la gauche
00:33:13comme Finocchietti
00:33:14nous l'avait indiqué
00:33:15des petits bosquets
00:33:18de chênes
00:33:19et au milieu
00:33:20de ces bosquets
00:33:21de chênes
00:33:21il y en a un
00:33:23où il y a un tumulus
00:33:24en pierres
00:33:24donc nous nous approchons
00:33:26et immédiatement
00:33:27nous remarquons
00:33:28que nombre de ces pierres
00:33:30ont été très récemment
00:33:31développées
00:33:32elles sont à l'envers
00:33:33le côté humide
00:33:34est sur le dessus
00:33:35et puis nous commençons
00:33:39très doucement
00:33:40à creuser
00:33:41et après avoir déblayé
00:33:43environ 20 à 30 cm
00:33:47de terre
00:33:48la première chose
00:33:50qui est apparue
00:33:51c'est en fait
00:33:52la hanche droite
00:33:54de Macier
00:33:55avec sa plaque de police
00:33:57attachée à une chaîne
00:33:58qui était sortie
00:33:59de la poche
00:33:59donc là on a compris
00:34:02bon que d'une part
00:34:03on avait un corps
00:34:05mais qu'en plus
00:34:06c'était le bon
00:34:07et c'était celui
00:34:08de Jacques Macier
00:34:08le 22 juillet
00:34:10quatre jours
00:34:12après la tuerie
00:34:12d'Auriole
00:34:13le corps mutilé
00:34:14de Jacques Macier
00:34:15est exhumé
00:34:17de cette tombe
00:34:19de fortune
00:34:19on a pu constater
00:34:23qu'au niveau
00:34:24du t-shirt
00:34:24qui portait
00:34:25il y avait
00:34:25une échancrure
00:34:26très très importante
00:34:27au dessus du sein gauche
00:34:28et que la plaie
00:34:30qui était dessous
00:34:31correspondait tout à fait
00:34:32à cette échancrure
00:34:33et correspondait
00:34:35aux descriptions
00:34:35de Finocchietti
00:34:36lorsqu'il avait
00:34:39rattrapé Macier
00:34:41il avait poignardé
00:34:41par derrière
00:34:42au niveau du sein
00:34:43ce qui avait causé
00:34:44la mort
00:34:45et l'importante
00:34:46tâche de sang
00:34:46qui se trouvait
00:34:47au sol
00:34:48le médecin légiste
00:34:49pouvait mettre
00:34:50son poing
00:34:50à l'intérieur
00:34:51du crâne
00:34:53qui indique
00:34:55la violence
00:34:56la violence
00:34:57au dauphin
00:34:57de Kéti
00:34:58lorsqu'il a éclaté
00:34:59le crâne
00:35:00contre la morgelle
00:35:00mais où sont
00:35:15les autres
00:35:16Collard et Maria
00:35:21disent toujours
00:35:22qu'ils n'ont rien
00:35:22à voir
00:35:23avec cette histoire
00:35:24quant à Finocchietti
00:35:28ils racontent
00:35:29que l'opération
00:35:30n'avait pas
00:35:30pour but
00:35:31de massacrer
00:35:32toute la famille
00:35:32Finocchietti
00:35:35va expliquer
00:35:36qu'il avait reçu
00:35:37pour mission
00:35:38d'enlever
00:35:41Jacques Massy
00:35:43de le conduire
00:35:46sur le lieu
00:35:46d'un interrogatoire
00:35:48de récupérer
00:35:49les documents
00:35:50et d'éliminer
00:35:52Massy
00:35:53grâce aux aveux
00:35:56de Finocchietti
00:35:57les enquêteurs
00:35:58reconstituent
00:35:59la nuit de la tuerie
00:35:59le samedi
00:36:0218 juillet 81
00:36:03à 14h
00:36:04les 5 hommes
00:36:06planquent
00:36:06en face
00:36:06de la Bastide
00:36:07armés de couteaux
00:36:08de cordelettes
00:36:09de fusils
00:36:10et de barres de fer
00:36:12ils attendent
00:36:13que Jacques Massy
00:36:14soit seul
00:36:14chez lui
00:36:15pour lui prendre
00:36:16ses fameux documents
00:36:17à 17h
00:36:20une Renault 5 blanche
00:36:21quitte la maison
00:36:22les membres
00:36:23du commando
00:36:24pensent qu'il s'agit
00:36:25d'un maçon
00:36:25qui vient de temps en temps
00:36:26travailler à la Bastide
00:36:27erreur
00:36:29c'est en fait
00:36:30Jacques Massy
00:36:31qui est parti
00:36:31et qui ne reviendra
00:36:33que tard dans la nuit
00:36:34convaincu que Massy
00:36:37est seul dans la maison
00:36:38le commando décide
00:36:39d'intervenir
00:36:40le visage dissimulé
00:36:41par de simples masques
00:36:42de chirurgien
00:36:42quand il pénètre
00:36:46dans la Bastide
00:36:46surprise
00:36:47il y a
00:36:47sa femme
00:36:48et son beau-frère
00:36:49Joe Ferrarini
00:36:50qu'il prenne pour Massy
00:36:51et qu'il gaze
00:36:52avec une bombe lacrymogène
00:36:53Marie-Dominique
00:36:56est ligotée
00:36:57une heure plus tard
00:36:59monsieur et madame
00:37:00Jacques M
00:37:00les beaux-parents
00:37:01et leur petit-fils Alexandre
00:37:02rentrent de promenade
00:37:04à leur tour
00:37:07ils deviennent otages
00:37:08toute la famille
00:37:09est alors enfermée
00:37:10dans la chambre
00:37:10du premier étage
00:37:11en attendant Jacques Massy
00:37:19on ligote
00:37:21les cinq adultes
00:37:21comme une ultime faveur
00:37:24le commando
00:37:24laisse le petit garçon
00:37:25s'endormir
00:37:26à côté de sa maman
00:37:27mais ce soir-là
00:37:29décidément
00:37:30rien ne se passe
00:37:32comme prévu
00:37:33au stade
00:37:34de la séquestration
00:37:35à l'étage
00:37:36lorsque la famille
00:37:37est toujours en vie
00:37:38ils n'ont revêtu
00:37:42que des masques
00:37:43de chirurgien
00:37:43je vous disais
00:37:45que ça ne dissimule rien
00:37:46et Marie-Dominique
00:37:49reconnaît
00:37:49l'instituteur
00:37:50elle lui dit
00:37:50mais vous êtes
00:37:51l'instituteur
00:37:52c'est foutu
00:37:57c'est un véritable fiasco
00:38:00ils ont gazé
00:38:02Ferrarini
00:38:03en croyant gazé
00:38:04Massier
00:38:05Marie-Dominique
00:38:09reconnaît
00:38:10l'instituteur
00:38:11la solution
00:38:16la plus tragique
00:38:16qui finalement
00:38:17a été adoptée
00:38:18c'est d'assassiner
00:38:19toute la famille
00:38:20il ne faut pas laisser
00:38:23de témoins
00:38:24selon Finocchietti
00:38:26c'est le complice
00:38:28désigné par la lettre
00:38:29A
00:38:29qui prend la décision
00:38:31de tuer tout le monde
00:38:33il les fait
00:38:36un à un
00:38:37descendre
00:38:37dans la salle à manger
00:38:39à partir de ce moment là
00:38:44le massacre
00:38:46parce qu'en fait
00:38:47il s'agit des massacres
00:38:48le massacre a commencé
00:38:49c'est à dire
00:38:50qu'on a commencé
00:38:51par faire
00:38:52descendre
00:38:53le concubin
00:38:55qui était le plus jeune
00:38:57Jo Ferrarini
00:39:03est étranglé
00:39:05en bas de l'escalier
00:39:06étranglé
00:39:08avec une corde
00:39:12un peu plus tard
00:39:14on fait descendre
00:39:16Madame Jacquem
00:39:19Madame Jacquem
00:39:21la belle-mère de Massier
00:39:23est poignardée
00:39:24et étranglée
00:39:27on fait ensuite
00:39:28entendre
00:39:28décembre
00:39:29Jules Jacquem
00:39:30Jules Jacquem
00:39:33le beau-père
00:39:34est étranglé
00:39:36et étouffé
00:39:37et
00:39:38à ce moment là
00:39:40
00:39:41successivement
00:39:43Marie-Dominique
00:39:45perçoit
00:39:45des bruits
00:39:46étranges
00:39:47en bas de l'escalier
00:39:48qui permet
00:39:49d'accéder
00:39:50au rez-de-chaussée
00:39:50elle perçoit
00:39:52des chocs
00:39:53des bruits
00:39:53de choc
00:39:54elle perçoit
00:39:55des bruits
00:39:56étouffés
00:39:57elle réalise
00:40:00qu'on est peut-être
00:40:02en train d'assassiner
00:40:03sa famille
00:40:04et elle dit
00:40:06à
00:40:07Finocchetti
00:40:08elle dit
00:40:10mais
00:40:11mais on nous tue
00:40:12mais on nous tue
00:40:14Finocchetti lui dit
00:40:15non non
00:40:16non non
00:40:17de toute façon
00:40:18je te laisserai pas
00:40:20il a tutoie
00:40:21je te laisserai pas
00:40:22te tuer
00:40:24s'il le faut
00:40:25je te donnerai mon fusil
00:40:26et puis
00:40:27je vais ouvrir la porte
00:40:28qui lui donne accès
00:40:29à la colline
00:40:29Finocchetti
00:40:34ne la sauvera pas
00:40:36comme les autres
00:40:37Marie-Dominique
00:40:38est emmenée
00:40:39au rez-de-chaussée
00:40:39et tuée
00:40:40en bas de l'escalier
00:40:42étranglée
00:40:43avec une cordelette
00:40:44puis
00:40:44poignardée
00:40:45à l'étage
00:40:48il reste Alexandre
00:40:508 ans
00:40:50qui n'a rien entendu
00:40:52Jean-Bruno Finocchetti
00:40:54le prend dans ses bras
00:40:54et descend l'enfant
00:40:56encore endormi
00:40:57en bas
00:40:58un autre complice
00:41:00l'attend
00:41:00et assène
00:41:01plusieurs coups
00:41:02de barre de fer
00:41:03sur la tête
00:41:04du petit garçon
00:41:05Finocchetti
00:41:07garde un enfant
00:41:08sur ses bras
00:41:08le crâne
00:41:10fracassé
00:41:11l'enfant gémit
00:41:13il n'est pas mort
00:41:15et
00:41:17Bruno Finocchetti
00:41:18nous dit
00:41:19pour achever
00:41:22ses souffrances
00:41:22j'ai sorti
00:41:24mon poignard
00:41:24de commando
00:41:25et je l'ai piqué
00:41:26au coeur
00:41:26pour l'achever
00:41:28J'interroge
00:41:41Finocchetti
00:41:42vous aviez la possibilité
00:41:45aviez-vous la possibilité
00:41:47de permettre
00:41:50à Alexandre
00:41:52d'échapper
00:41:52à cette tuerie
00:41:53il ne répond pas
00:41:58il y avait des fenêtres
00:41:59je sais
00:42:00il y avait des fenêtres
00:42:01et je pouvais
00:42:02le faire partir
00:42:03pour quelle raison
00:42:04ne l'a-t-il pas fait
00:42:05il avait des heures
00:42:07puisque
00:42:08l'attente
00:42:09a duré
00:42:09quelques heures
00:42:10et en tous les cas
00:42:11au moment
00:42:12où Dominique Massy
00:42:13prend conscience
00:42:15qu'on va
00:42:16les tuer
00:42:17et qu'elle le supplie
00:42:19de sauver
00:42:20Alexandre
00:42:21il pouvait encore
00:42:22le sauver
00:42:23je pense qu'il n'y a
00:42:28rien d'autre à dire
00:42:29dans son récit
00:42:32Finocchetti
00:42:33raconte ensuite
00:42:34le meurtre
00:42:34de Jacques Massier
00:42:35à 3h du matin
00:42:37lorsqu'il rentre
00:42:38à la Bastide
00:42:38au volant
00:42:39de sa Renault 5
00:42:40il y a d'abord
00:42:41eu une bagarre
00:42:42entre Massier
00:42:42Finocchetti
00:42:43et ses deux complices
00:42:44puis l'instituteur
00:42:45a tué l'inspecteur
00:42:46à coups de poignard
00:42:47le corps de Jacques Massier
00:42:48a ensuite été emmené
00:42:49et enterré
00:42:50dans un bois
00:42:50à 15 km d'Auriol
00:42:52plus que jamais
00:42:56les policiers
00:42:57veulent connaître
00:42:58le nom des complices
00:42:59notamment pour tenter
00:43:01de savoir
00:43:01où sont enterrés
00:43:02les corps
00:43:02des autres membres
00:43:03de la famille
00:43:04un nouveau coup de filet
00:43:08est organisé
00:43:08chez les membres
00:43:09du Sac Marseillais
00:43:10parmi les interpellés
00:43:15trois zones
00:43:15Didier Campana
00:43:17Ange Poletti
00:43:18et Jean-François Massoni
00:43:19des employés des postes
00:43:20étonnamment
00:43:21membres de la CG
00:43:22Comment est-ce que vous
00:43:25ciblez les personnes
00:43:26que vous allez arrêter ?
00:43:27Nous avons décidé
00:43:28d'interpeller
00:43:30une douzaine de personnes
00:43:31dont les noms
00:43:32ont été révélés
00:43:33à la fois
00:43:34par les différents témoignages
00:43:37et que nous avons retrouvés
00:43:37d'ailleurs dans la liste
00:43:38des adhérents
00:43:39parmi lesquels
00:43:40trois personnages
00:43:41qu'on ne connaissait pas
00:43:42qui sont des gens
00:43:45qui travaillent
00:43:45en administration de la poste
00:43:47qui ont pris une part active
00:43:49à l'intervention
00:43:50et peu au prou pour certains
00:43:52donc à l'élimination physique
00:43:54des victimes
00:43:56qui étaient séquestrées
00:43:57Comment est-ce que
00:43:58vous l'établissez
00:43:59avec certitude ?
00:44:01Il craque devant vous ?
00:44:02Oui
00:44:02Il se déballonne ?
00:44:04Oui
00:44:04Il nous explique
00:44:04certains avec des détails
00:44:07assez saisissants
00:44:08comment les personnes
00:44:09ont été tuées
00:44:11qui étranglées
00:44:12qui tuaient
00:44:14à coups de barres de fer
00:44:15Ils vous disent
00:44:16où sont les corps ?
00:44:19C'est un des
00:44:20derniers interpellés
00:44:23maçonniques
00:44:24qui
00:44:25va consentir
00:44:27à force
00:44:28de le presser
00:44:29de nous révéler
00:44:31l'endroit
00:44:32où les cinq corps
00:44:33ont été
00:44:34ensevelis
00:44:36après le départ
00:44:37donc
00:44:37de Riole
00:44:38où ils ont été chargés
00:44:39dans une estafette
00:44:40et
00:44:41où avec
00:44:42un des coplisses
00:44:43dont il savèrera
00:44:45que c'est colard
00:44:46ils sont allés
00:44:47donc les ensevelir
00:44:48dans une mine
00:44:49désaffectée
00:44:50du Var
00:44:51Il balance ça facilement
00:44:53la maçonnique ?
00:44:54Non
00:44:54Il dit qu'il va nous faire
00:44:56un plan
00:44:56il dit qu'il va nous faire
00:44:57un dessin
00:44:58et là
00:45:00on n'a pas marché
00:45:01et personnellement
00:45:01je lui ai dit
00:45:02qu'avec un plan
00:45:04on n'y arriverait jamais
00:45:05et que la seule solution
00:45:06c'était qu'il nous amène
00:45:07lui-même
00:45:08sur place
00:45:09et qu'il nous désigne
00:45:09alors là
00:45:11il était
00:45:11très effrayé
00:45:13à l'idée
00:45:14de revoir les corps
00:45:14c'était très
00:45:16très manifeste
00:45:16alors je lui ai assuré
00:45:18qu'il ne les verrait pas
00:45:19et qu'il nous désignerait
00:45:21l'excavation
00:45:22où il les avait
00:45:23ensevelis
00:45:24c'est comme ça
00:45:25qu'il a consenti
00:45:27à nous mener
00:45:27sur place
00:45:29et nous désigner
00:45:29à l'endroit
00:45:30où les corps
00:45:30avaient été
00:45:31jetés
00:45:33dans une mine
00:45:34désaffectée
00:45:34le 30 juillet 81
00:45:47les policiers
00:45:48découvrent enfin
00:45:49les cadavres
00:45:50de Georges Ferrarini
00:45:51de M. Mme Jaquem
00:45:53de Marie-Dominique Massier
00:45:55et du petit Alexandre
00:45:58voilà
00:46:06c'est là
00:46:06dans ce trou
00:46:07début d'une étroite galerie
00:46:09un boyau
00:46:10qui s'enfonce
00:46:10sous la colline
00:46:11qui étaient cachés
00:46:12les corps
00:46:12des cinq disparus
00:46:13de la tuerie d'Orient
00:46:14un bras
00:46:24une jambe
00:46:25une tête
00:46:29les uns sur les autres
00:46:30les cinq ans
00:46:34étaient ensemble
00:46:35sommairement recouverts
00:46:36de gravillons
00:46:37ils ne s'étaient même pas
00:46:38enterrés
00:46:39ce qui m'a impressionné
00:46:42moi c'est les deux grands-parents
00:46:43le beau-père
00:46:46Massier
00:46:47qui était à Moulos
00:46:47étranglé
00:46:50il avait 19 ou 20 coups
00:46:52de poignet
00:46:52la grand-mère
00:46:53les bigoudis sur la tête
00:46:54avec un peignoir bleu
00:46:56petite bonne femme
00:46:57avec les bigoudis
00:46:58encore sur la tête
00:46:59à une vue
00:47:00et puis c'était
00:47:01une semaine
00:47:0210 jours après
00:47:03je dois dire
00:47:04que la découverte
00:47:06des bigoudis
00:47:06peut paraître anodine
00:47:09mais très symbolique
00:47:11là aussi
00:47:12cette femme
00:47:13qui passait
00:47:14son après-midi
00:47:15chez sa fille
00:47:15avec ses rouleaux
00:47:16sur la tête
00:47:17et qui est
00:47:18tuée dans ses conditions
00:47:22et enterrée
00:47:23dans ses conditions
00:47:24je me rappelle
00:47:26ces fourgons mortuaires
00:47:28cette longue file
00:47:30de fourgons mortuaires
00:47:33qui remontait
00:47:34la piste
00:47:36lentement
00:47:37c'était
00:47:38hallucinant
00:47:39en plus
00:47:50qu'ils ont été
00:47:51tous étranglés
00:47:52ils ont été
00:47:54poignardés
00:47:54comme si
00:47:57c'était pas assez
00:47:58qu'ils aient été
00:48:01étranglés
00:48:01en plus
00:48:02ils ont achevé
00:48:03je leur pardonnerai
00:48:05jamais
00:48:05je l'ai
00:48:07face au juge
00:48:14Laurence
00:48:15la carapace
00:48:16de Jean Bruno
00:48:17Finocchietti
00:48:17commence
00:48:18à se fissurer
00:48:19il continue
00:48:23de brandir
00:48:23son code d'honneur
00:48:24il refuse toujours
00:48:26de désigner
00:48:26ses complices
00:48:27mais petit à petit
00:48:28il lâche des choses
00:48:30toujours par le dessin
00:48:32Dominique Rizet
00:48:39Finocchietti
00:48:40ne parle pas
00:48:41mais il s'exprime
00:48:42par des dessins
00:48:43ses dessins
00:48:44qu'est-ce qui a attiré
00:48:45de ses dessins ?
00:48:46il en a fait plusieurs
00:48:47des dessins Christophe
00:48:47mais celui-ci
00:48:48c'est le plus important
00:48:49c'est le film
00:48:51de ce qui s'est passé
00:48:52dans la villa d'Auriole
00:48:53dans la nuit du 18 au 19 juillet
00:48:55d'abord il a dessiné
00:48:56son regard
00:48:56ses yeux
00:48:57ici
00:48:57avec la fameuse inscription
00:48:59sur l'écran noir
00:49:01de mes nuits blanches
00:49:01derrière ses yeux
00:49:03il y a sa mémoire
00:49:04et dans sa mémoire
00:49:04il y a cette espèce
00:49:05de cauchemar en noir et blanc
00:49:06donc la tuerie d'Auriole
00:49:09des hommes armés
00:49:10des fusils
00:49:10des couteaux
00:49:11qui entrent le soir
00:49:13en haut
00:49:14la chambre
00:49:15dans laquelle ont été séquestrés
00:49:16tous les proches
00:49:17de Jacques Massier
00:49:18l'escalier
00:49:20par lequel
00:49:21ils sont tous descendus
00:49:22un à un
00:49:22et en bas duquel
00:49:23ils ont tous été tués
00:49:24sur le lit
00:49:26dans la chambre
00:49:26on voit Alexandre
00:49:278 ans
00:49:27qui dort
00:49:28ici
00:49:30Finocchetti
00:49:30qui prend l'enfant
00:49:31endormi dans ses bras
00:49:32qui descend l'escalier
00:49:33et quand il arrive
00:49:33en bas de l'escalier
00:49:34un de ses complices
00:49:36qui frappe l'enfant
00:49:37à la tête
00:49:37il a même dessiné
00:49:39c'est une vraie bande dessinée
00:49:40les bruits
00:49:40schpak
00:49:40là un homme
00:49:42armé d'un fusil
00:49:42qui attend
00:49:43et puis cette espèce
00:49:44de pendule
00:49:45qui égrène le temps
00:49:46en fait
00:49:47ils attendent Jacques Massier
00:49:48qui va rentrer dans la nuit
00:49:49voilà sa voiture
00:49:50les phares allumés
00:49:51terrifiant
00:49:52alors c'est terrifiant
00:49:53et il y a plein de questions
00:49:55dans tout ça
00:49:56déjà tous ces personnages
00:49:57ont un visage noir
00:49:59c'est-à-dire que Finocchetti
00:50:00il reste
00:50:01tel qu'il a été
00:50:03pendant sa garde à vue
00:50:04c'est-à-dire
00:50:04il ne donne aucun nom
00:50:05cependant il va donner
00:50:06quelques indices
00:50:08précieux
00:50:09ici dans le bas du dessin
00:50:10alors on les a agrandis
00:50:11Christophe là
00:50:11on les a agrandis
00:50:12le sigle
00:50:14des automobiles
00:50:14Mercedes
00:50:15ici
00:50:17une Renault
00:50:19et là
00:50:20un Capil Légionnaire
00:50:21Renault
00:50:24c'est la voiture
00:50:25de Jacques Massier
00:50:25la Renault 5
00:50:27dans laquelle il rentre
00:50:28en pleine nuit
00:50:28la Mercedes
00:50:29c'est la voiture
00:50:30de M. Jacques M
00:50:31le beau-père
00:50:32de Jacques Massier
00:50:33la Mercedes
00:50:34dans laquelle
00:50:34les assassins
00:50:35ont dû essayer
00:50:36de charger des corps
00:50:37on trouve des traces de sang
00:50:37mais elle est abandonnée
00:50:38à 300 mètres
00:50:39de la maison
00:50:39et puis le Kepi
00:50:41qu'est-ce qui a tiré
00:50:42de ce Kepi ?
00:50:43ça veut dire quoi ça ?
00:50:45c'est un indice en fait
00:50:46il y a un Légionnaire
00:50:47dans l'équipe
00:50:47le Légionnaire
00:50:48à l'oreille coupée
00:50:49c'est Lionel Collard
00:50:51un Kepi de Légionnaire
00:50:54Jean-Bruno Finocchietti
00:50:55sans passer pour une balance
00:50:57donne un indice
00:50:58à la juge d'instruction
00:51:00d'ailleurs
00:51:01l'ancien Légionnaire Collard
00:51:02est constamment mis en cause
00:51:03par les trois autres membres
00:51:04du commando
00:51:05les postiers politiques
00:51:06en panneille maçonnée
00:51:07Collard serait donc
00:51:12la lettre A
00:51:12Finocchietti
00:51:15ne veut pas en dire plus
00:51:17il répond que
00:51:23sur le numéro
00:51:24ton du film
00:51:25effectivement
00:51:26c'est un Kepi
00:51:27des Légionnaires
00:51:27peut-on faire
00:51:28le rapprochement
00:51:29avec les Légionnaires
00:51:30que vous avez rencontrés
00:51:32à vous d'en tirer
00:51:34toutes les conséquences
00:51:35voilà la réponse
00:51:36il ne citera pas
00:51:38Collard
00:51:39Finocchietti
00:51:41l'instituteur
00:51:42Collard
00:51:43l'homme à l'oreille coupée
00:51:44les trois postiers ségetistes
00:51:46Poletti
00:51:47Massoni
00:51:47et Campana
00:51:48sont inculpés
00:51:49de meurtre
00:51:50quant à Maria
00:51:51le chauve
00:51:52il est soupçonné
00:51:53d'être la lettre Z
00:51:54le commanditaire
00:51:55de la tuerie
00:51:55il est lui
00:51:56inculpé
00:51:57de complicité
00:51:58de meurtre
00:51:58les policiers
00:51:59savent maintenant
00:52:00ce qui s'est passé
00:52:00le soir du drame
00:52:01à la Douronne
00:52:02mais le mobile
00:52:03de la tuerie
00:52:04reste un mystère
00:52:05le plus incompréhensible
00:52:07c'est l'implication
00:52:09de Jean-Bruno Finocchietti
00:52:10instituteur aimé
00:52:12et apprécié
00:52:13de ses élèves
00:52:14tu étais dans la classe
00:52:15de monsieur Finocchietti
00:52:16et quel professeur
00:52:18était-ce ?
00:52:19un très bon maître
00:52:20il était gentil
00:52:22avec moi
00:52:23avec tout le monde
00:52:25il aimait bien
00:52:27d'ailleurs moi
00:52:28je l'ai fait garder
00:52:28la deuxième année
00:52:29encore avec monsieur Finocchietti
00:52:31parce que c'était
00:52:31un bon maître
00:52:33très gentil
00:52:33très sympa
00:52:34un instituteur
00:52:37meurtrier d'enfants
00:52:38difficile à croire
00:52:39Jean-Bruno Finocchietti
00:52:41enseigne depuis plusieurs années
00:52:42à l'école primaire
00:52:43de Malpasser les Oliviers
00:52:44un quartier populaire
00:52:45de Marseille
00:52:46c'est un bon institute
00:52:47qui n'hésite pas
00:52:48à faire de nombreuses
00:52:49activités extrascolaires
00:52:50avec ses élèves
00:52:51il les emmène
00:52:52partout
00:52:52en forêt
00:52:53à la piscine
00:52:54il leur apprend la peinture
00:52:56qui est donc cet homme
00:52:57au double visage
00:52:59Docteur Glézère
00:53:09vous êtes psychiatre
00:53:10et vous êtes l'un de ceux
00:53:12qui a expertisé
00:53:12les assassins
00:53:14d'Oriol
00:53:14comment quelqu'un
00:53:17qui est instituteur
00:53:18manifestement
00:53:19un bon instituteur
00:53:20très investi
00:53:21auprès des enfants
00:53:22peut-il tuer
00:53:23un enfant
00:53:25a priori
00:53:26rien ne laissait présager
00:53:28en tout cas
00:53:28dans la construction
00:53:29de sa personnalité
00:53:30qu'il allait pouvoir
00:53:31agir ainsi
00:53:32comment il l'explique alors
00:53:33comment il le justifie
00:53:34ce geste là
00:53:35à ses yeux
00:53:35c'est injustifiable
00:53:36et je crois que c'est
00:53:37certainement quelque chose
00:53:38qu'il portera avec lui
00:53:38bien longtemps
00:53:39d'autant qu'il a lui-même
00:53:40des enfants
00:53:41et que c'est donc
00:53:42une situation
00:53:43particulièrement problématique
00:53:44même si dans un premier temps
00:53:45il a essayé de s'abriter
00:53:47de la culpabilité
00:53:48en laissant comprendre
00:53:49qu'il agissait peut-être
00:53:50dans le prolongement
00:53:50d'un ordre
00:53:52d'une mission
00:53:52d'une situation
00:53:53qui devait
00:53:53pas vraiment
00:53:55passer par là
00:53:55mais progressivement
00:53:56et on le voit très bien
00:53:58dans les dessins
00:53:58qu'il va faire
00:53:59ensuite
00:54:00il y a quelque chose
00:54:01qui est du l'ordre
00:54:01de l'insoutenable
00:54:02à ses yeux
00:54:03pourquoi est-ce qu'il parle
00:54:03de la nuit du drame ?
00:54:07alors il en parle évidemment
00:54:08dans les prémices
00:54:08c'est-à-dire
00:54:09qu'est-ce qui a entouré
00:54:10leur intervention
00:54:12quel est le contexte ambiant
00:54:14en général
00:54:15il parle ensuite
00:54:16des interrelations
00:54:17entre les uns
00:54:17entre les autres
00:54:18et puis il va parler
00:54:19évidemment
00:54:20de ces gestes
00:54:21des siens
00:54:21qu'il s'approprie
00:54:23en quelque sorte
00:54:23et c'est là
00:54:24qu'effectivement
00:54:25le plus dur
00:54:26nous est proposé
00:54:28c'est-à-dire au fond
00:54:29que lorsqu'il va parler
00:54:30de l'enfant
00:54:31c'est là probablement
00:54:32que les émotions
00:54:33sont les plus fortes
00:54:34c'est-à-dire qu'on a affaire
00:54:35à un homme
00:54:35qui est rongé
00:54:35aujourd'hui
00:54:37par ce qu'il a fait
00:54:38à l'époque
00:54:38alors aujourd'hui
00:54:39je n'ai pas eu l'occasion
00:54:40de le rencontrer récemment
00:54:41mais dans les mois
00:54:43et les années
00:54:43où nous l'avons accompagné
00:54:44puisqu'il est resté
00:54:45dans le service
00:54:45jusqu'au procès
00:54:46c'était manifestement
00:54:47ce qui était au centre
00:54:48de ses préoccupations
00:54:49et ce qui nous a nous
00:54:51en tout cas
00:54:51incités à le garder
00:54:53avec nous
00:54:53parce que nous redoutions
00:54:54évidemment
00:54:54qu'il agisse contre lui-même
00:54:55c'est-à-dire qu'il se suicide
00:54:56qu'il se suicide
00:54:57j'imagine que le juge
00:54:59vous a demandé
00:55:00de conclure
00:55:01sur son état
00:55:02psychique
00:55:03est-il fou
00:55:05ou n'est-il pas fou
00:55:06et votre réponse
00:55:07votre réponse a été claire
00:55:08il n'est pas fou
00:55:10il est capable
00:55:11de raisonner
00:55:12il discerne correctement
00:55:13la réalité ambiante
00:55:14il ne présente pas
00:55:15de signe de dérangement
00:55:16mental manifeste
00:55:17il était donc
00:55:18responsable de ses actes
00:55:20c'est quelqu'un
00:55:26qui n'est pas bien
00:55:26on l'apprendra après
00:55:27qui n'est pas bien
00:55:28dans sa peau d'instituteur
00:55:29parce que c'est sa femme
00:55:30qui est entendue
00:55:31qui le dira
00:55:31sa femme
00:55:32qui dira
00:55:33c'est vrai
00:55:34qu'il supportait très mal
00:55:36cette nuit d'instituteur
00:55:37il est instig par défaut
00:55:38parce qu'il a fait
00:55:40l'école normale
00:55:40et qu'il s'est retrouvé
00:55:41dans cette carrière
00:55:42mais c'est une carrière
00:55:43qu'il n'aime pas
00:55:44il veut être
00:55:46un homme d'action
00:55:47c'est ce qui le fascine
00:55:48et donc
00:55:49entre autres
00:55:51bien sûr
00:55:52les SS
00:55:53les commandos
00:55:55tout ce qui est action
00:55:56le fascine
00:55:58Finocchietti
00:56:00voulait être un baroudeur
00:56:02un mercenaire
00:56:03un soldat
00:56:03il n'était qu'un
00:56:05petit colleur d'affiches
00:56:06au sac
00:56:07le maître d'école
00:56:07pensait devenir
00:56:08enfin l'homme d'action
00:56:09qu'il avait toujours rêvé d'être
00:56:11il croit
00:56:14qu'il va participer
00:56:15à des actions
00:56:16et surtout
00:56:16Finocchietti
00:56:18va rencontrer
00:56:20Maria
00:56:21va rencontrer
00:56:22Maria
00:56:23et Collard
00:56:23Maria
00:56:27dont certains disent
00:56:29qu'il appartient
00:56:30au service secret
00:56:31au SDEC
00:56:32Maria va donc
00:56:34fasciner
00:56:37Finocchietti
00:56:38je reprends
00:56:39ce terme
00:56:39parce que
00:56:40je l'ai entendu
00:56:41assez souvent
00:56:42Finocchietti
00:56:44parle de fascination
00:56:45exercée par Maria
00:56:46sur lui
00:56:47en plus il avait
00:56:47l'allure physique
00:56:48le crâne rasé
00:56:51c'est symbolique
00:56:53l'imperméable
00:56:55noué
00:56:56enfin
00:56:57on voyait tout de suite
00:56:58qu'on avait affaire
00:56:58à un ancien militaire
00:56:59un ancien para
00:57:00et c'était ça
00:57:01qui l'intéressait
00:57:02c'était d'être
00:57:03un meneur d'hommes
00:57:05un chef
00:57:05exercer des actions
00:57:08de commandos
00:57:08imaginez les commandos
00:57:10sur le territoire français
00:57:11mais ça s'arrêtait là
00:57:13Jean-Joseph Maria
00:57:16surnommé Le Chauve
00:57:17ou encore Kojac
00:57:18adjoint de Macier
00:57:19au sac
00:57:20il affiche une belle carrière
00:57:21de militaire
00:57:22et de haut fait d'armes
00:57:23la guerre d'Indochine
00:57:24entre autres
00:57:25sur l'épaule
00:57:26il porte le tatouage
00:57:28du Ku Klux Klan
00:57:29début 81
00:57:31il assure l'intérim
00:57:32de Jacques Macier
00:57:33parti en stage
00:57:33d'inspecteur
00:57:34en Seine-et-Marne
00:57:35le nouveau chef
00:57:36promet à ceux
00:57:37qu'il commande
00:57:38Collard et Finocchietti
00:57:39en tête
00:57:39de nombreuses
00:57:40missions secrètes
00:57:41mais on l'a vu
00:57:44à travers des objets
00:57:46qu'on a retrouvés
00:57:47des mallettes d'espions
00:57:48toutes sortes d'instruments
00:57:50pour écouter à distance
00:57:51tout un matériel
00:57:53pour photographier
00:57:54tout un matériel
00:57:55pour enregistrer
00:57:56et puis
00:57:58dans leur dialogue
00:58:01on se rend compte
00:58:03que leur parole
00:58:04est une parole
00:58:05d'espions
00:58:08d'observations
00:58:09de surveillance
00:58:11quoi
00:58:12ces gens-là
00:58:13vivaient
00:58:14dans l'idée
00:58:15qu'ils avaient
00:58:18des choses
00:58:19à apprendre
00:58:20pour sauver
00:58:21le mouvement
00:58:21sauver la France
00:58:23sauver la République
00:58:25sauver la République
00:58:28que les membres
00:58:29du SAC
00:58:29considèrent en péril
00:58:311981
00:58:32c'est l'année
00:58:33des présidentielles
00:58:34les sondages
00:58:35n'excluent pas
00:58:36une victoire
00:58:36de la gauche
00:58:37si les socialistes
00:58:38passent
00:58:39le SAC
00:58:39est fichu
00:58:41on est pour eux
00:58:43j'entends
00:58:44dans une atmosphère
00:58:45quasi révolutionnaire
00:58:46c'est à dire
00:58:48que la 5ème République
00:58:50est en train
00:58:51de succomber
00:58:52et les ennemis
00:58:53de la 5ème République
00:58:54vont arriver au pouvoir
00:58:55où il y a
00:58:56toutes les chances
00:58:58entre guillemets
00:58:58qu'ils arrivent au pouvoir
00:58:59et c'est une catastrophe
00:59:01nationale
00:59:02la gauche
00:59:04l'ennemi de toujours
00:59:05au sein du SAC
00:59:07on s'affole
00:59:07Jean-Joseph Maria
00:59:09affirme que
00:59:09Jacques Massier
00:59:10serait prêt
00:59:10à trahir la cause
00:59:11bref
00:59:12à passer
00:59:13à l'ennemi
00:59:14Depuis des mois
00:59:19Massier posait problème
00:59:24on doutait
00:59:26de son intégrité politique
00:59:29Massier
00:59:32dit-on
00:59:33avait des relations
00:59:35avec certains hommes
00:59:37avec certains représentants
00:59:40de la gauche marseillaise
00:59:41des relations privilégiées
00:59:45ont cité des noms
00:59:46progressivement
00:59:47la tension va monter
00:59:49mais progressivement
00:59:50jusqu'au mois de mai 81
00:59:53où la France bascule à gauche
00:59:56et là
00:59:57disons que la crise
00:59:59qui couvait
01:00:00va exploser
01:00:01François Mitterrand
01:00:03est élu président
01:00:04de la République
01:00:04Boulevard Saint-Germain
01:00:07au QG du candidat
01:00:08les militants rêvent déjà
01:00:09d'un monde meilleur
01:00:10les lendemains chantent
01:00:12Dominique
01:00:18je crois qu'au point
01:00:19où on en est
01:00:19il faut resituer
01:00:20le contexte
01:00:21de l'époque
01:00:22en 1981
01:00:23François Mitterrand
01:00:25remporte l'élection
01:00:25présidentielle
01:00:26la gauche arrive au pouvoir
01:00:27on annonce
01:00:28des communistes
01:00:29au gouvernement
01:00:30et c'est vraiment
01:00:30dans ce contexte
01:00:31que se situe
01:00:32la tuerie d'Auriol
01:00:32tout à fait Christophe
01:00:33dans les rangs de la droite
01:00:34chez certains de ceux
01:00:35qui n'ont pas voté
01:00:36pour François Mitterrand
01:00:37c'est une véritable panique
01:00:38qui s'installe
01:00:39il faut se souvenir
01:00:40Christophe
01:00:41à cette époque là
01:00:41qu'on avait demandé
01:00:42au service des douanes
01:00:44de renforcer les contrôles
01:00:45aux frontières
01:00:45parce que des gens
01:00:47essayaient de passer
01:00:48vers la Suisse
01:00:48avec beaucoup d'argent
01:00:50avec de l'or
01:00:51avec des lingots d'or
01:00:52avec des bijoux
01:00:53ils tentaient de fuir
01:00:53oui ils tentaient de fuir
01:00:55d'aller planquer
01:00:55leur argent en Suisse
01:00:56dans les banques
01:00:57on avait demandé
01:00:58à certains organismes bancaires
01:01:00de contrôler
01:01:01et de signaler
01:01:03les mouvements d'argent
01:01:04importants
01:01:05vers des paradis fiscaux
01:01:06sur le plan pratique
01:01:08il y a des gens
01:01:09qui avaient connu
01:01:10la seconde guerre mondiale
01:01:11et des gens d'un certain âge
01:01:12et qui en 80
01:01:13ont complètement
01:01:14eu peur des socialistes
01:01:16qui sont allés
01:01:17dans les supermarchés
01:01:18faire des réserves
01:01:19de sucre
01:01:19de pâte
01:01:20de farine
01:01:20on a même raconté
01:01:22des histoires
01:01:22de gens qui planquaient
01:01:23des armes
01:01:24non déclarées
01:01:25au cas où
01:01:25il faudrait descendre
01:01:27dans la rue
01:01:27pour reprendre le pouvoir
01:01:28alors on peut comprendre
01:01:30sans rien excuser
01:01:31que dans ce contexte là
01:01:33une bande de patriotes
01:01:36de droite
01:01:37des illuminés
01:01:38ait voulu
01:01:40tenter quelque chose
01:01:41pour sauver
01:01:42la république
01:01:43en danger
01:01:43Maria
01:01:51et les autres membres
01:01:53dissidents du sac
01:01:54avaient clairement peur
01:01:55que Massier
01:01:56passe à l'ennemi
01:01:56et livre les dossiers
01:01:57du sac
01:01:58aux socialistes
01:02:00ils ont eu peur
01:02:02ils ont eu peur
01:02:02à ce moment là
01:02:03que Massier
01:02:05utilise
01:02:07tous les documents
01:02:08qu'il avait
01:02:09engrangés
01:02:09et que
01:02:11ces documents
01:02:12tombent
01:02:12entre les mains
01:02:13de gens
01:02:14qui n'avaient pas
01:02:15les mêmes idées
01:02:16la même sensibilité
01:02:17politique
01:02:18que le sac
01:02:19qui a voulu récupérer
01:02:22les mystérieux documents
01:02:23dont parlait
01:02:23Finocchietti
01:02:24et si le meurtre
01:02:25de Jacques Massier
01:02:26avait été commandité
01:02:27à un haut niveau
01:02:28quelques jours
01:02:30après la tuerie
01:02:31Pierre de Bizet
01:02:32le grand patron
01:02:33du sac
01:02:33est arrêté
01:02:34et inculpé
01:02:35de complicité
01:02:35d'assassinat
01:02:36par la juge
01:02:37qu'est-ce qui vous fait
01:02:42penser
01:02:43que peut-être
01:02:44Pierre de Bizet
01:02:45qui est le patron
01:02:46national
01:02:47du sac
01:02:48pourrait être
01:02:49le commanditaire
01:02:50de la tuerie
01:02:50nous entendons
01:02:53souvent
01:02:53les protagonistes
01:02:55nous dire
01:02:56la direction
01:02:57Paris
01:02:58on a rendu compte
01:02:59à Paris
01:03:00le grand responsable
01:03:02et donc
01:03:03il paraît évident
01:03:05qu'il faut aller
01:03:05regarder
01:03:06je dirais
01:03:07à la maison mère
01:03:08et voir
01:03:09qui dirige
01:03:10donc
01:03:10il est bien évident
01:03:11que rapidement
01:03:12forcément
01:03:13on découvre
01:03:14qu'il s'agit
01:03:15de Pierre de Bizet
01:03:16qui fait l'objet
01:03:17d'une interpellation
01:03:18dans les tout prochains jours
01:03:19après l'interpellation
01:03:20donc du premier trio
01:03:22Maria Collard
01:03:23Finocchietti
01:03:24il était au courant
01:03:25de toutes les bisbilles
01:03:26qu'il y avait au sein du sec
01:03:27dans la bouche du Rhône
01:03:28de Bizet
01:03:28absolument
01:03:29au point
01:03:30qu'il en avait
01:03:32il nous dira
01:03:32qu'il en avait
01:03:33fait reproche
01:03:35à Massier
01:03:35ou du moins
01:03:36il lui avait dit
01:03:36que
01:03:37ses séides
01:03:38à Marseille
01:03:39lui reprochaient
01:03:40une des attitudes
01:03:42dans plusieurs domaines
01:03:43qui n'étaient pas conformes
01:03:43à ce qu'on pouvait attendre
01:03:44d'un responsable
01:03:45mais de là
01:03:46à tuer
01:03:46ou à ordonner
01:03:47qu'on tue
01:03:48franchement
01:03:50je crois que nous
01:03:50rapidement
01:03:52nous l'avons exclu
01:03:52rapidement
01:03:54nous l'avons exclu
01:03:54ce qu'il ne faut pas oublier
01:03:56ce qu'il ne faut pas oublier
01:03:56c'est que
01:03:57Maria
01:03:59a voulu rencontrer
01:04:01de Bizet
01:04:03au mois de mai
01:04:04alors qu'il était
01:04:06passage
01:04:06à l'aéroport
01:04:07de Marignane
01:04:07et là
01:04:08de Vivevoix
01:04:08il lui a redit
01:04:09toute sa rancœur
01:04:12sur l'attitude
01:04:13ou sur les attitudes
01:04:14de Massier
01:04:15et de Bizet
01:04:17a promis
01:04:18de revenir
01:04:20fin juillet
01:04:21à Marseille
01:04:24après un voyage
01:04:25qu'il allait faire
01:04:26au Gabon
01:04:27pour
01:04:28je dirais
01:04:29régler l'affaire
01:04:30c'est-à-dire
01:04:30les mettre tous en présence
01:04:32des autres
01:04:33et vider l'abcès
01:04:34alors
01:04:36est-ce que
01:04:36certains redoutaient
01:04:38cette confrontation
01:04:39ça sera toujours
01:04:40le mystère
01:04:41pour vous
01:04:42de Bizet n'est pas
01:04:42le commanditaire
01:04:43assez vite
01:04:44Madame, Monsieur,
01:04:47bonsoir
01:04:47le procès
01:04:49de la tuerie
01:04:49d'Auriole
01:04:50qui s'est ouvert
01:04:50cet après-midi
01:04:51au tribunal
01:04:52d'Aix-en-Provence
01:04:53est à la fois
01:04:53celui d'un
01:04:55règlement de compte
01:04:56politique
01:04:56du plus bas étage
01:04:57et l'histoire
01:04:58d'une tuerie
01:04:59particulièrement sauvage
01:05:0022 avril 85
01:05:044 ans après la tuerie
01:05:06le procès s'ouvre
01:05:07devant la cour d'assises
01:05:08d'Aix-en-Provence
01:05:08Marina Massier
01:05:12attend les réponses
01:05:13à ces questions
01:05:14pourquoi des hommes
01:05:15ordinaires
01:05:16se sont-ils livrés
01:05:17avec une telle sauvagerie
01:05:18à un massacre
01:05:19de cette ampleur
01:05:20et surtout
01:05:21qui est
01:05:22le commanditaire
01:05:23Jean-Bruno Finocchietti
01:05:27est amené le premier
01:05:28allure de 68ards
01:05:30au regard perdu
01:05:31il est accusé
01:05:33des meurtres
01:05:33de Jacques Massier
01:05:34et de son fils Alexandre
01:05:35il n'a jamais
01:05:36dénoncé ses complices
01:05:38Lionel Collard
01:05:39ensuite
01:05:39qui sort du fourgon cellulaire
01:05:40l'ère martial
01:05:41pour l'accusation
01:05:43il est le chef du commando
01:05:44même s'il a toujours nié
01:05:46Jean-Joseph Mariant
01:05:48enfin sûr de lui
01:05:49et imperturbable
01:05:51il est accusé
01:05:52d'être le commanditaire
01:05:53avec eux
01:05:55sur le banc des accusés
01:05:56les Postiers et Campana
01:05:57Poletti et Massoni
01:05:58accusés d'avoir
01:05:59eux aussi
01:06:00participé à la tuerie
01:06:01eux
01:06:01ont refusé
01:06:02d'être filmés
01:06:03pendant l'audience
01:06:04Pierre de Bizet
01:06:11l'ex-patron du sac
01:06:12est là aussi
01:06:12à l'ouverture du procès
01:06:14mais comme simple témoin
01:06:15il a bénéficié
01:06:16entre temps
01:06:17d'un non-lieu
01:06:17la justice ayant considéré
01:06:19qu'il n'y avait pas
01:06:20de charge
01:06:20contre lui
01:06:21il a un regard
01:06:34un peu
01:06:36il a un regard
01:06:37complètement perdu
01:06:38il a
01:06:41c'est difficile à dire
01:06:44pour quelqu'un
01:06:45qui a commis
01:06:45un tel crime
01:06:46mais il a l'air
01:06:47de souffrir le martyr
01:06:48quoi
01:06:48Collard est immobile
01:06:51il est immobile
01:06:53du regard
01:06:53au pied
01:06:54on a l'impression
01:06:56que tout son corps
01:06:57est fixé
01:06:58dans son regard
01:06:59qui est
01:07:00immobile
01:07:01et fixe
01:07:02dès le début
01:07:04tout tourne autour
01:07:05des personnalités
01:07:06de Lionel Collard
01:07:07et Jean-Joseph Maria
01:07:08les deux hommes
01:07:09ont toujours été
01:07:09très proches
01:07:10l'ancien légionnaire
01:07:11n'a jamais caché
01:07:12son admiration
01:07:13pour Kojak
01:07:15Maria c'était
01:07:17le commandant
01:07:20de la légion
01:07:21membre du SDEC
01:07:22qui veut défendre
01:07:23la patrie
01:07:23et qui fait appel
01:07:24à lui
01:07:24il est comblé
01:07:27rien d'étonnant
01:07:30à ce qu'il ait
01:07:31considéré
01:07:31que Maria
01:07:32pouvait représenter
01:07:34peut-être
01:07:35un père spirituel
01:07:36à l'audience
01:07:39sur le banc
01:07:40des accusés
01:07:41le postier
01:07:42Didier Campana
01:07:43explique que Maria
01:07:43les avait tous convaincus
01:07:45que Jacques Massier
01:07:45était devenu
01:07:46un traître
01:07:48on va lui expliquer
01:07:50que Massier
01:07:51en cette période
01:07:53de fièvre politique
01:07:55de changement politique
01:07:56Massier devient un danger
01:07:57pour le service
01:07:58d'action civique
01:07:59qu'on a besoin
01:08:00de quelques fiers à bras
01:08:01quelques gros bras
01:08:02pour le maîtriser
01:08:03tout ça
01:08:04c'était je pense
01:08:05mythique
01:08:06fantasmatique
01:08:07c'était
01:08:08c'était
01:08:09imaginaire
01:08:10mais
01:08:10tout ça
01:08:12a été
01:08:12tellement dit
01:08:13répété
01:08:14tout ce problème
01:08:18a tellement circulé
01:08:19de bouche en bouche
01:08:20que pour Campana
01:08:21c'était une évidence
01:08:22tout le monde
01:08:23en parlait
01:08:23donc si tout le monde
01:08:24en parlait
01:08:25c'est que c'était la vérité
01:08:26il ne s'est pas posé
01:08:27de question
01:08:27et pourtant
01:08:29rien n'indique
01:08:30que Jacques Massier
01:08:31allait trahir
01:08:32leur cause
01:08:32son seul tort
01:08:34être ami
01:08:35avec l'avocat socialiste
01:08:36Michel Pesay
01:08:37lequel
01:08:37l'avait défendu
01:08:38dans une histoire
01:08:39d'accident de voiture
01:08:40dix ans plus tôt
01:08:41et mon frère
01:08:43n'aurait jamais changé
01:08:44de partie
01:08:44jamais
01:08:45il connaissait
01:08:48mais
01:08:48c'était son avocat
01:08:50point
01:08:51dans la salle d'audience
01:08:55les armes utilisées
01:08:57lors de la tuerie
01:08:57et celles retrouvées
01:08:58chez eux
01:08:59ainsi que les cordelettes
01:09:00qui ont servi
01:09:02à neutraliser
01:09:03les otages
01:09:04un arsenal
01:09:07qui en dit long
01:09:07sur la détermination
01:09:08des membres du commando
01:09:09difficile de faire croire
01:09:11qu'il n'était pas venu
01:09:12pour tuer
01:09:14c'est à ce moment là
01:09:19en pleine audience
01:09:20que Jean-Joseph Maria
01:09:21se déballonne
01:09:22il est bien obligé
01:09:23d'avouer le mensonge
01:09:24de toute une vie
01:09:25il n'a
01:09:26jamais été
01:09:27légionnaire
01:09:28si vous aviez vu
01:09:31la gueule
01:09:32de tous ces types
01:09:33quand ils ont appris
01:09:33que Maria avait été réformée
01:09:35parce qu'ils avaient
01:09:35les pieds plats
01:09:36jamais
01:09:37Collard n'avait fait
01:09:38un saut
01:09:39d'aussi haut
01:09:40sans parachute
01:09:41il s'est écrasé
01:09:43par terre
01:09:43c'était inconcevable
01:09:45la révélation
01:09:51de la mythomanie
01:09:52de Maria
01:09:53et de voir
01:09:54qu'il avait été
01:09:54le jouet
01:09:55de cet individu
01:09:56véritablement
01:09:58il a été effondré
01:10:00en fait
01:10:01Maria
01:10:01s'est amusée
01:10:02à manipuler
01:10:05des personnages
01:10:07qui eux
01:10:08jouaient le jeu
01:10:10vraiment
01:10:11étaient dans leur réalité
01:10:12et pas dans leur rêve
01:10:14et ça a fait
01:10:16quelque chose d'explosif
01:10:17Christian Lassalle
01:10:27vous êtes avocat général
01:10:28à ce procès
01:10:29de la tuerie
01:10:30d'Auriol
01:10:30alors ce qui plaide
01:10:32quand même
01:10:32pour un procès criminel
01:10:35plus ordinaire
01:10:36un procès
01:10:36de truands
01:10:37un peu perdus
01:10:38c'est la révélation
01:10:40en plein procès
01:10:40de leur mensonge
01:10:43Maria n'a jamais
01:10:44été légionnaire
01:10:45il parlait
01:10:47de sa deuxième famille
01:10:48la Légion
01:10:49en fait
01:10:50cet histrion
01:10:52a effectué
01:10:53son service
01:10:54militaire légal
01:10:55dans l'aviation
01:10:57à la caserne
01:10:57des Égalades
01:10:58tout près
01:10:59de Marseille
01:10:59et il était magasiné
01:11:01c'était
01:11:01un mythomane
01:11:03un histrion
01:11:04je le dis
01:11:05un mauvais acteur
01:11:05et un manipulateur
01:11:07de première bourre
01:11:08enfin un mauvais acteur
01:11:09Collard s'est fait berner aussi
01:11:10il a cru
01:11:10Collard qui était
01:11:11un vrai légionnaire
01:11:12a cru que Maria
01:11:13n'était un aussi
01:11:13Collard s'est fait berner
01:11:15mais vous savez
01:11:15Finiochetti s'est fait berner aussi
01:11:17Collard
01:11:17bon le niveau intellectuel
01:11:19de Collard
01:11:19c'était
01:11:20d'autant plus
01:11:21il pouvait le berner
01:11:22d'autant plus facilement
01:11:22qu'il y avait une différence
01:11:23d'âge considérable
01:11:24entre les deux
01:11:25mais Collard
01:11:26a servi
01:11:26dans la Légion
01:11:27certes lui
01:11:28c'est un vrai légionnaire
01:11:28c'est pas un légionnaire
01:11:29en carton
01:11:29il a servi
01:11:31peut-être en Algérie
01:11:32en tout cas au Tchad
01:11:33en Afrique Noire
01:11:34il n'a jamais servi
01:11:35en Indochine
01:11:35alors Maria
01:11:36il a raconté
01:11:37ses histoires
01:11:37en Indochine
01:11:38il pouvait parler
01:11:38de Luan Prabang
01:11:40il pouvait parler
01:11:41de
01:11:42quel contrôle
01:11:44pouvait-il avoir
01:11:44mais qu'est-ce qui agglomérait
01:11:46ces hommes d'origine
01:11:47et de profil
01:11:48totalement différent
01:11:48vous l'avez dit
01:11:49certains intelligents
01:11:50intellectuellement
01:11:51d'autres plus faibles
01:11:52certains venant de la CGT
01:11:53d'autres ayant plutôt
01:11:54un parcours de barbouze
01:11:55François Petit
01:11:55était un nationaliste convaincu
01:11:57c'était
01:11:58vraiment
01:12:00il était un peu fâche
01:12:01sur les bords
01:12:02et par contre
01:12:03Poletti
01:12:04Campana
01:12:05Massoni
01:12:05ils étaient au PTT
01:12:07et ils étaient cégétistes
01:12:08alors évidemment
01:12:09l'amalgame
01:12:09comment s'est-il fait
01:12:10mais l'amalgame
01:12:11il s'est fait peut-être
01:12:12parce qu'il y avait Maria
01:12:13qui a tout manipulé
01:12:15tout le monde
01:12:15moi je le crois
01:12:16c'est la manipulation psychologique
01:12:17ah oui c'est la manipulation psychologique
01:12:19vous savez
01:12:19Maria
01:12:20c'est lui qui a
01:12:22qui est l'auteur moral
01:12:24des faits
01:12:25c'est lui
01:12:26il a dicté
01:12:26il a imposé
01:12:27la décision d'agir
01:12:28et il ne s'est jamais
01:12:29désintéressé
01:12:30des conditions
01:12:30dans lesquelles
01:12:31la mission avait été
01:12:32exécutée
01:12:32puisqu'on lui a rendu compte
01:12:34face aux assassins
01:12:48de sa famille
01:12:49Marina Massier craque
01:12:50comment des hommes
01:12:52qui n'avaient pas
01:12:52le profil de meurtrier
01:12:53ont-ils pu se livrer
01:12:55à un massacre aussi horrible
01:12:56les seuls à reconnaître
01:12:58les faits
01:12:59Finocchietti et les postiers
01:13:00racontent une fois de plus
01:13:02la nuit de la tuerie
01:13:04entendre ces gens
01:13:06entendre ces postiers
01:13:08entendre cet instituteur
01:13:10nous raconter
01:13:11l'inimaginable
01:13:12dans l'horreur
01:13:14je veux dire
01:13:16il y avait quelque chose
01:13:19de complètement déstabilisant
01:13:21on n'arrivait même pas
01:13:23à réaliser
01:13:23on n'arrivait même pas
01:13:26à réaliser
01:13:27ils le disent tous
01:13:29quelque part
01:13:29ce qui s'est passé
01:13:30c'est abominable
01:13:31ils ne se reconnaissent pas
01:13:33dans ce qu'ils ont fait
01:13:33quand Poletti
01:13:35assène des coups
01:13:36de tisonnier
01:13:37je crois sur la tête
01:13:38de l'enfant
01:13:38ce n'est pas possible
01:13:39cet homme
01:13:40qui est diplômé
01:13:41de Sciences Po
01:13:42qui est affilié
01:13:43à je ne sais quel syndicat
01:13:44la CFDT
01:13:44ou la CGT
01:13:45cet homme là
01:13:46qui est bien perçu
01:13:47par ses supérieurs
01:13:48vous le voyez vous
01:13:49faire un assassinat
01:13:50d'un enfant de 6 ans
01:13:51qui n'a rien fait
01:13:52à personne
01:13:52il l'a fait
01:13:53parce qu'il était prisonnier
01:13:56de l'ordre donné
01:13:57l'ordre
01:13:59disent les postiers
01:14:00c'est Collard
01:14:02qui le donnait
01:14:03Didier Campana
01:14:04explique qu'il était
01:14:05terrorisé
01:14:06par l'homme
01:14:07à l'oreille coupée
01:14:08c'est par peur
01:14:09qu'ils auraient tous
01:14:11participé au massacre
01:14:12on me disait
01:14:16fait je faisais
01:14:17va j'allais
01:14:18et il dit
01:14:18je ne réfléchissais plus
01:14:20je sauvais ma peau
01:14:21et Collard leur a dit
01:14:23le premier qui bouge
01:14:24je le tue
01:14:24comment est-ce que
01:14:26ces hommes
01:14:27qui a priori
01:14:29pour aucun d'entre eux
01:14:29n'avaient un profil
01:14:31de tueur pathologique
01:14:32ont pu commettre
01:14:34un tel massacre
01:14:35ensemble
01:14:36il y a
01:14:36d'une part
01:14:37trois personnes
01:14:40qui sont là
01:14:40j'ai envie de dire
01:14:41d'une manière
01:14:42opportuniste
01:14:43en quelque sorte
01:14:44ce sont les trois postiers
01:14:45ce sont les trois postiers
01:14:46et donc au fond
01:14:47ce n'est en rien
01:14:48par idéologie
01:14:49même pour certains
01:14:51ils diront
01:14:52qu'ils étaient justement
01:14:54dans une idéologie
01:14:55différente
01:14:56oui ils étaient à la CGT
01:14:57notamment
01:14:57donc ils n'avaient rien à voir
01:14:58avec le sac
01:14:59idéologiquement
01:15:00absolument
01:15:00et ils ne sont là
01:15:01donc que dans l'attente
01:15:02des avantages
01:15:03qu'on va leur consentir
01:15:05en échange
01:15:05en échange
01:15:06et puis il y a
01:15:07un deuxième groupe
01:15:08un deuxième groupe
01:15:09qu'on va dire peut-être
01:15:10d'idéologues
01:15:11en tout cas
01:15:12de personnes
01:15:12qui défendent
01:15:13très clairement
01:15:13une idéologie
01:15:14patriarcale
01:15:16articulée autour
01:15:18au fond
01:15:19d'un homme fort
01:15:20d'un père de la patrie
01:15:21mais on voit bien
01:15:22que ce sont des thèmes
01:15:23qui tournent autour
01:15:24de la virilité
01:15:25de l'homophobie
01:15:26donc un deuxième groupe
01:15:27différent
01:15:28et entre ces deux groupes
01:15:31se trouve
01:15:31Jean-Bruno Finocchetti
01:15:33il est au carrefour
01:15:35du groupe
01:15:36et c'est peut-être
01:15:36en ce sens
01:15:37que son rôle
01:15:38va être finalement
01:15:39assez axial
01:15:39à la fois
01:15:41dans ce qui s'est passé
01:15:41le jour du drame
01:15:42puis dans l'enquête
01:15:43puisqu'au fond
01:15:44c'est autour
01:15:45un petit peu
01:15:45de ces interrogatoires
01:15:47que le fil de l'affaire
01:15:48va se dénouer
01:15:49il est la clé de la tuerie
01:15:50en quelque sorte
01:15:52assailli par les photographes
01:15:58Pierre de Bizet
01:15:59l'ancien patron du sac
01:16:00convoqué comme témoin
01:16:01fait son entrée
01:16:02dans le palais de justice
01:16:03il a été blanchi
01:16:04dans cette affaire
01:16:05mais la presse
01:16:06s'interroge toujours
01:16:07sur sa responsabilité
01:16:08dans la tuerie
01:16:08déception
01:16:10à la barre de Bizet
01:16:11ne fait aucune révélation
01:16:13il n'a surtout
01:16:14aucun regard
01:16:15pour les anciens membres
01:16:16de son organisation
01:16:17ce qui m'a le plus choqué
01:16:23il est passé
01:16:24à un mètre de moi
01:16:25c'est qu'il paraissait
01:16:26très gêné d'être là
01:16:28j'allais presque dire
01:16:29honteux d'y être
01:16:31et je crois aussi
01:16:33honteux
01:16:34de ne pas regarder
01:16:34ces hommes en face
01:16:35parce que
01:16:37ces gens là
01:16:38ils étaient ce qu'ils étaient
01:16:38mais si on ne les avait pas
01:16:40assurés
01:16:41tout au long
01:16:42d'une certaine impunité
01:16:43s'ils n'avaient pas eu
01:16:44les saufs-conduits
01:16:45s'ils n'avaient pas eu
01:16:46des pouvoirs
01:16:48qu'on leur avait donnés
01:16:49et qu'ils avaient exercés
01:16:50peut-être que la dérive
01:16:51ne serait jamais venue
01:16:52et pour moi
01:16:54la responsabilité
01:16:55elle est beaucoup plus haut
01:16:55que ces pauvres imbéciles
01:16:57et qui ont fait
01:16:58des actes terribles
01:16:58mais moi je vous assure
01:17:00que j'ai été
01:17:01catastrophé
01:17:03je peux dire aussi
01:17:04indigné
01:17:04de cette comparution
01:17:06c'était une mascarade
01:17:08que de faire venir
01:17:09cet homme
01:17:09qui comme par hasard
01:17:10n'avait plus rien à dire
01:17:11il s'en était tiré
01:17:13tant mieux
01:17:13les autres
01:17:14ce n'était pas son problème
01:17:16petit à petit
01:17:19le clan
01:17:21explose
01:17:21à partir de maintenant
01:17:25c'est chacun pour soi
01:17:27répondant à une question
01:17:29du président
01:17:30de la cour d'assises
01:17:31Finocchietti
01:17:32qui a toujours refusé
01:17:33de balancer des noms
01:17:34qui a toujours couvert
01:17:36tout le monde
01:17:36finit par lâcher
01:17:38Lionel Collard
01:17:40le président
01:17:43interroge
01:17:44Finocchietti
01:17:45sur la manière
01:17:48dont
01:17:48s'est déroulé
01:17:50le voyage
01:17:52du transport des corps
01:17:54si j'ai bonne mémoire
01:17:55et Finocchietti raconte
01:17:58raconte
01:17:58raconte
01:17:59et à un moment donné
01:17:59comme s'il n'y faisait pas attention
01:18:02vraiment
01:18:03dans une espèce
01:18:04d'indifférence générale
01:18:05du reste
01:18:06il dit
01:18:06il y avait Collard
01:18:07et personne ne réagit
01:18:10mais il se trouve
01:18:12que c'est un nom
01:18:12que je connais bien
01:18:13et ça me fait réagir
01:18:16et je dis
01:18:16mais il vient de dire Collard
01:18:19et le président me regarde
01:18:20et me dit
01:18:21non
01:18:22et monsieur Fayol
01:18:24je le revois très bien
01:18:26qui était l'assesseur
01:18:27de droite
01:18:28se penche vers le président
01:18:31et dit
01:18:33oui effectivement
01:18:34il l'a dit
01:18:35et plusieurs jurés
01:18:37font un signe de tête
01:18:40et indiquent
01:18:40oui il l'a dit
01:18:41il a lâché le morceau
01:18:44oui
01:18:45c'est à dire
01:18:46qu'il a été
01:18:48apparemment écœuré
01:18:50par le comportement
01:18:52la lâcheté
01:18:53de ceux qui étaient
01:18:55ses chefs
01:18:56en quelque sorte
01:18:57puisqu'au fond
01:18:58lui avait reconnu
01:19:00ses fautes
01:19:01sans
01:19:03les fuir
01:19:06et que les deux autres
01:19:08nous on n'est pas
01:19:09dans le cours
01:19:09etc
01:19:10et bon
01:19:11et ça
01:19:13il n'a pas pu
01:19:15il n'a pas pu
01:19:17le supporter
01:19:18jusqu'au bout
01:19:19il a dit
01:19:19bon
01:19:20puisqu'ils sont
01:19:21comme ça
01:19:21je ne les reconnais plus
01:19:23comme mes chefs
01:19:23je les vends
01:19:25en quelque sorte
01:19:25c'est la seule fois
01:19:27où Collard est devenu livide
01:19:28là il est devenu
01:19:29vraiment les livides
01:19:30il ne s'attendait pas à ça
01:19:32je crois qu'il avait
01:19:33de ce côté là
01:19:34dans sa logique
01:19:36de légionnaire
01:19:39et de soldat
01:19:41il avait un certain
01:19:42respect pour Finocchietti
01:19:44alors qu'il n'avait
01:19:45que mépris
01:19:46un mépris total
01:19:47pour les postiers
01:19:47dont il s'était
01:19:48toujours méfié d'ailleurs
01:19:49mais
01:19:50il avait quand même
01:19:53visiblement
01:19:54un regard assez
01:19:54respectueux
01:19:56pour Finocchietti
01:19:57et là il n'a pas compris
01:19:58Finocchietti
01:20:03ne prononcera pas
01:20:04le nom de Lionel Collard
01:20:05une deuxième fois
01:20:06mais qu'importe
01:20:07ce qui est dit
01:20:08est dit
01:20:08et ça pèsera lourd
01:20:10sur les épaules
01:20:11de l'ancien légionnaire
01:20:12Christian Lassalle
01:20:15lorsqu'arrive
01:20:16le moment
01:20:17de votre réquisitoire
01:20:18dans ce procès d'assise
01:20:19pour vous
01:20:20qui a fait quoi
01:20:20quelle est la part
01:20:21de chacun
01:20:22Maria est l'instigateur
01:20:24l'auteur moral des crimes
01:20:26Collard
01:20:27et le tueur glacé
01:20:29qui a de ses mains
01:20:31oxy
01:20:32quatre personnes
01:20:33dont deux vieillards
01:20:34et les trois postiers
01:20:36Poletti
01:20:37il a
01:20:37fracassé
01:20:40le crâne
01:20:42du petit Alexandre
01:20:43il a fait éclater
01:20:45le crâne
01:20:46du petit Alexandre
01:20:48à coups de tisonnier
01:20:49Campana
01:20:50sa responsabilité
01:20:53objective
01:20:54et sans aucun doute
01:20:56moins grave
01:20:57que celle
01:20:58de ses autres compagnons
01:20:59mais Campana
01:21:00il a porté
01:21:01un coup de couteau
01:21:02amassé
01:21:03un coup de couteau
01:21:04dans le dos
01:21:04lorsqu'il tentait
01:21:05de s'enfuir
01:21:06reste
01:21:07Massoni
01:21:08Massoni
01:21:09c'est le seul
01:21:10qui n'avait pas
01:21:12de sang sur les mains
01:21:13Finocchetti
01:21:14il a
01:21:16l'effroyable
01:21:17responsabilité
01:21:18objective
01:21:19d'avoir
01:21:20achevé
01:21:21d'un coup de couteau
01:21:23dans la région
01:21:23du coeur
01:21:24le petit Alexandre
01:21:25le petit Alexandre
01:21:25qui avait huit ans à peine
01:21:26c'est lui
01:21:28qui a rattrapé
01:21:30à la course
01:21:30Massier
01:21:31lorsqu'il est venu
01:21:32lorsqu'il est arrivé
01:21:32à la Douronne
01:21:33il l'a rattrapé
01:21:33à la course
01:21:34alors qu'il essayait
01:21:34de s'enfuir
01:21:35il l'a rattrapé
01:21:36il l'a achevé
01:21:36sur place
01:21:37mais à la fin du procès
01:21:38vous avez des preuves
01:21:39de tout ça
01:21:39ou c'est le scénario
01:21:40que vous vous êtes fait
01:21:41dans votre tête
01:21:41ah non
01:21:42ah non
01:21:42là j'ai des preuves
01:21:43c'est des preuves
01:21:44c'est pas un scénario
01:21:45l'affaire était suffisamment
01:21:47horrible
01:21:47c'était une véritable
01:21:49théorie
01:21:49l'affaire de la théorie
01:21:50d'Auriol
01:21:51la théorie
01:21:56j'ai requis
01:21:58la peine de réclusion
01:22:00criminelle
01:22:01à perpétuité
01:22:02contre
01:22:04Maria
01:22:06Collard
01:22:08Finocchietti
01:22:10Poletti
01:22:11Campana
01:22:13et contre
01:22:14Massoni
01:22:15j'ai requis
01:22:16une peine de réclusion
01:22:18à temps
01:22:18Collard
01:22:19au moment de votre réquisitoire
01:22:21vous menace
01:22:23vous lui dites
01:22:24je veux vous envoyer
01:22:25à perpétuité
01:22:26derrière les barreaux
01:22:26et lui
01:22:27vous menace
01:22:28après le verdict
01:22:30Collard s'est levé
01:22:32il a surgi
01:22:32il a tendu son doigt
01:22:34vers moi
01:22:35il a dit
01:22:35je suis la victime
01:22:36d'un avocat général
01:22:36socialiste
01:22:37je me vengerai
01:22:39j'espère qu'il s'est
01:22:43apaisé aujourd'hui
01:22:44après 20 jours
01:22:46d'audience
01:22:46et 7 heures
01:22:47de délibération
01:22:48les jurés
01:22:48de la cour d'assises
01:22:49d'Aix-en-Provence
01:22:50ont donc prononcé
01:22:51leur verdict
01:22:52sur le procès
01:22:53de la théorie
01:22:53d'Auriol
01:22:54un verdict sans surprise
01:22:55qui condamne
01:22:55à perpétuité
01:22:56trois des accusés
01:22:57inflige 20 ans
01:22:59à deux autres
01:22:59et 15 au dernier
01:23:00d'entre eux
01:23:01pour écouter ce dénouement
01:23:02la salle d'assises
01:23:03d'Aix-en-Provence
01:23:04était pleine à craquer
01:23:05et tendue
01:23:06Jean-Joseph Maria
01:23:08est condamné à la réclusion
01:23:10criminelle à perpétuité
01:23:11même peine
01:23:13pour celui
01:23:13qui se considérait
01:23:14comme son fils spirituel
01:23:15Lionel Collard
01:23:16ainsi que pour l'un
01:23:17des trois postiers
01:23:18Ange Poletti
01:23:19Didier Campana
01:23:21écope de 20 ans
01:23:22de prison
01:23:22Jean-François Massoni
01:23:24de 15 ans
01:23:25quant à
01:23:28Jean-Bruno Finocchietti
01:23:29il est condamné
01:23:30à 20 ans
01:23:31de réclusion criminelle
01:23:32l'avocat général
01:23:33Christian Lassalle
01:23:34avait requis
01:23:34la réclusion criminelle
01:23:36à perpétuité
01:23:36quant aux quelques documents
01:23:39retrouvés chez Jacques Massier
01:23:40ils n'ont jamais
01:23:42fait trembler
01:23:43la république
01:23:43on ne peut pas
01:23:46comprendre
01:23:47le verdict de Clémence
01:23:48dont a bénéficié
01:23:49Jean-Bruno Finocchietti
01:23:5020 ans seulement
01:23:51pour deux meurtres
01:23:52dont celui d'un enfant
01:23:53si on n'a pas entendu
01:23:54ces derniers mots
01:23:55avant que les jurés
01:23:56ne se retirent
01:23:57il a dit
01:23:57rien ne peut justifier
01:23:59Auriole
01:24:00nous n'avions pas
01:24:01à faire cette boucherie
01:24:02je ne réclame pas
01:24:03votre clémence
01:24:05le sac a été dissous
01:24:06par le gouvernement socialiste
01:24:08un an après la tuerie d'Auriole
01:24:09aujourd'hui
01:24:10Jean-Joseph Maria est mort
01:24:11et tous les autres
01:24:12protagonistes de l'affaire
01:24:14sont sortis de prison
01:24:32qui ne se réclame pas
01:24:33dans le monde
01:24:34qui ne se réclame pas
01:24:34dans le monde
01:24:35et tous les autres
01:24:36sont sortis de prison
01:24:37qui ne se réclame pas
01:24:37dans le monde
01:24:38qui ne se réclame pas
01:24:38dans le monde
01:25:09...

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