- il y a 8 mois
Le 20 juin 2001, le procès de Nicole Zawadzki et Michel Trouillard-Perrot débute à la cour d'assises du Loiret à Orléans. La défense de Michel Trouillard-Perrot est assurée par Christophe Pesme et Jean-Yves Le Borgne. Martine Verdier est l'avocate des parties civiles.
Nicole Zawadzki est condamnée à vingt-cinq ans de réclusion criminelle. Michel Trouillard-Perrot est condamné à 20 ans de prison. Nicole Zawadzki fait appel de cette décision. Considérant qu'il n'est pas possible de rejuger Nicole Zawadzki sans Michel Trouillard-Perrot, le parquet général fait appel de la condamnation.
En mars 2002, le procès en appel de Nicole Zawadzki et Michel Trouillard-Perrot débute à la cour d'assises d'Indre-et-Loire à Tours. La peine de Michel Trouillard-Perrot est confirmée. Nicole Zawadzki est condamnée à vingt-huit ans de réclusion criminelle. Depuis, sa défense est assurée par Henri de Beauregard.
En décembre 2007, Michel Trouillard-Perrot obtient une libération conditionnelle
Nicole Zawadzki est condamnée à vingt-cinq ans de réclusion criminelle. Michel Trouillard-Perrot est condamné à 20 ans de prison. Nicole Zawadzki fait appel de cette décision. Considérant qu'il n'est pas possible de rejuger Nicole Zawadzki sans Michel Trouillard-Perrot, le parquet général fait appel de la condamnation.
En mars 2002, le procès en appel de Nicole Zawadzki et Michel Trouillard-Perrot débute à la cour d'assises d'Indre-et-Loire à Tours. La peine de Michel Trouillard-Perrot est confirmée. Nicole Zawadzki est condamnée à vingt-huit ans de réclusion criminelle. Depuis, sa défense est assurée par Henri de Beauregard.
En décembre 2007, Michel Trouillard-Perrot obtient une libération conditionnelle
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00:00:30Jean-Paul Zavatsky, le Major Zavatsky, il était chef mécanicien sur la base aérienne de Brissy, près d'Orléans.
00:00:44Un grand gaillard, solide et très sportif.
00:00:47Et pourtant, en février 1998, il rentre tout juste d'une mission en Afrique, au Gabon,
00:00:52et il tombe malade, une drôle de maladie, de drôles de symptômes,
00:00:55qui étonnent ses amis, ses collègues de travail, mais pas sa femme, ni son médecin.
00:01:00Et en mars 1998, le 11, il meurt dans son lit.
00:01:03Il faudra une très longue instruction pour découvrir que le Major Zavatsky a été victime de deux assassins,
00:01:10d'une perversité et d'un machiavélisme inimaginables.
00:01:16Jean-Paul Zavatsky est militaire, chef mécanicien sur les avions Transal.
00:01:21Il a le grade de Major.
00:01:24Début janvier 1998, après une mission en Afrique, au Gabon, il est de retour chez lui, sur la base aérienne de Brissy, près d'Orléans.
00:01:34Après un long mois d'absence, il va enfin pouvoir retrouver sa femme, Nicole,
00:01:39et leur petite fille de 10 ans, qui habite Sougy, un petit village à proximité de la base.
00:01:43Ça fait 7 ans que le couple est installé ici, dans un pavillon, qu'il a fait construire.
00:01:53Peu de temps après son retour, Jean-Paul ne se sent pas bien.
00:01:58Il se sent fatigué.
00:01:59Il tousse.
00:02:00Sa femme va donc lui acheter un sirop.
00:02:04Un mois plus tard, Jean-Paul est pris de diarrhée, de vomissement.
00:02:08Il a les yeux rouges.
00:02:10Le 14 février, jour des amoureux, ça ne va pas mieux.
00:02:15Ce samedi-là, Nicole décide d'appeler le médecin de famille, le docteur Trouillard Perrault.
00:02:20Le docteur se rend immédiatement au chevet du malade.
00:02:24Celui-ci lui prescrit des médicaments, lui fait faire des examens.
00:02:27Pourtant, Jean-Paul est de plus en plus fatigué.
00:02:37Il le dit au médecin.
00:02:40Et à la base, il demande une permission pour se reposer.
00:02:44Mais il n'a pas l'air de récupérer.
00:02:47Trois semaines plus tard, inquiet, Etienne, un collègue, vient lui rendre visite avec son épouse.
00:02:52Nous sommes le 8 mars.
00:02:54C'est vrai que Jean-Paul était couché quand on est arrivé.
00:02:58Il n'était pas encore avec nous.
00:03:00Il a dû se lever 30 minutes après.
00:03:04Et nous la rejoint à table avec des lunettes.
00:03:07Il marchait comme un papy, le dos courbé.
00:03:12Il avait du mal à se déplacer.
00:03:16Quand on connaît Jean-Paul, c'était une montagne de muscles.
00:03:19Il faisait du culturisme, 1m90, 95 kg de muscles.
00:03:24C'est quand même un peu impressionnant.
00:03:28Et au bout d'un moment, je lui dis, Jean-Paul, on va voir tes lunettes là.
00:03:32Qu'est-ce que tu caches ?
00:03:33Il a soulevé ses lunettes.
00:03:34Et en fait, il avait tout le blanc d'œil, tout rouge.
00:03:39Complètement rouge.
00:03:39Je lui dis, oula, il y a un gros souci là quand même.
00:03:43Tu vas aller voir un médecin, c'est sûr.
00:03:44Ah, mon médecin de famille s'occupe de moi.
00:03:46Ne t'inquiète pas.
00:03:47Nicole n'avait pas du tout l'air inquiète.
00:03:53Elle était comme d'habitude.
00:03:55Elle nous recevait comme quand on se voyait.
00:03:59Elle était naturelle et sans problème, comment dire.
00:04:03Elle était bien.
00:04:05Il se trouve qu'à ce moment-là, débarque le médecin de famille.
00:04:09Depuis trois semaines, il passe, tous les jours,
00:04:12sans quérir de l'état de son patient.
00:04:15Étienne lui demande ce qu'a Jean-Paul.
00:04:18Oh là là, il rentre d'un séjour en Afrique, il a fait du sport là-bas,
00:04:22il a trop tiré sur la carcasse.
00:04:24Et donc, le voilà à faire de la tension.
00:04:27Mais dès qu'il aura moins de 15 de tension,
00:04:30il pourra sortir et reprendre une vie tout à fait normale.
00:04:34Mais Jean-Paul ne reprendra jamais une vie normale.
00:04:40Trois jours plus tard, le 11 mars, Nicole Zavatsky appelle sa belle-mère.
00:04:45Tout d'un coup, un mercredi, on reçoit un coup de fil.
00:04:51Eh bien, Jean-Paul est décédé.
00:04:53Oh, vous parlez d'un choc.
00:04:56Ce jour-là, ça a été...
00:04:58Je ne peux pas vous expliquer comment ça peut se passer,
00:05:02quand vous entendez ça.
00:05:04Vous avez un gosse qui est costaud, qui est plein de vie,
00:05:07et puis tout d'un coup, il est mort.
00:05:09Au bout de 15 jours, comme ça, c'est...
00:05:11Tout gosse, Jean-Paul ne rêvait que d'avion.
00:05:17Un rêve que ce fils d'immigrant polonais
00:05:19était fier d'avoir exaucé.
00:05:22À 21 ans, il avait rencontré Nicole dans une discothèque.
00:05:29Après 8 ans de mariage était née une petite fille.
00:05:33Et voilà que le major meurt à 39 ans,
00:05:37dans la force de l'âge.
00:05:39Mais de quoi, finalement ?
00:05:41Ses proches interrogent le médecin qui le soignait.
00:05:44Il m'a confirmé qu'effectivement,
00:05:46les exercices physiques qu'il avait fait en Afrique
00:05:47l'avaient beaucoup affecté.
00:05:50Et que donc, il était mort d'épuisement, en fait,
00:05:54ou de crise cardiaque.
00:05:55Enfin, il n'a pas été très clair, finalement,
00:05:56sur la cause réelle du décès.
00:05:58Il a dit, c'est une mort naturelle.
00:06:08Lundi 16 mars 98,
00:06:11jour des funérailles.
00:06:14À la demande de la veuve,
00:06:15l'armée a fait les choses en grand.
00:06:18Une cérémonie est organisée sur le tarmac de la base.
00:06:23Le corps de Jean-Paul est ensuite embarqué dans un transal,
00:06:28son avion.
00:06:30Ses collègues et amis pilotes vont l'emmener jusqu'à sa dernière demeure.
00:06:34Selon la volonté de Nicole,
00:06:37la cérémonie religieuse a lieu dans sa région natale,
00:06:39à Châteauneuf-sur-Cher.
00:06:41Il y avait une foule, mais une foule inimaginable, inimaginable.
00:06:46Il a eu des éloges de toutes parts.
00:06:48C'est une cérémonie très émouvante,
00:06:52dans le sens où, si vous voulez,
00:06:55tout le monde était très étonné
00:06:56qu'une personne de cet âge-là puisse disparaître aussi rapidement.
00:07:03Entre douleur et stupeur,
00:07:06ce jour-là, un petit incident passe presque inaperçu.
00:07:09La maman de Jean-Paul a embrassé son fils dans son cercueil.
00:07:14Nicole en était scandalisée,
00:07:17elle était à côté de moi,
00:07:18elle a lâché mon bras
00:07:18et elle est sortie de la chapelle en pleurant et en criant.
00:07:23Ah non, c'est pas possible,
00:07:24ils me font ça aujourd'hui.
00:07:26Pas aujourd'hui, c'est pas le moment.
00:07:31Je lui dis, mais dis-moi un peu,
00:07:33qu'est-ce qui se passe pour notre fils ?
00:07:35Tu crois pas qu'il a voulu se suicider ou quelque chose comme ça ?
00:07:39Parce que c'est pas possible qu'il soit parti si vite.
00:07:41Comment se fait-il ?
00:07:43Alors elle me fait tout de suite,
00:07:44arrêtez de parler de ça.
00:07:48Un comportement que l'on mettra sur le compte de la douleur.
00:07:54Jean-Paul est inhumé au cimetière de Châteauneuf-sur-Cher.
00:08:01Un fait qui a marqué tout le monde,
00:08:03c'est lorsque la petite fille des époux
00:08:06a déposé une rose blanche sur le cercueil,
00:08:09tout le monde était sans voix.
00:08:13Tout le monde est resté sans voix.
00:08:14C'était très, très difficile.
00:08:14Mon général, à l'époque, vous commandiez la base aérienne de Brissy,
00:08:37où travaillait le major Jean-Paul Zawadsky.
00:08:40Est-ce que c'était un militaire sérieux ?
00:08:43C'était un militaire aux qualités professionnelles et humaines reconnu,
00:08:48qui avait une très, très bonne réputation sur la base.
00:08:51Quand il disparaît, vous prenez immédiatement des renseignements sur lui ?
00:08:54J'étais très étonné d'apprendre le décès du major,
00:08:57qui était un homme jeune, sportif,
00:09:00et qui, en tant que personnel navigant,
00:09:03faisait l'objet d'un suivi médical très sérieux.
00:09:05Si ma mémoire est bonne, il avait suivi une expertise médicale
00:09:08quelques semaines avant de partir en opération au Gabon.
00:09:12Et les résultats étaient 100% positifs ?
00:09:15100% positifs, d'autant que c'était un homme très sportif.
00:09:18Évidemment, quand vous mettez ça en phase avec sa disparition, vous...
00:09:21Alors, des premières informations qu'on a obtenues au niveau de la base,
00:09:25il s'agissait d'une mort suite à une maladie qu'il avait contractée
00:09:32au cours de son détachement au Gabon.
00:09:35Donc, on était quand même assez étonnés,
00:09:37d'autant que nous avions pas mal d'équipages sur place qui tournaient.
00:09:40Et donc, on a été quand même surpris d'apprendre
00:09:43qu'il était décédé pendant son repos compensateur
00:09:47qu'on lui avait accordé à l'issue de ce détachement.
00:09:50J'aurais, vous soyez plus clair,
00:09:52est-ce que quand on vous annonce sa mort
00:09:53et que vous allez regarder son dossier,
00:09:57vous pensez tout de suite que cette mort n'est pas naturelle ?
00:09:59Non, pas tout de suite.
00:10:00J'ai été étonné à plusieurs reprises
00:10:02et au fur et à mesure,
00:10:04je ne me suis pas fait une conviction,
00:10:05mais j'ai trouvé qu'il y avait des éléments troublants
00:10:07dans cette affaire.
00:10:11Et si le médecin de famille
00:10:13était passé à côté de son diagnostic ?
00:10:16Aurait-il pu faire une erreur ?
00:10:18Est-il un bon professionnel ?
00:10:20Le docteur Trouillard-Perrault exerce
00:10:22depuis 18 ans près d'Orléans.
00:10:23à Orgère-en-Bosse.
00:10:25Comme beaucoup de médecins de campagne,
00:10:26il est sur les routes jour et nuit,
00:10:28presque 7 jours sur 7.
00:10:30Une véritable figure locale
00:10:31avec à son actif la plus grosse clientèle de Réloir.
00:10:35Il n'a pas bonne réputation,
00:10:36il a une excellente réputation.
00:10:39Michel, c'était mon médecin traitant.
00:10:46Très bon médecin.
00:10:48Très psychologue aussi en tant que médecin.
00:10:51J'ai mon frère qui avait fait une tentative de suicide,
00:10:54qui avait failli aboutir d'ailleurs.
00:10:56Et quand il était sorti de l'hôpital,
00:10:59il passait régulièrement,
00:11:00dès qu'il avait 5 minutes,
00:11:01il s'arrêtait à la maison systématiquement
00:11:03pour venir reprendre de ses nouvelles.
00:11:04C'est vraiment,
00:11:06je vous dis,
00:11:06comme si c'était quelqu'un de la famille.
00:11:09Le docteur Trouillard-Perrault
00:11:11est également médecin volontaire
00:11:12chez les pompiers
00:11:13où il a très bonne réputation.
00:11:15Bref, ce médecin-là
00:11:16semble compétent.
00:11:18Compétent et très investi
00:11:20auprès de ses patients.
00:11:21Tellement investi
00:11:22qu'on le voit souvent
00:11:23venir s'enquérir
00:11:24de la santé d'une patiente
00:11:26qui habite sous G.
00:11:29Elle est mariée à un militaire
00:11:30souvent absent.
00:11:31Elle s'appelle
00:11:31Nicole Zawadsky.
00:11:36Et ses visites très assidues
00:11:38à une patiente
00:11:39qui n'a pas l'air malade du tout
00:11:41intriguent.
00:11:45Pas du médecin,
00:11:45on ne sait pas grand-chose.
00:11:46La seule chose que l'on voyait,
00:11:48c'était la voiture.
00:11:49Parce que quand je sortais travailler,
00:11:50si la voiture était là,
00:11:51je suis obligé de manœuvrer.
00:11:52donc je savais qu'il y avait
00:11:52la voiture.
00:11:54Très vite,
00:11:55la rumeur fait le tour du village
00:11:57et elle parvient aux oreilles
00:11:58du maire de Sougy.
00:12:00La voiture du docteur
00:12:01était souvent
00:12:02au portillon
00:12:04du couple.
00:12:08Peut-être en l'absence
00:12:09de son mari, peut-être.
00:12:12Un jour,
00:12:12il descendait avec des fleurs,
00:12:13des choses comme ça.
00:12:16Quand le mari était en mission,
00:12:19enfin Jean-Paul était en mission,
00:12:20et puis que le docteur
00:12:22il aille des fleurs,
00:12:22je crois que ça ne prête pas
00:12:23trop à confusion.
00:12:26Il y avait une liaison entre eux,
00:12:27c'était de notoriété publique.
00:12:29C'est clair.
00:12:31Le major Zavatsky
00:12:32a donc été soigné
00:12:33par l'amant de sa femme.
00:12:36Et forcément,
00:12:36passé le choc du décès,
00:12:38on scrute le comportement
00:12:40de la veuve.
00:12:40C'est ce qu'il vient
00:12:41déclarer le décès
00:12:43de son mari
00:12:44avec des amis militaires.
00:12:48Et alors,
00:12:49son comportement
00:12:49a été un peu
00:12:50exagéré, en fait.
00:12:54Exploré,
00:12:55des larmes soutenues
00:12:57par les amis de son mari.
00:12:59Demande une chaise
00:13:00pendant les formalités.
00:13:05Son comportement
00:13:06a étonné
00:13:06ma secrétaire.
00:13:07on a l'habitude
00:13:09de recevoir des gens
00:13:10éplorés,
00:13:11plus ou moins.
00:13:11Mais là,
00:13:12vraiment,
00:13:13c'était trop expansif.
00:13:18Étrange aussi
00:13:19le comportement
00:13:20de la veuve éplorée
00:13:21qui,
00:13:22très peu de temps
00:13:23après le décès,
00:13:25achète une
00:13:25superbe
00:13:27voiture de luxe.
00:13:30À l'époque,
00:13:31nous en avions discuté
00:13:32bien franchement.
00:13:33Et je lui avais indiqué
00:13:34que,
00:13:35pour ma part,
00:13:36je trouvais que
00:13:36cet achat
00:13:37et compte tenu
00:13:38de la situation financière,
00:13:39était déplacé.
00:13:41C'était bien trop.
00:13:43Et qu'une autre voiture
00:13:44plus commode,
00:13:46plus pratique
00:13:46et moins chère,
00:13:47aurait parfaitement
00:13:47fait l'affaire.
00:13:48Mais elle avait réponse
00:13:49à tout.
00:13:50Et elle m'a indiqué
00:13:50que,
00:13:52n'ayant plus son mari,
00:13:52elle ne pouvait plus
00:13:53bricoler et entretenir
00:13:54cette voiture
00:13:54et qu'il lui fallait
00:13:55une voiture neuve
00:13:57et une voiture
00:13:59sur laquelle
00:14:00on puisse compter.
00:14:00après le décès
00:14:07de Jean-Paul,
00:14:09peu de temps après,
00:14:11les dépenses
00:14:12de Nicole
00:14:13nous ont paru
00:14:14un peu
00:14:14grandioses.
00:14:17voitures de luxe,
00:14:20meubles qui arrivent
00:14:22pour l'aménagement
00:14:23intérieur,
00:14:25paysagistes
00:14:26qui refont
00:14:27absolument
00:14:28tout le jardin.
00:14:30ça nous a paru
00:14:31un peu bizarre.
00:14:36Ça jase donc
00:14:37au village
00:14:38où l'on croit
00:14:39de moins en moins
00:14:40à une mort naturelle.
00:14:46Le jour où il est mort,
00:14:48le lendemain matin,
00:14:49mon collègue
00:14:49qui m'emmène au boulot,
00:14:50je lui ai dit
00:14:51c'est une mort
00:14:51qui n'est pas normale,
00:14:52c'est pas clair.
00:14:54Je l'ai toujours regardé,
00:14:57c'était pas naturel.
00:14:58Quand on connaissait
00:14:59Jean-Paul,
00:15:01qui était grand,
00:15:01sportif,
00:15:03vraiment,
00:15:03il puisse s'entretenir
00:15:04parce que quand
00:15:05il venait à la maison,
00:15:06on buvait l'apéritif,
00:15:08c'était un,
00:15:08c'était jamais deux.
00:15:09C'était...
00:15:10Non, non, c'était...
00:15:11On ne l'a jamais cru d'ailleurs,
00:15:13qui était mort
00:15:14de sa propre mort.
00:15:18Et la rumeur
00:15:19enfle
00:15:20et finit par atteindre
00:15:21la base aérienne
00:15:22où travaillait
00:15:23le major Zawadsky.
00:15:25La petite communauté
00:15:30des mécaniciens,
00:15:30que ce soit
00:15:31des mécaniciens navillants
00:15:32ou des mécaniciens
00:15:33sol,
00:15:34discutait beaucoup
00:15:36sur ce décès
00:15:37et avait peut-être
00:15:39quelques doutes
00:15:40sur le fait
00:15:43qu'ils soient morts
00:15:43d'une mort naturelle,
00:15:44comme le mentionnait
00:15:46Michel.
00:15:48La rumeur se propage
00:15:49chez les mécaniciens
00:15:50et finit par arriver
00:15:52aux oreilles
00:15:53du colonel Ponce,
00:15:55qui commande
00:15:55la base aérienne.
00:15:57Lui aussi se pose
00:15:57des questions.
00:15:59Un major
00:15:59en pleine santé
00:16:00soigné par un médecin
00:16:01compétent,
00:16:03mais qui était
00:16:03l'amant de la veuve,
00:16:04laquelle a un comportement
00:16:05étrange,
00:16:07tout ça,
00:16:07c'est trop.
00:16:09Le colonel décide
00:16:10d'appeler les gendarmes
00:16:11qui reçoivent
00:16:12son témoignage
00:16:12le 4 mai 98,
00:16:14deux mois
00:16:15après le décès
00:16:16du major.
00:16:17Est-ce que
00:16:18après le décès
00:16:19du major Zawadsky,
00:16:20vous revoyez
00:16:20sa veuve ?
00:16:21Non, je ne l'ai
00:16:22jamais revue.
00:16:23Par contre,
00:16:24elle m'a écrit
00:16:24quelques semaines
00:16:26après,
00:16:27elle m'a écrit
00:16:28en me demandant
00:16:29de lui trouver
00:16:30un emploi
00:16:31sur la base
00:16:32qui d'après elle
00:16:33était sa seconde
00:16:34famille.
00:16:35Et comment vous avez
00:16:35réagi à cette demande ?
00:16:37J'ai essayé de me
00:16:37renseigner sur les
00:16:38activités qu'elle
00:16:39avait menées.
00:16:41Elle m'avait
00:16:43annoncé qu'elle
00:16:44avait travaillé
00:16:45dans une maison
00:16:45dans la région
00:16:46d'Orléans.
00:16:47On a vérifié,
00:16:48on s'est perçu
00:16:48qu'elle n'avait
00:16:49jamais travaillé
00:16:49dans cette maison.
00:16:50donc pour la première
00:16:52fois,
00:16:52je me suis dit
00:16:53j'ai peut-être
00:16:54affaire à quelqu'un
00:16:55qui ment.
00:16:57Donc vous n'avez
00:16:58pas répondu
00:16:59favorablement
00:16:59à cette demande ?
00:16:59Je n'ai pas répondu
00:17:00favorablement.
00:17:01Et par la suite,
00:17:02j'ai reçu un appel
00:17:03téléphonique,
00:17:05quelques semaines
00:17:05plus tard,
00:17:06du médecin
00:17:06de la famille
00:17:07que je n'avais
00:17:08jamais vu.
00:17:09Il me demandait
00:17:09d'aider absolument
00:17:12Nicole,
00:17:13qu'on l'avait
00:17:14laissée tomber,
00:17:15qu'il fallait
00:17:15la soutenir,
00:17:16qu'elle considérait
00:17:17que l'armadaire
00:17:18était sa seconde famille.
00:17:19C'était assez
00:17:20ronflant quand même
00:17:20comme terme.
00:17:21Le médecin,
00:17:22dans son appel
00:17:23téléphonique,
00:17:24me disait aussi
00:17:25que Mme Zavascki
00:17:27se laissait mourir,
00:17:29qu'elle ne se nourrissait
00:17:30plus,
00:17:30etc.
00:17:31Bon,
00:17:31des témoins
00:17:31l'avaient vue
00:17:32et m'ont certifié
00:17:35qu'elle était
00:17:36en parfaite santé.
00:17:38Vous commencez
00:17:38quand même
00:17:39à vous poser
00:17:39sérieusement
00:17:39des questions
00:17:40sur les raisons
00:17:40de sa mort.
00:17:41Oui,
00:17:43je connaissais
00:17:43très bien
00:17:44un gendarme
00:17:46du Loiret
00:17:47et un jour
00:17:47je me suis
00:17:49jeté à l'eau.
00:17:50Je lui dis
00:17:50tu vas peut-être
00:17:52me trouver
00:17:52idiot
00:17:53mais j'ai beaucoup
00:17:54de doutes
00:17:54sur une affaire.
00:17:56Donc il m'a conseillé
00:17:56d'aller déposer
00:17:58à la brigade
00:18:00de recherche
00:18:01du Loiret
00:18:01mais il me fallait
00:18:03trouver un prétexte
00:18:04et donc le prétexte
00:18:05que j'ai utilisé
00:18:07c'est la santé
00:18:08de mes pilotes.
00:18:08je voulais
00:18:10que l'on fasse
00:18:11un petit peu
00:18:12la lumière
00:18:12sur cette fameuse maladie
00:18:13dont parlait
00:18:14le médecin traitant
00:18:15et dont je voulais
00:18:17protéger mes équipages
00:18:18bien sûr
00:18:19au Gabon.
00:18:21Vous l'avez reconnu
00:18:21vous-même
00:18:21pour vous
00:18:22c'est un prétexte
00:18:22et donc vous pensiez
00:18:23à un assassinat ?
00:18:25Je ne pensais pas
00:18:25à un assassinat
00:18:26mais je trouvais
00:18:26quand même
00:18:27qu'il y avait
00:18:27beaucoup d'éléments
00:18:28qui me troublaient
00:18:31et pour résumer
00:18:34je trouvais
00:18:34que la veuve
00:18:35et le médecin
00:18:36en faisaient beaucoup trop.
00:18:38Les gendarmes décident
00:18:41d'ouvrir une enquête
00:18:42préliminaire
00:18:43confiée à leurs collègues
00:18:44d'Orléans
00:18:44sous l'autorité
00:18:45de l'adjudant-chef
00:18:46Maillard.
00:18:49Pour l'instant
00:18:49le dossier est vide
00:18:51il n'est fait que
00:18:52de rumeurs
00:18:53d'impressions.
00:18:55La veuve du major
00:18:57par exemple
00:18:57que peut-on au juste
00:18:58lui reprocher ?
00:18:59Son changement
00:19:00de train de vie ?
00:19:02Le gendarme
00:19:02va commencer
00:19:03par s'intéresser
00:19:04à sa toute nouvelle
00:19:06voiture.
00:19:08Nous avons donc
00:19:09fait quelques investigations
00:19:11auprès de la concession
00:19:12où le véhicule haut de gamme
00:19:13avait été acheté.
00:19:14Ce véhicule a bien été acheté
00:19:15par l'épouse du major.
00:19:17Elle a été matriculée
00:19:18à son nom
00:19:18en date du 22 avril.
00:19:20Donc le major
00:19:20décède le 11 mars
00:19:23à son domicile
00:19:23et son épouse
00:19:25acquiert un véhicule neuf
00:19:26le 22 avril.
00:19:27donc ça nous paraissait
00:19:28également assez court.
00:19:30Nicole Zawadsky
00:19:31a acheté la voiture
00:19:32comptant
00:19:32120 000 francs
00:19:34un peu plus de
00:19:3518 000 euros.
00:19:36Comment a-t-elle pu
00:19:37s'offrir cette voiture
00:19:38alors qu'elle ne travaille pas
00:19:39et qu'elle va toucher
00:19:40suite au décès
00:19:41de son mari
00:19:41une toute petite pension ?
00:19:44Étienne connaît
00:19:45la réponse.
00:19:46Après le décès
00:19:47il a aidé Nicole
00:19:48à gérer
00:19:49divers problèmes
00:19:49administratifs.
00:19:50Jean-Paul était
00:19:51quelqu'un de très prévoyant
00:19:52et il avait donc
00:19:54contracté deux assurances
00:19:55pas moins de deux assurances
00:19:56décès
00:19:57donc pour des sommes
00:19:58de l'ordre
00:20:00d'un million de francs
00:20:01à l'époque.
00:20:03Ces sommes ont été
00:20:04versées assez rapidement
00:20:05d'ailleurs
00:20:05l'assureur a été
00:20:06très conciliant
00:20:07très compréhensif
00:20:09et elle a pu disposer
00:20:11de cet argent
00:20:11assez rapidement
00:20:13de mémoire
00:20:14dans un délai
00:20:15de trois semaines
00:20:16à peu près.
00:20:20Grâce à l'argent
00:20:21de l'assurance vie
00:20:22Nicole a donc acheté
00:20:24la voiture
00:20:25et aussi
00:20:26des meubles neufs
00:20:28curieux
00:20:28comme priorité
00:20:29et ça n'est pas tout.
00:20:33On a pris également
00:20:34contact
00:20:35avec les gens
00:20:36de la compagnie
00:20:37d'assurance vie
00:20:37et là
00:20:39on apprend
00:20:39qu'il y avait
00:20:41un arriéré
00:20:42de 500 000 francs
00:20:43sur le pavillon.
00:20:44C'est-à-dire
00:20:47que le couple
00:20:47avait acheté
00:20:48un pavillon
00:20:48ils avaient
00:20:49des difficultés
00:20:50financières
00:20:50pour régler
00:20:51les mensualités
00:20:51et un arriéré
00:20:53de 500 000 francs
00:20:54s'était accumulé.
00:20:56Un arriéré
00:20:56tellement important
00:20:57que le pavillon
00:20:58était menacé
00:20:59de saisie.
00:21:00C'était au début
00:21:01du mois de février.
00:21:03Tiens tiens
00:21:03c'est à ce moment-là
00:21:05que le major
00:21:05est tombé malade
00:21:06le jour
00:21:07de la Saint-Valentin.
00:21:08L'assurance décès
00:21:11et donc la mort
00:21:12de Jean-Paul
00:21:13a permis
00:21:14d'effacer
00:21:16l'ardoise.
00:21:19Une fois remboursées
00:21:20les dettes
00:21:20de la maison
00:21:21il reste à Nicole
00:21:22650 000 francs
00:21:25100 000 euros.
00:21:26Une somme
00:21:27qui tombe à pic
00:21:27car avant
00:21:28le décès de Jean-Paul
00:21:29le couple
00:21:29était dans le rouge.
00:21:31C'était Nicole
00:21:31qui gérait les comptes
00:21:32son mari
00:21:33était souvent
00:21:33parti en mission.
00:21:35Avec la mort
00:21:35de Jean-Paul
00:21:36le pavillon
00:21:37est sauvé
00:21:37les comptes
00:21:38renfloués
00:21:38le train de vie
00:21:39amélioré.
00:21:40Bref
00:21:40voilà
00:21:41un mobile
00:21:43de crime.
00:21:45Encore faut-il prouver
00:21:46qu'il y a eu crime.
00:21:50L'enquête
00:21:51des gendarmes
00:21:52va alors faire
00:21:53un bond
00:21:53grâce aux pompes funèbres
00:21:55qui leur donne
00:21:57le numéro
00:21:57de portable
00:21:58de Nicole.
00:21:59Avec le numéro
00:22:01de téléphone
00:22:01que nous avions récupéré
00:22:02auprès des pompes funèbres
00:22:03et après identification
00:22:05il s'avère
00:22:05que ce téléphone
00:22:06est la propriété
00:22:07du médecin
00:22:08le médecin
00:22:10avait confié
00:22:11un téléphone portable
00:22:12à sa patient.
00:22:16Donc nous exploitons
00:22:17les factures détaillées
00:22:19et sur la journée
00:22:21enfin la nuit du 10
00:22:22au 11 mars
00:22:23et sur la journée
00:22:24du 11 mars
00:22:25puisque le major
00:22:26décède le 11 mars
00:22:27on s'aperçoit
00:22:28qu'il y a une foule
00:22:30une multitude
00:22:30de communications
00:22:31entre le médecin
00:22:32et l'épouse du major
00:22:33et la dernière communication
00:22:35est une heure
00:22:36avant que le certificat
00:22:37de décès
00:22:37soit rédigé.
00:22:45Dominique Rizet
00:22:46ce certificat de décès
00:22:47qu'est-ce qu'il dit exactement ?
00:22:49Christophe
00:22:49d'abord
00:22:50le certificat de décès
00:22:51c'est un acte administratif
00:22:53tout bête
00:22:53le nom
00:22:54le prénom
00:22:55l'adresse du défunt
00:22:56le jour
00:22:57la date
00:22:58de la mort
00:22:58et puis
00:22:59quelques petites infos
00:23:00sur les opérations funéraires
00:23:02est-ce que la personne
00:23:03était atteinte
00:23:03d'une maladie contagieuse ?
00:23:05Est-ce qu'il fallait prendre
00:23:05des précautions
00:23:06autour de sa mort ?
00:23:08En l'occurrence
00:23:09Jean-Paul Zawadsky
00:23:10lui
00:23:10on apprend qu'il est mort
00:23:11à son domicile
00:23:12sa maison de Sougi
00:23:13à 15h15
00:23:15le 11 mars 1998
00:23:17c'est très précis
00:23:17et il n'y a aucune
00:23:19demande particulière
00:23:21pour rechercher
00:23:22autour de sa mort
00:23:23des raisons étranges
00:23:25c'est une mort naturelle
00:23:26conclut le médecin
00:23:27il est mort
00:23:28des suites d'une maladie
00:23:29mais il n'y a pas de raison
00:23:30d'essayer
00:23:31de trouver autre chose
00:23:33Qui signe
00:23:34le certificat d'EDC
00:23:36de Jean-Paul Zawadsky ?
00:23:37C'est le docteur
00:23:38Trouillard Perrault
00:23:39Olivier Joulin
00:23:48vous êtes
00:23:48le juge d'instruction
00:23:50qui a conduit
00:23:51toute cette affaire
00:23:51quand vous êtes saisi
00:23:53du dossier
00:23:53comme ça
00:23:55avec les premiers éléments
00:23:56qui vous sont
00:23:57livrés par les gendarmes
00:23:58qu'est-ce qui vous accroche ?
00:24:02En fait c'est très difficile
00:24:05au départ
00:24:06de ne pas penser
00:24:07que c'est une affaire
00:24:07extraordinaire
00:24:08parce qu'il y a
00:24:10des éléments
00:24:11qui relèvent
00:24:13du roman policier
00:24:13on a un médecin
00:24:16on a une femme
00:24:18qui serait sa maîtresse
00:24:20qui profiterait
00:24:22éventuellement
00:24:23d'une assurance vie
00:24:24on a l'armée
00:24:27une rumeur
00:24:29au sein de la base militaire
00:24:31mais en même temps
00:24:32il n'y a rien
00:24:33de véritablement solide
00:24:34et on a l'impression
00:24:35de
00:24:36pratiquement
00:24:38que c'est
00:24:40un coup de dé
00:24:41qui permettra
00:24:41de déterminer
00:24:43si c'est un assassinat
00:24:45ou si ce n'est pas
00:24:45un assassinat
00:24:46Sur quelles hypothèses
00:24:47vous êtes là
00:24:48au départ
00:24:48lorsque le dossier
00:24:50échoue sur votre bureau
00:24:51dans votre cabinet ?
00:24:53Eh bien
00:24:53logiquement
00:24:55on avait deux procédures
00:24:56possibles
00:24:56soit on partait
00:24:58sur une recherche
00:24:58des causes de la mort
00:24:59qui est une procédure
00:25:01qui donne relativement
00:25:02peu de latitude
00:25:03pour faire une enquête pénale
00:25:04soit on décide
00:25:06qu'a priori
00:25:07cette mort est suspecte
00:25:08et suffisamment suspecte
00:25:09pour qu'on qualifie
00:25:10le meurtre
00:25:10et donc c'est la qualification
00:25:12qui est choisie
00:25:13par le procureur
00:25:14de la République
00:25:15Donc pour vous
00:25:16dès le départ
00:25:17c'est cette piste là
00:25:18c'est la piste du meurtre ?
00:25:19Cette piste
00:25:20est la plus vraisemblable
00:25:21tout à fait
00:25:22On sait aussi
00:25:23je dirais
00:25:23d'expérience
00:25:24que
00:25:24si on ne va pas
00:25:26rapidement
00:25:27rechercher
00:25:28les éléments
00:25:29notamment chimiques
00:25:30puisque là
00:25:32le major
00:25:33a été
00:25:34enterré
00:25:35depuis
00:25:35plusieurs mois
00:25:36eh bien
00:25:38à ce moment là
00:25:38on n'aura
00:25:38plus aucun élément
00:25:39parce que l'empoisonnement
00:25:41c'est un crime
00:25:41qui peut être
00:25:42un crime parfait
00:25:42D'où votre première décision ?
00:25:44D'où la première décision
00:25:45de faire une exhumation
00:25:47et d'immédiatement
00:25:48de faire procéder
00:25:49à une autopsie
00:25:50du major Zawanski
00:25:512 juin 98
00:25:543 mois
00:25:55après le décès
00:25:56de Jean-Paul
00:25:57A 9h du matin
00:25:59les gendarmes
00:26:00arrivent au cimetière
00:26:00de Châteauneuf-sur-Cher
00:26:02pour exhumer le corps
00:26:03Les opérations
00:26:07débutent normalement
00:26:09les services
00:26:10des pompes funèbres
00:26:11commencent à
00:26:12bouger
00:26:13la pierre tombale
00:26:14quand un collègue
00:26:15que j'avais placé
00:26:16à l'entrée du cimetière
00:26:17me prévient
00:26:17qu'une dame
00:26:18veut venir se recueillir
00:26:19sur la tombe
00:26:20de son époux
00:26:20Cette dame
00:26:25est insistante
00:26:26donc je vais voir
00:26:27je vais voir
00:26:28ce qui se passe
00:26:28et puis là
00:26:29je me trouve
00:26:30face à une dame
00:26:30je lui demande
00:26:31son identité
00:26:31elle me dit se déclarer
00:26:33être l'épouse
00:26:34du major
00:26:35et venir se recueillir
00:26:36sur sa tombe
00:26:37A ce moment là
00:26:42on lui dit
00:26:43que nous sommes
00:26:44en train de procéder
00:26:45à des opérations
00:26:45d'exhumation
00:26:46que le corps
00:26:47de son époux
00:26:48va être autopsié
00:26:50afin de connaître
00:26:51réellement
00:26:51les causes
00:26:52de son décès
00:26:52A notre grande surprise
00:26:57cette dame
00:26:57n'a pas été prise
00:26:58de colère
00:26:59n'a pas été prise
00:27:00de...
00:27:01il n'y a pas eu
00:27:02de larmes
00:27:02il n'y a pas eu
00:27:02de tristesse
00:27:03ce qui aurait été
00:27:06une réaction
00:27:06tout à fait logique
00:27:07et normale
00:27:07non bien au contraire
00:27:09elle a été prise
00:27:09de vomissement
00:27:10elle nous a pratiquement
00:27:11vomis sur les pieds
00:27:11La présence de la veuve
00:27:14au pied de la tombe
00:27:15n'était pas prévue
00:27:16et maintenant
00:27:17qu'elle est au courant
00:27:18du soupçon
00:27:18qui pèse
00:27:19sur la mort
00:27:20de son mari
00:27:20qu'est-ce qu'on fait ?
00:27:23L'adjudant-chef
00:27:23téléphone immédiatement
00:27:25au juge d'instruction
00:27:26qui alerte
00:27:27la substitue du procureur
00:27:28Tout a été de ce fait
00:27:33précipité
00:27:35et il a fallu
00:27:37tout de suite
00:27:37décider
00:27:38que fait-on ?
00:27:40Est-ce qu'on l'entend ?
00:27:41Est-ce qu'on la laisse
00:27:42partir ?
00:27:44Il a été décidé
00:27:45de la garder
00:27:46pour l'entendre
00:27:47et son placement
00:27:48en garde à vue
00:27:49a été décidé
00:27:50ensuite
00:27:51très rapidement
00:27:52Nicole Zavatsky
00:27:55est emmenée
00:27:56à la gendarmerie
00:27:57d'Orléans
00:27:57car elle sait désormais
00:27:58qu'une enquête
00:27:59est ouverte
00:28:00La laisser partir
00:28:02ça serait courir le risque
00:28:03qu'elle prenne la fuite
00:28:04ou qu'elle prévienne
00:28:05le docteur Trouillard-Perrault
00:28:06voire même
00:28:07qu'elle se suicide
00:28:08et entraîne
00:28:09sa petite fille
00:28:09avec elle
00:28:10Il va donc falloir
00:28:12gérer tout
00:28:12en même temps
00:28:13l'autopsie
00:28:14et l'interrogatoire
00:28:16des suspects
00:28:16Le corps du major
00:28:19vient d'arriver
00:28:19à l'institut médico-légal
00:28:20de Paris
00:28:21Le juge d'instruction
00:28:23va assister
00:28:23à l'autopsie
00:28:24Pendant ce temps-là
00:28:26le docteur Trouillard-Perrault
00:28:28est immédiatement
00:28:28convoqué
00:28:29à la gendarmerie d'Orléans
00:28:30où Nicole Zavatsky
00:28:31a elle-même été conduite
00:28:32directement
00:28:33depuis le cimetière
00:28:35Les deux amants
00:28:38sont entendus
00:28:38séparément
00:28:40Nicole
00:28:41est interrogée
00:28:43la première
00:28:43Placée en garde à vue
00:28:48l'épouse du major
00:28:49tout à fait au début
00:28:51ne reconnaît pas
00:28:53avoir une liaison
00:28:54avec le médecin
00:28:54C'est son confident
00:28:57C'est son ami
00:28:59Le médecin expliquait
00:29:04les soins
00:29:05qu'il avait prodigués
00:29:06au major
00:29:07et indiquait
00:29:11avoir été amené
00:29:12à constater son décès
00:29:13et à établir
00:29:14le certificat de décès
00:29:15mais rien d'autre
00:29:16n'était autrement étonnant
00:29:19Le médecin n'a pas été surpris
00:29:22par cette mort subite
00:29:23et sa maîtresse non plus
00:29:25Lorsqu'on lui demande
00:29:30s'il y a la confiance
00:29:31à son médecin
00:29:32il a dit oui
00:29:32je lui fais confiance
00:29:33il m'a dit
00:29:34qu'il était décédé
00:29:35d'asphyxie
00:29:35que cette asphyxie
00:29:36avait été due
00:29:37à un malaise
00:29:37provoqué
00:29:38par une poussée
00:29:38de tension
00:29:39mais bon
00:29:40il m'a dit
00:29:40je n'en sais pas plus
00:29:42Nicole indiquait
00:29:43qu'au matin
00:29:44Jean-Paul s'était réveillé
00:29:46plutôt mieux
00:29:46que d'habitude
00:29:47moins fatigué
00:29:48qu'il avait demandé
00:29:49un petit déjeuner
00:29:52elle précisait
00:29:53je me souviens parfaitement
00:29:54de ses termes
00:29:54lui avoir servi
00:29:55un copieux petit déjeuner
00:29:57dans la matinée
00:29:58qu'il avait d'ailleurs
00:30:00mangé de bon appétit
00:30:02nous disait-elle
00:30:03Alors que l'autopsie
00:30:05est en cours
00:30:05Nicole n'hésite pas
00:30:07à donner ce genre
00:30:07de détails
00:30:08anecdotiques
00:30:10elle est plutôt bavard
00:30:12je ne sais pas
00:30:13si elle réalise
00:30:14ce qui est en train
00:30:15de se passer
00:30:15elle est sûre d'une chose
00:30:17c'est qu'elle va s'en aller
00:30:17que ça va être fini
00:30:18que voilà
00:30:20puis elle est là
00:30:21pour être entendue
00:30:22sur le décès
00:30:22de son mari
00:30:23elle ne sait pas
00:30:25que le médecin
00:30:25est à côté
00:30:25le médecin est à côté
00:30:28mais son interrogatoire
00:30:29ne fait pas avancer
00:30:30l'enquête
00:30:31et comme l'autopsie
00:30:32n'est toujours pas terminée
00:30:33les gendarmes
00:30:34envisagent même
00:30:35de le laisser partir
00:30:36ses patients l'attend
00:30:37ils appellent le juge
00:30:39d'instruction
00:30:40qui est toujours à Paris
00:30:41à la morgue
00:30:42le juge a pu
00:30:43tout de suite
00:30:44dire au gendarme
00:30:45non non
00:30:45vous ne levez pas
00:30:46la garde à vue
00:30:47il y a des choses
00:30:48qui sont en train
00:30:48de se dessiner
00:30:50pendant cette autopsie
00:30:51des constatations
00:30:52qui vont forcément
00:30:54apparaître
00:30:55et vous ne levez pas
00:30:56la garde à vue
00:30:57vous maintenez
00:30:58et nous reprenons contact
00:31:00dès que nous avons
00:31:00les premières conclusions
00:31:02des médecins
00:31:03en fin d'après-midi
00:31:05l'autopsie
00:31:07est terminée
00:31:08vous assistez
00:31:10à l'autopsie
00:31:11oui
00:31:12comment ça se passe
00:31:14du temps de l'exhumation
00:31:16jusqu'à
00:31:17l'acheminement
00:31:18du corps
00:31:19à Paris
00:31:19les gendarmes
00:31:21me renseignent
00:31:22pendant ce temps là
00:31:23sur ce qui se passe
00:31:24au niveau de leur enquête
00:31:25et ils apprennent
00:31:27de la part
00:31:29de Nicole Zawadsky
00:31:30que le matin
00:31:32de sa mort
00:31:33le major Zawadsky
00:31:34était en pleine santé
00:31:35qu'il avait pris
00:31:36un solide petit déjeuner
00:31:37et donc je dis
00:31:39au professeur Lecomte
00:31:40qu'est-ce que vous en pensez
00:31:41et le professeur Lecomte
00:31:42me dit
00:31:42c'est possible
00:31:44de voir au niveau
00:31:44de l'autopsie
00:31:45en faisant une dissection
00:31:46particulière
00:31:47du lobe inférieur
00:31:49du cerveau
00:31:50si
00:31:51avant sa mort
00:31:53il a eu
00:31:53un état précomateux
00:31:55ou si effectivement
00:31:57il est mort
00:31:57très brutalement
00:31:58ils font donc
00:31:58cet examen
00:31:59de la partie inférieure
00:32:00du cerveau
00:32:01et qui révèle
00:32:02une anoxie cérébrale
00:32:03c'est-à-dire
00:32:04c'est-à-dire
00:32:04en fait
00:32:05le cerveau
00:32:06à cet endroit
00:32:07là au lieu
00:32:08de comporter
00:32:09du sang
00:32:10est blanchi
00:32:11ce qui veut dire
00:32:12ce qui caractérise
00:32:13un état comateux
00:32:14donc il n'a pas pu
00:32:15prendre ce fameux
00:32:16petit déjeuner
00:32:17exactement
00:32:17et il n'était pas
00:32:19en pleine santé
00:32:20le jour de sa mort
00:32:21il était au contraire
00:32:22dans un état
00:32:23extrêmement alarmant
00:32:24qui aurait commandé
00:32:25qu'on appelle immédiatement
00:32:27le SAMU
00:32:28et sûrement pas
00:32:29uniquement le docteur
00:32:30Trouillard Perrault
00:32:31et qu'on le fasse
00:32:32hospitaliser
00:32:33à ce moment là
00:32:35vous sortez de l'autopsie
00:32:36oui
00:32:37avec la certitude
00:32:38que madame Zawadsky
00:32:39a menti
00:32:40et vous décidez
00:32:41de descendre à Orléans
00:32:43c'est ça tout de suite ?
00:32:44je commence par le docteur
00:32:45Trouillard Perrault
00:32:46je lui dis
00:32:47qu'il est placé
00:32:49en garde à vue
00:32:49sous mon autorité
00:32:51et que j'ai pris
00:32:52cette décision
00:32:53parce que pour moi
00:32:54soit c'est un mauvais médecin
00:32:56c'est à dire
00:32:57qu'il n'a pas pris
00:32:57la décision
00:32:58au bon moment
00:32:59de faire hospitaliser
00:33:00son patient
00:33:00ou il a été trompé
00:33:02par l'épouse
00:33:04de ce patient
00:33:05et que dans cette hypothèse là
00:33:07à mon avis
00:33:08il a failli
00:33:08et soit
00:33:09c'est un empoisonneur
00:33:10le juge a laissé
00:33:12le docteur Trouillard Perrault
00:33:13dans les mains
00:33:14des gendarmes
00:33:14celui-ci sait maintenant
00:33:16que le corps
00:33:17de Jean-Paul Zavatsky
00:33:18a été autopsié
00:33:20à partir de cet instant
00:33:23il est médecin
00:33:24il sait ce qui va se passer
00:33:25par la suite
00:33:25autopsie
00:33:26toxicologie
00:33:27donc toxicologie
00:33:28résultat d'analyse
00:33:29donc à partir de ce moment là
00:33:31il nous dit
00:33:31bon je vais vous raconter
00:33:32la vérité
00:33:33je vais vous dire
00:33:33vraiment ce qui s'est passé
00:33:34et il raconte
00:33:36l'inavoable
00:33:37non Jean-Paul
00:33:39n'est pas décédé
00:33:40de mort naturelle
00:33:41c'est lui
00:33:42le médecin
00:33:43qui a tué l'homme
00:33:44qu'il venait soigner
00:33:45il a mis son savoir médical
00:33:47au service d'un crime
00:33:48il a
00:33:49empoisonné
00:33:50le major
00:33:51un empoisonnement
00:33:54qui s'est échelonné
00:33:54sur un mois
00:33:56le médecin a fabriqué
00:33:57un cocktail explosif
00:33:59de plusieurs médicaments
00:34:00des médicaments ordinaires
00:34:02mais qui associés entre eux
00:34:04se sont avérés
00:34:05hautement toxiques
00:34:06un mois
00:34:08de manipulation
00:34:09de sirop
00:34:10d'injections
00:34:11de cachets
00:34:12de gélules
00:34:12qu'il a pilés
00:34:14trafiqués
00:34:15intervertis
00:34:16avant de les donner
00:34:17à Jean-Paul
00:34:18de février à mars
00:34:20Michel s'est acharné
00:34:21contre son patient
00:34:22et le docteur
00:34:23l'avoue au gendarme
00:34:24avec soulagement
00:34:25je crois que
00:34:29ça lui a fait du bien
00:34:30ça lui a fait du bien
00:34:31puisque son audition
00:34:32débute à 22h30
00:34:33et elle se terminera
00:34:34qu'à 4h30
00:34:35le lendemain matin
00:34:36et sans même
00:34:38trop lui poser de questions
00:34:39puisque bon
00:34:39c'était un monologue
00:34:41un long monologue
00:34:43assorti d'un préambule
00:34:45Michel veut bien
00:34:47tout expliquer
00:34:48tout raconter
00:34:49mais il veut commencer
00:34:50par le début
00:34:52c'est à dire
00:34:52par sa rencontre
00:34:54il y a 7 ans
00:34:56avec Nicole Zawadsky
00:34:58Nicole et Michel
00:35:04se sont connus
00:35:04je dirais
00:35:05tout naturellement
00:35:06comme médecins
00:35:07et patientes
00:35:08elle habitait
00:35:10dans la région
00:35:11elle l'a consultée
00:35:12comme médecins
00:35:13et ils se sont connus
00:35:14comme cela
00:35:15dès le premier instant
00:35:16il le dit
00:35:17et elle le dit
00:35:19également
00:35:19de son côté
00:35:20je crois qu'il y a eu
00:35:21effectivement
00:35:21un échange de regard
00:35:22je me souviens
00:35:23les mots employés
00:35:24par le docteur
00:35:25un échange de regard
00:35:26et vraiment
00:35:26le coup de foudre
00:35:27tout à fait romanesque
00:35:29j'allais dire
00:35:30le docteur est immédiatement
00:35:32touché par cette femme
00:35:33très déprimée
00:35:34on est en 91
00:35:36et le major Zawadsky
00:35:37est engagé
00:35:38dans la guerre du golfe
00:35:39il est parti pour plusieurs mois
00:35:40et sa femme se dit
00:35:41angoissée
00:35:42abandonnée
00:35:43et lui
00:35:45le médecin
00:35:46lui
00:35:47va la consoler
00:35:49elle venait voir
00:35:51le médecin
00:35:52très régulièrement
00:35:53plusieurs fois
00:35:54par semaine
00:35:55et ces liens
00:35:57qui se tissent
00:35:59à travers
00:35:59une relation professionnelle
00:36:01ont été doublés
00:36:03allez
00:36:04j'allais dire
00:36:06mais je crois
00:36:06qu'il faut le dire
00:36:07comme ça
00:36:07par l'amour
00:36:10du malheur
00:36:11qu'avait Michel
00:36:12entendons-nous
00:36:13l'amour du malheur
00:36:15comme quelque chose
00:36:17qu'il fallait
00:36:17stopper
00:36:19car il y a du malheur
00:36:23dans la vie
00:36:23de cette femme fragile
00:36:24un père
00:36:26qu'elle aimait
00:36:26et qui est mort
00:36:27un frère jumeau
00:36:29décédé à 15 ans
00:36:30Michel écoute
00:36:31il n'est plus le médecin
00:36:33il devient
00:36:33le confident
00:36:34l'ami
00:36:36et puis l'amant
00:36:37un amant
00:36:38amoureux fou
00:36:40un amant
00:36:42inquiet
00:36:43des coups de blouse
00:36:43de sa maîtresse
00:36:44il sent qu'il y a
00:36:45quelque chose
00:36:46dans sa vie
00:36:46dont elle n'ose pas
00:36:47lui parler
00:36:48jusqu'à ce qu'un jour
00:36:49Nicole
00:36:50ne réponde plus
00:36:52au téléphone
00:36:53le docteur
00:36:58est fou d'inquiétude
00:37:00il arrive
00:37:02il se présente
00:37:03au domicile
00:37:03de l'épouse du major
00:37:05à Sougy
00:37:06et là
00:37:06il la trouve
00:37:07prostrée
00:37:08je crois même
00:37:09qu'il dit
00:37:10elle est repliée
00:37:11sur elle-même
00:37:11en position fœtus
00:37:12il trouve
00:37:13effectivement
00:37:14Nicole
00:37:15prostrée
00:37:16par terre
00:37:17en chien de fusil
00:37:19recroquevillée
00:37:20sur elle
00:37:21souffrante
00:37:22douloureuse
00:37:23et il va
00:37:24essayer
00:37:25de lui
00:37:26arracher
00:37:27une explication
00:37:28peu à peu
00:37:30elle va lui expliquer
00:37:31qu'elle est victime
00:37:32de violences
00:37:33de la part
00:37:34de son mari
00:37:34puis de violences
00:37:37sexuelles
00:37:39puis
00:37:39elle va lui expliquer
00:37:41que ces violences
00:37:42sexuelles
00:37:43sont exercées
00:37:44sur elle
00:37:45à la fois
00:37:46par le mari
00:37:46et par certains amis
00:37:48de celui-ci
00:37:50puis
00:37:50elle va dire
00:37:51que ces violences
00:37:53parfois
00:37:54ces viols
00:37:56sont filmées
00:37:57par l'un des amis
00:37:59du mari
00:38:00il y a comme cela
00:38:01une explication
00:38:02lente
00:38:03et progressive
00:38:05et de plus en plus
00:38:06inquiétante
00:38:08sur ce qui se passe
00:38:10dans la vie
00:38:11de cette femme
00:38:11c'est ça
00:38:12que Michel
00:38:13va peu à peu
00:38:15apprendre d'elle
00:38:16le docteur découvre
00:38:18avec stupeur
00:38:19que Jean-Paul
00:38:20est un mari
00:38:20violent
00:38:21il en parle
00:38:23tout de suite
00:38:24à son oncle
00:38:26elle venait montrer
00:38:29à Michel
00:38:31les stigmates
00:38:34en quelque sorte
00:38:34de ses interventions
00:38:36militaires
00:38:38en quelque sorte
00:38:39elle était griffée
00:38:40au niveau du bas-ventre
00:38:42au niveau des organes génitaux
00:38:43etc
00:38:44il m'avait
00:38:45fait comprendre
00:38:46qu'il se sentait
00:38:48moralement
00:38:52obligé
00:38:53de protéger
00:38:54et de sauver
00:38:55le terme
00:38:56sauver
00:38:57a été utilisé
00:38:58de sauver
00:38:58cette femme
00:38:59sauver Nicole
00:39:01mais pas seulement
00:39:02car le major
00:39:03ne serait pas tendre
00:39:04non plus
00:39:05avec sa fille
00:39:05de 10 ans
00:39:06c'est en tout cas
00:39:07ce que Nicole
00:39:07raconte au docteur
00:39:08qui désormais
00:39:09s'inquiète aussi
00:39:10pour l'enfant
00:39:10il s'attache à elle
00:39:12et elle
00:39:13à lui
00:39:13la petite appelle
00:39:15le docteur
00:39:15toutouille
00:39:17très rapidement
00:39:19la fille de Nicole
00:39:21considère un peu
00:39:21Michel
00:39:22comme un père
00:39:23de substitution
00:39:23ça va être
00:39:24des petits mots
00:39:25affectueux
00:39:27des petits dessins
00:39:28les anniversaires
00:39:29qui ne sont jamais
00:39:30loupés
00:39:31quand il arrive
00:39:32on lui fait
00:39:32la fête
00:39:33et je crois que c'est ça
00:39:34c'est donc
00:39:35c'est une relation
00:39:36où il se sent
00:39:38effectivement
00:39:38totalement introduit
00:39:40dans cette famille
00:39:40le docteur
00:39:43gagne aussi
00:39:44l'affection
00:39:45des autres membres
00:39:46de la famille
00:39:47de Nicole
00:39:48elle a notamment
00:39:51une tante Julie
00:39:52qui joue un rôle
00:39:53très important
00:39:54tante Julie
00:39:55qui est omniprésente
00:39:56et que
00:39:57Michel
00:39:58a au téléphone
00:39:59régulièrement
00:39:59et c'est important
00:40:01parce qu'une certaine
00:40:02complicité
00:40:03se noue
00:40:03entre cette tante Julie
00:40:05et Michel
00:40:06la tante Julie
00:40:08téléphone souvent
00:40:09au médecin
00:40:10et elle lui raconte
00:40:11qu'un jour
00:40:11Jean-Paul fou de rage
00:40:12lui a cassé le bras
00:40:13du coup
00:40:14elle s'inquiète
00:40:15terriblement
00:40:16pour sa nièce
00:40:16Nicole
00:40:19elle
00:40:19paraît au bout du rouleau
00:40:21de plus en plus fragile
00:40:23et de plus en plus
00:40:24dépendante
00:40:25du docteur
00:40:26qu'elle appelle
00:40:27jour
00:40:28et nuit
00:40:30à 3h du matin
00:40:36son portable sonne
00:40:37et puis
00:40:37c'est elle
00:40:38qui est au téléphone
00:40:39et elle peut le garder
00:40:40une heure
00:40:41deux heures au téléphone
00:40:42elle se plaint
00:40:44elle se plaint
00:40:44elle se plaint
00:40:45de son mari
00:40:45elle se plaint
00:40:46elle a encore été frappée
00:40:47elle a encore été violentée
00:40:49c'est sans arrêt
00:40:50à chaque fois
00:40:51c'est comme ça
00:40:51cette femme téléphonait
00:40:53à Michel
00:40:53très très très fréquemment
00:40:55les notes de téléphone
00:40:56étaient absolument
00:40:57faramineuses
00:40:58on aboutissait
00:41:00ça c'est lui
00:41:01qui me l'avait dit
00:41:02jusqu'à 25 à 30 fois
00:41:04par nuit
00:41:04donc vous imaginez
00:41:07ce que peut être
00:41:08la qualité
00:41:09du sommeil
00:41:10de quelqu'un
00:41:11qui fait une journée
00:41:12de travail
00:41:13d'une douzaine d'heures
00:41:14qui a besoin
00:41:16de repos
00:41:16et qui est réveillé
00:41:17toutes les 10 ou 15
00:41:18toutes les 10 minutes
00:41:20ou tous les quarts d'heure
00:41:20par un appel téléphonique
00:41:22auquel il est obligé
00:41:23de répondre
00:41:24mais comment ne pas
00:41:26compatir au sort
00:41:27de cette femme
00:41:27le docteur vit
00:41:29dans une angoisse
00:41:29permanente
00:41:30terrifié à l'idée
00:41:31qu'il lui arrive
00:41:32quelque chose
00:41:32plus le temps passe
00:41:34et plus il est comme
00:41:35submergé par sa souffrance
00:41:37ses patients
00:41:39ne le reconnaissent plus
00:41:40ces gens m'ont dit
00:41:44dans les derniers mois
00:41:46voire la dernière année
00:41:48de son exercice professionnel
00:41:49Michel n'était plus
00:41:51le Michel que nous avions connu
00:41:52il n'était plus
00:41:53lui-même
00:41:54il était fatigué
00:41:56physiquement
00:41:57il était fatigué
00:41:59psychologiquement
00:42:01il ne nous écoutait plus
00:42:02quand on lui exposait
00:42:05le motif de notre consultation
00:42:07et on sentait que professionnellement
00:42:13il n'était plus du tout
00:42:14à ce qu'il faisait
00:42:15le médecin d'orgère en bosse
00:42:19ne s'intéresse plus
00:42:21qu'à une seule patiente
00:42:23Nicole Zawadsky
00:42:24la femme du major
00:42:27voilà ce que le docteur
00:42:31Trouillard Perrault raconte
00:42:33au gendarme qui l'interroge
00:42:34au moment de la mort
00:42:35de Jean-Paul
00:42:35ça fait 7 ans
00:42:36qu'il est l'amant de Nicole
00:42:377 ans que jour après jour
00:42:39elle est arrivée à le convaincre
00:42:40que son mari est un sale type
00:42:42violent et cruel
00:42:43petit à petit
00:42:44Michel est comme envoûté par Nicole
00:42:46au point que le médecin
00:42:47finit par divorce
00:42:48et il laisse sa femme
00:42:50et ses 3 enfants
00:42:51et très vite
00:42:52pour Michel comme pour Nicole
00:42:53ça n'est plus vivable
00:42:54Jean-Paul est le dernier obstacle
00:42:56à leur amour fusionnel
00:42:57à chaque retour de son mari
00:43:01Nicole affolée
00:43:03appelle Michel
00:43:04il a recommencé
00:43:06à me frapper
00:43:06dit-elle
00:43:07un jour
00:43:08elle décide
00:43:09de porter plainte
00:43:10au commissariat de Bourges
00:43:11et de lancer
00:43:13une procédure de divorce
00:43:14contre cet homme
00:43:15qui la bat
00:43:16mais
00:43:17dit-elle à son amant
00:43:18les formalités
00:43:19traînent désespérément
00:43:21et les violences
00:43:22elle
00:43:22s'intensifient
00:43:24le climat se dégrade
00:43:28au point que la fille
00:43:29de Nicole
00:43:29écrit des petits mots
00:43:30au médecin
00:43:31à son toutouille
00:43:32presque des appels au secours
00:43:34elle lui parle de sa mère
00:43:35je voudrais qu'on ne lui fasse
00:43:37plus de mal
00:43:37et que tu la soignes
00:43:38l'enfant
00:43:40s'inquiète pour sa mère
00:43:42il y avait la tante
00:43:46de l'autre côté
00:43:48de Nicole
00:43:49qui appelait le médecin
00:43:51en lui demandant
00:43:53de venir à l'aide
00:43:54de sa nièce persécutée
00:43:56et plus que ça
00:43:58c'est que la tante Julie
00:43:58lui dit
00:43:59on compte sur vous
00:44:00vous êtes médecin
00:44:02vous êtes son ami
00:44:02sans vous
00:44:04c'est terminé
00:44:04on compte sur vous
00:44:05on compte sur lui
00:44:09oui mais
00:44:11que faire
00:44:13il avait le sentiment
00:44:16que tout ce qui était fait
00:44:18à côté
00:44:19les plaintes judiciaires
00:44:22la tentative
00:44:24de raisonner le mari
00:44:26rien n'aboutissait
00:44:27ni les plaintes
00:44:28pour cous et blessures
00:44:29séquestration
00:44:30violence sexuelle
00:44:31ni le divorce
00:44:32qui avait été tenté
00:44:33et peu à peu
00:44:34l'étau se resserrait
00:44:36il lui apparaissait
00:44:37que la seule solution
00:44:39était de supprimer
00:44:40le mari de Nicole
00:44:41l'idée du docteur
00:44:45c'est le chlorure
00:44:46de potassium
00:44:47une injection massive
00:44:49qui provoque
00:44:49une mort
00:44:50immédiate
00:44:51le médecin en parle
00:44:53à Nicole
00:44:54elle accepte
00:44:55après un retour
00:44:58de mission
00:44:58Jean-Paul se met
00:44:59à tousser
00:45:00c'est l'occasion
00:45:01de passer à l'action
00:45:01Nicole achète un sirop
00:45:04et verse dedans
00:45:06un mélange
00:45:06concocté par Michel
00:45:07un neuroleptique
00:45:09et un anxiolytique
00:45:11objectif
00:45:12endormir le major
00:45:13l'assommer
00:45:14pour lui injecter
00:45:14ensuite
00:45:15le chlorure
00:45:16de potassium
00:45:17nous sommes
00:45:20le 11 février
00:45:2098
00:45:21Nicole appelle
00:45:22le docteur
00:45:23qui arrive à Sougy
00:45:24pour faire l'injection
00:45:25le major
00:45:29il est en parfaite santé
00:45:30alors
00:45:30quand on lui donne
00:45:31les deux produits
00:45:32censés endormir
00:45:33n'importe lequel d'entre nous
00:45:34vous vous dormirez
00:45:34moi aussi
00:45:35lui il dort pas
00:45:36en tout cas
00:45:37pas suffisamment
00:45:38et alors là
00:45:38le médecin
00:45:39qui a
00:45:40cette force extraordinaire
00:45:42de vouloir sauver sa belle
00:45:43quand il est face à l'homme
00:45:44qui est juste endormi
00:45:45mais pas complètement
00:45:46et bien il va pas jusqu'au bout
00:45:48il a même pas la force
00:45:49de faire ce qu'il a décidé de faire
00:45:50il peut pas regarder
00:45:51celui qu'il va tuer
00:45:52dans les yeux
00:45:53Michel rentre chez lui
00:45:55mais il revient un peu plus tard
00:45:57et tente une deuxième fois
00:45:59d'endormir Jean-Paul
00:46:00sans succès
00:46:01il essaye alors
00:46:03de l'empoisonner
00:46:04à la digitaline
00:46:05le 14 février
00:46:08Jean-Paul est pris
00:46:09de vomissement
00:46:09de diarrhée
00:46:10il a les yeux rouges
00:46:12Nicole
00:46:13rappelle le médecin
00:46:15au chevet du malade
00:46:16le docteur fait alors
00:46:20une piqûre
00:46:21censée calmer
00:46:22ses problèmes aux yeux
00:46:23sauf que dans la seringue
00:46:25il y a du chlorure
00:46:26de potassium
00:46:27mais le major
00:46:29Zavatsky résiste
00:46:31le docteur lui prescrit
00:46:32alors des gélules
00:46:33qui provoquent
00:46:34des troubles cardiaques
00:46:35mais le major
00:46:36de constitution exceptionnel
00:46:38ne flanche toujours pas
00:46:39mais il se sent patraque
00:46:42le 19 février
00:46:44il se présente à la base
00:46:46il vient demander
00:46:47une permission
00:46:48pour pouvoir se reposer
00:46:49permission
00:46:51accordée
00:46:53lorsqu'il va se rendre
00:46:56sur la base
00:46:57et qu'on va d'ailleurs
00:46:57lui faire des réflexions
00:46:58sur les yeux rouges
00:46:59sur le fait
00:46:59qu'il a l'air fatigué
00:47:00il ne va pas vouloir
00:47:02rencontrer les médecins
00:47:03il ne va pas vouloir
00:47:04demander conseil
00:47:05parce qu'il aura peur
00:47:07qu'on découvre
00:47:07quelque chose
00:47:08qui l'empêche
00:47:08éventuellement de partir
00:47:09et il va continuer
00:47:11à se faire suivre
00:47:12l'histoire nous apprendra
00:47:14qu'il a bien eu tort
00:47:15par le médecin de famille
00:47:17et puisque Jean-Paul
00:47:19fatigué
00:47:20se sent anxieux
00:47:22le médecin de famille
00:47:23lui prescrit
00:47:23du magnésium
00:47:24sauf qu'il remplace
00:47:26le vrai magnésium
00:47:27par deux médicaments
00:47:28qu'il réduit en poudre
00:47:29un bêta bloquant
00:47:31et un anti-arythmique
00:47:32un cocktail explosif
00:47:34puisque l'association
00:47:35de ces deux produits
00:47:36est toxique
00:47:37les manipulations
00:47:39vont prendre des heures
00:47:40il ne reste plus
00:47:42qu'à attendre le résultat
00:47:44ça va être un professionnel
00:47:47de haut vol
00:47:47il va tout vérifier
00:47:49il va vérifier le pouls
00:47:50il va faire des analyses
00:47:51il va prendre la température
00:47:53il va demander
00:47:54si les médicaments
00:47:55ont été bien pris
00:47:56dans tel sens
00:47:56ou dans tel autre
00:47:57si ça a bien été pris
00:47:58le matin ou l'après-midi
00:47:59en un mot
00:48:00il va vérifier
00:48:01que son diagnostic
00:48:03que sa prescription
00:48:04correspondent bien
00:48:06à ce qu'il a décidé
00:48:07il est le professionnel
00:48:09du crime
00:48:09mais le majeur
00:48:12est toujours d'aplomb
00:48:14Nicole rappelle le médecin
00:48:17elle lui dit
00:48:19mais moi je ne crois plus
00:48:19en la médecine
00:48:20c'est l'effet inverse
00:48:22quand on croit en la médecine
00:48:24c'est pour guérir
00:48:24c'est pas pour tuer
00:48:25et elle dit
00:48:26je ne crois plus
00:48:27en la médecine
00:48:27c'est lui ou c'est moi
00:48:29moi je n'en peux plus
00:48:30je vais finir par me suicider
00:48:31c'est ce qui va certainement
00:48:34pousser le médecin
00:48:34à faire une quatrième
00:48:36combinaison médicamenteuse
00:48:37laquelle combinaison sera fatale
00:48:39le 4 mars
00:48:42le docteur Trouillard Perrault
00:48:43remplace le magnésium
00:48:45par un hypoglycémian
00:48:46deux jours plus tard
00:48:49Jean-Paul a des sueurs
00:48:51il se couche
00:48:52et sombre progressivement
00:48:54dans le coma
00:48:55le 11 mars
00:48:58à 10h
00:48:59le médecin revient à Sougy
00:49:01il décide de faire au militaire
00:49:03une piqûre d'insuline
00:49:05afin de rendre le coma
00:49:07irréversible
00:49:09puis le médecin
00:49:11emmène Nicole
00:49:12et sa fille
00:49:13tout le monde
00:49:17s'en va manger
00:49:18au domicile du médecin
00:49:19puisque
00:49:20la situation
00:49:22devient insoutenable
00:49:23donc le médecin
00:49:25regagne son domicile
00:49:26l'épouse du major
00:49:27ainsi que la fille du major
00:49:29l'accompagnent
00:49:31lorsque Nicole revient
00:49:33vers 14h
00:49:34Jean-Paul
00:49:35est mort
00:49:37il est mort seul
00:49:39tandis que sa femme
00:49:40et son amant
00:49:41déjeunaient tranquillement
00:49:42voilà le récit
00:49:46du docteur Trouillard Perrault
00:49:47placé en garde à vue
00:49:48à la gendarmerie d'Orléans
00:49:49lorsque son audition
00:49:51se termine
00:49:52à 4h30 du matin
00:49:53il est effondré
00:49:56il nous explique
00:49:59qu'il a fait une grosse bêtise
00:50:00qu'il a mis sa vie
00:50:01qu'il a fichu sa vie en l'air
00:50:02qu'il a tout fait
00:50:04pour cette femme
00:50:05qu'il l'aimait
00:50:07qu'il en était amoureux fou
00:50:08il nous cite même
00:50:10une phrase
00:50:10à la fin de
00:50:11à la fin de son audition
00:50:13qu'il a agi ainsi
00:50:14parce que ça aurait été
00:50:15une non-assistance
00:50:15à personne aimée en danger
00:50:17il pleure
00:50:18il pleure même
00:50:19il va pleurer
00:50:20en fin de garde à vue
00:50:21tandis que
00:50:24l'épouse du major
00:50:25non
00:50:25moi je ne l'ai jamais vue
00:50:26vers une largue
00:50:26il n'a jamais pleuré
00:50:28le docteur Trouillard Perrault
00:50:36l'amant de Nicole
00:50:37vient de raconter
00:50:38aux gendarmes
00:50:38pourquoi et comment
00:50:39ils ont tué le major
00:50:41pourquoi
00:50:41parce qu'il battait Nicole
00:50:43parce qu'il était
00:50:43un mauvais mari
00:50:44et un mauvais père
00:50:45comment
00:50:46en lui préparant
00:50:47par 4 fois
00:50:48des cocktails de médicaments
00:50:49alors on peut imaginer
00:50:51qu'après avoir entendu
00:50:52ce récit
00:50:52les gendarmes sont partagés
00:50:54certes
00:50:55le docteur est un assassin
00:50:56mais la victime
00:50:57telle qu'en parle
00:50:58le médecin
00:50:59était un salopard
00:51:00si ce qu'il a raconté
00:51:02est vrai
00:51:03maintenant il est temps
00:51:05d'interroger
00:51:05Nicole Zawadsky
00:51:06les gendarmes
00:51:08s'interrogent
00:51:09sur son rôle
00:51:10et alors qu'est-ce qu'elle
00:51:12leur dit elle
00:51:12donc au début
00:51:14Nicole Zawadsky
00:51:15ne dit rien
00:51:16elle ne va
00:51:17effectivement
00:51:18reconnaître
00:51:19avoir participé
00:51:20aux faits
00:51:21que lorsque
00:51:22les gendarmes
00:51:22lui révéleront
00:51:23et c'est à 5h du matin
00:51:24que
00:51:25le docteur Trouillard Perrault
00:51:27est également en garde à vue
00:51:28et qu'il a reconnu
00:51:29l'intégralité des faits
00:51:31et là elle craque
00:51:31elle craque
00:51:33elle dit
00:51:33elle a une phrase
00:51:36extrêmement brève
00:51:37et les gendarmes
00:51:38n'en sauront pas plus
00:51:39sur le fait que son mari
00:51:40était brutal avec elle
00:51:41mais qu'elle ne veut pas
00:51:41salir sa mémoire
00:51:42et elle reconnaît
00:51:44qu'elle a participé
00:51:45et qu'elle savait
00:51:45que le docteur Trouillard Perrault
00:51:47l'empoisonnait
00:51:48et qu'elle a participé
00:51:49à cet empoisonnement
00:51:50et elle vous est livrée
00:51:51au palais de justice
00:51:53dans votre cabinet
00:51:54pour l'inculpation
00:51:56exactement
00:51:57et alors là
00:51:57qu'est-ce que vous faites
00:51:58vous la réinterrogez complètement
00:51:59ses premières déclarations
00:52:00peut-être avec les conseils
00:52:01de son avocate
00:52:02sont très limitées
00:52:03elle se contente de dire
00:52:05je confirme ce que j'ai dit
00:52:06au gendarme
00:52:07j'ai effectivement
00:52:08participé au fait
00:52:10ce n'est qu'un interrogatoire
00:52:12suivant
00:52:13où elle va totalement
00:52:14changer de position
00:52:15et où elle va dire
00:52:16c'est faux
00:52:17je n'ai rien fait
00:52:18en réalité
00:52:19le docteur Trouillard Perrault
00:52:21a empoisonné mon mari
00:52:23totalement à mon insu
00:52:24il savait que j'allais le quitter
00:52:26il a voulu supprimer
00:52:28son rival en réalité
00:52:29et il l'a fait à mon insu
00:52:32simplement le jour
00:52:33de la mort de mon mari
00:52:34il m'a expliqué
00:52:35ce qu'il avait fait
00:52:36et il m'a imposé
00:52:39de faire
00:52:39si jamais nous étions arrêtés
00:52:41des déclarations
00:52:42dans le sens
00:52:42que j'étais sa complice
00:52:43et vous la croyez ?
00:52:46à ce stade là
00:52:47puisque ça fait déjà
00:52:48quelques semaines
00:52:49que je travaille sur le dossier
00:52:50je sais qu'il est très difficile
00:52:52de croire
00:52:53ce que dit
00:52:53Nicole Zavatsky
00:52:55l'enquête devra déterminer
00:52:59si le docteur a agi seul
00:53:00comme l'affirme
00:53:01Nicole Zavatsky
00:53:02ou si celle-ci
00:53:03a participé
00:53:04pendant un mois
00:53:05à l'empoisonnement
00:53:06de son mari
00:53:07pour en savoir plus
00:53:09les gendarmes procèdent
00:53:11à la perquisition
00:53:12de la maison
00:53:12du couple Zavatsky
00:53:14dans la fameuse
00:53:20voiture de luxe
00:53:21achetée quelques semaines
00:53:22après son décès
00:53:23ils saisissent
00:53:24des lettres de créanciers
00:53:25des relances
00:53:26du trésor public
00:53:26d'organismes de crédit
00:53:28de banque
00:53:29d'huissiers
00:53:30confirmation
00:53:33que le couple
00:53:34était bien couvert
00:53:35de dettes
00:53:35pire qu'il était
00:53:36aux abois
00:53:37et menacé
00:53:38de poursuites judiciaires
00:53:40au cabinet du médecin
00:53:46on ne retrouve
00:53:47aucune trace
00:53:47des médicaments
00:53:48employés
00:53:49pour tuer le militaire
00:53:50par contre
00:53:51les gendarmes
00:53:52trouvent des dessins
00:53:52de la petite fille
00:53:53de Nicole et Jean-Paul
00:53:54de petits mots
00:53:55affectueux
00:53:56qu'elle a adressés
00:53:57à toutouille
00:54:00Dominique
00:54:03le juge d'instruction
00:54:04va demander
00:54:05une expertise
00:54:06graphologique
00:54:07des dessins
00:54:08censés
00:54:09avoir été réalisés
00:54:10par la petite fille
00:54:12de Nicole et Jean-Paul
00:54:12c'est donc qu'il a un doute
00:54:14il a un doute Christophe
00:54:15il veut savoir
00:54:16si ces jolis dessins
00:54:17d'enfants
00:54:17retrouvés
00:54:18chez le docteur
00:54:19Trouillard Perrault
00:54:20ont vraiment été réalisés
00:54:21par la fille
00:54:22de Nicole
00:54:23alors est-ce qu'elle
00:54:25les a vraiment fait
00:54:26elle-même
00:54:26est-ce qu'on lui a
00:54:28soufflé le texte
00:54:30de ces petites lettres
00:54:31ou bien
00:54:31est-ce qu'on les a écrites
00:54:33ces lettres
00:54:33à sa place
00:54:34alors que dit
00:54:35l'expertise graphologique
00:54:37il fait appel
00:54:37à une graphologue
00:54:38c'est ça ?
00:54:38il fait appel
00:54:39à une graphologue
00:54:39qui s'appelle
00:54:40Gracienne de Saint-Victor
00:54:41et qui va utiliser
00:54:43ses dessins
00:54:44retrouvés
00:54:45chez le médecin
00:54:46et les comparer
00:54:47à des originaux
00:54:48c'est-à-dire
00:54:48à l'écriture originale
00:54:49de la petite fille
00:54:50à travers
00:54:51ses cahiers
00:54:52d'écolière
00:54:53à travers
00:54:53des petits mots
00:54:54qu'elle a laissés
00:54:55à sa maman
00:54:56à son papa
00:54:57avec des dessins
00:54:58aussi
00:54:58résultat ?
00:54:59résultat
00:55:00l'expertise dit
00:55:01les mots retrouvés
00:55:03chez le médecin
00:55:03ne sont pas
00:55:04de la main de la fillette
00:55:05ils ne sont pas
00:55:07de la main de la fillette ?
00:55:07non
00:55:07ni les dessins
00:55:08ça n'est pas non plus
00:55:10son style ?
00:55:10non
00:55:11donc l'expert
00:55:12va rechercher
00:55:13plus avant
00:55:14et soumettre
00:55:16au test
00:55:16de la dictée
00:55:17le docteur
00:55:19Trouillard Perrault
00:55:20et la maman
00:55:21de la petite
00:55:21pour avoir
00:55:22des éléments
00:55:23de comparaison
00:55:24il va comparer
00:55:25leur écriture
00:55:26à tous les deux
00:55:27à celle
00:55:29des dessins retrouvés
00:55:30et alors ?
00:55:32et alors
00:55:32l'expert écrit
00:55:33Nicole Zavatsky
00:55:34est l'auteur des dessins
00:55:35et des petits mots
00:55:36retrouvés chez le médecin
00:55:38c'est-à-dire qu'elle a
00:55:39tenté d'imiter sa fille ?
00:55:40elle a tenté d'imiter sa fille
00:55:42elle a fait des dessins
00:55:43qu'elle a voulu faire passer
00:55:44pour des dessins de sa fille
00:55:45et l'expert écrit
00:55:47que Nicole Zavatsky
00:55:48a une aptitude
00:55:49à changer de graphisme
00:55:50il peut transformer son écriture
00:55:52parce que c'est quand même
00:55:53très très bien imité
00:55:54et d'expression
00:55:55ça traduit le flottement
00:55:57les volte-face
00:55:58d'une personnalité
00:55:59sans référence stable
00:56:00voilà ce que dit l'expert
00:56:02c'est terrible
00:56:10ce que vient de découvrir
00:56:11le juge d'instruction
00:56:12Nicole Zavatsky
00:56:14manipulait sa fille
00:56:15Nicole Zavatsky
00:56:17mentait
00:56:18à son amant
00:56:19alors si elle a menti un peu
00:56:21elle a peut-être menti
00:56:22tout le temps
00:56:24mais qui est vraiment
00:56:25Nicole Zavatsky
00:56:26Nicole a grandi
00:56:30dans le Cher
00:56:31fille d'agriculteur
00:56:32enfonce banale
00:56:33dans un milieu rural
00:56:34qui ne l'attire pas
00:56:35elle a envie d'autre chose
00:56:38alors elle passe
00:56:39un BEP de secrétariat
00:56:40après son mariage
00:56:44avec Jean-Paul Zavatsky
00:56:45elle travaille dans un foyer
00:56:47pour personnes âgées
00:56:48elle est très appréciée
00:56:49par ses collègues
00:56:50Annie se souvient bien
00:56:52de cette femme fragile
00:56:53qui n'était pas très chanceuse
00:56:55Nicole est arrivée
00:56:57un matin
00:56:58très très en pleurs
00:57:00et donc très déprimée
00:57:02et elle nous a annoncé
00:57:04qu'elle était atteinte
00:57:06d'un cancer du sein
00:57:07et qu'il fallait qu'elle
00:57:10suive une thérapie
00:57:13et que voilà
00:57:15donc elle était
00:57:15un petit peu catastrophée
00:57:16Nicole se fait soigner
00:57:18et guérit
00:57:19mais maintenant
00:57:20c'est sa mère
00:57:21qui a un cancer
00:57:22et qui meurt
00:57:23et son père
00:57:24qui se suicide
00:57:25de chagrin
00:57:25et quelques temps après
00:57:27il y a eu
00:57:27la mort du frère
00:57:30qui lui a été
00:57:31tué
00:57:32en Italie
00:57:33parce qu'il était
00:57:34inspecteur de police
00:57:35et il a été tué
00:57:36en Italie
00:57:37parce qu'il faisait
00:57:38une enquête
00:57:38sur
00:57:39la mafia italienne
00:57:41ça fait beaucoup de morts
00:57:43tout ça
00:57:43et puis c'est embêtant
00:57:45toutes ces absences
00:57:46pour cause d'enterrement
00:57:47embêtant parce que
00:57:49Nicole est la
00:57:49directrice de ce foyer
00:57:51en tout cas
00:57:52c'est ce qu'elle a dit
00:57:53à son mari
00:57:53non non
00:57:54elle n'était pas du tout
00:57:55directrice de l'établissement
00:57:56non non
00:57:56non non
00:57:57elle n'était que secrétaire
00:57:58mais alors
00:58:00et les parents décédés
00:58:02ben non
00:58:02les parents n'étaient pas décédés
00:58:03puisque
00:58:04puisque ses parents
00:58:05on est allés
00:58:06on est allés les voir
00:58:07on a pris contact avec eux
00:58:08on les a même entendus
00:58:09non tout ça
00:58:11mais ce n'était que mensonge
00:58:12mensonge aussi
00:58:13le cancer du sein de Nicole
00:58:14mensonge parmi
00:58:16une multitude d'autres
00:58:17l'univers Nicole
00:58:20c'est Alice au pays des merveilles
00:58:22sauf que
00:58:23le lapin est beaucoup moins sympathique
00:58:24vous avez un âne
00:58:26qui se fait décapiter
00:58:27dont la tête se retrouve
00:58:29sur le bureau
00:58:30elle avait un âne là-bas
00:58:31dans sa propriété
00:58:32du département du Cher
00:58:33et son mari
00:58:34pour se venger
00:58:35lui aurait décapité l'âne
00:58:36donc on a fait
00:58:36également des vérifications
00:58:38d'abord
00:58:38elle n'a jamais eu
00:58:39de propriété
00:58:40puisqu'elle se disait
00:58:41à la tête d'une propriété
00:58:42elle n'a jamais eu de propriété
00:58:44elle n'a jamais eu d'âne
00:58:44le problème c'est que l'âne
00:58:47la propriété
00:58:48le frère mort
00:58:48ou les parents décédés
00:58:50tout ça
00:58:50le docteur
00:58:51y a cru
00:58:52tout comme un jour
00:58:54il a cru avoir rendez-vous
00:58:55à Saint-Doulchar
00:58:56près de Bourges
00:58:57avec la fameuse
00:58:58tante Julie
00:58:59rendez-vous est pris
00:59:01et au rendez-vous
00:59:02elle ne vient pas
00:59:03et elle lui expliquera
00:59:05que ce rendez-vous
00:59:07n'a pas pu avoir
00:59:08de suite
00:59:09car ce jour-là
00:59:10coïncidence fâcheuse
00:59:14et tragique
00:59:15le mari de la tante Julie
00:59:17était décédé
00:59:19et il ne verra jamais
00:59:20la tante Julie
00:59:21pour la bonne raison
00:59:23que la tante Julie
00:59:24celle qui appelait
00:59:25le docteur
00:59:25plusieurs fois par semaine
00:59:26qui lui parlait
00:59:27de son chien
00:59:28Cabochard
00:59:29de son mari
00:59:30Julien
00:59:30et bien sûr
00:59:31de Nicole
00:59:32et bien cette tante-là
00:59:33n'a jamais existé
00:59:36les vérifications
00:59:37sur la tante Julie
00:59:38ont été simples à faire
00:59:39puisqu'il suffisait
00:59:40de se transporter
00:59:40dans le département du Cher
00:59:41de prendre contact
00:59:43avec la famille
00:59:45de l'épouse du major
00:59:46et puis de savoir
00:59:47que cette tante Julie
00:59:48n'avait jamais existé
00:59:49les parents semblaient
00:59:51ne comprenaient plus
00:59:52ne retrouvaient plus
00:59:55leur fille
00:59:56dans tous ces mensonges
00:59:57Pourquoi ces mensonges ?
00:59:59Les psychiatres
01:00:00nommés pendant l'instruction
01:00:01découvrent une personnalité
01:00:03très complexe
01:00:04menteuse bien sûr
01:00:05mais pas seulement
01:00:06ces mensonges
01:00:07sont utilitaires
01:00:09ils ont pour vocation
01:00:10de manipuler
01:00:11c'est l'outil
01:00:13des pervers
01:00:14Ce sont des personnalités
01:00:21qui ont un énorme vide
01:00:22en elles
01:00:23et qui ont besoin
01:00:24d'aspirer les autres
01:00:26d'aller prendre
01:00:27chez les autres
01:00:28les éléments
01:00:29les plus intéressants
01:00:30les plus vivants
01:00:30et qui de ce fait
01:00:32manipulent
01:00:34et deviennent
01:00:35mythomanes
01:00:37Nicole a incontestablement
01:00:38une capacité
01:00:39de manipulation
01:00:40très importante
01:00:41elle a un petit peu
01:00:42le génie
01:00:42de mettre en place
01:00:43des situations
01:00:44de déplacer
01:00:45les pions
01:00:46sur son échiquier
01:00:47de déclencher
01:00:49chez les gens
01:00:49des comportements
01:00:50qui leur sont
01:00:52parfois étrangers
01:00:53mais face auxquels
01:00:56elle a une certaine
01:00:58fascination
01:00:58et une certaine
01:00:59jouissance
01:00:59et je dois dire
01:01:00que dans le grand
01:01:01nombre d'expertises
01:01:02que j'ai réalisées
01:01:03je n'ai pas souvent
01:01:05rencontré de gens
01:01:06dotés d'une telle
01:01:07capacité de manipulation
01:01:08Nicole a manipulé
01:01:10son amant
01:01:11à coups de petits mots
01:01:12inquiets
01:01:12soi-disant
01:01:13écrits par sa fille
01:01:14ou d'appels
01:01:15angoissés
01:01:15de la tante Julie
01:01:16elle voulait
01:01:17accabler le médecin
01:01:18par cette mise
01:01:19en scène
01:01:19insistante
01:01:20pour faire émerger
01:01:21en lui
01:01:21une certitude
01:01:22il faut sauver
01:01:24cette femme fragile
01:01:25il faut la débarrasser
01:01:26de ce mari violent
01:01:28sauf que
01:01:30Jean-Paul n'a jamais
01:01:32été violent
01:01:33on n'a aucune trace
01:01:35matérielle de violence
01:01:36elle a raconté
01:01:37des histoires
01:01:37comme pour le reste
01:01:38Jean-Paul n'était pas violent
01:01:40il faut que ça se sache
01:01:40Jean-Paul n'a jamais
01:01:42été violent
01:01:42ce qui nous a conforté
01:01:44dans le fait
01:01:44que le major
01:01:46n'était pas quelqu'un
01:01:46de violent
01:01:47envers son épouse
01:01:47c'est que
01:01:48face à tous les mensonges
01:01:51qui ont été annoncés
01:01:52par son épouse
01:01:53non
01:01:55son entourage
01:01:58d'ailleurs
01:01:58jamais personne
01:01:59ne l'a décrit
01:01:59comme quelqu'un
01:02:00de violent
01:02:00il y a des choses
01:02:01qu'on ne peut pas
01:02:01cacher dans la vie
01:02:02Jean-Paul
01:02:03Jean-Paul était quelqu'un
01:02:04qui était
01:02:04très calme
01:02:06très posé
01:02:06jamais une parole
01:02:08plus haute que l'autre
01:02:08plus haute que l'autre
01:02:09jamais un mot déplacé
01:02:10certes
01:02:12il avait ce gabarit
01:02:12impressionnant
01:02:13mais
01:02:15au fond
01:02:16finalement
01:02:17c'était
01:02:17il avait un coeur
01:02:19d'ange
01:02:19c'est vraiment pas
01:02:21quelqu'un
01:02:21qui aurait pu être
01:02:22violent
01:02:22je l'imagine
01:02:23à aucun moment
01:02:24le mobile du crime
01:02:29disparaît donc
01:02:31le juge d'instruction
01:02:36décide d'interroger
01:02:37celle qui est sans doute
01:02:38la mieux placée
01:02:39pour parler de Jean-Paul
01:02:41sa petite fille
01:02:42de 10 ans
01:02:43le père
01:02:47n'était pas du tout
01:02:48vu du côté
01:02:49de la petite fille
01:02:50comme quelqu'un
01:02:50de méchant
01:02:51ou de sévère
01:02:52ou de difficile
01:02:53à vivre
01:02:54elle nous dépeignait
01:02:55quelqu'un
01:02:56de tout à fait
01:02:57calme
01:02:58serein
01:02:58paisible
01:02:59elle est même
01:03:00allée plus loin
01:03:00elle a expliqué
01:03:01que c'était son papa
01:03:02qui pleurait
01:03:03lorsque maman
01:03:04un jour
01:03:04dans la cuisine
01:03:05avait cassé les assiettes
01:03:06ça donne la mesure
01:03:07effectivement
01:03:08de la violence
01:03:08de son père
01:03:08je n'ai jamais vu
01:03:12papa frapper maman
01:03:14voilà ce que dit
01:03:15l'enfant au juge
01:03:16Jean-Paul était un père
01:03:20aimé
01:03:20et aimant
01:03:21tout le contraire
01:03:23de ce que Nicole
01:03:24racontait au docteur
01:03:25maman mentait
01:03:27tout le temps
01:03:28confirme la petite fille
01:03:30si Jean-Paul
01:03:33était un bon père
01:03:34il était aussi
01:03:35un mari
01:03:36affectueux
01:03:37difficile
01:03:39d'imaginer
01:03:40que cet homme
01:03:41qui écrit
01:03:42à sa femme
01:03:42n'oublie pas
01:03:43que je t'aime
01:03:44très très fort
01:03:46et puis sexuellement
01:03:48soumettre celle-ci
01:03:49à d'autres hommes
01:03:49mais pendant
01:03:51l'instruction
01:03:52Nicole persiste
01:03:53à le dire
01:03:54elle nous dit
01:03:55que c'était des militaires
01:03:56des anciens
01:03:58des anciens
01:03:59de son mari
01:04:01qu'il avait connus
01:04:02lorsqu'il était en exercice
01:04:03dans le département
01:04:04du Chien
01:04:04et puis bon
01:04:06il s'est avéré
01:04:06que ces gens
01:04:07n'ont jamais existé
01:04:07et qu'en est-il
01:04:09de cette plainte
01:04:10que Nicole a raconté
01:04:11avoir déposé
01:04:12au commissariat de Bourges
01:04:14la plainte
01:04:15elle n'a jamais été déposée
01:04:16il n'y a jamais eu
01:04:16une plainte
01:04:17de déposée
01:04:17au commissariat de police
01:04:18on a procédé
01:04:19à toutes les vérifications
01:04:20et elle ne s'est jamais manifestée
01:04:22vérification faite également
01:04:24la femme du major
01:04:26n'a jamais fait
01:04:27de demande de divorce
01:04:28alors
01:04:30après tous ces mensonges
01:04:32difficile de croire
01:04:33en la version de Nicole
01:04:34qui continue
01:04:34de charger son amant
01:04:36la veuve affirme même
01:04:39que le docteur
01:04:40la poursuivait
01:04:41de ses assiduités
01:04:42alors qu'elle voulait
01:04:43reconstruire son couple
01:04:44sauf que
01:04:45en mars 98
01:04:47avant le décès
01:04:48de Jean-Paul
01:04:49les relevés téléphoniques
01:04:50prouveront que le docteur
01:04:51a appelé Nicole
01:04:52six fois
01:04:53sa maîtresse en revanche
01:04:55lui a téléphoné
01:04:57373 fois
01:04:59alors qui
01:05:01harcelait réellement l'autre
01:05:14docteur Masson
01:05:16vous aussi
01:05:17en tant qu'expert psychiatre
01:05:19vous avez
01:05:20expertisé
01:05:21Nicole Zawadsky
01:05:22alors
01:05:23comment ça se passe
01:05:24la rencontre
01:05:25nous étions en présence
01:05:28d'une femme
01:05:29dont l'aspect
01:05:30n'avait rien de particulier
01:05:32présentation
01:05:33assez neutre
01:05:35femme
01:05:35tout à fait normale
01:05:37au plan strictement
01:05:38psychiatrique
01:05:39mais qui présentait
01:05:41des particularités
01:05:42au niveau
01:05:42de la personnalité
01:05:43et pour être
01:05:45très direct
01:05:46c'était des traits
01:05:47de personnalité
01:05:47hystérique
01:05:48essentiellement
01:05:49et pervers
01:05:50alors on peut être
01:05:50hystérique
01:05:51et pas forcément
01:05:51assassin
01:05:52non
01:05:53heureusement
01:05:53heureusement
01:05:55mais en plus
01:05:56de l'hystérie
01:05:57il y avait
01:05:57certainement
01:05:58et même incontestablement
01:06:00des éléments
01:06:00de perversion
01:06:01et la perversion
01:06:03elle aussi
01:06:04n'est pas
01:06:05une pathologie mentale
01:06:06c'est un trait
01:06:07déviant
01:06:08de personnalité
01:06:09mais est-ce que
01:06:10c'est une maladie mentale
01:06:12vous avez dit non
01:06:13mais ça ressemble
01:06:13quand même
01:06:13à une maladie
01:06:14au moins
01:06:14à un handicap
01:06:15quoi mental
01:06:15non
01:06:16ça fait partie
01:06:17ça fait partie
01:06:18des névroses
01:06:19nous sommes tous
01:06:20plus ou moins
01:06:21névrotiques
01:06:22ou névrosés
01:06:23mais
01:06:24elle n'était pas
01:06:26un stade
01:06:27où ça
01:06:28ça perturbait
01:06:30ou
01:06:30sa personnalité
01:06:32au point
01:06:33de perdre
01:06:34le contact
01:06:35avec la réalité
01:06:36quand elle imaginait
01:06:38des deuils
01:06:38qui n'ont jamais existé
01:06:40quand elle imaginait
01:06:40des grossesses
01:06:41qui n'ont jamais existé
01:06:42il y avait quand même
01:06:44une finalité
01:06:45il y avait
01:06:45un caractère
01:06:46relativement rationnel
01:06:47certes déviant
01:06:49mais c'était pour
01:06:50apitoyer
01:06:50ce médecin
01:06:52c'était pour
01:06:53attirer l'attention
01:06:54sur elle
01:06:54c'était pour
01:06:56parvenir
01:06:57finalement
01:06:58à le séduire
01:06:59et ce médecin
01:07:00est tombé
01:07:02complètement
01:07:02dans le piège
01:07:03de cette
01:07:05fausse
01:07:06pathologie
01:07:07voilà donc
01:07:12le portrait
01:07:13de Nicole
01:07:14femme menteuse
01:07:15diabolique
01:07:16manipulatrice
01:07:17et lui
01:07:18le docteur
01:07:19Michel Trouillard
01:07:19Perrault
01:07:20qui est-il
01:07:20comment a-t-il pu croire
01:07:22à tous ces mensonges
01:07:23au point de quitter
01:07:24sa femme et ses enfants
01:07:25et de ne plus être
01:07:26le bon médecin de campagne
01:07:28que tout le monde adorait
01:07:29pendant des années
01:07:33le docteur
01:07:34Trouillard Perrault
01:07:34a été aveuglé
01:07:35par sa maîtresse
01:07:36il a cru
01:07:38chacune de ses paroles
01:07:39sans jamais chercher
01:07:40sur son corps
01:07:41de bleu
01:07:41d'hématomes
01:07:42de marques
01:07:43de violences
01:07:44le médecin
01:07:48n'a jamais rien
01:07:48constaté de la sorte
01:07:49il la croit
01:07:52il la croit
01:07:52elle se plaint
01:07:53il la croit
01:07:53il l'examine
01:07:55il lui fait
01:07:55des examens médicaux
01:07:57elle est sensible
01:07:59à la douleur
01:07:59sur certains endroits
01:08:01du corps
01:08:01là où elle dit
01:08:02avoir été frappée
01:08:03là où elle dit
01:08:03avoir été violentée
01:08:04mais il ne fait
01:08:07que la croire
01:08:08il ne constate rien
01:08:09Nicole refuse
01:08:10tout examen médical
01:08:12car dit-elle
01:08:13elle a trop mal
01:08:14et Michel avale tout
01:08:15même l'invraisemblable
01:08:17un jour par exemple
01:08:19Nicole arbore
01:08:20un pansement
01:08:21des amis
01:08:22de son mari
01:08:23lui auraient tiré dessus
01:08:24elle a toujours refusé
01:08:26bien entendu
01:08:27que le médecin
01:08:28voit ce qu'il y avait
01:08:29sous le pansement
01:08:30mais il y a eu un moment
01:08:31où elle a enlevé
01:08:32le pansement
01:08:33il n'y avait aucune trace
01:08:35il l'a cru
01:08:36et il a même eu ce mot
01:08:39extraordinaire
01:08:40c'est vrai
01:08:41Nicole cicatrise
01:08:43très vite
01:08:44certes
01:08:45pire
01:08:47juste avant
01:08:48l'empoisonnement
01:08:49du major
01:08:49Nicole annonce
01:08:50à Michel
01:08:51une bonne nouvelle
01:08:52elle est enceinte
01:08:53de lui
01:08:53elle lui a dit
01:08:55qu'elle était enceinte
01:08:55de 6 mois
01:08:56ça ne se remarque pas
01:08:57ça ne se voit pas
01:08:58il l'a examiné
01:09:01il a rempli
01:09:04la déclaration
01:09:04de grossesse
01:09:05alors qu'elle n'est pas enceinte
01:09:07elle n'a jamais été enceinte
01:09:08le médecin
01:09:10amoureux
01:09:11est sous son emprise
01:09:13une emprise
01:09:14psychique
01:09:15si forte
01:09:15que pendant l'instruction
01:09:17il a du mal
01:09:18à accepter
01:09:19la vérité
01:09:20le Michel
01:09:22que je vois
01:09:23avant les faits
01:09:24le Michel
01:09:25que je côtoie
01:09:26ensuite
01:09:26à la maison d'arrêt
01:09:27régulièrement
01:09:27c'est effectivement
01:09:28quelqu'un
01:09:29qui est investi
01:09:29d'une totale
01:09:30passion amoureuse
01:09:32mais absolue
01:09:33et qui me dit
01:09:34à plusieurs reprises
01:09:35mais lorsque nous sortirons
01:09:36de la maison d'arrêt
01:09:38lorsque nous sortirons
01:09:39de prison
01:09:39je la reprendrai
01:09:40dans mes bras
01:09:40je me souviens encore
01:09:41qu'il me disait ça
01:09:42à plusieurs reprises
01:09:43et je lui pardonnerai tout
01:09:45il a mis
01:09:47il me semble
01:09:476 à 8 mois
01:09:49après l'ouverture
01:09:50de l'information
01:09:51avant de commencer
01:09:53à comprendre
01:09:55et à
01:09:56et à
01:09:57admettre
01:09:58qu'il avait été
01:09:59manipulé
01:10:00et que sans doute
01:10:01dans ce que Nicole
01:10:02lui avait dit
01:10:03il y avait très peu
01:10:04de choses vraies
01:10:05et parmi ces mensonges
01:10:07le pire d'entre tous
01:10:09Michel apprend
01:10:10que les violences
01:10:11de Jean-Paul
01:10:12étaient
01:10:12pure invention
01:10:14Déjà
01:10:16il prend conscience
01:10:18de l'horreur
01:10:19de son geste
01:10:20mais si on lui rajoute
01:10:22en plus
01:10:22de dire
01:10:23non seulement
01:10:23c'est horrible
01:10:24mais ce que vous avez fait
01:10:26c'était
01:10:26motivé
01:10:27par des considérations
01:10:29des bobards
01:10:30une mise en scène
01:10:32de Nicole
01:10:33c'était quasiment
01:10:35insupportable
01:10:36et bah Michel
01:10:37en maison d'arrêt
01:10:38s'est pris ses vérités
01:10:40petit à petit
01:10:40et petit à petit
01:10:41le château
01:10:43s'est effondré
01:10:43et il a pris conscience
01:10:45je crois que ça a été
01:10:46extrêmement difficile
01:10:48ça a mis un certain temps
01:10:48mais il a pris conscience
01:10:49effectivement
01:10:50que tout ça avait été fait
01:10:51pour rien
01:10:52alors docteur Masson
01:11:01vous avez expertisé
01:11:02Nicole
01:11:03mais vous avez
01:11:03expertisé aussi
01:11:04le docteur Trouillard Perrault
01:11:05et alors son profil psychologique
01:11:07nous ne lui avons trouvé
01:11:09aucun profil psychologique
01:11:11particulier
01:11:12nous ne lui avons trouvé
01:11:13aucune déviance
01:11:14aucune anomalie
01:11:16psychiatrique
01:11:17ce qui apparaît
01:11:18effectivement
01:11:19tout à fait paradoxal
01:11:20c'est à dire
01:11:20que c'est un type
01:11:21tout à fait normal
01:11:22tout à fait normal
01:11:23bien adapté
01:11:24sans en rajouter
01:11:26reconnaissant
01:11:28sa responsabilité
01:11:30sans se dérober
01:11:32ce que vous êtes
01:11:33en train de dire là
01:11:33c'est que lui
01:11:34sans elle
01:11:35ne peut pas devenir
01:11:36un assassin
01:11:36ah oui ça absolument
01:11:37ça c'est une certitude
01:11:40mais lui
01:11:41a forcément présenté
01:11:42une faille
01:11:43une faille
01:11:45qui s'est révélée
01:11:47par cette passion
01:11:49cette pseudo passion
01:11:51qui s'est installée
01:11:52au niveau du couple
01:11:53et que elle
01:11:54a su
01:11:55de façon très
01:11:56sophistiquée
01:11:58et très
01:11:58très habile
01:11:59induire
01:12:01mais ça
01:12:03justement
01:12:04c'est le propre
01:12:05de cette relation
01:12:06que tous les deux
01:12:07ont vécu
01:12:08induit par elle
01:12:10hystérique
01:12:11savoir qu'un homme
01:12:13peut relativement
01:12:16facilement
01:12:16céder au charme
01:12:18et à l'habileté
01:12:20diabolique
01:12:22d'une femme
01:12:23au trait de personnalité
01:12:23hystéro-pervers
01:12:24il était totalement
01:12:26aliéné
01:12:27en quelque sorte
01:12:28dominé
01:12:29par
01:12:30fasciné
01:12:32par cette personnalité
01:12:33qui habilement
01:12:35a su le flatter
01:12:35a su le valoriser
01:12:37a su
01:12:38lui dire
01:12:39certainement
01:12:39que c'était
01:12:40le plus beau
01:12:40le plus grand
01:12:41des médecins
01:12:41etc
01:12:42et cela
01:12:44totalement occulté
01:12:45à la fois
01:12:46ses qualités
01:12:47de médecin
01:12:49bien sûr
01:12:49ses qualités morales
01:12:50ses qualités humaines
01:12:51tout ça
01:12:52est passé
01:12:53au second plan
01:12:54à la fin
01:13:00de l'instruction
01:13:01Nicole maintient
01:13:02qu'elle ne savait pas
01:13:04que son amant
01:13:04voulait empoisonner
01:13:05son mari
01:13:06elle ne l'aurait découvert
01:13:07que quelques heures
01:13:08avant sa mort
01:13:08au pire
01:13:09elle est donc
01:13:10seulement coupable
01:13:10de ne pas l'avoir dénoncé
01:13:12quant à Michel
01:13:13il n'a pas varié
01:13:14depuis ses premières
01:13:15déclarations au gendarme
01:13:16c'est bien lui
01:13:17qui a empoisonné le major
01:13:18mais il maintient
01:13:20que Nicole Zawadsky
01:13:21était d'accord
01:13:21depuis le début
01:13:22après plus de deux ans
01:13:24d'instruction
01:13:24le procès s'ouvre
01:13:25en juin 2001
01:13:26devant les assises
01:13:27d'Orléans
01:13:2820 juin 2001
01:13:32dès le premier jour
01:13:35la foule se presse
01:13:37dans la salle d'audience
01:13:38tout le monde
01:13:40veut voir
01:13:41les deux accusés
01:13:42ces amants
01:13:43que l'on dit
01:13:44diaboliques
01:13:45on est venu
01:13:47de toute la région
01:13:49par curiosité
01:13:51le procès est prévu
01:13:53pour durer trois jours
01:13:54Nicole Zawadsky
01:13:57et Michel Trouillard
01:13:58Perrault
01:13:58comparaissent pour
01:14:00empoisonnement
01:14:01avec préméditation
01:14:03elle elle était au premier rang
01:14:08lui il était derrière elle
01:14:09au deuxième rang
01:14:09donc lui continuait
01:14:11à l'appeler Nicole
01:14:12et elle
01:14:13elle l'appelait monsieur
01:14:14ou le docteur
01:14:16d'ailleurs
01:14:16elle appelait pas non plus
01:14:17son mari
01:14:18par son prénom
01:14:19elle disait mon mari
01:14:20donc déjà
01:14:21elle s'est présentée
01:14:22comme une femme
01:14:22très froide
01:14:23imperturbable
01:14:25la position de Michel
01:14:28est claire
01:14:28il plaide coupable
01:14:30sa position
01:14:32a toujours été la même
01:14:33dès la garde à vue
01:14:35il expliquait
01:14:36ce qu'il avait fait
01:14:37il reconnaissait
01:14:39sa faute
01:14:40et il n'a jamais
01:14:42cessé de dire
01:14:43oui ça s'est bien
01:14:44passé comme ça
01:14:45il venait en quelque sorte
01:14:47chercher
01:14:48la rétribution
01:14:50d'une faute
01:14:51qu'il ne se pardonnait
01:14:52pas à lui même
01:14:53quant à Nicole
01:14:54elle est innocente
01:14:56elle n'est pas responsable
01:14:58du meurtre de Jean-Paul
01:14:58le seul homme
01:15:00dit-elle
01:15:00qu'elle ait jamais aimé
01:15:01pendant un mois
01:15:03Michel aurait donc
01:15:04empoisonné le major
01:15:05par jalousie
01:15:06et à l'insu de Nicole
01:15:08elle aurait été mise
01:15:09devant le fait accompli
01:15:10pendant que le major
01:15:12agonisait
01:15:13et puis dit-elle
01:15:17elle n'a aucune
01:15:18connaissance médicale
01:15:19si elle est coupable
01:15:20de quelque chose
01:15:21c'est juste
01:15:22de non-assistance
01:15:23à personne en danger
01:15:24et le fait
01:15:27qu'elle n'assume pas
01:15:28passe mal
01:15:29autant lui
01:15:33assumer
01:15:34ses responsabilités
01:15:35et s'est montré
01:15:36très digne
01:15:38très responsable
01:15:39finalement
01:15:39et elle
01:15:41elle n'a cessé
01:15:42de contester
01:15:42de revenir
01:15:43sur ses déclarations
01:15:44elle s'est contredit
01:15:45elle est revenue
01:15:46sur ce qu'elle avait dit
01:15:47précédemment
01:15:49et le procureur
01:15:51très habilement
01:15:51a réussi
01:15:52à l'amener
01:15:53sur son terrain
01:15:53et lui a démontré
01:15:55par A plus B
01:15:56qu'elle avait menti
01:15:57mais elle a toujours
01:16:00gardé sa ligne de conduite
01:16:02et elle a persévéré
01:16:03dans le mensonge
01:16:04car elle maintient
01:16:06que Jean-Paul
01:16:07était violent
01:16:08avec elle
01:16:09quant à la tante Julie
01:16:12elle persiste
01:16:14à dire
01:16:14que ça n'est pas elle
01:16:15qui s'est fait passer
01:16:16pour cette parente
01:16:18imaginaire
01:16:19c'est le seul moment
01:16:22où j'ai eu
01:16:23un sentiment d'empathie
01:16:26pour Nicole
01:16:27quand elle
01:16:28quand elle était
01:16:30à ce point
01:16:31convaincue
01:16:32de l'existence
01:16:32de tante Julie
01:16:33je pense que finalement
01:16:34Nicole était
01:16:36tante Julie
01:16:36c'est à dire
01:16:37qu'elle avait besoin
01:16:39de se convaincre
01:16:40elle-même
01:16:41que ce qu'elle vivait
01:16:42était vrai
01:16:42et aujourd'hui encore
01:16:44tante Julie
01:16:45fait tellement partie d'elle
01:16:46qu'elle n'est pas prête
01:16:48à négocier
01:16:48y compris dans un moment
01:16:49un procès
01:16:49la tête de tante Julie
01:16:51mais la mère de l'accusé
01:16:53et d'autres témoins
01:16:55démentent
01:16:56une à une
01:16:56les affabulations
01:16:57de Nicole
01:16:58dans la salle d'audience
01:17:00les curieux sont au spectacle
01:17:01dans l'assistance
01:17:03on l'a senti
01:17:04je le sentais autour de moi
01:17:05les gens
01:17:05se disaient
01:17:06que c'était incroyable
01:17:07de mentir
01:17:07avec un tel aplomb
01:17:08devant des preuves
01:17:09aussi éclatantes
01:17:10les gens
01:17:11j'allais dire
01:17:12les spectateurs
01:17:13il n'y a pas d'autres mots
01:17:14finissaient par
01:17:16hurler de rire
01:17:17ils s'esclaffaient
01:17:18dans la salle
01:17:18d'audience
01:17:19c'était complètement déplacé
01:17:21c'était choquant
01:17:22parce qu'on était quand même
01:17:23dans un procès
01:17:23ils encouraient perpétuité
01:17:25tous ces mensonges
01:17:27vont finalement profiter
01:17:28à quelqu'un
01:17:28Michel
01:17:30face à sa maîtresse
01:17:31il a presque le beau rôle
01:17:32car les témoins
01:17:34qui se succèdent à la barre
01:17:35pour parler de lui
01:17:36sont unanimes
01:17:37ils vantent tous
01:17:38ses compétences professionnelles
01:17:40et ses qualités humaines
01:17:42les gens qui sont venus
01:17:46à la barre
01:17:47sont des gens
01:17:47qui en ont parlé
01:17:48avec des termes
01:17:48qui étaient tellement élogieux
01:17:49qu'à la fin d'ailleurs
01:17:51moi je me faisais même
01:17:52la réflexion
01:17:53en me disant
01:17:53mais attendez
01:17:54il a tué un homme
01:17:55quand même
01:17:56parce que c'est tout juste
01:17:57si on n'allait pas lui dire
01:17:57mais monsieur sortez du boxe
01:17:59vraiment vous n'avez rien
01:18:00à y faire
01:18:01alors que
01:18:01en réalité
01:18:02c'est bien lui
01:18:03le meurtrier
01:18:04sans lui
01:18:05elle, elle ne pouvait pas le tuer
01:18:07sans ce mode opératoire
01:18:09extrêmement intelligent
01:18:10qu'il a mis en place
01:18:11sans ce savoir médical
01:18:13dont il bénéficiait
01:18:13allez m'expliquer
01:18:14comment elle aurait tué
01:18:15le majeur
01:18:16c'est lui
01:18:17le meurtrier
01:18:19c'est lui
01:18:19le plus monstrueux
01:18:20après trois heures
01:18:23de délibéré
01:18:24le verdict tombe
01:18:2620 ans de prison
01:18:27pour Michel Trouillard Perrault
01:18:2825 ans
01:18:30pour Nicole Zavatsky
01:18:315 ans de plus donc
01:18:33que son amant
01:18:34alors que c'est lui
01:18:35qui a pratiqué l'injection
01:18:36lui
01:18:36qui a fabriqué
01:18:37les cocktails de médicaments
01:18:38les parents de la victime
01:18:40ne comprennent pas
01:18:41je trouve que ce n'est pas juste
01:18:43ils étaient deux
01:18:44pour faire le sale boulot
01:18:47qu'ils ont fait
01:18:47alors tous les deux
01:18:48ils auraient dû être condamnés
01:18:50à la même peine
01:18:50depuis le début
01:18:52je plaide
01:18:53et aujourd'hui encore
01:18:53je suis convaincue
01:18:54que s'ils ont été
01:18:56amants maudits
01:18:57dans cette histoire
01:18:58d'empoisonnement
01:18:59il faut qu'ils soient
01:19:00condamnés maudits
01:19:01à la même peine
01:19:02je jure de m'abstenir
01:19:08de tout mal
01:19:09et je ne remettrai
01:19:10à personne
01:19:11du poison
01:19:13voilà le serment
01:19:15d'Hippocrate
01:19:16que le docteur Trouillard Perrault
01:19:17avait prononcé
01:19:19quand on lui avait donné
01:19:20son diplôme
01:19:22Nicole Zavatsky
01:19:25fait immédiatement appel
01:19:26de ce jugement
01:19:27qui la condamne
01:19:28à une peine plus lourde
01:19:29que son amant
01:19:30Michel lui
01:19:31accepte sa peine
01:19:32comme il avait
01:19:33assumé son rôle
01:19:34dans l'affaire
01:19:34mais comment rejuger
01:19:36Nicole sans Michel
01:19:37le parquet général
01:19:38décide donc
01:19:39de faire appel
01:19:40des deux condamnations
01:19:41il y a donc
01:19:42un deuxième procès
01:19:43à Tours
01:19:43en mars 2002
01:19:44un procès
01:19:45qui dure 4 jours
01:19:46et qui ne profite pas
01:19:47à Nicole
01:19:48qui est condamné
01:19:48à 3 ans de plus
01:19:49c'est à dire
01:19:5028 ans de réclusion criminelle
01:19:51la peine de Michel
01:19:53elle ne bouge pas
01:19:5420 ans
01:19:55Maître de Beauregard
01:20:03vous êtes depuis
01:20:04sa condamnation
01:20:05le nouvel avocat
01:20:07de Nicole Zavatsky
01:20:08quelle sorte de femme
01:20:09elle est devenue ?
01:20:13Alors je vais vous répondre
01:20:13elle est redevenue
01:20:15je crois la femme
01:20:16qu'elle aurait jamais
01:20:18dû cesser d'être
01:20:19et qu'elle était avant
01:20:20c'est à dire
01:20:21une femme
01:20:22je crois assez simple
01:20:23qui a réussi
01:20:24à conserver
01:20:24je crois
01:20:25une certaine
01:20:27forme
01:20:27d'intégrité intellectuelle
01:20:29et qui a effectué
01:20:30sur elle-même
01:20:31et c'est attesté
01:20:32par les psychologues
01:20:32qui la suivent
01:20:33aujourd'hui
01:20:33en centre de détention
01:20:34qui a effectué
01:20:35sur elle-même
01:20:36un vrai travail
01:20:37je crois
01:20:37d'amendement sincère
01:20:38donc elle avait
01:20:39je crois
01:20:40la faculté
01:20:41de s'amender
01:20:42extrêmement vite
01:20:43ce qu'elle a fait
01:20:43elle n'avait
01:20:44en tout cas
01:20:44à mon sens
01:20:45évidemment pas besoin
01:20:46de 28 ans pour ça
01:20:47de sorte que
01:20:48le temps qui passe
01:20:50à mon sens
01:20:50aujourd'hui
01:20:51est du temps
01:20:51qui est perdu
01:20:52pour tout le monde
01:20:53comment pouvez-vous
01:20:54être sûr
01:20:55qu'à votre tour
01:20:57elle ne vous embobine pas
01:20:59puisqu'elle a réussi
01:21:00à embobiner
01:21:01Trouillard Perrault
01:21:02et pas que lui
01:21:03alors je vais vous expliquer
01:21:05c'est assez simple
01:21:06d'abord
01:21:07je ne suis pas
01:21:09le seul à le dire
01:21:10beaucoup de psychologues
01:21:12en tout cas
01:21:13plusieurs psychologues
01:21:14se sont penchés
01:21:15sur elle
01:21:15depuis qu'elle est détenue
01:21:16et ont attesté
01:21:18à la fois
01:21:19de la sincérité
01:21:20de son remords
01:21:20et de la réalité
01:21:21de la démarche intellectuelle
01:21:22qu'elle a engagée
01:21:23il y a ensuite
01:21:24mon intuition propre
01:21:26qui vaut ce qu'elle vaut
01:21:26parce que le docteur
01:21:27Trouillard Perrault
01:21:28avait la sienne
01:21:29j'en conviens
01:21:30mais il y a mon intuition propre
01:21:31qui fait que
01:21:32moi je ne la vois pas
01:21:33à la fréquence
01:21:34avec laquelle
01:21:34le docteur Trouillard Perrault
01:21:36la voyait
01:21:36à ce moment là
01:21:38et du coup
01:21:39je crois
01:21:39que ça me donne
01:21:40un recul
01:21:41que peut-être
01:21:41il n'avait pas
01:21:42j'ai aussi
01:21:43même si elle n'est pas
01:21:44immense
01:21:45mais je crois
01:21:46qu'elle est existante
01:21:47néanmoins
01:21:48une forme d'expérience
01:21:49du crime
01:21:50et je crois
01:21:51que cette expérience
01:21:52me permet peut-être
01:21:53aussi à ma modeste mesure
01:21:55d'évaluer
01:21:56la sincérité
01:21:57ou non
01:21:57d'une démarche intellectuelle
01:21:58Nicole Zawadsky
01:22:05effectue actuellement
01:22:06sa peine
01:22:07dans un centre
01:22:08de détention
01:22:09où tout le monde
01:22:10semble-t-il
01:22:10la trouve très sympathique
01:22:12quant au docteur Trouillard Perrault
01:22:14lui aussi
01:22:14est toujours en prison
01:22:15quand il sortira
01:22:16il n'aura évidemment
01:22:17plus jamais le droit
01:22:18d'exercer la médecine
01:22:19et en prison
01:22:20il étudie
01:22:21la psychologie