Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 5 mois

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Voilà la bouche parce qu'on vous a consacré un petit portrait sonore, c'est Jean-Philippe Longo, le rédacteur en chef de cette émission, qui a préparé avec minutie ce portrait sonore, qui devrait évoquer chez vous un certain nombre de souvenirs.
00:10Allez, on commence.
00:11J'ai pris le petit bonheur, l'émission et haillons, j'ai dit faut pas qu'il meure, viens t'entendre dans ma maison.
00:19Et oui, Félix Leclerc, c'est un des plus grands poètes québécois, Félix Leclerc.
00:24C'est le patriarche, c'est mon père chantait Félix Leclerc.
00:30Tous les dimanches.
00:31Il sortait sa guitare.
00:31Il sortait sa guitare, il chantait Leclerc, les chansons western, country western, parce que la country est très importante.
00:41Et vous disiez que vous chantiez très jeune chez vous, parce que vos parents faisaient partie d'une chorale, je crois.
00:46Mes parents faisaient beaucoup partie de chorale, on chantait en harmonie vocale, à l'oreille, mes tantes, mes cousines, mes cousins.
00:54Vous avez eu l'occasion du coup de rencontrer Félix Leclerc ?
00:57Je l'ai rencontrée une fois, c'était une personne fascinante, d'une grande dignité, d'une grande bienveillance et beaucoup d'humilité.
01:08Alors je disais que franchement, depuis toute petite, Fabienne Thimaud est une très gentille personne, parce que vous aviez une tâche bien particulière à l'école, auprès des autres élèves.
01:19Vous alliez, je crois, de classe en classe pour apprendre...
01:21Pour leur montrer les chansons, pour leur apprendre les chansons, parce que comme j'étais première de classe, sans prévention...
01:29Vous auriez dû voir la tête qu'elle a fait en le disant...
01:31Elle lève les yeux au ciel, voilà.
01:33Je vais m'extraire de ma classe pour aller enseigner, apprendre les chansons traditionnelles et à toutes les autres classes de l'école.
01:42Allez, deuxième extrait pour encore un peu mieux découvrir Fabienne Thibaud, notre invitée aujourd'hui dans le Club de l'été.
01:47Cette chanson, évidemment, évoque toujours avec beaucoup d'émotions Starmania, mais aussi ces paroles qui ont un sens et qui résonnent dans votre vie.
02:12Car vous le disiez tout à l'heure, votre tête a failli exploser lors d'un concert.
02:16Oui, j'ai eu un choc électrique.
02:19C'est ce que vous disiez, oui.
02:20À Bobineau, en 81, je m'étais accrochée par angoisse avant que le spectacle commence, à un poteau métallique dans l'ancien Bobineau avant les travaux.
02:34Et il y avait de l'eau par terre.
02:36Aïe, aïe, aïe.
02:37Et donc, conduction, et là, je suis prise comme ça avec le micro d'une main, le poteau dans l'autre, et là, je dis, mais je vais mourir, je vais mourir, et là, je ne peux pas me décoller.
02:52Et c'est le régisseur qui a tourné ma tête et qui m'a donné une claque pour me décoller de ça et qui m'a sauvé la vie.
02:59Vous avez fait un procès à Bobineau ?
03:01Absolument pas, je suis très peu procédurienne.
03:04Mais c'est ce que je vois.
03:05Mais c'est un accident du travail quand même.
03:08C'est vrai, ça aurait pu être un accident du travail, il n'y avait pas d'eau en coulisses comme ça.
03:14C'est vrai que vous êtes avocat, mais je ne suis pas procédurienne.
03:18Est-ce qu'il y a prescription en 1981 ?
03:21Oui, il y a prescription, on ne pourra pas repartir avec un dossier.
03:24On en reparlera, mais j'aurai d'autres dossiers à me confirmer.
03:28Tous les jours, il y a un truc.
03:30Il est fort, ça, Roland.
03:31Ce rapport avec la mort, on le disait tout à l'heure, il va vous poursuivre toute votre vie.
03:37Comment vous l'expliquez ?
03:40Je ne sais pas, c'est peut-être quelque chose qui vient de cet imanin.
03:45J'ai pris mon père, et si je peux me permettre de raconter, quand je suis née, je suis née à la maison.
03:52Ma mère avait 21 ans, j'étais son premier bébé.
03:56Et elle avait senti des contractions à 5 heures du matin, et comme mon père avait plusieurs emplois,
04:02elle s'est dit, c'est peut-être ça, c'est peut-être pas ça, et elle n'a pas osé réveiller mon père.
04:06Ce qui fait que, elle a accouché à la maison, et que le médecin est arrivé in extremis.
04:12Et le médecin m'a ondoyé sous la chamblure, comme je le disais tout à l'heure,
04:18et ils sont partis avec mon père, à l'hôpital.
04:22Et c'est mon père, qui avait 22 ans, qui me tenait par les pattes, la tête en bas,
04:27et qui me gardait en vie en me tapant dans le dos.
04:30Oui, parce que vous étiez un enfant, une enfant miraculée, puisqu'il y avait déjà eu 5 fausses couches.
04:345 fausses couches, entre moi, avant, avant, donc c'est après moi qu'il y a eu des fausses couches.
04:40Entre moi et mon frère.
04:41Et c'est ça, entre moi et votre frère.
04:43Et là, après, mon père m'a donné le premier souffle.
04:46Et en 2003, sur un message de sa part, j'ai entendu dans ma tête,
04:53« Viens, viens, viens, et je suis presque une offreine attention, quoique j'ai beaucoup de respect pour les personnes qui sont atteintes cette affection. »
05:02Et je suis partie au Québec pour arriver à l'hôpital, passer la dernière semaine avec lui.
05:08Et le dernier jour de sa vie, c'était un dimanche, ça m'a dit dans ma tête,
05:14« Maintenant, tu te lèves et tu fais ce que tu dois faire. »
05:17Et je me suis penchée au-dessus de lui, de son lit, et j'ai pris son visage entre mes mains.
05:25Il était au bout du rouleau, il pesait 25-30 kilos.
05:30J'ai dit, « Écoute-moi, papa, il faut que je parte la semaine prochaine. »
05:34Je lui dis, « Pour que je t'enterre, je lui dis, il faut que je parte du jour, il faut que je t'enterre mercredi. »
05:39« Pour que je t'enterre mercredi, il faut qu'on fasse l'éveillé mardi. »
05:44« Pour qu'on fasse l'éveillé mardi, il faut que M. Bradette s'occupe de ton corps demain. »
05:49Pour ça, papa, tu vois, si tu veux que ça se passe, comme je sais,
05:54que le chef de chantier que tu souhaites que ça se passe, il faut que tu partes aujourd'hui.
06:00Maman dort, marquée partie, prendre une douche.
06:02Même que tout de suite, ce serait parfait.
06:05Et là, il a fait...
06:06Et j'ai avalé son dernier souffle.
06:12Il m'a donné le premier souffle, je lui ai repris le dernier.
06:16Et ma mère, il y a quelques années, mon frère m'appelle et me dit,
06:21« Je viens de mettre maman à l'hôpital. »
06:23Elle dit qu'elle va mourir.
06:24J'ai dit, « Comment ça? »
06:26« Passe-moi, maman. »
06:27« Maman, oui? »
06:29« Il paraît que tu as le cancer. »
06:30« Tu es en train de mourir. »
06:31« C'est quoi cette histoire? »
06:32« Je n'ai jamais su ça. »
06:34« Oui, mais ne t'inquiète pas, tout va bien. »
06:35« Je lui ai dit, « Voyons, maman, tout va pas bien. »
06:37« Est-ce que tu es en train de mourir? »
06:38« Oui, mais bon, c'est ma mère. »
06:41Et là, je lui ai dit, « Écoute-moi, maman, j'arrive lundi. »
06:44« J'ai un spectacle dimanche pour les œuvres du département du Cher pour les enfants. »
06:50« J'arrive lundi. »
06:52« Avec Christian, attends-nous. »
06:54« Oui, oui, oui, je t'attends. »
06:55« Sauf qu'elle ne m'a pas attendue. »
06:57« Et le vent... »
06:58« Ça, c'était le vendredi. »
06:59« Et vous avez une apparition. »
07:00« Et le samedi matin, j'ouvre les yeux. »
07:04« Elle était sur le plafonnier. »
07:05« Elle était sur le plafonnier. »
07:06« J'ai dit, « Qu'est-ce que tu fais là, maman ? » »
07:07« Elle a un rapport. »
07:08« Vous avez un rapport à Dieu et à l'au-delà. »
07:11« Qu'est-ce que tu fais là ? »
07:12« T'as pas pu m'attendre. »
07:12« Elle m'a dit, « Non, chérie, j'ai pas pu t'attendre. »
07:14« Mais t'inquiète pas. »
07:16« C'est très doux. »
07:17« Et elle est partie par la fenêtre. »
07:18« Et elle est partie à tous à la fenêtre au Québec. »
07:22« C'est dans la paix. »
07:23« C'est dans les chambres. »
07:23« Elle a traversé l'Atlantique. »
07:26« Je peux dire à nos auditeurs que ce n'est pas une apparition que nous avons dans le studio. »
07:29« Nous avons bien Fabienne Thibault avec nous. »
07:31« J'espère qu'on aura l'air. »
07:32« Avec beaucoup de joie. »
07:33« Dernier extrait. »
07:34« Oui. »
07:35« Évidemment, Thibault, comme votre nom, c'est aussi un bisou, un bébé en créole. »
07:45« On voulait rendre hommage à celui qui vous accompagne aujourd'hui, Christian. »
07:50« Qui est le cousin de Clémence, la chanteuse. »
07:53« Oui, il s'occupait de la compagnie créole. »
07:55« 3 ans 20 ans. »
07:56« Il était régisseur de cette compagnie quand vous l'avez rencontré sur la tournée à Chetendre. »
08:00« Exactement. »
08:00« Ça a été un véritable coup de foot. »
08:01« Vous avez demandé à Côte-Barzotti quasiment de laisser la place. »
08:04« Je l'ai dit à table, dégage, j'y cherche une place pour manger. »
08:08« Ça a été un coup de foudre pour le nez aquilin dont vous êtes tombée amoureuse. »
08:13« Il n'est pas aquilin, il est un peu retroussé. »
08:15« Un peu retroussé. »
08:16« C'est le père de ma fille qui était pakistanais de la frontière pakistano-pargane qui avait le nez aquilin. »
08:23« Voilà, Christian qui joue un rôle vraiment important dans chacune de vos décisions, qui vous a accompagné. »
08:28« Je disais tout à l'heure, quand vous êtes arrivés, on a jeté un regard par la fenêtre. »
08:33Jean-Philippe Longo et moi, c'est Jean-Philippe qui m'a invité à venir à la fenêtre en me disant
08:38« Regarde, Fabienne arrive, elle était main dans la main. »
08:40« C'est vrai, c'est bon. »
08:41« C'était extrêmement mignon, extrêmement touchant de pouvoir arriver comme ça à Rue des Cévennes. »
08:45« C'est mon doudou. »
08:47« C'est ce petit hommage qu'on vous laisse, c'est votre doudou. »
08:49« Allez, on va passer à notre ami Gavins et à cette magnifique abbaye. »
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations