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  • il y a 6 mois
Dans son édito du 11/08/2025, Paul Sugy revient sur la proposition de François Bayrou visant à supprimer deux jours fériés. 

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Transcription
00:00Oui, deux jours fériés de moins, c'est sûr, Mickaël, que dès que le Premier ministre a sorti cette annonce de son chapeau,
00:05ça a fait beaucoup parler et surtout râler, on les comprend.
00:08Les travailleurs n'avaient pas envie de travailler deux jours de plus chaque année.
00:12Mais enfin, j'étais plutôt de ceux qui avaient au contraire reçu cette mesure avec enthousiasme.
00:16D'abord parce que le Premier ministre a évidemment raison de chercher des économies,
00:18mais il avait aussi raison, c'était le deuxième volet, vous savez, de sa présentation à la fin du printemps,
00:23de vouloir soutenir la productivité qui est en France tirée à la baisse par le trop faible nombre d'heures travaillées, on le sait bien.
00:30Alors c'est vrai, le problème me semble être davantage la durée du temps de travail depuis le passage aux 35 heures que le nombre de jours fériés.
00:35Mais enfin, François Béroux a invoqué à juste titre un argument qui me semble être de bon sens,
00:40à savoir celui que les ponts de mai par exemple deviennent bien souvent des viaducs
00:43et que finalement, à compter du retour des vacances de Pâques et jusqu'au début de l'été, les salariés sont incités à moins travailler.
00:49Et puis il y avait un faux débat sur la nature des jours à supprimer.
00:52François Béroux en proposait deux, mais il disait qu'il n'était pas fermé au dialogue.
00:55Et les arguments de ceux qui enfonçaient le choix de séjour m'ont paru très hypocrite.
01:00Le 8 mai ou le lundi de Pâques ne sont probablement pas les deux jours les plus importants de l'année
01:05au regard de ceux qui le célèbrent.
01:07Et surtout, je connais par exemple peu de personnes qui continuent de fêter Pâques
01:11au lendemain de la date de cette fête chrétienne très importante, mais qui a lieu un dimanche.
01:16Alors hier, un document de Bercy adressé aux partenaires sociaux indique que le bénéfice de cette mesure
01:21serait de 4,2 milliards d'euros pour les finances publiques.
01:25Mais oui, et c'est là qu'on découvre finalement toute l'arnaque.
01:27Cette mesure avait été vendue à l'origine comme une mesure qui était destinée à augmenter la productivité
01:31et donc à favoriser la création de richesses des entreprises.
01:34Or en définitive, on se rend compte qu'elle ne sert qu'à une chose,
01:36augmenter les recettes de l'État sous la forme finalement d'un impôt déguisé,
01:39un impôt supplémentaire que l'on va prélever sur les entreprises et une fois encore sur le dos des actifs.
01:43On lit ainsi dans cette note qui a été adressée par Bercy aux partenaires sociaux
01:48que les salariés mensualisés et les agents publics ne seront pas rémunérés davantage
01:52pour ces nouvelles heures de travail, mais qu'en contrepartie,
01:54les employeurs du secteur privé s'acquitteront d'une contribution qui sera affectée au budget de l'État.
01:59Un dispositif qui est calqué sur celui que l'on connaissait déjà,
02:03cette fameuse journée de solidarité du lundi de Pentecôte.
02:07C'est un effort supplémentaire que l'on demande aux actifs,
02:09qui sont donc finalement les plus concernés par toutes ces mesures d'effort
02:12qui vont être demandées aux Français et qui déjà financent par le coût exorbitant
02:16des cotisations qu'on prélève sur leur salaire la gabegie d'un État-providence
02:18qui est à bout de souffle.
02:20Voilà qu'on va leur demander finalement de travailler gratuitement deux jours de plus.
02:23C'est effectivement le rétablissement de la corvée.
02:25C'est aussi une façon de retarder un peu plus les économies à faire.
02:28Mais oui, vous avez raison.
02:29Et on aimerait entendre le gouvernement davantage nous parler de baisse des dépenses
02:33et non de hausse des recettes.
02:34En France, plus de 45% de la richesse créée est captée par l'État
02:38sous forme d'impôts et de cotisations diverses,
02:40ce qui nous hisse de ce point de vue, Cocorico, au premier rang des pays européens
02:44sur les taux de prélèvement obligatoires.
02:47Alors j'entends que le Premier ministre n'ait pas forcément les coups d'effranche
02:49pour enclencher une réforme en profondeur de l'État.
02:52Mais la moindre des choses est peut-être de ne pas aggraver un peu plus
02:54la situation des contribuables et des entreprises.
02:57On se rappelle aussi que la fameuse journée de solidarité dont je vous parlais
03:00n'avait pas singulièrement bien fonctionné.
03:03Recréer un mécanisme qui équivaut plus ou moins à celui qui existait déjà
03:08n'est pas nécessairement l'idée la plus révolutionnaire qui soit.
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