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  • il y a 5 mois

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00:00Car sur Europe 1, dans quelques minutes, vous avez rendez-vous avec l'Ordre d'Autriche et les enfants d'Europe 1.
00:04Mais tout de suite, place à votre invité, Thomas Chenel.
00:06Bonjour Jean Jouzel.
00:08Bonjour Thomas Chenel.
00:10Climatologue, ancien vice-président du GIEC, le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.
00:17On le répète, depuis 6h ce matin, on va atteindre des niveaux de température rarement vus pendant ces périodes.
00:24Mais tout de même, nous sommes la semaine du 15 août.
00:27Certains diront que c'est normal d'avoir des températures élevées, d'avoir un soleil de plomb.
00:31En quoi ? Est-ce que ces fortes températures, Jean Jouzel, c'est la signature du changement climatique ?
00:36Donc oui, c'est normal d'avoir des températures élevées en août.
00:40Mais elles le sont beaucoup plus qu'elles ne l'étaient il y a une trentaine, une quarantaine d'années.
00:45Il y a un réchauffement très clair de la planète.
00:48Alors, par rapport aux canicules, une des caractéristiques, c'est que le réchauffement est moyen, est bien là.
01:00Il est lié aux activités humaines, mais les pics de chaleur augmentent plus rapidement que les températures moyennes.
01:07Et c'est ce que nous vivons, ces pics de chaleur.
01:09Et puis, à la fois, leur fréquence et leur intensité augmentent.
01:13C'est ce que nous anticipons depuis une cinquantaine d'années, ce que nous vivons aujourd'hui.
01:18Nous vivons à l'échelle française, par exemple.
01:20Au cours des 15 dernières années, il y a eu deux fois plus de canicules qu'au cours des, je crois, des six décennies précédentes.
01:28Donc, nous vivons, d'ailleurs, je crois que nous le voyons.
01:31C'est vrai aussi pour les sécheresses, qu'il devient plus intense, plus fréquent.
01:35Et cette intensification de désormais extrême est vraiment la marque du réchauffement climatique.
01:40Et il s'y ajoute, dans nos régions, des précipitations plus intenses.
01:46Voilà, donc, oui, nous sommes dans un climat qui change.
01:50Et notre communauté scientifique, de façon très claire, conclut que ce changement est lié à nos activités.
01:58Donc, quand certains, Jean Jouzel, quand certains brandissent la carte de la canicule de 2003,
02:03pour minimiser celle que l'on va connaître, là, ces jours-ci que l'on connaît déjà,
02:07est-ce que cette comparaison avec la canicule de 2003 vous paraît légitime ?
02:11Oui, bien sûr.
02:13Donc, on commence, oui, surtout si elle dure, la carité signe de la canicule de 2003,
02:21c'était d'être très intense et de durer une quinzaine de jours.
02:24Alors, on ne sait pas encore, disons, les prévisions météo, disons,
02:29laissent entrevoir la possibilité d'une canicule relativement longue.
02:32Donc, il faudra voir après, comparer ce que nous allons vivre au cours de la prochaine semaine par rapport à 2003.
02:39Il faudra voir la répartition géographique, les températures.
02:43Mais, effectivement, ce sera certainement, peut-être même, une canicule plus importante que celle de 2003 en termes de record de chaleur.
02:50Et les températures maximales seront plus importantes que celles de 2003.
02:55On dépasse les 40 degrés dans le sud-ouest de la France, je crois, qu'on va le faire aujourd'hui.
03:00Et cela n'a pas forcément été observé sur toute la France en 2003.
03:05Donc, oui, c'est normal.
03:07Le 2003 a été une canicule très importante.
03:11Il y a aussi d'autres canicules, par exemple, en 1947, avant que les activités humaines ne commencent à perturber le climat.
03:21Mais ce qui compte, c'est ce qu'on observe de façon très claire, c'est que l'intensité des canicules deviennent beaucoup plus fréquentes, beaucoup plus intenses.
03:30Et c'est vrai en France, c'est vrai à l'échelle planétaire.
03:32Et surtout, le problème, c'est que cette intensification va se poursuivre.
03:36Alors, actuellement, un événement qui se produisait, disons, une fois tous les dix ans, il y a une centaine d'années, se produit déjà trois fois tous les dix ans.
03:46Ce sera quatre fois tous les dix ans si on dépasse un degré et demi.
03:50Et pratiquement, ce serait une fois par an si nous allions vers un réjouement de 4 degrés, ce qui ne peut pas être exclu d'ici la fin du siècle.
04:00Donc, ce que nous vivons, alors, à la fois, intensification des canicules, plus précoces, plus tardives, disons, souvent liées à des périodes de sécheresse, là aussi, de plus en plus marquées,
04:13c'est une caractéristique très claire de réchauffement climatique liée aux activités humaines.
04:17Et alors, justement, vous parlez de ces canicules qui sont plus précoces, plus tardives, là, c'est la deuxième de l'été, la première était en juin.
04:22Est-ce que ça veut dire que la France va peut-être changer de régime climatique ? Il n'y aura peut-être plus ce rythme des quatre saisons que l'on connaît ?
04:31Oui, le fait que, pratiquement, on commence l'été au mois de juin, on le termine en septembre, disons, tasse un peu les périodes intermédiaires.
04:42En fait, on a le sentiment que l'été commence plus tôt, c'est exact, et plus long qu'il n'était il y a une trentaine d'années.
04:49Alors, ce n'est pas vrai toutes les années, mais encore, c'est une caractéristique, effectivement, d'un été.
04:55Si on qualifie l'été avec les mêmes températures, eh bien, l'été est effectivement, en 2025, sera plus long qu'un été que nous connaissions il y a une cinquantaine d'années.
05:06Est-ce qu'il faut voir un lien entre le changement climatique et le gigantesque incendie que l'on a connu dans l'Aude ?
05:11Dans l'autre sens, oui, c'est-à-dire que le gigantesque incendie qu'on a connu dans l'Aude, il est favorisé à la fois par les températures très élevées,
05:20mais aussi la sécheresse qui marque la France.
05:25Il y a eu un déficit de précipitations au cours des dernièmements, en particulier au cours du mois de juin,
05:31qui favorise de façon très claire la propagation de ces méga-feux une fois qu'ils ont été initiés,
05:38alors qu'ils étaient initiés par accident ou de façon intentionnelle.
05:42Mais généralement, en France, un 9 cas sur 10, c'est lié aux activités humaines, l'origine des feux.
05:47Mais une fois que le feu est parti, la sécheresse et la canicule favorisent l'extension de ces feux,
05:54et c'est ce que nous avons vécu dans l'Aude.
05:56Alors on a de la sécheresse, on a des températures records, on a des incendies.
06:01Comment, Jean-Joselle, vous expliquez qu'aujourd'hui encore, il y ait des sceptiques quant au changement climatique en France ?
06:08Oui, on peut, disons, chacun libre de son choix en termes de regard sur ce qui l'entoure,
06:15mais il est quasiment certain que le réchauffement climatique, disons, le climat change.
06:21Je crois qu'il faut être de mauvaise foi pour ne pas regarder cette évolution du climat.
06:28Et, disons, je crois qu'il faut s'appuyer sur la communauté scientifique.
06:32Nous avons vraiment tous les arguments.
06:33Alors, on peut en discuter, bien sûr, au contraire.
06:35Ce n'est pas du tout imposer cette vérité, mais c'est clair que les arguments sont bien là pour faire le lien
06:42entre ce que nous vivons et nos activités, en particulier, en premier lieu,
06:45l'augmentation de l'effet de serre lié à notre utilisation du combustible fossile,
06:49qui en est la principale cause, avec l'augmentation du gaz carbonique,
06:55l'utilisation du combustible fossile y contribue pour 70 %.
07:00Donc, c'est bien documenté.
07:03On en connaît les causes, on en connaît les conséquences,
07:05et on sait que ça va se poursuivre au cours des prochaines décennies,
07:09si nous nous prenons garde, avec, disons, ce que nous viendrons aujourd'hui,
07:13ne sont que les prémices du réchauffement climatique
07:15que les jeunes d'aujourd'hui risquent de connaître dans la deuxième partie de ce siècle.
07:20Il faut absolument, justement, prendre la maîtrise.
07:24Voilà, c'est cela le problème.
07:25C'est aussi une forme de climato-scepticisme que de ne pas se préoccuper sur le réchauffement climatique
07:32et de ne pas prendre des mesures pour limiter, disons, dans le cadre de l'accord de Paris,
07:38par exemple, essayer d'atteindre les objectifs de l'accord de Paris,
07:41limiter le réchauffement climatique de façon à ce qu'il n'ait pas de conséquences désastreuses pour notre humanité.
07:46Le risque est bien là.
07:47Il faut aussi, bien sûr, s'y adapter.
07:51Il faut aussi faire de la prévention.
07:53Il faut mener tout cela de front.
07:54Mais c'est aujourd'hui que nous décidons du climat que l'étrangeront les jeunes
07:58d'aujourd'hui, dans une trentaine d'années, dans la seconde partie de ce siècle.
08:03Il faut vraiment agir.
08:05Et c'est ce que nous faisons avec vous ce matin, Jean-Joselle.
08:08Merci beaucoup.
08:09Merci beaucoup, Thomas.
08:10Merci d'être venu en direct avec nous, climatologue, ancien vice-président du GIEC,
08:14le groupement des experts intergouvernementaux sur l'évolution du climat.
08:19Merci. Très bonne journée à vous.
08:207h22 sur...
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