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Transcription
00:00...75, 50 ans après le film chronique des années de Brest du réalisateur Mohamed Lagdar Amina
00:06et de retour au cinéma en version restaurée en 4K.
00:10Pour en parler ce soir, nous avons le plaisir de recevoir son fils, Malik.
00:13Bonsoir.
00:14Bonsoir.
00:15Merci d'avoir accepté notre invitation sur 324.
00:17Merci à vous de m'avoir invité.
00:18Merci.
00:19D'abord, je voudrais qu'on regarde le teaser et ensuite on revient pour l'interview.
00:21Merci.
00:21Merci.
00:21Malik Lagdar Amina.
00:48Racontez-nous tout d'abord la genèse de ce projet.
00:52Pourquoi vouloir le ressortir en salle 50 ans après ? Pourquoi maintenant ?
00:58On aurait voulu le faire avant, quand mon père était encore vivant, il est mort le 23 mai,
01:06le jour de la projection, de son hommage à Cannes Classiques, 50 ans plus tard de la Palme d'Or.
01:12Et honnêtement, la restauration a été faite il y a 5-6 ans.
01:25La conjoncture faisait que mon père avait géré ses films.
01:32Ça s'est fait, moi j'ai plus tard, on s'est arrangé avec mon père, j'ai récupéré les films, les droits de ses films, pour pouvoir les faire vivre.
01:46Et puis, il y a eu le 50e anniversaire de la Palme d'Or.
01:51Je me suis battu avec le Festival de Cannes pour lui rendre hommage, parce qu'en dehors d'avoir été le seul Africain à avoir eu la Palme d'Or,
02:03il y a une autre chose qu'il faut préciser, et qui est encore peut-être pour moi le plus important,
02:08c'est qu'il a été sélectionné 4 fois en sélection officielle, et non à la Semaine de la Critique, qui sont très bien, à d'autres...
02:19C'est la catégorie reine du Festival.
02:22Reine du Festival, et il a été primé deux fois, parce qu'il avait déjà, avant la Palme d'Or, il avait eu le prix de la première oeuvre, déjà en 67.
02:32Donc, les choses se sont faites.
02:34Et puis en plus, j'ai un ami qui est dans la distribution, qui a aimé le film, m'a proposé de le relancer, et je lui ai dit pourquoi pas.
02:47Et puis de là, on s'est dit, on va numériser les autres, et puis doucement, doucement, on va...
02:52Parce que c'est une oeuvre qui a... Son oeuvre n'a pas été... Il est connu chez les cinéphiles, il est connu, mais le...
03:00Pas du grand public.
03:01Le grand public, il n'est pas...
03:02Et justement, on peut dire que le film est une fresque historique de l'Algérie, de 1931 jusqu'à 1954, la Toussaint-Rouge, le début de la guerre d'Algérie.
03:13C'est un film éminemment politique.
03:16Comment, à l'époque, si vous avez des souvenirs, il a été perçu en France et en Algérie ?
03:20Alors, je vais vous expliquer. Alors, en France, déjà, bon, il a eu la palme d'or, et en face de lui, il n'y avait que du lourd.
03:26Comme mettait en scène, il y avait Martin Scorsese qui, lui, avec sa fondation, a pris en charge la restauration du film.
03:37Mais le film en lui-même... Excusez-moi, j'ai un peu perdu le fil.
03:46Comment il a été perçu en Algérie, en France ?
03:48Il a été perçu en Algérie, en France. Alors, il a eu la palme d'or, c'est vrai. Sauf qu'il y a une chose incroyable, c'est qu'en 1975, il est sorti en deux salles en France.
04:01Deux salles, presque en même temps que la palme d'or d'après, de Martin Scorsese, qui était taxi driver.
04:08Et 50 ans plus tard, il sort dans cinq salles Paris et une trentaine de salles en France.
04:14À l'époque, il n'avait même pas...
04:15Donc, pour vous, il n'a pas eu la reconnaissance qu'il méritait à l'époque ?
04:18Il n'avait pas eu la reconnaissance. Et puis, en plus, à l'époque, de toute façon, à toutes les sélections, il y a eu des alertes à la bombe.
04:24Justement, j'ai vu que dans la projection au festival de Cannes, il s'est déroulé dans des conditions houleuses,
04:29parce qu'il y avait des anciens de l'OAS, du groupe terroriste OAS, qui ont fait une alerte à la bombe et qui ont menacé votre père.
04:36Moi, je joue dans le film. Je fais pratiquement toute la fin du film, avec mes deux frères qui ont joué aussi des seconds rôles.
04:44Et on vient au festival pour la présentation du film.
04:48Et il y a la police qui vient nous voir et nous dit que les enfants viendront après, un quart d'heure après le début de la projection,
04:56pour assister à la projection, parce qu'il y a eu des menaces de mort.
05:00Et ils ont averti le public pour que s'il se passait quelque chose, il fallait se baisser.
05:05Alors, imaginez le public. Dans quel état on vit le film ?
05:09Je le disais dans mon introduction, votre père est jusqu'à maintenant le seul Africain à avoir emporté la Palme d'Or à Cannes.
05:16Quelle trace ce film a laissé en Algérie ? Est-ce qu'il enseigne dans les universités ?
05:20Est-ce qu'il fait partie du patrimoine historique de l'Algérie ?
05:27Vous relevez une chose importante.
05:30J'en ai parlé récemment avec les autorités en Algérie.
05:33Je leur ai dit qu'il fallait, vous avez vu les textes du fou, de ce fou dans le film qui a été écrit par un poète assez connu algérien.
05:44Et j'ai dit, dans une langue arabe assez pure,
05:52d'enseigner ses textes dans les lycées, dans les écoles.
06:00Et je pense que là, il commence...
06:02Mais vous savez, je crois que, honnêtement, honnêtement, il y a des gens qui ont vu le film aujourd'hui
06:07et qui l'ont vu il y a 50 ans et ils ne l'ont pas vu avec un même regard.
06:11Je pense qu'à l'époque, c'était 13 ans après l'indépendance.
06:13Il y avait encore... On était sous le choc.
06:17Aujourd'hui, on a du recul.
06:19Les jeunes ont du recul.
06:21Et quand on le voit, même moi, quand je l'ai vu, et aujourd'hui restauré comme il est,
06:26on a plus de recul pour voir ce film et on est plus aptes à le voir.
06:30Merci beaucoup, merci beaucoup, Malik.
06:34Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation à France 24.
06:37Et je conseille à tous les téléspectateurs d'aller voir le film.
06:38Et comme je sais que c'est une émission vue, excusez-moi de vous couper,
06:43et j'en profite très rapidement, qui est vue un peu partout en Afrique,
06:46et je dis que ce film-là, vous changez les tenues et l'environnement,
06:51ça peut se passer dans tous les pays africains où il y a eu la France coloniale.
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