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  • il y a 1 an
Demain, 17 départements seront placés en vigilance orange "canicule", en plus des 11 territoires déjà concernés. Pour en parler, nous recevons Yannick Neuder, ministre chargé de la Santé et de l'Accès aux soins.
Regardez L'invité événement avec Gaël Giordana du 08 août 2025.

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Transcription
00:00Gaëlle Giordana, RTL Soir.
00:0318h15 sur RTL, c'est le début d'une vague de chaleur en France.
00:06Demain, 28 départements du Sud sont placés en vigilance orange canicule.
00:09Les températures seront comprises selon les zones entre 34 degrés et 40 degrés.
00:14Pour en parler, nous sommes avec le ministre en charge de la santé et de l'accès aux soins, Yannick Neuder.
00:19Bonsoir.
00:20Bonsoir.
00:21Après un mois de juillet maussade, la chaleur revient donc en force.
00:24Est-ce que tout est prêt pour l'affronter ?
00:27Écoutez, les concertations se poursuivent et la vigilance est au maximum
00:32puisque même dimanche, nous aurons 40 départements qui seront en vigilance orange
00:37sur notamment 4 régions, Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie.
00:43C'est le fruit d'un long travail de concertation initié depuis le mois d'avril au sein du ministère
00:49avec naturellement les professionnels de santé, qu'ils soient de ville, de l'hôpital, public, privé, les sapeurs-pompiers.
00:57La Croix-Rouge, la sécurité civile et puis surtout les élus locaux qui sont également
01:02en première ligne devant ces vagues de chaleur.
01:04Il n'y a pas encore de plan spécial, pas de plan blanc, monsieur le ministre ?
01:08Alors le plan blanc est indépendant des niveaux de vigilance météorologique.
01:14Le plan blanc correspond à une organisation de l'hôpital si effectivement il y a un système en tension,
01:19notamment au niveau des urgences.
01:21Donc chaque hôpital est à même de déclencher son plan blanc.
01:25Mais pour l'instant, avec la régulation qui est indispensable avant de se rendre aux urgences,
01:31on arrive à trouver dans 40 à 60% des cas une solution pour éviter justement le passage aux urgences,
01:39pour laisser des urgences effectivement actives pour les patients qui en ont vraiment besoin.
01:44Et on développe beaucoup la collaboration avec le système de ville, les consultations, les conseils téléphoniques
01:50pour éviter justement que le système ne déborde.
01:52Justement, vous êtes en charge de l'accès aux soins.
01:54La gestion du personnel est difficile en temps normal.
01:57Alors en été, avec les vacances, si je vais aux urgences demain, je suis sûr de ne pas attendre plusieurs heures ?
02:02Alors déjà, je vous conseillerais de ne pas aller spontanément aux urgences, mais d'appeler le 15,
02:07puisque comme je vous le disais, dans 40 à 60% des cas, votre problème peut être réglé par des conseils au téléphone.
02:13Sinon, le régulateur pourra vous trouver une consultation dans la journée pour régler votre problème.
02:19Et si vous allez aux urgences, l'idée, c'est de pouvoir maintenir un maximum de lits ouverts
02:24pour fluidifier le passage aux urgences.
02:26C'est vrai que c'est une période critique et d'ailleurs, j'en félicite et remercie l'ensemble des personnels hospitaliers et libéraux
02:34qui permettent que le système fonctionne et tienne.
02:37Mais c'est une période toujours compliquée puisque les soignants ont également droit à des congés.
02:41C'est bien normal pour pouvoir profiter de leur famille et de se reposer.
02:44Donc, c'est un subtil équilibre entre la nécessité de rester présent, mobilisé
02:51et puis d'accorder un certain nombre de congés aux soignants qui sont des congés bien mérités.
02:56Comme souvent, ce sont les personnes âgées qui sont les plus vulnérables.
02:59Yannick Noderre, vous êtes ministre, mais surtout médecin, cardiologue.
03:03Vos conseils à nos auditeurs et auditrices ?
03:05Je crois qu'effectivement, les personnes vulnérables,
03:08et je rappelle que toutes les personnes vulnérables de plus de 65 ans,
03:12peuvent contacter leur mairie pour se faire inscrire sur des registres.
03:16Et les maires, avec leurs équipes municipales, leurs centres communaux d'action sociale,
03:20sont les derniers relais du dernier kilomètre, comme tous les acteurs du domicile,
03:23pour pouvoir porter assistance et secours à des personnes qui seraient âgées, handicapées, isolées chez elles.
03:29Après, naturellement, c'est de pouvoir se mettre dans des pièces rafraîchissantes
03:33qui sont souvent également proposées par les municipalités.
03:37Et puis, surtout, c'est de rappeler les bons conseils,
03:39de ne pas s'exposer au soleil particulièrement de 11h à 16h,
03:45de bien fermer son logement.
03:46Et puis, attention, surtout, dans ces périodes aussi estivales,
03:49on a un gros risque de noyade.
03:51Oui, j'allais y revenir.
03:52La chaleur conduit les gens à rechercher des points d'eau.
03:56Donc, attention de bien respecter également les consignes,
03:59puisqu'on a enregistré plus de 50% de noyades supplémentaires.
04:03Oui, voilà, monsieur le ministre, il y a beaucoup de noyades depuis le début de l'été, vous l'avez dit,
04:05plus de 50% par rapport à l'an dernier.
04:07Comment on lutte face à ça ?
04:10Je crois qu'il faut surtout respecter les consignes,
04:13particulièrement les personnes, justement, plus âgées.
04:16Fréquentes, j'étais hier dans le Var et je m'entretenais avec des sapeurs-pompiers
04:20qui me disaient qu'ils sont sauveteurs et qu'ils sont surveillants de baignade sur des plages
04:24et qui me disaient que les personnes plus âgées venaient profiter de la fraîcheur
04:27et, du coup, avaient tendance aussi à faire des malaises dans un milieu qui est hostile,
04:31le milieu aquatique, que ce soit en piscine, en Méditerranée ou à l'océan.
04:35Donc, attention si on est déjà fatigué et surtout de respecter les consignes
04:41et de se baigner dans les zones surveillées puisque les pompiers me faisaient clairement état
04:45que, naturellement, il y a moins d'accidents dans les zones surveillées
04:49que quand il y a une noyade, elle est de meilleurs pronostics
04:53puisqu'on a à peu près 20% des noyades qui entraînent le décès.
04:57Donc, il vaut mieux se baigner dans des zones surveillées
05:00et puis surtout de respecter les consignes.
05:02Quand le drapeau est rouge, la baignade est interdite
05:04et puis surtout quand il y a des enfants ou des adolescents, des jeunes,
05:07surtout de dire que ça ne fait pas bon ménage de la baignade avec la consommation d'alcool
05:12et puis les enfants, c'est vraiment une vigilance permanente.
05:16Il ne s'agit pas de culpabiliser les parents
05:18mais quelques minutes d'attention suffisent pour qu'un enfant se noie dans quelques centimètres d'eau.
05:22Donc, vigilance maximum.
05:24Je crois que ces périodes estivales, noyades, de fortes températures
05:28sont malheureusement de la responsabilité et de la mobilisation de chacun
05:32pour que tout le monde puisse passer ces périodes au mieux
05:35qui sont aussi des périodes estivales.
05:36Le message est passé. Vous êtes en charge de la santé.
05:39Il y a eu plus de 2 millions de Français qui se sont inquiétés pour leur santé
05:42avec la réintroduction d'un pesticide, l'acétamipride,
05:46prévu dans la désormais fameuse loi du plomb.
05:49Le Conseil constitutionnel leur a en partie donné raison en censurant le texte partiellement.
05:54Qu'est-ce que vous allez faire désormais, vous, en tant que ministre de la Santé ?
05:58Très clairement, déjà, il s'agit de respecter la décision du Conseil constitutionnel.
06:03Ensuite, c'est un petit peu un raccourci de résumer cette loi du plomb
06:08uniquement à l'acétamiprine.
06:10C'est un pas important pour les agriculteurs.
06:13Rappelez que nos agriculteurs sont en grande difficulté.
06:15C'est un métier difficile avec des défauts de revalorisation financière
06:19et surtout un défaut de compétitivité dont ce texte était là
06:22pour réaffirmer la compétitivité de nos agriculteurs,
06:27faire des mesures de simplification.
06:29Et puis surtout, je pense que ce qu'il faut, c'est se remettre à l'harmonisation européenne
06:32parce que ça n'a pas de sens d'interdire l'acétamiprine
06:36si, en même temps, on n'est pas capable d'interdire les produits importés
06:40qui sont eux-mêmes traités par l'acétamiprine dans les autres pays européens
06:44puisque je rappelle que c'est la France et que c'est le seul pays,
06:49la France, qui interdit l'acétamipride
06:51et que les 26 autres pays ne l'ont pas fait.
06:53Mais je comprends complètement la mobilisation des plus de 2 millions de signatures.
06:58Je pense que ça peut être perturbant de vouloir réintroduire une molécule
07:03qui a été interdite et je crois qu'elle a peut-être été interdite un peu précipitamment en 2017.
07:09En tout cas, moi, en tant que ministre de la Santé, soucieux de la santé des Français,
07:13je redemande aux autorités sanitaires européennes de réévaluer sans délai
07:18l'impact sanitaire de l'acétamiprine
07:20et j'attends notamment des éléments sur son possible rôle perturbateur endocrinien
07:28et également sur son action neurotoxique.
07:32Et naturellement, s'il y a le moindre problème sur ces sujets-là
07:35confirmé par les études sanitaires, nous interdirons ce produit.
07:37Merci beaucoup Yannick Noderre.
07:39Nous sommes pressés par le temps.
07:41Le ministre en charge de la Santé et de l'accès aux soins
07:44qui était notre invité sur RTL Soir.
07:46Merci à vous. Restez avec nous dans un instant.
07:49C'est votre chronique La France face aux changements climatiques.
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