00:00Gaëlle Giordana, RTL Soir.
00:0318h15 sur RTL, c'est le début d'une vague de chaleur en France.
00:06Demain, 28 départements du Sud sont placés en vigilance orange canicule.
00:09Les températures seront comprises selon les zones entre 34 degrés et 40 degrés.
00:14Pour en parler, nous sommes avec le ministre en charge de la santé et de l'accès aux soins, Yannick Neuder.
00:19Bonsoir.
00:20Bonsoir.
00:21Après un mois de juillet maussade, la chaleur revient donc en force.
00:24Est-ce que tout est prêt pour l'affronter ?
00:27Écoutez, les concertations se poursuivent et la vigilance est au maximum
00:32puisque même dimanche, nous aurons 40 départements qui seront en vigilance orange
00:37sur notamment 4 régions, Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie.
00:43C'est le fruit d'un long travail de concertation initié depuis le mois d'avril au sein du ministère
00:49avec naturellement les professionnels de santé, qu'ils soient de ville, de l'hôpital, public, privé, les sapeurs-pompiers.
00:57La Croix-Rouge, la sécurité civile et puis surtout les élus locaux qui sont également
01:02en première ligne devant ces vagues de chaleur.
01:04Il n'y a pas encore de plan spécial, pas de plan blanc, monsieur le ministre ?
01:08Alors le plan blanc est indépendant des niveaux de vigilance météorologique.
01:14Le plan blanc correspond à une organisation de l'hôpital si effectivement il y a un système en tension,
01:19notamment au niveau des urgences.
01:21Donc chaque hôpital est à même de déclencher son plan blanc.
01:25Mais pour l'instant, avec la régulation qui est indispensable avant de se rendre aux urgences,
01:31on arrive à trouver dans 40 à 60% des cas une solution pour éviter justement le passage aux urgences,
01:39pour laisser des urgences effectivement actives pour les patients qui en ont vraiment besoin.
01:44Et on développe beaucoup la collaboration avec le système de ville, les consultations, les conseils téléphoniques
01:50pour éviter justement que le système ne déborde.
01:52Justement, vous êtes en charge de l'accès aux soins.
01:54La gestion du personnel est difficile en temps normal.
01:57Alors en été, avec les vacances, si je vais aux urgences demain, je suis sûr de ne pas attendre plusieurs heures ?
02:02Alors déjà, je vous conseillerais de ne pas aller spontanément aux urgences, mais d'appeler le 15,
02:07puisque comme je vous le disais, dans 40 à 60% des cas, votre problème peut être réglé par des conseils au téléphone.
02:13Sinon, le régulateur pourra vous trouver une consultation dans la journée pour régler votre problème.
02:19Et si vous allez aux urgences, l'idée, c'est de pouvoir maintenir un maximum de lits ouverts
02:24pour fluidifier le passage aux urgences.
02:26C'est vrai que c'est une période critique et d'ailleurs, j'en félicite et remercie l'ensemble des personnels hospitaliers et libéraux
02:34qui permettent que le système fonctionne et tienne.
02:37Mais c'est une période toujours compliquée puisque les soignants ont également droit à des congés.
02:41C'est bien normal pour pouvoir profiter de leur famille et de se reposer.
02:44Donc, c'est un subtil équilibre entre la nécessité de rester présent, mobilisé
02:51et puis d'accorder un certain nombre de congés aux soignants qui sont des congés bien mérités.
02:56Comme souvent, ce sont les personnes âgées qui sont les plus vulnérables.
02:59Yannick Noderre, vous êtes ministre, mais surtout médecin, cardiologue.
03:03Vos conseils à nos auditeurs et auditrices ?
03:05Je crois qu'effectivement, les personnes vulnérables,
03:08et je rappelle que toutes les personnes vulnérables de plus de 65 ans,
03:12peuvent contacter leur mairie pour se faire inscrire sur des registres.
03:16Et les maires, avec leurs équipes municipales, leurs centres communaux d'action sociale,
03:20sont les derniers relais du dernier kilomètre, comme tous les acteurs du domicile,
03:23pour pouvoir porter assistance et secours à des personnes qui seraient âgées, handicapées, isolées chez elles.
03:29Après, naturellement, c'est de pouvoir se mettre dans des pièces rafraîchissantes
03:33qui sont souvent également proposées par les municipalités.
03:37Et puis, surtout, c'est de rappeler les bons conseils,
03:39de ne pas s'exposer au soleil particulièrement de 11h à 16h,
03:45de bien fermer son logement.
03:46Et puis, attention, surtout, dans ces périodes aussi estivales,
03:49on a un gros risque de noyade.
03:51Oui, j'allais y revenir.
03:52La chaleur conduit les gens à rechercher des points d'eau.
03:56Donc, attention de bien respecter également les consignes,
03:59puisqu'on a enregistré plus de 50% de noyades supplémentaires.
04:03Oui, voilà, monsieur le ministre, il y a beaucoup de noyades depuis le début de l'été, vous l'avez dit,
04:05plus de 50% par rapport à l'an dernier.
04:07Comment on lutte face à ça ?
04:10Je crois qu'il faut surtout respecter les consignes,
04:13particulièrement les personnes, justement, plus âgées.
04:16Fréquentes, j'étais hier dans le Var et je m'entretenais avec des sapeurs-pompiers
04:20qui me disaient qu'ils sont sauveteurs et qu'ils sont surveillants de baignade sur des plages
04:24et qui me disaient que les personnes plus âgées venaient profiter de la fraîcheur
04:27et, du coup, avaient tendance aussi à faire des malaises dans un milieu qui est hostile,
04:31le milieu aquatique, que ce soit en piscine, en Méditerranée ou à l'océan.
04:35Donc, attention si on est déjà fatigué et surtout de respecter les consignes
04:41et de se baigner dans les zones surveillées puisque les pompiers me faisaient clairement état
04:45que, naturellement, il y a moins d'accidents dans les zones surveillées
04:49que quand il y a une noyade, elle est de meilleurs pronostics
04:53puisqu'on a à peu près 20% des noyades qui entraînent le décès.
04:57Donc, il vaut mieux se baigner dans des zones surveillées
05:00et puis surtout de respecter les consignes.
05:02Quand le drapeau est rouge, la baignade est interdite
05:04et puis surtout quand il y a des enfants ou des adolescents, des jeunes,
05:07surtout de dire que ça ne fait pas bon ménage de la baignade avec la consommation d'alcool
05:12et puis les enfants, c'est vraiment une vigilance permanente.
05:16Il ne s'agit pas de culpabiliser les parents
05:18mais quelques minutes d'attention suffisent pour qu'un enfant se noie dans quelques centimètres d'eau.
05:22Donc, vigilance maximum.
05:24Je crois que ces périodes estivales, noyades, de fortes températures
05:28sont malheureusement de la responsabilité et de la mobilisation de chacun
05:32pour que tout le monde puisse passer ces périodes au mieux
05:35qui sont aussi des périodes estivales.
05:36Le message est passé. Vous êtes en charge de la santé.
05:39Il y a eu plus de 2 millions de Français qui se sont inquiétés pour leur santé
05:42avec la réintroduction d'un pesticide, l'acétamipride,
05:46prévu dans la désormais fameuse loi du plomb.
05:49Le Conseil constitutionnel leur a en partie donné raison en censurant le texte partiellement.
05:54Qu'est-ce que vous allez faire désormais, vous, en tant que ministre de la Santé ?
05:58Très clairement, déjà, il s'agit de respecter la décision du Conseil constitutionnel.
06:03Ensuite, c'est un petit peu un raccourci de résumer cette loi du plomb
06:08uniquement à l'acétamiprine.
06:10C'est un pas important pour les agriculteurs.
06:13Rappelez que nos agriculteurs sont en grande difficulté.
06:15C'est un métier difficile avec des défauts de revalorisation financière
06:19et surtout un défaut de compétitivité dont ce texte était là
06:22pour réaffirmer la compétitivité de nos agriculteurs,
06:27faire des mesures de simplification.
06:29Et puis surtout, je pense que ce qu'il faut, c'est se remettre à l'harmonisation européenne
06:32parce que ça n'a pas de sens d'interdire l'acétamiprine
06:36si, en même temps, on n'est pas capable d'interdire les produits importés
06:40qui sont eux-mêmes traités par l'acétamiprine dans les autres pays européens
06:44puisque je rappelle que c'est la France et que c'est le seul pays,
06:49la France, qui interdit l'acétamipride
06:51et que les 26 autres pays ne l'ont pas fait.
06:53Mais je comprends complètement la mobilisation des plus de 2 millions de signatures.
06:58Je pense que ça peut être perturbant de vouloir réintroduire une molécule
07:03qui a été interdite et je crois qu'elle a peut-être été interdite un peu précipitamment en 2017.
07:09En tout cas, moi, en tant que ministre de la Santé, soucieux de la santé des Français,
07:13je redemande aux autorités sanitaires européennes de réévaluer sans délai
07:18l'impact sanitaire de l'acétamiprine
07:20et j'attends notamment des éléments sur son possible rôle perturbateur endocrinien
07:28et également sur son action neurotoxique.
07:32Et naturellement, s'il y a le moindre problème sur ces sujets-là
07:35confirmé par les études sanitaires, nous interdirons ce produit.
07:37Merci beaucoup Yannick Noderre.
07:39Nous sommes pressés par le temps.
07:41Le ministre en charge de la Santé et de l'accès aux soins
07:44qui était notre invité sur RTL Soir.
07:46Merci à vous. Restez avec nous dans un instant.
07:49C'est votre chronique La France face aux changements climatiques.
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