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00:00Il est 11h40, Trina Magdine et vous.
00:03Et nous sommes avec Agnès Lebrun, ancienne porte-parole de l'AMF, l'association de maires de France.
00:09Bonjour à vous Agnès Lebrun.
00:11Bonjour.
00:12Alors évidemment on va revenir sur cette affaire.
00:15Le maire de Villeneuve de Marre dans l'Isère, Gilles Dussault, 63 ans, a été violemment agressé par un homme armé
00:20alors qu'il exerçait simplement ses fonctions.
00:23Selon les premiers éléments, il intervenait pour faire cesser un tapage nocturne
00:26quand il a été pris à partie, insulté puis violemment frappé au visage.
00:30Cette agression relance évidemment le débat sur la sécurité des maires et sur le respect des institutions.
00:36D'abord vous Agnès Lebrun, quand vous avez appris cette agression, comment vous avez réagi ?
00:41Eh bien j'ai réagi en pensant évidemment à lui et à son fils d'ailleurs qui a également été agressé.
00:48Et j'ai aussi une pensée pour Jean-Mathieu Michel qui en 2019 avait été agressé par un maçon
00:57qui avait déposé des gravats de façon illégale et qui avait reculé et écrasé ce collègue.
01:05Donc 2019-2025, on voit que la violence s'est radicalisée et qu'il y a une brutalisation générale en quelque sorte
01:14dans les paroles et les actes et tout ce qui concerne les rapports sociaux.
01:18Et comme le maire est évidemment le premier et le dernier rempart de la démocratie
01:22parce que c'est le premier interlocuteur et le dernier interlocuteur quand quelque chose ne va pas,
01:29eh bien on voit qu'il y a une dégradation phénoménale de ces actes de violence.
01:36Plusieurs personnalités ont réagi d'abord sur X.
01:39Emmanuel Macron, quand un élu est attaqué, c'est la nation qui est à ses côtés.
01:43Quand on s'attaque à ses représentants, la République se doit d'être sévère et intraitable.
01:47Pourtant une nouvelle loi a été votée en 2024 pour durcir les sanctions à l'encontre de ce qui agresse les élus.
01:52Mais rien n'a changé ? Est-ce qu'un jour la République sera vraiment intraitable ?
01:57Alors, rien n'a changé. Si, les choses ont changé.
02:00Il y a eu des décisions de prise sur non seulement la protection des élus mais aussi la réactivité.
02:07Mais on voit bien par exemple que le PAC Sécurité qui comportait des boutons d'appel d'urgence,
02:12des numéros gratuits d'aide psychologique, des réactions plus présentes du préfet en réponse à ce que vous pouvez demander à les élus,
02:23ça ne changerait rien dans la situation qui est la nôtre aujourd'hui.
02:27Puisqu'il a été agressé dans la rue de dos par quelqu'un qui n'a même pas pris la peine de lui parler et qu'il a agressé sauvagement.
02:34C'est-à-dire que l'intégrité physique n'est plus tabou.
02:38Et de mon point de vue, la situation de Jean-Mathieu Michel, trois ans s'était écoulée avant l'agression et le jugement.
02:48Donc effectivement, il faut une réponse pénale implacable et un délai immédiat.
02:55C'est-à-dire qu'il faut qu'il y ait une réaction immédiate.
02:57Il faut que la personne agresseur soit mise hors d'état de mire dès qu'elle est arrêtée.
03:07Et malheureusement, beaucoup de paroles, peu d'actes, des efforts.
03:12Il faut souligner, il y a eu des efforts de faits.
03:14Mais ça n'est pas suffisant.
03:16Vous savez, le maire, c'est une espèce d'agent de circulation finalement.
03:20Il est tout seul au carrefour des intérêts particuliers.
03:24En première ligne, en plus.
03:26En première ligne.
03:27Et il donne la direction de l'intérêt général.
03:29Dans une société où l'intégrité physique n'est plus tabou,
03:32où l'égoïsme, l'individualisme devient le maître mot,
03:38eh bien évidemment, il est le premier à prendre les coups au sens propre.
03:42Et pour cela, seule la réponse pénale implacable pourra éventuellement faire avancer les choses.
03:51Mais je note aussi qu'il faut élargir.
03:56C'est-à-dire que le discours politique que l'on entend un matin, un midi et un soir
04:00a aussi un impact sur la violence sociétale.
04:03Or, ce discours politique, il n'est pas digne de l'exemplarité
04:08que devraient avoir les élus de la République.
04:10Et il y a une sorte de banalisation du passage à l'acte
04:15qui fait que quand on n'est pas content, quand on n'est pas d'accord,
04:19plutôt que d'utiliser le premier outil de la démocratie,
04:22qui est le respect de l'autre et la parole,
04:25eh bien, on s'en prend physiquement à celui qui incarne l'autorité.
04:28Et ça vaut pour tous les représentants de l'autorité, évidemment, mais le maire aussi.
04:32Et on rappelle que 2500 élus sont agressés chaque année.
04:35C'est symptomatique d'une société qui va très mal ?
04:38C'est symptomatique d'une société qui va très mal en France.
04:42Il faut noter que ça ne concerne pas que la France, ça concerne tous les pays d'Europe.
04:47Il y a eu un certain nombre d'observations et de statistiques qui ont bien montré
04:52que dans tous les pays européens, les agressions à l'encontre des élus, des maires, des conseils municipaux,
04:58des adjoints, ces agressions augmentent.
05:01Néanmoins, en France, puisque c'est le sujet qui nous occupe,
05:05on voit bien que c'est la digue démocratique qui est en train de s'effondrer.
05:09Autrement dit, l'effet collatéral, ça va être une démobilisation augmentée
05:15des potentiels candidats aux élections municipales de 2026.
05:19Et ça aussi, il faut y penser.
05:20C'est-à-dire qu'on voit bien que tout ce qui unit, tout ce qui facilite le savoir-vivre ensemble,
05:30eh bien c'est en train de diminuer.
05:32La nation, en quelque sorte, se explose, se fragmente,
05:38et on se retrouve avec une addition d'intérêts particuliers
05:41qui ne supportent pas la frustration, qui ne supportent pas l'ordre,
05:46qui ne supportent pas la discipline et la règle.
05:48Et celui qui incarne le respect de cette règle,
05:52et qui doit d'ailleurs la faire respecter,
05:55eh bien se retrouve en première ligne.
05:56Donc oui, ça va mal, mais il faut bien se dire qu'il y a malgré tout des solutions.
06:02Je répète, trois ans pour qu'un jugement soit prononcé,
06:05c'est évidemment beaucoup trop long.
06:07On va en parler dans un instant, Agnès Lebrun.
06:08Restez avec nous, on marque une pause, il est 11h47 sur...
06:11Bonjour, avec Agnès Lebrun, conseillère régionale de Bretagne
06:14et enseigne porte-parole de l'Association des maires de France.
06:17Pour revenir sur cette agression du maire de Villeneuve-de-Marc dans l'Isère,
06:20Gilles Dussault, 63 ans, qui a été violemment agressé par un homme armé
06:24alors qu'il exerçait simplement ses fonctions.
06:28Justement, selon les premiers éléments, il intervenait pour faire cesser un tapage nocturne
06:31quand il a été pris à partie, insulté, puis violemment agressé au visage.
06:36Agnès Lebrun, vous nous disiez juste avant la pub qu'il existe des choses à mettre en place
06:40pour mieux protéger nos élus.
06:42Lesquels concrètement ? Quelles solutions il y aurait ?
06:44Alors, je répète que je pense que la première chose, c'est la réponse pénale,
06:49immédiate et implacable, avec un délai d'exécution le plus court possible.
06:53La deuxième chose, c'est probablement ce qui se passe déjà dans certains pays d'Europe d'ailleurs,
06:59c'est la formation des élus.
07:01Je ne dis pas que cet élu n'a pas été fort, mais ce n'est pas du tout ce que je dis.
07:04Il était tout à fait dans l'exercice de sa fonction très naturelle.
07:08Mais on peut durcir en quelque sorte la formation que reçoivent les élus
07:13pour mieux réagir, comme on le fait pour les pompiers,
07:16comme on le fait pour les policiers, comme on le fait pour les professeurs,
07:19pour tous ceux qui incarnent l'autorité.
07:21Eh bien, il y a peut-être là une amélioration à apporter sur comment se comporter,
07:27comment prévenir les violences.
07:29Mais encore une fois, on n'y arrivera jamais face à typiquement ce type d'agression qu'on a aujourd'hui.
07:37C'est une agression spontanée, sans prévenir, dans le dos.
07:44C'est quelque chose d'épouvantable.
07:46C'est-à-dire que là, réellement, c'est l'intégrité physique qui n'est plus tabou.
07:50Donc là, il n'y a en réalité aucun rempart rationnel face à ce type d'agression.
07:56C'est pour cela qu'en amont, face à ce type d'agression, on ne peut pas faire grand-chose.
08:02En revanche, en aval, c'est-à-dire après l'agression, il faut des peines exemplaires qui soient dissuasives.
08:09Aujourd'hui, ce n'est pas exactement le cas.
08:12Moi, j'ai connu, il y a encore très peu d'années, finalement, des travaux d'intérêt général,
08:17des plaintes qui sont portées avec récurrence d'incivilité ou d'agression verbale.
08:24Par exemple, à l'encontre des élus qui étaient traités sans suite.
08:28Il faut réellement que soit intégré dans la mission de l'élu le danger qu'il vit lorsqu'il exerce sa fonction.
08:39Aujourd'hui, on n'est pas encore tout à fait là.
08:41Merci Agnès Lebrun d'avoir été avec nous sur Europe 1.
08:45Je rappelle que vous êtes l'ancienne porte-parole de l'AMF, l'Association des maires de France.
08:49Merci à vous.
08:49Merci.
08:50Évidemment, cette agression a fait réagir plusieurs personnalités, notamment Sébastien Chenu,
08:55qui s'est exprimé ce matin sur Europe 1, au micro de Thomas Chinelle.
08:59Je vous propose de l'écouter.
09:00Comment ne pas penser à ce maire ? Cela fait écho aux agressions de nombreux maires.
09:04Dans ma circonscription, je me souviens du maire de Main, Philippe Baudrin,
09:08agressé alors qu'il demandait à des gens du voyage de quitter le domaine public,
09:12reçu ensuite par Emmanuel Macron, et puis plus rien.
09:15Parce qu'à chaque fois, c'est toujours le retour au point de départ.
09:17On déplore, on reçoit, le gouvernement déplore, on reçoit les élus locaux,
09:22et puis il ne se passe rien.
09:24C'est-à-dire que les sanctions que risquent ceux qui agressent nos élus locaux
09:27ne sont pas suffisamment importantes, ne sont pas suffisamment appliquées.
09:32Et ceci va provoquer une chose, c'est que ça va décourager aussi les vocations,
09:36au-delà même du phénomène particulièrement inacceptable
09:39que constitue l'agression d'un élu local.
09:42Et on va accueillir le député ancien maire de Poissy, Carl Olive.
09:44Bonjour, Carl Olive.
09:46Bonjour, madame Agdine.
09:48Merci d'être avec nous sur Europe 1.
09:49Alors vous, évidemment, je vais vous demander votre réaction à cette agression.
09:53Écoutez, vous l'avez rappelé, j'ai été maire de Poissy pendant presque 10 ans,
09:57en subissant, mais comme un certain nombre de collègues maires,
10:00des agrétions, des menaces de mort, des intrusions à mon propre domicile,
10:05le domicile surveillé quasiment 24 heures sur 24 pendant 6 mois en 2015.
10:09Je crois d'abord que ce qu'il faut bien préciser, c'est que lorsqu'on touche un maire de ce pays,
10:15un élu de ce pays, on touche à la République.
10:17Et lorsqu'on touche à la République, on abîme la France.
10:20Le collègue Gilles Dussault est un porteur de l'autorité publique,
10:24il est officier de police judiciaire, il intervient dans le cadre de ses fonctions,
10:28et c'est tout simplement inacceptable.
10:30Alors aujourd'hui, je vois bien que les uns et les autres se précipitent pour dire
10:34mais que fait l'État, que fait l'État, le sujet, c'est qu'il nous faut au niveau législatif,
10:39au niveau pénal, des sanctions, et ça commence à être le cas,
10:42et ça commence à être le cas, et tant mieux,
10:44puisque pendant longtemps on a réclamé ça, nous autres qui étions,
10:46et je faisais également partie de l'association des maires de France,
10:49des élus de terrain qui remarquions que nous n'étions pas suffisamment protégés,
10:54faire en sorte que la réponse pénale soit à la hauteur du délit,
10:57et que la personne qui va être retrouvée, parce qu'elle va être retrouvée.
10:59Moi je fais confiance aux équipes de M. Rotaillot,
11:02comme je le faisais à l'époque, une confiance aux équipes de M. Darmanin,
11:06elle va être retrouvée.
11:07Derrière, il faut impérativement que la réponse judiciaire soit même exemplaire,
11:11c'est-à-dire que cette personne puisse aller passer quelques temps hors d'état de nuire,
11:15c'est-à-dire dans un centre qui soit fermé.
11:18Il nous faut des exemples, il nous faut absolument être dans la,
11:21non pas dans la symbolique, mais à la hauteur du délit qui a été proféré.
11:26Mais qu'est-ce qu'on attend pour donner une réponse judiciaire ferme ?
11:30Je pense que la réponse judiciaire, elle commence à être mise en place,
11:34mais encore une fois, je pense qu'on pâtit de 20 ans de laxisme,
11:37mais on a besoin d'une restauration de l'autorité de l'État dans toutes les strates de notre société.
11:42Vous avez raison de stigmatiser, à l'endroit des élus, à l'endroit des policiers,
11:46à l'endroit des pompiers, à l'endroit des enseignants,
11:48et même entre citoyens, il n'y a plus du tout de respect de la règle.
11:51Moi je viens du sport. Dans le sport, lorsqu'on est dans le jeu, on est dans le jeu.
11:55Quand on est hors du jeu, on est sanctionné. Il faut que ce soit la même chose au quotidien.
12:00Et vous verrez que si jamais on remet le barycentre à logiciel d'autorité dans toutes les strates de la société,
12:05alors on aura certainement un peu moins de problèmes qu'on en connaît aujourd'hui,
12:09ou dans l'impression que tout est permis, qu'on oscille entre laxisme et impunité.
12:13Est-ce qu'on protège suffisamment les maires aujourd'hui dans leur quotidien sur le terrain ?
12:17Et est-ce qu'on se sent soutenus par l'État en tant que maires ?
12:21Alors ce qu'il faut dire, c'est que depuis quelques temps maintenant,
12:24il existe une loi qui protège mieux les élus.
12:28Cette loi qui a été mise en place permet notamment d'avoir de la protection fonctionnelle,
12:34permet parfois d'avoir des plaintes qui soient mises directement en place par l'État
12:37plutôt que d'aller passer trois heures parfois au commissariat.
12:42Donc ça je dirais que ça va dans le bon sens.
12:44Non, ce qu'il nous faut impérativement, c'est que la réponse pénale soit encore une fois
12:48à la hauteur du délit qui est mis en place.
12:51Et je pense très précisément, Madame Aguil,
12:54que si aujourd'hui le voyou, j'ai presque envie de dire le lâche,
12:59le barbare qui est intervenu lâchement contre Gilles Bichaud,
13:02notre collègue maire, avait de la prison ferme et qu'elle soit exécutée,
13:07alors on aura un vrai signal qui serait envoyé à celles et ceux qui,
13:10il faut le dire, sont des ennemis de la République.
13:12Et quand on est ennemi de la République, il faut être traité comme un ennemi de la République.
13:15Il faut durcir les sanctions spécifiquement contre ceux qui s'en prennent à des élus ?
13:21Rappelons que les élus, encore une fois, sont des représentants de la nation
13:25et à ce titre-là, lorsqu'on touche à un élu, encore une fois, on touche à la nation
13:28et on abîme la France.
13:30Protéger les élus, c'est protéger la France.
13:33Et aujourd'hui, il me semble que nous devons impérativement durcir les sanctions,
13:38qu'elles soient exemplaires, surtout lorsqu'on a, je dirais,
13:42à faire un dépositaire de ce qu'on appelle l'autorité de l'État,
13:44et en l'occurrence, les maires.
13:45Les maires, ce sont des fantômes de la République.
13:47Et je pense que la première des libertés, c'est de les sécuriser, c'est de les protéger.
13:50Il faut des peines planchers ?
13:53Moi, j'ai toujours été favorable aux peines planchers.
13:56Il n'y a pas de raison que je le sois en général pour l'ensemble des concitoyens
14:00qui sont en déni et que je ne le sois pas pour les maires qui sont en première ligne.
14:04Est-ce que vous appelez aujourd'hui l'Assemblée à se saisir de ce dossier ?
14:09Je crois que l'Assemblée se saisit régulièrement de ce dossier.
14:12Et d'ailleurs, je le remarque, c'est souvent l'été que ça se passe,
14:17c'est que dès qu'il y a un élu qui est touché, on remet une thèse dans le jukebox
14:22et on a l'impression que, c'est le stop ou encore, on n'a jamais de stop.
14:26Et ça, ça suffit parce que c'est un mauvais message qu'on envoie aux Français.
14:30Voyez-vous, ce qui se passe aujourd'hui, s'il n'y a pas de sanctions qui soient exemplaires,
14:33demain, on pourra recommencer.
14:34J'ai toujours dit qu'un jour, on aurait malheureusement un collègue qui passerait,
14:37on ne pourra pas dire qu'on se pince le nez et qu'on puisse dire,
14:39à le moment venu, on ne savait pas.
14:41Merci beaucoup, Karl-Oliv, député ancien maire de Poissy,
14:44d'avoir été avec nous sur Europe 1.
14:46Il est 11h58.
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