00:00Les stars sont de plus en plus nombreuses à associer leur nom et leur notoriété à l'univers du vin.
00:05Tout cela dans un contexte de crise et de difficultés pour la filière viticole française.
00:10Sans oublier bien entendu une très grande concurrence internationale.
00:13Notre émission est ce soir intitulée Johnny passe au rouge.
00:17Et voici les invités qui ont accepté d'y participer.
00:19Eric Olegas est journaliste à Marianne où il chronique le vin, la gastronomie et l'art de vivre.
00:24Vous préparez une enquête sur la défense des vins de la vieille Europe.
00:26Face à ceux du Nouveau Monde pour votre journal, je rappelle qu'on vous retrouve aussi tous les samedis sur France Inter dans l'émission intitulée
00:33« Ça se bouffe pas, ça se mange ».
00:35Jean Guillon est du propriétaire d'un domaine de 80 hectares dans le Médog.
00:38Vous produisez 500 000 bouteilles par an.
00:40Depuis trois ans, vous êtes associé à l'acteur Christophe Lambert pour l'un de vos vins.
00:44Vous nous expliquerez pourquoi et comment.
00:46Jean-Pierre Allot est lui rédacteur en chef du magazine Vin et Cigar.
00:48Vous venez de publier à boire sur parole aux éditions Fleurus où justement de nombreuses vedettes de cinéma, de la musique ou encore de l'édition
00:56racontent leur implication et leur passion dans le monde du vin.
00:59Enfin, Alain Martier, fondateur et président du Wine & Business Club qui regroupe plus de 1600 patrons amateurs de vin.
01:05Vous êtes l'auteur d'un ouvrage polémique intitulé « Ils vont tuer le vin français ».
01:09Cher Hamsey, je précise que vous êtes petit-fils de Vineron et qu'on peut vous retrouver sur BFM TV.
01:15Johnny qui passe au rouge, ça c'est une info, Péricault-Legas.
01:18Oui.
01:18Ça a pas l'air de vous pensionner.
01:21Non, parce qu'on est dans la logique.
01:23Ah bon ?
01:24La logique.
01:25On investit dans tellement de choses aujourd'hui quand on a de l'argent, quand on est industriel, on s'achète des journaux.
01:31Et maintenant, quand on est dans le showbiz, on s'achète des vignobes.
01:34Alors Gérard Depardieu avait commencé la série d'autres avant lui.
01:37Jean-Louis Trintignant, très discrètement d'ailleurs, au domaine de Garance.
01:40Et puis maintenant, c'est la bosse, il faut s'acheter son vignoble.
01:42Le vin est devenu un élément culturel glorifiant.
01:44Non mais c'est intéressant ce que vous venez de dire, sauf que vous venez de nous donner l'exemple et le contre-exemple.
01:49Le contre-exemple.
01:50Personne ne sait, en dehors des amateurs de vin, que Jean-Louis Trintignant est impliqué.
01:53C'est longtemps.
01:54Voilà, non mais je veux dire, pardonnez-moi, ce que je veux dire, c'est que ça n'est pas un outil de promotion, ni pour lui, ni pour son vin.
01:58Il l'a pas fait pour ça, il l'a fait par amour du vin, alors que les autres l'ont fait parce que...
02:02C'est vrai, des rares du reste.
02:03Oui, c'est vrai.
02:03C'est de discrétion, parce que les autres ont communiqué quand même la plupart.
02:07Mais justement, mais ça traduit quoi, cette histoire-là, que l'on voit associé, ce soir on s'amuse à un clin d'œil, mais à titrer une émission de Jolie Passe aux Rouges.
02:14Le vin, c'est un paradoxe, le vin est un peu diabolisé parce qu'il y a quand même un problème atlétique, n'est-ce pas ?
02:21En même temps, c'est un produit culturel glorifiant.
02:24Voilà, c'est chic le vin, un vignoble c'est chic, c'est porteur d'un symbole culturel, c'est quelque chose de sacré.
02:30Et maintenant, le dernier cri quand on est une vedette du showbiz, c'est d'avoir son vignoble, c'est d'avoir sa bouteille, c'est même d'avoir...
02:36La vérité, c'est... Ils n'y connaissent pas grand-chose en fait, je les aime bien, ils ont une étiquette à leur nom. C'est tout.
02:41On va avoir son nom sur l'étiquette.
02:42Jean-Pierre Allot, je vais être plus brutal et si je vous dis, ils ne savent plus comment vendre leur pinard.
02:47Oui, il y a un peu de ça. Mais enfin, la plupart, on vient de le rappeler, ce sont des gens qui ont la célébrité, la gloire.
02:54Alors, une fois qu'on a la maison à Saint-Tropez et puis le château dans le Périgord, il faut, et le chalet à Meugev, il faut nécessairement avoir quelques terres.
03:02Alors, il ne faut pas oublier qu'au fond, on est tous des fils de paysans, des fils de ruraux.
03:08Et l'attachement à la terre, c'est quelque chose qu'on traîne au fond des gètes.
03:14C'est encore vrai là ce que vous me dites ? Moi, je suis ravi quand on vous dit ça parce que les Français adorent qu'on leur dise ça.
03:18Vous êtes tous des nés, même quand on est nés depuis trois générations à Boulombiancourt, on est tous des fils de paysans.
03:23Oui, mais avant les détails, quand vous avez de l'argent et que vous avez la cinquantaine, la gloire, avoir son carré de vigne, nécessairement, c'est quelque chose qui vous titille.
03:37Alors, il y a des gens initiés et puis il y a des gens, on le rappelait, qui ne connaissent rien du tout.
03:41Moi, j'ai envie de vous dire, faites attention, il y a un public jeune ce soir dans cette émission, bientôt, on aura des prêts mixtes ou des cocktails l'hori.
03:49Oui, mais pourquoi pas ?
03:50Ah, pourquoi pas ? Allons-y.
03:52Mais il y a plein de gens, il y a Bernard Laporte qui fait également du vin, vous faites bonne chance, il y a également Tigana, il y a Beckham, il y a plein de gens, il y a Coppola qui fait du vin, il y a également Alizi qui fait du vin, il y a plein de gens.
04:02Et je crois que c'est une chance pour le vin d'avoir des vrais ambassadeurs naturels qui vont également toucher un public de jeunes.
04:07Les Français, les jeunes, ne boivent pas.
04:08Est-ce que c'est une chance pour les consommateurs ? Moi, je comprends très bien, pardonnez-moi, je comprends votre point de vue, la question c'est, est-ce que c'est une chance pour les consommateurs ?
04:16Et comme l'a rappelé Perico Legas, à juste titre d'ailleurs, il y a une question qualitative qui doit être posée, voilà, et pas uniquement marketing.
04:23Et après, il y a une question de santé, mais je veux dire, voilà, donc on est quand même obligé de les inventer comme ça.
04:26Le vin manque d'ambassadeurs, et un Johnny Hallyday qui se met dans le vin, c'est une bonne chose, c'est-à-dire pour convaincre, et tout à l'heure quand on parlait de diaboliser, c'est vrai, il faut pour essayer d'arrêter un peu cette vinophobie, entre guillemets,
04:36le fait qu'il y ait des gens bien à notoriété qui se disent, je mets mon vin, je mets mon étiquette, je mets mon nom, ça c'est très bien pour le vin.
04:42Et après, il faut essayer de passer, il y a quand même 38% des Français qui ne boivent jamais de vin, c'est triste.
04:46C'est triste quand même, ce qui est triste, c'est qu'on ait besoin d'avoir la trompe de Depardieu et de Johnny Hallyday sur une étiquette, c'est une question.
04:51Oui, mais là, il y a une notion de marketing aujourd'hui dans le vin, enfin on ne peut pas lier le marketing.
04:54Non, non, non, non, on va tout voir petit à petit de mer, allez-y.
04:57Ce n'est pas forcément du bon vin, ce n'est pas parce qu'il y a la signature d'un grand acteur sur une étiquette que ce vin est bon, au contraire, j'ai même plutôt des doutes, je n'ai pas que ce soit un vin qui lui-même soit marketing.
05:05Ils ont les moyens pour en faire du bien.
05:06Oui, mais la plupart embauchent des analogues, compétents, et quand on a l'argent, on arrive à faire deux.
05:14Bien sûr.
05:14On prend l'exemple de Charles Depardieu.
05:16Qui fasse du parfum, qui fasse quand même de l'or.
05:18Oui, de l'or, c'est du parfum.
05:19Oui, oui, il faut perdre les mignons, je trouve...
05:21Non, non, non, non, s'il vous plaît, les uns après les autres, terminé.
05:23Je trouve plus logique qu'ils fassent du parfum, c'est vraiment un produit artistique, de luxe, culturel, qui correspond un peu plus à leur univers psychologique,
05:30que le vin qui est une vraie civilisation du travail de la Terre, qui ne connaissent rien, qui ne font pas la différence entre un cépage inférieur passé.
05:37Ça dépend qui ! Pourquoi les mettez-vous, pardonnez-moi ?
05:41Depardieu a appris, Depardieu, s'il connaît récemment.
05:43Pourquoi les mettez-vous tous dans le même panier que Christophe Lambert a développé, une passion pour le vin, une connaissance ?
05:50On va en discuter dans un instant, puisque vous êtes associé à lui, mais voilà.
05:53Tant mieux, mais il ne faut pas que dans la crise du vin français aujourd'hui, le secours commercial vienne du marketing des signatures des grands acteurs.
05:59Ça serait dramatique pour le vin.
06:00Jean Guillon, pourquoi vous êtes-vous associé à Christophe Lambert ?
06:03C'est un petit peu pour dire le contraire, là, de ce que vous venez de dire, parce que je pense qu'à partir du moment où on fait un vin de qualité, c'est bien beau de faire de la qualité.
06:11Produit dans le Languedoc, reportage, Fabrice Hauss, Stéphane Lopez.
06:21Bentley noir, lunette noire, pour cérémonie minutieusement préparée.
06:27Johnny joue la star, pour présenter sa propre cuvée.
06:31À Saint-Ouen, le monde de la communication s'est réuni pour apercevoir le rockeur et ses bouteilles.
06:38Du rouge, du rosé, du blanc, la plus belle promotion qui ait jamais connue, un coteau du Languedoc.
06:44Sur l'étiquette de la bouteille, une simple mention, découverte par Johnny Hallyday.
06:50Pourquoi avoir donné votre nom à un vin, finalement ?
06:54Mais pourquoi pas ?
06:56Pourquoi ?
06:57Vous aviez envie ?
06:58Parce que Roger Santa me l'a demandé, parce que je crois qu'ils avaient besoin de quelqu'un de connu pour leur donner un coup de main.
07:09Que moi, je voulais pas non plus, si le vin me faisait pas dire d'accord, que je l'ai goûté.
07:16J'ai passé un week-end là-bas avec Roger.
07:18Et que je l'ai trouvé bon, le vin.
07:21Et que j'ai dit d'accord, j'avais envie de le faire.
07:24C'est pas vous qui l'avez découvert, techniquement parlant ?
07:27Je l'ai découvert par Roger Santa.
07:30Roger Santa, le père de la cuvée Johnny.
07:33Mais on est bien là, là où on se sent vraiment à la campagne.
07:37Un ami de la star.
07:39Johnny, je te remercie, parce que je sais...
07:42Un langue de sien qui connaît mieux que personne.
07:44Le monde du vin, ancien patron de France Boissons, ancien directeur général d'Eineken.
07:50Il a trouvé la parade idéale à la loi Evin et l'interdiction de publicité pour les boissons alcoolisées.
07:55Vous savez très bien qu'on ne peut pas communiquer sur ces produits-là.
08:00C'est un moyen de pouvoir le faire connaître, de le faire partager à tous les Français.
08:05Ce vin qui est du côté de l'Europe, qui n'est pas forcément connu.
08:10Et voici le troisième homme, Olivier Saguez, un pro de la communication,
08:14à l'origine du nom des étiquettes, le maître de cérémonie.
08:18Pour lui, ce vin, c'est d'abord le fruit d'une amitié.
08:21L'amitié, c'est un argument marketing ici ?
08:26Non, non, non, non, non, non, non, non, non.
08:27Pour ce sujet, oui. Pour ce sujet, c'est un vrai sujet.
08:30Non, non, non, non, non, non, là, c'est le cas.
08:32C'est le cas, du reste, je n'ai pas fait ça du tout pour gagner des sous.
08:34C'est bien important. On ne veut y vendre que 10 000 bouteilles.
08:36Non, on ne compte que ce n'est pas 100 000 bouteilles.
08:38Moi, je travaille sur des énormes projets.
08:40Ça, c'est un petit projet sincère, honnête, vrai.
08:43Lui dit 10 000 bouteilles, la réalité, c'est 10 fois plus, 100 000 bouteilles.
08:47Les informations restent confidentielles, surtout quand elles sont financières.
08:51Rien sur les royalties de la star, mais un professionnel évoque un prix du simple double
08:56avec la simple mention Johnny Hallyday.
08:59Seule certitude, la bouteille de ces vins d'assemblage sera vendue 10 euros plus.
09:05Est-ce que vous l'achèteriez à 10 euros ce vin ?
09:07Oui.
09:08Parce qu'il est moins.
09:09Oui.
09:1010 euros, ce n'est pas trop cher entre nous.
09:12Écoutez, trouver un autre bon vin, un moins cher.
09:15C'est pas.
09:17A 10 euros, vous l'achetez la bouteille en tant que consommateur ?
09:20Sur la cuvée de rouge, par exemple.
09:24L'enrosé, selon votre goût ?
09:25Oui, oui.
09:26Pas trop cher ?
09:27Je pense qu'il faut le resituer dans l'ensemble de l'offre.
09:31Peut-être pour la grande distribution, c'est peut-être un petit peu l'effet Johnny qui peut jouer.
09:38Et côté goût ?
09:39Moi, je dirais qu'il manque un peu de longueur en bouche, mais il est peut-être un petit peu jeune.
09:49A 10 euros, vous l'acheteriez ?
09:51Non, je préférais qu'on me l'offre.
09:53Pas forcément un cadeau, cette cuvée Johnny, mais une très jolie opération commerciale, un coup de projecteur inspiré sur les vignes du Languedoc.
10:04À la vente, à la vente, à la vente.
10:05Eh bien, il est drôle ce reportage.
10:09Alors, on a une première question de téléspectateurs.
10:11D'une façon générale, les vignerons accueillent-ils favorablement les stars dans leur profession ?
10:16Alors, essayons de répondre à ça, voilà, calmement.
10:19Vous, vous avez fait la démarche.
10:22Est-ce que tous les producteurs qui bordent votre propriété sont contents de vous voir vendre avec Christophe Lambert ?
10:27Tous les gens qui sont autour de nous sont contents de voir qu'il y a une animation dans la région,
10:32et que quand Christophe Lambert vient dans le vignoble, il vient de temps en temps quand même,
10:37eh bien, ça amène du monde, ça amène les journalistes, ça amène des propos sur le Nord-Médoc,
10:42et ce ne peut être que bon pour la région.
10:44Donc, les producteurs sont contents de voir qu'on peut animer des régions et faire venir du monde dans certains endroits grâce à des stars.
10:52Ils ne sont pas un peu jaloux ?
10:54Bon, si vous voulez, je crois que le milieu rural, de toute façon, a toujours été un petit peu jaloux.
10:59Ils regrettent peut-être de ne pas l'avoir fait eux-mêmes, mais ils sont ravis que ça se passe.
11:01Mais pardonnez-moi, ça vous fait deux fois un reportage dans le Sud-Ouest chaque année ?
11:05Ou ça vous fait un reportage dans une revue américaine où on parle...
11:07Voilà, je...
11:09Ça fait...
11:10Quels sont, par exemple, les... Voilà, quel est le rendu en couverture presse de cet événement ?
11:15Le rendu, c'est Gala, c'est... Puisque vous voulez des noms de journaux, c'est Gala, c'est les Figaro, c'est les Echos, c'est...
11:23Tous les journaux, lorsqu'il y a un événement avec Lambert qui se déplace et tout, couvrent effectivement l'opération.
11:31Ce sont les people, en fait.
11:33C'est pas forcément la...
11:34Vous, vous nous dites, ça marche.
11:35Je suis heureux d'avoir fait ça et je le referai demain.
11:38Absolument, parce que les gens se posent une question, ils se disent, tiens, dans le fond, qu'est-ce que Lambert fiche dans ce vignoble ?
11:42Qu'est-ce que c'est que ce vin ?
11:43Si le vin est mauvais, ça tombe à l'eau tout de suite.
11:46C'est pour ça que le vin ne peut pas être de mauvaise qualité si vous voulez avoir une bonne communication.
11:51C'est pas possible.
11:52On va faire un coup, parfait, il y a alors tout le monde...
11:54Les gens vont le goûter, on va dire, mais quelle horreur !
11:56C'est pas possible, c'est fini.
11:57Et les journalistes spécialisés dans le vin vont venir une fois et ne viendront plus.
12:02Quand votre voisin va faire le vin, Claudia Schiffer, moi je vous dis que vous allez être fou.
12:06Un beau mariage.
12:07Je regretterais peut-être de ne pas l'avoir fait avant lui, c'est sûr.
12:10En fait, il n'y a pas beaucoup de femmes, Yves, qui...
12:13Il y a Carole Bouquet qui a un goût de terre du côté de Saint-Emilion.
12:16Madonna aussi, qui s'est bestie.
12:18Madonna, voilà.
12:19Mais en fait, de manière générale, les femmes ne sont pas propriétaires de vignoles.
12:24Est-ce que ça va être, d'après vous, elles hésitent encore à associer justement leur image et leur nom à la promotion du vin ?
12:29C'est intéressant ce que vous soulevez comme question.
12:31Dans le cas de Carole Bouquet, elle a choisi...
12:33Sous-titrage Société Radio-Canada
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