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  • il y a 6 mois
Nicolas Sarkozy est-il en train de se rapprocher du Rassemblement National ? En tout cas, la question se pose après les révélations du Point sur une rencontre avec Jordan Bardella. On apprend que l'ancien président de la République se serait entretenu avec Sébastien Chenu, vice-président du RN. On en parle avec : Arthur Berdah, rédacteur en chef adjoint au service politique du Figaro. Et Laurence Sailliet, ancienne députée européenne Les Républicains.

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Transcription
00:00Un mot de politique. Nicolas Sarkozy est-il en train de se rapprocher du Rassemblement National ?
00:05En tout cas, la question se pose après les révélations du point sur une rencontre avec Jordan Bardella.
00:10On apprend que l'ancien président de la République se serait entretenu avec Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement National.
00:17Et vous voyez ces propos rapportés par le canard enchaîné.
00:20Il ne faut pas craindre une dissolution, aurait dit Nicolas Sarkozy, car si vous gagnez les élections législatives,
00:26vous aurez l'expérience du pouvoir avant 2027.
00:30On en parle en plateau avec nos invités, Laurence Saillet.
00:32Bonsoir, merci d'être dans BFM Story, ancienne députée européenne LR.
00:36Et puis Arthur Berdard, rédacteur en chef adjoint au service politique du Figaro.
00:41Arthur, cette rencontre avec Sébastien Chenu, vous l'avez confirmée ?
00:45Absolument. D'abord, c'est ça. Je peux vous confirmer que cette rencontre, elle a bien eu lieu.
00:49D'ailleurs, ce n'est pas la première rencontre entre Nicolas Sarkozy et Sébastien Chenu.
00:53Les deux hommes s'étaient vus, me dit-on, il y a un an, chaque fois à la demande de Sébastien Chenu.
00:59Ça, c'est une version qui est partagée des deux côtés, chaque fois à la demande de Sébastien Chenu.
01:03Parce que Sébastien Chenu, il faut le rappeler peut-être à ceux qui nous regardent, il vient,
01:07et Laurence Saillet pourra en parler mieux que moi, il vient de rendre de la droite Sébastien Chenu en 2007 et en 2012.
01:13En 2012 notamment, lorsque Marine Le Pen l'appelait à faire battre Nicolas Sarkozy.
01:17Sébastien Chenu, lui, il n'était pas dans la campagne du Front devenu Rassemblement National.
01:20Il était du côté de l'UMP et de la campagne de Nicolas Sarkozy.
01:25Donc ça a été la deuxième rencontre entre les deux hommes, une première il y a un an,
01:28une deuxième plus récente dans le courant du mois de juillet absolument,
01:33rue de Miroménil dans les bureaux parisiens de Nicolas Sarkozy.
01:36Et à chaque fois, ça s'est fait à la demande de Sébastien Chenu,
01:38qui lui est demandeur et curieux de l'avis de Nicolas Sarkozy sur tout un tas de sujets
01:43dont on va sans doute parler dans les minutes qui viennent.
01:45Je peux même vous dire que Sébastien Chenu, il a demandé le numéro de téléphone de Nicolas Sarkozy,
01:49qu'il le lui a donné et que les échanges ne sont pas réguliers,
01:52mais qu'ils existent parce que Sébastien Chenu est curieux absolument.
01:55Sébastien Chenu a rejoint le Front devenu Rassemblement National,
01:59mais il reste curieux du regard, dit-il, acéré et vif de Nicolas Sarkozy.
02:03Alors ça y est, ça veut dire quoi ?
02:04C'est-à-dire que l'ancien président anticipe une victoire politique du RN
02:09en cas de dissolution pour des législatives ou la présidentielle de 27 ?
02:13En tout cas, cette victoire est probable.
02:15Après, je ne connais pas les intentions secrètes de Nicolas Sarkozy
02:18en recevant Sébastien Chenu ou Jordan Bardella, comme il l'a fait juste avant.
02:22Mais moi, ça ne me choque pas particulièrement.
02:24Vous savez, sur l'échiquier politique, tout le monde parle avec tout le monde.
02:27La réalité, vous le savez bien, en coulisses, quand on débat,
02:29on parle entre nous, à l'Assemblée Nationale, les députés parlent entre eux.
02:33Donc moi, je ne vois pas de problème particulier.
02:35Il y a longtemps eu un cordon sanitaire.
02:37On a dit qu'il ne faut pas parler à l'extrême droite.
02:39Alors, je vais vous dire que le cordon sanitaire,
02:41vu le comportement de LFI aujourd'hui sur un certain nombre de sujets,
02:45je pense qu'ils ont réussi à prendre la place du RN en termes de cordon sanitaire.
02:49La droite, aujourd'hui, a plus peur de LFI qu'elle n'a peur du RN.
02:53Et en plus, ce n'est pas parce que Nicolas Sarkozy les rencontre
02:56qu'il y aura une alliance.
02:58Et les électeurs, on n'en est pas propriétaires.
03:01Si les électeurs de droite sont attirés par le Rassemblement National,
03:03comme ça a été le cas, puisque LR en a perdu beaucoup au fil des années, évidemment,
03:07c'est parce qu'il y a à droite des carences programmatiques.
03:11Il y a à droite des carences de leaders.
03:13Donc, ce n'est pas Nicolas Sarkozy qui fera l'élection.
03:16Néanmoins, ce que l'on peut dire, c'est que si LR en a peur,
03:19parce que je l'ai lu chez vos confrères notamment,
03:21qui disaient que ça tremblait un peu, si vous voulez, dans l'enceinte,
03:25parce que ça ne plaisait pas trop,
03:27mais qu'il soit meilleur que le RN.
03:29Et dans ce cas-là, ils n'auront rien à craindre du RN.
03:30Bien sûr. Plusieurs choses.
03:32D'abord, Nicolas Sarkozy, il faut rappeler une chose.
03:35Sur les 25 dernières années en France,
03:37il n'y a eu que deux élections présidentielles
03:38où le front est devenu Rassemblement National,
03:40où en fait, il n'y a eu que deux élections présidentielles
03:42où un Le Pen n'a pas été au second tour.
03:45C'était 2007 et 2012.
03:47Quel est le seul point commun de ces deux élections ?
03:48C'est que Nicolas Sarkozy, lui, était candidat à l'élection présidentielle
03:52et que c'est lui qui a suffisamment siphonné les voix nationalistes
03:55pour empêcher l'accession d'un Le Pen au second tour.
03:58Deuxième élément à mettre dans ce débat
04:00lorsqu'on discute de Nicolas Sarkozy
04:01et de son rapport au camp nationaliste,
04:03Nicolas Sarkozy, ça fait deux ans, voire plus,
04:06qu'il prêche quasiment seul, à droite,
04:09pour que les Républicains renouent avec leur tradition de gouvernement
04:12et qu'ils montent à bord, non pas du macronisme,
04:15mais qu'ils se mettent au service de la France,
04:17aux côtés donc d'Emmanuel Macron,
04:18qui a été président lors du précédent quinquennat,
04:20qui a été réélu et qui donc l'est à nouveau Nicolas Sarkozy.
04:23Donc, si vous voulez, il est celui par qui les Le Pen n'ont pas été au second tour.
04:26Le Pen, père en 2007, fille en 2012.
04:28Et il est celui qui a longtemps appelé la droite
04:31à rejoindre le gouvernement pour renouer
04:33avec l'exercice du pouvoir dont elle est tenue éloignée
04:35depuis la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012.
04:37Je termine simplement d'un mot.
04:39Nicolas Sarkozy, ni il ne souhaite la dissolution,
04:41ni il ne souhaite la victoire du Rassemblement national.
04:44Il faut être très clair là-dessus.
04:45En revanche, Laurent Saillier a raison sur un point.
04:47Quand on connaît Nicolas Sarkozy,
04:48quand on connaît le peuple de droite aujourd'hui,
04:50il considère que dans la hiérarchie des dangers,
04:52la France insoumise, la gauche radicale,
04:55est devenue la première priorité,
04:57le premier des dangers,
04:59et que c'est vers ce danger-là qu'il faut se tourner.
05:01Enfin, Nicolas Sarkozy, il connaît la France,
05:02il connaît le peuple de droite,
05:04il est lucide sur la situation du pays,
05:06il voit bien que le Rassemblement national,
05:08c'est 11 millions de voix aux dernières élections,
05:10et donc il est curieux de comprendre à la fois
05:12les raisons de ce phénomène,
05:13ceux qui ont porté ce camp-là
05:16à un tel niveau électoral aujourd'hui dans le pays,
05:19et surtout, il cherche à savoir qui sont ces gens.
05:21Parce que si demain, ils sont amenés à gouverner le pays par Matignon
05:24ou à le présider depuis l'Élysée,
05:27Nicolas Sarkozy est curieux de savoir quel sera leur programme,
05:30et surtout, il cherche de fait à l'influencer,
05:32notamment sur les questions, je peux vous dire, économiques.
05:34Nicolas Sarkozy est très inquiet du programme économique.
05:36Je pense aussi clairement qu'il y a une forme de déception
05:39chez Nicolas Sarkozy du président Emmanuel Macron,
05:42disons la vérité.
05:44On peut essayer d'habiller les choses comme on veut.
05:47La réalité, c'est que Nicolas Sarkozy a appelé à voter Emmanuel Macron,
05:52et moi aussi d'ailleurs, je l'ai suivi,
05:54mais c'est vrai que sur de nombreux sujets,
05:55notamment régaliens, il y a une forme de déception.
05:58Merci beaucoup, merci d'avoir été sur ce plateau.
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