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  • il y a 6 mois
Nouveau visage de La France insoumise, Première ministre potentielle de Jean-Luc Mélenchon, négociatrice pour la Nupes et le Nouveau front populaire...Devenue députée en 2022, Clémence Guetté est en pleine ascension chez les insoumis. Mais qui est-elle vraiment? Comment peut-on faire sa place en politique dans une Assemblée nationale éruptive? Comment affronter un monde particulièrement violent et sous le feu des projecteurs? Clémence Guetté nous répond.

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Transcription
00:00On m'a pris je ne sais combien de fois pour une assistante, même comme députée et même comme première vice-présidente de l'Assemblée nationale.
00:06Donc visiblement, il y a encore du chemin à faire.
00:08On a assumé politiquement de dire qu'on était une force politique révolutionnaire, je ne dis pas députée pour être heureuse.
00:15On a le plaisir aujourd'hui d'accueillir Clémence Guettet. Clémence Guettet, bonjour.
00:18Bonjour.
00:19Clémence Guettet, vous êtes députée de la France Insoumise du Val-de-Marne.
00:22Vous êtes l'une de celles qui a beaucoup, beaucoup travaillé sur le programme de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle en 2017 et en 2022.
00:30Et vous avez été également l'une de celles qui a négocié l'accord électoral avec la gauche pour aboutir sur la NUPES puis le nouveau Front Populaire.
00:37On est ensemble aujourd'hui, Clémence Guettet, pour comprendre vos idées, votre parcours, savoir aussi ce qui se passe à la France Insoumise quand les caméras et les micros sont éteints
00:46et comprendre aussi pourquoi Jean-Luc Mélenchon voit en vous peut-être un jour une éventuelle première ministre.
00:51Actuellement, vous, vous êtes âgée de 34 ans.
00:55Moi, j'ai lu beaucoup, beaucoup de choses pour préparer cette rencontre et il y a deux éléments qui m'ont frappée dans votre jeunesse.
01:00D'abord, vous avez grandi dans un village dans les Deux-Sèvres avec un nom très bucolique qui s'appelle La Forêt-sur-Sèvres.
01:06J'ai regardé des photos, on se verrait très, très bien en vacances là-bas.
01:09Et puis, vous avez grandi avec une mère professeure d'anglais, un père au foyer, ce qui est très rare.
01:14Je me suis demandé comment on se construisait en tant que petite fille et adolescente avec un modèle familial assez éloigné de ce qu'on voit peut-être de façon plus classique.
01:23Je pense que, comme pour tout le monde, ma socialisation primaire, le modèle, le type de vie que m'ont choisi mes parents a eu beaucoup d'influence en effet.
01:36La première influence politique, je dirais que c'est quand même le rapport à l'écologie.
01:40Parce que vous l'avez dit, j'ai grandi vraiment dans un endroit très rural.
01:43Là, vous avez cité le village.
01:46En réalité, j'habite encore plus au milieu des champs que ça.
01:52Ce qui, pour moi, était synonyme de beaucoup de liberté parce qu'il n'y avait pas de circulation, il n'y avait pas tant de voisins que ça, etc.
01:59Et donc, beaucoup de liberté avec mon frère, mais aussi un rapport à la nature très fort parce qu'on passait notre temps dehors.
02:07Donc ça, je pense que c'est la première chose.
02:08Et puis après, sur le choix de vie qu'ont fait mes parents, ça a eu des conséquences financières puisque mon père était homme au foyer, donc il n'avait pas de salaire.
02:17Ça fait une vie plutôt modeste.
02:19Voilà, plutôt modeste.
02:22Mais ça, je l'ai compris plus tard, avec un capital culturel qui était quand même relativement élevé.
02:28Les deux avaient fait des études d'anglais, mes parents.
02:31Donc, il y avait beaucoup de livres à la maison, enfin, beaucoup d'objets culturels quand même dans notre vie quotidienne.
02:36Mais un capital financier qui était modeste.
02:39Et je dirais que, peut-être que je le suranalyse, vous savez, on suranalyse toujours un peu ce qui est à la source de nos engagements, etc.
02:48Mais je dirais qu'il y avait quand même des éléments constitutifs de deux engagements qui sont très importants pour moi.
02:54À savoir la question écologique, l'environnement, le cadre de vie de manière générale.
02:58Maintenant, j'habite dans un endroit très, très urbain, complètement différent.
03:03Mais aussi la question des inégalités, de la justice sociale et le sentiment que les choses ne sont pas acquises.
03:14Qu'il faut, comment dire, faire en sorte que l'État soit protecteur pour celles et ceux qui n'ont pas la chance de naître forcément dans un endroit avec une cuillère en argent dans la bouche.
03:24Vous diriez que vous aviez été une personne politisée très jeune, dès l'adolescence, par exemple ?
03:29Ou c'est venu un peu plus tard ?
03:30Je pense que j'ai été politisée très jeune.
03:32Je me suis engagée dans un parti politique à 18 ans.
03:35Donc, de fait, dès l'adolescence, je me sentais très politisée.
03:39Je suivais les mouvements étudiants, lycéens qui se passaient dans ma jeunesse à moi.
03:44Mais je pense qu'aussi, à la maison, c'était une maison où on parlait politique, où ce n'était pas du tout un tabou.
03:52Au contraire, c'était une famille de gauche, ce n'était pas une famille de militants.
03:55Mes parents n'ont jamais eu d'engagement militant à proprement parler, mais on parlait politique.
03:59Et je me souviens de Le Pen au second tour, alors même que j'étais relativement petite.
04:04Je sais qu'en 1991, Jean-Marie Le Pen, c'est en 2002.
04:07Exactement.
04:08Donc, j'étais très jeune, mais je m'en souviens, parce que les discussions politiques étaient très présentes.
04:13Celui que vous avez envie de suivre, c'est Jean-Luc Mélenchon.
04:15Il va quitter le PS en 2008.
04:17Vous le rejoignez deux ans à peine plus tard avec le parti de gauche, qui est un petit peu l'ancêtre de la France insoumise.
04:22À l'époque, Jean-Luc Mélenchon, il est très peu connu.
04:25Qu'est-ce qui va vous donner envie de vous impliquer à ses côtés ?
04:29Après mon engagement, bref, mais intense, syndical, j'ai continué de chercher un endroit aux militants.
04:37Vous sentiez que c'était important pour vous d'avoir un endroit à faire ça ?
04:38J'ai fait partie d'associations, diverses et variées d'ailleurs, mais ce n'est pas la même chose.
04:44Une association, vous choisissez un sujet, par exemple, j'immunité sur la question des prisons, sur la question des violences conjugales.
04:51Mais j'avais envie d'un engagement plus englobant que ça.
04:54C'est-à-dire que j'avais le sentiment de vouloir participer à quelque chose, une dynamique,
05:01qui propose un projet de société aux gens, pour changer leur vie dans leur ensemble,
05:05et non pas un engagement plus sectoriel, que je ne méprise pas du tout,
05:10parce que je le trouve, y compris parfois, peut-être plus efficace.
05:13Je vois les gens qui dédient leur vie à un engagement associatif.
05:16Bon, y compris en termes de plaidoyer, vous pouvez être extrêmement précis,
05:21et vous pouvez changer des choses.
05:22Mais moi, ce n'était pas ce dont j'avais envie.
05:26Et donc, j'ai continué de chercher.
05:27Et dans le paysage politique, à cette époque-là, il y avait le Parti Socialiste,
05:32l'extrême-gauche, le NPA, Lutte Ouvrière,
05:37et puis les Verts, mais c'était très petit à l'époque,
05:41et puis le Parti de Gauche, qui émergeait à ce moment-là,
05:44pour former ensuite le Front de Gauche avec les communistes,
05:47pour la présidentielle de 2012.
05:48Et donc, c'est à cet endroit-là qu'ont raisonnées les choses qui étaient importantes pour moi,
05:57que ce soit la question de la justice sociale, que ce soit la question écologique.
06:01Et c'était très nouveau que le Parti de Gauche arrive avec une offre politique de gauche radicale,
06:07donc de rupture sur le plan social, mais aussi avec une pensée écologique.
06:10À une petite époque, on parlait beaucoup moins de réchauffement climatique.
06:13Exactement.
06:13Et c'était porté par Martine Billard, qui en était la coprésidente avec Jean-Luc Mélenchon,
06:18qui avait beaucoup réfléchi à l'éco-socialisme.
06:20Et pour moi, c'était la première fois que j'entendais une doctrine politique
06:24qui articulait ces deux exigences au bon niveau.
06:27Comment est-ce qu'on se fait remarquer, comme ça, du patron d'un mouvement politique ?
06:31Je dirais que ce n'est pas lui qui m'a remarquée, déjà,
06:34parce que moi, je n'étais pas à Paris, donc j'avais cet engagement local,
06:38mais c'était un parti avec une forme de parti classique,
06:42et donc il y a des congrès de temps en temps,
06:44il y a des événements nationaux dans lesquels les militants,
06:47partout en France montent parce qu'il y a eu une manifestation,
06:50ou que sais-je, et puis il y a eu, évidemment, la campagne présidentielle,
06:53où cette fois-ci, j'arrivais juste à Paris.
06:55Je suis arrivée à Paris en 2012,
06:58et donc, de fait, ça a fonctionné comme ça fonctionne encore aujourd'hui
07:03à la France Insoumise, c'est-à-dire qu'il y avait beaucoup moins de gens,
07:07beaucoup moins de militants,
07:08mais quand vous aviez envie de prendre une tâche, une responsabilité,
07:11de faire quelque chose, vous aviez envie de faire quelque chose,
07:13et on vous permettait de le faire en débroussaillant avec vous
07:20ce sur quoi vous pourriez être à l'aise, quitte à tenter des choses,
07:24pour trouver une place où vous vous sentez bien, vous êtes utile, vous êtes efficace.
07:29Je dirais que, et c'est vraiment une chose importante pour moi,
07:32c'est que je pense qu'on est un bon dirigeant politique
07:36quand on fait confiance à des gens pour véritablement prendre des tâches
07:42et ne pas contrôler ou ne pas tenir à faire soi-même l'intégralité des choses.
07:47Sinon, de fait, vous créez votre propre plafond de verre
07:50dans une organisation politique,
07:52et je pense que Jean-Luc Mélenchon le fait excellemment,
07:54c'est-à-dire trouver des responsables,
07:56il y a une mission sur le programme,
07:58il y a une mission sur le matériel militant,
08:00il y a une mission, etc.
08:02Trouver des gens qui ont une appétence pour ça,
08:04qui ont envie de le faire, une disponibilité,
08:06qui eux-mêmes vont constituer leurs propres équipes après.
08:09Et moi, c'est comme ça que mon recrutement militant s'est opéré,
08:11et je pense que c'est une bonne façon de le faire.
08:14Et justement, Jean-Luc Mélenchon, en 2017,
08:16il vous propose de travailler sur le programme présidentiel.
08:19Il y a eu des idées très fortes dans cette campagne.
08:20Il y a eu, par exemple, l'échelle de salaire à 1 à 20.
08:22Ça veut dire que si le SMIC est à 1 400 euros,
08:25personne ne peut gagner plus de 20 fois le SMIC,
08:26donc ça serait 28 000 euros.
08:28Parce qu'il y a déjà beaucoup d'argent.
08:29Il y a la retraite à 60 ans,
08:31il y a un montant maximum d'héritage.
08:33Comment est-ce qu'on travaille sur un programme concrètement ?
08:36En fait, on rencontre des gens,
08:38on propose des idées à Jean-Luc Mélenchon,
08:39c'est lui qui tranche.
08:40Comment est-ce qu'on fait un programme présidentiel ?
08:42Eh bien, il y avait comme base quand même l'Humain d'abord,
08:46donc le programme du Fonds de Gauche 2012,
08:49qui était notre programme avec les communistes,
08:52et qui était déjà quand même une base de travail assez importante.
08:55C'était un petit bouquin déjà à l'époque.
08:58Ils avaient été les seuls à le faire en 2012.
09:01Donc ça, c'était une base de travail conséquente.
09:03Et puis après, il y avait déjà des éléments doctrinaires
09:06un peu éparses, par exemple,
09:08il y avait les cahiers de la défense.
09:11Sur les questions de défense,
09:12il y avait des camarades qui avaient travaillé sur cette question.
09:15Sur l'éco-socialisme, par exemple,
09:17il y avait des ouvrages qui avaient été écrits.
09:18Et donc, la première chose, c'est de rassembler tout ça,
09:21c'est-à-dire ce qui constitue un corpus
09:23qui peut apparaître un peu éparpillé à un moment,
09:27de le rassembler.
09:28Et ensuite, ce qu'on a fait, 2016-2017,
09:31c'est qu'on a fait des auditions
09:32avec toute une série de syndicalistes,
09:35experts, universitaires.
09:37Et on leur soumet, on va dire, notre base de travail.
09:42On a un échange.
09:44Et c'est ce que je vous disais à l'instant
09:45sur le travail associatif,
09:47permet ça, c'est-à-dire permet une connaissance
09:49très approfondie d'un sujet.
09:52Et donc, en fait, ils nous ont permis,
09:55nous, de nous dire sur tel sujet,
09:58je ne sais pas, la pêche, n'importe quel sujet,
10:00mais la pêche, par exemple,
10:02voilà l'état des lieux, de la surpêche,
10:04de la pêche industrielle,
10:06de ce qu'ont fait les responsables politiques précédents,
10:09les gouvernements précédents,
10:10les prescriptions européennes,
10:12l'état des lieux.
10:13Voilà ce qu'il faudrait faire
10:15pour faire en sorte que le stock de poissons
10:16puisse se renouveler davantage,
10:18pour faire en sorte que la pêche artisanale
10:20puisse permettre aux pêcheurs de vivre
10:22et non pas seulement les gros bateaux, etc.
10:24Et en fait, ils nous donnent des préconisations
10:26de propositions politiques.
10:28Et ensuite, mon rôle, parmi d'autres,
10:31c'était de, sur tous ces sujets,
10:33de faire en sorte que le projet soit cohérent,
10:36ce qui n'est pas évident,
10:37parce qu'en fait, on touche à énormément de sujets,
10:39et de proposer un projet d'ensemble.
10:41Et pour ça...
10:42Vous ne consultez pas du tout les militants
10:43quand vous faites ce programme ?
10:44Si, j'y arrive justement.
10:45Et pour ça, on était aidés par...
10:47Il y avait 40 équipes sur 40 sujets.
10:50Je vous donne la pêche, par exemple.
10:52C'était pêche-mer, c'était une des équipes.
10:56L'agriculture, c'était une autre.
10:58Ce n'est pas exactement les mêmes enjeux.
10:59Et du coup, ce sont des groupes de travail
11:01qui sont ouverts à tous les militants de la France insoumise.
11:04Il faut que ça vous intéresse, évidemment,
11:05ce sujet-là.
11:07Et puis, c'est avec eux qu'on travaille,
11:09dans des cadres collectifs.
11:11Donc, c'est un processus qui est très long.
11:14Évidemment, je pense que c'est beaucoup plus facile
11:16de faire un document de 100 pages
11:19ou de 50 pages, en chambre, à 8,
11:22avec 8 responsables politiques.
11:24Ça se fait dans énormément de formations.
11:25Ça continuera de se faire.
11:26Mais je pense que ce qui fait la force de notre programme,
11:29c'est justement ce caractère d'implémentation, en fait.
11:33On remet l'ouvrage sur le métier à différentes périodes.
11:36Et en fait, l'élaboration du programme,
11:39ça dure deux ans et demi pour une présidentielle.
11:42Donc, c'est très long.
11:43Et à chaque fois, on arrive avec une base de travail
11:45qui est de plus en plus solide.
11:48Mais on travaille aussi dans d'autres dimensions.
11:51Parce que, par exemple, là, on parle du programme
11:53pour la présidentielle de 2017.
11:55Pour celle de 2022,
11:57on avait déjà une base extrêmement solide
11:59qu'il fallait évidemment remettre à jour.
12:01Mais en 2022, on a décidé d'approfondir
12:04la dimension de crédibilité gouvernementale
12:07de notre projet.
12:08Le procès en crédibilité, en manque de légitimité,
12:12il nous est tout le temps fait.
12:14Mais du coup, par exemple, on a ajouté des documents
12:15qui sont des plans d'action gouvernementaux
12:17qui permettent de détailler ce qu'on voudrait faire.
12:19Avec un chiffrage extrêmement précis.
12:20Avec un chiffrage aussi, voilà.
12:22Mais je pense qu'à chaque fois,
12:23on a toujours une plus-value de sérieux,
12:29de rigueur, etc., à apporter.
12:31Je dirais quand même que 2017,
12:33ça a été très novateur
12:34parce que c'était de loin le programme le plus détaillé
12:37et qui correspond à une exigence politique.
12:39C'est-à-dire, on dit aux gens,
12:42faites-nous confiance,
12:43voilà dans quelle direction on va aller.
12:45Et comme on sait qu'on n'aura jamais
12:47les médias ou le sens du vent de notre côté,
12:50c'est important pour nous d'être transparents,
12:52de dire exactement politiquement ce qu'on veut faire.
12:54Le résultat de la présidentielle de 2017,
12:56c'est que vous avez un groupe à l'Assemblée,
12:5817 députés.
12:59Vous, à l'époque, vous avez 26 ans
13:01et vous devenez secrétaire générale du groupe.
13:03C'est une fonction qu'on ne connaît pas du tout,
13:04mais concrètement, ça veut dire
13:05que vous coordonnez l'avis du groupe.
13:07C'est vous qui décidez ce qu'on va voter
13:08sur tel et tel sujet.
13:10C'est vous qui validez les propositions de loi.
13:12Vous êtes beaucoup plus jeunes
13:13que beaucoup de députés.
13:13Est-ce que c'est facile d'être un peu la chef,
13:17si vous me permettez l'expression,
13:18de députés parfois qui ont le double de votre âge ?
13:21Des députés de mon groupe, en l'occurrence, non.
13:23Ça n'a pas été difficile.
13:25Je dirais que le sentiment d'illégitimité
13:29que je pouvais avoir,
13:29c'était plutôt d'abord par rapport à l'institution.
13:32L'Assemblée nationale, c'est quand même
13:33un lieu impressionnant.
13:35Quand on n'a pas baigné dedans,
13:37ce qui était mon cas,
13:40je n'avais jamais, ne serait-ce que visité
13:42l'Assemblée nationale avant d'y arriver
13:43comme secrétaire générale de groupe.
13:45Ça n'est jamais comme ça que se faisait
13:47un parcours secrétaire général.
13:49C'était plutôt une fin de carrière.
13:51Vous pouvez plutôt 5 ans, 60 ans,
13:53vous avez été souvent longtemps assistant parlementaire.
13:55Exactement, assistant parlementaire,
13:55collaborateur de groupe,
13:57collaborateur de groupe dans une commission
13:58encore plus importante,
13:59puis secrétaire générale.
14:00Donc, mes homologues,
14:01elles et ils avaient plutôt entre 50 et 65 ans.
14:05Et donc, ils m'ont vu débarquer.
14:08Avec de la surprise.
14:09Avec beaucoup de surprises.
14:11Par ailleurs, il y avait 17 députés insoumis à rentrer.
14:15Jean-Luc Mélenchon, qui était quand même déjà
14:16une figure observée, importante.
14:21Nos députés qui refusent de mettre une cravate.
14:24Bon, notre arrivée, elle a été un peu...
14:25C'était quand même un moment fort de la vie parlementaire.
14:28Et ça correspondait aussi à un renouvellement de l'institution
14:31parce que les macronistes étaient quand même aussi,
14:33en moyenne quand même, plus jeunes, plus féminins,
14:36que les assemblées précédentes.
14:39Mais disons que 2017, ça a été un choc un peu pour tout le monde.
14:42Pas que de notre fête,
14:44mais il est clair parmi les collaborateurs.
14:46Moi, j'avais un profil très particulier.
14:48Par ailleurs, je faisais de la recherche.
14:50Pas du tout.
14:51Je faisais pas du tout du droit parlementaire.
14:53Je faisais pas du tout du management.
14:56Parce que c'est ça, je gérais une équipe
14:57de 15 personnes,
14:59plus 100, 200 attachés parlementaires
15:03pour les équipes des députés.
15:05Donc, j'ai appris à faire au fur et à mesure.
15:08L'une de vos tâches, c'est aussi
15:10d'encadrer certains électrons libres.
15:12Je pense par exemple à François Ruffin,
15:14qui à l'époque est député de la France Insoumise.
15:16Encadrer dans la mesure du possible.
15:18Il faut se fixer des objectifs.
15:20Vous allez me dire, je vais vous montrer une séquence.
15:21Vous allez me dire si c'est un objectif que vous étiez fixé
15:23ou si vous avez découvert ça un petit peu sur le coup.
15:27Je vous montre.
15:29Madame la ministre,
15:31vous êtes la ministre des Sports,
15:33mais vous ne nous avez parlé que de compétitivité,
15:35de part de marché, d'attractivité,
15:37avec un raisonnement de traders.
15:40Je voudrais vous en parler autrement, humainement.
15:42Le maillot que je porte aujourd'hui, c'est celui de l'Olympique au Courtois.
15:52C'était le club de mon ami Antoine.
15:54Franck Erna en était le président et je l'avais rencontré à un repas de fin d'année
15:57à la salle des fêtes de Courts-sur-Somme.
15:58Vous voyez l'ambiance, je pense.
16:00Alors, pour celles et ceux qui n'ont pas suivi,
16:01parce que c'est quand même une séquence qui a quelques années maintenant,
16:03en fait, il y a une proposition de loi qui est discutée dans l'Assemblée nationale.
16:06Le but, c'est de taxer les gros transferts de joueurs de foot
16:09pour essayer de trouver des financements pour les petits clubs amateurs
16:11qui souvent sont tenus par des associations
16:13et qui n'ont souvent pas beaucoup de sous.
16:15Et vous avez prévenu, François Ruffin, avant de faire ça ?
16:17Ou c'était la surprise du chef ?
16:18Non, c'était la surprise du chef.
16:20Ok.
16:22Alors, déjà, il y a quand même à dire une chose,
16:25c'est que, de manière générale, on a assumé, en 2017,
16:30et on continue de l'assumer,
16:32le fait qu'on voulait bousculer cette institution.
16:36Parce qu'elle était très close, quand même.
16:39Une ambiance très feutrée, on peut le dire, je pense.
16:43De notable.
16:44Ce n'est pas insultant pour les gens que dire ça,
16:46mais c'était un monde de notables.
16:48Très peu féminin, évidemment.
16:51Et avec des codes et des usages extrêmement forts.
16:54Je pense que c'était la chose qu'on me disait le plus
16:56quand je suis arrivée à l'Assemblée nationale.
16:58Les administrateurs, les autres groupes politiques, etc.
17:03Mais c'est les usages.
17:04C'est comme ça qu'on fait.
17:05C'est comme ça qu'on fait, parce qu'on a toujours fait.
17:07Et on a assumé politiquement de dire
17:10qu'on était une force politique révolutionnaire.
17:13Alors, la révolution citoyenne,
17:15ça passe notamment par des moyens
17:17d'attirer l'attention des gens
17:19et de leur faire comprendre ce qui se joue politiquement.
17:23On sait, par exemple, que pendant le premier mandat,
17:26on a fait, et je pense qu'on n'y est pas étranger,
17:30augmenter le nombre de gens qui suivaient les séances en direct,
17:32le nombre de gens qui regardaient LCP, la chaîne parlementaire.
17:35Et donc, je pense qu'il y a eu un intérêt,
17:39une politisation pour la chose parlementaire
17:40qui est due notamment à des moments comme ça.
17:43Et quand Jean-Luc Mélenchon sort les courses pendant la...
17:49Ça, c'est après la baisse des APL de 5 euros.
17:51Et comme Jean-Luc Mélenchon veut montrer que 5 euros,
17:53c'est beaucoup d'argent,
17:55on le voit en fait qu'il allait faire des courses pour 5 euros
17:56et on le voit sortir des pâtes, des sauces tomates.
18:02Et vous avez Édouard Philippe qui est très étonné
18:03et qui ne sait pas bien quoi dire.
18:05Exactement.
18:05Et donc ça, c'est pareil, ça bousculait les usages
18:08parce que les parlementaires ne faisaient pas ça.
18:10C'est quoi les usages de l'Assemblée ?
18:11C'est avoir un costume, porter une cravate,
18:13s'exprimer très bien.
18:15C'est quoi pour vous les usages classiques d'un député
18:17quand vous...
18:18C'est ça qui est magique dans les usages,
18:21c'est qu'en fait, ça fait écho à une socialisation partagée,
18:29bourgeoise, par les gens.
18:30Alors socialisation, c'est peut-être un mot un peu compliqué.
18:32Ça veut dire que ça correspond à une éducation
18:34qu'on a pu avoir quand on était plus jeunes.
18:36Exactement.
18:36Plus jeunes et puis jusqu'aux études supérieures
18:38et puis jusqu'aux fonctions un tel est avocat
18:41dans le cabinet d'un tel
18:42et l'autre est le médecin de famille de je ne sais qui.
18:44Vous savez comment vous habillez,
18:45comment vous comportez dans des codes bourgeois ?
18:47C'est des codes bourgeois que tous les parlementaires,
18:51sauf exception, quelques ouvriers sont devenus parlementaires
18:54du Parti communiste français,
18:55mais ce sont de rares exceptions.
18:57Sinon, c'était des codes qui étaient partagés par tout le monde.
19:00Et ce qui est intéressant, c'est que c'est implicite.
19:02C'est-à-dire qu'en fait, on ne vous dit pas.
19:05On ne vous dit pas que vous ne pourriez pas porter ce haut,
19:07par exemple, parce qu'il est trop coloré.
19:10Mais en fait, tout le monde le sait.
19:11Et donc, quand vous, vous arrivez avec des gens qui ont été,
19:16je pense à Caroline Fiat, qui était aide-soignante,
19:18qui avait eu son arrivée à l'Assemblée,
19:20je ne veux pas parler à sa place,
19:21mais je sais qu'elle l'a dit comme quelque chose
19:23d'assez violent, socialement.
19:24Des gens qui n'avaient pas fait...
19:27Une fois, elle expliquait qu'on l'avait pris pour une dame
19:28qui faisait le ménage à l'Assemblée.
19:29Bien sûr.
19:30Et puis moi, on m'a pris, je ne sais combien de fois,
19:32pour une assistante, même comme députée,
19:34et même comme première vice-présidente de l'Assemblée nationale.
19:37Donc, bon, visiblement, il y a encore du chemin à faire.
19:40Voilà, c'est un monde d'implicite et d'implicite bourgeois.
19:43Et donc, on a assumé de vouloir casser ces codes-là.
19:46On n'est pas les seuls à le faire désormais.
19:51Je pense qu'il y a encore, avec la nouvelle mandature,
19:54encore une féminisation, un changement de profil des gens.
19:57Mais ça reste quand même plutôt à la gauche de l'hémicycle.
19:59C'est très intéressant ce que vous dites,
20:00parce que vous dites qu'on ne peut pas changer le système
20:02avec les codes du système.
20:03Il y a une penseuse féministe qui s'appelle Audrey Lorde
20:05qui dit qu'on ne peut pas détruire la maison du maître
20:06avec les outils du maître.
20:08Donc, vous, vous assumez de dire,
20:09nous, on a envie de changer le système
20:11et on n'a pas envie, pour changer le système,
20:13de faire comme les autres.
20:14C'est bien sûr.
20:14C'est votre stratégie.
20:15Et c'est aussi montrer à des gens
20:17qu'ils sont légitimes à faire de la politique,
20:22à s'engager.
20:25Je pense que c'est extrêmement important
20:27que les jeunes filles puissent voir
20:30qu'il y a des femmes députées,
20:32des femmes qui occupent des fonctions importantes.
20:35Je pense que si des petites filles
20:37ou des jeunes filles noires ont vu
20:39Nadej Abambangoli présider l'Assemblée nationale,
20:42elle a été la première femme noire
20:44à présider l'Assemblée nationale en 2024.
20:47C'était l'année dernière.
20:48Je pense que ce sont potentiellement
20:52des vecteurs d'engagement,
20:54en tout cas de donner confiance
20:56sur des trajectoires qui, sinon,
20:58ont été beaucoup empêchées,
21:00trop empêchées.
21:02Et donc, voilà, je pense que modestement,
21:04les uns, les autres, on peut participer à ça.
21:06Et oui, on assume de dire aussi
21:08que nous, ce qu'on voudrait,
21:09c'est la Sixième République,
21:11dans laquelle il y aurait une Assemblée nationale,
21:13de toute façon, après l'Assemblée constituante,
21:15que ce rôle parlementaire,
21:17il serait encore plus important
21:19et que pour qu'il prenne tout son sens,
21:21il faut qu'il y ait une représentation
21:24à peu près équilibrée de la société.
21:25en niveau diplôme, salaire, origine sociale,
21:29que sais-je, parité, évidemment.
21:31Parce que sinon,
21:33sinon, on retourne dans une idée
21:36qui a longtemps perduré,
21:37c'est-à-dire qu'il y avait des gens
21:38qui savaient mieux que les autres,
21:39et qui pouvaient faire la loi pour les autres.
21:41Et que des études, ce n'est pas pour tout le monde.
21:42Voilà.
21:43Et quand on voit toujours,
21:46y compris parfois,
21:48c'est arrivé récemment,
21:49je ne sais pas si c'était sur votre chaîne,
21:50mais quand je voyais un plateau
21:52de cinq, six messieurs
21:53discuter du congé menstruel,
21:56ce n'est pas les premières personnes concernées.
21:58En fait, on se dit,
21:59pour être un bon représentant politique,
22:03il ne faut pas partager
22:04toutes les caractéristiques
22:05de chaque électeur.
22:08Ça n'aurait aucun sens de penser ça.
22:09Mais je pense qu'on fait de la politique
22:10aussi avec ce qu'on est.
22:12Vous savez, quand je fais visiter
22:13l'Assemblée nationale à des classes,
22:15ce qui m'arrive souvent
22:16parce que j'aime beaucoup ça,
22:16donc on fait venir des classes
22:17de nos circonscriptions,
22:19et puis on explique,
22:21l'institution, etc.
22:22Une des premières questions
22:23que les élèves et les étudiants posent,
22:25c'est quelles études il faut faire
22:27pour être députée.
22:29Et vous leur répondez quoi ?
22:30Eh bien qu'il n'y en a pas.
22:32Que justement, c'est ça.
22:33Et je pense qu'on a encore
22:34beaucoup de chemin à faire
22:36pour que chacune, chacun
22:37se sente légitime
22:40à venir avec son parcours,
22:42ses expériences professionnelles,
22:44ses engagements,
22:45et ses tripes.
22:46Parce qu'en fait,
22:46c'est ça qui fait un bon représentant
22:48du peuple ou non.
22:49Je pense que c'est davantage
22:51la sincérité
22:52que la bonne école,
22:54le conseil, voilà.
22:56En 2022,
22:57ça a la nouvelle campagne présidentielle
22:59de Jean-Luc Mélenchon,
23:00et vous, c'est le moment
23:00où vous explosez médiatiquement,
23:02vous n'aviez jusqu'à présent
23:03jamais fait de plateau,
23:04et puis vous mettez à en faire.
23:05Et là, on vous voit croiser le fer,
23:07et ça se passe plutôt bien.
23:08Je voudrais vous montrer un extrait.
23:10Je me permets quand même
23:11de rebondir sur ce qu'a dit Madame,
23:12en arrivant sur le plateau,
23:13si vous me le permettez.
23:14Ce que vous dites sur le chômage,
23:16même si vous le dites en boucle,
23:19c'est faux.
23:19Le nombre de personnes
23:21qui pointent à Pôle emploi,
23:22il augmente.
23:23Les chiffres que vous prenez,
23:24ce sont les catégories A.
23:25Vous excluez les catégories B et C.
23:28Il y a plus de gens
23:29qui vont au chômage,
23:30et par ailleurs,
23:30votre réforme,
23:33il y a plus de gens
23:34qui pointent à Pôle emploi.
23:36Depuis cette année,
23:37oui, je le conteste.
23:38Ce que vous dites est faux.
23:39C'est le chiffre le plus faible
23:40depuis 13 ans.
23:41Je voudrais juste...
23:41Donc là, on vous va débattre
23:42face à Maud Bréjon
23:43qui va devenir après
23:44porte-parole du gouvernement.
23:46Vous, vous disiez
23:47qu'on ne vous aviez pas forcément
23:48les codes en arrivant à l'Assemblée.
23:50En 2022,
23:51quand on se met à faire
23:51des plateaux de télévision,
23:53est-ce que d'abord,
23:54vous avez peur ?
23:54Est-ce que vous dites
23:55mais je ne vais pas savoir quoi dire ?
23:56C'est quand même assez effrayant.
23:57Un plateau de télévision,
23:58il y a des lumières partout.
23:59Tout le monde vous regarde.
24:00Si vous racontez une bêtise,
24:01potentiellement,
24:02vous faites une maladresse,
24:02ça va se retrouver sur les réseaux.
24:04Comment est-ce qu'on se prépare
24:05à cet exercice ?
24:05C'est peut-être aussi pour ça
24:06que certains ne veulent pas
24:07faire de politique.
24:07on se dit
24:08mais on ne va pas être au niveau
24:09jamais,
24:09je ne vais réussir à savoir faire ça.
24:10Comment est-ce qu'on se prépare à ça ?
24:12C'est des exercices
24:14et je pense que
24:16comme toute chose,
24:18il faut s'entraîner
24:19et on devient meilleure.
24:21Je pense que je suis...
24:22On apprend en faisant.
24:23Oui, je pense que je sais
24:24mieux faire maintenant
24:25que je ne savais faire
24:26même à cette époque-là.
24:28Et puis,
24:28je travaille beaucoup.
24:30Je prépare.
24:30Vous aimez bien faire ça
24:31ou à un moment,
24:32ce n'était pas un plaisir ?
24:33Non, je n'aime pas vraiment ça.
24:34Vous n'aimez pas faire ça ?
24:35Forcer un peu ?
24:36Oui, je me force un peu
24:37parce que je trouve ça
24:38généralement assez frustrant.
24:42Parce que du coup,
24:43je travaille beaucoup
24:44pour avoir des chiffres,
24:45pour être sûre
24:45de ce que je raconte
24:46parce que comme vous le dites,
24:47c'est quand même
24:47une responsabilité.
24:48Et puis moi,
24:49je me sens porteuse
24:50de la parole
24:51de mon organisation.
24:52Je veux que les militants,
24:53ils se disent
24:54que je ne me suis pas plantée.
24:56Et puis maintenant,
24:58je suis élue
24:58donc je représente aussi
24:59les gens
25:00qui ont voté pour moi.
25:01Je trouve que c'est
25:01une sacrée responsabilité.
25:02Donc je travaille,
25:03je prépare.
25:04Et le monde médiatique
25:06fait que le sujet
25:07peut être changé
25:08à la dernière minute
25:08ou l'actualité qui tombe.
25:12Ça dure très peu de temps
25:13en fait.
25:14Ça passe très très vite.
25:14Voilà.
25:15Et quand vous avez bien travaillé,
25:16en fait,
25:16vous êtes prêts
25:17à faire un plateau de deux heures
25:18mais ça n'arrive jamais.
25:19Ça n'arrive jamais.
25:20Et donc,
25:21je trouve ça généralement
25:22assez frustrant.
25:23Donc voilà,
25:25je pense qu'on a une série
25:29d'excellents orateurs
25:31dans les médias
25:32à la France Insoumise.
25:34Je trouve en tout cas
25:35qu'on a beaucoup de femmes
25:36par rapport à d'autres
25:37formations politiques
25:38et beaucoup de gens
25:40de manière générale
25:40qui ont plutôt envie
25:41de le faire,
25:42qui ont plutôt une appétence,
25:43etc.
25:44Et donc,
25:44je trouve ça très bien
25:45qu'il y ait plein de gens
25:47différents qui le fassent.
25:48et je ne suis pas
25:50nécessairement demandeuse
25:52de ne faire que ça
25:54de mes semaines.
25:56Je sais que parfois
25:56vous faites des pauses
25:57médiatiques aussi.
25:58Il y a des moments
25:58où vous dites
25:59je ne fais pas de plateau
26:00de télévision,
26:00je ne réponds pas aux journaux.
26:02C'est quoi ?
26:02C'est un moment pour vous
26:03où vous récupérez un peu
26:04intérieurement ?
26:05C'est un moment aussi
26:06où parfois vous dites
26:06oh là là,
26:07cette semaine-là,
26:08je n'ai pas du tout
26:08envie de faire ça,
26:09j'ai envie de me consacrer
26:09à d'autres dossiers ?
26:10Ah non,
26:11ça se compte en moi.
26:11Ça se compte en moi.
26:12Racontez-moi.
26:13Pourquoi un moment
26:13on se dit à la plateau,
26:14c'est bon,
26:15on aura la casquette ?
26:16Parce que...
26:18Parce que...
26:20Je regarde mon chargé de presse.
26:24Qui n'est pas très loin de vous.
26:25Qui doit peut-être vous dire
26:25que parfois ça serait bien
26:26de vous en passer un peu plus.
26:26Qui n'apprécie pas forcément
26:27ce principe de pause médiatique
26:29mais qui je crois le comprend.
26:32J'ai beaucoup de responsabilités.
26:33Je m'occupe du programme,
26:35je suis vice-présidente
26:36de l'Assemblée nationale,
26:37je m'occupe de l'Institut Labo-Essi
26:39qui est notre fondation
26:40que je co-préside
26:41avec Jean-Luc Mélenchon
26:42et encore d'autres choses,
26:43des choses qui ne se voient pas
26:44forcément mais en circonscription etc.
26:47J'estime que je ne peux pas tout faire
26:48ou en tout cas pas tout faire
26:49aussi bien que ce que j'aimerais faire.
26:52Donc d'abord c'est des choix.
26:54Et donc voilà.
26:54Et ensuite,
26:56il y a aussi le fait que
26:58j'estime que quand on est en campagne
27:00présidentielle, législative,
27:03je n'ai pas le choix.
27:04Il faut le faire.
27:05Il faut le faire
27:06parce qu'il faut que
27:07sur tous les plateaux politiques,
27:09il y ait l'un d'entre nous
27:10qui porte la parole
27:12de la France Insoumise,
27:13notre programme,
27:14nos propositions,
27:14qui ne les laissent pas débiter
27:16des mensonges,
27:17qui viennent s'interposer
27:19entre guillemets
27:19et puis représenter
27:21les gens qui nous ont élus,
27:22qui nous font confiance,
27:23qui pensent comme nous etc.
27:25Donc pendant les campagnes,
27:26je me sens obligée de le faire.
27:29Et je pense que
27:30ça fait des périodes
27:32qui sont bien chargées médiatiquement.
27:34Et puis il y a d'autres périodes
27:35de l'année
27:35où j'estime que
27:37j'ai autre chose à faire
27:38et donc je fais des pauses.
27:39Est-ce que c'est aussi
27:40du temps pour vous peut-être
27:41pour avoir votre famille,
27:42prendre le temps de lire,
27:44de voir des amis
27:44et se dire qu'on a aussi une vie
27:45en dehors de la politique peut-être ?
27:46J'aimerais
27:47que ça le soit davantage.
27:49Je continue de lire
27:51pas mal,
27:52mais
27:53généralement,
27:55du travail
27:55se remplace
27:56par du travail.
27:56Ce n'est pas un temps
27:58où vous soufflez
27:58et vous pensez à vous.
27:58Non, pas réellement.
28:00Il y a pause
28:00dans Pause médiatique,
28:02mais ce n'est pas une pause.
28:03Il y a juste médiatique.
28:04Il n'y a pas de pause
28:04si je comprends ce que vous me dites.
28:06On est en 2022,
28:08on le disait,
28:08vous commencez à faire des plateaux.
28:09C'est également une campagne
28:10à nouveau présidentielle
28:11pour Jean-Luc Mélenchon.
28:13Le soir du premier tour,
28:15il n'arrive pas
28:16à aller au second tour.
28:17Il fait 21,9.
28:19Marine Le Pen,
28:19elle fait 23 %.
28:20Certains se disent
28:22qu'on aurait eu
28:22quelques jours de plus.
28:24Ça passait,
28:25on y arrivait.
28:25Est-ce que c'est la douce froide
28:26pour vous le soir du premier tour ?
28:28C'est difficile quand même
28:30un échec
28:30quand on a beaucoup travaillé ?
28:31Oui, bien sûr,
28:32c'est difficile.
28:33C'est difficile.
28:34Ce n'est pas un échec pour nous,
28:35c'est un échec
28:36parce que faire une campagne politique,
28:38c'est générer de l'espoir
28:39chez des gens
28:40qui nous portent,
28:43qui veulent qu'on fasse ça,
28:45qui veulent faire ça avec nous.
28:47Et donc, la déception,
28:49c'est que vous passez six mois
28:52à ouvrir un champ des possibles,
28:55qui est celui
28:56où vous seriez aux manettes
28:57et où vous pourriez appliquer
28:59un programme
28:59pour le pouvoir d'achat des gens,
29:02pour la bifurcation écologique,
29:04pour davantage de vie démocratique.
29:07Donc, évidemment,
29:07tous autant qu'on est,
29:08je pense,
29:09quand on fait de la politique,
29:10c'est parce qu'on y croit fortement
29:12et parce qu'on voudrait avoir
29:13cette chance-là,
29:14cette opportunité-là.
29:16Et le soir d'une élection,
29:20c'est comme une fenêtre
29:20qui se referme.
29:22Moi, je fais plutôt partie
29:23des sceptiques par protection,
29:28on va dire.
29:28Donc, je garde la tête froide.
29:33Puis, j'ai fait plusieurs
29:34campagnes présidentielles.
29:36Donc, je pense qu'on s'habitue aussi
29:37un peu à cette pression
29:38qui augmente en fin de campagne.
29:40Je me souviens de cette soirée
29:42parce que moi, pour le coup,
29:44j'étais en train de faire des médias
29:45et que je n'étais pas
29:46avec mes camarades.
29:47Et je me souviens
29:47que les plus jeunes
29:48pouvaient même pleurer,
29:50ceux qui avaient fait
29:51très fortement la campagne.
29:53Bon, voilà.
29:54C'est un moment
29:54qui est humainement difficile.
29:57Ce qui est bien aussi,
29:59c'est qu'on n'a pas le temps
30:00de gamberger des masses.
30:02Il faut repartir
30:03pour les législatives.
30:05Et c'est comme une seconde chance,
30:06les élections législatives,
30:07quand vous venez
30:07de perdre une présidentielle.
30:08Et la seconde chance,
30:09ça va être la NUPES.
30:10Vous allez faire partie
30:11de celles pour la France insoumise
30:13qui vont négocier.
30:14Comment ça se passe concrètement
30:15quand on fait ces négociations ?
30:16Est-ce que les écolos,
30:17les communistes,
30:18socialistes,
30:18ils arrivent avec une liste
30:20de candidats
30:20et puis une liste de circonscriptions
30:21en disant
30:22« J'aimerais bien que Mme Michu
30:23soit dans tel territoire ».
30:24Comment ça se passe concrètement ?
30:26J'ai le souvenir de pizza
30:27qu'on mange le soir à minuit
30:28parce qu'il faut aller très vite
30:29pour trouver des solutions
30:30et que chacun atterrisse quelque part.
30:32Comment on arrive
30:33à faire cet accord-là ?
30:35Cet accord-là,
30:36on l'a fait en quelques semaines.
30:39C'est allé assez vite.
30:42D'abord,
30:42on le fait
30:44pour des raisons politiques
30:45parce qu'à nouveau,
30:47l'extrême droite
30:47était au second tour
30:48de l'élection présidentielle
30:49et parce que
30:52chaque organisation politique
30:54fait des calculs,
30:55des projections,
30:56ce que va donner
30:57cette nouvelle Assemblée
30:58et qu'on se rend compte
30:59du nombre de députés
31:00d'extrême droite potentiellement.
31:03Et puis nous,
31:03on fait aussi
31:04cette invitation
31:05aux autres forces de gauche
31:06parce que Jean-Luc Mélenchon
31:07a fait quasiment,
31:08donc vous l'avez dit,
31:0922% à l'élection présidentielle.
31:11Anne Hidalgo
31:12a fait
31:121,67.
31:16Jadot et les communistes
31:17très peu aussi.
31:19Et donc nous,
31:20on fait une proposition
31:21qui est celle
31:22de l'Union
31:24du Nouveau Front Populaire,
31:26de la NUPES,
31:28pardon,
31:28Nouvelle Union Populaire
31:29Écologique et Sociale
31:30sur la base
31:30d'un programme de rupture
31:31qui est celui
31:32qui a été plébiscité
31:33la veille
31:35par 22% des Français
31:36et celui qui a reçu le plus.
31:37Plus de 8 millions d'électeurs.
31:39Et c'est pour nous
31:41une condition politique
31:42à pouvoir faire ensemble.
31:45Parce que,
31:46évidemment,
31:47dans une compétition électorale,
31:49on s'affronte
31:50avec l'extrême droite,
31:51on combat
31:52de toutes nos forces
31:53le projet,
31:54avec le macronisme
31:55pour les dernières élections.
31:56mais il y a évidemment aussi,
31:59quand on part séparément,
32:00un rapport de force
32:01qui s'opère à gauche.
32:02Parce que si on n'est pas
32:03dans la même organisation politique,
32:04c'est bien parce qu'on ne défend pas
32:05exactement la même chose.
32:07Et c'est bien normal
32:08et c'est la vie démocratique.
32:10Mais du coup,
32:12voilà dans quel état d'esprit,
32:13on va dire,
32:15commencent les réunions
32:16et les négociations
32:17sur la NUPES,
32:19où nous,
32:19on était dans une forme
32:20de domination idéologique,
32:24au sens noble du terme,
32:26qui était reconnue
32:28par tout le monde.
32:29Le Parti Socialiste
32:30qui arrivait
32:30et qui disait,
32:32et qui faisait le bilan
32:33du mandat Hollande
32:34et toutes les erreurs
32:35qu'ils avaient faites.
32:35Ils étaient à ce moment-là
32:36dans une très grande posture
32:37d'humilité.
32:39Après 1,67,
32:40l'élection présidentielle
32:41Saïd
32:42à l'humilité.
32:45Donc voilà,
32:45on a des discussions
32:46qui sont ensuite
32:47des discussions exigeantes,
32:49à la fois sur les circonscriptions
32:50et à la fois sur le programme.
32:51Moi, je m'occupe toujours
32:52du programme,
32:54donc pas vraiment
32:54de la discussion
32:55sur Mme Michu,
32:56comme vous le disiez,
32:56mais il y a une sorte
32:57de discussion comme ça
32:58quand même.
32:59Et puis sur le programme,
33:01on prend sujet après sujet.
33:03Et on arrive
33:03à se mettre d'accord
33:04au fur et à mesure.
33:06Et ça dure longtemps
33:06et on ne dort pas beaucoup
33:07et on mange beaucoup de visa.
33:09Vous, vous êtes élue
33:10en 2022 à Créteil
33:11dans le Val-de-Marne,
33:12c'est une des grosses villes
33:12du Val-de-Marne.
33:13Vous faites quasiment 65%.
33:15C'est la préfecture tout à fait.
33:16Vous faites quasiment 65%.
33:17Qu'est-ce que vous dites
33:19quand vous êtes députée ?
33:20Est-ce que vous dites
33:20je vais gagner plus de 5500 euros
33:22par mois,
33:23je vais passer mon temps
33:23dans le 7e arrondissement
33:24qui est un des quartiers
33:25les plus chics de France ?
33:26Est-ce que vous dites
33:27oh là là,
33:27il ne faut pas que je m'embourgeoise ?
33:28Comment est-ce qu'on reste
33:29la chambre d'écho
33:30des préoccupations populaires
33:32quand soi-même,
33:33on fait partie
33:33des Français les plus riches ?
33:35Comment on fait ça ?
33:36Je pense que déjà,
33:38il faut en avoir conscience.
33:39C'est-à-dire qu'il y a les gens
33:42pour qui c'est la normalité.
33:43Il y a même des gens
33:44qui ont perdu du salaire
33:45en députée.
33:46Des gens qui vous disent
33:46parce que c'est difficile
33:47de devenir députée
33:47parce que vous divisez
33:48votre salaire par 3 ou 4.
33:50Et je pense que c'est
33:51leur réalité,
33:51voilà,
33:52ils devaient travailler
33:53dans le privé,
33:53ils gagnaient énormément
33:56d'argent.
33:58Ce n'était pas mon cas,
33:58évidemment,
33:59pour moi,
33:59c'était dans l'autre sens.
34:01On se dit
34:02qu'il va falloir être
34:03attentif à soi-même.
34:07Je pense que moi,
34:08j'ai une attention
34:09à la justesse
34:10de mon engagement.
34:11C'est-à-dire que,
34:12par exemple,
34:12tout à l'heure,
34:12on parlait de pause médiatique.
34:14J'essaye de ne faire les choses
34:16que quand j'estime
34:16que c'est utile
34:17et que ça va servir
34:21à faire avancer
34:21notre projet politique.
34:23Parce qu'il y a
34:23l'embourgeoisement,
34:25il y a aussi
34:25la question des égaux.
34:26C'est des milieux
34:27qui ne sont pas
34:28très équilibrés
34:31dans le rapport
34:32au monde
34:32qu'ils donnent.
34:33Vous êtes une figure publique,
34:35ce qui crée un rapport
34:36pas toujours évident
34:37avec les gens.
34:39Il y a un entre-soir
34:41parce que vous passez
34:42énormément de temps
34:43à l'Assemblée nationale.
34:44Je rappelle que les séances,
34:45c'est 9h minuit,
34:46c'est l'essentiel
34:46de notre vie.
34:48Il faut se mettre
34:48des garde-fous
34:49individuels et collectifs.
34:51Comment on fait ça ?
34:52Comment on garde
34:52les pieds sur terre ?
34:53Quel garde-fous ?
34:54On vit dans sa circonscription.
34:56Vous vivez avec les pays ?
34:57Non.
34:58J'ai trois villes
34:59dans ma circonscription.
35:01Moi, je vis à Choisy-le-Roi.
35:02D'accord.
35:04On a une vie
35:05qui est la plus normale possible.
35:08On y passe du temps.
35:09On écoute les gens.
35:10Je ne sais pas.
35:14Vous y arrivez ?
35:15Vous avez l'impression ?
35:15Oui, moi, j'ai l'impression.
35:18Je pense que
35:19je n'ai pas grandi
35:20dans ce milieu-là.
35:22Et donc,
35:25en fait,
35:25il ne m'est pas ordinaire.
35:26Il y a des choses
35:27tous les jours
35:28qui me paraissent étranges,
35:30qui me paraissent trop,
35:31qui me paraissent déplacées,
35:33etc.
35:33Je pense qu'il faut
35:36quand même continuer
35:37d'être attentifs
35:38parce que
35:39ça dure,
35:40c'est confortable,
35:41vous pouvez vous habituer
35:42à des choses.
35:42C'est la forme du siège
35:43de l'Assemblée.
35:44Oui,
35:45je pense que
35:45pour l'instant,
35:46je n'en suis pas là.
35:48Mais oui,
35:48je pense que c'est important
35:49d'être vigilant
35:50et puis d'avoir une vie.
35:53Moi, mes amis,
35:54ils ne font pas de politique.
35:56Ils n'ont pas non plus
35:57ce niveau de vie
35:58qui est associé à ça.
35:59Vous voyez encore
36:00vos amis d'enfance,
36:00par exemple ?
36:01Je vois encore
36:01mes amis d'enfance,
36:03tout à fait.
36:03ma meilleure amie
36:04et je l'ai depuis la primaire.
36:08Mon frère,
36:09il vit dans les Deux-Sèvres.
36:10Mes amis,
36:11ils ne font pas de politique.
36:12J'ai aussi un entourage
36:13qui est sain,
36:14qui me parle d'autres choses,
36:17qui n'est pas du tout
36:18centré sur ce que je fais.
36:21Je pense que c'est
36:22un rapport normal
36:23à la politique.
36:25Je fais attention
36:26de différentes façons.
36:28Ce que je trouve intéressant,
36:29quand vous arrivez
36:29à l'Assemblée en 2022,
36:31très vite,
36:31ça va être le sujet
36:32de la réforme des retraites.
36:33Parce que le gouvernement
36:34va faire passer la retraite
36:35de 62 ans
36:35à 64 ans.
36:37Et de la même façon
36:38que vous l'avez fait en 2017,
36:39vous choisissez une stratégie
36:40de clivage.
36:42Je voudrais vous montrer
36:44une photo
36:44de cette affaire.
36:47Bien sûr.
36:47on voit le député.
36:48Je ne sais pas si vous voulez
36:49décrire la photo.
36:50C'est Thomas Porte
36:51qui a le pied
36:53sur un ballon
36:54sur lequel il y a
36:55la tête d'Olivier Dussopt
36:56qui a porté
36:57la réforme des retraites.
36:58Qui était ministre du Travail
36:59à l'époque.
37:00C'est Thomas Porte
37:00qui a une manifestation
37:01de mémoire
37:01avec des inspecteurs
37:03du travail.
37:03Exactement.
37:04Cette image,
37:05elle a beaucoup choqué.
37:06Qui ont organisé
37:06cette petite manifestation.
37:10Cette image,
37:11elle a beaucoup choqué
37:12à l'époque.
37:13Moi, j'ai les souvenirs
37:13aussi de vous
37:14en train de chanter
37:15un chant de gilet jaune.
37:16On est là,
37:16on est là dans l'hémicycle.
37:18Et il y a le Brune Pivet
37:18qui vous dit
37:19mais ce n'est pas possible.
37:21On a été sanctionnés.
37:21Il a été sanctionnés
37:22pour ça.
37:23Il y a aussi eu
37:23beaucoup de tensions
37:24avec le Parti Socialiste
37:25à l'époque
37:26qui vous dit
37:26nous, on n'a pas du tout
37:27envie de mener la lutte
37:28contre la réforme des retraites
37:29de cette façon-là.
37:29C'est marrant
37:31parce qu'aujourd'hui
37:32ils n'ont plus du tout
37:32envie de mener la lutte
37:33contre la réforme des retraites.
37:34On va en parler après
37:35si vous voulez.
37:35Peut-être qu'on commence
37:36sur la forme
37:36et qu'on arrive rapidement
37:37au fond.
37:38Ce que je trouve intéressant
37:39c'est que vous,
37:40vous avez cette stratégie-là
37:40toujours de continuer
37:41à cliver sur la réforme
37:42des retraites en disant
37:43c'est une réforme
37:44qui va être violente.
37:45Nous, on assume
37:45d'avoir des outils
37:46qui ne sont pas forcément
37:47les outils classiques
37:48de la politique.
37:49Vous avez les socialistes
37:50qui sont peut-être
37:50sûrement dans une culture
37:51plus gestionnaire,
37:52une culture plus gouvernementale
37:54qui ont du mal
37:59pas envie des mêmes choses.
38:00La NUPES,
38:01ça ne va pas fonctionner.
38:02Est-ce que vous actez
38:02l'impossibilité que
38:03les socialistes
38:04et la France insoumise,
38:06vous n'entendez pas,
38:06là je prends l'exemple
38:07de la réforme des retraites
38:08mais on pourrait en prendre
38:08beaucoup d'autres.
38:10On imagine mal
38:10Olivier Faure
38:11avec Olivier Dussopt
38:13sous son pied.
38:14D'autant moins
38:15que c'est un ancien socialiste
38:15mais c'est le genre de scène
38:16qui a du mal à imaginer.
38:17C'est une photo
38:17et un ballon de foudre.
38:19C'est une photo
38:19et un ballon de foudre.
38:19Vous avez tout à fait
38:20la première chose
38:21c'est quand même
38:23les indignations
38:29pas par le fait
38:30qu'il y ait des gens
38:30qui avaient travaillé
38:30deux ans de plus
38:31et qui vont y mourir.
38:33Et qui vont y mourir.
38:35Un quart des gens
38:36qui gagnent le moins
38:37dans notre pays
38:38sont morts avant 62 ans.
38:40Pas par hasard de la vie.
38:42C'est une statistique
38:43du fait des conditions
38:44de dureté de leur travail,
38:46de pénibilité
38:47tout au long de leur vie.
38:49La plupart des gens
38:49qui se sont émus
38:50pour ce ballon de foot
38:51ne connaîtront jamais ça
38:53de leur vie.
38:54Ils ne feront pas partie
38:55de cette statistique-là
38:56ni leurs proches d'ailleurs
38:57parce que ce n'est pas
38:58en milieu social.
39:01Et donc moi je trouve
39:02que c'est indécent
39:02en fait
39:03de s'émouvoir
39:05du fait qu'on chante
39:06dans l'hémicycle
39:07qu'on chante
39:08un chant populaire
39:09qui a été celui
39:11des Gilets jaunes
39:11donc de la plus grosse
39:12mobilisation populaire
39:13des dernières années
39:14et de parfois
39:16lever les yeux au ciel
39:18quand nous on arrive
39:19et qu'on dit
39:19imaginons
39:21j'ai rencontré quelqu'un
39:22dans ma circonscription
39:23voilà le métier
39:24qu'il exerce
39:24voilà pourquoi c'est pénible
39:25voilà pourquoi
39:26ce n'est pas possible
39:26d'aller jusqu'à 62 ou 64 ans
39:28et quand même comprendre
39:29que pour Olivier Dussopt
39:29à l'époque
39:30qui est ministre du travail
39:31ça peut être violent
39:32pour lui
39:32lui il a dit
39:33ça rappelle certaines images
39:35alors il ne parle pas
39:35de la guillotine
39:36mais on comprend
39:36quand il le dit
39:37que c'est ça qu'il a en tête
39:38et ce que vous dites
39:38c'est vrai que pour lui
39:39peut-être que ça a été difficile
39:40et que c'est des images
39:41qui ne sont pas forcément
39:42agréables à regarder
39:43pour lui
39:43est-ce que ça vous
39:44vous pouvez l'entendre ?
39:45en fait je pense
39:46c'est à de la violence physique
39:47je pense vraiment
39:48qu'il faut relativiser
39:49il n'y a aucune incitation
39:50à de la violence physique
39:51c'est des inspecteurs du travail
39:52c'est un propos de manif
39:53qui aurait dû rester dans une manif
39:54c'est un geste de manif
39:55mais bien sûr
39:56et en fait
39:57c'est aussi une tradition populaire
39:59en fait
39:59les marionnettes
40:00les chambouletous
40:01les représentations
40:03les pancartes
40:04bon et bien
40:05encore une fois
40:05ils n'y vont pas
40:06donc ils ne savent pas
40:07que ça se passe comme ça
40:08mais c'est une tradition populaire
40:10mais je veux dire
40:10c'est le carnaval
40:12dans notre pays
40:12ça a toujours été
40:13les milieux populaires
40:14utilisent des représentations
40:16des artefacts
40:17pour symboliser
40:19et pour personnifier parfois
40:22la violence sociale
40:23qui est reçue
40:23et la façon dont on lutte contre
40:25mais je veux dire
40:25pour moi c'est le béabat
40:27de comment on se mobilise
40:29comment on s'oppose
40:30et il faut bien se dire aussi
40:32que la démocratie
40:33le parlement
40:34c'est une façon
40:36de canaliser la violence
40:38pour en faire
40:39de la violence politique
40:41à proprement parler
40:42et éviter que ce soit
40:43de la violence physique
40:44justement
40:44le fait d'avoir réprimé
40:47de plus en plus durement
40:48les mouvements sociaux
40:49les mobilisations populaires
40:50jusqu'à aujourd'hui
40:51empêcher
40:53que des gens
40:54qui brandissent
40:54le drapeau
40:55de la Palestine
40:56puissent manifester
40:57leur arracher
40:58violemment
40:59mettre tout le monde
40:59en garde à vue
41:00quand les gens
41:00font des manifestations
41:01tout ce fait
41:03de vouloir museler
41:04par la force
41:04et la répression
41:05les mobilisations populaires
41:07ça fait augmenter
41:08le niveau de tension
41:09dans notre pays
41:09juste pour bien comprendre
41:10ce qu'on dit
41:10vous nous dites
41:11qu'on est dans un moment
41:12politique aujourd'hui
41:13en France
41:13où c'est de plus en plus
41:14compliqué de manifester
41:15pacifiquement
41:16et qu'on a peut-être
41:17aussi un monde du travail
41:18de plus en plus violent
41:18pacifiquement c'est facile
41:20mais sans se faire
41:20nasser, réprimer, gazer
41:23oui c'est difficile
41:24le maintien de l'ordre
41:24a beaucoup changé
41:25ces dernières années
41:26en France
41:26et vous vous dites
41:27toute cette violence-là
41:28aujourd'hui
41:28elle s'exprime
41:29d'une certaine façon
41:30à l'Assemblée
41:30elle est canalisée
41:31par les symboles
41:32bien sûr
41:33tout en comprenant
41:34que peut-être
41:35ça puisse faire de la peine
41:36aux personnes visées
41:36ça vous pouvez l'entendre
41:37vous peut-être
41:37ou pas forcément
41:38franchement
41:39enfin non
41:40je peux pas l'entendre
41:41en fait
41:41non
41:42vous êtes dans
41:43votre ministère
41:44payé je ne sais
41:45combien par mois
41:46après le ministère
41:48vous allez faire autre chose
41:49jamais vous retrouver
41:50sans emploi
41:51vous avez toute
41:51la sécurité du monde
41:53vous ne ferez jamais
41:54partie des statistiques
41:55dont je parlais
41:56et il y a des milliers
41:57et des milliers
41:58et des milliers
41:58de personnes
41:59dans le pays
42:00qui vont mourir
42:01être très malades
42:02connaître des situations
42:03de chômage
42:04avoir des maladies chroniques
42:05genre
42:05de l'arthrose
42:08des tendinides
42:09ils vont souffrir
42:10au quotidien
42:10et les plateaux
42:13des chaînes d'info
42:14en continu
42:14sont mobilisés
42:15sur le ballon de foot
42:17sur lesquels
42:17il y avait votre tête
42:18non je ne comprends pas
42:19est-ce que vous vous dites
42:20quand même
42:20on sait qu'il y a eu beaucoup
42:21il y a eu une hausse
42:22des agressions des élus locaux
42:23en France
42:23qui sont variables
42:24pour plein de motifs
42:25mais est-ce que vous vous dites
42:26parfois peut-être que
42:27quand on a des discours
42:28très durs à l'Assemblée
42:29ça peut aussi
42:30peut-être susciter
42:31peut-être des échanges
42:32plus vifs
42:33entre des élus locaux
42:34et leurs administrés
42:35comment vous sentez les choses
42:36vous l'avez-jeux
42:36moi je pense qu'il est clair
42:38qu'on a toujours apporté
42:39notre solidarité
42:40à tous les élus
42:41qui étaient victimes
42:43de violences
42:44qu'elles soient physiques
42:45ou même verbales
42:46que ce soit à l'Assemblée nationale
42:47d'ailleurs
42:48pour les gens qui reçoivent des menaces
42:49qui ne sont pas toujours
42:49de notre bord politique
42:50mais il y a toujours
42:51une expression systématique
42:52de la part de la France insoumise
42:54pour dire
42:54ça n'a pas sa place
42:55mais justement
42:56il faut pouvoir
42:57exprimer cette adversité
42:59de façon politique
43:00ça c'est la première chose
43:01la seconde chose
43:02c'est que
43:02ce que je crois moi
43:04c'est que les élus locaux
43:05ils sont en première ligne
43:06de la colère des gens
43:07et donc
43:09en effet
43:10les agressions
43:10ont augmenté
43:11et elles sont
43:12parfaitement inacceptables
43:14je pense qu'on a
43:16un gros problème
43:17notamment de financement
43:18des collectivités
43:19et que
43:20de fait
43:20quand des services publics
43:22locaux disparaissent
43:23quand il y a
43:23quand il y a moins
43:24des piscines
43:25voilà
43:25il y a moins d'humains
43:26de gens
43:27de proximité
43:28accessibles
43:28qui peuvent
43:29vous aider
43:30à accéder à vos droits
43:31qui peuvent vous aider
43:32à accéder à des services publics
43:33qui devraient être assurés
43:35par l'état
43:35et bien ce sont
43:36les élus locaux
43:37qui sont à disposition
43:39on va dire
43:39des gens
43:39pour avoir ces échanges
43:40et qui parfois
43:41en effet dégénèrent
43:42et je le redis
43:43une troisième fois
43:44qui sont inacceptables
43:45mais du coup
43:46je pense que c'est
43:46la responsabilité
43:47de l'état
43:47et moi je vois
43:49un lien très direct
43:51entre des budgets
43:52austéritaires
43:53qu'on vote tous les ans
43:54c'était moins 40
43:55moins 50 milliards
43:56l'année dernière
43:57dont moins
43:58je sais plus combien
43:59mais plus de 10 milliards
44:01pour les collectivités locales
44:02ça va être
44:04rebelote
44:04dans le budget
44:05qui nous est annoncé
44:06par Bayrou
44:07à l'automne prochain
44:08et donc de fait
44:09ça crée une tension
44:09énorme
44:11sur le terrain
44:13pour les élus
44:14et donc moi je pense
44:15que notre responsabilité
44:16notamment pour faire baisser
44:17ce niveau de tension
44:18c'est en fait
44:19mener une autre politique
44:20en résumé
44:20pour vous
44:21vous assumez tout à fait
44:21cette stratégie du clivage
44:22qui a été notamment
44:23en fait Chantal Mou
44:24vous dites
44:24on assume
44:25de travailler comme ça
44:27vous vous faites un lien
44:28dans votre question
44:28entre nous
44:29je remonte le fil
44:32de votre question
44:32et la façon
44:33dont vous me l'avez posé
44:34ballon de foot
44:34Thomas Porte
44:35réforme des retraites
44:36champ des gilets jaunes
44:37on arrive à
44:38des élus locaux sont agressés
44:40je ne fais pas de lien
44:40entre les deux
44:41vous vous le faites peut-être
44:42non je ne fais pas de lien
44:43je vous demande
44:44pour moi
44:44c'est deux problèmes
44:46différents
44:46je pense qu'il y a
44:48un consensus
44:49de la Macronie
44:50jusqu'à l'extrême droite
44:51pour dire que
44:53le bruit et la fureur
44:55le clivage
44:55de la France insoumise
44:56les coups d'éclat
44:57de la France insoumise
44:58tout ça
44:59et déshonneure la fonction
45:00et ajoute de la violence
45:02un niveau de tension
45:02dans notre pays
45:03moi je crois que
45:04ce n'est pas à ça
45:05qu'est dû la violence
45:05et la tension
45:06dans notre pays
45:07je crois au contraire
45:08que les gens parfois
45:09se disent
45:11ah ben ils l'ont fait
45:12ah ben
45:14de l'ogu
45:15a brandi
45:15le drapeau palestinien
45:16alors qu'il y a
45:17un génocide
45:18qui est en cours
45:18ils se sont exprimés
45:22à la tribune
45:22pour dire que
45:23c'était inacceptable
45:24la réforme des retraites
45:25les coups sur le pouvoir d'achat
45:26voilà
45:26je pense que la politique
45:28doit être
45:28un exutoire
45:30et que
45:31de cette façon là
45:32on remplit parfaitement
45:34notre rôle
45:34dernier élément
45:36je voudrais vraiment
45:37relativiser
45:37la situation actuelle
45:40que ce soit
45:40le ballon de foot
45:41ou autre chose
45:42vous lisez
45:43des comptes rendus
45:43parlementaires
45:44mais même
45:45c'est pas nouveau
45:45même sans remonter
45:46très loin
45:47vous voyez Christiane
45:47Thaubert
45:47il y avait des bagarres
45:48par exemple
45:49il y avait des bagarres
45:50il y a eu des choses
45:50très très bien
45:51pour tous
45:52il se provoquait
45:53en duel
45:54pour aller se battre
45:55à l'épée
45:55donc on s'est déshabitué
45:57de ça vous pensez
45:58je pense que
45:58dans la symbolique
46:03il y a peut-être eu
46:03un polissage
46:04un vernissage bourgeois
46:06qui s'est répandu
46:07qui n'est pas moins violent
46:09je le redis toujours
46:10c'est une violence sociale
46:12extrême
46:12qui peut être délivrée
46:14vraiment de la façon
46:15dont il faut le faire
46:16avec les bons mots
46:17ultra-violence
46:19mais camouflée
46:20sur la forme
46:22et nous
46:23on assume
46:24d'avoir
46:25des codes
46:26qui sont
46:26des codes populaires
46:27de dénonciation
46:28des politiques menées
46:29est-ce que vous diriez
46:31que ces codes de population
46:32pardon
46:33ces codes de dénonciation
46:34est-ce que vous diriez
46:34qu'ils peuvent aussi infuser
46:35dans la culture du mouvement
46:37il y a eu ce livre
46:38qui a fait
46:38beaucoup de bruit
46:39la meute
46:40ce livre il décrit
46:41un fonctionnement
46:41assez violent
46:42du mouvement
46:43est-ce que vous
46:44vous dites que
46:44tout est faux
46:45dans ce livre
46:46et qu'on peut adopter
46:47des codes
46:48où on explique
46:48qu'on n'est pas content
46:49et reprendre des symboliques
46:50populaires très fortes
46:51ce que vous disiez
46:51et en même temps
46:52être dans un mouvement
46:53où on arrive à se dire
46:54les choses posément
46:55est-ce que vous dites
46:56que tout est faux
46:57dans ce livre
46:57où il y a quand même
46:58des choses
46:58où vous dites
46:59c'est vrai que peut-être
47:00parfois on a pu avoir
47:01des discussions entre nous
47:02peut-être un peu violentes
47:04je n'ai pas lu ce livre
47:05je ne compte pas le faire
47:06je l'ai lu en diagonale
47:07pour des passages seulement
47:10donc je ne peux pas
47:11vous en donner
47:11la tonalité
47:12le compte-rendu précis
47:15ce que je sais
47:15des gens qui l'ont lu
47:16l'ont lu précisément
47:18c'est qu'il y a
47:19beaucoup de mensonges
47:20qui ont été rapportés
47:21on a dénoncé aussi
47:22dans ce livre
47:23la méthode journalistique
47:25c'est-à-dire que
47:25la moindre des choses
47:26quand vous parlez des gens
47:27c'est de les interroger
47:28pour leur permettre
47:29de donner cette version
47:30ça n'a pas été le cas
47:31pour la majorité
47:33des gens qui sont interrogés
47:34dans ce livre
47:34qui n'ont pas pu répondre
47:35donc je n'ai pas vraiment
47:37envie de rebondir
47:38sur ce livre
47:39les auteurs
47:39ont cherché sans doute
47:41à faire vendre
47:42un bouquin
47:42pour moi
47:44c'est un épiphénomène
47:45ce que vous dites
47:46par contre
47:47c'est en gros
47:47est-ce que
47:48ces codes
47:49visibles vers l'extérieur
47:51sont aussi
47:53ceux qu'on adopte
47:54en interne
47:54en gros
47:55et la réponse
47:58est oui et non
47:59c'est-à-dire que
48:00par exemple
48:01le fait d'assumer
48:02de reprendre
48:03des traditions
48:04populaires
48:06des pancartes
48:07etc
48:07toute cette réflexion-là
48:09elle est très importante
48:10pour nous en interne
48:11y compris dans
48:12qui peut participer
48:13au mouvement
48:14de la France insoumise
48:15il ne faut pas avoir
48:16un bac plus
48:17je ne sais combien
48:18si vous êtes militant
48:19vous arrivez
48:20que vous êtes sincère
48:20que vous avez envie
48:21de venir avec vos convictions
48:22vous pouvez le faire comme ça
48:23c'est aussi la différence
48:25entre la forme partie
48:25la forme mouvement
48:26la forme mouvement
48:27qui permet l'adhésion
48:28beaucoup plus
48:28l'adhésion
48:30beaucoup plus simple
48:31et libre
48:31ensuite
48:32sur la façon
48:33dont on fonctionne
48:34en interne
48:36elle est je pense
48:36vraiment très éloignée
48:37des caricatures
48:38qui ont été faites
48:39sur la France insoumise
48:40par exemple
48:41pour ne prendre qu'un
48:42des reproches
48:43qui nous est traditionnellement
48:44adressé
48:45sur l'action
48:46de la démocratie interne
48:47on a une façon
48:49de fonctionner
48:50on avait encore
48:50il y a une semaine
48:51une assemblée représentative
48:52de la France insoumise
48:53il y en a une
48:53tous les six mois
48:54il y a eu un vote
48:56sur la plateforme
48:57par les insoumis
48:58ce que je comprends
49:01dans cette critique
49:01qui peut nous être faite
49:02c'est qu'on ne reprend pas
49:04les formes traditionnelles
49:05qui sont celles d'un parti
49:06c'est-à-dire
49:06les congrès
49:07les votes de motion
49:08etc
49:08mais pour ceux
49:09que ça fait rêver
49:10de voir des fédérations
49:12socialistes
49:13compter
49:14recompter les votes
49:15pendant des nuits
49:16jusqu'à ce que ça arrive
49:17au bon résultat
49:18s'opposer dans des motions
49:19avec des gens
49:20qui se rassemblent
49:20alors qu'ils n'ont aucun
49:21point commun politique
49:23pour ceux que ça fait rêver
49:24il y a de la place
49:25au parti socialiste
49:26nous
49:26non
49:27on ne fait pas ça
49:27il n'y a peut-être pas
49:28de congrès chez vous
49:28mais quand on regarde
49:29ce qui s'est passé
49:30aux législatives
49:30les dernières législatives
49:32une Raquel Garrido
49:33une Alexis Corbière
49:34une Danielle Simonet
49:35c'est quand même
49:35des gens qui ont été
49:36très importants
49:37pour Jean-Luc Mélenchon
49:38avec qui vous-même
49:40vous avez travaillé
49:40est-ce que vous pouvez
49:41comprendre que certains
49:42aient trouvé violent
49:43qu'on ne les ait même
49:43pas prévenus
49:44qu'ils ne seraient pas
49:45investis par la France
49:46insoumises
49:46est-ce qu'il n'y a pas
49:47un petit côté
49:47si ces gens-là
49:48sont exclus
49:48moi peut-être
49:50que ça m'arrivera
49:50aussi un jour
49:51est-ce qu'on peut
49:51militer sereinement
49:52avec cette épée
49:53de Damoclès
49:54au-dessus de la tête
49:54bon d'abord
49:55on a assumé de dire
49:57que les investitures
49:58ne sont pas valables
49:59à vie
49:59et je continue de le dire
50:01je pense que
50:03ça fait partie
50:05du fonctionnement
50:06d'un mouvement
50:07aussi que
50:08d'éviter
50:09peut-être
50:09des baronies locales
50:10d'autres choses
50:11qui se sont connues
50:12dans d'autres
50:12organisations partisanes
50:13qui ne sont pas
50:14forcément ultra vertueuses
50:15à mon avis
50:16la deuxième chose
50:17sur le cas précis
50:18des personnes
50:18dont vous parlez
50:19c'est que
50:20les élections ont eu lieu
50:22en juin
50:22et que le 21 mai 2024
50:25ils avaient créé
50:25une association
50:26l'après
50:27qui est aujourd'hui
50:27leur parti
50:28donc ils avaient créé
50:31cette association politique
50:32avant
50:33que ne soient rendues publiques
50:36les désinvestitures
50:37en réalité
50:38ils savaient très bien
50:39qu'ils ne seraient pas
50:39réinvestis par la France
50:40insoumise
50:40parce qu'ils étaient
50:41en train de construire
50:42une autre organisation
50:42vous prenez que
50:43pas passer un coup de fil
50:44par un texto
50:45dans une entreprise
50:45quand vous êtes licencié
50:46c'est pas comme ça
50:47c'est ce que expliquait
50:49ils ont été prévenus
50:51par ailleurs
50:52ils le savaient très bien
50:53ils étaient en train
50:53de construire
50:54une autre organisation politique
50:55et franchement
50:56pour vous ils mentent
50:57je vais être très honnête
51:00avec vous
51:00ça ne m'intéresse pas du tout
51:01je voudrais revenir
51:04un instant sur Gaza
51:06je ne vais pas revenir
51:07sur tous les épisodes
51:07parce qu'il s'est passé
51:08beaucoup de choses
51:08mais vous le soir du 7 octobre
51:10quand il y a eu ces attaques
51:11du Hamas contre Israël
51:12d'abord qu'est-ce que vous dites
51:14et est-ce que très vite
51:16vous présentez
51:16que ça va être un sujet
51:17important pour la France
51:18insoumise
51:18bien sûr
51:19ça va être un sujet
51:20important pour tout le monde
51:21et on le sait
51:22je pense toutes et tous
51:23pour celles et ceux
51:24qui connaissent
51:25l'histoire au Proche
51:27et au Moyen-Orient
51:28la colonisation à Gaza
51:32et dans les territoires
51:33palestiniens
51:34n'a pas commencé
51:35le 7 octobre
51:36nous c'était
51:37la Palestine
51:38c'est un sujet
51:40de militantisme
51:41chez beaucoup
51:42de militants
51:43de la France insoumise
51:43depuis des dizaines
51:44d'années maintenant
51:45donc évidemment
51:46on sait que
51:48c'est une reprise
51:50intense
51:50on va dire
51:51du conflit
51:52dans sa forme
51:52la plus brutale
51:53avec des bombardements
51:55et puis évidemment
51:55il y a le traumatisme
51:57de cette journée-là
51:58avec des centaines
51:59de personnes
51:59qui ont été tuées
52:00brutalement
52:02par le Hamas
52:03il y a tout de suite
52:04des images
52:05je pense qu'on est tous
52:06dans un état
52:07de choc
52:08mais aussi
52:08comme responsable politique
52:10de se dire
52:12qu'il faut
52:12précisément
52:14entrevoir
52:15tout de suite
52:16ce qui va se passer
52:16après
52:17et qui se passe
52:18depuis maintenant
52:18plus de 20 mois
52:19malheureusement
52:19c'est
52:21l'attaque
52:23du gouvernement
52:24de Netanyahou
52:25sur la bande de Gaza
52:26désormais
52:27quasiment chaque nuit
52:28le blocus
52:29de l'aide humanitaire
52:30le fait
52:31qu'il y a
52:33plus de
52:3410 000 enfants
52:35qui sont menacés
52:36très concrètement
52:37de famine
52:38dans les mois à venir
52:39une population
52:40voilà
52:41affamée
52:41enfermée
52:42chassée
52:43les gens sont déplacés
52:44depuis 20 mois
52:45maintenant
52:45c'est l'horreur
52:46dans la bande de Gaza
52:46vous décidez
52:47d'en faire un thème
52:48central
52:48dans la campagne
52:49des européennes
52:50dans votre programme
52:50il y a quasiment
52:51une cinquantaine
52:51de thèmes
52:51mais c'est ce thème-là
52:52dont vous allez
52:53beaucoup parler
52:54pourquoi vous décidez
52:55de mettre autant
52:55l'accent là-dessus
52:56on aurait pu parler
52:57aussi du climat
52:58qui est une compétence
52:58sympa pour l'Union Européenne
52:59du pouvoir d'achat
53:01on en a parlé aussi
53:02mais c'est surtout
53:03la bande de Gaza
53:04qu'on a retenue
53:05c'est ce que vous avez retenu
53:07vous diriez
53:07que les sujets
53:08étaient beaucoup plus divers
53:09Manon Aubry
53:09a fait
53:10je pense
53:11des dizaines
53:12et des dizaines
53:12de débats
53:13sur absolument
53:14tous les sujets
53:15pendant cette campagne
53:16européenne
53:17agriculture
53:18la PAC étant
53:19une énorme compétence
53:20l'industrie
53:21le pouvoir d'achat
53:23etc
53:23mais cette campagne
53:25elle a été
53:25une campagne complète
53:26après pourquoi
53:27avoir autant
53:28parler de Gaza
53:29parce qu'il y a
53:30un génocide
53:30en fait
53:30Rima
53:32notamment
53:33Rima Hassan
53:33qui est maintenant
53:34députée européenne
53:35et j'en suis très fière
53:36elle est franco-palestinienne
53:41et
53:42elle a rejoint
53:43notre mouvement
53:44particulièrement
53:45pour porter
53:46ce sujet
53:46et encore une fois
53:49c'est une grande fierté
53:51parce qu'elle le fait
53:52avec son histoire personnelle
53:54elle le fait
53:55avec une très grande force
53:56elle est juriste
53:58en droit international
53:59ce sont des sujets
53:59qu'elle maîtrise
54:00à la perfection
54:01et donc
54:02on parle de ce sujet
54:04et on continuera
54:05d'en parler
54:05je vais vous dire
54:06à nos yeux
54:07pas assez en fait
54:07pas assez
54:09parce que
54:09il y a eu
54:10j'ai le sentiment
54:12que ça se retourne
54:12un peu
54:13avec la position
54:14du gouvernement
54:14et de Macron
54:15qui a évolué
54:16qui a dit lui-même
54:17qu'il fallait reconnaître
54:18la Palestine
54:19même s'il ne l'a pas encore fait
54:20qui a parlé à des sanctions
54:21économiques de la part
54:21de l'Union Européenne
54:22voilà
54:22le ministre
54:23qui a parlé
54:24de la rupture
54:24de l'accord d'association
54:25entre l'Union Européenne
54:26et Israël
54:27j'ai porté une résolution
54:28à ce sujet
54:29la semaine dernière
54:29elle a été rejetée
54:30par les macronistes
54:31mais toujours est-il
54:32que dans le gouvernement
54:33pendant des mois
54:34et des mois
54:35la position officielle
54:36ça a été le soutien
54:37inconditionnel à Israël
54:38alors qu'on voyait
54:40qu'y compris
54:41l'alignement
54:42des intérêts américains
54:43et que tout ça
54:43serait meurtrier
54:44au plus haut point
54:46enfin je veux dire
54:47on sous-estime encore
54:49les morts à Gaza
54:50parce qu'ils sont enfouis
54:51sous les décombres
54:51alors on sait aujourd'hui
54:52c'est très compliqué
54:53d'accéder à l'alimentation
54:54à l'eau et aux soins à Gaza
54:55voilà
54:55et donc on va
54:56continuer d'en parler
54:58et sans doute
54:58qu'on continuera
54:59de nous dire
54:59qu'on en parle trop
55:00et pour quelles raisons électorales
55:02ça pourrait être
55:03etc
55:03mais je pense que
55:04si ça dit une chose
55:05c'est qu'il y a
55:07dans les médias
55:08il y a eu
55:09dans ce gouvernement
55:10un deux poids deux mesures
55:11absolument insupportables
55:12sur le traitement
55:13entre l'agression russe
55:16en Ukraine
55:16et ce qui se passe
55:17aujourd'hui à Gaza
55:18de la part du gouvernement
55:20israélien de Netanyahou
55:21je pense qu'il y a
55:22un deux poids deux mesures
55:23qui continue
55:24y compris
55:25de choquer les gens
55:26en fait
55:27qui se disent
55:28mais est-ce qu'il y a
55:30des vies qui comptent moins
55:31comment ça se fait
55:32que les puissances occidentales
55:34peuvent
55:34ne rien faire
55:38quand il y a un massacre
55:39comme ça
55:40alors même
55:41c'est ce qui peut différer
55:42ce qui se passe à Gaza
55:43d'autres conflits
55:45dans le monde
55:45qui sont aussi très meurtriers
55:47alors même
55:48que les puissances occidentales
55:49ont des leviers
55:50cette fois-ci
55:51des leviers très directs
55:52c'est l'accord d'association
55:53entre l'Union Européenne
55:54et Israël
55:54donc il y a en fait
55:55un accord économique
55:56qui permet
55:56c'est un accord économique
55:57c'est un accord de libre-échange
55:58c'est la majorité
55:58des importations et exportations
55:59donc de fait
56:01si vous appliquez
56:02ce type de sanctions
56:02ça peut amener
56:03à réfléchir
56:04des gouvernements
56:05qui ont besoin
56:05que leur vie économique
56:07fonctionne
56:08et donc je pense
56:09que ce qui choque
56:09les gens
56:10c'est ça
56:11c'est ce deux poids deux mesures
56:12ce silence
56:13cette lâcheté
56:15de nos dirigeants
56:16et le fait
56:17le sentiment
56:17que
56:19que oui
56:21les puissances occidentales
56:23auront laissé faire
56:24en quelque sorte
56:24est-ce que vous dites
56:25malgré tout
56:26même s'il y a eu
56:26évidemment une sincérité
56:27dans la démarche
56:28de la France insoumise
56:28sur ce sujet-là
56:29est-ce que vous dites
56:30qu'il y a peut-être
56:30eu des maladresses
56:31dans cette campagne
56:31je pense à Jean-Luc Mélenchon
56:33quand il dit
56:33que l'antisémitisme
56:34reste résiduel
56:35alors qu'il y a une explosion
56:36des actes antisémites
56:37depuis le 7 octobre
56:38et ce que vous dites
56:39voilà c'est peut-être
56:40une phrase
56:40dont on aurait pu se passer
56:42il a expliqué
56:43il a expliqué
56:44cette phrase
56:45on en est beaucoup
56:46on est beaucoup revenu
56:48là-dessus
56:48ce qu'on
56:51ce qu'on tient
56:52à faire
56:52pour notre pays
56:53c'est
56:54à mettre
56:55en lumière
56:56toutes les formes
56:57de racisme
56:58et de discrimination
56:58qui nous sont
57:00les unes et les autres
57:01parfaitement insupportables
57:02ça a été honnêtement
57:05pour vous le dire
57:06une campagne
57:08de dénigrement
57:08de la France insoumise
57:09en nous accusant
57:10d'antisémitisme
57:11à intervalles réguliers
57:12oui j'ai trouvé
57:13que c'était un moment difficile
57:14et nombre de mes camarades
57:16ont trouvé ça
57:16parfaitement insupportable
57:17parce que
57:18la lutte contre le racisme
57:19et donc contre
57:20contre l'antisémitisme
57:22mais aussi
57:22contre l'islamophobie
57:24c'est au coeur
57:25de nos engagements
57:26on est humaniste
57:27on est antiraciste
57:29c'est vraiment
57:30quelque chose
57:31de structurant
57:32politiquement pour nous
57:32et comme ça s'est fait
57:34au prix
57:35en parallèle
57:36de la réhabilitation
57:37notamment du rassemblement
57:38national sur ces questions
57:39qui a été complètement
57:41hors des radars
57:42alors même que
57:42ces députés sont dans
57:43des groupes
57:44ouvertement antisémites
57:45racistes etc
57:45ça a été pour nous
57:48douloureux
57:50alors après
57:50douloureux
57:51politiquement
57:52on est dans
57:53le combat
57:54on ne laissera pas tomber
57:58les gens qui sont
57:59victimes de racisme
57:59et de discrimination
58:01quelle qu'elle soit
58:02voilà
58:03et chacun assumera
58:03ses responsabilités
58:04aussi je pense
58:05à des moments
58:06structurants
58:07de notre histoire
58:08peut-être une dernière question
58:09on l'a vu ensemble
58:11le débat politique
58:11est souvent assez violent
58:12c'est pas facile
58:13de s'y faire sa place
58:14est-ce qu'on peut être
58:14heureuse en politique
58:16Clémence Guettet
58:17ou ça vous semble être
58:17un mot
58:18totalement étranger
58:20dans ce monde
58:21de bras de fer
58:21et d'égo
58:22moi je le fais pas
58:25pour être heureuse
58:25en tout cas
58:26j'ai d'autres
58:27j'ai d'autres
58:29comment dire
58:30j'ai d'autres façons
58:31d'accomplissement
58:33du bonheur
58:34de la joie
58:34dans ma vie
58:35je pense à mes amis
58:36je pense aux militants
58:38aux gens qui m'entourent
58:39etc
58:39je ne suis pas députée
58:42pour être heureuse
58:42je pense qu'on peut y trouver
58:43une forme d'accomplissement
58:44et c'est mon cas
58:45parce que je trouve
58:47que c'est épanouissant
58:48intellectuellement
58:49la plupart du temps
58:50même s'il y a
58:50beaucoup de moments
58:51de frustrations aussi
58:52je me sens une grande liberté
58:54dans les sujets
58:55que je peux porter
58:56même dans l'organisation
58:58de mes journées
58:58pour avoir fait
58:59plein de boulots
59:00avant
59:00je trouve que c'est un luxe
59:03et puis
59:05je me sens être
59:06à la place
59:07à une juste place
59:10ouais
59:10à une juste place
59:11utile
59:11et quand j'estimerai
59:13que ce sera plus utile
59:13j'irai faire autre chose
59:14très bien
59:16merci beaucoup
59:16Clémence Guettet
59:17d'avoir pris le temps
59:18de venir jusqu'ici
59:19merci à vous
59:19de discuter avec nous
59:21j'espère que la vidéo
59:22vous aura intéressé
59:23n'hésitez pas à laisser
59:23un commentaire
59:24sous la vidéo
59:25et à nous indiquer
59:26peut-être d'autres
59:26personnalités politiques
59:27que vous aimeriez entendre
59:28après Clémence Guettet
59:29à très bientôt
59:30Sous-titrage Société Radio-Canada
59:35Sous-titrage Société Radio-Canada
59:40Sous-titrage Société Radio-Canada
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