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  • il y a 6 mois
Parmi les mesures de redressement des finances publiques, François Bayrou a annoncé le 15 juillet dernier le doublement des plafonds des franchises médicales sur les médicaments, passant de 50 à 100 euros.

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Transcription
00:00Aujourd'hui, lorsque vous prenez une boîte de médicaments, la sécu déduit 1 euro sur vos futurs remboursements.
00:05Faire payer ce reste à charge directement au comptoir de la pharmacie devrait donc le rendre plus visible.
00:10Une bonne idée pour Isor.
00:11Ça peut nous permettre de mieux visualiser ce qu'on paye.
00:13Quand on nous donne par 6 boîtes alors qu'on en a besoin d'une, parfois je pense que c'est pas tout à fait nécessaire.
00:18Donc si ça peut y éviter du gâchis, c'est peut-être pas plus mal.
00:20La ministre de la Santé souhaite faire passer le montant maximum de franchise sur une année de 50 à 100 euros.
00:25Mais le risque pour certains patients de cette pharmacie, pénaliser les plus fragiles.
00:29Soit les gens vont moins se soigner, soit ça va faire un trou dans le budget.
00:32Ça fragilise les vulnérables, les gens qui ont des infections de longue durée ou les gens très âgés qui consomment beaucoup de médicaments.
00:37Une crainte partagée par Pierre-Olivier Vario, président de l'Union des syndicats des pharmaciens d'officine.
00:42Pour lui, impliquer les pharmacies dans le paiement des franchises ne fait que rajouter de la complexité au système.
00:47Il faut qu'on aille dans des simplifications administratives.
00:49Ça a été prôné par le président de la République.
00:51Faire des tracassés administratives en plus à une profession, c'est faire mentir le président.
00:56Je ne suis pas un collecteur d'impôts.
00:57Il y a des gens qui sont payés pour ça, pas moi.
00:59Pour le pharmacien, la responsabilisation des patients ne doit pas se faire à coup de carte bleue, mais par de la sensibilisation.
01:05Alors Roger Rua, je le rappelle, vous êtes médecin généraliste, directement concerné.
01:09Vous connaissez donc très bien ces affaires.
01:11Vous dites quoi ? Vous vous dites que c'est une mesurette ?
01:14Je crois que c'est ce que vous disiez tout à l'heure avant la présidentielle.
01:17Oui, c'est une mesurette.
01:19Pourquoi ?
01:19Petite rustine, parce que ça ne résout pas du tout le problème des dépenses d'assurance maladie, notamment pharmaceutiques, parce que la consommation pharmaceutique, elle a d'autres origines que le ticket modérateur.
01:30Enfin, les franchises, parce qu'au départ, on avait aussi un ticket modérateur.
01:34Puis on a mis les franchises.
01:35Là, on augmente les franchises.
01:37Ça ne va servir à rien.
01:37Il faut s'attaquer aux racines du mal, si je puis dire, c'est-à-dire à l'ensemble du système.
01:43Là, le système de santé français aujourd'hui, que l'on dit le meilleur du monde, est tellement complexe.
01:48Il s'est tellement compléficié avec le temps que quand vous tirez une petite ficelle, il y a d'autres ficelles qui vont se mettre partout et vous n'allez rien faire.
01:57Il faut aujourd'hui, il est à bout de souffle en termes d'efficience.
02:02Il faut remettre à plat tout, tout, pas simplement les dépenses, mais aussi les recettes.
02:06Puisque, bon, le financement de la sécurité sociale, aujourd'hui, c'est les comptisations sociales uniquement sur le travail.
02:12Alors, vous parlez de mesurette.
02:13Est-ce que c'est une mesurette qui pourrait faire du mal ?
02:15Il y a certaines associations de patients qui ont peur, en fait, que certaines personnes renoncent à leur traitement parce que les prix vont augmenter.
02:22Bien entendu.
02:23C'est pour ça que pour nous, c'est une mesurette.
02:25Et en plus, tellement injuste pour les patients qui vont être ceux qui sont les plus démunis, qui vont être touchés.
02:32Les gens qui ne regardent pas un euro près, ils ne vont pas être touchés, eux.
02:35Mais ceux qui regardent un euro près, et malheureusement, il y en a beaucoup aujourd'hui, eh bien, ils vont être touchés.
02:40Ils vont renoncer à une certaine partie des soins.
02:43Certes, pour les maladies chroniques, les grosses maladies, on va pouvoir s'arranger.
02:47Je pense que les patients ne souffreront pas de manque de soins.
02:51Mais il va y avoir un renoncement aux soins courants.
02:54Et ça, les Français vont le sentir tout de suite.
02:58Et qu'est-ce que vous dites quand vous avez entendu dernièrement l'argument principal du gouvernement qui dit qu'il faut responsabiliser les Français ?
03:05En gros, certains ne prennent pas comme il faut au sérieux le prix des médicaments, notamment, et leur bon usage.
03:12Ce qu'il faut dire, c'est que responsabiliser les assurés sociaux, ça fait...
03:15Moi, j'ai été syndicaliste, président de syndicat de médecins, ça fait 30 ans qu'on dit ça.
03:20Mais personne ne le fait.
03:20Donc ça ne sert à rien, ce que dit le gouvernement aujourd'hui ?
03:22Non. Le gouvernement est une mesure très comptable à très court terme, juste pour le budget de cette année.
03:30Ça ne changera rien au problème. Rien.
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