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Tous les soirs et pendant tout l'été, les chroniqueurs de #FacealinfoEte débattent de l'actualité du jour de 19h à 20h
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00:00Bonsoir à tous, ravie de vous retrouver pour Sfasa, l'info été.
00:04On va bien sûr commencer les éditos dans un instant, mais d'abord on fait le point sur l'actualité avec Maureen Vidal.
00:08Bonsoir Maureen.
00:09Bonsoir chère Élodie, bonsoir à tous.
00:11A la ligne de l'actualité, la ministre de la Culture Rachida Dati et l'ancien patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn,
00:18renvoyés en procès pour corruption.
00:20Ils contestent les accusations dans ce dossier judiciaire.
00:23La ministre de la Culture est soupçonnée d'avoir perçu 900 000 euros entre 2010 et 2012 pour des prestations de conseil.
00:29Mais sans avoir réellement travaillé, l'entourage du président de la République assure qu'elle reste au gouvernement et continue d'assurer ses fonctions.
00:37Cette annonce du ministère du Logement, Ma Prime Rénov' va rouvrir le 30 septembre après une suspension estivale,
00:42mais uniquement pour un maximum de 13 000 nouveaux dossiers d'ici à la fin de l'année.
00:46Avec des règles modifiées, seuls les ménages très modestes pourront faire une demande de subvention.
00:51Mais peut-être le guichet sera étendu aux ménages modestes.
00:53Et les Etats-Unis se retirent de l'UNESCO.
00:56Washington estime que l'organisation fait preuve de parti pris contre Israël et promeut des causes clivantes.
01:01De son côté, Emmanuel Macron a assuré son soutien indéfectible à l'UNESCO.
01:05Le retrait des Etats-Unis ne fera pas faiblir notre engagement côté de celles et ceux qui portent ce combat.
01:10A-t-il assurer ?
01:11Merci beaucoup Maureen Vidal.
01:14Au sommaire de votre émission, ce soir, une promesse tenue pour le garde des Sceaux.
01:18Gérald Darmanin voulait s'attaquer au narcotrafic avec les prisons de haute sécurité.
01:23Un minimum de communication pour les narcotrafiquants les plus dangereux.
01:27Un maximum d'isolement, de contraintes pour ces criminels.
01:29Et il l'a annoncé aujourd'hui.
01:3117 détenus sont désormais incarcérés dans la prison de Vendin-le-Vieille.
01:34On va en parler avec vous, Philippe David.
01:36Mais on verra aussi que certains avocats commencent à dire qu'ils ne veulent pas du transferment de leurs clients.
01:42On va se projeter un petit peu avec vous, Noémie Alioua, sur la France de 2040.
01:46C'est l'Institut Montaigne qui a publié une étude sur le sujet.
01:49Alors le moins que l'on puisse dire, c'est que les perspectives ne sont pas franchement réjouissantes.
01:54Sans électrochoc, la France va poursuivre son déclin.
01:56Démographie, dette, immigration, productivité.
01:58Vous nous expliquez quelles sont les trajectoires possibles.
02:01Et vous allez aussi nous dire ce qui ne figure pas et ce qui manque dans cette étude.
02:06On vous a beaucoup parlé ces derniers temps des couvre-feux instaurés par certains maires
02:09pour lutter contre la délinquance des mineurs.
02:12Mais est-ce vraiment une mesure efficace ?
02:14C'est à vous qu'on va poser la question, Anne Coffinier.
02:16On va voir aussi les limites de ce dispositif.
02:19Comment le faire respecter avec une nouvelle mission pour des forces de l'ordre déjà débordées.
02:23Puis on verra que finalement, cette initiative est peut-être avant tout le symbole d'un échec collectif.
02:27Et puis avec vous, Arthur Devatrigan, on va parler budget.
02:31Alors vous le savez, vous l'avez entendu, maintes et maintes fois, les caisses sont vides.
02:34Mais pourtant, vous allez nous montrer un certain nombre d'exemples concrets.
02:38Cela ne semble pas être le cas pour tout le monde.
02:39L'État continue de vider les caisses pour des causes qui ne semblent pas forcément prioritaires.
02:44On verra aussi que ces économies demandées risquent d'être, comme souvent d'ailleurs,
02:47basées sur des prévisions de croissance qui sont mensongères.
02:50Face à l'info, ça commence.
03:03Et vous l'aurez compris, pour m'accompagner ce soir, j'accueille Noémie Alioua.
03:06Bonsoir.
03:07Bonsoir.
03:07Anne Coffinier, bonsoir.
03:09Bonsoir.
03:09Philippe David, bonsoir à vous.
03:10Bonsoir.
03:10Et Arthur Devatrigan, bonsoir.
03:11Bonsoir.
03:12On commence donc avec vous, Philippe.
03:13Vous allez donc nous parler de l'arrivée des premiers narcotrafiquants à la prison de Vendin-le-Vieille.
03:18C'était une promesse faite par Gérald Darmanin il y a maintenant plusieurs mois.
03:21Oui, Élodie, c'était une promesse du garde des Sceaux.
03:23Donc Gérald Darmanin, suite à l'assassinat de deux membres de l'administration pénitentiaire au péage d'Incarville,
03:30lors de l'évasion de Mohamed Amra, des images qui avaient autant scandalisé qu'ému la France.
03:36Il a donc été décidé de consacrer spécialement deux établissements à l'incarcération des narcotrafiquants les plus dangereux,
03:44à Vendin-le-Vieille, dans le Pas-de-Calais et à Condé-sur-Sarthe, où les premiers détenus commencent à arriver.
03:49L'objectif de ce type d'établissement est d'ailleurs, outre de limiter au maximum le risque d'évasion,
03:55d'empêcher les détenus de gérer leur trafic, voire même les contrats qu'ils mettent sur la tête des truants
04:01qui les gênent depuis leur cellule dans une sorte de télétravail d'un nouveau genre,
04:06qui était la règle, bien évidemment non écrite, dans nombre d'établissements pénitentiaires français.
04:12On a enfin, je dis bien enfin, décidé de prendre le taureau par les cornes,
04:16mais deux questions, à mon avis, se posent et sont toujours sans réponse.
04:20Pourquoi avoir attendu si longtemps pour mettre en place ce type d'établissement ?
04:25Et surtout, comment a-t-on pu laisser les truants gérer leurs trafics et contrats depuis leur cellule en toute impunité ?
04:32Au nom de la peur, au nom du pas de vague, une commission d'enquête parlementaire me semblerait d'ailleurs intéressante
04:38pour éclaircir ce second point que les Français, et on le comprend, n'arrivent toujours pas à comprendre.
04:44Un certain nombre de transferts ont commencé dès aujourd'hui et cela semble se dérouler sans problème.
04:48Oui, Elodie, les 17 premiers détenus sont arrivés aujourd'hui à Vendin-le-Vieille,
04:53mais certains détenus ne veulent pas y aller et demandent même à leurs avocats de lancer les recours.
04:59C'est déjà le cas pour deux d'entre eux.
05:01Les arguments de l'avocat d'un des détenus réfractaires sont les suivants.
05:05Il n'est condamné définitivement à rien et qu'il redoute beaucoup les parois avec un hijiaphone.
05:11Vous avez bien entendu, les hijiaphone, c'est comme quand on achète des tickets dans une gare, par exemple.
05:15Mais c'est angoissant.
05:16Ah, c'est vrai que c'est très angoissant.
05:18Alors, les parois sont contacts physiques qui seront la règle donc dans ce type d'établissement.
05:23Un détenu dont on a du mal à croire, sa terreur des hijiaphone,
05:26quand on voit qu'il a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle pour séquestration,
05:31accompagné d'actes de torture et de barbarie en bande organisée sur deux adolescents,
05:35recrutés pour travailler sur des points de deal, un procès aura lieu en appel à l'automne,
05:40et qu'il est mis en cause dans plusieurs autres affaires,
05:41puisqu'il est soupçonné d'avoir planifié, depuis sa cellule,
05:45l'assassinat d'un homme sur fond de guerre entre narco-trafricains.
05:49Une avocate au trait de lire dans un document de l'administration pénitentiaire,
05:53qu'il appartient au clan Yoda, qu'il est extrêmement dangereux,
05:56qu'il est l'auteur de X assassinat, tout ça sur un ton très affirmatif,
05:59qui fait absolument fi de la présomption d'innocence.
06:02Bref, l'arrivée de ces nouveaux établissements risque de causer bien des remous avec les recours que risquent de poser les avocats,
06:09recours qui peuvent avoir lieu un peu partout, de la justice française à la Cour européenne des droits de l'homme,
06:15comme le prouve l'actualité.
06:16Et de quelle actualité vous parlez, Philippe ?
06:18Une actualité qui date d'hier, puisque la Cour d'appel de Douai a confirmé que,
06:23suite à un recours du truand Redouane Faïd,
06:25qui est placé à l'isolement depuis 12 ans après plusieurs évasions et tentatives d'évasion,
06:29que, je cite, « les conditions actuelles de détention sont contraires à la dignité de la personne humaine
06:35de par leur combinaison, leur durée et l'absence de perspectives concrètes et objectifs réservisables donnés aux détenus. »
06:42Une Cour d'appel qui donne jusqu'au 21 août, donc comme ça a été hier un délai d'un mois,
06:46à l'administration pénitentiaire pour présenter un rapport d'information sur les mesures prises ou,
06:52accrochez-vous bien, proposées aux détenus.
06:54Un détenu dont la condamnation la plus lourde est de 25 ans de réclusion pour le braquage avorté de Villiers-sur-Marne,
07:01dans lequel la policière Aurélie Fouquet, 26 ans, et maman d'un petit garçon, a été abattue.
07:08Il a à son compteur nombre d'autres condamnations, avec en 2017 10 ans de réclusion pour son évasion
07:13avec prise d'otages de la prison de Séquedin en 2013,
07:16et 18 ans de réclusion par les Assises du Nord pour le braquage d'un forgon blindé.
07:20Enfin, il est condamné en 2023 à 14 ans de réclusion pour son évasion de la prison de Réau en Seine-et-Marne
07:26par hélicoptère avec prise d'otages.
07:28Un palmarès qui le rend libérable en 2060, sauf réduction de peine ou grâce présidentielle,
07:33c'est-à-dire à l'âge de 88 ans.
07:35Une décision qui choque les gardiens de prison.
07:39Je cite,
07:39« Pour l'ensemble des personnels pénitentiaires, c'est unanime que cette décision est un scandale
07:45et un coup de couteau dans le dos des victimes de Redouane Faïd.
07:48Quel message fait-on passer à la société et aux Français ?
07:51Il sort en promenade, il a accès au sport, il a accès au téléphone.
07:55Redouane Faïd dispose d'une douche en cellule individuelle,
07:58ce qui n'est pas le cas pour tous les détenus en France, a déclaré sur CNews,
08:01David Lacroix, secrétaire et faux justice.
08:04Une justice qui, une fois de plus, se préoccupe plus des truands que des victimes,
08:08ce qui est malheureusement beaucoup trop souvent le cas en France.
08:11Inutile de dire que quand on voit les conditions de détention
08:13dans les prisons de haute sécurité américaines type ADX Florence,
08:17ce n'est pas demain la veille que nous en aurons en France.
08:20Et en conclusion ?
08:21On peut espérer que ce type d'établissement
08:24permette de réduire le potentiel de nuisances détruant qui ont vu être incarcérés.
08:28Mais on peut craindre que les recours s'y multiplient
08:31et qu'au nom des droits de l'homme,
08:33on doive réduire le champ d'action de cette prison,
08:35comme pour les lois contre le narcotrafic et la délinquance des mineurs,
08:39retoquées par les membres du Conseil constitutionnel
08:42qui, comme les juges, sont non élus et responsables devant personne.
08:46La suite au prochain épisode.
08:48Merci beaucoup Philippe.
08:50David, Anne Cofinier, c'est vrai que quand on entend les arguments de certains avocats,
08:55c'est quand même assez hallucinant,
08:56sachant qu'on rappelle que finalement, certes, il y aura beaucoup d'isolement,
08:58mais donc on n'est pas dans la surpopulation carcérale.
09:00Ce sont des cellules individuelles.
09:03Alors certes, il y a moins de communication pour ne pas gérer son business,
09:05mais ce n'est pas non plus pas du tout de communication.
09:07Et on va nous sortir que les droits de l'homme ne sont pas respectés.
09:09On parle de gens qui sont des narcotrafiquants,
09:11qui ont du sang sur les mains.
09:12Ce ne sont pas des détenus de droits communs.
09:14Oui, on a l'impression de marcher sur la tête.
09:15Et on a le sentiment qu'à force de vouloir protéger les détenus
09:20et d'une certaine manière, être humain, voire humanitaire,
09:23on finit par être scandaleux à force de donner un confort
09:28et une attention à ceux qui ont brisé des vies.
09:31Donc je crois que là, on va trop loin, une fois de plus.
09:34C'est une question de balancier dans bien des choses.
09:35Et là, le balancier est parti trop dans un sens.
09:38Donc il va falloir revenir un peu à la raison.
09:41Et d'une certaine manière, penser aussi aux autres détenus.
09:43Parce que, vous peut-être aussi, moi je suis allée en prison,
09:46j'ai vu à quoi ça ressemblait, et la plupart des prisons sont dans un état
09:50qui est vraiment absolument catastrophique,
09:54et révoltant, et inhumain, et pas conforme aux droits d'homme,
09:57et tout ce qu'on veut.
09:58Donc si, dans le même temps, il y a des cellules de luxe
10:01pour les personnes qui sont les plus condamnées
10:04et les plus terriblement transgressives,
10:08ça choque aussi ce sens de la justice-là.
10:10Effectivement, Noémie Alliouin, on entend un peu moins ces mêmes avocats.
10:14Par exemple, vous citiez le cas Redouane Faïd,
10:16sans surgir, comme vous le disiez à l'instant,
10:18sur la surpopulation carcérale,
10:20sur le fait que certains détenus dorment sur des matelas,
10:22à même le sol, là effectivement.
10:24Et d'ailleurs, la France a été condamnée plusieurs fois
10:25pour ces conditions d'incarcération.
10:28Le problème, c'est que les droits de l'homme sont toujours invoqués,
10:32ou en tout cas très souvent invoqués,
10:33pour défendre des bourreaux.
10:35Je suis désolée de le dire,
10:36mais je rejoins complètement ce que vous avez dit, Philippe Daville.
10:38Je rejoins aussi ce qu'ont dit les gardiens de prison,
10:40c'était bien de faire entendre leur voix,
10:42parce qu'eux, ils subissent ça au quotidien,
10:44ils subissent cette humiliation,
10:45ils subissent cette idée de dire qu'au fond,
10:48on se soucie de la dignité des criminels dans notre pays,
10:51beaucoup plus parfois que d'autres personnes,
10:53et notamment des victimes.
10:54C'est vrai que, vous avez raison madame,
10:56on doit se soucier, on doit mettre en perspective
10:59la façon dont certains sont considérés en prison
11:02par rapport à d'autres,
11:03mais j'ai envie de vous dire,
11:04on peut aussi mettre en perspective avec les victimes,
11:06parce que certains prennent perpétence.
11:08Lorsque vous avez perdu votre fils, votre mari,
11:11lorsque vous vous retrouvez handicapé sur une chaise roulante à vie,
11:14dans ce cas-là,
11:15où est-ce que sont les personnes qui vont défendre votre dignité ?
11:19Est-ce que leur voix, on les entend ?
11:20Est-ce qu'ils énoncent ?
11:21Et est-ce qu'ils défendent les droits de l'homme ?
11:22Est-ce que les droits de l'homme sont invoqués pour défendre les victimes ?
11:25Je ne crois pas, c'est quand même très rare.
11:27Donc, il faut remettre simplement les choses à leur place,
11:29les victimes sont à leur place,
11:31les bourreaux sont à leur place,
11:32et on doit se soucier d'abord de la dignité des victimes
11:36avant celle des criminels,
11:38et notamment de ceux qui ont commis des assassinats.
11:40C'est indigne.
11:41Et Arthur de Vatrigan, sur un plan plus politique,
11:43effectivement, on voit d'un côté la volonté de Gérald Darmanin
11:45avec cette prison d'haut de sécurité,
11:47mais on imagine déjà tous les avocats qui vont dire
11:49non, on ne veut pas ce transferment,
11:50non, ce n'est pas conforme aux règles et aux droits de l'homme,
11:54alors que comme on le rappelle,
11:55effectivement, et c'est important de le dire,
11:56on est bien sur des cellules individuelles.
11:58Vous vous rappeliez qu'il y a des douches individuelles,
11:59notamment pour ces détenus.
12:00Ce que n'ont pas les détenus, moi aussi,
12:02j'ai travaillé en carcéral,
12:03désolé, je reprends la parole quelques instants,
12:05vous aviez à l'époque trois types de centres pénisentiaires.
12:07Vous avez les maisons d'arrêt,
12:09où vous avez toutes les personnes en préventive
12:11et les courtes peines,
12:12c'est-à-dire des gens qui sont pour certains des escrocs,
12:15des gens qui n'ont pas de sang sur les mains,
12:20et qui ont des conditions de détention déplorables,
12:22et ensuite vous avez les centres de détention et les centrales,
12:24où là vous aviez même à l'époque la clé de votre cellule.
12:27Oui, c'est pratique si vous voulez sortir.
12:28Oui, c'est le but.
12:30Arthur, pour terminer là-dessus.
12:31La prison a trois rôles,
12:33punir, protéger, la société, réhabiliter.
12:37Bon, la punition, on voit que ceux qui arrivent en prison,
12:40mais quand on va en prison, il faut vraiment y aller.
12:42Pour le vouloir.
12:42Évidemment que les conditions sont indignes et inhumaines.
12:46Le problème, c'est qu'on découvre en plus que la société n'est pas protégée,
12:50puisque les narcotraffics continuent à piloter.
12:52Je veux dire, la DZ Mafia, c'est quand même trois patrons
12:54qui sont en trois tôles différentes et qui pilotent aussi bien le trafic
12:57que les assassinats.
12:59Mais en prison comme ailleurs, d'ailleurs, on a l'impression
13:01que le législateur, le politique, il est en retard,
13:04comme le législateur est en retard sur le dopage.
13:07C'est-à-dire qu'on pense à quelque chose qui était peut-être juste il y a dix ans,
13:09mais aujourd'hui, on en a à l'étape d'après.
13:11Pour vous donner une idée, aujourd'hui, on n'est plus à l'époque
13:14où on paye les matons de prison.
13:16On a à l'époque où les narcotraffics envoient candidates et leurs hommes
13:19pour devenir surveillants pénitentiaires.
13:21On a à l'étape d'après.
13:23On a dix, vingt ans de retard.
13:24Et quand vous voyez à quel niveau d'argent on est aujourd'hui en France
13:28sur le trafic de drogue, pour rappel, la Colombie a multiplié par trois
13:30sa production de cocaïne.
13:32Et un des pays consommateurs principaux, c'est la France.
13:36Bon, voilà, on en est là aujourd'hui.
13:38Donc, on est très, très loin de ce qu'il faudrait faire.
13:40On va parler maintenant avec vous, Noémie, de la France en 2040.
13:43Alors, ça n'est pas l'objet d'un roman de science-fiction,
13:46mais c'est un rapport, je le disais, qui a été publié par l'Institut Montaigne.
13:49Vous allez nous en parler.
13:50Un rapport qui s'intitule précisément France 2040,
13:53projection pour l'action politique.
13:55Et ça vous a intéressé, Noémie ?
13:56Ça m'a intéressé.
13:57Alors déjà, je précise, ce rapport n'a pas été fait à partir d'une boule de cristal.
14:01Il n'y a pas de Madame Irma.
14:02Voilà, on n'est pas dans la futurologie.
14:04Oui, on est vraiment dans un rapport très sérieux qui fait environ 400 pages,
14:07qui a été effectivement, vous l'avez dit, publié par l'Institut Montaigne,
14:10qui est un laboratoire d'idées d'orientation libérale.
14:15C'est le fruit de 18 mois de travail.
14:17Ça a été coordonné par le politologue Bruno Tertré,
14:20qui se veut, c'est un rapport qui se veut neutre et le moins politique possible.
14:24L'objectif, c'est vraiment d'ausculter les grandes tendances
14:27qui dessineront notre pays d'ici 15 ans à partir de statistiques publiques,
14:31de rapports d'experts et d'un modèle projectif.
14:35Il s'agit de décrire en bref la France de demain,
14:38dans le cas où il n'y aurait pas d'électrochoc,
14:41dans le cas où il n'y aurait pas de personnalité politique,
14:44qui aurait le courage de renverser la table sur un certain nombre de sujets.
14:48Alors, il y a une dizaine de volets qui sont abordés dans ce rapport,
14:51mais on peut se concentrer sur trois points qui me paraissent plus intéressants.
14:56La démographie, la dette et la productivité.
15:00Commençons par la démographie,
15:02c'est-à-dire le visage de la population française d'ici 2040,
15:06s'il n'y a pas d'inversion des courbes,
15:08s'il n'y a pas le fameux réarmement démographique,
15:11qui espère notre président.
15:13Eh bien, pour être clair, on peut s'attendre à un marasme,
15:16c'est-à-dire à une population vieillissante,
15:19où les plus de 65 ans,
15:20aujourd'hui, dépassent 22% de la population en 2025,
15:24ils seront entre 26 et 28% en 2040,
15:28c'est-à-dire que près d'un tiers de notre pays
15:30sera soit en situation de retraite,
15:33soit en situation de dépendance,
15:35avec un ratio entre actif et inactif,
15:38qui sera encore plus déséquilibré,
15:40encore plus sous pression qu'il ne l'est aujourd'hui,
15:43et qui pourrait atteindre le seuil de 1 pour 2,
15:46c'est-à-dire un actif pour un retraité, un malade ou un enfant.
15:51En ce qui concerne la natalité,
15:53eh bien là aussi, vous savez,
15:55les naissances sont en berne,
15:56elles sont tombées à un peu plus de 600 000 en 2024,
15:59contre plus de 800 000 début 2010.
16:02Eh bien, de même,
16:03s'il n'y a pas de nouveau souffle d'ici une quinzaine d'années,
16:06d'ici 15 ans même,
16:07si les taux de fécondité continuent de baisser,
16:12eh bien, on arrivera à un pays, finalement,
16:15de retraités, sans jeunes pour la porter,
16:18mais ce n'est pas tout.
16:19Dans ce cas, la part de l'immigration
16:21sera encore plus importante,
16:24puisque selon ce rapport,
16:26la part de l'immigration dans la croissance démographique
16:29devrait passer de 10% en 2023
16:32à 14% en 2040.
16:35C'est-à-dire que, fondamentalement,
16:37le visage de la France d'après-demain
16:39sera encore plus un visage importé venu d'ailleurs.
16:43C'est un bouleversement,
16:45avec un enjeu qui, vous l'avez compris,
16:47n'est pas seulement économique,
16:48mais aussi civilisationnel,
16:50puisque, même si le rapport reste assez pudique,
16:52au fond, sur l'interprétation de ces chiffres,
16:55on peut facilement comprendre ce qu'ils signifient,
16:58ce qu'ils veulent dire,
16:59à savoir que la population immigrée sera plus nombreuse,
17:03elle aura moins de chances de s'intégrer
17:05et donc plus de risques d'imposer sa loi sur le territoire
17:08et de mettre en péril notre modèle républicain.
17:12En bref, de plus en plus de Français
17:14risquent de souffrir de ce que le politologue
17:18Laurent Bouvet appelait l'insécurité culturelle,
17:21c'est-à-dire cette sensation diffuse,
17:24mais de plus en plus partagée,
17:26de ne plus reconnaître le pays dans lequel on vit,
17:29d'en perdre les repères, les codes,
17:31la langue commune et même parfois jusqu'à l'identité.
17:34Il y a un autre volet du rapport qui vous a intéressé,
17:37c'est autour de la dette publique
17:38et malheureusement, on va continuer
17:40dans les études pas très réjouissantes.
17:42Non, vous avez raison, c'est même assez pessimiste,
17:44puisque vous savez, aujourd'hui,
17:46on estime déjà la dette de notre pays
17:48à environ 114% du PIB,
17:50ce qui est déjà un niveau historiquement élevé,
17:54mais selon ce rapport,
17:55si rien n'est fait en 2040,
17:57eh bien la dette pourrait passer à 150% du PIB,
18:02notamment à cause de ce fameux vieillissement
18:04dont on vient de parler,
18:05ce vieillissement de la population
18:07qui implique donc plus de retraites à charge,
18:10c'est-à-dire plus de dépenses pour l'État
18:12et notamment pour les pensions et la santé.
18:15Ça implique aussi moins d'actifs pour travailler,
18:18moins de cotisations sociales et moins d'impôts,
18:20donc finalement moins de recettes pour l'État.
18:23Et donc là, on tombe dans un cercle vicieux,
18:26il faut le dire, puisque, vous le savez,
18:28plus la dette augmente,
18:29plus il faut payer d'intérêts pour la financer.
18:32Et selon ce fameux rapport,
18:34eh bien le coût du service de la dette
18:36pourrait atteindre 200 milliards d'euros par an.
18:39Ce serait le premier poste de dépense de l'État
18:41avant l'éducation et avant la santé.
18:44Et le rapport alerte aussi
18:45sur la baisse de productivité de la France.
18:48Voilà, et là c'est une d'entences aussi
18:50qui n'est pas complètement nouvelle,
18:52puisque vous le savez aussi,
18:53depuis le début des années 2000,
18:55les gains de productivité par tête
18:56ont forcément baissé en France.
18:58Les actifs français travaillent moins d'heures
19:01que leurs aînés,
19:02et cela s'est encore considérablement aggravé
19:04pendant le Covid.
19:05Il y a eu une baisse historique
19:07pendant le Covid,
19:09seulement, eh bien,
19:11la dynamique n'a pas repris.
19:12Ensuite, la productivité est restée à tonne,
19:15elle reste environ à 5%
19:16en dessous de son niveau d'avant le Covid,
19:19signe que l'économie peine
19:20à repartir pleinement.
19:23Et c'est d'ailleurs ce que dénonce, vous savez,
19:24le chef d'entreprise, Denis Oliven,
19:26dans son dernier essai,
19:28qui est paru aux éditions Albain-Michel.
19:29La France doit travailler plus.
19:32Il considère, lui, justement,
19:33que c'est le problème numéro un
19:35dans notre pays,
19:35le grand déclassement de notre pays.
19:37Il considère que les Français
19:39ne travaillent pas assez.
19:40Il rappelle que 6 Français sur 10
19:41ne travaillent pas,
19:43et que cela pèse sur l'ensemble
19:45de la communauté nationale.
19:46Il explique qu'il y a une baisse
19:49de motivation chez certains actifs,
19:51notamment parce que le travail
19:52n'est pas assez rémunérateur
19:54dans notre pays,
19:55parce que le fruit du travail
19:57est trop souvent confisqué
19:58pour les charges,
20:00pour les taxes
20:00et la redistribution.
20:02Pour lui, pour s'en sortir,
20:04si l'on veut redonner aux Français
20:05l'envie de se retrousser les manches,
20:08eh bien, il vaudrait mieux
20:09récompenser le travail
20:10et alléger la fiscalité.
20:12On a entendu la démographie,
20:14la dette, la productivité,
20:15mais si on parle de la France de 2040,
20:17est-ce que dans ce rapport,
20:18il y a quelque chose,
20:19notamment sur la progression
20:20de l'islamisme sur notre sol ?
20:22Non, vous avez raison.
20:23D'ailleurs, on peut noter
20:23certaines pudoles de gazelles
20:25à traiter le sujet,
20:26alors que c'est même
20:27l'un des phénomènes
20:28les plus explosifs
20:29dans notre France contemporaine.
20:31C'est un sujet
20:32qui n'est pas vraiment creusé
20:33dans ce rapport,
20:34il faut le dire.
20:35On parle de fractures,
20:36on parle de tensions communautaires,
20:38on parle de crise
20:39de légitimité démocratique,
20:41mais à aucun moment
20:41la menace de l'islamisme
20:43et ses conséquences
20:44sur le destin du pays,
20:45ses conséquences concrètes
20:46ne sont abordées
20:48dans ce rapport,
20:49peut-être par crainte
20:50d'être taxé d'identité.
20:52En tout cas,
20:52ce danger,
20:53il est bien réel,
20:54ce n'est pas un fantasme,
20:55il pèse sur notre pays,
20:57il pèse sur notre pays
20:58de façon extrêmement concrète
21:00pour preuve,
21:00cet autre rapport confidentiel,
21:02souvenez-vous,
21:03qui avait été remis
21:03à l'exécutif,
21:05c'était au printemps dernier,
21:06il avait été examiné
21:07au cours d'un conseil de défense,
21:09cet autre rapport
21:10qui lui décrit
21:11une menace qualifiée
21:13pour la cohésion nationale,
21:15donc une menace réelle,
21:16concrète pour notre pays,
21:18qui est liée
21:18à toute une stratégie
21:19d'infiltration,
21:20d'entrisme,
21:21qui est orchestrée
21:21notamment par les frères musulmans
21:23via des associations,
21:25des lieux de culte,
21:26des écoles.
21:26Les experts,
21:27dans ce rapport,
21:28montrent comment
21:29l'influence se construit
21:31pas à pas,
21:32sans faire de bruit,
21:33par la dissimulation,
21:35par le double discours,
21:36par la recherche
21:37d'une légitimité institutionnelle.
21:39Cette menace-là,
21:40elle s'ajoute
21:41à celle qu'on a évoquée
21:42juste avant
21:42dans l'autre rapport
21:43de l'Institut Montaigne,
21:45c'est-à-dire,
21:45pour résumer,
21:46une dette qui explose,
21:47une population qui vieillit,
21:48une productivité qui s'effondre,
21:51un pays qui doute,
21:52disons-le,
21:53la France de 2040
21:54est peut-être
21:55un peu inquiétante,
21:56peut-être qu'elle fait peur,
21:58mais avant cela,
21:59vous le savez,
22:00il y a 2027.
22:022027,
22:03l'élection présidentielle,
22:05peut-être que c'est
22:05la dernière chance
22:06de redresser la barre,
22:08en tout cas,
22:08vous savez,
22:09un destin n'est jamais
22:10écrit d'avance,
22:11il n'est jamais complètement
22:12écrit d'avance.
22:13Toutes les courbes
22:14et toutes les projections,
22:16y compris les plus solides,
22:17y compris les plus sordides,
22:19peuvent être démenties
22:20pour peu qu'il y ait
22:21une réelle volonté politique
22:23de changer les choses.
22:24Merci beaucoup Noémie Alioua
22:26en faire un tour de table
22:27sur le sujet,
22:28Philippe David.
22:29Alors, pas réjouissant ce tableau
22:31d'abord pour les chiffres
22:32que vous avez donnés
22:33et puis aussi,
22:34on voit ce rapport,
22:35vous l'avez dit,
22:36qui va être le moins politique
22:37possible,
22:37mais ça n'est pas réjouissant
22:39dans les chiffres
22:39et pas réjouissant non plus
22:40quand on voit
22:40qu'un certain nombre
22:41de questions sont un peu éludées.
22:42On ne peut pas ignorer
22:43que ce soit un sujet
22:44et quand on parle
22:46de la France de 2040,
22:47on aimerait bien savoir aussi
22:48comment ils envisagent
22:49notamment la progression
22:50de l'islamisme
22:50sur notre sol
22:51que vous avez évoqué.
22:51Bien sûr,
22:52mais inutile de dire
22:53que quand votre femme
22:54vous dit passe l'aspirateur
22:55pendant que je vais faire les courses
22:56et que vous n'avez pas passé
22:57l'aspirateur
22:58et que vous entendez les clés,
22:59vous mettez tout de suite
22:59la poussière sous le tapis
23:01et tous les...
23:01C'est ce que vous faites vous,
23:02peut-être pas tout le monde,
23:03mais...
23:03Merci.
23:04Je vous en prie.
23:05Moi, l'expérience.
23:06Et c'est malheureusement
23:08une constante
23:09de mettre la poussière
23:09sous le tapis
23:10pour l'islamisme
23:11et plein d'autres choses
23:11depuis les années.
23:12Moi, ce rapport,
23:13je le trouve parfaitement réaliste,
23:14mais si vous me permettez
23:15d'être un peu médisant.
23:22On va commencer par la dette.
23:24Oui, la dette,
23:24elle a commencé à exploser.
23:25Quand ?
23:26On en a parlé hier soir, d'ailleurs.
23:27En 1981
23:28et nonobstant le tournant
23:30de la rigueur en 1983,
23:31la dette a toujours augmenté.
23:34La démographie...
23:35Alors, on va finir par là,
23:36mais si la dette a augmenté,
23:37c'est notamment parce qu'en 1981,
23:39on a fait la retraite à 60 ans
23:40et que la retraite à 60 ans
23:42n'était pas financée.
23:43Jusque-là,
23:43on travaillait jusqu'à 65 ans.
23:45Et non content
23:46de faire la retraite à 60 ans,
23:48on a fait partir
23:49des millions de gens
23:50en pré-retraite
23:51à 59, 58, 57.
23:54Moi, mon père
23:54avait eu une chance extraordinaire.
23:55Il a pu partir à 56 ans
23:57en étant salarié du privé
23:58parce qu'il y avait
23:59des contrats de solidarité
24:00en 82 après l'arrivée
24:01des socialistes au pouvoir.
24:03C'est bien
24:03parce que nous,
24:04on va quand même travailler
24:0410 ou 15 ans de plus que ça.
24:06Donc, c'est qu'on n'a pas géré l'argent
24:08et on n'a pas eu de politique.
24:09La productivité,
24:11évidemment,
24:11comme en 80,
24:12on a réduit le temps de travail
24:13de peu,
24:14les 39 heures,
24:15mais qu'on a fait
24:16la cinquième semaine
24:17de congé payée,
24:18mais après qu'on a fait
24:19les 35 heures
24:20entre 97 et 2002,
24:21évidemment qu'on a moins produit.
24:23Et strike,
24:24la démographie,
24:25elle s'est effondrée.
24:26Non pas à la cause
24:28de Mitterrand,
24:28mais c'est parce que
24:29François Hollande,
24:30quand il est allisé
24:30entre 2012 et 2017,
24:32a cassé la politique familiale.
24:34On aimerait bien
24:35que le Parti Socialiste
24:36s'exprime sur ce bilan
24:37de ces deux présidents,
24:38d'ailleurs.
24:38Il y a plus de raisons.
24:40Enfin, la baisse de l'intérêt,
24:40elle est au cœur
24:42de mille raisons différentes.
24:44Toutes intéressantes,
24:45y compris celles que vous avez évoquées.
24:46Moi, je prenais
24:47l'aspect politique.
24:48Et effectivement, Arthur,
24:49et on ne va pas trop
24:50parler de votre édito avant,
24:52mais il y a quand même aussi
24:53cette idée, une fois de plus,
24:54où on a l'impression
24:54que chacun se refile
24:55la patate chaude,
24:55c'est-à-dire que les gouvernements
24:56passent, que ce soit sur la dette,
24:58que ce soit sur la natalité,
24:59tout le monde sait
24:59que de toute évidence,
25:00il y a un problème.
25:01Mais finalement,
25:02on passe au pouvoir
25:03quelques années
25:03et on se dit
25:04le prochain gérera peut-être mieux
25:05ou le prochain gérera ça.
25:07On voit que le tableau
25:08que vous faites
25:09est quand même très pessimiste.
25:10On a l'impression
25:10que les politiques vivent très bien
25:11malgré tout
25:12et qu'ils avancent tranquillement.
25:13Oui, ils vivent très bien,
25:14malheureusement,
25:15parce qu'ils ne vivent pas
25:15au milieu de la majorité des gens.
25:17Il y a ça aussi.
25:17Il y a malheureusement
25:18une répartition géographique
25:21qui devient sociale
25:23et qui devient de classe
25:24qui fait que, par exemple,
25:27un homme politique,
25:28quand il va en Provence,
25:30il s'arrête dans les gares TGV,
25:31il n'y a pas plus loin.
25:32Pourquoi il n'avait pas vu
25:33la révolte des agriculteurs
25:34alors que ceux qui se battent
25:35en voiture
25:36avaient compris depuis un an
25:37que les panneaux retournaient,
25:38c'est qu'il y avait un souci.
25:39Eux, ils ne l'ont pas vu.
25:40Il y a ce problème-là,
25:41mais on a mis tellement de choses
25:42sur le tapis
25:43que ce n'est plus un tapis,
25:43c'est un rooftop qu'on a.
25:45C'est un truc qui est tellement immense
25:46qu'en fait,
25:47ce n'est pas des mesurettes
25:47qu'il va falloir faire.
25:48C'est une vraie révolution,
25:49même une contre-révolution
25:50parce que le modèle familial,
25:51vous pouvez remonter à Mitterrand,
25:52moi, je remonte à 1789,
25:54si vous voulez.
25:54La maison aujourd'hui,
25:56la France,
25:56c'est une magnifique bâtisse.
25:57Oui, mais parce que vous,
25:57vous avez vécu cette époque.
25:59Non, mais c'est une magnifique bâtisse,
26:00si vous voulez.
26:01Mais ce qu'on a dit,
26:02les souvenirs au mieux,
26:03on les décroche.
26:03Les habitants,
26:04ils se font discrets
26:05et puis on va laisser comme ça en état.
26:08Donc forcément,
26:08les gens débarquent,
26:09ils s'installent avec leurs meubles,
26:10avec leurs coutumes,
26:11avec leurs cultures.
26:12Et c'est ça aujourd'hui.
26:13Donc, pour faire une marche arrière
26:15aujourd'hui,
26:16honnêtement,
26:17je ne vois pas
26:17qui en 2027
26:18propose une telle marche arrière.
26:21Et qui a la possibilité
26:22de faire quelque chose ?
26:23Il y a la volonté,
26:23il y aura la possibilité.
26:24La possibilité, on peut.
26:26On me cite toujours,
26:27oui,
26:27l'Union Européenne,
26:28oui, le Conseil Consite.
26:29Vous faites un référendum
26:29pour savoir
26:30si les Français
26:31veulent garder le Conseil Consite,
26:31qui disent 90% en an,
26:33je crois que le Conseil Consite
26:34n'existe plus.
26:34Ils n'ont pas d'armée,
26:35c'est comme l'Union Européenne.
26:36Vous dites non à l'Union Européenne,
26:37il se passe quoi ?
26:38Ils vous retirent l'argent ?
26:39Vous en donnez plus.
26:39Ils vous envahissent,
26:40ils n'ont pas d'armée.
26:41En fait, le problème,
26:42c'est qu'on a entériné déjà le fait
26:44de ne pas pouvoir savoir le faire
26:45et d'être déjà défaitiste.
26:47Et donc, ce qu'on fait,
26:47c'est qu'on file les clés
26:48à quelqu'un d'autre.
26:49Donc, c'est soit au prochain,
26:50soit le plus courant
26:51à l'Union Européenne.
26:52Anne Coffinier,
26:53pour terminer,
26:53ce qui est aussi triste
26:54dans cette étude,
26:56c'est qu'on voit qu'effectivement,
26:57les Français faisant moins d'enfants
26:59laissent plus de place.
26:59Et vous l'avez très bien démontré
27:01à l'immigration.
27:01On a l'impression que nous-mêmes,
27:02finalement,
27:03on abandonne un peu
27:04l'avenir de notre pays
27:06en se disant,
27:06et vous venez de le dire aussi,
27:07Arthur,
27:08nous, on se fait discret.
27:09Et donc, du coup,
27:10évidemment,
27:10que cette place,
27:10elle est prise par d'autres.
27:12Je pense que les chiffres
27:12ne sont pas bons
27:13en ce sens qu'ils n'intègrent
27:14pas du tout
27:14l'immigration clandestine.
27:17parce qu'à mon avis,
27:18ce n'est pas du 14%,
27:19c'est bien plus,
27:20déjà.
27:21Mais c'est l'immigration
27:21qui est quantifiable.
27:23Voilà, donc...
27:24Oui, mais enfin,
27:26je veux dire,
27:26vu la proportion
27:27de l'immigration clandestine
27:28aujourd'hui,
27:29ça me paraît quand même
27:30assez significatif.
27:32Alors, je crois que
27:33quand une population
27:34n'a plus vraiment
27:35envie d'être,
27:37qu'elle ne s'aime plus,
27:38qu'elle est prise
27:38par une espèce
27:39de repentance généralisée
27:41et de haine de soi,
27:43ben oui,
27:43à la limite,
27:44elle aspire presque
27:45à l'effacement.
27:47Et c'est un petit peu
27:49ce qu'on voit,
27:50je crois qu'il y a
27:50un manque d'énergie,
27:52il y a un manque d'envie,
27:55il y a un manque d'amour
27:56de soi-même,
27:57de sa civilisation,
27:57de son héritage.
27:59De la même manière
27:59qu'il y a une crise
28:00de la transmission
28:01puisque les gens
28:02ne voient plus très bien
28:03pourquoi il faudrait
28:03qu'ils se transmettent,
28:04un passé qui après tout
28:05n'est pas très glorieux,
28:07un peu honteux.
28:08Certains diront.
28:08On ne voit plus
28:09pourquoi on transmettrait,
28:10on ne voit plus tellement
28:11pourquoi on ferait
28:11des enfants non plus.
28:12D'ailleurs, ça pollue la planète,
28:13c'est horrible.
28:14Et après, ils sont éco-anxieux.
28:17Et puis, oui,
28:18et puis après,
28:18voilà, il faut être stressé.
28:20Donc, tout ça crée
28:21un contexte global
28:22qui est catastrophique.
28:23Et ce que je trouvais
28:24intéressant quand même,
28:24c'est que le principe même
28:26de ce travail de prospective,
28:28en France,
28:29on n'est pas très fort
28:29pour la prospective.
28:30Si on compare
28:31avec les États-Unis
28:32qui sont des fous
28:33de prospective,
28:34bon, il y a quelques personnes
28:35qui ont toujours aimé ça,
28:37notamment Jacques Attali,
28:38qui est un grand spécialiste
28:39de la prospective.
28:40et en France...
28:41Mais il s'est trompé
28:42tellement de fois,
28:42excusez-moi.
28:43Il est seul.
28:45C'est le principe
28:46qui est intéressant.
28:47Après, de toute manière,
28:48on se trompe tout le temps.
28:49Je veux dire,
28:49on ne fait que ça
28:50en prospective.
28:51Certains se trompent
28:51un peu plus que nous.
28:52Mais quand on regarde,
28:53par exemple,
28:53les travaux de prospective
28:55de la CIA,
28:56c'est fondamental.
28:57On ne peut pas
28:58ne pas les lire.
28:59Et ils sont très peu
28:59débattus en France.
29:01Et pourquoi ?
29:02Parce qu'en fait,
29:02en France,
29:03le politique ne s'intéresse
29:04qu'à ces mandats
29:05qui sont extraordinairement courts.
29:07Ils sont en permanence
29:08en train de préparer
29:09les prochaines élections.
29:10Et donc,
29:11tout ce qui relève
29:11du moyen ou long terme
29:13est absolument
29:14non pertinent pour eux.
29:17C'est même un problème.
29:18Et c'est d'ailleurs pour ça
29:19qu'ils traitent si peu
29:20les questions éducatives
29:21parce qu'il faut 15 ans
29:22pour la moindre chose,
29:23qu'ils ont fait une croix
29:24sur les questions fondamentales
29:26comme les questions
29:27de démographie
29:28qui sont pourtant
29:28la base de la base
29:30de la base de la politique.
29:32Et puis,
29:32on voit aussi dans ce rapport,
29:33sauf si ça a été traité
29:34et qu'ils ne l'ont pas abordé,
29:35qu'ils ne traitent pas aussi
29:36la question
29:36des mutations technologiques.
29:38Or, il est évident
29:38qu'avec l'arrivée massive
29:40de l'IA,
29:41il va y avoir
29:41une transformation totale
29:43des postes de travail
29:43et de l'économie.
29:45Non seulement,
29:45on a une petite partie
29:47de la population
29:47qui travaille,
29:48mais en plus,
29:49on va avoir toute une partie
29:50de la population
29:50qui va perdre son travail
29:52et qui aujourd'hui
29:52est parmi les plus actives.
29:54Donc,
29:55ce bouleversement-là
29:56majeur,
29:57il est évident
29:58qu'il faut l'étudier
29:59dans le lien croisé
30:01avec l'immigration
30:01et la démographie.
30:03Il y a un volet là-dessus
30:04dans le rapport.
30:05Je n'ai pas focalisé
30:06mon édito dessus.
30:07Bon, alors,
30:07c'est déjà ça.
30:08Ça vaut le coup de le lire
30:08parce qu'ils ne l'ont pas oublié.
30:11Ils sont assez technologiques
30:12normalement à l'Institut Montagne.
30:13Allez, on va marquer une pause
30:14dans ce Face à l'info
30:15et on revient évidemment
30:16avec mes invités
30:17pour de nouveaux éditos.
30:18On parlera notamment
30:19des couvre-feux instaurés
30:21et du budget.
30:22Restez avec nous.
30:22Retour pour la deuxième partie
30:27de Face à l'info.
30:28On va parler maintenant
30:29avec vous,
30:30Anne Coffinier,
30:30des couvre-feux.
30:31Vous l'avez peut-être d'ailleurs
30:32suivi sur CNews.
30:33Un certain nombre de maires
30:33choisissent d'instaurer
30:34des couvre-feux.
30:36Est-ce qu'on peut parler,
30:37Anne, finalement,
30:37d'une sorte de tendance actuelle ?
30:39Oui, il y a clairement
30:39une tendance.
30:41Alors, hier,
30:42il y a eu l'entrée en vigueur
30:43d'un couvre-feu à Nîmes
30:45mais il y a actuellement
30:4712 déjà mairies
30:49qui ont mis en place
30:50un couvre-feu
30:50et c'est intéressant
30:52de voir que,
30:53pourtant c'est une vieille mesure,
30:55mais bon,
30:56elle a un certain succès
30:57aujourd'hui.
30:58Alors, en général,
30:59il s'agit de couvre-feu
31:00pour des enfants
31:00de moins de 13 ans
31:01entre 21h ou 22h
31:03et 6h du matin.
31:05Parfois, ça touche
31:05toute la ville,
31:05parfois ça touche
31:06simplement une partie.
31:07Et le but invoqué
31:08par les édiles locaux,
31:09en général,
31:10c'est de dire
31:11qu'à la fois,
31:12on va prévenir
31:13la délinquance juvénile
31:13mais on va aussi
31:14protéger la jeunesse.
31:16Donc il y a un côté,
31:17comment dire,
31:17préventif
31:18et répressif,
31:20si on veut.
31:20Donc,
31:22le pionnier un peu
31:24dans le domaine,
31:25c'est le maire d'Orléans,
31:27Serge Grouard,
31:27qui depuis 2001
31:28a déployé ça,
31:31mais il y en a bien d'autres.
31:32Donc,
31:32il y a le maire de Cain-sur-Mer,
31:33de Béziers,
31:35de Nice,
31:37de l'Épain-de-Mirabeau
31:38dans les Bouches-du-Rhône,
31:39Montfaucon dans le Gard,
31:41à Cahors,
31:42à Saint-Ouen,
31:43à Viry-Châtillon,
31:44à Triel-sur-Seine.
31:46Et donc,
31:48il y a quand même
31:48toute une tendance actuellement.
31:50Et est-ce qu'on peut dire
31:51que c'est une tendance,
31:52quand j'entends un certain nombre
31:53de maires que vous avez citées,
31:54qu'on peut dire de droite,
31:55est-ce que ce sont plutôt
31:56des maires de droite
31:57et est-ce qu'il y a
31:58un vrai fondement légal
31:59pour ce couvre-feu ?
32:00Alors,
32:01il y a essentiellement
32:02des maires de droite
32:02puisqu'il y en a 8 sur 12,
32:03mais il y a quand même 4
32:04qui ne sont pas de droite.
32:05C'est intéressant
32:05parce que là,
32:06c'est le terrain qui prime.
32:07Ils considèrent que c'est utile,
32:08ils le font.
32:09Et puis c'est vrai
32:09que dans la question
32:11du couvre-feu,
32:11il y a aussi
32:11une dimension de prévention.
32:13Il s'agit d'éviter
32:13que le jeune tombe
32:14dans l'engrenage
32:15de la délinquance.
32:16Donc,
32:16ils retrouvent leur base idéologique
32:18en mettant en place
32:18ce type d'action.
32:20Alors,
32:20s'agissant de la base légale,
32:22elle est indéniable.
32:24C'est l'article L.
32:252212-2
32:26du Code général
32:27des collectivités locales.
32:28Et bien sûr,
32:29ce n'est pas un droit absolu.
32:30Il y a des conditions
32:31à respecter.
32:32Il faut les justifier
32:33par rapport aux circonstances
32:34locales précises,
32:35les proportionner,
32:35les limiter dans le temps
32:36et dans l'espace.
32:39des droits d'homme
32:40et du citoyen
32:40en un article 4
32:41qui nous donne
32:42une liberté
32:43d'aller et venir.
32:45Et donc,
32:46c'est quand même
32:46les libertés publiques
32:47fondamentales.
32:48On ne peut pas
32:48les restreindre comme ça.
32:50Et globalement,
32:51le Conseil d'État
32:52et les tribunaux administratifs
32:53valident ces dispositifs.
32:56D'autant plus
32:57que Gérard Damanin
32:58a donné
32:59une sorte de feu vert
33:01en faisant lui-même
33:02un couvre-feu
33:03en avril 2024
33:06à Pointe-à-Pitre
33:08en Guadeloupe.
33:10Donc,
33:11les seuls
33:12qui attaquent encore
33:13aujourd'hui,
33:13c'est la Ligue des droits de l'homme.
33:14Évidemment,
33:15on en a parlé déjà.
33:16Avec une logique
33:17un peu tirée par les cheveux,
33:20il s'agit de dire
33:21que ce sont des mesures
33:21discriminatoires,
33:23pénalisantes
33:24et finalement,
33:24ils considèrent
33:25que c'est une sorte
33:25de stigmatisation
33:26de la jeunesse
33:26en tant que telle
33:27qui serait suspectée
33:28parce que jeune.
33:29Et qu'est-ce qui pousse
33:31ces maires
33:31à prendre ces arrêtés
33:32d'abord ?
33:33Et est-ce qu'on peut dire
33:34que c'est une mesure efficace ?
33:36Alors,
33:36je crois que
33:37la plupart du temps,
33:38la raison,
33:39c'est la communication politique.
33:40C'est de montrer
33:41qu'ils sont fermes
33:41en matière de délinquance.
33:43Ça fait une mesure
33:44facile à imaginer,
33:46à comprendre.
33:47Maintenant,
33:48quand on discute avec eux,
33:49ils disent très rapidement
33:50qu'ils ne sont pas vraiment
33:51persuadés
33:51de l'efficacité réelle
33:53de cette mesure.
33:54Ça ne fait pas de mal,
33:55mais ce n'est pas très utile.
33:56Et quand on regarde
33:56les études aux Etats-Unis,
33:58alors là,
33:58c'est carrément rédhibitoire,
34:00ça ne sert à rien.
34:01C'est bien documenté.
34:03Alors,
34:03il y a le maire
34:04de Cagnes-sur-Mer
34:04qui lui dit
34:05non, non,
34:05c'est très utile.
34:06Il faut dire qu'il fait ça
34:07chaque année depuis 2004.
34:10Alors,
34:10les mauvaises langues
34:11disent qu'évidemment,
34:12à Cagnes-sur-Mer,
34:13il n'y a pas beaucoup,
34:14beaucoup de jeunes.
34:15Il y a une police municipale
34:16assez abondante.
34:17Donc,
34:17ils doivent arriver
34:18à gérer l'affaire.
34:20Mais vous venez justement
34:21de parler
34:22de la police municipale.
34:23Parce que,
34:23comment ça se passe
34:24pour la police ?
34:25Parce que s'il y a couvre-feu,
34:26ça veut dire que quelqu'un
34:26va gérer le respect
34:28ou non de cette initiative.
34:29Déjà,
34:30il faut se souvenir
34:31qu'en France,
34:31il n'y a que 4 500 communes
34:33qui ont une police municipale.
34:34Ça,
34:34on oublie souvent ça
34:35parce qu'il y a
34:3634 900 communes.
34:38Donc,
34:39l'écrasant de majorité
34:40n'a pas de police municipale.
34:41Donc,
34:41évidemment,
34:42pas de police municipale,
34:42pas de couvre-feu.
34:44Mais même quand vous avez
34:44une police municipale,
34:45l'affaire n'est pas réglée.
34:46Pourquoi ?
34:47Parce que la police municipale
34:49n'est pas au PJ.
34:50Elle n'est pas officier
34:50de police judiciaire.
34:51Ce qui veut dire que
34:52si vous voyez un jeune dans la rue,
34:53vous ne pouvez pas lui demander
34:54ses papiers.
34:55D'abord,
34:55en général,
34:55il n'y a pas de papiers.
34:56Et puis,
34:57si jamais vous lui demandez,
34:58vous ne pouvez pas lui demander.
35:04Donc,
35:04ça pose vraiment la question
35:05du
35:06est-ce que ça vaut le coup
35:07de mettre en place
35:08une disposition
35:09qu'on n'est pas vraiment capable
35:11de faire respecter
35:12dans la plupart des cas.
35:14Et on note en tout cas
35:15que dans les grandes communes
35:16où il y a beaucoup,
35:17ce n'est pas une question de taille,
35:18mais dans les communes
35:19où il y a beaucoup
35:19de délinquants suvéniles,
35:22eh bien,
35:22les maires s'abtiennent bien
35:23de mettre ça en place.
35:24Par exemple,
35:25à Marseille,
35:26personne n'a mis en place
35:27un couvre-feu.
35:28Vu qu'il y aurait
35:29des centaines et centaines
35:29et centaines de jeunes
35:30qu'il faudrait ramener
35:31chez eux,
35:31ça serait ingérable.
35:34Comment tenter
35:35de le faire respecter ?
35:36Mais qu'est-ce qui se passe
35:36si on arrive à l'étape d'après
35:37quand le couvre-feu
35:39n'est pas respecté,
35:40justement ?
35:41Alors,
35:41là,
35:42c'est carrément ridicule
35:43parce que si c'est
35:44un arrêté municipal,
35:45le maximum
35:46de la sanction possible,
35:48c'est 38 euros.
35:49Et si c'est un arrêté
35:51préfectoral,
35:52c'est 150 euros.
35:54Donc,
35:55autant dire que...
35:57Et en général,
35:57c'est un arrêté municipal.
35:58Donc,
35:59de ce point de vue-là,
35:59c'est un petit peu ridicule.
36:01Donc,
36:01ce qui se passe,
36:01c'est un rappel à la loi.
36:03Enfin,
36:03ça ne s'appelle plus
36:03le rappel à la loi
36:04depuis 2023,
36:05mais enfin,
36:05ça revient un petit peu à ça.
36:07On ramène l'enfant,
36:08le sermone,
36:08et c'est trouvé un parent.
36:09S'il est là,
36:10en général,
36:10il n'est pas là.
36:11Et puis voilà.
36:12Donc,
36:12tout ça consomme
36:13énormément d'énergie,
36:14énormément de ressources humaines,
36:15de la police municipale
36:16et souvent de la police nationale
36:18parce que la police municipale
36:19n'y arrive pas tout seule.
36:20Tout ça,
36:21pendant lequel,
36:22on ne fait pas autre chose.
36:24Donc,
36:26ce qui est embêtant quand même,
36:27et ça,
36:28c'est...
36:28J'en discutais ce matin
36:29avec le maire de Charlesville-Mézière,
36:31Boris Ravignon,
36:31qui n'a pas mis en place
36:32ce type de dispositif,
36:34il disait qu'il n'y a rien de pire
36:35que d'annoncer des sanctions
36:37qu'on ne peut pas faire respecter.
36:39Il vaut mieux à rien faire.
36:40Et ça,
36:40je crois,
36:41parce que ça contribue
36:41à délégitiminer l'État
36:43et faire reculer finalement
36:45l'autorité publique.
36:46Donc,
36:47c'est un côté sympathique,
36:48mais si on ne peut pas faire respecter,
36:49autant ne pas le faire.
36:51Et puis,
36:51surtout,
36:52on passe peut-être
36:53à côté de l'enjeu majeur,
36:54un couvre-feu,
36:55oui,
36:55mais on ne parle pas du coup
36:56de la responsabilité des parents
36:57dans ces cas-là.
36:58Oui,
36:59alors,
37:00les parents,
37:01ils sont évidemment responsables.
37:04Le problème,
37:04c'est qu'on ne sait pas tellement
37:05par quelle boule prendre.
37:06Alors,
37:06on nous dit,
37:07il faudrait supprimer
37:08les allocations familiales.
37:10Oui,
37:10mais enfin,
37:10il faut que le juge intervienne.
37:11Alors,
37:11les juges,
37:12dans ce domaine-là,
37:12ils sont particulièrement débordés.
37:15Donc,
37:15qu'est-ce qu'on peut faire
37:16pour essayer de mobiliser les parents ?
37:18Il y a toutes sortes de logiques
37:20qui ont été déployées
37:21dans une stratégie
37:22qui s'appelle
37:22la Stratégie nationale
37:23de prévention de la délinquance,
37:25SNPD,
37:26qui est en vigueur en 2025.
37:28Et là,
37:29et tout ça,
37:29c'est financé par le Fonds de soutien
37:31interministériel
37:31de prévention de la délinquance.
37:33Et donc,
37:34c'est une série d'actions,
37:35on va dire,
37:36de bon sens,
37:37mais enfin,
37:37qui en général,
37:38ne suffisent pas vraiment
37:38à régler l'affaire.
37:40Évidemment,
37:40déjà,
37:40c'est une coordination animée
37:42par le maire
37:42dans le cadre des conseils locaux
37:44de sécurité et de prévention
37:45de la délinquance.
37:46On a des programmes
37:47d'éducation à la citoyenneté.
37:48On a des stages de parentalité
37:50et des actions de médiation familiale.
37:52On a des développements,
37:54des activités périscolaires
37:55et culturelles.
37:56L'idée, c'est d'occuper les jeunes
37:57pour évidemment qu'ils ne zonnent pas.
37:59On a des renforcements
38:00de la vidéoprotection
38:01des polices municipales.
38:02Pareil,
38:03l'idée,
38:04c'est de sortir de l'impunité
38:05en ayant de la vidéo
38:06pour que les jeunes sachent
38:07que ce n'est pas sans conséquence.
38:10Et puis,
38:10bien sûr,
38:10il y a des logiques
38:11de lutte contre
38:12le décrochage scolaire
38:14puisque c'est l'antichambre
38:14de la délinquance juvénile.
38:16Lutte contre les stupéfiants
38:17parce que là aussi,
38:18c'est une grosse motivation.
38:20Et renforcement
38:20des cités éducatives
38:21qui est un vieux dispositif
38:22qui fonctionne assez bien
38:23mais qui est assez coûteux également.
38:26Donc,
38:26avec toutes ces mesures-là,
38:27on peut rajouter ça
38:29au couvre-feu
38:31mais jusqu'à preuve du contraire,
38:33ça ne correspond pas
38:33toujours à quelque chose
38:34de réellement efficace.
38:35Et c'est pourtant très coûteux.
38:37Et justement,
38:37parce que je devine sans doute
38:39votre réponse,
38:39mais tout ce que vous venez de citer,
38:41est-ce qu'il y a des résultats ?
38:43Comme je vous disais,
38:44les résultats sont...
38:46C'est toujours mieux
38:46que s'il n'y avait rien
38:47mais par rapport à l'argent
38:48qu'on y met,
38:48c'est compliqué.
38:49Et une des raisons,
38:50c'est certainement
38:50qu'on ne touche pas
38:51au cœur du cœur de l'affaire
38:53c'est une question d'autorité.
38:54C'est-à-dire qu'on a
38:55une crise d'autorité
38:56en ce sens qu'elle provient
38:59probablement d'un effondrement
39:00de la transmission
39:01d'un sens partagé fédérateur.
39:04Donc,
39:05on a beau avoir
39:05un millefeuille de partenaires
39:07qui interviennent,
39:08ça ne nous restaure quand même
39:09pas une autorité.
39:10Et tout le monde intervient,
39:11on ne sait plus très bien
39:12à quel sens vouer,
39:14si j'ose dire,
39:14avec des grosses logiques
39:15de coordination interacteur.
39:18Mais,
39:19quelque part,
39:19personne n'est responsable moralement.
39:21Et ça,
39:21le jeune à la dérive,
39:23il le sent.
39:24Il a 50 intervécuteurs
39:25mais il n'en a pas un seul.
39:26Et c'est certainement
39:27le cœur du problème
39:28de la stratégie française.
39:32Quelque part,
39:33il reste ce qu'on pourrait appeler
39:34une sorte de problème
39:34d'incarnation
39:35de la réponse.
39:36Et justement,
39:37cette incarnation,
39:38quelle solution,
39:39par quoi ça passe ?
39:41Alors bon,
39:41on ne va pas retourner
39:42dans les années 50
39:43quand il y avait
39:43l'instituteur,
39:44le maire ou le curé.
39:45Et pourquoi pas ?
39:46Aujourd'hui,
39:47il y a millefeuilles
39:48d'intervenants
39:49de toute nature.
39:50Police,
39:50justice,
39:50éducation,
39:51politique de la ville.
39:53Et ce qui est certain,
39:55c'est qu'il faut bien
39:57trouver une solution
39:58et on ne peut pas
40:00vraiment se résigner.
40:01Alors,
40:02pour une fois,
40:03je pense que
40:03les Français,
40:04on croit toujours
40:05qu'ils sont de l'ordre
40:06de l'exception absolue.
40:07Mais je pense que ça vaudrait
40:08le coup de regarder
40:08nos petits voisins
40:09et pas forcément
40:11traiter d'eau
40:12les Américains
40:12en disant que
40:13vu le niveau de délinquance
40:14qu'ils ont,
40:14ils n'ont rien à nous dire.
40:15Eh bien non,
40:16ils ont des choses intéressantes
40:17comme tout le milieu
40:17anglo-saxon en général.
40:20Et alors,
40:20j'ai choisi deux exemples
40:22qui pourraient nous inspirer.
40:24D'abord,
40:25les États-Unis.
40:25Donc,
40:26ils sont leaders
40:26dans les programmes
40:27de tutorat,
40:28on appelle aussi
40:29de mentorat,
40:29mentoring.
40:30C'est-à-dire qu'eux,
40:31ils considèrent que
40:32face à la délinquance juvénile,
40:34ce qui est intéressant,
40:35c'est qu'il y ait une personne
40:36responsable
40:36en face du jeune
40:38et qui ne le lâche plus.
40:40Et donc,
40:40ils font ça
40:40de manière massive
40:41puisqu'ils ont mis
40:43un milliard de dollars
40:43entre 2008 et 2019
40:45pour un programme
40:46où ils ont recruté
40:4795 000 mentors,
40:48600 000 jeunes
40:49entre 2017 et 2019.
40:51Rien qu'en deux ans.
40:52Donc,
40:53c'est leur action majeure
40:55et ils ont des programmes
40:56dont certains programmes
40:57qui sont très connus,
40:58vous avez certainement
40:59entendu parler,
41:00comme Big Brother
41:00Abbey Sister of America.
41:02Et donc,
41:03ce programme-là,
41:04il est intéressant.
41:06C'est un programme communautaire
41:07qui associe
41:08des jeunes à risque
41:09et des mentors adultes
41:10choisis par l'organisation
41:11et ça a des résultats
41:13réellement perceptibles.
41:14Et ce qui est intéressant aussi,
41:15c'est qu'aux Etats-Unis,
41:16ils évaluent les politiques,
41:17contrairement à nos pratiques.
41:19Il y a bien sûr aussi
41:20le Youth Advocate Programme,
41:22mais ce qui m'amuse
41:22le plus comme programme,
41:24et que certainement
41:25vous apprécierez,
41:26c'est le programme
41:26qui s'appelle
41:27Reading for Life.
41:28C'est un programme
41:29de diversion
41:31où les jeunes
41:32de 13 à 18 ans
41:34ayant commis
41:34des délits non-violents
41:35étudient la littérature
41:36en petits groupes
41:37avec des mentors
41:38de manière à réduire
41:40la récidive.
41:41Et ça marche.
41:41Donc oui,
41:43c'est vraiment
41:43du fait main
41:44et qui dit lecture
41:46dit remettre du sens,
41:47remettre du récit,
41:49remettre du commun
41:49et comprendre
41:50pourquoi il y a peut-être
41:51des choses à vivre
41:52que de tout casser.
41:53Et aux Pays-Bas,
41:54ils ont une logique
41:55un peu similaire
41:56mais encore plus intéressante
41:57pour nous.
41:58Ça s'appelle
41:59Youth Initiated Mentoring,
42:01YIM.
42:01C'est un programme
42:02qui existe depuis 2019
42:04et c'est une approche
42:05pour les enfants
42:06de 12 à 18 ans
42:07et c'est une approche
42:08qui est intéressante
42:09parce que ce sont
42:09les jeunes
42:10qui choisissent eux-mêmes
42:11leurs tuteurs
42:12d'une manière autonome
42:14et libre
42:14dans leur environnement
42:15naturel et communautaire.
42:17Donc c'est une logique
42:18fondée sur le bénévolat
42:19qui n'est pas institutionnelle
42:21et qui marche
42:21très très très bien.
42:24Et donc ça j'ai le sentiment
42:26que c'est quelque chose
42:26qui pourrait inspirer
42:27la France.
42:29Il y a plein d'autres pays
42:30qui ont des initiatives
42:30de ce genre.
42:31Canada bien sûr
42:32qui est bien connu pour ça,
42:33la Grande-Bretagne,
42:34l'Australie,
42:35l'Afrique du Sud.
42:36Et nous,
42:37on pourrait peut-être
42:38s'inspirer de ça.
42:39Est-ce que ça serait
42:40plus efficace selon vous
42:41pour terminer rapidement
42:43sur nos couvre-feux
42:44qu'on met en place ?
42:45Oui, j'ai vraiment
42:46un sentiment
42:47que les couvre-feux
42:48c'est sympathique
42:49mais c'est quand même
42:50un peu le symbole
42:50de notre échec collectif.
42:52La France gagnerait
42:53probablement à mettre
42:54en place de manière
42:55massive le mentoring
42:56pour les jeunes à risque
42:57ou ayant basculé
42:58dans la délinquance.
43:00Alors c'est un peu
43:01déjà ce qu'on fait
43:01avec l'aide sociale
43:02à l'enfance.
43:03Ou les jeunes impliqués
43:04dans le système judiciaire.
43:05Vous savez qu'il y a
43:06les fameux programmes
43:07AEMO,
43:08c'est les programmes
43:09éducatifs en milieu ouvert
43:10qui sont appliqués
43:11à peu près à 70%
43:13des cas judiciaires
43:14impliquant des mineurs.
43:15Mais le problème
43:15de ces AEMO,
43:17c'est que ce sont
43:17des éducateurs spécialisés,
43:19entre guillemets,
43:20fonctionnalisés,
43:21institutionnalisés.
43:22Il n'y a pas une notion
43:23d'implication bénévole
43:24ou issue de la communauté
43:25ou avec une vision
43:26un petit peu plus
43:26société civile
43:27et ils ne sont absolument
43:28pas choisis par les jeunes.
43:30Donc cette approche
43:31très institutionnelle,
43:32très, j'ai envie de dire,
43:34hiérarchique, classique,
43:35elle est peut-être
43:36un peu dépassée
43:37par rapport
43:38à l'évolution
43:38de la jeunesse.
43:40Et en tout cas,
43:40ce n'est pas celle
43:41qui est plébiscitée
43:42dans les pays
43:42les plus en pointe
43:43sur ce sujet-là.
43:45Alors je crois
43:45qu'il est temps
43:46de passer à un modèle
43:47avec plus d'incarnation,
43:49plus de facteurs humains,
43:51plus de choix réciproques
43:52entre le jeune
43:53et le mentor
43:53et d'engagement
43:54dans la durée.
43:55ça serait aussi
43:56quand même
43:57une manière utile
43:58pour répondre
43:59de manière à la fois
44:00en termes de prévention
44:01de réinsertion
44:02pour les 570 000 jeunes
44:06de l'ASE,
44:07donc l'ASE,
44:08c'est l'ancienne DAS,
44:09qui sont quand même
44:10les grands oubliés
44:11de notre système
44:12et qu'on le retrouve
44:13pourtant dans toute
44:14la délinquance juvénile.
44:17Si on prend par exemple,
44:18ce n'est pas directement
44:18une délinquance,
44:19mais enfin si on prend
44:20la question
44:21des mineurs prostituées,
44:22on a 75%
44:23des mineurs prostituées
44:25qui viennent
44:25des foyers de l'ASE.
44:27Et donc vous voyez,
44:27les couvre-feux c'est gentil,
44:29mais ça n'a pas d'impact
44:29sur tout ça.
44:30Or il est temps
44:31de centrer
44:32la politique
44:33de lutte contre
44:34la délinquance
44:34des mineurs
44:35sur à la fois
44:37les mineurs non accompagnés
44:38et à la fois
44:39les jeunes
44:40issus de l'ASE.
44:41Et ce dispositif-là,
44:43il serait tout à fait
44:44performant
44:44pour cette population
44:45qui a été trop souvent oubliée,
44:46donc je crois
44:47qu'il est temps
44:47de troquer
44:48nos couvre-feux
44:50et de passer
44:51à une logique
44:54de tutorat
44:54qui pourrait impliquer
44:55une partie importante
44:56de la société civile
44:57et notamment des seniors
44:57et recréer du lien
44:59et recréer une société
45:00qui se délite
45:01par tous les bouts sinon.
45:02Merci beaucoup
45:03Anne Coffignot
45:04à faire un tour de table
45:04rapidement chacun.
45:06Noémie Allioua,
45:07effectivement c'est couvre-feu
45:08pratique en termes
45:09de communication,
45:10peut-être limité
45:11en termes d'efficacité.
45:12Oui apparemment
45:12on n'est pas vraiment sûr
45:14que ça fonctionne.
45:15Moi ce qui me gêne
45:15et ce que je trouve
45:16un petit peu problématique
45:17dans cette histoire
45:17de couvre-feu,
45:18c'est l'idée
45:18de pénaliser tout le monde
45:20pour les quelques personnes
45:23qui ne respectent pas la loi.
45:24C'est toujours compliqué
45:24pour moi d'admettre
45:25qu'on va pénaliser tout le monde.
45:26Je trouve ça assez injuste.
45:28Oui mais un enfant tout seul
45:30il se balade rarement
45:31entre 21h et 6h du matin.
45:3316, 17 ans.
45:34Oui ils vont
45:34en tout d'un anniversaire
45:35ou du cinéma l'été.
45:36Il faut les empêcher
45:36que la loi leur interdise
45:37de sortir à partir du moment
45:38où ils ne sont pas hors la loi.
45:39Je trouve ça quand même compliqué.
45:41Maintenant le volet
45:42qui me semble essentiel
45:43dans cette affaire
45:43c'est quand même
45:45le volet judiciaire.
45:46C'est la réforme pénale
45:48des mineurs.
45:49Il faut, je veux dire
45:50il y a un moment donné
45:51le couvre-feu c'est très bien
45:52mais ce n'est pas avec ça
45:53qu'on va régler le problème.
45:54Il faut une réforme pénale
45:55des mineurs.
45:56Les jeunes d'aujourd'hui
45:57ne sont pas les jeunes.
45:59Oui c'est ça.
46:00Ce ne sont pas les jeunes
46:01d'il y a 50 ans.
46:02C'est-à-dire qu'en fait
46:02il faut traiter les mineurs
46:04comme des adultes
46:05tout simplement.
46:05Un dernier mot rapide Philippe.
46:07Très rapide.
46:08C'est sûr que c'est un pisalé
46:09mais le couvre-feu
46:10a au moins un mérite
46:10c'est qu'il évite
46:11à certains peut-être
46:12de tomber de la délinquance
46:13et parfois de se prendre
46:15malheureusement
46:15une balle perdue.
46:16Oui malheureusement
46:17effectivement
46:18vous avez raison
46:18de le souligner.
46:19On va terminer avec vous.
46:21Arthur, vous voulez donc
46:22parler du budget 2026
46:23qui a été présenté
46:24par François Bayrou.
46:25Alors on l'a bien entendu
46:26et on l'a bien compris
46:27les caisses sont vides
46:28mais en réalité
46:29peut-être pas pour tout le monde
46:30finalement.
46:31Oui.
46:32Donc dans quelques mois
46:33beaucoup de candidats
46:35sont...
46:36Quoi depuis quelques mois
46:36beaucoup de candidats
46:37sont sur la ligne de départ
46:38pour la présidentielle
46:40mais il y a une autre course
46:40en parallèle
46:41dont on parle peu
46:42où il y a beaucoup de candidats
46:42c'est celle pour raffler
46:43le titre de menteur premier
46:44que Gérald Darmanin
46:46détient depuis l'affaire
46:47des Anglais au Stade de France.
46:48Et là c'est vrai
46:48que la concurrence
46:49est assez rude
46:50et là il y a un outsider
46:51qui s'est révélé
46:52en la personne de François Bayrou
46:53lorsqu'il a présenté
46:54son projet de budget 2026.
46:56Alors il était temps
46:57qu'il fasse quelque chose
46:57mais en diriez-vous
46:58il est quand même
46:58Premier ministre
46:59on l'avait oublié.
47:00Alors oui
47:00il a eu une assemblée
47:01tripartite contre lui
47:02oui il a un gouvernement
47:04fait de négociations
47:06et construit sur des compromis
47:07un peu boiteux
47:08mais disons que
47:09sa longue carrière
47:10a montré
47:10que bien des fois
47:11même en position majoritaire
47:13François Bayrou
47:13ne faisait pas grand chose.
47:15Ça explique peut-être
47:15la longévité
47:16et ses records de longévité
47:17dans les différents ministères
47:18et pourtant dans son gouvernement
47:20il y a quand même
47:21des ministres
47:21qui arrivent à imposer des trucs.
47:22Par exemple
47:23Aurore Berger
47:23la ministre chargée
47:24d'égalité entre les femmes
47:26et les hommes
47:26et de la lutte
47:26contre la discrimination
47:27c'est le titre le plus long
47:28il faut regarder
47:28s'il n'y a pas
47:28des économies budgétaires
47:29à faire là-dedans.
47:30Bref
47:31et c'est lancé
47:31dans la 3000ème croisade
47:33contre la haine
47:33cette fois-ci en ligne
47:35donc le principe
47:36il est simple
47:36c'est une coalition
47:37d'associations
47:38pour signaler
47:38auprès de l'ARCOM
47:39les propos haineux en ligne
47:40et bien sûr
47:41il y a une belle enveloppe budgétaire
47:43pour financer tout ça
47:44donc moi je pensais
47:45que les caissettes étaient vides
47:45mais en fait
47:46il y a toujours des tiroirs
47:47on peut gratter un peu.
47:49Donc madame le ministre
47:49a choisi des associations
47:50qui ont deux points communs
47:52un elles sont déjà
47:53sur-subventionnées
47:53et deux elles sont de gauche
47:54mais il y a même
47:55un troisième point commun
47:56si on les écoute
47:58en fait
47:58elles ne brillent quand même pas
47:59vachement par leur efficacité
48:00parce que ça fait
48:01des décennies
48:01qu'elles sont sous perfusion
48:02d'argent public
48:03et à les entendre
48:04les résultats ne sont pas là
48:06et ce qu'elles combattent
48:07non seulement
48:07ça ne diminue pas
48:07mais ça augmente
48:08donc vous avez
48:09trois conclusions
48:10deux c'est soit
48:11elles sont complètement nulles
48:12soit en fait
48:13elles mentent
48:14mais en tout cas
48:14dans les deux cas
48:15ça rapporte
48:15Alors l'AIN
48:16c'est une définition juridique
48:18qu'on peut qualifier
48:19d'assez vaste
48:20alors quelles cibles
48:21quels objectifs du coup
48:22pour cette lutte
48:23contre l'AIN en ligne
48:23Alors là c'est pas compliqué
48:25on va regarder juste
48:25le pédigré des ASOS
48:26donc on va prendre
48:27les plus connus
48:28parce qu'il y en a plein
48:28vous savez
48:29dès qu'on crée une ASOS
48:29comme ça on se dit
48:30il y a des subventions à faire
48:31donc il y en a douze
48:31mais il y en a quand même
48:32les associations mères
48:34donc il y a la LICRA
48:35il y a Osile Féminisme
48:36il y a SOS Homophobie
48:37SOS Raciste
48:38le planning familial
48:39donc on retrouve
48:40parmi ces associations
48:41celle par exemple
48:42qui a poursuivi
48:43vous savez
48:43l'historien Georges Ben Soussan
48:45en justice
48:45qui parce qu'il avait osé dire
48:47que peut-être que
48:48dans le monde arable
48:49l'antisémitisme
48:49ça pouvait se transmettre
48:50c'est vrai qu'on n'a pas du tout
48:51vérifié ces derniers mois
48:52donc il s'est retrouvé
48:53au tribunal
48:54il y avait la LICRA
48:55qui était l'association en question
48:56sur le banc des parties civiles
48:58qui était à côté
49:00du CCIF
49:01des islamistes
49:02qui ont dû pu
49:02ont été dissous
49:03vous avez une association
49:05qui affirmait
49:06qu'un homme pouvait être enceint
49:07et que si vous disiez
49:08que c'était pas vrai
49:09c'était de la haine
49:10vous avez une autre association
49:11qui a accusé un gynéco
49:12de transphobie
49:13parce que ce dernier
49:14a expliqué à un homme
49:15qui avait pris en rendez-vous
49:16qu'il n'était pas forcément
49:17le meilleur spécialiste
49:18pour ses affaires
49:19bon ben là
49:19c'était de la phobie aussi
49:20il y a une autre association
49:22qui passe son temps
49:23à traîner toutes les personnes
49:24ou des entités
49:25qui font des liens
49:26entre immigration
49:26et insécurité
49:27comme le fait
49:29le ministre intérieur
49:29comme le fait
49:30le garde des Sceaux
49:31comme le fait
49:31le plan de ministre
49:32donc voilà
49:32si vous voulez résumer
49:33la haine ça se définit
49:34par tous ceux
49:35qui s'opposent à eux
49:36et tous ceux
49:36qui s'opposent
49:37à leur progressisme
49:38le plus acharné
49:39et ça c'est évidemment
49:40que l'argent public
49:41et d'autant que
49:42le business model
49:43il est assez efficace
49:44c'est le suivant
49:45c'est plus je vous dénonçais
49:46plus ça va rapporter
49:47donc autant vous dire
49:48qu'ils vont bosser
49:48donc on nous dit
49:50on n'a plus d'argent
49:51on va demander aux français
49:52de faire des efforts
49:53mais on a des associations
49:54gauchistes
49:55qui vont traquer
49:55leurs moindres faits et gestes
49:57alors comme on parle
49:57de sujets un peu sensibles
49:58tout ce qui est discrimination
49:59tout ça
50:00dès que certains
50:01osent un peu de lever de doigt
50:02direct on répond
50:03bruit de bottes
50:04les heures sombres
50:05et puis phob
50:06donc résultat
50:07la majorité
50:07toujours courageuse
50:08se tait
50:09donc traduction
50:10si vous voulez
50:10on raquette les français
50:11et puis on leur demande de se taire
50:12on va revenir au budget
50:13vous expliquez
50:14que rien que la présentation
50:15qu'avait fait François Bayrou
50:16est un mensonge
50:17pourquoi ?
50:18alors il a annoncé
50:19qu'il fallait trouver
50:1943 milliards et des brouettes
50:21mais alors
50:22comment il a fait son calcul ?
50:23il l'a fait sur une prévision
50:24de croissance de 1.2
50:25moi je sais pas
50:26j'ai des trous de mémoire
50:27alors si vous pouvez m'aider
50:28pour me dire
50:29la dernière prévision de croissance
50:31qui s'est révélée honnête
50:32et juste sans citer Bruno Le Maire
50:33parce que c'est pas bien
50:34honnêtement je me rappelle pas
50:36bon donc c'est vous dire
50:37c'est pas 40 milliards de trous
50:38qu'on va devoir combler
50:40pardon
50:40c'est 60 voire 70
50:41et en plus je suis plutôt
50:42d'un naturel optimiste
50:43donc pour si vous voyez
50:44être pessimiste
50:44ça va être un peu plus
50:45mais le premier ministre
50:46il est assez malin
50:47il connait les vieilles stratégies
50:48donc il fait de la diversion
50:49il met un coup de projecteur
50:50sur les jours fériés
50:51comme ça oui
50:52pourquoi le 1er mai
50:52et puis pourquoi pas le 8
50:53et gna gna gna
50:54ça occupe
50:55et on parle pas du reste
50:55par exemple on parle pas
50:57d'un truc
50:57qu'il a fait passer discrètement
50:59qui est la désindexation
51:00de la location adulte handicapée
51:03je sais pas à vous
51:03mais alors moi je trouve ça
51:04quand même assez abject
51:05voire assez visqueux
51:06alors je comprends
51:07que de son point de vue
51:08il dit si je supprime le 1er mai
51:09je vais avoir des CGT
51:10c'est des antifas
51:11bon si je supprime cette indexation
51:12des manifs de Jean-Becchi
51:14en fauteuil roulant
51:14on va pouvoir gérer
51:16si vous voulez
51:16donc il y a ça
51:18après je vous parle pas
51:19de l'éléphant au milieu du couloir
51:20que tout le monde voit
51:20sauf le gouvernement
51:21et sauf les gens du 6ème
51:22sauf quand il y a une supérette
51:23qui se monte
51:23c'est l'immigration
51:24alors là évidemment
51:25on sait combien ça coûte
51:26on sait que ça rapporte pas un rond
51:28mais non on touche pas à l'immigration
51:29de toute façon
51:30tout le monde sait
51:31que si vous voulez régler
51:32le problème de la dette
51:33qui est je crois aujourd'hui
51:34à 3 800 milliards
51:36ça commence à chiffrer un peu
51:37bah c'est pas des petits coups
51:38comme ça qu'il va falloir faire
51:39c'est carrément
51:40y aller à coups de pelleteuse
51:40parce qu'on a un état
51:42qui brûle de l'argent
51:42en lance-flammes
51:43qui plus est pour financer
51:45la destruction de notre pays
51:45parce que si on regarde
51:46où est-ce que sont les dépenses
51:47et on voit les recettes
51:48on fait le rapprochement
51:50donc si vous voulez
51:51le bien commun a été remplacé
51:52par le bien de quelques-uns
51:53donc ça s'appelle
51:54la destruction du corps social
51:55donc au nom d'un soi-disant progrès
51:57droite comme gauche
51:57parce que pour le coup
51:58ils sont tous les deux
51:59à mettre dans le même sac
51:59depuis des décennies
52:00par leur folie
52:01leur incompétence
52:02leur mépris
52:02leur nullité
52:03leur manque de courage
52:04tout ce que vous voulez
52:05on fait régresser la nation
52:06jusqu'à faire de l'individualisme
52:08aujourd'hui la porte de sortie
52:09parce que si vous écoutez
52:10les français
52:11ils vous disent
52:11en fait je ne veux plus
52:11payer l'impôt
52:12la sécurité je vais la reprendre
52:14je vais me barricader
52:15en gros on est autant
52:15des américains
52:16avec leur barbelé
52:17leur fusil
52:17puis ils se débrouillent quoi
52:18donc tout ce qu'on a construit
52:19depuis des siècles et des siècles
52:20on arrive aujourd'hui
52:21non la porte de sortie
52:22c'est l'individu
52:23mais le pire dans tout ça
52:24c'est que nos dirigeants actuels
52:25et la plupart de ceux
52:26qui rêvent de les remplacer
52:27d'ailleurs
52:27savent pertinemment
52:29connaissent ce qu'on sait pertinemment
52:30mais surtout
52:31ils ne comptent rien changer
52:32et surtout pas changer
52:33le trou du déficit
52:34ils veulent même l'aggraver
52:35donc notre gouvernement actuel
52:36comme ceux qui vont arriver après
52:38vont continuer volontairement
52:40à creuser le déficit
52:41si on vous écoute
52:41exactement
52:41sauf révolution
52:42ou contre-révolution
52:43pour être plus exact
52:44mais depuis en fait
52:45depuis 40 ans
52:46notre modèle économique en France
52:47c'est 1. la consommation de masse
52:492. l'immigration
52:50parce que ça alimente les consommateurs
52:52et puis ça remplace la démographie
52:53quand elle est en berne
52:54et 3. la dette publique
52:55qui finance l'ensemble
52:56c'est les 3 piliers
52:57de notre modèle économique
52:58parce que nos dirigeants
52:59depuis 30-40 ans
53:00on dit que notre nouvelle économie
53:02c'était pas la productivité
53:03c'était pas l'industrie
53:04c'était pas le plein emploi
53:05c'était pas tout ça
53:05c'était le pouvoir d'achat
53:07donc il suffit de voir
53:08à chaque élection présidentielle
53:09vous avez deux thèmes
53:10qui disputent la première place
53:11le pouvoir d'achat
53:12et l'insécurité
53:13et puis bon
53:14généralement le pouvoir d'achat
53:15il gagne
53:15parce que l'insécurité
53:16ça fait le jeu du RN
53:17donc on l'enlève
53:18donc c'est quoi le pouvoir d'achat ?
53:20le pouvoir d'achat
53:21c'est le pouvoir de consommer
53:22je ne sais pas si vous connaissez
53:23une expression plus laide
53:24que celle-ci
53:24mais on parle de ça
53:25toute la journée
53:26ce qui est quand même assez effrayant
53:27et qu'est-ce qu'on consomme ?
53:28on consomme pour les deux tiers
53:29des produits importés
53:30pourquoi ?
53:31parce que ça ne coûte pas cher
53:31et c'est pourquoi aussi
53:33il est hors de question
53:34malgré des promesses
53:35de remettre en cause
53:36nos traités commerciaux
53:38et même les futurs
53:39qui s'annoncent
53:40comme le Mercosur
53:41alors on les connait
53:41ils fronchent les sourcils
53:42ils parlent très fort
53:43l'air martial
53:43mais ils ne vont pas toucher
53:44ils vont se coucher
53:44comme d'habitude
53:45parce que justement
53:46nos biens apportés
53:47on en a besoin pour la consommation
53:48parce que la croissance
53:50repose en France
53:51uniquement sur la consommation
53:52ce qui dit consommation
53:54dit consommateur
53:55et ce qui est bien
53:55qu'il y a consommateur
53:56c'est que sa carte d'identité
53:57sa culture, sa meurtre
53:58on s'en fiche
53:58le but c'est qu'il consomme
53:59donc c'est pourquoi
54:00pour eux les hommes
54:01sont interchangeables
54:02et c'est pareil pour la natalité
54:04on dit bah là on baisse
54:05bah qu'est-ce qu'on dit
54:06bah c'est pas grave
54:06on va importer l'immigration
54:07ça va remplacer
54:08voilà c'est pas un sujet
54:09parce que qu'il soit
54:10sans emploi natif
54:12pas natif
54:12immigré, pas immigré
54:13papier, sans papier
54:14l'Etat solvabilise
54:16c'est le principe
54:17c'est pourquoi on a
54:18des dépenses sociales
54:19qui sont les plus importantes
54:20au monde
54:20c'est un tiers du PIB
54:21qui est redistribué
54:22dont la plupart en crédit
54:24mais en même temps
54:25faut jamais enlever
54:26la perfusion de consommation
54:27on sait jamais
54:27parce que ça trouve
54:28le consommateur va être sevré
54:29et là zut
54:30pour la consommation
54:30la croissance
54:31c'est pas génial
54:31donc on fait le service
54:32H24
54:33et 7 jours sur 7
54:34ça s'appelle
54:34les métiers sous tension
54:35vous savez qu'on ressort
54:36à chaque fois une migration
54:36oui les métiers sous tension
54:37bah c'est ça
54:38le principe c'est de dire
54:39ça coûte pas cher
54:40les grands patrons sont contents
54:41et puis le bobo du 11ème
54:42il est sûr d'avoir
54:43sa petite salade quinoa
54:44sans OGM
54:45que Matteo livre à 11h du soir
54:46en vélo
54:47voilà c'est disponible
54:48toute la journée
54:48donc c'est le principe
54:49résultat
54:50bah on a une croissance faible
54:51à crédit
54:52alimenté par un modèle social
54:54qui a été construit
54:55sur le plein emploi
54:55faut jamais l'oublier
54:56aujourd'hui le plein emploi
54:57ça n'existe plus
54:58donc l'économie s'étiole
55:00mais on doit monter
55:01la dose d'addition
55:02on appelle ça
55:03une économie sociale
55:03rentière
55:05pardon
55:05ça détruit tout
55:06mais qui importe
55:07de toute façon
55:07ça garantit le pouvoir d'achat
55:08et puis on aura peut-être
55:090,5% de croissance
55:11et ce sera très bien
55:11merci beaucoup Arthur de Vatrigan
55:13il nous reste peu de temps
55:14mais en 30 secondes
55:15chacun un petit tour de table
55:17Philippe David
55:18on rejoint d'ailleurs
55:19l'édito qu'on avait
55:20tout à l'heure
55:21avec Noémie
55:22c'est-à-dire que les gouvernements
55:22passent
55:23et on refile la patate chaude
55:25au prochain
55:25on refile la patate chaude
55:26sur les retraites
55:27on a refilé la patate chaude
55:28sur la dépubique
55:29on a refilé la patate chaude
55:30sur l'insécurité
55:30on a refilé la patate chaude
55:31on ne sait pas faire autrement
55:33que de toucher la patate chaude
55:34mais je reprends
55:35pour être très court
55:36ce que disait Arthur
55:36il a intégralement raison
55:38sur un point
55:39ce qui compte
55:40c'est le courage politique
55:41s'il faut dire zut
55:42et je reste poli
55:43le mot de Cambron
55:44à l'Europe
55:45il faut le dire
55:45et à qui que ce soit
55:47il faut le dire aussi
55:48Noémie Ayouar
55:49de la part d'Emmanuel Macron
55:50souvenez-vous
55:51on parlait du Mozart de la finance
55:52il y a deux quinquennats
55:54on attendait de lui
55:54malgré tout
55:55qu'il redresse l'économie
55:56de notre pays
55:57or l'économie n'a jamais été
55:58aussi catastrophique
55:59qu'aujourd'hui
56:00donc on se dit
56:00qu'est-ce qui s'est passé
56:01où sont passées
56:02ces grandes compétences
56:03en économie
56:04manifestement
56:05en tout cas
56:05elles n'ont pas été utilisées
56:06à bon escient
56:06pour notre pays
56:08et tout simplement
56:09ce qu'on ressent
56:09c'est aussi de l'inquiétude
56:10pour le pays qu'on laisse
56:11on parlait de l'avenir
56:12de nos enfants
56:13nos petits-enfants
56:13le monde d'après
56:14comment est-il va survivre
56:15est-ce qu'on va se retrouver
56:16sous tutelle
56:17est-ce qu'on va se retrouver
56:18comme la Grèce
56:19parce que ce mur de la dette
56:20qu'on pourrait se prendre
56:21à tout moment
56:22que les économistes
56:23nous disent de s'inquiéter
56:24et bien forcément
56:26suscite des inquiétudes
56:28pour aujourd'hui
56:28et pour demain
56:29un dernier mot très rapide
56:30tu peux en finir là-dessus
56:31je pense qu'on est victime
56:33de l'Europe
56:33en ce sens que
56:34si on n'avait pas
56:35une monnaie partagée
56:36nos turpitudes
56:37nous condamneraient immédiatement
56:39et donc on serait obligés
56:40de réagir
56:40tandis que là
56:41comme on fait partie
56:42des rares pays
56:43qui ont à la fois une grosse dette
56:44et à la fois un bon rating
56:45pour l'instant
56:45en fait nos dettes
56:46sont très solvables
56:47et ça nous tue
56:48Merci beaucoup à tous les quatre
56:50merci pour ce tour de table
56:51rapide pardon
56:52mais il restait peu de temps
56:53vous retrouvez tout de suite
56:54l'heure des pros
56:55Eliott Deval
56:55et ses invités
56:56passez une bonne soirée
56:57sur CNews
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