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  • il y a 1 an
Une première, et de nombreuses réactions. Ce samedi 19 juillet, la pétition, lancée par Eléonore Pattery, une étudiante de 23 ans, contre la loi Duplomb et sa mesure très contestée de réintroduction d'un pesticide a atteint l'objectif des 500.000 signatures sur le site de l'Assemblée nationale et a même enregistré plus de 800.000 signatures ce dimanche 20 juillet au matin.

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00:00Prochaine étape pour la pétition, l'Assemblée nationale.
00:04Après le cap des 500 000 signatures, le débat pourrait être rouvert dans l'hémicycle.
00:08De quoi donner un peu d'espoir aux opposants de la loi Duplomb.
00:11Je ne sais pas si ça va marcher, mais j'espère qu'ils vont entendre quand même la population.
00:15Ça aboutit rarement, mais après on peut toujours espérer faire bouger les choses.
00:20Le texte permet la réintroduction d'un pesticide interdit en France, mais autorisé en Europe.
00:25Une partie du monde agricole dénonçait une concurrence déloyale et s'était mobilisée pour faire pression sur les députés.
00:31La loi avait été adoptée le 8 juillet dernier sans réel débat au Parlement.
00:36Plusieurs syndicats redoutent maintenant un retour en arrière.
00:39Tout recommencer serait une grande perte de temps et une finalité perdante pour le monde agricole.
00:43On va de problème en problème. Quand on n'aura plus d'agriculteurs, il n'y aura plus besoin de faire des pétitions.
00:48La loi Duplomb n'est ni réexaminée ni abrogée. Seule la pétition fera l'objet de discussions.
00:54Une première sous la Ve République et une victoire pour la gauche.
00:58Quand on parle d'agriculture, on parle de l'alimentation de tout le monde.
01:01On parle de l'eau qu'on boit tous les jours. On parle de l'air qu'on respire à chaque instant.
01:05On parle de la nourriture qu'on met dans nos assiettes.
01:07Et on parle aussi de beaucoup d'argent public.
01:09C'est-à-dire que les citoyens ont leur mot à dire sur les orientations des politiques publiques.
01:13Sur ces réseaux sociaux, l'étudiante de 23 ans à l'origine de la pétition et de cet engouement populaire se réjouit.
01:20Et Léonore Pateri appelle même à atteindre un million de signatures.
01:24Et avec nous en plateau, Léa Balagel-Mariki, député écologiste de Paris, porte-parole du groupe Écolo à l'Assemblée Nationale.
01:30Merci d'être avec nous.
01:31Mathieu Coache, journaliste au service politique de BFM TV.
01:34Et puis à distance, Franck Mélonville, agriculteur, sénateur UDI de la Meuse.
01:39Merci beaucoup d'être avec nous.
01:40Vous êtes un des deux sénateurs d'ailleurs à l'initiative de la loi Duplomb.
01:43Mathieu Coache, je commence par vous.
01:45Le sénateur d'ailleurs, Laurent Duplomb, qui a réagi ce matin face au succès de cette pétition chez le confrère de Radio France.
01:51Autant vous dire qu'il n'est pas très emballé, le sénateur qui a permis cette loi.
01:56Il dit que ça ne m'inspire pas grand-chose, ça veut dire que l'opposition s'exprime.
01:59Et il attaque la gauche.
02:00Il dit que des pétitionnaires, à l'image de Sandrine Rousseau, n'en ont rien à péter de la rentabilité des activités économiques.
02:06Ils vivent dans un monde où les droits sont pour eux et les devoirs pour les autres.
02:09Alors Laurent Duplomb, il reconnaît quand même qu'il y aura sûrement un débat organisé à l'Assemblée nationale.
02:15Vous savez que c'est la conférence des présidents qui peut décider d'un débat, mais qu'on ne débattra que de la pétition.
02:21La loi, elle, elle ne sera pas réexaminée et encore moins abrogée comme certains le souhaitent.
02:27Des députés peuvent aussi, d'ailleurs sans raison particulière, décider de classer tout simplement cette pétition et donc de ne pas donner suite.
02:35Laurent Duplomb, il rappelle qu'il y a eu des débats, c'est vrai, au Sénat en première lecture, pendant la commission mixte paritaire.
02:41Et il estime que s'il y a un nouveau débat, en fait, on risque de redire ce qui s'est dit pendant six mois.
02:46Il faut accepter les règles du jeu européen, dit Laurent Duplomb.
02:50Et là, on arrive sur le fond du débat, finalement.
02:53Il dit le risque, c'est d'importer ce que nous nous interdisons de produire en France.
02:56Ça vous rappelle peut-être quelque chose, parce qu'en fait, on est dans la même problématique que dans le débat sur le Mercosur,
03:02cet accord avec l'Amérique latine, où finalement, il y a cette question des clauses miroirs.
03:06Sauf que cette fois, ce n'est pas avec l'Amérique latine, c'est au sein même de l'Europe où ces pesticides sont toujours autorisés.
03:13Léa Balagène-Marie, vous allez certainement rentrer en confrontation, si je puis dire, avec Franck Ménonville.
03:19Mais j'aimerais bien que le dialogue puisse s'instaurer entre vous deux, puisque cette loi Duplomb fracture aujourd'hui, c'est le moins qu'on puisse dire.
03:25Est-ce que vous, vous satisfaisiez ? En tout cas, Mathieu vient de l'expliquer, ça ne va pas remettre en cause le fond de la loi qui a été adopté.
03:33Mais pour autant, 856 000 personnes à l'instant T qui signent cette pétition, est-ce que ça reste une victoire populaire ?
03:41Tout à fait, c'est une victoire populaire qui, je crois, est le signe que c'était la goutte de trop.
03:46La goutte de trop du poids des lobbies dans la construction de nos politiques publiques.
03:50Moi, j'ai été élue il y a un an et je n'avais pas mesuré à quel point les lobbies ont une place encore très importante.
03:57Et le lobby de l'agrochimie, de la FNSEA, en l'espèce, ont été extrêmement, je vais dire, à l'initiative, à la manœuvre pour que cette loi puisse être écrite,
04:06adoptée dans des laits inédits quand il s'agit de notre santé environnementale.
04:10Et puis c'est la goutte de trop aussi.
04:11D'où la saisine du Conseil constitutionnel.
04:13Exactement. Et puis c'est aussi la goutte de trop par la lâcheté.
04:15Moi, je vois les macronistes se tortiller sur les réseaux sociaux pour expliciter un vote, nous dire en 2018, on a voté ça, mais maintenant, on vote ça, etc.
04:23En réalité, ils ne sont pas du tout à l'aise parce que quand on réintroduit une substance nocive pour l'environnement, pour la santé,
04:32il faut analyser les risques et les bénéfices.
04:34Les bénéfices sont minimes, les risques sont, j'allais dire, immensément déjà prouvés scientifiquement,
04:41mais on le sait, dans les années qui vont suivre, cela va faire l'objet d'études supplémentaires et surtout de risques potentiels qui pourraient être révélés.
04:49Et vous disiez que l'argument principal de M. Duplon, c'est de dire, nous n'allons pas importer ce que nous interdisons déjà,
04:56ou bien nous importons ce que nous interdisons chez nous.
04:58Mais il y a un élément que vous oubliez, c'est que ce pesticide, l'acétamipride, reste dans nos sols, dans nos eaux.
05:06Donc ça, ce n'est pas de l'importation.
05:07C'est très clairement de la pollution des sols, des nappes phréatiques, donc de l'eau que nos enfants peuvent boire.
05:13C'est la pollution de nos sols et donc la disparition des pollinisateurs.
05:17Ça, ce n'est pas de l'importation de produits.
05:19C'est des conséquences très directes pour les agriculteurs et pour notre sécurité alimentaire.
05:23Pour entendre un agriculteur, Franck Ménonville, est-ce que vous entendez les arguments de Léa Balagel-Mariqui,
05:28qui consiste à dire finalement que ce qui va se passer aura aussi des conséquences sur vous ?
05:33Est-ce que vous êtes d'accord avec ce rapport bénéficierie qui vient d'être dit à l'instant ?
05:37Je voudrais clarifier, je suis agriculteur, je suis sénateur de la Meuse et je suis le co-auteur de la loi,
05:42puisque la loi Duplomb-Ménonville, nous sommes deux co-auteurs.
05:50Et moi, ce que je souhaiterais dire, c'est qu'il n'y a rien de révolutionnaire dans cette loi.
05:54On autorise et on aligne la réglementation française sur tout ce qui est permis au niveau européen.
06:01Et concernant l'article qui fait le plus débat concernant l'acétamipride,
06:07l'EFSA, c'est-à-dire l'équivalent de l'ANCEF, si on veut bien, au niveau européen,
06:11vient de réautoriser ce produit jusqu'en 2033, cette matière active.
06:16Pour quelles raisons ? Parce qu'elle répond à un certain nombre de garanties
06:19et de garanties environnementales et sanitaires.
06:24Si ça n'avait pas été le cas, elle serait interdite dans toute l'Europe sans...
06:29L'Europe n'a pas la main qui tremble pour faire respecter des sujets sanitaires et environnementaux.
06:35On est un continent et une organisation politique absolument irréprochable
06:40et leader en la matière dans le monde.
06:43Il faut le rappeler, il ne faut pas désinformer en permanence.
06:45Donc vous balayez d'un revers de main, monsieur le sénateur,
06:47cette mobilisation citoyenne qui est quand même inédite.
06:50Non, pas du tout, parce que je respecte les citoyens.
06:53Je suis...
06:54Il demande une nouvelle discussion alors sur la loi.
06:56Eh bien, si le bureau et la conférence des présidents de l'Assemblée nationale
07:01décident d'ouvrir le débat sur cette pétition, ils l'auront.
07:09Et moi, ça ne me dérange absolument pas.
07:11Je ne siège pas à l'Assemblée nationale.
07:13C'est le sujet de l'Assemblée nationale.
07:15Moi, je dirais seulement peut-être un élément pour compléter mes propos.
07:20C'est que le débat a eu lieu en CMP, a eu lieu lors des conclusions de CMP
07:25dans nos deux Assemblées, qu'il aurait dû avoir lieu en séance plénière
07:30de l'Assemblée nationale.
07:32Et c'est l'obstruction de la gauche avec plus de 3 000 amendements
07:35de l'Assemblée nationale.
07:38Nous, au Sénat, la gauche s'est comportée de façon républicaine et citoyenne.
07:43On a réussi à en débattre sereinement.
07:46Au Sénat, ça a été adopté, je crois que c'était fin janvier.
07:50À l'Assemblée nationale, il y a une politique d'obstruction.
07:54Député écologiste.
07:56Il y a une politique d'activation des peurs et des craintes
07:59injustifiées au travers de cette pétition, dont acte.
08:04Il y aura sans doute plus d'un million de pétitionnaires.
08:08On va juste laisser Mme la députée écologiste répondre.
08:12Mme la députée, que répondez-vous au sénateur co-auteur de cette loi Duplante ?
08:17Tout à fait. Moi, j'aurais préféré que cette loi que vous avez co-écrite
08:21porte sur des revendications importantes des agriculteurs, la question des prix planchers.
08:25C'est une proposition de loi qui a été adoptée à l'Assemblée nationale,
08:28déposée par Marie Pochon, députée écologiste de la Drôme.
08:31J'aurais préféré que vous puissiez porter la question des revenus de transition.
08:35Parce que nous savons que quand on choisit de passer en bio pour préserver les sols et la santé des concitoyens,
08:41on a besoin d'un laps de temps pour avoir des revenus qui sont garantis.
08:45J'aurais préféré que vous puissiez répondre à toutes ces questions que posent la plupart des agriculteurs,
08:49l'immense majorité, et puis les citoyennes et les citoyens qui souhaitent une alimentation bio dans les cantines pour leurs enfants,
08:56qui souhaitent pouvoir rendre une alimentation saine, accessible à toutes et tous.
09:00La réalité, c'est que vous avez fait une loi pour les lobbies et non pas pour les agriculteurs.
09:05– Merci beaucoup, merci à tous les deux d'avoir participé à ce débat, merci Mathieu.
09:09– Qui se poursuivra peut-être à l'Assemblée nationale.
09:11– Exactement, on suivra ça évidemment à la rentrée.
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