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  • il y a 6 mois
C'est une spirale de violence qui s'enlise et terrorise les habitants des quartiers sensibles de Nîmes. Depuis une dizaine de jours et la découverte du corps calciné d'un jeune de 19 ans, les faits de violences s'enchaînent sur fond de guerre de bandes et de trafic de stupéfiants. À tel point que pour la première fois, le maire a décidé de mettre en place un couvre-feu de 21 h à 6 h du matin, à partir de lundi 21 juillet 2025, pour les moins de 16 ans. On en parle avec : Bruno Bartocetti, secrétaire national délégué de la zone sud du syndicat policier UN1TÉ.

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Transcription
00:00Je vous le disais, c'est une spirale de violence qui s'enlise et terrorise les habitants des quartiers sensibles de Nîmes.
00:04Depuis une dizaine de jours et la découverte du corps calciné d'un jeune homme de 19 ans,
00:08les faits de violence s'enchaînent sur fond de guerres, de bandes et de trafics de stupéfiants.
00:13A tel point que pour la première fois, le maire a décidé de mettre en place, à partir de ce lundi,
00:18un couvre-feu de 21h à 6h du matin pour les moins de 16 ans.
00:22Voyons cela avec Mathilde Kouvillers et Louison Gagné.
00:24La décision a été prise suite à une succession d'actes criminels liés au narcotrafic.
00:31A partir de lundi, la mairie mettra en place un couvre-feu dans les quartiers prioritaires de Nîmes,
00:35de 21h à 6h pour les mineurs de moins de 16 ans non accompagnés.
00:39Une mesure qui ne fait pas l'unanimité.
00:42Tout à fait d'accord, à 21h, les mineurs doivent être chez eux ou alors savoir, les parents, savoir où ils sont.
00:47En quoi ça réglerait les choses ? Non, ça ne va pas le régler.
00:52Effectivement, ça peut être une mesure qui peut sembler utile.
00:56À mon avis, elle ne sera pas forcément respectée.
00:58Le couvre-feu n'est qu'une solution de courte durée, selon cette représentante de la police.
01:03Je n'ai toujours pas assez d'effectifs en judiciaire pour mener à bien toutes les infractions
01:08qui vont être amenées à mes collègues en judiciaire.
01:12Et du coup, ça ne va faire que reporter, repousser la problématique.
01:18Ces derniers jours, les faits divers se sont multipliés dans la zone.
01:21Ce mardi, un corps calciné a été retrouvé à quelques kilomètres de la ville.
01:25Et ce jeudi, une fusillade a éclaté sur l'une des places principales du quartier Pisevain.
01:30Une situation qui inquiète de plus en plus les Nîmois.
01:33Quand vous voyez des groupes, vous ne savez pas si c'est des gens bien, des gens mal.
01:37Vous savez, tout le monde a peur.
01:39Depuis jeudi, des messages menaçants laissés par les narcotrafiquants circulent sur les réseaux sociaux.
01:44Faites attention à vous. On va tuer même les petits de 5 ans.
01:48Gardez vos gosses chez vous en sécurité.
01:50Chaque personne qui croise nos hommes en noir sera criblée de balles.
01:53Comme Nîmes, plusieurs communes, notamment dans les Yvelines, le Rhône ou les Bouches-du-Rhône, ont instauré des couvre-feu pour les mineurs.
01:59– Et pour en parler, j'accueille Bruno Bartocetti.
02:03Merci d'être avec nous, secrétaire national délégué de la zone sud du syndicat policier UNIT.
02:08Je voulais avoir votre avis déjà, avant qu'on revienne sur les effets de ce couvre-feu, sur la situation du côté de Nîmes.
02:13Est-ce que vous vous dites que c'est du jamais vu ?
02:15– Oui, bonjour.
02:17Du jamais vu, nous avons malheureusement, par le passé déjà, constaté qu'il y avait de nombreuses fusillades et des règlements de compte.
02:24Là, ce qui est choquant, bien sûr, c'est de voir la vidéo avec une mise à mort, bien sûr, qui a été bien diffusée dans les réseaux sociaux.
02:33Ce qu'il faut retenir, c'est qu'aujourd'hui, les Nîmois ont peur.
02:36C'est ce qu'il faut retenir.
02:38Et ça, c'est quelque chose qu'on doit prendre avec beaucoup, beaucoup d'intérêt.
02:42À Nîmes, on manque effectivement, actuellement, d'effectifs pour couvrir le terrain.
02:46Et là, les Nîmois ont peur et n'ont pas besoin.
02:47D'ailleurs, pour les honnêtes gens, on n'a pas besoin de couvre-feu.
02:50Ils se réfugient chez eux dès 18h parce qu'ils ont peur, justement, pour leur vie.
02:54Alors, le couvre-feu, pour enchaîner, va finalement être une mesurette.
02:59Nous, on préférerait que la municipalité, qui se satisfait du nombre d'effectifs nationaux dans sa propre ville,
03:03tape du poing sur la table et nous soutienne dans notre demande pour avoir des renforts d'effectifs à la Décosse.
03:09C'est l'ex-PJ et également sur le terrain.
03:11Parce que le couvre-feu, lorsqu'on va appréhender un gamin de 14 ans,
03:15du coup, on va le prendre en charge et on va appeler les parents qui ne viendront pas le chercher.
03:18Et on ne sera pas sur le terrain pour, justement, faire notre travail de policier.
03:21– Bruno Martochetti, il y avait déjà eu ces faits de violence, on en parlait il y a quelques instants,
03:27à Nîmes, et Bruno Rotaillot avait annoncé son intention d'envoyer une trentaine de policiers.
03:32Est-ce que ces policiers sont déjà là ou pas ?
03:34– Voilà, là, on est sur des annonces de renforts d'effectifs à Nîmes,
03:39sauf qu'on ne les a pas eues et on ne les a pas prévues pour septembre.
03:43C'est pour cette raison que, du coup, nous demandons qu'il tienne sa parole
03:47et qu'il nous envoie des effectifs, mais pas dix effectifs ou cinq effectifs
03:52comme ça a été annoncé pour le Gard.
03:54Non, il n'y a pas entre 30 et 50 rien que pour Nîmes.
03:56Mais lorsque vous avez une municipalité qui est en confiance sur les propons du ministre
04:00qui, pour l'heure, en tout cas, ne nous a pas donné satisfaction,
04:02vous comprenez bien que nous, en qualité de syndicaliste,
04:05nous n'allons pas lâcher et nous allons demander de pouvoir renforcer des équipes et de terrain,
04:10même les centres de rétention administrative à Nîmes où ils sont submergés de travail
04:14et, bien sûr, des procédures aujourd'hui qui asphyxient tout le contexte,
04:19ni moins en matière de travail judiciaire, même sur le terrain.
04:22Donc là, vous vous dites, vous, le couvre-feu pour les mineurs à partir de lundi,
04:25les CRS qui arrivent, c'est que du temporaire et ça ne résoudra pas ce qu'il nous manque à Nîmes.
04:31Voilà, les CRS insuffisants avec ce couvre-feu, ça ne suffit pas ?
04:35On est bien d'accord, les CRS, lorsqu'il vient dans une circonscription,
04:40apportent leur présence et calment des situations qui sont très très chaudes,
04:47mais c'est sur du court terme.
04:48Ensuite, le couvre-feu, on se retranche derrière un arrêté, j'insiste bien,
04:52est-ce que franchement, est-ce que vous imaginez un seul instant
04:54que le gamin qui est parfois même obligé, dans certains cas,
04:58de travailler avec des dealers et qui gagne beaucoup d'argent
05:01vont avoir peur d'un arrêté de couvre-feu ?
05:04Ce sont des mesurettes, c'est bien souvent inapplicable.
05:07Je souligne que vous avez à Nîmes, la nuit, une bac pour convivre tout Nîmes.
05:13Mais très sincèrement, ce n'est pas sérieux, on ne va pas éduquer les gamins.
05:17Si on doit les interpeller, il y a tous les suivis derrière, sur le cas éducatif.
05:21Et on doit même suivre les parents dans ce cas de figure,
05:24lorsqu'on interpelle des gamins de 14 ans qui sont dans la rue à Minou.
05:26Donc il y a tout un travail qui doit être fait, effectivement,
05:28autour des familles et autour de ces gamins.
05:30Et nous, on doit nous donner les moyens de travailler,
05:31de sécuriser une ville qui en a bien besoin.
05:33Mais alors pourtant, Bruno Bartocetti, la justice, dit elle,
05:36je lisais ça de son côté, mobiliser tous ces moyens.
05:38La direction de la criminalité organisée, l'ex-PJ du Gard et de l'Hérault,
05:42des renforts de Paris, l'ABRI, l'Office anti-cybercriminalité.
05:46Il y a la procureure de la République, Cécile Jansac,
05:48qui espérait justement que dans les laboratoires,
05:51les scellés judiciaires liés à tous ces dossiers passeront devant les autres.
05:54Et elle disait, j'espère que cette priorisation
05:56va faire prospérer les investigations dans les meilleurs délais.
05:59Ce ne sont que des déclarations de bon sentiment ?
06:03Alors, ces déclarations, elles partent avec un très grand intérêt.
06:08Et avec beaucoup de pudeur, elle ne s'exprimera pas en disant
06:11qu'elle aussi, elle a besoin de magistrats pour travailler.
06:13Ce n'est pas le cas.
06:14Donc, on ne peut pas travailler.
06:15Je vous dis, la situation est très, très grave,
06:17tant sur un plan judiciaire que sur la sécurisation de la population.
06:21Donc, je peux insister sur le fait que, malgré les annonces
06:25et malgré le travail probant, parce qu'on a des résultats en plus,
06:28mais il faut voir dans quelles conditions.
06:29On a des résultats probants, on va au bout de ce qu'on peut faire,
06:32parce que ce sont des 10 heures et des 10 heures de travail par jour
06:36pour la décorce, comme vous l'avez dit, l'ex-PSJ,
06:39et à la sortie, les procédures sans fil, malgré tout.
06:41Donc, ça veut dire qu'on est complètement asphyxiés et on est lâchés.
06:44Je prends une comparaison au prorata du nombre d'habitants
06:46et de la criminalité, même par rapport à Avignon
06:49et par rapport à Montpellier, manquent facilement de 12-15 enquêteurs.
06:53Voilà ce qu'il faut retenir.
06:54Et si on ne les a pas, on ne peut pas travailler.
06:56Et c'est ce qui se passe aujourd'hui à nous.
06:58Merci Bruno Bartoschetti, merci d'avoir été l'invité de BFM TV
07:02et d'avoir exprimé les besoins et la difficulté que vous rencontrez du côté Nîmes.
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