00:00RTL Matin
00:02Merci à vous tous d'être là, l'invité de RTL Matin en direct et en studio est au cœur de l'actualité,
00:07ministre chargée du travail et de l'emploi.
00:10Bonjour à vous Astrid Panossi-Enbouvay.
00:12Bonjour.
00:12Vous êtes souriante ce matin, je me demande comment vous faites-vous pour avoir le moral.
00:15Je vous donne le résultat du sondage Ipsos BVA pour RTL.
00:19La popularité de François Bayrou est au plus bas après l'annonce de son plan d'économie.
00:23Un Français sur cinq a une bonne opinion du chef du gouvernement.
00:2644% des personnes interrogées se disent désormais favorables à une dissolution.
00:3244%, on est à 14 points de plus en un mois seulement.
00:36Je pense que François Bayrou a eu raison d'avoir un discours de vérité, de mettre les pieds dans le plat.
00:42Mettre les pieds dans le plat, c'est de dire qu'on a aujourd'hui trop d'endettement
00:45qui peut nuire tout simplement à notre capacité in fine de pouvoir faire des choix
00:50et d'avoir une marge de manœuvre dans ce monde qui bouge dangereusement.
00:54Donc c'est une nouvelle qu'on n'a pas nécessairement envie d'entendre,
00:59mais c'est une nouvelle de responsabilité.
01:02Il y a deux dossiers qui concernent votre portefeuille en tant que ministre du Travail et de l'Emploi
01:05qui font beaucoup parler, qui font causer, qui font beaucoup râler aussi.
01:08Les deux jours fériés supprimés et la fameuse cinquième semaine de congés payés monétisées.
01:14D'ailleurs cette dernière est passée assez inaperçue dans un premier temps.
01:17Même votre collègue Eric Lombard, le ministre de l'économie,
01:20il a semblé aller découvrir hier en déplacement à Metz, questionné par des journalistes.
01:24Il a répondu la quoi ? Je ne l'ai pas vu, ce n'est pas dans le plan.
01:27Il avait l'air de découvrir le dossier.
01:30C'était des mesures qui ont été...
01:32Enfin, ce n'est pas tout à fait des mesures d'abord,
01:34mais après ça a été présenté effectivement lors du discours.
01:37Mais ce n'était même pas des annonces.
01:38Moi je voudrais quand même rappeler la manière dont le dialogue social se construit en France.
01:43Depuis 2007, il y a une loi qui s'appelle la loi Larcher
01:45qui oblige le gouvernement à envoyer un document d'orientation aux partenaires sociaux
01:51pour les concerter au préalable en vue de l'ouverture d'une négociation
01:54sur tout ce qui touche au travail.
01:57Et donc dans ce document d'orientation,
01:58et je suis en train de rencontrer un par un les partenaires sociaux
02:01en vue de l'envoi de ce document le 1er août,
02:04il y a effectivement des propositions pour les inviter à négocier.
02:10Et dans ces propositions, dans ce fameux document,
02:12il y a effectivement la proposition de monétisation de la 5e congé payée
02:17qui n'est absolument pas une suppression de la 5e semaine de congé payée.
02:21Mais il y a aussi des choses sur lesquelles le patronat pourrait dire
02:23que c'est le musée des horreurs.
02:24La transparence des aides publiques au comité de représentants des salariés,
02:31baisser, pourquoi pas, le seuil de représentation des salariés
02:34au conseil d'administration qui aujourd'hui ne concerne
02:36que les entreprises de plus de 1000 salariés en France.
02:39Donc voilà, c'est un texte qui est à l'appréciation des partenaires sociaux
02:44puisqu'ils doivent commencer les négociations à partir du 1er août.
02:48Mais alors c'est quoi concrètement ?
02:49Monétiser la 5e semaine de congé payée,
02:51au-delà d'augmenter le temps de travail des salariés ?
02:54Ça veut dire quoi ?
02:55C'est-à-dire que c'est inspiré d'un dispositif qui existe déjà
02:58qui est la monétisation des RTT.
03:00Où plutôt que de prendre votre journée de RTT,
03:03vous la travaillez.
03:05Donc vous avez, dans ce qui avait été négocié en 2008,
03:09et la journée que vous auriez dû travailler que vous travaillez,
03:13et puis le salaire lié à votre journée de travail,
03:15avec en plus une bonification.
03:17Donc c'est des mécanismes qui existent déjà.
03:19Il y a un autre mécanisme qui concerne 10 à 15% des salariés de notre pays,
03:23c'est le compte épargne-temps,
03:24dans lequel vous pouvez mettre effectivement les RTT que vous ne posez pas,
03:28ou cette fameuse 5e semaine de congé.
03:30Sauf que ce n'est pas monétisable,
03:32c'est comme un compte d'épargne-temps qu'on peut utiliser après.
03:35Là, ça le deviendrait donc ?
03:36Donc là, ça le deviendrait,
03:37mais encore une fois,
03:38encore une fois, je veux le dire ici,
03:40c'est une proposition qui est faite aux partenaires sociaux de négocier,
03:44parce que c'est comme ça que le dialogue social qui marche.
03:46S'ils veulent l'écarter, ils l'écartent.
03:48S'ils veulent en négocier, ils négocient,
03:50comme ce qui a été mis sur la table de ce document d'orientation,
03:53sur les aides, la transparence ou les aides publiques faites aux entreprises.
03:57Comment vous faites s'ils écartent tout, là ?
03:59On n'a plus rien à l'arrivée.
04:00Moi, je pense qu'il y a des choses quand même très intéressantes.
04:02Mais s'ils écartent tout, ils écartent tout.
04:04Mais il y a des choses extrêmement intéressantes.
04:06Et je pense qu'on est dans le point...
04:08Non mais, sur le sujet,
04:11sur ce qui concerne la question de l'assouplissement du droit du travail,
04:14l'amélioration du dialogue social,
04:16l'amélioration des conditions de travail,
04:17sur ce document d'orientation précisément,
04:19ce n'est pas un sujet d'économie.
04:21C'est un sujet de pouvoir avoir la liberté de travailler plus,
04:25si on le souhaite, sur ce document d'orientation.
04:27Et c'est un sujet d'amélioration également du dialogue social
04:30et des conditions de travail.
04:32Puisqu'il y a aussi un sujet du renforcement de la lutte
04:34contre les accidents du travail gravés mortels.
04:36Et un sujet aussi, lutte contre le travail partiel subi,
04:39qui concerne à 80% les femmes.
04:41Les aides à domicile,
04:43qui travaillent à temps partiel,
04:44mais qui commencent à 7h30 et qui terminent à 21h.
04:46Et dont les temps de trajet sont mal pris en compte
04:48en termes de compensation.
04:49Ça, c'est des sujets sur lesquels
04:51les partenaires sociaux vont travailler.
04:53Donc, ce document d'orientation,
04:55c'est encore une fois,
04:56ils sont invités à discuter.
04:59Ils vont travailler dessus,
05:00donc ils vont le recevoir, c'est ça,
05:01à partir du 1er août ?
05:01À partir du 1er août,
05:02pour pouvoir négocier jusqu'à la fin de l'année.
05:04Vous les recevez avant pour leur présenter les choses ?
05:07Voilà, ils pourraient avoir leur retour.
05:09Ils vont venir ?
05:09Vous avez la confirmation de ça ?
05:11En tout cas, j'en ai reçu certaines hier,
05:13et j'ai prévu de recevoir d'autres.
05:15Vous avez reçu qui ?
05:15Comme on a très peu de temps,
05:17je les reçois au fil de l'eau.
05:20Donc, j'ai reçu des organisations patronales,
05:22et je reçois lundi la CFDT
05:24et d'autres organisations syndicales.
05:26Qui vous a confirmé qu'elle vient, la CFDT ?
05:29Oui, enfin, je n'ai pas de nouvelles.
05:30Parce que ça fait partie du musée des horreurs.
05:32Oui, tout à fait.
05:33Ça va être compliqué, justement,
05:34de dialoguer là-dessus, non ?
05:36Mais, encore une fois,
05:37c'est dans le document d'orientation.
05:38Madame Léon connaît parfaitement
05:41comment ça marche, un document d'orientation.
05:44Elle le sait mieux que moi, d'ailleurs.
05:45et elle sait aussi qu'il y a,
05:48dans ce document d'orientation,
05:50des choses qui sont demandées
05:51depuis de longue date par la CFDT.
05:54La représentation des salariés au conseil d'administration,
05:56la lutte contre le temps partiel subi par les femmes,
05:59le fait que la formation, les compétences,
06:02qui aujourd'hui étaient un sujet
06:03sur lequel on se demandait simplement un avis,
06:05on informait simplement les représentants du personnel,
06:09là, on va leur demander,
06:10on va les consulter
06:11pour pouvoir le conconstruire ensemble.
06:13Ça, c'est des choses qui sont importantes.
06:15Donc, encore une fois,
06:16aux partenaires sociaux de négocier,
06:18de voir ce qu'ils écartent,
06:19ce qu'ils retiennent,
06:20mais il faut réussir
06:21à trouver une position d'équilibre.
06:22Dites-nous, si on additionne
06:23la fameuse cinquième semaine
06:24et puis les deux jours fériés supprimés,
06:26est-ce que vous ne donnez pas un peu l'image,
06:28ou en tous les cas,
06:29c'est une volonté non dissimulée
06:30de faire travailler plus les Français ?
06:32Ils ne travaillent pas assez,
06:33aujourd'hui, les Français ?
06:33Alors, moi, je ne veux pas du tout
06:35rentrer dans cette polémique
06:36sur les Français qui ne bossent pas assez.
06:37Le sujet, pour moi,
06:38et je l'ai dit d'ailleurs
06:39plusieurs reprises,
06:40je l'ai dit plusieurs fois
06:42ici dans ce studio,
06:43ce n'est pas les Français
06:44qui ne travaillent pas assez,
06:45c'est qu'on n'a pas assez
06:46de Français qui travaillent.
06:47L'insertion des jeunes,
06:48elle est plus difficile,
06:49elle est plus lente
06:50sur le marché du travail
06:51et on a toujours,
06:52même si les choses s'améliorent,
06:54un sujet de maintien en emploi
06:55de nos seniors.
06:56Donc, c'est sur ces deux sujets
06:58qu'il faut travailler.
06:59Ensuite, cette question
07:00de la cinquième semaine monétisée,
07:03c'est une faculté
07:04qui est donnée
07:05pour celles et ceux
07:05qui voudraient pouvoir monétiser
07:07et ne pas prendre
07:08leur cinquième semaine.
07:09On peut déjà le mettre
07:10en congé et épargne au temps.
07:11Là, il s'agit simplement
07:12de le monétiser.
07:13Mais je ne veux pas du tout
07:14rentrer dans ce débat
07:15sur les Français
07:17qui ne travaillent pas,
07:18les Français qui travaillent
07:19et qui ne travailleraient pas assez.
07:21Je sais qu'ils travaillent beaucoup,
07:22il y a même une intensification
07:24du travail dans notre pays.
07:25Madame la ministre,
07:26le baromètre Ipsos BVA
07:27pour RTL,
07:2844% des personnes interrogées
07:30se disent désormais favorables
07:31à une dissolution,
07:3214 points de plus
07:33en un mois.
07:35Il y a le vrai bascule,
07:35ça vous inquiète ça ?
07:36Ce qui m'inquiète,
07:37c'est de cumuler en France
07:39et d'être le seul pays
07:40en Europe aujourd'hui
07:41de cumuler deux fragilités,
07:42une fragilité financière
07:44avec un endettement
07:45qui est quand même...
07:46Il faut imaginer,
07:47on est un ménage
07:47avec un revenu de 100
07:48et on a une dette
07:49de 214.
07:50Ça on le sait,
07:51mais vous ne répondez pas
07:52à ma question.
07:52Non mais c'est cette fragilité,
07:54je suis inquiète,
07:55ce qui m'inquiète
07:55c'est cette double fragilité,
07:57la fragilité financière,
07:58la fragilité politique.
08:00Et ces deux fragilités,
08:01elles peuvent in fine
08:02s'alimenter et augmenter.
08:04Donc je pense
08:04qu'à un moment donné,
08:05il faut voir comment
08:06est-ce qu'on peut réduire
08:07cette fragilité financière
08:08et de construire
08:09le consensus
08:10et le compromis
08:11avec les forces politiques
08:13de l'Assemblée nationale.
08:13C'est absolument
08:14un impératif.
08:15Bon courage à vous
08:16et avoir du boulot
08:17justement tout au long
08:18de cet été.
08:19Astrid Panossian-Bouvet,
08:20invité de RTL.
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