Patrick Dutartre, général de l’armée de l’air et ancien leader de la patrouille de France, était l’invité de BFM Politique de ce dimanche 13 juillet. Il a notamment été interrogé sur…
00:00On est échantillonnaire, c'est-à-dire qu'on n'a pas de puissance, c'est-à-dire qu'on va pouvoir faire un coup, deux coups, trois coups,
00:05et au bout d'une semaine, il n'y a plus de munitions.
00:08Donc il n'y a même plus d'hommes suffisamment pour soutenir l'effort de guerre.
00:12Qu'est-ce que ça veut dire ? Il nous faut des munitions, il nous faut des hommes.
00:14Qu'est-ce qui nous manque prioritairement quand vous dites que l'armée aujourd'hui est désaussée des avions, des munitions ?
00:21Vous savez combien on a de rafales dans l'armée de l'air française ? 109.
00:24Il en faudrait ? 300.
00:26Donc on n'y arrivera pas à une échéance raisonnable ?
00:30Il faut repartir.
00:31On ne pourrait même pas les produire.
00:33Si, on peut les produire, mais évidemment ça prend un certain temps.
00:35Donc il faut bien sûr, certains armements majeurs, notamment comme les avions de combat, mais d'autres matériels aussi, faire un effort.
00:42Il nous faut surtout des munitions et il nous faut des personnels.
00:46Et des personnels, bien sûr, on n'a pas les moyens, il faut être réaliste, d'avoir une armée de métiers qui dépasse nos 200 000 hommes.
00:52Mais effectivement, il faut faire preuve de beaucoup d'astuces et beaucoup d'initiatives en termes de souplesse avec une sorte de contingent ou une réserve active.
01:01Mais là, il faut être pragmatique, il ne faut pas partir dans tous les sens.
01:04Donc vous allez dans le sens de ce que dit aujourd'hui, dans les colonnes de la tribune dimanche, le ministre des Armées, qui dit qu'il va falloir une réserve professionnelle et spécialisée, mais pas de retour du service militaire.
01:14– Alors, je pense que dans un avenir, peut-être un peu loin, je pense que ce serait une bonne chose d'avoir un service national, mais ce n'est pas le sujet aujourd'hui.
01:21– Pourquoi ? – Moi aussi, c'est intéressant.
01:22– Non, je pense que… – Vous vous dites qu'il faut le retour du service militaire ?
01:26– Non, j'ai dit un service national, dont une partie militaire.
01:29– C'est quoi la différence pour ceux qui nous écoutent ? Service national et retour d'un service militaire complet, c'est quoi la différence ?
01:35– C'est-à-dire que c'est surtout une question de moyens, en fait, on n'a pas les moyens, mais je pense que tout individu, tout jeune français, si vous voulez, doit donner un peu de son temps pour son pays.
01:45Voilà, c'est extrêmement simple, où toute personne qui arrive et qui prend une nationalité française devrait pouvoir donner du temps à son pays, au service de son pays.
01:51Moi, ça, c'est mon sentiment profond.
01:52– Et donc le service national que vous évoquez, ce serait quoi, concrètement ?
01:55– Non, mais l'idée, l'idée.
01:56– Non, mais l'idée.
01:57– Non, non, mais c'est-à-dire quelque chose… D'ailleurs, je note que Michel Barnier, lorsqu'il était candidat à la présidence de la République,
02:04dans son programme pour l'ILR d'ailleurs, puisque François-Xavier Bellamy était là, proposait un service national de six mois.
02:11Mais on peut en parler longtemps, je pense que ce serait une chose bien à la fois pour la cohésion de la nation
02:16et à la fois, évidemment, pour un support des armées.
Écris le tout premier commentaire