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  • il y a 7 mois
Une vingtaine de policiers de la Brigade financière ont mené ce mercredi matin une perquisition au siège du Rassemblement national pour des soupçons d'irrégularités sur des financements électoraux. Jordan Bardella dénonce "un acharnement".

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00:00Ce 20h BFM, c'est cette perquisition qui a eu lieu aujourd'hui au siège du Rassemblement National.
00:04Quasiment 10 heures de perquisition, la justice enquête sur la manière dont le RN a financé ses dernières campagnes électorales,
00:10notamment en faisant appel à des prêts de particuliers.
00:13Or tout cela, on va le voir, est strictement encadré, on va le voir avec nos deux spécialistes dans un instant.
00:18Mais d'abord, écoutez la réaction ce soir, c'était en direct sur BFM TV, du président du parti, Jordan Bardella.
00:23Ce qu'on reproche à ces personnes-là est d'avoir prêté à plusieurs reprises au RN et de s'être par conséquent soustrait au rôle qui serait celui d'un établissement bancaire.
00:35Tout cela est invraisemblable, je vous le dis très honnêtement, tout cela est invraisemblable.
00:38Et moi je considère que cette procédure avait d'autres buts que celle qui est précisément indiquée par les magistrats
00:44et que très certainement l'objectif de ces perquisitions que nous avons subies depuis ce matin visait très certainement à fouiller mon bureau,
00:50à fouiller les ordinateurs de mes collaborateurs et à aspirer l'intégralité des informations qui portent sur les activités électorales de notre mouvement.
00:58Tout faire pour nous empêcher d'arriver au pouvoir, voilà ce que dit Jordan Bardella.
01:01Avec nous Alexandra González, bonsoir, chef d'administration du service police-justice de BFM et Sophie Dupont.
01:06Bonsoir, journaliste politique pour BFM, c'est vous qui suivez le Rassemblement National.
01:09Alexandra González, question simple, que reproche ce soir la justice au RN ?
01:14Alors pour l'instant elle ne reproche rien, mais elle soupçonne le Rassemblement National d'avoir abusé de prêts de particuliers.
01:22En France, les particuliers ont le droit de faire un prêt pour financer une campagne électorale,
01:27mais c'est très encadré et ce prêt ne doit pas être habituel.
01:31Alors qu'est-ce que ça veut dire habituel ?
01:33En droit pénal, l'habitude c'est à partir de deux faits.
01:36En l'occurrence, le signalement qui a été transmis par la commission des comptes de campagne concerne des prêteurs
01:43qui ont prêté plus de cinq fois au RN sur plusieurs campagnes.
01:48Et donc l'enquête a été ouverte il y a maintenant un peu plus d'un an, le 3 juillet dernier,
01:52à la suite de signalements de cette commission des comptes de campagne.
01:56Les investigations sont en cours et cette perquisition ce matin, enfin ces perquisitions,
02:01parce qu'il y en a eu plusieurs, avaient lieu dans ce cadre-là.
02:04On va entendre dans un instant notamment ce que vous a dit Sophie Marine Le Pen cet après-midi,
02:09mais il y a un point qui est soulevé par Jordan Bardella et par tous les élus du RN
02:13que l'on voit défiler depuis tout à l'heure sur le plateau,
02:16c'est pourquoi venir au siège et embarquer absolument tout,
02:21les ordi, les agendas, tout fouiller, etc.
02:23Pourquoi taper aussi large ?
02:26Parce que tout simplement, ce n'est pas pendant une perquisition
02:28que les enquêteurs vont prendre le temps d'analyser les documents qu'ils ont entre les mains.
02:33Et donc, ils profitent de cette perquisition pour prendre tous les documents comptables
02:37susceptibles de les intéresser et de venir compléter les auditions qui ont été menées ces mois derniers.
02:43Ils ont entendu des prêteurs qui sont justement peut-être soupçonnés d'avoir trop donné
02:48ou en tout cas de trop multiples reprises.
02:51Et là, maintenant, ils vont analyser les documents qu'ils ont saisis pendant la journée.
02:55Sophie, vous avez échangé avec Marine Le Pen cet après-midi.
02:57Qu'est-ce qu'elle vous dit ?
02:58Alors, il faut savoir que Marine Le Pen, elle n'avait pas réagi officiellement.
03:00Elle avait seulement repartagé le message de Jordan Berda qui dévoilait ses perquisitions.
03:04Et après, elle avait échangé toute la journée avec les députés RN sur les boucles internes du parti.
03:09Il n'y avait pas de réaction publique.
03:10Ce soir, ces choses faites auprès de BFM TV en exclusivité.
03:13Je cite Marine Le Pen.
03:14« Aller piquer l'ensemble des documents des régionales, de la présidentielle, des législatives, des européennes,
03:19l'ensemble de l'activité politique du premier parti d'opposition pour un sujet aussi contesté que celui-ci.
03:24Ça pose un problème démocratique. »
03:25Voilà les propos qu'elle m'a tenus.
03:27« Ils veulent qu'on soit coupables, mais on ne sait pas trop de quoi dit-elle. »
03:30Marine Le Pen qui répond aussi aux gestes d'instruction dont vous parliez, Alexandra,
03:34qui cherche à savoir si elle a contourné les règles de prêts aux particuliers.
03:37Elle qualifie ce reproche de scandaleux lorsque, je cite,
03:40« On se rappelle qu'aucune banque n'accepte de prêter au RN.
03:43Quelle peut être notre alternative pour financer les campagnes ? »
03:46Du coup, s'interroge-t-elle.
03:48Marine Le Pen qui se montre ce soir offensif, même si quand même,
03:50elle ne reprend pas les termes qui ont été utilisés par les porte-parole du parti
03:53et par Jordan Bardella aussi, qui ont parlé aujourd'hui d'harcèlement, de persécution, d'acharnement.
03:59Des basses d'œuvres du système.
04:00Exactement, qui ont dénoncé le système.
04:02Marine Le Pen, elle ne reprend pas ces termes.
04:03Jordan Bardella qui est aussi allé plus loin en dénonçant un prétexte pour fouiller son bureau
04:08et aspirer l'intégralité des informations.
04:10Ce soir, le RN n'a plus de secret pour personne aussi, a-t-il déclaré.
04:13Alors qu'il faut rappeler quand même que le RN n'est pas le premier parti d'opposition
04:15à faire l'objet de perquisition.
04:17Le Modem, la France Insoumise ou encore les Républicains ont d'ores et déjà fait l'objet de perquisition.
04:21Oui, mais il y a un argument qui est opposé par le RN, par Marine Le Pen et par Jordan Bardella.
04:27C'est de dire que personne ne veut nous prêter d'argent, en fait.
04:29Les banques ne nous prêtent pas.
04:30Les banques refusent de nous prêter.
04:31Et donc, on se tourne vers des particuliers.
04:33Alors d'abord, depuis les législatives de 2022 et 2024,
04:37le financement public a fait que le RN a beaucoup moins de problèmes d'argent.
04:41Ensuite, il y a eu une tentative de Banque de la Démocratie
04:44qui a capoté au Parlement parce que ça n'était pas assez soutenu.
04:46C'était François Bayrou qui le voulait.
04:47Voilà, c'était censé répondre à ce genre de problème.
04:50Enfin, la pratique du prêt n'est pas illégale.
04:53On l'a expliqué.
04:54À condition que ces prêts soient remboursés dans un délai raisonnable.
04:57Vous avez le droit de donner jusqu'à 7500 euros à un parti donné.
05:00Vous pouvez prêter tout ce que vous voulez, moyennant même des intérêts.
05:04À condition que ce prêt ne se perde pas dans le temps
05:06et ne devienne pas une sorte de don par destination.
05:09Et donc, quand on voit qu'un des prêts date de 2007, 18 ans, ça fait un peu beaucoup.
05:13Alexandre González, il y a ce volet-là dont on vient de parler,
05:17le volet prêt, il n'y a pas que ce volet-là.
05:18Non.
05:19Il y a aussi des soupçons de surfacturation pour pouvoir obtenir de l'État
05:24un remboursement plus important que prévu.
05:27Parce qu'on rappelle que les frais de campagne sont remboursés
05:30quand les candidats dépassent 5% au suffrage.
05:34Et dans le cadre de ces soupçons de surfacturation,
05:37il y a d'autres perquisitions qui ont été menées aujourd'hui
05:39au sein de sociétés et des domiciles des dirigeants de ces sociétés
05:44qui sont des prestataires pour un peu regarder, là encore, les documents comptables.
05:49Question pas évidente, mais on sait qui risque quoi dans cette affaire ?
05:52Alors, j'ai regardé pour l'une des infractions qui est visée,
05:57qui est notamment l'escroquerie au préjudice d'une personne publique.
06:00En théorie, les personnes qui seraient éventuellement jugées
06:03risquent jusqu'à 7 ans de prison et 750 000 euros d'amende.
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