00:00On retrouve Nicolas Dauze en direct des rencontres d'Aix-t-ce jour après jour.
00:03Nicolas, la potion budgétaire 2026 se précise.
00:06Dernier élément, un rapport de l'IGF, l'inspection générale des finances,
00:10commandé par Michel Barnier, qui cible les réductions d'impôts.
00:13Qu'est-ce qu'il dit ?
00:16Eh bien, tout simplement, il est dévoilé par le Parisien et il cible les niches fiscales.
00:20Principalement celles sur les dons.
00:22Vous savez, la réduction d'impôts que vous avez si vous faites des dons.
00:24Ça concerne 5,5 millions de foyers.
00:26C'est un manque à gagner, mine de rien, de 3,6 milliards d'euros tous les ans pour l'État.
00:30L'idée, c'est qu'on va tailler, on va baisser les plafonds.
00:33Donc, l'objectif, 360 millions d'euros d'économie.
00:36Évidemment, ça fait des perdants.
00:37Les foyers donateurs et notamment ceux qui donnent le plus.
00:40Et puis, des maisons comme l'Institut Pasteur, comme la Croix-Rouge ou comme les restaurants du cœur.
00:45Et puis, cette note de 60 pages de l'IGF s'attaque aussi aux associations.
00:49Toutes les associations de France cumulent au total 49 milliards d'euros de subventions publiques
00:54qui viennent de l'État et des collectivités locales.
00:57Eh bien, si on allait chercher un milliard d'économies dans ces associations,
01:00alors évidemment, c'est les mois.
01:02Par exemple, l'ex-fondation Abbé Pierre vous dit
01:04« Mais attendez, moi, 97% de mon budget vient de la générosité publique. »
01:09Voilà des pistes très concrètes et qui font mal.
01:12Nicolas, il y a un autre rapport du Sénat, cette fois-ci,
01:14qui bouscule les espoirs d'économie liés au grand ménage promis dans les agences
01:18et les opérateurs d'État dont on a beaucoup parlé hier.
01:23C'est ça, on nous dit au gouvernement, on fait 2 à 3 milliards d'économies.
01:27Les LR disent « On fera 5 ».
01:29Le RN dit « Non, non, on fera 8 milliards d'euros d'économies ».
01:32Eh bien, un rapport très sérieux du Sénat, qui a quand même duré plusieurs mois,
01:34nous indique, arrêtez de vous la raconter sur les économies,
01:37au mieux, au mieux, espérer 500, 560 millions d'euros d'économies.
01:42Et pourtant, même avec un montant modeste comme celui-là,
01:45eh bien là aussi, ça fait mal.
01:46Par exemple, on supprimerait l'agence bio,
01:48on supprimerait l'agence nationale de rénovation urbaine,
01:51on supprimerait l'agence nationale du sport
01:53ou encore, on pourrait quasiment dévitaliser l'ADEME,
01:56l'agence qui s'occupe de l'environnement par exemple.
01:59Là encore, ça fait mal.
02:00Nicolas, quelles conclusions tu tires de toutes ces pistes budgétaires
02:03qui sortent au compte-gouttes ?
02:04Alors la première, c'est qu'on arrête de mentir en disant qu'il n'y aura pas de hausse d'impôts.
02:09La deuxième, c'est qu'on arrête de mentir sur les gains espérés pour les agences d'État.
02:12À chaque fois, il manque un zéro ou deux zéros.
02:15La troisième, c'est qu'on est très loin d'avoir identifié les 40 milliards d'euros pour 2026.
02:19La quatrième, c'est qu'il y a des solutions sérieuses.
02:21Les solutions sérieuses, elles sont là où personne ne veut les voir,
02:24dans les dépenses de santé, dans les dépenses de retraite,
02:27dans le fait de travailler plus évidemment.
02:29Et la cinquième, nous sommes dans une situation extrêmement grave,
02:32dit François Bayrou hier.
02:33Et il faudra des efforts considérables.
02:35Elle est là, la vérité.
02:37Oui, là, la vérité.
02:38On va arrêter d'imaginer qu'on peut déboiser avec un coup-pongle.
02:41Voilà, 51 ans de déficit public cumulé.
02:44Ça, c'est l'Himalaya et ça, c'est la vérité.
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