00:00Musique
00:27En choisissant d'enteriner le processus de rupture des élites politiques du Grand Nord,
00:31jusqu'alors collaborationnistes avec le pouvoir quarantenaire des Anibia,
00:35qu'ils avaient servi de toutes leurs forces,
00:37Bello Gouba Maïgari, président de l'Union nationale pour la démocratie et le progrès,
00:41vient définitivement enfoncer ce qui restait de la lame pendante dans la côte de Paul Bia, 93 ans,
00:48virtuellement candidat à sa propre succession lors de la prochaine élection présidentielle.
00:52Une démarche d'éloignement vis-à-vis de son alliance d'enterrinement de l'interminable séjour du RDPC aux affaires.
01:03Reprise en main devenue inévitable de son autonomie politique,
01:07dans son contexte chargé par le coup d'éclat de son ancien acolyte et non moins frère d'armes,
01:12Issa Chiroma Bakari, qui a tiré la première salve pour des stops à la perpétuation d'un système
01:17devenu objet de critique et de colibet généralisé.
01:20Une vie politique pourtant donnée pour être inamovible jusqu'alors sur ce que l'on nomme l'axe nord-sud.
01:33Un axe aujourd'hui en pleine tourmente, le moins que l'on puisse en dire.
01:37Arrêtons et arrêtez le chantage du Grand Nord.
01:44Le temps est venu de parler entre nous, sans filtre, sans peur, sans langue de bois, sans menace.
01:52On nous répète depuis des décennies qu'on ne peut pas devenir président de la République sans le Grand Nord,
01:57c'est-à-dire sans le Nord, l'extrême Nord et la Damawa.
02:02C'est faux, archi-faux et dangereusement faux.
02:07Cette idée n'est pas une construction scientifique ni une vérité stratégique.
02:11C'est une arme de manipulation massive utilisée pour intimider, pour diviser,
02:16pour faire croire que certains Camerounais valent plus que d'autres.
02:19C'est une manière de dire à la jeunesse des villes, au peuple du littoral, au peuple de l'ouest,
02:25au peuple du centre, au peuple du nord-ouest, au peuple du sud-ouest, au peuple du sud, au peuple de l'est,
02:31vos voix comptent moins. C'est faux.
02:34La rétraction des deux grandes figures politiques de la région obligeant donc de fait
02:38le président candidat au cas où il persisterait dans l'intention de se présenter
02:43à revoir du tout auto sa stratégie de conservation d'un fauteuil que de toute évidence, plus rien ne garantit.
02:49Nous sommes tous des fils de ce pays.
02:56Nous l'aimons et nous devons le servir du mieux que nous pouvons.
03:05Nous passerons. Le Cameroun restera.
03:09Car dans l'imaginaire politique nationale, une grande partie du succès électoral proclamé des dernières années
03:19est établie sur son succès à conserver dans ses rangs ses figures totémiques,
03:23aujourd'hui en désir apparent de réconciliation avec une base épuisée par des années de promesses peu ou mal tenues.
03:29Ce n'est plus un secret pour personne.
03:34La rupture a été déjà faite.
03:36Aujourd'hui, son excellence, Belle Obouba Maïgari, est candidat désormais aux élections présidentielles de 2025.
03:45Il a compris l'appel de son peuple.
03:50Il a compris qu'il fallait rompre avec le parti au pouvoir.
03:56Raison pour laquelle, ou raison pour laquelle, il a convoqué son état-major
04:02pour rompre cette plateforme gouvernementale qu'il avait signée avec le RDPC en 1997,
04:15si j'ai bonne mémoire.
04:172007 autant pour moi.
04:19Il y a longtemps que les militants du parti attendaient ce genre de décision,
04:28aller à l'élection présidentielle.
04:30Aujourd'hui, c'est chose faite.
04:34Je crois que nous allons définitivement nous réconcilier avec la base du parti.
04:40Et vous pouvez être sûrs qu'à partir de maintenant, rien ne sera plus comme avant.
04:48Et je vous prie de bien analyser les résultats que nous allons faire aux prochaines municipales et législatives.
04:55Tous les militants de l'UNDP sont satisfaits, voire même presque tous les Camerounais
05:01qui attendent la candidature de président Beno.
05:04Parce que la seule personne qui va nous sortir dans la crise qu'on vivait,
05:08comme vous le savez bien, c'est une personne,
05:11c'est quelqu'un qui nous avons dans l'espoir avec lui.
05:14Ça va aller, s'il plaît, à dire.
05:16Reste à savoir ce que va faire Paul Biya, dont les stratèges semblent sur le coup relativement sonnés.
05:23Paul Biya, notre président !
05:27Car tant sur la démission de messieurs Chiroma que de Bilobouba,
05:31aucune réaction officielle jusque-là.
05:33Le pouvoir se retrouve donc confronté à de terribles contradictions,
05:37acculées dans la honte de se voir progressivement rejetées,
05:41y compris par ceux qu'il croyait définitivement acquis.
05:43As tradition demands, please may we rise.
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