Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 6 mois
Jean-Pierre Raffarin était l'invité face à Alain Duhamel ce mercredi 2 juillet.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00– Avec l'ancien chef du gouvernement, Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre.
00:08Bonsoir, M. Raffarin.
00:10– Bonsoir et bonsoir à tous.
00:11– Premier ministre du temps, justement, de la canicule de 2003.
00:14Bonsoir, Alain Duhamel.
00:15– Bonsoir.
00:16– On a un sondage élable pour BFMTV que nous avons publié aujourd'hui,
00:20justement sur les enseignements attirés de cette canicule,
00:23ou plutôt la perception qu'en ont les Français,
00:25qui doit être en première ligne pour aujourd'hui mieux s'adapter,
00:29et on voit que c'est une responsabilité partagée.
00:32Pour les Français, c'est l'État à 34%, les collectivités locales à 29%,
00:37et puis la prise en main par les citoyens eux-mêmes à 27%.
00:42Vous êtes d'accord avec ça, Alain Duhamel ?
00:44– Écoutez, globalement, ça n'est pas déraisonnable.
00:47La seule chose, c'est que je trouve que les entreprises sont placées beaucoup trop bas.
00:53Il ne faut pas oublier que c'est dans les entreprises
00:56qu'on est au moment où il fait le plus chaud.
00:59Et que les Français considèrent que, en ce qui concerne les entreprises,
01:03ça vient nettement après les trois autres facteurs.
01:06Donc sur ce dernier point, je ne suis pas d'accord.
01:09Pour le reste, évidemment, la question qui se pose à chaque fois,
01:11Jean-Pierre Raffarin va sûrement avoir des réponses,
01:14c'est la responsabilité de l'État.
01:17Les collectivités locales, elles sont au contact de leur population,
01:19elles font ce qu'elles peuvent,
01:21elles savent ce qu'ils doivent faire dans chaque région,
01:23dans chaque département, dans chaque commune.
01:25Pour l'État, par principe, c'est plus compliqué.
01:28Alors, moi, je considère, à tort ou à raison, évidemment,
01:31que l'État fait bien son travail quand on a canicules,
01:37orages, incendies, catastrophes naturelles, etc.
01:42Je trouve que l'État fait bien son travail
01:43en ce qui concerne l'information des citoyens.
01:47Je trouve qu'il fait bien son travail en ce qui concerne
01:49la mobilisation des moyens.
01:51D'ailleurs, les services publics ne sont jamais meilleurs
01:54que dans ces cas-là, quand c'est face au drame
01:56ou face à une épreuve.
01:59En revanche, l'État manque manifestement
02:02de moyens d'investissement, donc de prévention.
02:06Moi, la question que je me pose,
02:08alors ça ne va certainement pas être une idée populaire,
02:11mais si on prend vraiment au sérieux
02:14le dérèglement climatique,
02:16si on se dit vraiment qu'on va passer par des épisodes
02:19de plus en plus nombreux,
02:21comme ceux qu'on voit en ce moment avec la canicule,
02:25mais comme des incendies,
02:27comme ceux qu'on avait connus, vous vous rappelez,
02:28l'année dernière, qui étaient quand même
02:30à la fois consternants et impressionnants,
02:33et puis la fonte des glaciers, etc.
02:34Si on prend vraiment ça au sérieux,
02:36si on se dit que c'est une évolution inéluctable
02:40si on ne décide pas des mesures drastiques,
02:43moi, je trouve que, par exemple, il faudrait réfléchir
02:46à se dire que la France est un des pays au monde
02:49où il y a le plus de week-ends fériés.
02:53Et pourquoi est-ce qu'on ne sacrifierait pas
02:56les week-ends fériés, trois jours ?
02:58– Carrément.
02:59– Bien sûr, si on prend ça au sérieux.
03:02Si on considère que c'est un phénomène limité,
03:06si on considère que c'est un phénomène secondaire,
03:09si on considère que c'est réversible,
03:10si on n'est pas sûr que ça soit grave,
03:13ben voilà, continuons comme on fait.
03:14– Suppression de trois jours fériés.
03:16– Si on pense le contraire,
03:20moi, je trouve que c'est le genre d'initiative
03:23en tout cas auxquelles on devrait réfléchir.
03:26– C'est pour rendre hommage à Jean-Pierre Affarin
03:27qui avait décidé en 2004
03:28de nous faire travailler
03:31pour, justement, les personnes âgées,
03:34adapter les EHPAD, etc.
03:35– Mais je n'avais pas oublié.
03:37– Alors, justement, vous vous souvenez
03:39de cet été 2003 ?
03:41– Je m'en souviens,
03:41je m'en souviendrai toujours.
03:43C'est une période de drame
03:45et c'est une période extrêmement difficile.
03:47On a été tous pris de court,
03:50brutalement en plein été.
03:52On s'est aperçu que nous avions
03:53des problèmes d'organisation majeurs,
03:56mais on s'est aussi aperçu
03:57de la solitude des personnes âgées
03:59en milieu urbain.
04:01On s'est aperçu que des gens
04:02passaient le mois d'août tout seuls,
04:04quelquefois dans des immeubles vides,
04:06et qu'on s'apercevait de leur décès
04:08deux jours, trois jours après.
04:10Donc, on a découvert vraiment
04:11à la fois un problème économique et social,
04:14mais aussi des problèmes sociétaux majeurs
04:17d'abandon des personnes âgées
04:18pendant l'été.
04:20Et donc, ça a été très douloureux.
04:22Je crois qu'on a tiré quand même
04:23beaucoup de leçons.
04:24Aujourd'hui, vous n'entendez plus parler
04:25vraiment de drames très nombreux
04:28dans les maisons de retraite.
04:30Il y a aujourd'hui une salle réfrigérée
04:31dans toutes les maisons de retraite.
04:33En 2003, il n'y avait aucune salle réfrigérée.
04:35Donc, on a fait des travaux très importants.
04:37Les maires, aujourd'hui,
04:38appellent au téléphone des gens isolés.
04:40Donc, il y a beaucoup de choses.
04:41Il y a plus de prévention.
04:41Mais ce que je vois,
04:42ce qu'on a fait sur les personnes âgées,
04:44on voit aujourd'hui
04:44qu'on ne l'avait pas fait sur les écoles.
04:46Donc, on voit qu'il y a encore
04:47des choses qui sont à faire.
04:48Mais Alain Duhamel a raison.
04:50Vous êtes d'accord avec ces trois jours
04:52fériés supprimés ?
04:53Moi, j'ai fait une journée.
04:54Mais une journée, quand même,
04:55on a rapporté plus de 40 milliards
04:58à la Caisse de l'État sur ce sujet.
05:00Il a servi à quoi, cet argent ?
05:01Sous le contrôle de la Cour des comptes
05:03pour les personnes âgées, justement.
05:05On est sûr de ça ?
05:06Certains disent que l'argent est parti.
05:07Oui, mais tout le monde dit ça tout le temps.
05:09Mais là, c'est un contrôle
05:10par la Cour des comptes.
05:11Et c'est M. Seguin
05:12qui avait lancé ce contrôle.
05:14Je vous assure qu'il était très sérieux.
05:16Il y avait là un contrôle
05:17pour les personnes âgées,
05:20mais aussi pour les personnes handicapées.
05:21Donc, ces personnes-là
05:22ont été protégées.
05:23Et cette journée de solidarité,
05:26ça a quand même été une innovation
05:28parce que c'est ni de l'impôt,
05:30ni de la dette.
05:31Et donc, dans une situation
05:32comme on est aujourd'hui,
05:33c'est l'effort des uns et des autres
05:34qui peut l'en faire.
05:35Et ce n'est pas un impôt,
05:36et ce n'est pas de la dette.
05:37Et donc, je crois en effet
05:38que nous pouvons envisager
05:40d'aller chercher,
05:42alors que nos finances publiques
05:43sont aujourd'hui très difficiles,
05:44d'aller chercher,
05:45pas forcément trois,
05:47parce que j'ai connu les difficultés.
05:48Vous savez, au début...
05:51Il part à la retraite, non ?
05:52Il y va, hein ?
05:54Non, non, mais je pense que
05:55là où Alain Duhamel a raison,
05:58c'est que si on veut vraiment
06:00s'attaquer au changement climatique,
06:02il faut quand même se dire
06:03qu'on a quand même
06:04beaucoup d'efforts à faire.
06:06Et donc, des efforts de sécurité.
06:07Vous voyez les montagnes
06:08qui s'effondrent,
06:09les routes qui se sont...
06:09Vous voyez un certain nombre de choses.
06:11Donc, c'est vrai que dans l'État
06:13où on est budgétairement,
06:14si on veut lutter contre sûrement,
06:16il faudra faire des efforts
06:17financiers considérablement.
06:18– Par curiosité, Alain,
06:19les trois jours fériés,
06:20vous choisissez lesquels ?
06:22– Je ne choisis pas
06:23trois jours particuliers,
06:25mais...
06:25– C'est ça, la difficulté.
06:26– Alors, on peut dire...
06:27Je ne sais rien, moi.
06:28Je serais tenté de dire
06:30là, tout ça,
06:31parce que c'est le moment
06:31où il fait le plus mauvais parmi...
06:33Mais en même temps,
06:33les gens à la Toussaint...
06:34– Une journée,
06:35c'est à peu près 2 milliards et demi.
06:36– Oui.
06:37– Mais il faut plus.
06:38– Alors, c'est...
06:39– Et moi, ce qui me frappe quand même,
06:40c'est la disproportion
06:41entre la gravité évidente,
06:45parce que là,
06:45c'est une question de bon sens.
06:46on assiste tous à la même chose.
06:49Donc, on ne peut pas discuter
06:50la réalité du dérèglement climatique
06:52et le fait qu'il y a encore
06:54des responsables politiques importants
06:56qui considèrent qu'on peut,
06:59par exemple,
07:00annihiler ou revenir
07:03sur des mesures
07:04qui vont dans le sens
07:06de la prévention,
07:08c'est-à-dire des mesures écologiques.
07:10Et si on prend...
07:11Alors là, je ne parle pas du tout
07:12dans l'abstrait.
07:13Si on prend ce qui vient de se passer
07:15encore ces derniers jours
07:16à propos de plusieurs mesures
07:19qui étaient des mesures,
07:20justement,
07:20pour combattre
07:22les régressions climatiques
07:25qui existent en ce moment
07:26et les risques climatiques,
07:28et...
07:28– Ma prime Renov, par exemple.
07:30– Qui ont voté
07:31pour la suppression
07:32de mesures qu'on avait prises.
07:34Autrement dit,
07:34des mesures qu'on avait prises
07:36pour combattre
07:38les effets
07:38des dérèglements climatiques,
07:40ils ont voté
07:42leur suppression.
07:43Et ça, je trouve
07:44que c'est d'abord
07:45de l'irresponsabilité totale
07:47et en plus
07:48que c'est de la lâcheté.
07:49Ça veut dire
07:49qu'ils ne veulent pas
07:50regarder les choses.
07:51Ils préfèrent pouvoir dire
07:53à leurs électeurs
07:53dimanche prochain,
07:54« Voyez, moi,
07:54j'ai empêché
07:55qu'on vous enlève
07:56telle prime, etc. »
07:58Plutôt que de dire,
07:59vous avez des enfants,
07:59des petits-enfants,
08:00des arrière-petits-enfants,
08:01vous avez envie
08:02que la France ressemble
08:03à quoi à ce moment-là ?
08:04– Mathieu, prenons un exemple concret
08:05puisque les responsables politiques
08:07sont face à leurs responsabilités.
08:08– Et tout le monde,
08:09toute la société.
08:10– Oui, justement,
08:11la société,
08:11les entreprises politiques
08:12ne sont que les représentants
08:14de la société.
08:14– Vous avez raison,
08:14M. le Premier ministre,
08:15mais le Rassemblement national
08:16dit que si nous arrivons au pouvoir,
08:17nous lancerons un grand plan
08:18climatisation.
08:20La France est très en retard
08:20dans la climatisation
08:21par rapport aux États-Unis,
08:23au Japon ou à la Corée
08:23qui sont à 80-90%
08:25de climatisation.
08:25– Et en même temps,
08:26il dit qu'il baisse ses impôts.
08:27– Alors, est-ce que c'est
08:28une bonne idée,
08:28un grand plan clim ou pas ?
08:29– Non, mais la question,
08:31c'est comment on le finance.
08:32Les bons plans,
08:32les grands plans,
08:33on peut lancer tout ce qu'on veut.
08:35Et c'est toujours
08:35une très bonne idée
08:36d'avoir un plan.
08:37Aujourd'hui,
08:38on n'a plus de plan pratiquement.
08:39Il n'y a plus de data,
08:40il n'y a plus dans la politique
08:41de moyen et de long terme.
08:43On est dans l'immédiat
08:43en permanence.
08:44Et quand l'immédiat dévore,
08:46l'esprit dérive,
08:46disait Edgar Morin.
08:47Donc, je crois vraiment
08:48qu'il faut donner
08:49de la profondeur
08:50à l'action politique.
08:51– Donc ça, c'est gadget alors ?
08:51– D'ailleurs, je pense,
08:53de toute façon,
08:53si vous voulez…
08:54– Climatiser les hôpitaux,
08:55ce n'est pas gadget.
08:56– Non, mais climatiser,
08:59sans dire comment vous le financez,
09:00c'est gadget.
09:01Franchement, parce qu'on est…
09:02Ce qu'il faut dire,
09:03c'est comment on finance.
09:04Aujourd'hui, il faut couper ici
09:05puisqu'on n'a pas
09:06de ressources financières
09:07ou alors on augmente les impôts.
09:08– Il faut faire en plus
09:09des économies.
09:09– Non, ce n'est pas possible.
09:11Donc, je crois qu'aujourd'hui,
09:12là où vous avez raison,
09:14c'est que si on veut faire
09:15un retour à la cohésion sociale,
09:17au vivre ensemble,
09:18on ne fera pas le retour
09:19au vivre ensemble
09:19sur l'actualité,
09:20sur les douleurs immédiates
09:22parce que chacun pense
09:22à ses propres intérêts.
09:23On fait l'unité sur une stratégie,
09:26sur du long terme,
09:27sur un horizon,
09:28sur un vivre ensemble,
09:29sur des objectifs communs.
09:30Et donc, un plan,
09:31ça sert à ça,
09:32avoir des objectifs communs.
09:34Et donc ça, je crois
09:34qu'il faut avoir
09:35un certain nombre
09:36d'objectifs communs.
09:37Je pense que la France,
09:38elle doit aujourd'hui être,
09:40par exemple,
09:40dans la lutte
09:41contre le changement climatique,
09:42un modèle.
09:42Et donc, il faut dire une priorité.
09:44Ça, de mon point de vue,
09:45il nous faudrait un plan à 30 ans.
09:46Mais ça, on ne peut pas avoir
09:4740 priorités.
09:49Ça veut dire qu'il faut dire aux Français,
09:50on prend le changement climatique,
09:52par exemple,
09:52et par exemple,
09:53on prend le ferroviaire,
09:54qui est à la fois
09:55un instrument de mobilité,
09:57qui est compatible
09:57avec le changement climatique,
09:58mais on ne va pas avoir,
10:00avec nos moyens financiers,
10:0140 exemples.
10:02Donc la stratégie,
10:03le plan,
10:03le moyen terme,
10:04c'est très important.
10:05Après, on traite
10:06les problèmes d'actualité.
10:07Mais c'est la même chose
10:07sur le plan international.
10:09En s'occupant que des problèmes,
10:10aujourd'hui,
10:11on ne crée que des tensions.
10:12Mais c'est l'escalade
10:13des tensions qui nous guettent.
10:14Mais moi, je voudrais revenir
10:15sur le même sujet, évidemment.
10:18Je voudrais revenir
10:18à la situation de responsabilité,
10:21en l'occurrence,
10:22d'un certain nombre d'élus,
10:23quand même,
10:24au niveau national.
10:25Je parle beaucoup moins
10:26des élus locaux,
10:27parce qu'eux,
10:27ils parlent à leurs concitoyens
10:29en permanence.
10:30Mais au plan national,
10:32il faut quand même
10:33se rendre compte
10:34qu'il y a 20 ans,
10:36la France était en tête
10:38de ceux qui combattaient
10:40pour justement lutter
10:42contre les dérèglements climatiques.
10:44que l'accord de Paris,
10:45ce n'est pas un hasard,
10:46c'est à Paris qu'il a eu lieu.
10:48Et que la France était
10:49très nettement celle
10:50qui lançait les choses.
10:52Et ça a été vrai
10:52avec des gouvernements différents.
10:54Ça a été vrai au début
10:55avec Nicolas Sarkozy.
10:57Ça a été vrai avec François Hollande
10:58et l'accord de Paris.
11:00Et au début d'Emmanuel Macron,
11:02c'était encore vrai.
11:03On était en flèche.
11:04On était dans les bons élèves.
11:06La France est l'un des pays
11:07les plus décarbonés au monde.
11:08On était dans les bons élèves.
11:09Grâce notamment du Pierre.
11:10Oui, mais on était
11:12dans les bons élèves.
11:13Et d'ailleurs,
11:14il y a des résultats
11:15qui ont été obtenus
11:16qui ne sont pas du tout
11:17des résultats ridicules.
11:18Mais là, au moment
11:20où on a devant nous
11:21des exemples spectaculaires,
11:24dangereux et exténuants
11:26de dérèglements,
11:27c'est le moment
11:28où on détricote
11:29à certain nombre de choses
11:30qu'on avait fait.
11:31On prend des mesures assez punitives.
11:32Pardon Alain.
11:33On interdit.
11:33Puis après, on réfléchit
11:34pour savoir si l'interdiction
11:35a été justifiée.
11:37Les ZFE,
11:38il y a eu plusieurs.
11:39Même l'interdiction de pesticides,
11:41quand on est seul
11:42à prendre cette mesure,
11:43ça pénalise nos agriculteurs
11:44par rapport à la concurrence.
11:45Il y a quand même
11:45des raisons.
11:46Vous avez tout à fait raison.
11:48Vous avez tout à fait raison.
11:49C'est une question
11:49de hiérarchie des inconvénients.
11:52Est-ce qu'on croit
11:53que les dérèglements climatiques,
11:54c'est la grande question ?
11:57Ça s'appelle la stratégie.
11:58Est-ce qu'il faut aussi
11:59faire des études d'impact
12:00avant de prendre des mesures ?
12:01Oui, on peut attendre
12:02et puis on peut continuer
12:03à détricoter,
12:05ce qu'on a fait.
12:05Mais est-ce qu'on peut associer
12:06les Français ?
12:07C'est-à-dire à régresser
12:08dans la lutte contre
12:09les dérèglements.
12:10Il faut aussi que les Français
12:11soient...
12:12Vous dites vous-même
12:13qu'il y a une cohésion.
12:13Il faut que les Français
12:14comprennent pour qu'on prend
12:15ces mesures.
12:15Et souvent, les Français,
12:16ça les braque
12:17quand on interdit
12:18d'entrer dans un centre-ville
12:19avec tel ou tel véhicule.
12:21Mais parce qu'on n'organise pas
12:22aujourd'hui le débat
12:23en France pour savoir
12:24si le changement climatique
12:26est une priorité ou pas.
12:27On pourrait faire un référendum ?
12:28C'est ça, avoir une stratégie.
12:30Un référendum pour ou contre
12:32les dérèglements climatiques.
12:33Non, mais...
12:35Le nucléaire, ce nucléaire,
12:37par exemple, sur l'éolien.
12:38Parce qu'aujourd'hui,
12:39l'hôpital est prioritaire,
12:41la justice est prioritaire,
12:43la sécurité est prioritaire,
12:45l'alimentation est prioritaire.
12:47Donc, à force d'avoir
12:47toutes les priorités,
12:48on n'a plus de stratégie.
12:50Et donc, quand vous avez des mesures,
12:51il n'y a pas de point de repère,
12:53il n'y a pas de balise.
12:54On a un au commissariat au plan.
12:56Oui, il y a combien...
12:57Il me semble qu'il y avait
12:57quelqu'un qui s'appelait
12:58François Béroux
12:59qui est Clément Beaune.
13:00Maintenant, c'est Clément Beaune.
13:01Et il y a combien de collaborateurs
13:03au commissariat au plan ?
13:04Vous voulez qu'on embauche
13:04des fonctionnaires ?
13:05Bon, et combien...
13:06Non, mais...
13:07Je poursuis mon raisonnement.
13:09Bon, moi, j'ai connu le moment
13:10où au commissariat au plan,
13:13c'était une institution essentielle.
13:15Avec une vision.
13:16Moi aussi.
13:17Et où ils produisaient...
13:18Jamais on ratait une réunion.
13:20Président de région,
13:20j'ai jamais raté une réunion.
13:22Ni de la data,
13:22ni du commissariat au plan.
13:23Parce que là, on parlait d'avenir.
13:25On aidait les élus
13:25à être un plus intelligent,
13:26on donnait des informations.
13:27Et il y avait du monde
13:29pour travailler.
13:30Moi, je me rappelle
13:30que le premier qui m'en est parlé,
13:32c'était Jacques Delors,
13:33qui, à l'époque,
13:34avant d'être ce qu'il est devenu,
13:36était au commissariat au plan,
13:38était chargé des questions sociales.
13:39Il y a même eu des ministres du plan.
13:40Michel Le Retard a été ministre du plan.
13:41Bien sûr.
13:42Mais il a inventé les contrats de plan,
13:44après, pour le décliné.
13:45De l'heure au commissariat au plan,
13:48c'était avant.
13:49Et à ce moment-là, justement,
13:51ils se rendaient compte
13:52qu'il y avait un certain nombre de choses.
13:53Ils innovaient,
13:54ils avaient du monde,
13:55ils avaient des experts, etc.
13:57Là, on l'a déshabillé,
13:59le commissariat au plan.
13:59Le dernier, au commissaire au plan,
14:01est devenu Premier ministre.
14:02Oui.
14:03Il s'appelle François Bayrou.
14:04François Bayrou,
14:04qui, aujourd'hui,
14:05a 80% d'impopularité.
14:08Alors, est-ce que c'est injuste ?
14:09Ah, alors ça, c'est une autre question.
14:11C'est pour avancer.
14:12Oui, oui, non, mais j'ai bien compris.
14:14Est-ce que c'est injuste ?
14:17On est dans une situation politique
14:19qui, au moment où on parle,
14:21est à peu près inextricable.
14:24On a un gouvernement
14:26dont on sait très bien
14:27que, tant qu'il n'aura pas
14:29son prochain budget,
14:31a les mains quasiment liées.
14:32D'ailleurs, si on est honnête,
14:34si on regarde la réalité des choses,
14:36on vote des lois.
14:37Mais ces lois,
14:38ce sont des projets
14:39ou des propositions
14:40qui datent d'autres gouvernements,
14:41de gouvernements antérieurs.
14:43Autrement dit,
14:44on vote ce qui a été préparé avant.
14:47Mais on n'innove pas
14:48ou on en innove moins.
14:50Bon, pourquoi ?
14:52C'est parce qu'il n'y a pas
14:53de majorité au Parlement.
14:54Et pourquoi aussi ?
14:56Et j'allais dire pourquoi d'abord,
14:57parce que c'est plus important
14:58que l'absence de majorité,
15:00c'est parce qu'on sait très bien
15:01que cette fois-ci,
15:02il n'est pas question
15:03de présenter un budget
15:05d'accommodement.
15:07Ce dont on a besoin maintenant,
15:09c'est d'un budget de crise.
15:11C'est tout à fait autre chose.
15:12C'est un budget
15:12qui ne soit pas un ensevelissement,
15:15mais qui soit un choc,
15:17qui soit une rupture.
15:18Donc, un budget désagréable.
15:20Bon, et ça,
15:22c'est un vrai rendez-vous politique
15:23qui est pour dès septembre.
15:26Et ce rendez-vous politique-là,
15:27il est extrêmement grave.
15:30Et c'est à ce moment-là
15:31qu'on va voir
15:32qui ose soit s'opposer
15:36à des sacrifices,
15:37soit militer pour des sacrifices,
15:40en sachant bien entendu
15:41que ceux qui militeront
15:42pour des sacrifices
15:42seront les plus impopulaires
15:44auprès de la plupart des gens.
15:46Mais c'est là où les hommes politiques
15:48doivent prendre leur responsabilité.
15:49– L'impopularité vous pousse
15:51à prendre des décisions
15:52encore plus impopulaires,
15:53Jean-Pierre Raphaël.
15:53Vous avez terminé
15:54à 74% d'impopularité.
15:57On a retrouvé les sondages
15:58de François Bayrou.
15:59– C'est le sur
16:00des premiers ministres ?
16:01– Oui, mais bon,
16:02la popularité…
16:02– Non, j'ai rien,
16:03ils finissent tous impopulaires.
16:04– Quand on est en fonction
16:06de ma situation
16:08où je travaillais
16:08avec le président Chirac,
16:10on avait perdu le référendum,
16:11il est évident
16:12qu'on avait une secousse
16:13considérable.
16:14Moi, j'étais dans une situation
16:16complètement différente
16:17de François Bayrou.
16:18J'avais une majorité,
16:19j'avais un président,
16:20on était dans une politique,
16:21c'était difficile,
16:22on avait fait
16:23un certain nombre de choses.
16:24J'avais quand même commencé
16:25avec du chômage qui augmentait,
16:27j'ai fini avec le chômage
16:28qui baissait.
16:29C'est le seul période
16:30où la dette a baissé,
16:32donc il y avait quand même
16:32des résultats.
16:33– Il faudra donner
16:33les recettes, Jean-Pierre.
16:35– Mais Thierry Breton,
16:36Jean-François Copé,
16:37quelques autres,
16:38peuvent les donner.
16:39Mais là,
16:40pour savoir si c'est injuste,
16:41oui,
16:41il y a une certaine forme
16:42d'injustice.
16:43Notre Vème République,
16:44elle est fondée
16:44sur un principe,
16:45le fait majoritaire.
16:47Or, aujourd'hui,
16:48il n'y a pas de majorité
16:49à l'Assemblée,
16:50il n'y a pas de majorité
16:51chez le Président,
16:52il n'y a pas de majorité
16:53chez le Premier ministre.
16:55Donc, on est dans une situation
16:57où le levier d'action
16:58n'existe pas.
16:59Et donc,
16:59on peut difficilement considérer
17:01que c'est juste
17:02que c'est impropriété de Bérou
17:04parce qu'il n'a pas les moyens
17:05de mener quelque chose.
17:06Faire un budget aujourd'hui
17:07pour lui,
17:08c'est infernal.
17:08Il n'y a pas de majorité
17:09pour porter une politique.
17:11Donc, nous sommes dans une situation
17:12un peu de blocage.
17:14C'est dommage,
17:15le Président a des grandes qualités,
17:17le Premier ministre
17:18a des grandes qualités
17:19et aujourd'hui,
17:20on ne peut pas,
17:21naturellement,
17:22avoir une autre situation
17:23que d'attendre
17:24quelque chose de leur pain.
17:25Ils ne peuvent pas attendre.
17:26Comment leur dire merci ?
17:27Moi, je vais vous dire.
17:28Je crois que c'est la dernière fois
17:29que je parle ici
17:30avec Alain Duhamel.
17:32Donc, je me suis dit
17:33je vais lui dire merci.
17:34Mais quand même,
17:34je ne peux pas lui dire merci
17:35parce qu'un homme politique,
17:36ça ne remercie jamais un journaliste.
17:38Donc, j'ai cherché
17:38quelque chose
17:39ou quelqu'un
17:40qui pouvait dire merci
17:41à Alain Duhamel
17:42et j'ai trouvé.
17:43Et j'ai trouvé
17:43et je l'ai apporté.
17:44Et c'est le drapeau européen.
17:46C'est ce grand drapeau européen
17:48que je vais lui offrir.
17:49Mais comme je sais
17:50qu'il se défend aussi
17:51partout que tout ça,
17:52je veux aussi
17:52lui défendre
17:53et lui offrir
17:54le drapeau français.
17:55Parce qu'au fond,
17:56si quelqu'un
17:58m'a bien servi la France,
17:59c'est Alain Duhamel
18:00en participant
18:00à tous ces débats,
18:02en stimulant
18:02les oppositions,
18:04les intérêts
18:04des uns et des autres.
18:05Je vous laisse transmettre.
18:08Je voulais vous dire ça
18:09parce que c'est rare
18:11qu'on puisse dire merci
18:12et les drapeaux
18:13de l'Europe
18:13et de la France
18:14disent merci
18:14à Alain Duhamel.
18:16Et pour une fois,
18:17je suis,
18:17mais c'est mon âge,
18:18un porte-drapeau.
18:19Quel est votre drapeau préféré ?
18:21Européen
18:22ou français ?
18:23La réponse est très simple.
18:24J'aime ces deux drapeaux
18:25parce que je ne conçois pas
18:27le succès
18:27d'un des deux drapeaux
18:28sans l'autre.
18:30La France a besoin
18:31de l'Europe
18:31et l'Europe a besoin
18:32de la France.
18:32Je n'aurais pas fait
18:33l'erreur d'en offrir qu'un.
18:35Bien sûr.
18:36Et accessoirement,
18:37la France a quand même
18:38beaucoup fait dans l'Europe
18:39et l'Europe a permis
18:40à la France
18:41de faire beaucoup de choses
18:42qu'elle n'aurait jamais
18:42pu faire autrement.
18:44Donc,
18:44ce n'est pas du tout
18:45antagoniste.
18:46Pourquoi faut-il encore
18:46défendre cette Europe
18:47aujourd'hui
18:48à laquelle les Français
18:49sont en train
18:50de tourner le dos d'ailleurs
18:51en votant
18:51en rassemblement national ?
18:53Parce que
18:55on est en Europe
18:57globalement.
18:59Les Français
19:00ont connu
19:01les 30 glorieuses
19:03pendant lesquelles
19:03chaque année,
19:04il faut quand même
19:04avoir des choses
19:05comme ça en tête,
19:06pendant lesquelles
19:07chaque année,
19:07le pouvoir d'achat
19:08augmentait de 4 ou 5%
19:11par an.
19:12Et pour les Français,
19:12c'était devenu
19:13naturel
19:14que leur pouvoir
19:16d'achat augmente.
19:17Ensuite,
19:18on a eu une période
19:19de dérèglement
19:19qui a commencé
19:20avec les chocs pétroliers
19:21au début
19:22au début
19:23de Giscard,
19:2473,
19:2474,
19:25puis 78,
19:26puis les dérèglements
19:27qui ont suivi.
19:28Et les Français,
19:29au lieu d'avoir
19:30une augmentation
19:31régulière
19:32de pouvoir d'achat,
19:33sont passés
19:33par des hauts
19:34et des bas
19:34et malheureusement
19:35par plus de bas
19:36que de haut.
19:36Alors,
19:37tout ne s'est pas passé
19:38négativement,
19:39bien sûr,
19:40mais ça a été
19:41une période
19:41et comme c'est le moment
19:43où contrairement
19:44à tout ce qui précédait
19:45sous la Ve République,
19:46il y a eu
19:46des alternances,
19:48l'idée s'est incrustée
19:49que les alternances
19:51s'ajoutant
19:52aux désillusions économiques
19:53et aux regrets,
19:54aux nostalgies sociales,
19:56c'était le système
19:57qui était mauvais
19:58et que comme c'était
19:59le moment où il y avait
19:59la construction de l'Europe,
20:01finalement,
20:02c'était l'Europe,
20:03la Ve République,
20:04etc.,
20:05qui était responsable.
20:06Ben non,
20:06c'était des phénomènes mondiaux
20:08que les Français
20:09ont gérés
20:09quelquefois bien,
20:10quelquefois moins bien,
20:11ça dépendait des gouvernements.
20:13Jean-Pierre Raffarin
20:14disait que le sien
20:14s'était plutôt bien débrouillé
20:15et ce n'était pas faux.
20:17Il y en a d'autres
20:17qui se sont aussi
20:18bien débrouillés.
20:19Rocard s'était
20:20assez bien débrouillé
20:21et la deuxième partie,
20:23alors là,
20:24je vais dire quelque chose
20:24qui n'aura pas de succès,
20:26mais la deuxième partie
20:28de Hollande
20:28et la première partie
20:29de Macron,
20:31disons les deux dernières
20:32années de Hollande
20:33et les deux premières
20:33de Macron,
20:34il y a eu,
20:35oui,
20:36il y a eu des progrès réels
20:38en termes de croissance,
20:39en termes d'emploi,
20:40etc.
20:40Et puis,
20:41on est retombé
20:41dans des séries de crises
20:43qui n'ont pas toujours
20:44été très bien gérées,
20:45il faut reconnaître,
20:46mais les Français
20:47sont retombés
20:48dans leur pessimisme.
20:49Et c'est pour ça
20:50qu'ils votent
20:52comment,
20:53quels sont les deux pôles
20:54qui se portent bien
20:54dans la politique ?
20:55C'est le Rassemblement
20:56National d'un côté
20:57et c'est Jean-Luc Mélenchon
20:58de l'autre.
20:59Jean-Pierre Raffin.
21:00Moi, je pense que,
21:01je ne suis pas tout à fait
21:02d'accord avec ce que
21:02vous disiez tout à l'heure
21:03sur le fait que le
21:03Rassemblement National
21:04est contre l'Europe.
21:07Au fond,
21:07le Rassemblement National,
21:08aujourd'hui,
21:08c'est des questions
21:09liées à la sécurité
21:10et aux migrations
21:11qu'il porte.
21:12Les autres sujets
21:13sont plus lointains
21:14et de toute façon,
21:16on voit bien l'exemple
21:17de Mélanie,
21:18les gens sont persuadés
21:18que de toute façon,
21:19l'Europe devra continuer.
21:20Et Mme Mélanie
21:21a fait des grands discours
21:22anti-européens
21:23et une fois qu'elle est au pouvoir,
21:24elle prend M. Draghi
21:25comme conseiller
21:26parce qu'elle sait très bien
21:27que nous avons tous...
21:28Et M. Le Pen sur l'Europe
21:29a changé aussi,
21:29M. Le Lowe.
21:30À cloche-pied.
21:32Donc, on verra ça.
21:34Ce qui est, je crois,
21:34très important aujourd'hui,
21:36c'est de se dire
21:36qu'en effet,
21:37on a des insuffisances
21:38de gouvernance européenne.
21:40C'est une chose
21:40que d'avoir des problèmes
21:41de gouvernance européenne,
21:43de manque de rapports de...
21:44Et de réglementation excessive.
21:45Et de réglementation excessive
21:47et de capacité stratégique
21:48sur la défense,
21:49par exemple.
21:50Insuffisante.
21:51Aujourd'hui, insuffisante.
21:52Donc, il y a des sujets politiques
21:54mais qui sont des sujets normaux.
21:56C'est vrai qu'être à 27,
21:58ce n'est pas facile.
21:59Ça prend du temps.
21:59Il y a des bavures.
22:00C'est difficile.
22:01Et il y a des enquires qui neurent,
22:03il faut bien le dire aussi.
22:04Mais c'est quand même
22:05la seule organisation au monde
22:07à mettre 27 démocraties ensemble.
22:09Et donc, c'est quand même
22:10quelque chose de très important.
22:11Je crois aujourd'hui
22:12que dans le monde des empires,
22:14si l'Europe devait éclater,
22:15on serait sortis de l'histoire.
22:17Parce qu'aujourd'hui,
22:18de quoi rêve la...
22:19On a besoin d'un empire européen.
22:20Mais je pense qu'il nous faut
22:22une gouvernance d'autorité en Europe
22:25et d'être capable aujourd'hui
22:26de construire une politique de défense,
22:28de prendre notre liberté
22:29vis-à-vis des États-Unis
22:30et de construire
22:31notre souveraineté européenne.
22:32Revenons quand même
22:33à nos affaires franco-françaises.
22:34Ce gouvernement Bayrou,
22:35il y a une photo
22:35qui a été publiée
22:37du gouvernement Bayrou
22:38avec Emmanuel Macron.
22:39C'est la première photo d'ailleurs
22:41d'un gouvernement Macron
22:43au deuxième quinquennat
22:43depuis 2022.
22:45Par exemple, Gabriel Attal,
22:46je crois qu'il y a eu la photo
22:46mais n'a jamais été publiée
22:47dans le gouvernement Attal.
22:48Donc là, on a le gouvernement Bayrou
22:50avec Emmanuel Macron.
22:51C'est une photo d'adieu
22:52ou c'est une photo
22:52d'un gouvernement
22:53qui va rester Alain Duhamel ?
22:55On en revient au même point.
22:57On en revient à...
22:59La question, ça va être le budget.
23:02Si c'est un budget de transition,
23:03c'est un échec et un enlisement.
23:06Si c'est un budget
23:06qui est un vrai choc,
23:08c'est un pari
23:08qui sera accepté
23:10ou pas accepté.
23:11Et selon qu'il sera accepté
23:12ou pas accepté,
23:13le gouvernement dégringolera
23:15ou le gouvernement
23:16pourra continuer à travailler.
23:18Après, François Bayrou,
23:18aurait l'intention
23:19d'impliquer tout le monde
23:21un peu comme un conclave,
23:23c'est-à-dire de demander
23:23à tous les groupes politiques
23:25de l'Assemblée nationale
23:26de faire des propositions.
23:27Alors ça, c'est très bien
23:28d'abord de consulter
23:29les groupes parlementaires.
23:30Je pense qu'on ne le fait pas assez.
23:32Et les dialogues
23:33entre ceux qui sont au gouvernement
23:34et les responsables de groupe,
23:37les chefs de parti, etc.,
23:39c'est très bien
23:40et on ne le fait pas assez.
23:41Donc je suis tout à fait d'accord.
23:43Ces rencontres-là,
23:44ça ne peut être que positif.
23:46Mais je répète,
23:47on ne peut pas faire
23:49un budget de transition.
23:51Il faut que ce soit
23:51un budget de rupture.
23:53Un budget de rupture,
23:54c'est un énorme pari.
23:56Ça obligera à ce moment-là
23:57tous les partis
23:58à prendre des positions.
24:00Soit dire,
24:00comment ça ?
24:01C'est désagréable,
24:03c'est désagréable,
24:04mais effectivement,
24:05on ne peut pas faire autrement.
24:06Mais chacun fixe ses lignes rouges
24:07là en ce moment.
24:07Ou au contraire.
24:09Non, mais si personne ne joue le jeu,
24:10le gouvernement saute.
24:11Il n'y a aucun problème.
24:11Pas aucun problème.
24:12Il y a un problème,
24:13mais il saute, c'est certain.
24:15Mais il vaut mieux sauter,
24:17quitte à sauter pour un gouvernement,
24:19il vaut mieux sauter
24:19en présentant des mesures courageuses
24:22que de sauter
24:23en présentant quelque chose
24:25d'inodore et d'incolore.
24:27D'accord avec ça ?
24:28De toute façon,
24:29la rupture,
24:30nous allons l'avoir,
24:31soit nous l'avons à un moment
24:33par l'action,
24:35soit nous risquons de l'avoir
24:36par l'inaction.
24:37Parce que l'inaction
24:37va conduire forcément
24:39à une rupture.
24:39C'est-à-dire quoi ?
24:40Ça veut dire qu'il y aura
24:41une grève des infirmières,
24:43des chauffeurs routiers,
24:44une crise qui,
24:45à un moment ou à un autre,
24:46sera suffisamment forte
24:47pour avoir une adhésion
24:48assez forte des Français
24:49et d'avoir une crise politique
24:51assez grave.
24:52Je pense que
24:53si on n'a pas les moyens
24:54d'agir
24:54contre un certain nombre
24:55de difficultés,
24:56or le manque de majorité
24:57fait qu'il n'y a pas
24:58de moyens.
24:59Et donc,
25:00nous sommes en situation
25:01où l'inaction aujourd'hui
25:02est quelque chose
25:03d'imposé.
25:04Vous voyez bien que...
25:05C'est, je pense,
25:06quelque chose
25:07de très difficile aujourd'hui.
25:08Donc, je comprends tout à fait
25:09le raisonnement d'Alain UAMEL,
25:11je comprends tout à fait
25:11qu'il soit un budget courageux
25:13et un budget de rupture,
25:14mais je ne vois pas aujourd'hui
25:16les forces politiques
25:17qui sont à l'Assemblée nationale.
25:19Et alors,
25:19raison de plus,
25:20si on va vers une dissolution
25:22de l'Assemblée nationale
25:23parce qu'on sera
25:23dans une impasse,
25:24je ne vois pas
25:25l'Assemblée nationale
25:26apporter des réponses
25:27à une situation
25:28aujourd'hui du pays
25:29qui est un besoin
25:30de majorité
25:31et ce n'est pas
25:32l'élection législative
25:32qui va nous la donner.
25:33Alors, je suis tout à fait
25:34d'accord sur le fait
25:35qu'une majorité
25:35ne sortirait pas
25:37de façon satisfaisante
25:39d'une dissolution
25:39et qu'une dissolution
25:41ajoutée à une autre dissolution,
25:43ça risquerait
25:44de nous entrer...
25:44Ajouter du désordre
25:45au désordre.
25:46Et pour le coup,
25:47non pas simplement
25:47dans une crise politique,
25:49mais dans une crise
25:50de régime.
25:51mais ce sur quoi
25:54je voulais insister,
25:57c'est le fait que
25:58si on ne fait rien,
26:00c'est-à-dire
26:01si on propose
26:03un budget inodore
26:04sans saveur...
26:06C'est ailleurs
26:06que seront les problèmes.
26:07Ou si
26:08on propose au contraire
26:10un budget courageux,
26:12mais qui ne trouve...
26:13C'est quoi un budget courageux, Alain ?
26:15Un budget courageux...
26:15On n'a pas la même définition.
26:17C'est un budget courageux,
26:18c'est un budget qui propose
26:19des mesures à la hauteur
26:20des déficits qui existent.
26:22D'accord, mais...
26:22Alors, quelles mesures
26:23à chacun de proposer les siennes ?
26:24Oui, mais Alain,
26:25moi j'entends ça.
26:26À droite, ils disent
26:27il faut réduire les dépenses,
26:29et à gauche, ils disent
26:30il faut augmenter les recettes.
26:31Non, je vous répondrai volontiers,
26:35mais je n'avais pas terminé
26:37mon petit raisonnement,
26:38qui était presque à la fin.
26:41On présente, par hypothèse,
26:43un budget courageux.
26:45Il n'a pas de majorité naturelle
26:47à l'Assemblée.
26:48Mais s'il est repoussé,
26:50ce qui malheureusement
26:51est le plus probable,
26:53s'il est repoussé,
26:54qu'est-ce qui se passera ?
26:55Ça voudra dire
26:56que les marchés financiers
26:57verront que pour deux années de suite,
27:00ce qui est sans précédent,
27:01que deux années de suite,
27:03les gouvernements français
27:04n'arrivent pas
27:05à avoir un budget adapté.
27:07Et qu'est-ce qui se passera
27:08à ce moment-là ?
27:09Il y aura une crise financière.
27:11Si au même moment,
27:13il n'y a pas de majorité
27:14à l'Assemblée nationale,
27:15on aura une crise de régime
27:18parce que s'il n'y en a pas
27:19de majorité possible,
27:20ce n'est pas une crise politique,
27:21c'est une crise de régime.
27:23Et on aura simultanément
27:25une crise financière
27:26venue de l'étranger,
27:28d'ailleurs,
27:29qui nous tombera dessus
27:30et qui ne nous fera pas de cadeaux.
27:32Donc, la solution,
27:33c'est qu'il faut être courageux.
27:35Oui, mais je ne sais toujours pas
27:35ce que c'est un budget courageux.
27:36C'est quoi un budget courageux ?
27:39Pardon, mais si j'interroge la droite,
27:41c'est effectivement
27:41réduire dans les dépenses,
27:43pas d'impôts surtout supplémentaires.
27:45Et quand j'interroge la droite,
27:46la gauche,
27:47c'est de nouvelles recettes,
27:48il faut taxer les riches, etc.
27:50Donc, on voit bien
27:51que tout le monde
27:51a des définitions différentes.
27:53Question budgétaire,
27:53c'est une erreur
27:54d'interroger la gauche.
27:55Ah bon ?
27:56Ce n'est pas leur force.
27:57Ah bon ?
27:57Non, ils sont dépensiers.
27:57Enfin, la gauche,
27:58elle a un groupe important,
28:00l'Assemblée nationale,
28:01et elle peut censurer.
28:02Elle peut censurer,
28:03mais ils n'ont jamais montré
28:05que par leur politique,
28:07que ce soit la retraite
28:07à 60 ans,
28:08que ce soit la semaine de 35 heures,
28:09ces grandes mesures
28:10qui ont plombé
28:11les finances de la France,
28:11qu'on attend des responses
28:13de leur côté.
28:14Donc là, je dis,
28:15vous m'obligez un peu
28:16à être partisan,
28:17ce que je n'ai pas été
28:18depuis longtemps.
28:19Mais je suis prêt
28:20à y redevenir.
28:21Mais en tout cas,
28:21il ne faut pas augmenter
28:22les impôts.
28:23Parce que de toute façon,
28:24il n'y a pas d'énergie
28:25dans ce pays.
28:25Donc, pas de augmentation
28:26d'impôts.
28:27Donc, il ne faut pas
28:27augmenter les impôts.
28:28Il faut faire des économies.
28:29Et pour ça,
28:30il faut choisir des stratégies.
28:32Et donc, il faut penser
28:33à l'avenir.
28:34Il faut choisir les stratégies
28:35et faire des choix.
28:36Mendès France disait,
28:37le courage,
28:38c'est de faire des choix.
28:39Mais ce n'est pas dire
28:40que tout est prioritaire.
28:41Non, tout ne peut pas
28:42être prioritaire.
28:43Et donc,
28:43est-ce que la santé
28:44est prioritaire aujourd'hui ?
28:45Qu'est-ce qu'on fait
28:45pour nos hôpitaux ?
28:46Et qu'est-ce qu'on fait
28:47pour notre défense ?
28:48On a trois ou quatre
28:49grands sujets.
28:50Et je crois que c'est comme ça
28:51qu'il faut aujourd'hui
28:52prendre l'affaire.
28:52Avoir un consensus politique
28:54sur les trois ou quatre
28:55grandes priorités.
28:55Et je vous signale,
28:57ça va dans le même sens,
28:58mais ça se passe
28:59à un autre moment,
29:00que la Libération,
29:02le général de Gaulle
29:02a formé son gouvernement
29:04avec tous les partis
29:05dans un premier temps.
29:06Et que c'est
29:07Pierre Mendes France
29:08à qui il a confié l'économie.
29:10Que la France était
29:11dans un état économique
29:12évidemment déplorable
29:13à la Libération,
29:14bien sûr,
29:14après la guerre,
29:15l'occupation, etc.
29:17Et Mendes France
29:17a proposé
29:18ce que je suggère
29:20modestement,
29:21c'est-à-dire
29:21un budget
29:22qui soit courageux
29:23et qui soit un choc.
29:25Et même
29:26le général de Gaulle,
29:27qui n'était pourtant pas
29:28tellement flexible
29:30et en tout cas
29:30pas de démagogue,
29:31le général de Gaulle,
29:32ce n'était pas un démagogue,
29:34a dit non,
29:34ça vraiment,
29:35ce n'est pas possible.
29:36Et Mendes a démissionné
29:37en disant
29:37si on ne veut pas
29:38être courageux,
29:38je n'en suis pas.
29:40Et je trouve
29:40que c'est la bonne méthode.
29:42Il vaut mieux
29:42démissionner.
29:43Donc François Bayrou
29:43va démissionner.
29:44Moi je pense
29:45qu'il vaut mieux démissionner
29:46en proposant quelque chose
29:47de courageux
29:47que de survivre
29:48en proposant quelque chose
29:50de myope.
29:51Oui mais si jamais
29:51François Bayrou
29:52démissionne,
29:53ça peut être un décès
29:55dans le scénario.
29:56Et là vous parlez
29:58de crise de régime,
29:58à ce moment-là
29:59on passera une crise de régime
30:00à un cran supplémentaire.
30:01C'est-à-dire qu'on aura
30:02le responsable
30:03de toute la crise
30:03qu'on connaît
30:04c'est le président
30:04de la République.
30:05Et là...
30:05Devant,
30:07je répète,
30:08si la France
30:09pour la deuxième année
30:10de suite
30:10refuse,
30:12quand je dis la France
30:12c'est l'Assemblée,
30:14refuse un budget courageux,
30:17on a une crise financière
30:19devant nous
30:19qui vient de l'extérieur.
30:21Et Macron
30:22n'est pas forcément
30:22le responsable.
30:23Ah bon ?
30:24La dette ?
30:25Non, mais parce que
30:26quand même,
30:28si l'Assemblée
30:28n'est pas capable
30:29de...
30:30Oui, d'accord.
30:30Oui, non mais l'Assemblée...
30:30La situation économique
30:32du pays,
30:32il en est un peu responsable.
30:33D'accord.
30:33Le président a des responsables.
30:35Il est, selon De Gaulle,
30:36l'homme en charge
30:36de l'essentiel.
30:37Quoi qu'il en coûte, c'est lui.
30:37D'accord.
30:38Il est l'homme en charge
30:39de l'essentiel.
30:39Mais il n'empêche
30:40que le Parlement
30:41a quand même sa responsabilité.
30:43Quand le Parlement
30:43n'est pas capable
30:44de dégager des stratégies,
30:45de construire des unions...
30:46Donc c'est la dissolution,
30:48c'est Mme Lacombe
30:48qui l'a décidé.
30:49D'accord, mais les Français,
30:51c'est jamais une faute
30:52de consulter les Français.
30:53Donc le président
30:54a consulté les Français.
30:55Je suis d'accord
30:56que dans l'esprit,
30:57si vous m'obligez
30:58vraiment à aller jusqu'au bout,
30:59faire une dissolution
31:00le jour...
31:01Ça n'est pas la meilleure
31:02idée du siècle.
31:03Le jour où on allait voter.
31:04Oui, le jour où...
31:04Le jour où les Français
31:05s'étaient exprimés déjà.
31:06C'est vrai que la dissolution,
31:07ça a été fait les jours
31:08de victoire,
31:08pas pour les gens de l'Eiffel.
31:09Mais bon, c'est fait
31:10pour que le président
31:11se donne une majorité
31:12et non pas pour
31:13qu'il ait toujours été battu.
31:15Mais ce qui est quand même
31:16aujourd'hui très important,
31:17c'est que le Parlement
31:18doit se dire aussi
31:19qu'il est responsable
31:20de la situation.
31:21Et le désordre du Parlement,
31:22c'est la responsabilité
31:23du Parlementaire.
31:24Donc à chacun d'être responsable.
31:25À chacun d'être responsable.
31:26Mais est-ce qu'on parlait
31:27de la démission
31:28de François Véroux ?
31:29Est-ce que dans les scénarios,
31:30une démission d'Emmanuel Macron
31:31est envisageable,
31:33inenvisageable ou pas ?
31:35Ça n'est pas son intention
31:37puisqu'il l'a dit.
31:38Bien sûr.
31:38Il a dit qu'il terminerait
31:40son mandat.
31:40On n'est pas les événements
31:41et l'ampleur des événements.
31:42Parfois, on est obligé de se...
31:43Ça n'est pas forcément
31:45la solution.
31:47Parce que s'il y a
31:48une élection présidentielle
31:50en plein milieu
31:51d'une crise financière grave,
31:53c'est quand même
31:55assez difficile à gérer.
31:57Mais on ne peut rien écarter
31:59comme hypothèse
31:59au stade où on en est.
32:01Parce que,
32:01et c'est ça qui est nouveau
32:02et c'est ça qui est original
32:03et c'est ça qui est grave,
32:05on a à la fois
32:06une crise budgétaire
32:08et financière considérable
32:09et on a
32:10une crise politique
32:11qui menace
32:12de tourner
32:13à la crise de régime
32:14et ceci
32:15sous l'œil
32:16de nos prêteurs
32:17internationaux
32:18qui nous croient
32:19de moins en moins.
32:21Mais un républicain
32:22ne peut pas demander
32:23la démission
32:23du président de la République.
32:24Un républicain
32:25doit respecter
32:26les institutions.
32:26C'est ce que pourtant
32:26a demandé David Lissnard,
32:28le maire de Cannes.
32:28Mais je pense que...
32:29Mais peut-être que David Lissnard
32:30pense qu'il sera
32:31le meilleur président.
32:32Sûrement.
32:32Et peut-être qu'on va lui admettre
32:34que son mandat de Cannes
32:36il va être passé à 4 ans
32:36au lieu de 6 ans.
32:38Pour expliquer les mandats.
32:39Je pense qu'un républicain
32:40respecte les institutions
32:41de la République.
32:42C'est un principe de base.
32:44Merci Jean-Pierre Raffarin.
32:46Merci pour les cadeaux
32:47pour Alain Duhamel.
32:48Un drapeau européen,
32:49un drapeau français.
32:50Un mot quand même
32:51sur ces débats
32:51que vous avez menés
32:52avec Alain Duhamel
32:53toute cette saison.
32:55Je pense qu'Alain Duhamel
32:57a une force de conviction
32:58assez forte.
32:59Il n'est pas facile
33:00d'être en désaccord avec lui
33:01parce qu'il est assez déterminé
33:04dans ce qu'il dit.
33:05Mais je dois dire
33:06qu'il a une expérience politique
33:08qui fait qu'on ne peut pas
33:09s'aventurer dans des arguments légers
33:10parce qu'il trouve très vite
33:11la parade
33:12en vous citant un exemple.
33:13Vous avez vu tout à l'heure
33:14le retour de Mendès-France
33:15à la Libération.
33:16Stop !
33:16C'était quand même la vue.
33:17Donc il y a chez lui
33:19cette densité culturelle
33:21qui fait que la malice politique
33:22trouve sa source
33:23au plus profond de notre culture.
33:25Et je dirais
33:25que je suis totalement indigne
33:26des deux drapeaux
33:27qu'on m'a porté
33:28que je les admire tous les deux
33:30mais que je n'en suis en rien
33:32le porte-drapeau
33:33même à une échelle microscopique.
33:35Non mais c'est la gratitude
33:36qu'ils vous doivent.
33:37Merci Jean-Pierre Raffarin.
33:39Alain Duhamel, rendez-vous demain
33:40avec un dernier débat exceptionnel,
33:43événement,
33:44puisque ce sera François Bayrou,
33:45le Premier ministre
33:46avec lequel vous discuterez
33:48pendant 45 minutes.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations