- il y a 7 mois
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Télématin reçoit Bruno Solo pour présenter le Festival de la Correspondance, le 5 juillet 2025 à Grignan.
Télématin reçoit Bruno Solo pour présenter le Festival de la Correspondance, le 5 juillet 2025 à Grignan.
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00:00Bonjour, Bruno Solo, Bruno est notre invité ce matin, ça nous fait bien plaisir, ça va ?
00:05Ouais, j'ai été plus malheureux.
00:07Bah voilà, vous êtes heureux, et non seulement il est heureux,
00:10et c'est vrai que ça fait du bien d'entendre des choses positives,
00:12mais vous êtes d'autant plus heureux que...
00:13C'est la méthode couée un petit peu, mais bon.
00:15Non mais attends, oui, mais c'est parce qu'il y a quand même une belle promesse, quoi.
00:18C'est ce festival, c'est ce festival qui arrive,
00:21qui est le festival de la correspondance à Grignan,
00:23ça se déroule donc jusqu'au 5 juillet 2025.
00:26Pour ceux qui ne connaissent pas, de quoi s'agit-il ?
00:29Le festival de la correspondance, ça y est depuis un bon moment.
00:31Bah oui, 29e édition, tu imagines.
00:33Voilà, à l'initiative originelle, si on veut, de la marquise de Sévigné,
00:38qui était vraiment une épistolaire extrêmement connue.
00:42Et depuis pas mal d'années, c'est l'idée de faire vivre au travers de la lecture de grands textes,
00:47des textes qui nous dépassent, qui sont plus grands que nous,
00:49par des interprètes, donc des comédiennes et des comédiens, dans la plupart du temps,
00:52mais ça peut être aussi par des intellectuels, des journalistes,
00:55je ne sais pas s'il y a déjà eu des sportifs,
00:56si le thème était autour du sport, ça pourrait être envisageable.
01:00C'est superbe.
01:00Mais cette année, effectivement, le thème est un thème essentiel
01:04et qui résonne avec notre actualité, c'est la fameuse loi de 1905
01:08de séparation des églises et de l'État,
01:11et non pas de l'Église et de l'État,
01:13parce qu'il y a toujours eu beaucoup d'églises,
01:15et de cultes différents dans notre pays.
01:18Et c'est donc un moment un peu essentiel,
01:19et on va lire des textes soit sacrés,
01:22soit des textes anticléricaux,
01:24et je suis plutôt dans cette veine-là, moi.
01:26Alors, on va lire,
01:27moi, j'aurai Octave Mirbault,
01:29Elie Jérôme Clus, Sébastien Faure, Laurent Taillade,
01:32ce n'est pas moi, nécessairement,
01:33mais bon, c'est vrai que je suis athée agnostique.
01:35Mais ça, ce sont ces grandes figures de l'athéisme
01:37qui vous parlent, que vous allez effectivement...
01:38J'ai cru qu'il y a un pigeon qui passait derrière vous,
01:40c'est-à-dire que c'était...
01:41J'ai été troublé, j'ai cru qu'il y a un moineau
01:44qui passait dans le décor.
01:45C'est devant les caméras.
01:46Il y a des voitures aussi sur le...
01:48Et des péniches.
01:50Il ne se passe pas même chose.
01:50Donc, les grandes figures de l'athéisme
01:52qui vous ont marquées, que vous connaissez,
01:54que vous allez également tenter de transmettre ?
01:55Voilà, et on va dire des lèvres
01:57qui sont parfois poignantes aussi,
01:58il y a notamment un échange entre Sébastien Faure
02:00et une jeune protestante
02:02qui essaye de convaincre Sébastien Faure
02:04qu'abandonner la foi, c'est une hérésie.
02:07Et même s'ils s'affrontent intellectuellement,
02:10il y a quelque chose qui est de l'ordre du débat
02:12et de la hauteur d'idées
02:13et qui rend les émails passionnants.
02:15Parce que je suis avec une comédienne
02:16qui s'appelle Paloma Duchesne
02:17et c'est Éric Logérias qui nous met en scène.
02:19Bruno, ce qui est intéressant, par exemple,
02:21dans ce jeu-là et dans cette lecture-là
02:23avec cette jeune femme,
02:24c'est que vous allez porter un texte.
02:26Et en fait, vous allez porter ce qui, au départ,
02:28était une lettre.
02:29Absolument.
02:29Comment est-ce qu'on trouve le ton ?
02:30Parce que ça prend une dimension encore différente
02:32quand c'est interprété.
02:33C'est une autre approche, effectivement,
02:38que le seul en scène ou qu'une pièce de théâtre.
02:40Que de lire une pièce qui est écrite.
02:41Il faut effectivement faire vivre et vibrer un texte
02:44qui, a priori, est fait pour être lu
02:47de manière presque intime et presque muette.
02:50On lit rarement une lettre à haute voix.
02:52Donc, effectivement, il faut comprendre, effectivement,
02:55toute l'âme et toute l'intelligence du texte
02:57et essayer de le rendre naturel,
02:59même si ça reste une lettre.
03:00Tu sais, en fait, vous êtes la voix
03:03que l'on a en nous quand on lit une lettre.
03:06Exactement.
03:06Et ça, ce n'est pas facile.
03:07La voix que nous avons chacun.
03:08On a tous une manière d'interpréter
03:10et de lire des livres en faisant résonner
03:12de manière un peu différente.
03:14Et nous, on choisit un écho.
03:17Il est enfant le matin.
03:17Non, non, mais vous voulez me poser une question.
03:19Mais j'ai abondé dans votre sens.
03:21Je suis curieux.
03:22Je veux savoir comment, justement,
03:23vous vous préparez pour ce genre de lecture.
03:24Parce qu'est-ce que vous lisez le texte
03:26et vous tentez de l'interpréter
03:26ou est-ce que vous l'apprenez par cœur ?
03:28Alors, on l'apprend.
03:29La voir vraiment en vous.
03:30À force de les lire, il résonne,
03:33ce qui nous permet de regarder le public
03:34et d'être en communion avec lui.
03:37Si vous êtes uniquement penché sur le texte
03:39et que vous le découvrez, c'est difficile.
03:40Donc, il y a eu pas mal de répétitions.
03:42Il n'y a pas un jour où je ne relis pas
03:44ces trentaines de lettres que nous allons faire,
03:46que nous allons jouer avec Paloma.
03:48Donc, je le fais en parallèle.
03:49Voilà, je le fais dans le train, par exemple,
03:51parce qu'en ce moment, je tourne en province.
03:52Alors, pas à haute voix.
03:53Je lis dans le train.
03:53Non, mais je lis à haute voix,
03:56mais dans ma tête.
03:58Vous, vous écrivez des lettres d'amour ou d'amitié ?
04:00J'écris, en tout cas.
04:01Vous écrivez des courriers ?
04:02Je ne suis pas sur les réseaux sociaux.
04:04Oui, donc vous préférez l'écrit.
04:06Donc, j'écris beaucoup.
04:07J'écris toujours à la main
04:08avant de commencer, évidemment,
04:10à terminer sur mes livres, pas sur l'ordinateur.
04:12Vous l'avez écrit à Frédéric dernièrement ou pas ?
04:15À Frédéric.
04:16À Frédéric, lui, là,
04:17parce que lui, il avait quelque chose
04:18à vous dire directement.
04:19Regardez.
04:20Si j'étais poète, je te dirais
04:21non, mon Bruno, tu n'es pas solo,
04:24puisque je suis là.
04:25Mais étant moi-même poète des temps modernes,
04:26ça risquerait de déraper.
04:28Moi, ce que je peux vous dire sur Bruno Solo,
04:30c'est un ami de toujours,
04:31c'est un ami fidèle,
04:32c'est un mec ultra généreux
04:33et qu'à l'iterreur à l'écoute des autres.
04:35Alors, depuis la vérité,
04:36si je mens, j'ai pu suivre ton ascension
04:38jusqu'à aujourd'hui,
04:39entre les livres, les émissions d'histoire,
04:40les films, bravo.
04:42Pour moi, t'es un peu le nouveau Jean-Carmé,
04:43même si t'as le physique de Popek,
04:45mais t'es de la trempe d'un Jean-Carmé.
04:46Moi, je t'aime et raconte-leur,
04:47j'ai plus le temps,
04:48l'anecdote peut-être,
04:49sur comment faire le tri naturel
04:50des gens au ski,
04:51si tu veux rester et ski
04:52avec les bons ou avec les cons.
04:54Je t'aime, papy.
04:55Celle-là, je ne vous la raconterai pas.
04:57Alors, Frédéric,
04:58Frédéric, c'est votre ami très proche.
05:00Service public, France 2, impossible.
05:02Non, c'est en tout cas.
05:03Tranche, je peux vous dire
05:04que ce jeune homme-là,
05:05ce jeune farceur
05:06qui est le parrain de mes enfants
05:07et qui est un de mes plus grands amis
05:09qui habite donc à côté de Bruxelles
05:10dans cette merveilleuse maison,
05:12c'est le petit-fils
05:13de Maurice Metterling,
05:14Maurice Metterling,
05:14l'oiseau bleu,
05:15seul prix Nobel de littérature belge
05:19et qui est un...
05:20Et voilà, c'est l'héritier
05:21de cet homme merveilleux
05:23qui était aussi un entomologiste
05:25et voilà, un scientifique,
05:27un grand écrivain
05:27et un grand dramaturge.
05:29Il nous racontra
05:29en loge et sous la torture.
05:29Donc, d'ailleurs,
05:30on a lu des textes
05:31il y a quelques années
05:32à Grignan, pas moi.
05:34Moi, c'est la deuxième fois
05:35que je viens à Grignan
05:35et vraiment, c'est un ravissement.
05:37C'est le 5 juillet à 19h
05:39devant le château
05:40et juste après moi,
05:42c'est Jean-Pierre Daroussin.
05:43Il y a autre chose qui vous anime.
05:44Il y a effectivement ce festival
05:46mais il y a autre chose.
05:47Il y a l'histoire qui vous anime.
05:49Alors, on est en plein dedans.
05:50Et Camille Dahan aussi,
05:51Camille Dahan va nous rejoindre.
05:53Enfin, Camille Dahan
05:54qui n'est pas Camille Dahan.
05:55Oh, magnifique !
05:56C'est la révolution.
05:57Une petite marseilloise
05:58ou une internationale ?
05:59J'espère que vous avez reconnu
06:01parce que je suis Olympe de Gouges.
06:02Ah bah oui, Olympe de Gouges.
06:04Merci, merci bien.
06:05Oula, pardon, j'en permets pas.
06:07Olympe de Gouges,
06:08qui a parfois été un peu oubliée
06:10par l'histoire
06:11mais qui, depuis quelques années,
06:12revient fort.
06:12Elle revient fort.
06:13Et tant mieux.
06:14Et je suis bien contentée.
06:15Alors, Bruno,
06:15pourquoi cette tenue,
06:17vous allez me demander ?
06:17Bah non,
06:18cette tenue de Gouges,
06:19c'est normal.
06:20Bonne frégien.
06:21Parce que 200 ans,
06:22il y a pile 200 ans,
06:23Bruno,
06:23en 1989,
06:25vous obtenez votre premier rôle
06:28de figurant dans les films
06:37La Révolution française.
06:39Vous en souvenez ou pas ?
06:40Oui, oui, je m'en souviens.
06:40Vous faites un bonnet frégien sur la tête,
06:43vous faites partie des 1500 figurants
06:44qui sont en place de la Concorde
06:45pour attendre la mort de Marie-Antoinette.
06:49Alors, est-ce que c'est l'un de ces moments
06:50qui vous a donné envie de faire du cinéma ?
06:52Non, non, c'était bien avant.
06:53Là, c'est le hasard
06:54de la vie qui a fait
06:55que je me suis retrouvé.
06:56C'était même plus la figuration,
06:58c'était du remplissage d'images.
07:00Et on était tellement nombreux.
07:01Et en fait,
07:02ce n'était pas à la place de la Concorde,
07:04c'était à Lyon.
07:05Peu importe,
07:07mais ça reproduisait
07:08la place de la Concorde
07:09avant l'exécution
07:10de Marie-Antoinette
07:11en 1793.
07:12Alors, quelques années plus tard,
07:13Bruno,
07:14vous incarnez Napoléon Bonaparte.
07:15Oui.
07:16Et là,
07:17dans le film de Philippe de Broca,
07:18vous avez aimé,
07:19enfin,
07:20vous n'aimez pas son côté tyrannique.
07:21En revanche,
07:21vous êtes fasciné
07:24par l'homme politique
07:25qu'il était.
07:25Surtout par Bonaparte,
07:27par l'homme
07:27qui est effectivement révolutionnaire.
07:29Il est presque progressiste,
07:31un peu belliciste,
07:32mais quand même progressiste.
07:33Et puis, au fur et à mesure,
07:34premier consul,
07:34puis empereur,
07:35qui est devenu un tyran
07:36pour lequel j'ai moins de sympathie.
07:38Mais les hommes,
07:39enfin,
07:39les humains en général
07:40sont intéressants
07:41dans leur complexité.
07:42Et Napoléon,
07:42elle est l'incarnation
07:43d'une complexité,
07:44d'une dualité
07:45qui fait que c'était
07:46en même temps un génie
07:47et puis en même temps
07:48un homme qui a pillé l'Italie,
07:50qui a pillé l'Égypte,
07:52qui a pillé l'Espagne
07:53et puis qui a installé
07:54tous ses frères et sœurs
07:56dans toutes les monarchies d'Europe.
07:58Donc, pour celui-là,
07:58j'ai un peu moins de sympathie.
08:00Mais c'est quand même
08:01un personnage emblématique
08:03de notre histoire.
08:03L'année dernière,
08:04d'ailleurs,
08:04j'ai fait six émissions
08:06pour en parler.
08:09Justement,
08:09en parlant d'émissions,
08:10vous aimez raconter
08:11l'histoire dans les livres,
08:12vous aimez raconter l'histoire
08:13dans les émissions de télé
08:14et il y en a un
08:15qui a dû un petit peu
08:16vous inspirer.
08:17C'est le maître en la matière.
08:18Vous voyez de qui se parle ?
08:18Alain Decaux.
08:20Alors, non.
08:20C'est pas lui.
08:21Un autre.
08:22On a une vidéo.
08:23Je suis d'accord.
08:24Pourtant,
08:24on a une vidéo
08:25de quelqu'un d'autre.
08:25J'ai grandi avec Alain Decaux.
08:27Surprise, regardez.
08:28Vous n'avez pas grandi avec lui.
08:28Cher Bruno,
08:29comme tu le sais,
08:30l'amour de l'histoire
08:31nous réunit tous les deux.
08:33J'ai eu la chance
08:33de participer
08:34à la guerre des trônes
08:35où très gentiment,
08:36tu m'avais demandé
08:38de jouer
08:38le roi Georges III
08:40d'Angleterre
08:41qui avait quand même
08:41des petits problèmes mentaux.
08:44Enfin, bon,
08:45je pardonne volontiers.
08:46et en échange,
08:47tu es venu
08:48faire Bellefond.
08:50Ce qui est formidable,
08:51c'est que
08:52tu es venu à l'histoire,
08:54moi, je suis venu
08:54à la comédie.
08:55Quel est le...
08:56Un partout ?
08:57Quel est le prochain round ?
08:59Est-ce que
08:59je t'invite à nouveau
09:00sur Bellefond
09:01ou est-ce que toi,
09:02tu m'invites
09:03dans une prochaine émission
09:04d'histoire ?
09:05Je t'embrasse très fort
09:06et tu sais
09:06toute l'amitié
09:07que j'ai pour toi.
09:09Alors oui,
09:10ça me touche beaucoup
09:10parce que Stéphane Merle
09:11est important
09:12dans mon existence.
09:13Déjà parce qu'effectivement,
09:14on s'est rencontrés
09:15sur le tard.
09:16Moi, il me semblait
09:17qu'il était une sorte
09:18d'incarnation
09:18de tout ce que je n'étais pas
09:19et qu'il y avait
09:20une sorte de dichotémie
09:21entre nous.
09:22Les monarchies européennes.
09:23Oui, on s'est merveilleusement
09:24bien entendus
09:25parce que c'est un homme passionné,
09:27c'est un homme loyal,
09:27c'est un homme d'une honnêteté,
09:28d'une droiture intellectuelle
09:29absolue
09:30et il a beaucoup insisté
09:32à France TV,
09:33notamment à France 5,
09:34pour dire que j'étais
09:35finalement peut-être légitime
09:37pour présenter
09:37des émissions d'histoire
09:38et il m'a beaucoup soutenu.
09:40C'est pour ça
09:40qu'il est venu régulièrement
09:41dans notre émission
09:43et que j'ai eu envie
09:45de venir faire
09:46bel fond sa série
09:47avec lui
09:47et moi, je préfère
09:49qu'on reste sur ce match
09:49d'équité,
09:50pas qu'il y ait un 2-1
09:51et un partout,
09:52c'est beau.
09:53Il y a des moments
09:53où c'est bien,
09:54des matchs nuls.
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