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  • il y a 7 mois
Lors d'une attendue conférence de presse faisant suite à l'échec du conclave sur les retraites entre partenaires sociaux et patronat, François Bayrou s'est attaché à démontrer que des progrès ont été réalisés et qu'un accord est toujours possible. La menace d'une censure plane sur le Premier ministre avec la présentation du texte au Parlement à l'automne. 

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00:00Le chèque du conclave sur les retraites, est-ce que c'est le sien d'échec ?
00:03Oui, c'est le sien d'évidence. D'abord à titre personnel, c'était son idée.
00:06Ensuite, à titre politique, transmettre aux partenaires sociaux le dossier des retraites n'a pas permis de régler le problème.
00:12La France est en panne de majorité politique. Elle est aussi en panne de démocratie sociale.
00:17C'est ensuite un échec tactique pour le Premier ministre.
00:19Le conclave avait permis d'acheter la paix avec les socialistes, le pacte de non-censure.
00:24L'échec du conclave rallume la guerre de manière très vive.
00:26Et puis enfin, c'est un échec vis-à-vis de l'opinion.
00:29Parce que l'opinion rend le Premier ministre à 78% comptable de cet échec et à 54% le gouvernement.
00:36Loin devant les syndicats qui ont participé avec le patronat à cette discussion.
00:41Le conclave est donc inabouti non seulement pour trouver une solution technique
00:44au redressement du système des retraites, au redressement financier,
00:48mais aussi il est inabouti aux yeux de l'opinion.
00:51Même si la CFDT a fini par dire que 64 ans, bon, il fallait passer par là pour des raisons financières,
00:57l'opinion n'en démord pas, les Français ne veulent pas travailler plus longtemps,
01:01ils se moquent un peu du déficit, ils veulent qu'on augmente les impôts pour le combler.
01:05On n'a pas progressé, les syndicats réformistes sont débordés sur leur gauche
01:09par l'opinion et par les partis de la gauche radicale.
01:11Face à cela, François Bayrou remet une pièce dans la machine.
01:13Oui, et ça c'est encore plus inquiétant.
01:15On va l'entendre, il donne rendez-vous cet automne.
01:18Si les partenaires ne parvenaient pas à se mettre d'accord,
01:25le gouvernement prendrait ses responsabilités
01:27et proposerait des dispositions de compromis
01:31qui seraient introduites dans le texte
01:35qui, en tout état de cause,
01:38prenant en compte tous ses progrès,
01:41sera, comme je m'y étais engagé,
01:43soumis au Parlement à l'automne
01:44dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
01:49Alors, il rallume la mèche en rallongeant la discussion des partenaires sociaux
01:52et il jette une grenade dégoupillée à l'Assemblée nationale dans une poudrière
01:56en donnant rendez-vous à l'automne
01:57pour une discussion budgétaire qui sera très complexe.
01:59Mais alors, justement, la gauche maintient la motion de censure
02:02déposée contre le gouvernement de François Bayrou.
02:04Elle ne sera pas adoptée, a priori.
02:06Mais qu'est-ce qu'elle signifie, cette motion ?
02:07D'abord, que le PS ne sait plus vraiment où il habite.
02:09Bayrou a raison de rappeler qu'on ne reconnaît pas le parti de Michel Rocard
02:13qui a été le premier à prendre au début des années 90
02:15le taureau de la réforme des retraites par les cornes.
02:18Il tire le tapis sous les pieds des socialistes
02:20en leur disant « on va en débattre au Parlement »
02:22comme je l'avais promis.
02:23Mais les socialistes veulent plus que cela.
02:25Ils veulent, et on le voit avec la déclaration du porte-parole du groupe,
02:28Arthur Delaporte,
02:29ils veulent qu'on parle non de ce que les partenaires sociaux ont débattu.
02:32Ils veulent qu'on parle des retraites.
02:34Le PS veut revenir à la retraite à 62 ans.
02:37Il reste accroché à la radicalité de la CGT ou de LFI.
02:43La deuxième gauche réformiste social-démocrate n'est plus.
02:46Il n'y a plus qu'une seule première gauche très radicale
02:48et celle-là, c'est LFI.
02:50Mais le PS appuie aussi sur l'opinion pour maintenir cette radicalité.
02:54La motion de censure, on le voit encore dans le sondage,
02:56eh bien, elle plaît aux Français.
02:58Regardez, 48% l'approuvent, 51% la désapprouvent.
03:02On est dans une marge d'erreur.
03:04François Bayrou n'a jamais été aussi fragilisé.
03:06– François Bayrou qui est peut-être le Premier ministre le plus impopulaire
03:09depuis l'élection d'Emmanuel Macron, est-ce qu'il peut tenir ?
03:11Il me fait penser à une île flottante.
03:13Il y a beaucoup de vide dedans, mais pour l'instant, il surnage.
03:15Est-ce que ça peut survivre à l'été ?
03:17Son sort, en fait, ne se joue pas dans l'opinion ni dans les sondages.
03:20Il est impopulaire, ça n'agace pas Macron
03:22et ça n'inquiète pas les présidentiables de tous bords.
03:25En revanche, sa difficulté, c'est deux choses.
03:27D'abord, mais on le sait, ne pas avoir un texte de loi
03:30qui provoque une addition, Rassemblement National Gauche.
03:33Là, il est fichu.
03:34Avant le budget, on ne voit pas de tel texte arriver à l'horizon.
03:38Le texte sur l'énergie, attention, c'est compliqué.
03:39Mais il y a un nouveau péril qui arrive.
03:41C'est le socle commun, le bloc central, qui se disloque.
03:44On a vu les LR voter parfois avec le RN.
03:46On a vu des macronistes voter contre des textes
03:49pourtant défendus par le gouvernement.
03:51Ça part en miettes.
03:53François Bayrou expérimente une vieille règle de la politique
03:56et ça, ça le menace.
03:58Ses ennemis sont moins dangereux que ses amis.
04:00Mais alors, moi j'ai une question pour Christophe Barbier.
04:03Pardon, je m'immise comme ça dans le débat.
04:05Qui pourrait remplacer François Bayrou ?
04:07Ah oui, on est déjà là !
04:09Le favori serait automatiquement le Cornu.
04:12Parce qu'elle a été lâchée en dernier.
04:13Non, ça serait de nouveau du côté de Macron.
04:15Le Cornu qui était déjà donné Premier Ministrable avant.
04:17Ministre des Armées.
04:18C'est l'argument de François Hollande.
04:20Vous reprochez à Bayrou d'être nul.
04:21Renversez-le, vous aurez un bon Premier Ministre.
04:23Ça sera pire pour la gauche.
04:24Donc François Hollande n'est pas pour la censure.
04:26Mais le successeur de Bayrou pourrait s'appeler aussi...
04:29Il reste 11 jours dissolution.
04:32Dans 11 jours, 7 juillet, le Président peut dissoudre
04:34si on lui renverse son gouvernement.
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