- il y a 8 mois
Dans le "débat éco", vendredi 20 juin, Dominique Seux et Thomas Porcher échangent sur le thème : “La télévision a-t-elle encore un avenir ?”
Retrouvez « Le débat éco » présenté par Dominique Seux et Thomas Porcher sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-debat-economique
Retrouvez « Le débat éco » présenté par Dominique Seux et Thomas Porcher sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-debat-economique
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Pas avec deux enfants de la télé, Thomas Porch et Dominique Seux, bonjour à tous les deux.
00:04Bonjour Alice.
00:05Un sujet qui est important et qui concerne beaucoup, beaucoup, beaucoup d'entre nous.
00:11Un accord historique, peut-être trop tôt pour employer le mot,
00:15mais en tout cas une première et de très grandes ambitions avec cet événement
00:19qui était annoncé il y a quelques jours, l'accord entre Netflix et le groupe TF1.
00:24Un deal notamment pour que Netflix diffuse les contenus premium de la plus grande chaîne de France.
00:30On va en parler de ces enjeux économiques et c'est une première importante dans le secteur
00:37et peut-être l'aube d'un nouveau modèle économique.
00:40Autre événement récent, la renumérotation de toutes les chaînes d'info qui a agité le PAF.
00:45Tandis qu'on va essayer de décrire donc ce à quoi on assiste dans le paysage audiovisuel français
00:53pour reprendre l'expression « la télé à la papa va-t-elle mourir ? » Thomas Porchet ?
00:57Je ne crois pas. Je ne crois pas. Force est de constater qu'elle résiste malgré tous les changements.
01:02Elle résiste, même si elle est en perte de vitesse chez les jeunes.
01:06Il faut voir toutes les innovations et tout ce qu'on a dit.
01:08Quand le magnétoscope est arrivé, on a dit c'est fini la télévision linéaire,
01:12on peut enregistrer son film et le regarder le lendemain.
01:15Puis il y a eu l'arrivée du câble, on a dit que ça allait être encore fini.
01:18Puis l'arrivée d'Internet, puis Netflix, puis la déprofessionnalisation avec l'arrivée des Youtubers.
01:25On a prédit un certain nombre de fois la fin de la télé et force est de constater qu'aujourd'hui,
01:29la première source d'information reste encore chez les gens, la télévision.
01:33Même si, il faut le dire, elle est quand même en perte de vitesse chez les jeunes.
01:36Dominique Seux ?
01:36Je ne suis pas d'accord. La télé de papa, oui, est en train de mourir,
01:39mais elle se transforme et c'est la très bonne nouvelle pour les chaînes d'info.
01:42C'est-à-dire que vous avez une offre surabondante, il y a des écrans absolument partout,
01:48vous avez évidemment les plateformes de streaming, vous avez Youtube.
01:50Et combien de chaînes d'info pour un pays comme la France ?
01:52Et combien de chaînes d'info, et donc il y a une transformation absolument radicale,
01:56mais la bonne nouvelle du point de vue des chaînes d'info, des groupes de télévision,
02:01que ce soit France Télévisions, que ce soit TF1, M6, etc., même si c'est compliqué pour M6,
02:06c'est qu'ils arrivent à réinventer quelque chose.
02:11Ce qui est très frappant, c'est de voir, vous avez parlé de la renumérotation,
02:15il y a des propriétaires, des investisseurs qui ont créé des chaînes de télévision.
02:21Donc si c'était complètement en train de mourir, on n'aurait pas la nouvelle chaîne de Daniel Kretinsky,
02:27ou la nouvelle chaîne de West France.
02:29On est dans un paysage absolument unique en Europe,
02:33où nous avons entre 4 et 6 chaînes d'info en continu,
02:36BFM, LCLI, CNews, France Info TV,
02:40et on peut rajouter LCP et France 24 si on les met dans le même...
02:44Mais il y a une très grande fragmentation dominique.
02:46Là on parle de la niche, pour le coup.
02:48Parlons de ce qui concerne le plus grand nombre,
02:50ceux qui se pressent devant la télévision,
02:52pour regarder de grands événements,
02:54comme Koh-Lanta, comme la Coupe du Monde de foot.
02:56Ça, ça reste sur TF1, et c'est ce que vient chercher Netflix.
03:00Et puis d'ailleurs, quand on voit le nombre d'articles de presse ce matin
03:03sur l'arrivée de Léa Salamé sur France 2,
03:08on se dit qu'au 20h de France 2,
03:09on se dit que la télévision et le mercato intéressent quand même beaucoup.
03:13C'est le moins qu'on puisse dire.
03:14En tout cas, ça fait partie, le journal télévisé,
03:16des rares programmes qui sont suivis par plus de 3 ou 4 millions de personnes,
03:20absolument, tous les soirs.
03:22Le direct et l'événementiel ne peuvent être que sur la télé.
03:27Moi je me souviens quand même, petite anecdote, en 93...
03:30Non mais ça c'est pas vrai !
03:31En 93, Bill Gates disait que la télé sera finie en 2000.
03:35Ça va être remplacé justement par les ordinateurs.
03:37Et on voit en fait que ce sont plutôt les sources d'informations
03:39qui se sont ajoutées les unes sur les autres.
03:42Je vais citer une étude de l'ARCOM en 2024.
03:45Alors 94% des Français déclarent s'intéresser à l'information.
03:49Et d'ailleurs ce qui est assez intéressant, c'est que l'économie en fait est un sujet
03:53sur lequel ils se sentent le moins informés.
03:55C'est assez marrant dans l'étude, par ailleurs,
03:57d'où l'importance de la pluralité comme le débat de ce matin.
04:01Et d'inter, voilà.
04:02Mais quand on regarde finalement les sources d'informations premières,
04:04la télévision arrive en premier, en deuxième la radio,
04:08et en troisième le moteur de recherche Google.
04:10C'est intéressant.
04:11Et quand on affine un peu ces résultats,
04:13les économistes mesurent ce qu'on appelle la part d'attention.
04:15C'est-à-dire le point informationnel de chaque source.
04:18Et là c'est intéressant, il y a des travaux très très intéressants
04:20de Sylvain, de Jean, Marianne Lumeau et Stéphanie Pelletier,
04:24qui montrent qu'en part d'attention ce qui sort en premier c'est TF1,
04:27en deuxième Facebook.
04:29Et quand on regarde les groupes, en premier c'est France Télévisions et Radio France,
04:33en groupe le service public,
04:34en deuxième Meta.
04:35Donc on voit très bien comme Internet, finalement,
04:38concurrence en termes de sources d'informations,
04:40la télé à papa.
04:42Mais alors comment est-ce que les modèles s'imposent ?
04:44Et quels modèles s'imposent Dominique ?
04:45Ce qui est compliqué pour les groupes classiques,
04:49les groupes de télévision, c'est que, oui,
04:52offre sur abondante, et donc, en contrepartie,
04:55ça veut dire que pour conserver des parts de marché,
04:57il faut avoir une forte identité.
05:00Il faut avoir une forte visibilité.
05:03Et donc c'est tout l'enjeu des négociations
05:05entre les plateformes et les chaînes de télévision.
05:08C'est comment les téléspectateurs les plus jeunes
05:11peuvent être raccrochés par les plateformes.
05:15Comment TF1, dans son accord que vous avez mentionné tout à l'heure,
05:17va réussir, en faisant un accord avec Netflix,
05:20à proposer à des téléspectateurs plus jeunes
05:23des contenus classiques au-delà des grands événements.
05:28Il faut quand même rappeler que la cérémonie de vertu des GEO,
05:30c'était 24 millions de personnes.
05:32Ça s'est vu sur le service public.
05:35D'ailleurs, c'est intéressant, dans le Financial Times,
05:37le patron de TF1, Rodolphe Bellemère,
05:40dit qu'il n'y a pas de risque que TF1 soit cannibalisé par Netflix.
05:44Au contraire, que ce serait un accord gagnant-gagnant
05:48avec la possibilité pour les abonnés de Netflix
05:51de regarder Koh Lanta, The Voice,
05:53et ce que vous annoncez si jamais c'est diffusé sur TF1.
05:57Et pour Netflix, c'est une occasion d'enrichir sa plateforme
06:00avec du contenu linéaire, émission en direct, du sport.
06:04Mais juste pour qu'on ait une idée du rapport des forces,
06:07puisque malgré tout, c'est un accord entre deux groupes commerciaux,
06:10la valorisation de Netflix et la valorisation du groupe TF1,
06:14Dominique Seux, monsieur le professeur.
06:15Alors, ce n'est pas tout à fait la même chose,
06:17parce que la valorisation de TF1, c'est de l'ordre de 2 milliards d'euros.
06:20La valorisation de Netflix, c'est de tourner autour de 500 milliards.
06:22Donc, on n'est pas tout à fait dans le même univers.
06:26Mais, vous avez, pour le marché français qui nous intéresse,
06:29Oui, parce que vous avez le géant du gratuit, TF1,
06:34qui se met avec le géant du payant.
06:36La question, c'est, est-ce que TF1 va perdre son identité ?
06:40TF1 n'a pas grand-chose à perdre dans l'affaire.
06:43Est-ce qu'ils vont néanmoins perdre ?
06:44Est-ce que demain, le téléspectateur va sur Netflix et il se dit,
06:49tiens, il y a TF1, ou il va dire, je vais chercher TF1 sur Netflix ?
06:52Ça va quand même être...
06:55Parce que vous avez dit, il n'y a pas de grands événements sur les plateformes.
06:58Non, c'est faux.
06:58Vous avez Roland Garros, qui est sur Amazon, je crois,
07:00qu'il était encore cette année.
07:02Vous avez quand même...
07:03Si vous voulez, de l'actu, en général, c'est à la télé.
07:07Vous allumez la télé pour avoir de l'actu la plus fraîche.
07:10Mais après, ce qui est assez intéressant,
07:11cette Netflix, quand il est arrivé, il a dit qu'il allait tuer la télé.
07:14Et même encore aujourd'hui, il pense que la télé peut disparaître d'ici à 2030.
07:17Et là, on se rend compte, en fait, que toutes les grandes plateformes,
07:19finalement, ont fait leur propre télé.
07:20Amazon, Apple, et que là, ils s'associent avec une chaîne de télé,
07:24parce qu'il y a une complémentarité.
07:26Donc, je pense, en fait, que les rapports de force ne sont pas les mêmes
07:29que ceux que l'on disait au départ, où vraiment, la télé allait disparaître.
07:32Là, on voit qu'il y a une forme de complémentarité et qui va...
07:35Alors, partenariat inédit, c'est le premier du genre dans le monde.
07:39On va voir si ça va fonctionner et si ça va faire des émules.
07:43Mais parlons des usages et des usagers.
07:45Parce qu'après tout, quand on sera sur la plateforme Netflix France,
07:48on pourra accéder aux chaînes, aux programmes en replay de TF1
07:52sans quitter la plateforme.
07:53Et ça, ça change quand même la donne.
07:55C'est-à-dire qu'il n'y a plus cette frontière étanche pour l'usager
07:58entre, d'un côté, la plateforme, qu'elle soit Netflix,
08:02par an de plus, ou Disney,
08:05et les chaînes traditionnelles.
08:07Ça, c'est peut-être une petite révolution
08:08qu'on va vivre avec nos télécommandes à la main.
08:11Oui, alors les télécommandes qui ont déjà changé,
08:13puisque sur beaucoup de télécommandes, maintenant,
08:14vous avez un bouton Netflix et vous n'avez pas un bouton TF1.
08:17Et donc, les choses ont changé.
08:23Attention, ce sont des affaires business.
08:26Il faut que chacun fasse de la marge pour investir,
08:30pour créer des programmes.
08:32On est quand même au total sur l'ensemble des plateformes.
08:34En stock, il doit y avoir 200 000 programmes disponibles.
08:38Donc, il y a, pour le téléspectateur qui a pris la main,
08:41qui a pris le pouvoir,
08:43il y a une offre, il y a de la disponibilité.
08:45Alors, est-ce que les usages...
08:48Bon, on sait que le nombre d'heures devant la télévision
08:50n'a pas bougé beaucoup, mais les modalités...
08:52Sauf pour les jeunes.
08:53Sauf pour les jeunes, mais...
08:54Sauf pour les jeunes qui ont perdu plus d'une heure et demie.
08:56Oui, c'est autour de 4 heures, enfin, ça n'a pas bougé.
08:59Ça perd quelques minutes sur 10 ans,
09:01mais sur les jeunes, il y a une vraie forte...
09:02Bien sûr, oui, on ne connaît pas beaucoup de jeunes
09:04qui passent leur temps devant la télévision.
09:06Et puis, il y a la question de la production,
09:07parce que, pour le coup, les deux groupes
09:09travaillent déjà ensemble sur plusieurs coprods,
09:11notamment les combattants, tout pour la lumière,
09:13et la chronologie des médias qui est absolument fondamentale.
09:16Et là, on rentre dans le cœur du business.
09:17Et dans le cœur du business, ce qui est intéressant,
09:19c'est que, franchement, on pouvait dire...
09:20On lisait beaucoup d'articles il y a 5-10 ans,
09:22pour dire, par exemple, le prix du spot de 30 secondes de télévision,
09:27que ce soit France Télévision ou TF1, va s'écrouler.
09:29En fait, il ne s'est pas écroulé.
09:30Il est toujours de l'or.
09:31Alors, j'imagine qu'il y a des négociations dans tous les sens.
09:34Mais le spot de 30 secondes autour de 20 heures,
09:36c'est toujours entre 30 et 45 000 euros.
09:39Bon, voilà.
09:40Et puis, beaucoup plus, évidemment, pour les grands événements.
09:42Il ne s'est pas effondré.
09:43Pourquoi ?
09:44Parce que les chaînes savent valoriser leur audience.
09:48Alors, la grande différence qu'il y a, quand même,
09:49entre Netflix et une chaîne traditionnelle,
09:52c'est que Netflix vous propose des programmes
09:54en fonction de vos goûts, de vos recommandations.
09:56Il y a un algorithme qui vous...
09:57Exactement.
09:58Et donc, vous avez une forme de diversité, effectivement,
10:00de séries, de possibilités, de reportages.
10:02Mais en réalité, elles sont très concentrées
10:04parce qu'elles dépendent de vos goûts.
10:06Ce qui, in fine, restreint aussi un peu la diversité.
10:09Et quand on regarde les séries les plus regardées sur Netflix,
10:12ce sont quasiment tout le temps.
10:13Quasiment tout le temps.
10:14Il y a parfois des différences,
10:16mais quasiment tout le temps des séries américaines.
10:18Donc, il y a une...
10:19Pas tout le temps.
10:20Et en l'occurrence, c'est un secret industriel
10:22puisque Netflix ne communique pas les chiffres d'audience
10:25contrairement aux télévisions
10:26qui, elles, tous les matins à 9h en médiamétrie,
10:29qui dit à quelques dizaines de milliers de personnes près
10:32qui a regardé quoi et à quelle minute.
10:35Où est-ce que tu as penché ?
10:36Pour moi, ce qui est inquiétant, c'est quoi ?
10:38C'est que, quand on regarde la volonté des téléspectateurs
10:42d'avoir une information fiable
10:43et le fait qu'ils s'intéressent à l'information,
10:46comme je l'ai dit dans l'étude de l'ARCOM à 94%,
10:48c'est que s'ils n'ont pas l'information qu'ils estiment bonne
10:52dans les médias traditionnels,
10:53ils vont aller la chercher ailleurs
10:54où là, elle est très peu contrôlée
10:56et où l'on entre, pour citer un livre qui est très bon
10:58qui vient de sortir de Mathieu Léné
10:59qui s'appelle L'ère de la post-vérité,
11:01on rentre sur les réseaux sociaux dans L'ère de la post-vérité.
11:03Et donc, il faut absolument que les médias traditionnels
11:05essayent de maintenir la pluralité des points de vue,
11:08l'expertise et une information
11:10qui soit la plus fiable possible.
11:11Mais vous, vous en passez à l'information ?
11:13Pardon, c'est...
11:15Non, parce qu'il y a une autre dimension,
11:16c'est le divertissement, c'est the voice, c'est le sport.
11:21Thomas a totalement raison de dire
11:23qu'une des forces des médias classiques,
11:28des médias traditionnels,
11:29c'est qu'ils peuvent apporter une légitimité
11:31sur l'information,
11:34mais c'est vrai que vous avez un certain nombre d'acteurs
11:35qui décident, qui ont décidé qu'il fallait
11:37faire partir sur autre chose
11:38et être sur, j'allais dire, la polarisation.
11:41Et donc, quand vous êtes sur la polarisation,
11:42vous partez l'opinion.
11:44Mais c'est aussi une stratégie industrielle
11:46pour se faire remarquer et exister.
11:49En tout cas, un événement,
11:50peut-être une date repère dans l'histoire de la télévision.
11:53Un autre sujet, rapidement, dans l'actualité.
11:55J'aimerais un mot de commentaire sur une information
11:57qui est, pour le coup, surprenante de mon point de vue.
12:00L'INSEE qui nous apprenait jeudi
12:01que le taux d'épargne des Français
12:02est au plus haut depuis 1945.
12:06Pas loin de 20% des revenus.
12:08Ça vous fait rire, Thomas Porchet,
12:10mais explication, monsieur le professeur.
12:11Non, moi, je pense qu'il y a une épargne de précaution
12:13très forte.
12:14C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
12:15c'est très difficile de se projeter,
12:17même à moyen terme,
12:19dans l'économie française.
12:20Alors, on vous promet, par exemple,
12:21des réformes qui vont être très dures.
12:23Mais comment épargner lorsque le reste à charge,
12:25comme on dit, est aussi faible ?
12:27Déjà, l'épargne n'est pas répartie
12:29également entre les déciles de la population.
12:33Mais ceux qui peuvent épargner,
12:34effectivement, aujourd'hui,
12:36se disent qu'il y a tellement d'incertitudes
12:37qu'il y a une épargne de précaution
12:38au cas où il y a un changement.
12:40Le taux d'épargne, effectivement,
12:42au plus haut depuis 1945,
12:44c'est considérable,
12:45autour de, effectivement, 18-20%.
12:47Les deux tiers de la hausse du taux d'épargne,
12:49c'est les plus de 65 ans.
12:51Ce qui veut dire que,
12:52quand il y a eu la revalorisation des retraites
12:54au niveau où elle a été faite,
12:56en 2023 et 2024,
12:58non seulement c'était une erreur politique,
13:00puisque ça n'a pas permis au gouvernement
13:02de gagner les élections européennes législatives,
13:04mais en plus, c'était une erreur de politique économique,
13:07puisque cet argent a été épargné.
13:09Donc, on voit qu'il y a eu une erreur.
13:11Et puis, si je fais un peu de provocation...
13:13Là, vous en faites déjà avant.
13:15Oui, mais je vais en faire encore un petit peu.
13:16Si les Français épargnent autant,
13:21et qu'ils peuvent le faire,
13:23c'est que la situation de leur pouvoir d'achat
13:24n'est pas aussi catastrophiste qu'on le dit.
13:26Parfois, il y a des formes d'épargne différentes
13:30entre le livret A et les assurances vie.
13:33La retraite moyenne, elle est extrêmement faible.
13:36Après, effectivement, des retraités ont un patrimoine.
13:38Peut-être qu'ils ont gagné de l'argent avec ce patrimoine
13:40et qu'ils ont préféré l'épargner que d'aller le consommer.
13:43Mais depuis la crise du Covid,
13:45il y a des chutes de consommation dans certains secteurs
13:48qui sont difficilement explicables.
13:49Mais moi, qui, à mon sens,
13:51sont dus à l'instabilité de l'économie
13:53et à la morosité en termes d'avenir.
13:55Il faut un peu réveiller l'économie française, pour le coup.
13:57Et le mot de la fin, Dominique ?
13:58Vous donnez un peu d'espoir.
13:59Non, non, on est vraiment atypique dans le mot de là-dessus.
14:01Donc, il y a une question sur le pouvoir d'achat réel.
14:03Il y a une question...
14:04Non, mais ce n'est pas les SMICAR qui épargnent, Dominique.
14:06Tout le monde a épargné, il faut la note de l'INSEE.
14:08Tout le monde a épargné.
14:09Et épargne de précaution, y compris chez les plus modestes,
14:12nous dit l'INSEE.
14:13Il y a des facteurs techniques qui font que,
14:16comme les gens ne savent pas quelle voiture acheter,
14:18ils n'achètent pas de voiture.
14:19Donc, ils épargnent.
14:20Comme les taux d'intérêt sur l'immobilier ont beaucoup bougé,
14:23les gens se disent, oulala, qu'est-ce qui se passe ?
14:25Et on voit d'ailleurs que c'est une catastrophe
14:28sur le point de vue de l'immobilier.
14:30Donc, il y a à la fois une tendance lourde
14:32et quelques facteurs conjoncturels.
14:34Comme ça, on finit vraiment avec un plan changement en deux parties.
14:39Avec la fable de la cigale et de la fourmi, surtout.
14:41Merci à tous les deux pour le débat du vendredi.
Commentaires